Pitié et allégeance à toi, Kira ! La foule s'inclina en silence, respectueusement devant cette idole masquée et inconnue.
 
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Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêles des noyés descendaient dormir, à reculons ! { Arashi D.

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Apollo
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Mer 1 Oct - 22:48
Yoshiko et Yoshimaru se disputaient, encore et toujours. Toute leur conversation se résumait en kaplas que l'un avait détruit et que l'autre avait piqué, puis mis dans sa poche. Autour d'eux, il y avait un empire digne de Babel complètement écrasé, foudroyé par la toute puissance d'un dieu anonyme. Derrière l'empire Lego, il y avait Alexander, d'origine russe, qui les regardait depuis dix minutes avec un brin de malice dans les yeux : il était content de son forfait. En les montant tous les deux l'un contre l'autre, il s'en était sorti indemne...C'est du moins ce qu'il pensait jusqu'à ce qu'il vit leur surveillante à tous le regarder avec de gros yeux.

C'était une jeune femme assez jolie. Ils aimaient bien tous lui faire des câlins et elle l'aidait bien. Depuis que ses parents avaient été capturés par la police de Kira, Alexander n'avait pas grand monde sur qui compter dans la ville. Il aurait été mortel qu'il s'échappe pour aller vivre dans la rue, et tout aussi hors de questions d'aller vivre dans un orphelinat – non mais vous vous rendez compte ? Il ne savait même pas si ses parents étaient encore vivants ! Par chance, un groupe résistant, celui d'Hadès, l'avait contacté. Ils faisaient beaucoup de choses pour lui, comme lui offrir le gîte et le couvert. Avec les patrouilles des pro-Kiras, ce n'était pas un refuge des plus paisibles, mais Alexander s'amusait dans ce nouvel habitat ; c'était un garçon joyaux et responsable, et il remerciait tous ceux qui l'aidaient. La surveillante, elle, c'était celle qui avait réussi à lui trouver une place dans cette école : Alex s'en serait bien passé, mais il savait bien qu'ils tentaient de faire de leur mieux.

C'était une école pour moyen-aisés. La petite bourgeoisie, en somme, mais lorsqu'il l'observait, il se disait que son salaire à elle ne devait pas être très haut. Bien qu'elle soit tout le temps là, jusqu'à parfois tard le soir à aider les enfants et les classes pour handicapés, la surveillante – elle disait qu'il fallait qu'ils l'appellent « Dafne » –  n'avait pas de très beaux habits. Parfois, elle semblait somnoler sur place et, comme un gentleman, Alexander lui proposait un genou pour dormir. Ce soir-là comme les autres, c'était la dernière à rester à l'école pour attendre les papas et les mamans des autres enfants. Il l'entendit vaguement le gronder pour l'histoire des Kaplas et, les doigts croisés, le jeune russe s'excusa auprès des autres gamins. Si on ne pouvait pas rigoler, ce n'était pas drôle...

Dafne Heliakis soupira : oui, de temps à autre, les gamins pouvaient être épuisants. Elle avait déjà de grosses cernes sous les yeux, et elle ne comptait même pas les kilomètres qu'elle allait devoir faire alors que le couvre-feu était déjà passé. Il y avait des parents qui travaillaient tard, alors elle gardait les gosses ici jusqu'à ce qu'ils passent les chercher. En temps normal, cela ne la dérangeait pas du tout, mais là, elle était tout juste en train de préparer un déménagement et éviter scrupuleusement la police. Ce qu'il s'était passé l'autre jour sur le forum des hackeurs était un peu...délicat, et ce n'était plus qu'une question d'heures, voire de jours, pour que quelqu'un de mal-attentionné ne frappe à sa porte, voire l'emprisonne. Ses affaires étaient toutes empaquetées et elle avait – avec joie – accepté la proposition du Red riding hood du forum. C'était une modératrice du forum, et puisqu'elle avait été choisie par Cheshire, Apollo ne doutait de son intégrité.

