Pitié et allégeance à toi, Kira ! La foule s'inclina en silence, respectueusement devant cette idole masquée et inconnue.
 
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She's got you high, and you don't even know yet { pv Fate

 :: Tokyo - Zone RP :: Bas-fonds Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Apollo
Perséphone
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Lun 27 Oct - 16:45
Le rythme de la musique était lancinant et entraînant. Les corps se déployaient et bougeaient, en sueur, oubliant tout ce qu'il pouvait y avoir de mal et de bien, les lendemains catastrophiques, les rafles et Kira. Ils dansaient tous, pas forcément bien, pas forcément en rythme, quelques boissons alcoolisés en main, mais au moins, ils dansaient. Alors, parfois, il y avait quelques cris, quelques bagarres, mais de toutes façons, les gérants de la boîte étaient formés pour gérer cela : ils les séparaient, un à un, évitaient les conflits, renvoyaient les bagarreurs et tout recommençaient pour le mieux.

Il y en avait beaucoup, des boîtes, dans les bas fonds de la nuit qui continuaient à ouvrir malgré le couvre-feu. Pour beaucoup, l'arrivée de cette nouvelle loi avait signifié l'arrêt et la fermeture pure et simple, mais les autres avaient réussi à jouer avec les mots : s'il ne fallait personne dans les rues après 21 h 30 et avant 5 heures du matin, cela signifiait tout simplement qu'ils pouvaient être à l'intérieur de leurs murs pendant ces heures-là. Alors, la plupart de ces boîtes avaient ouverts ce qui ressemblaient à des mini-dortoirs, pour les plus faiblards qui désiraient dormir en leur sein, des abonnements conforts, avec repas et petit déjeuner compris. Apollo, elle, elle y allait souvent danser. La plupart du temps, elle réussissait à s'envoler par les toits, comme elle en avait l'habitude, mais en ce moment, elle faisait de plus en plus attention aux patrouilles, surtout en l'absence de papiers valables.

La jeune femme sentait ne plus ressentir la fatigue, tandis qu'elle dansait dans cette musique ; un son qui semblait être un peu un mélange de tous les genres, et qui semblaient plaire à tous les êtres présents dans cet endroit. Ce fut pendant un nouveau morceau que ce jeune homme s'intéressa de près à elle. La musique était forte, ils commencèrent à danser, puis à s'embrasser. Tout le reste se produisit beaucoup plus vite que sa conscience ne lui ordonna. Le simple baiser se prolongea, ils cognèrent aux murs pour finir dans les toilettes. Un demie heure plus tard, Apollo réapparaissaient, l'air un peu plus ébouriffée que la normale, un peu paumée. Alors oui, elle avait peut-être consommé un peu d'alcool, et même plus si affinité.

Le monde tournait. Elle reboutonna son haut avant de s'asseoir, un peu à l'écart. Elle se souvenait au moins clairement qu'elle avait piqué le porte-feuille de quelqu'un pour entrer ici, puisqu'il fallait montrer ses papiers. Qu'elle avait un peu trop bu, et que demain, elle ne se rappellerait probablement pas de la soirée, ce qui était franchement mieux. Dafne Heliakis avait chaud, très chaud. Pouvait-elle même se souvenir de son nom, au stade où elle en était ? Elle tentait de respirer plus calmement, avec tout le calme possible, et c'est avec difficulté qu'elle y parvint. Tentant de se concentrer sur autre chose que sur elle-même, elle regarda sa voisine : c'était une blonde, une étrangère, un peu comme elle, au teint beaucoup plus pâle, mais, de toute façon, elle parvenait à peine à distinguer son visage ou ce que pouvaient être ses vêtements, tellement elle n'y voyait plus clair. Elle semblait en bonne santé, n'ayant sûrement pas abusé des boissons suite à un moment de faiblesse, tout comme elle. Apollo tenta de lui sourire.

S'accrocher à quelque chose. Ne pas dormir. Surtout pas ici.