« Oui, Monsieur. Vous prenez Yoshiko et Yoshimaru ? Oui, ils ont été très sages. Au revoir, Monsieur ? »

Apollo soupira. Il ne restait plus qu'Alexander et elle, mais il n'était pas rare que ce soit le cas. Normalement, un résistant venait le chercher et dans le pire des cas, il était prévu qu'elle fasse un léger détour pour le déposer.

« ...Alors...tu sais si on va te chercher, ce soir ? Ton oncle travaille encore de nuit ? », c'était un code établi entre les deux. Ils ne pouvaient pas parler de ce qu'il se passait réellement car ils savaient très bien que des oreilles pouvaient les écouter, à tout moment. Même à ses copains, il n'avait pas dit la vérité et plutôt ce qu'on lui avait suggéré de dire, et il se prêtait plutôt bien au jeu. « Il a dit qu'il allait essayer de passer...mais il a dit aussi qu'il avait pas de laisser-passer...Donc chais pas... », dit l'enfant de sa petite voix, avant de grimper à la manière des singes sur Apollo, fatigué. Elle le serrait dans ses bras, l'empêchant de tomber.

« On est bien, ici, hein bonhomme ? Dommage qu'on doive quitter les lieux, parce que j'aurais volontiers dormi. Bon. On attend encore dix minutes, et puis on part de là. D'accord ? »

Apollo aperçut distraitement une silhouette sombre derrière la fenêtre, sans pour autant distinguer un quelconque visage.

« Regarde ! Le voilà, il arrive ! »
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Mer 22 Oct - 12:31
Arashi lisait pour la énième fois l'article écrit par Apollo. Il haussa un sourcil comme à chaque fois qu'il tombait sur les lignes le concernant. D'un calme exemplaire, on ne pouvait savoir s'il était en colère ou non. Doucement, il touilla son café, sans perdre un mot de sa lecture. Depuis plusieurs jours, grâce à quelques recherches, il connaissait l'identité de cette chère Apollo. Comme la situation était ironique. Un fin sourire aux lèvres, c'est sans doute sa victoire qui l'empêchait de mal réagir à ces propos. De toute façon, jamais Arashi Darkwood ne perdra le contrôle. Dafne Heliakis. Sa chère féline sauvage sans papiers. Cette tigresse avait marqué ses esprits, et il s'était promis de la retrouver. Jamais il n'aurait pensé faire d'une pierre deux coups. Jubilant de sa victoire, il bu une gorgée de son café avant de poser la tasse sur son bureau et de se relever. Bien que sensible à la douleur, il marcha droit, sans boiter, malgré la balle qu'il avait reçu. Stupide Suzaku.

Le ministre de la justice laissa quelques ordres à Fate puis quitta son travail un peu plus tôt, chose assez rare, venant de lui, qui était plutôt du genre à faire des heures supplémentaires. Entrant dans la limousine, il déplia un morceau de papier contenant une adresse avant de demander à son chauffeur de l'y emmener. Il se demandait quelle tête allait faire ce chaton sauvage ? La pauvrette devait être sur ses gardes depuis la parution du journal. Il se demandait même s'il lui arrivait d'être parano et de le voir non loin d'elle ? Après tout, lorsqu'on a peur, on s'imagine beaucoup de choses. En tout cas, elle devait s'attendre à cette rencontre et l'appréhender.

Le chauffeur ne mit pas longtemps avant de se garer. Arashi sortit avec grâce de la voiture, n'attendant pas qu'on lui ouvre la portière.

« Ca ira, vous pouvez disposer. » Annonça-t-il de sa voix froide.

Il se retourna vers l'école et s'approcha d'un pas décidé. A cette heure-ci, tous les élèves devaient être partis, et il s'attendait donc à la retrouver seule. L'école elle-même aller fermer. Lorsqu'il pénétra dans l'établissement, un membre du personnel l'arrêta. Il la regarda d'un air hautain et sans mot dire, il montra ses papiers. Oui, effectivement, ça calme. Il vit la jeune femme blêmir et s'excuser immédiatement. Il la coupa d'un signe de main.