« Tu n'aimes pas danser ? ...Tu peux me rendre un service ?...Il y a un toit, à cette boîte. Conduis-moi là-bas, ou je vais vomir. »
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Fate Harlaown
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Lun 3 Nov - 0:25
C'était un de ces soirs sombres et silencieux où, accoudée à la terrasse de son appartement un verre de scotch à la main, tous les questionnements qu'elle laissait de côté pendant la journée venaient à nouveau titiller son esprit. Elle aimait la fraîcheur de la pierre froide sous ses pieds nus et le vent frais qui lui caressait le visage. Elle aimait la vue imprenable dont elle disposait du haut du dernière étage de cette immense immeuble qui défiait le ciel et, par dessus tout, elle s'y sentait particulièrement en sécurité. Bien plus que dans cet appartement suréquipé dans lequel, au moindre danger, elle verrait apparaître une horde de gardes du corps. Non, décidément, quand elle avait besoin de réfléchir, c'était ici qu'elle se sentait le mieux. Et réfléchir, c'était une activité qui lui prenait bien souvent de son temps par les temps qui couraient.

Il y avait cette histoire de bombe qui lui triturait les méninges au bureau. Il y avait ce type dans la foule qui, pour une raison qu'elle ignorait, disposait de son adresse e-mail. Il y avait l'agression d'Arashi qui restait toujours autant mystérieuse bien qu'elle lui ai permis de découvrir le ministre sous un nouveau jour. Il y avait les réminiscences de son enlèvement qui peinaient encore à s'effacer de sa mémoire. Et puis, il y avait sa situation personnelle un peu désastreuse. A force de tenter de s'écarter des hommes qu'elle fréquentait plus ou moins régulièrement, il semblait que personne ne veuille se rendre disponible pour elle dans un moment où elle avait cruellement besoin de compagnie. Son anniversaire approchait à grand pas et, avec lui, son moment de déprime. Trente ans déjà, elle n'avait même pas encore réfléchi à ce qu'elle aurait aimé s'offrir pour l'occasion. Ses cadeaux personnelles perdaient de leur saveur au fil des années. Enfin, ce qui la tourmentait le plus, c'était la disparition d'Hadès. Ne pas savoir comment il était sorti la rendait folle. Et puis, par dessous tout, Dieu, pourquoi ne cherchait-il même pas à la contacter ?

Fate but d'une traite le fond de whiskey dans son verre et entama une nouvelle cigarette qu'elle fuma calmement. Ca aussi, il faudrait qu'elle y songe. Ce n'était pas faute de l'avoir prévenu, mais le médecin avait raison : elle toussait de plus en plus et ces doses d'alcool qu'elle ingérait comme de l'eau ne lui faisaient sans doute pas que du bien. En observant la nuit qui commençait à prendre vie – et ce malgré le couvre feu, la jeune femme fut prise d'une envie soudaine. Sortir ? Pourquoi pas ? Ca lui ferait du bien de voir du monde. De rencontrer de nouvelles personnes, pour autre chose que du sexe : ce n'était étrangement pas ce qui lui manquait. Mais pour une fois, elle n'irait pas dans ces clubs privées où l'élite de Kira se réunissait et où elle finissait toujours pas repartir au bras d'un type pompeux persuadé que sa fortune personnelle compensait son manque de charisme. Non, cette fois, elle avait envie de faire la fête comme elle l'avait fait plus jeune, loin des réceptions où se présenter était de mise, là où elle pourrait être quelqu'un d'autre que Fate Harlaown.

Alors sur un coup de tête, elle entreprit de changer de tenue, opta pour une jolie robe décolleté dans le dos mais dont la coupe restait relativement sage et enfila sa paire de hauts talons habituelles. La jeune femme chercha quelques minutes dans sa paperasse les faux papiers qui lui fournissaient habituellement une identité de rechange quand elle allait quémander des informations dans les bas-fonds et se rendit en ville. Bien sûr, comme tous, elle avait parfaitement connaissance de l'activité nocturne de la ville. Ces boîtes de nuit théoriquement illégales, elle y avait été à l'époque où elle n'était que simple soldat, loin du protocole des médias. Contourner la réglementation du couvre-feu n'avait rien de difficile et c'était tout à fait compréhensible que les citoyens aient besoin de se défouler, se détendre dans un monde si strict.

Fate n'eut aucun mal à retrouver le chemin d'une de ces nombreuses boîtes de nuit, présenta ses papiers et entra. Elle fut tout d'abord surprise par l'ambiance un peu pesante et la chaleur torride qui régnait dans l'établissement. Elle glissa entre les corps en mouvement, traversant la foule de danseurs, se rendit au bar et commanda sagement un cocktail alcoolisé qu'elle entreprit de siroter dans un coin au calme en attendant de se laisser porter par l'enthousiasme général. Elle parcourut la foule des yeux et, déjà, sentit les premiers regards se poser sur elle. Cela n'avait rien étonnant. Une fille dans une boîte de nuit ressemblait malheureusement bien souvent à un bout de viande jeté à une meute de loups affamés. Elle répondit par un sourire plus avancée à un jeune homme qui semblait l'avoir remarqué. La jeune femme fut néanmoins interrompue par une voix féminine qui la détourna de ce qu'elle faisait. C'était une jeune femme d'origine européenne, comme elle, c'était à n'en pas douter : de grands yeux bleus qui illuminaient un visage au teint hâlé encadré de belles boucles brunes. Elle semblait quelque peu secouée et l'alcool avait sans doute commencer à faire son effet. Elle esquissa un sourire, finit son cocktail et entreprit de la sortir de cette fournaise en la maintenant. Peut-être était-ce une sorte de sympathie due à leurs origines étrangères qui l'y poussa, mais Fate se sentait étrangement en confiance avec la demoiselle. Passant par les escaliers de secours, elles rejoignirent le toit et la grande blonde entreprit de laisser sa nouvelle compagne régler ses problèmes avec son ami l'alcool.

« Vomis un bon coup, ça ira mieux après. » commença t-elle en retenant les boucles brunes de la jeune femme.

« Sensiblement, ça ne t'a pas réussi. » plaisanta t-elle, un sourire amical aux lèvres.


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Apollo
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Mer 19 Nov - 15:24
Au moins, la jeune femme blonde est sympathique. N'importe qui aurait pu la laisser tomber et la voir tomber dans un coma éthylique au milieu de la boîte. La tête lui tournait, et elle aurait sûrement été incapable de poser un pied devant l'autre. Avec l'aide de Fate, elle parvint heureusement à atteindre le toit où, enfin elle sentit les pures rayons de la Lune sur sa peau. Si elle n'était pas dans un tel état, s'il n'y avait pas eu ce type avant et sans doute les trois grammes de GHB dans son verre, Apollo aurait sûrement ouvert les bras pour crier au monde qu'elle était là. Mais là, en l'occurrence, toujours avec l'aide de sa « nouvelle amie », prostrée, Dafne vomit. Elle ne pensait à rien, pas même à Arashi qui aurait sûrement été déçu de la voir dans cet état. Elle pleurait à moitié, tellement la substance dans sa bouche était acide et inconvenante et, lorsqu'elle se sentit mieux, si pour autant on peut dire que l'on se sent mieux après ce genre d'épreuve, Dafne Heliakis se releva, chancelante, s'éloignant de l'endroit où elle se trouvait deux secondes auparavant.

Elle n'était peut-être pas au meilleur de sa forme, serait actuellement incapable de fuir un agent de Kira bien entraîné, mais elle distinguait clairement la Lune et mieux encore, Tokyô lui paraissait plus belle que d'habitude. Malgré le couvre-feu, elle pouvait distinguer les mille et unes couleurs qui la composaient, et surtout, la majestueuse et impériale Tour de Tokyô. Elle fut prise d'un petit rire, ajusta son haut qui commençait à devenir complètement débraillé, et puis s'assied sur la bordure du mur, les pieds dans le vide.

Dangereux ? Un peu, mais elle l'avait fait mille et une fois, en Grèce. Les enfants aimaient tester leur réactivité, aimaient le jeu et le rire. Combien de fois était-elle montée à des endroits pentus et combien de fois n'était-elle pas tombée ? Elle se souvenait d'une chute particulièrement dure d'une falaise, alors même qu'elle allait piquer une tête dans l'eau, et des trois mois d'hôpital qui avait suivis cet exploit, mais rien de très grave. Si elle ne faisait pas la folle, elle ne tomberait pas, et c'était tout. Dans un monde aussi sérieux que l'était celui de Kira, il ne fallait pas être un enfant. Il ne fallait pas aimer l'aventure, marcher sur les murs et se balader la nuit. Il ne fallait pas aimer défier les normes et montrer ses capacités, quitte à rester dans un petit coin obscur comme elle le faisait actuellement, en en montrant un peu, mais pas trop, à l'école, lorsqu'il s'agissait de manipuler les ordinateurs.