« Je cherche Mlle Heliakis. »

Elle hésita avant de finalement lui indiqué où il pourrait la trouver. Et en effet, bientôt, il pu apercevoir la silhouette aux cheveux bruns indisciplinés. Les cheveux d'Arashi eux même étaient détachés lui donnant un air plus sauvage et menaçant encore, bien qu'il faisait très posé sur lui, avec une classe non négligeable. Il arriva près d'elle et ne dit pas tout de suite mots, baissant les yeux vers l'enfant qui se tenait à côté. Lentement, il s'accroupit vers le petit et sortit de sa poche un bonbon (oui oui, sans commentaire!) qu'il tendit au garçon.

« Va donc jouer, les adultes ont besoin de discuter. »

Étrangement, sa voix n'était pas aussi sèche que d'habitude, moins froide, mais imposait tout de même l'obéissance. Il se redressa et regarda la pauvre maîtresse. Inutile de la faire appréhender plus longtemps.  

« Dafne Heliakis, une simple sans papiers. Bien sur, Apollo. » Vu son timbre de voix, il ne valait mieux pas nier ses propos. Il lui tendit le journal avec la parution de l'article qu'elle reconnaîtrait parfaitement, l'ayant elle même écrit.

« C'est un risque démesuré que vous avez prit. Vous disiez que je n'avais pas de motif pour vous arrêtez la dernière fois ? Il me semble qu'en plus de ne toujours pas avoir régularisé votre situation, vous êtes en plus membre du forum des hackers. Et donc par affiliation, membre de la Résistance. Cela me paraît comme étant une raison plus que valable, vous ne croyez pas ? »
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Apollo
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Ven 31 Oct - 17:11
La crapule avait cessé de s'agripper à sa jambe, dès l'arrivée d'Arashi. Dafne avait tenté de ne pas grimacer, mais depuis qu'elle avait rencontré cette petite fille, qu'elle l'avait bloquée dans son appartement, puis troué la cuisse. Ça lui faisait toujours mal, très mal ; la mafia l'avait sauvée, mais ils ne l'avaient pas gardée assez longtemps pour la soigner, Apollo ayant insisté pour partir immédiatement. « Ce n'est pas grave, je vais aller à l'hôpital. », leur avait-elle dit en se tenant la jambe. Elle ne voulait pas qu'on la touche, et surtout avoir plus de relations avec ce groupe résistant qu'elle n'estimait pas du tout. En fait, elle avait piqué un porte-monnaie dans une poche au hasard et avait été acheter du désinfectant et des bandages à la pharmacie du coin. Elle avait eu de la chance, d'ailleurs, la plupart des citoyens de Tokyô, aujourd'hui, n'avaient que des cartes à puce pour sécuriser leurs achats, et elle, elle était tombée sur un gros billet de 50.

Se fournir en médicaments n'avait pas non plus été trop compliqué : il y avait un placard spécial dans le local de l'école, et elle avait pris quelques cachets contre la douleur. Rien de trop puissant, mais assez pour que personne ne se doute de rien si elle ne se déplaçait pas trop.

Darkwood était là. Elle ne se serait pas attendu à sa présence, qu'elle qualifiait surtout d'une malchance, juste après avoir été séquestrée par un autre agent du gouvernement : elle supposait qu'il était au courant, d'ailleurs, et que cette fois-ci, c'était fini. Il savait qu'elle avait eu des relations avec la mafia, donc avec une résistance beaucoup plus violente : ils allaient l'enfermer, la faire parler et finiraient par l'exécuter. Joli programme en perspective. Elle tenta de garder son calme, de se souvenir de ses années à la dure, en Grèce : depuis le temps, elle s'était adaptée, elle avait réussi à vivre sa vie toute seule, à avoir un salaire, à payer à peu près tous les mois son loyer et ne plus avoir de la terre sur son visage. Désormais, lorsqu'on la croisait, on ne se disait plus « cette fille est une sans-abri ». Il fallait qu'elle oublie, cependant, pour garder son calme, alors qu'elle, elle était si prompte à s'énerver et à réagir au quart de tour. Oublier la balle toujours loger dans sa cuisse, qui lui faisait un mal de chien malgré l'aide des analgésiques.