C'était triste, en quelque sorte. Dafne sentait cette société profondément meurtrie, mais que pouvait-elle y faire, elle, pauvre étrangère ? Elle savait que les ministres tentaient de corriger des choses, de donner de l'argent à ceux qui n'en avaient pas, mais que pouvaient-ils vraiment faire, lorsque le mal était dans la politique de base de Kira ?

« Je pense qu'il m'avait fourré du GHB dans mon verre. Merci, je vais...beaucoup mieux. T'as de l'eau ? », elle s'arrêta deux secondes, s'apercevant qu'elle parlait encore plus mal que d'habitude et que son accent ressortait donc encore plus. « Tu t'assieds à côté de moi ? Ça risque rien. Je veux voir le soleil se lever...tu t'appelles comment ? »

Elle n'était pas japonaise, elle non plus, mais ça, elle l'avait déjà remarqué avant, malgré l'état dans lequel elle se trouvait. Il y avait des regards et des couleurs de cheveux qui ne trompaient pas, malgré la mode des nippons de se décolorer. La femme à côté d'elle devait être européenne, si ce n'était américaine, elle n'en savait rien, car elle était incapable de reconnaître les différents accents, ne maîtrisant pas encore assez la langue japonaise.

« C'est une drôle de manière de faire connaissance, en tout cas. » Quel était le nom d'inscrit sur ses papiers, déjà ? Pas les siens, mais ceux qu'elle avait piqués, avant de venir jusqu'ici ? Ce n'était pas que Dafne se méfiait déjà de Fate, ni même qu'elle avait un sixième sens. Honnêtement, elle aurait été bien incapable de déduire sa fonction rien qu'en la voyant. C'était plutôt que vu la merde dans laquelle elle était, Apollo savait qu'elle ne pouvait plus dire son nom à n'importe qui. « Misaki Arano. Enchantée. Tu viens souvent ici ? »
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Fate Harlaown
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Jeu 27 Nov - 23:15
Fate regarda la jeune femme faire en prenant soin de retenir ses cheveux d'une main afin qu'elle n'ait pas l'occasion de découvrir la merveilleuse expérience d'un lavage de cheveux improvisé dans les toilettes. Malgré son absence de classe apparente, la scène lui arracha un léger sourire. Combien de fois s'était-elle vidée de cette manière au petit matin après une soirée arrosée ? C'était inutile de chercher à compter, cela remontait à il y a bien trop longtemps. Elle avait connu ses premières nuits de débauche avec son entrée dans les rangs de la police de Kira. La jeune femme avait timidement repris goût à la vie au travers d'un combat qui lui ressemblait et l'animait. Ca n'était pas les hommes qui manquaient dans les camps d'entraînement, mais Fate et ses collègues féminines avaient toujours préféré leurs folles virées nocturnes aux quelques minutes d'un plaisir douteux qu'on leur proposait parfois de passer dans les toilettes de la garnison. Déjà à l'époque, Fate ne se livrait aveuglément à ce genre de pratique que quand elle y voyait un intérêt professionnel.

Et puis petit à petit, avec la fin de sa formation et sa rapide ascension au sein des rangs de Kira, elle avait dû se faire à un autre mode de vie. Il était impensable d'abandonner l'idée de passer du bon temps. Mais c'était tout aussi déplacé de se faire remarquer d'un peu trop prêt. Alors elle avait privilégié aux bars miteux les clubs privés où le champagne coulait à flot. Cela faisait bien dix ans que cette période enivrante s'était arrêtée. Et pourtant, elle se souvenait comme hier de ces nombreux moments où elle avait soutenu ses amies un peu trop alcoolisées.