« Monsieur Darkwood. », dit-elle le plus calmement du monde pour le saluer. Elle fit signe à Alex de revenir, tout en écoutant d'un air, cette fois-ci, passablement énervé, ce que le soit-disant grand général avait à lui dire. Il était peut-être super beau, mais la situation était vraiment, vraiment désespérée. Elle prit la bonbon des mains d'Alex, qui se mit à pleurer : le gosse était fatigué. « Je te le rendrai demain, Alex. Je vous serai gré de ne pas donner du sucre à ce gamin alors qu'il va bientôt aller dormir. Réfléchissez deux secondes. »

Elle ne pouvait plus tenir debout. Surtout avec Alex qui braillait, Arashi qui venait de la menacer tout en se croyant si intelligent, et cette balle qui lui broyaient la cuisse. Elle venait de refaire le bandage, mais ce serait catastrophique que ça se remette à saigner juste devant Darkwood. Dafne prit une chaise, en tira une pour Arashi, histoire d'éviter que cela fasse suspect, la lui tendit. « Assis-toi sur mes genoux, Alex. Ton oncle ne devrait pas tarder, et au pire, je te ramènerai. », puis, elle s'adressa à Arashi. « Je prends en compte ce que vous m'avez dit. J'ai gaffé, et j'en suis consciente. Alex n'est qu'un gamin de trois ans fatigué, et...Ha...tu t'es endormi, bout d'chou. Bon. On peut parler, du coup. »

Le poids de l'enfant lui faisait affreusement mal, et elle était désormais toute pâle. Dafne tentait de ne pas grogner, ni gémir, d'ailleurs : Arashi n'avait pas à le savoir et elle comptait se débrouiller toute seule, comme elle l'avait toujours fait ! « Je n'ai pas eu le temps de régulariser ma situation. J'ai à peine le temps de dormir, alors passer au ministère ? ...Et donc ? Vous comptez me faire du chantage, et me demander de les espionner à votre compte ? Je vais vous décevoir, mais non seulement je ne l'aurais pas fait, mais en plus, Cheshire vient de désactiver mon compte. C'est comme ça. » Elle avait de plus en plus de mal à respirer convenablement, sa respiration devenait de plus en plus irrégulière, carrément illogique. Le sang s'était remis à couler : elle l'entendait, qui goûtait de la chaise et elle, elle gardait Alex sur ses genoux, tentant de minimiser ses efforts.

« Partez, je vous en prie. Vous valez mieux que ça... », dit-elle, d'un ton presque suppliant mais avec beaucoup de difficultés.
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Jeu 27 Nov - 11:50
Arashi fronça les sourcils face aux remontrances de la jeune femme. « Réfléchissez deux secondes ». Personne ne lui avait déjà parlé comme ça, et le rouquin ne l'aurait certainement pas accepter. S'il y avait bien une chose que le ministre détestait, c'était bien le manque de respect. Et que quelqu'un l'aborde en lui disant « hey mais réfléchis un peu », pour lui c'était une forme d'irrespect. Et pourtant, il resta silencieux, peut-être parce qu'elle marque un point concernant la sucrerie vu l'heure tardive pour l'enfant. Ce qui ne l'empêcha pas de lui envoyer un regard polaire qui parlait pour lui.

Acquiesçant un signe de tête en remerciement, il s'assit sur la chaise qu'elle avait tiré, l'observant en faire de même. Portant l'enfant sur ses genoux avait l'air d'être un effort phénoménal. Ce qui interpella Arashi, qui l'écoutait parler, ce préoccupant plus de son état physique, du timbre de sa voix plutôt que les propos en eux même, qu'il notait tout de même. Sa voix était tremblante, fatiguée, son corps semblait sur le point de céder, sa peau beaucoup trop pâle. Est-ce la peur qui la rendait dans cet état ? Il pencha légèrement la tête sur le côté pour observer le gamin qui dormait et cette Dafne. Non pas inquiet, mais plutôt curieux. Elle n'avait plus rien de la femme rebelle qu'il avait croisé au festival. C'était comme si elle était devenue raisonnable et plus …. fragile. Oui, c'était le bon mot. Elle semblait sur le point de s'écrouler à chaque seconde.

Alors qu'elle lui demandait, ou plutôt le suppliait de partir, alors qu'il n'avait jusqu'ici encore rien dit, ses yeux se posèrent sur la peluche que tenait l'enfant dans ses bras, qui l'avait aidé à s'endormir. Un nounours virant sur le orangé avec des antennes, des ailes et un t-shirt couleur abaille. Un ours abeille qui au final était vraiment … adorable. La lèvre inférieur d'Arashi frémit alors que ses prunelles s'agrandirent légèrement. L'espace d'une demi seconde, ses traits furent plus détendu, moins sévères. Mais il reprit rapidement contenance en toussotant, fronçant de nouveau les sourcils.

« Hm. Je n'ai pas fais pas tout ce chemin pour repartir. Quant à vous, on dirait bien que vous n'auriez pas du faire ce chemin et rester chez vous. » fit-il en regardant les taches de sang sur le sol, qui coulait de la jambe de Dafne.

Bon d'accord, cela aurait pu porter à confusion … Des taches de sang qui coulent du pantalon d'une femme. Si Arashi n'avait pas remarqué le visage bien pâle et de toute évidence en souffrance de Dafne, il aurait eu un bon mouvement de recule, dégoutté et révulsé. Mais là, l'origine de ce sang était toute autre. Une blessure. A la cuisse certainement puisqu'elle avait du mal à garder l'enfant sur elle.

Sans prévenir, le ministre attrapa l'enfant dans ses bras, avec plus de délicatesse qu'on aurait soupçonné et le déposa sur ses propres genoux, gardant ses mains entour de lui pour l'empêcher de tomber en dormant. Il reposa brièvement le regard vers la peluche et se concentra de nouveau vers la maîtresse.

« Je ne suis pas venu pour vous arrêter. Du moins, en arrivant ici, je ne savais pas encore ce que j'allais faire de vous. Et je ne le sais toujours pas. Sachez cependant que ma visite n'a rien d'officiel. On dirait que nous sommes deux à être blessés à la jambe. Qu'est-ce que vous vous êtes fait ? »

Arashi posa la main sur le front du gamin qui s'agitait, puis ajouta d'une voix égale.

« Cet enfant a froid. »

Il la laissa donc partir à la recherche d'une couverture et lui offrit également le temps de reprendre contenance et de s'occuper de sa jambes en sang. Il la regardait partir en boitant, restant silencieux. Durant son absence, le ministre berça doucement l'enfant comme pour lui faire calmer ses tremblements et lorsque enfin la maîtresse fut de nouveau dans son champ de vision, il cessa de bouger, retrouvant son apparence crispée et sévère. Arashi la laissa déposer la serviette sur le gamin puis se rasseoir avant de reprendre lui même la parole.