La lune était belle ce soir. Et depuis la terrasse vide de cette boîte de nuit, les deux femmes disposaient d'une vue imprenable. Cette vision fit sourire Fate : c'était un privilège de pouvoir l'admirer aussi bien. Bien que pro-Kira, ici, elle se sentit soudain libre, vivante, bien. Il faisait étonnamment doux pour une nuit d'automne et cette brise fraîche qui venait soulever ses cheveux blonds était des plus agréables. Refaite, elle adressa une mine ravie à la jeune femme qui l'accompagnait. Elle semblait se sentir mieux et s’avança un peu plus vers le bord de la terrasse.

« Une aussi jolie fille, t'as dû taper dans l'oeil de quelqu'un trop timide ou trop lâche pour venir vous aborder ! J'espère juste que tu as pris tes précautions. Ces salauds n'hésitent jamais avant de nous sauter dessus de cette manière. »

A la demande amicale de la jeune femme, elle s'approcha à son tour du bord, défit ses talons hauts en s'asseyant et laissa nonchalamment ses jambes nues s'étendre dans le vide. Sentant le vent glisser sur sa peau, elle profita de ces quelques minutes de silence. Là, il n'était plus question de rien. Plus question de travail, plus question de menaces, plus question d'Akira. Juste elle, cette inconnue et cette nuit calme. Elle jeta un regard vers l'horizon : sa compagne du soir avait raison. Déjà, la noirceur de la nuit se fondait dans les nuances rosées de l'aube. D'ici une demi-heure, le jour serait levé. La vue était superbe et l'optique de profiter de ce lever de soleil au côté de cette fille ne lui déplaisait pas du tout.

« Lena. Lena Gräf. » dit-elle en répétant bêtement l'identité correspondant à ses faux papiers dans un allemand parfait.

« Pas vraiment. En tout cas, je suis contente d'être tomber sur toi ce soir. J'avais l'impression d'être rentrée dans la cage aux fauves tout à l'heure ! » plaisanta t-elle, tout sourire, pour détendre quelque peu l'ambiance.

Elle tourna la tête pour examiner la jeune femme. Elle était belle avec ses grands yeux bleus et ses tâches de rousseur lui donnait un air immédiatement avenant. C'était une étrangère, bien évidemment, mais sans doute venait-elle d'un pays bien différent du sien. Elle aurait parier sur les pays du Sud car, comme le laissait deviner sa peau hâlée, elle avait plus souvent vu le soleil qu'elle. L'Italie, les pays Baltes peut-être ?

« Tu es récemment arrivée au Japon ? Enfin, non pas que tu sois difficilement compréhensible, mais c'est que tu as un très bel accent dont j'ignore l'origine. »


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Apollo
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Lun 1 Déc - 16:07
Il y a le soleil qui va se lever, là, l'alcool qui se décroche petit à petit de sa peau, cette sensation de bien-être, alors qu'elle se trouve en équilibre sur le toit inconnu. Il y a ses cheveux qui voltige, ses lèvres qui ne se sentent pas sèches, et tout ce corps qui se sent heureux de vivre, malgré la peur de se faire attraper et malgré l'incertitude. Car Apollo le sait : elle parviendra toujours à s'enfuir : elle a fait ça toute sa vie. La question de « quand se poser ? », si elle va un jour y arriver, si ce jour-là, elle sera accompagnée, elle choisit de ne pas trop se la poser. Trop de questionnement, trop compliqué.

Alors, pour le moment, Dafne Heliakis se concentre sur sa petite vie déjà bien remplie, pleine de cachotteries et de mensonges, jusqu'au nom qu'elle vient de donner à cette allemande qui l'a déjà aidée plus que raisonnable. Elle était sûrement venue ici pour donner et l'en a finalement tirée violemment, sans trop lui demander son esprit. Alors que le vent la décoiffe un peu plus que la normale, que les mèches voltigent et qu'elle a l'air plus sauvage que jamais, Apollo pense. Pense à Darkwood, au pincement au cœur qu'elle ressent lorsqu'elle le voit dans sa tête, aux enfants qu'elle doit aider, à son Devoir. Devoir avec un « D » majuscule comme « défiance ». Apollo se relève, ne pouvant pas supporter de s'asseoir pendant plus de deux secondes et sautille sur le mur, pas effrayée du tout à l'idée de tomber...et sans doute de mourir.