« Je ne sais pas encore si je suis venu m'assurer que vous ne soyez pas trop choqué de ce qu'il s'est passé durant le festival, ou si je suis venu rendre des comptes concernant ces immondes balivernes que vous avez raconté à mon sujet dans vos articles. Ais-je l'air d'un violeur Mlle Heliakis ? »

Arashi posa ses mains sur les oreilles de l'enfant, au cas où il se réveillerait. Sa voix était plus froide et frustrée qu'à l'ordinaire. Lui qui ne montrait jamais ses émotions, on pouvait entendre une certaine rancoeur.
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Apollo
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Sam 6 Déc - 18:26
La respiration lui manquait, mais elle tentait de ne pas retirer son regard de la silhouette d'Arashi. Elle sentait que quelque part, si elle le faisait, elle s'effondrerait facilement, un peu trop, s'évanouirait juste en face de lui. Il avait remarqué qu'elle était blessé, et c'était d'ailleurs pour cela qu'il lui avait pris Alex des bras. Qu'avait-il pu penser, à propos de cette blessure ? Avait-il compris d'un seul coup qu'elle s'était fait tirer dessus par les services secrets ? Pouvait-il seulement s'en douter ? Elle ne savait pas quoi penser de lui, il la rendait vraiment confuse. Elle ne pouvait pas s'empêcher de savoir qui il était, d'avoir écrit des choses horribles sur lui, lui et les crimes qu'il avait commis, elle en restait confuse. Cheshire lui en voudrait, si il venait à l'apprendre. Même si ils n'étaient pas ensemble, même si Arashi et elle ne restaient que deux chiens de faïence qui s'observaient en silence, il lui en voudrait et la considérerait peut-être même comme une traîtresse. Et cela...Apollo détestait ça.

Dafne ne lui répondit pas, lorsqu'il lui demanda ce qu'elle avait eu cette blessure, préférant se mordre la lèvre inférieure et regarder le gamin qui dormait paisiblement dans les bras de ce meurtrier. Il n'en avait pas la tête, d'ailleurs ; le visage qu'il arborait tandis qu'il perdrait cet enfant était calme et rassurant. Si Dafne n'était pas aussi étourdie par la perte de sang, elle aurait certainement réagi, mais là, elle se contenta de détourner les yeux, comme si elle était gênée de regarder ce moment où Arashi exposait une partie de lui-même. Une partie qu'il ne montrait jamais.

« J'arrive... », marmonna-t-elle en se levant. Elle nettoierait le sang qui jonchait le sol plus tard, elle ne voulait pas laisser croire qu'il y avait pu avoir un meurtre ici. Plus que tout, elle était terrifiée à l'idée que l' « oncle » de Alex arrivât à ce moment-là, qu'il voie Arashi et lui tire dessus. L'inverse était également valable. Elle avait très bien compris que « chercher une couverture » était plus une excuse pour qu'elle trouve quelque chose pour se guérir. Elle se dirigea d'ailleurs vers l'infirmerie, située au fond de l'école, clopinant comme elle le pouvait, maudissant sa naïveté pour avoir cru cette gamine, lorsqu'elle lui avait dit être la fille du voisin. Surtout qu'elle connaissait son voisin, un petit vieux bien sympathique...

...Très bien. Une fois arrivée à l'infirmerie, elle étala tout ce qu'elle eût trouvé pour se guérir : il y avait des bandages, mais également quelques dolipranes, pas vraiment forts, pour les enfants. Elle tenta de fouiller l'endroit pour voir si elle ne trouvait pas de morphine, voire même un anesthésiant, avant de se souvenir qu'ils étaient dans une maternelle : même dans les placards fermés à clé, c'était beaucoup trop dangereux. C'est alors que Dafne Heliakis eut une idée, provenant de ses années de gamelles et de dangereuses escalades dans la rue, des courses poursuites avec la police et de la débrouille. Elle ouvrit un tiroir à fournitures et en tira une de ces agrafeuses murales, assez grosses, mais efficaces. À la réflexion, elle aurait également pu prendre du fil, mais elle ne savait pas où trouver une aiguille et n'avait jamais été vraiment douée pour ses travaux. Elle enleva son pantalon, trempé par le sang, puis le bandage, non sans éprouver un grand haut-le-coeur : la plaie n'avait pas un bon aspect. Là, elle se saisit du dakin, l'appliqua contre sa peau ; la balle en caoutchouc qu'elle mordait à ce moment l'empêcha de crier. Lorsque la plaie parut un peu plus claire et que son cœur eût cessé de battre à tout va, Dafne pinça rudement les deux bords de sa peau qui avaient besoin d'être refermés, se força à prendre l’agrafeuse.

…La douleur fut intense, sans doute pire que tout. Si il n'y avait pas eu la balle dans sa bouche, elle aurait sans doute poussé un cri qui aurait aussitôt fait rappliquer Arashi. Les agrapheuses lui transperçaient la peau, la lui déchiraient, si bien que elle, si dure et si courageuse s'était mise à pleurer. Elle resta comme cela, immobile, pendant dix minutes environ, le temps que ça passe. Dix minutes sans parler, sans bouger, pour ne pas sentir ces bourreaux métalliques dans sa cuisse. Dix minutes de douleur intense.

Et lorsqu'elle se releva, quelque part, ce fut pire, puisque le muscle recommençait à bouger. Elle se maudit pour cette idée, mais au moins, le sang cessait de couler partout ; c'en était le seul point positif. Apollo banda sa jambe de nouveau, enfila un pantalon propre dont elle ne connaissait le propriétaire, et rebanda une nouvelle fois la plaie par dessus le pantalon : sentir le tissus glisser sur sa blessure lui faisait encore plus mal.

C'est presque à cloche-pied qu'elle revint vers Arashi, deux couvertures en plus dans les mains. Elle était dans un état bizarre, maintenant, à la limite de l'inconscience ; lorsqu'elle parvint vers le général, elle ne le repéra que grâce à ses cheveux roux, et le son que sa voix dégageait.

« Tu es un phare, Darkwood... », marmonna-t-elle d'une voix faible, sans s'apercevoir qu'elle l'avait tutoyé. Elle lui tendit les deux couvertures, lui faisant comprendre que lui non plus ne devait pas attraper froid, avant de s'asseoir.

Que disait-il, en fait ? Que baragouinait-il, au sujet de ces bêtises ? Parlait-il du Cavalier Noir, de l'article ? ...Pourquoi tout le monde l'emmerdait à ce sujet, pourquoi avait-il fallu qu'elle n'écrive qu'un seul mot de ce fichu bout de papier ? Dafne hocha la tête ; non, il n'avait pas l'air d'un violeur. Mais les faits étaient les faits. Elle avait cru comprendre également qu'il s'inquiétait à propos de ce qu'elle avait pu ressentir, lors du festival...Cette fois, Dafne le regarda, ou plutôt regarda à travers lui, silencieusement. Elle sentait la sueur qui lui coulait le long du front, sa cuisse qui la brûlait, qui se déchirait, et la fièvre qui se manifestait. Elle évitait de bouger, ne serait-ce d'un millimètre, afin de calmer tout ce qu'il avait le malheur de ressentir.

« Je l'ai oublié pendant un moment...je ne veux plus jamais vivre ça. J'ai...eu vraiment peur. », sa bouche lui semblait pâteuse. Elle avait l'impression que ce n'était plus ses mots, mais ceux d'une autre personne qui parlait à l'autre bout de la pièce. De là, elle pouvait voir Alex qui remuait sur les genoux d'Arashi, lui murmurait quelque « Papa Hadès... », qu'elle ne comprit pas, se trouvant trop loin, étant trop dans les vapes pour capter cette transmission.


« T'es pas un violeur, Darkwood. T'as juste pas de chance. Et moi je devais écrire ça parce que sinon, je pouvais pas payer mon loyer. Sinon j'étais de nouveau à la rue. Tu comprends ? Moi...je veux pas vendre mon cul. », les paroles étaient dures, mais il s'agissait d'Apollo. Surtout à présent, elle s'en voulait de se présenter dans un tel état à cet homme. Elle était forte, que diable, pas cet espèce de loque qu'elle ne pouvait reconnaître !