Défier le vide est un jeu. Ses pieds sont agiles et graciles ; si elle en avait la volonté, ou plutôt la conviction, elle pourrait rejoindre les combattants de la résistance, mais Dafne ne croyait pas en leur cause. L'autre camp également aurait pu être intéressé par elle et son sens de l'équilibre, sa savate brute et son énergie capable de foutre les plus bourrins comme Darkwood à terre, mais elle le cachait. Il n'y avait aucun intérêt à semer la mort, et elle ne le savait que trop bien, ses mains gardant encore la trace immonde de ce sang qu'elle avait dû verser, contrainte. Avait-il un fils, cet homme ? Avait-il eu des dettes, pour accepter ce boulot ? Elle ne le saurait sans doute jamais et se considérerait, à vie, comme une criminelle.

« Un gros con, surtout. », dit-elle, sautillant, à l'aise, sur le muret. Elle s'arrêta, debout, juste à côté de Fate. « Enchantée, Lena Gräf. T'inquiète, il a mis une capote, c'est l'essentiel. Et si je ne voulais vraiment pas, je t'assure que malgré la drogue, je l'aurais défoncé. »

Elle était comme ça, Dafne : elle n'y allait pas par quatre chemins. Elle lui sourit, se demandant ce qu'elle devait faire dans la région. D'après ses connaissances, le nom faisait allemand, mais elle pouvait aussi bien être autrichienne, suisse ou encore, fruit de l'immigration, polonaise. Apollo se demanda brièvement quelle image elle devait bien renvoyer aux gens qu'elle rencontrait : s'ils remarquaient discrètement les diverses cicatrices qu'elle avait acquises à cause des combats des rues, s'ils se sentaient parfois agressés, quand elle était en danger, par son attitude de chat en danger.

« Euh. 10 années, je crois. Je suis grecque. Toi je n'arrive pas à percevoir d'accent. Tu es allemande, d'après ton nom ? Je ne rencontre pas souvent d'étrangers, au Japon, à part quelques rouquins parfois... »

Elle se souvenait encore de l'éphémère silhouette d'Arashi, s'évaporant dans la fumée de l'explosion.

« Je te retourne la question. Tu m'as aidé, c'est gentil. Tu es ici depuis combien de temps ? Tu fais quoi ? Tu travailles peut-être dans une ambassade, remarque, ou je ne sais pas trop quoi. »

Elle réalisa une espèce de pirouette avant de retomber bien sur ses pieds, directement sur le sol.

« C'est bon, l'alcool marche plus. Regarde ! », cria-t-elle à moitié en le montrant du doigt. « Il se lève, il se lève ! Ce que c'est beau...j'avais presque oublié ça, à vivre enfermé dans mon appartement, à ne plus en dormir. Tout va s'arranger. Tout va s'arranger, et tout le monde pourra voir le soleil se lever quand il le voudra. », dit-elle, assez émue, les yeux à moitié mouillés de larmes
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Fate Harlaown
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Ven 26 Déc - 23:52
C'est vraiment une drôle de fille, cette Misaki. Bien qu'elle doutait grandement du fait qu'elle s'appelle réellement Misaki. Dans ce pays, personne ne donnait jamais son vrai nom sous peine de se mettre en danger de mort. Il n'y avait que des pseudos, de faux noms ou des identités inventées sur le tas. Fate elle-même avait choisi de changer de nom à son début de carrière. Cette jeune femme ne dérogeait certainement pas à la règle, d'autant plus que son physique et son accent ne laissaient pas une seconde penser qu'elle puisse avoir des origines nippones. Fate était bien contente d'être tombée sur elle ce soir. Comme quoi le hasard faisait parfois bien les choses ! Peut-être que si elle ne l'avait pas croisée par hasard elle serait repartie avec ce type qui l'aguichait au bar. Pourtant, la perspective de finir la soirée aux côtés de la jeune fille lui était bien plus plaisante.