Sa respiration devenait difficile, complètement rauque ; ses doigts étaient brûlants, ses cheveux lui tombaient dans la figure, mais elle ne les en retirait plus. Trop tard, trop tard. Ne pas s'endormir, surtout pas. Elle ne se sentit pas qui chutait. Elle ne sentit pas sa carcasse blessée qui tomba sur le sol avec fracas, ni n'entendit Alex qui se mit à crier ; le monde semblait ne plus obéir à ses sens, et elle sourit presque, tentant de tendre la main vers Arashi.

« Toi et moi...on est pareils...Cherche...GR 7890904. »

C'était le nom du dossier d'Interpol qu'elle avait causé, cette affaire de meurtre irésolu. Cet homme dont elle avait retiré la vie de ses propres mains, par légitime défense. C'en était peut-être, mais ce type avait une femme, et des enfants. Ceux-là devaient la haïr, terriblement, même. Alors elle connaissait le numéro de ce cas par cœur. Alors, même avant de perdre connaissance, par terre, elle réussit à le dire assez clairement à Arashi.

Et tout devint noir.
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Sam 7 Mar - 18:33
Bien sur, Arashi avait remarqué que la jeune femme était revenue encore plus souffrante qu'à son départ. Il fronça les sourcils alors qu'elle semblait sur le point de s'évanouir. Ses bras se crispèrent sur l'enfant qui dormait. Ce n'est pas ce qu'il appelait "se soigner".

Elle répondit à sa question, lui avouant avoir fait ça pour l'argent. Pour pouvoir payer son loyer. C'était toujours mieux que de vendre son corps. En effet. Mais pour cela, elle était prête à réduire la vie d'une personne à néant. Cela dit, le ministre ne trouva rien à redire. Après tout, il était loin d'être blanc comme neige et soyons franc, son image, il s'en fiche complètement, du moment que le respect continue de dominer dans le comportement d'autrui. Le respect et l'efficacité, ce sont les deux facteurs les plus primordiaux pour plus.

Soudainement, Dafne tomba sur le sol, l'enfant se réveilla et pleura. Arashi garda son sang froid, se relevant en gardant le petit dans ses bras. D'un geste rapide et assuré, il retourna à l'intérieur de l'établissement sans prendre la peine de noter le numéro du dossier d'interpole que venait de lui fournir la jeune femme. Il confia l'enfant à la directrice, lui informant au passage qu'une de ses employées venait de perdre connaissance et était blessée ... Et qu'il se chargeait d'elle.

Le ministre n'attendit aucune réaction de la part de la directrice et retourna simplement auprès de Dafne. Il la souleva dans ses bras, la portant en marié, prenant soin de ne pas appuyé sur la jambe blessée. Volontairement, elle avait omis de lui dire d'où venait cette blessure. Arashi secoua la tête et fit signe à son chauffeur. Ce dernier ouvrit la porte de la limousine et il entra, gardant Dafne à l'arrière, veillant sur elle alors que le véhicule prenait la direction de l’hôpital le plus proche.

Deux heures plus tard, le rouquin réglait la facture de Dafne pour les soins administrés puis entra dans la chambre de la patiente. Il s'assit sur une chaise en face de lui, la regardant gravement, sans prendre la parole durant un moment. Arashi ne parlait jamais plus que nécessaire .... Et pourtant.

"Ce que vous avez fait est de la pure stupidité. Il y a d'autres moyens de soigner une plaie, je doute que l’agrafeuse soit réellement un matériel efficace. Mais vous voila soignée. Et il était temps, la plaie était bien affectée. Allez vous donc vous décider à me parler ?"

La question était rhétorique bien entendu et le son de sa voix montrait plus un ordre qu'une suggestion.
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