Elle la regardait gesticuler sur le mur. Dans ses gestes et ses pas, il résidait une certaine grâce qui rendait le moindre de ses mouvements agréable à regarder. On aurait dit une danseuse qui tournoyait au bord du vide. La vision quelque peu onirique de cette scène arracha un sourire à Fate. Non décidément, c'était une bien sympathique jeune fille. Ici, avec ce beau lever de soleil comme décor, elle paraissait littéralement hors du temps. Heureuse, insouciante. Si bien que son inconscience disparaissait au moment même où un de ses éclats de rire retentissait. Saoule, ça elle l'était, sans aucun doute. Mais quelque chose chuchotait à l'oreille de Fate que cette vivacité ne la quittait jamais réellement.

« C'est pas ce qui manque en boîte !  Ils sont souvent un peu lents à comprendre. Et certains sont carrément sans scrupules. Mais bon, ça n'empêche pas de prendre un peu de plaisir l'espace d'une soirée. »
avait-elle répondu spontanément.

Il était clair qu'on ne venait pas ainsi pour entamer une conversation hautement intellectuelle avec un jeune homme charmant, cultivé et galant. Ici, tout était brutal et impersonnel. Au bout de quelques verres, on finissait sur les genoux d'un inconnu, voire dans des situations plus avancées au fond des toilettes. C'était sans doute ce qui lui était arrivé. Fate attacha ses cheveux en une rapide queue de cheval haute pour dégager son visage.

« Dix ans ? Je pensais sincèrement que tu étais fraîchement arrivée ! Étrange que tu ais gardé cet accent, mais c'est sans doute un atout séduction hors-pair, ce serait bête de le faire disparaître. »
avait-elle répondu en accompagnant ses dernières paroles d'un clin d'oeil amusé.

La jeune femme ne releva pas sa réflexion à propos d'un certain rouquin. Sans doute faisait-elle référence à Arashi qu'elle avait dû apercevoir dans les médias. Quelque chose lui disait qu'elle connaissait un peu trop l'un des, voire les deux frères, Darkwood pour son bien. Mais le moment était mal choisi. Et en parler, c'était risquer de révéler sa place au sein des pro-Kira. Ainsi s'abstint-elle, se disant qu'elle aurait sans doute d'autres occasions de lui en faire part. A ce propos, la terrible question du métier venait de tomber... Fate n'y avait pas tellement réfléchi.

« Interprète. » avait-elle répondu naturellement.

C'était la première chose qui lui était passé par l'esprit : c'était plausible, réaliste et quasiment invérifiable. Lena Gräf serait interprète en langue allemande. Ses connaissances linguistiques allaient lui servir à quelque chose pour une fois.

« Je suis interprète. En langue allemande et nippone, essentiellement. L'avantage d'avoir des origines étrangères ! Et toi alors ? »

Misaki tournoyait encore dans les airs. Profitant de ce magnifique lever pour laisser aller ses pensées, elle avait crié quelques paroles un peu folles qui arrachèrent à Fate un sourire. Liberté, liberté. C'était un mot qui revenait bien souvent dans la bouche des gens : il y avait Akira, tous ces résistants qu'elle interrogeait, les passants, les jeunes aux terrasses des cafés... Elle comprenait. Mais n'avait malheureusement pas de solutions ni de réponses à leur offrir. Alors Fate laissa de côté son rôle d'exigeante pro-Kira pour contempler la beauté de cette spontanéité qui lui faisait tant défaut. La grande blonde la regarda quelques minutes encore s'exécuter en riant avant de s'accrocher à sa main et de la ramener vers elle :

« Ça m'embêterait de te récupérer à le petite cuillère en bas ! Viens, assieds toi. »

Elle marqua une pause et tira de son sac à main un petit sachet transparent et quelques feuilles fines. D'un geste expert, elle commença à donner forme à deux joints. Elle lui tendit le premier et entreprit de rouler le second. Cannabis. Ça n'était pas bien méchant. Les drogues dures, elle n'y touchait plus depuis bien longtemps. Mais ça, ça l'aidait parfois à se détendre un peu. Au pire, elles seraient juste un peu plus désinhibées qu'elles ne l'étaient déjà.

« Ca te tente ? » avait-elle commencé en lui en tendant un.

Elle alluma son joint et le porta à ses lèvres, tirant une première latte :

« Ca fait longtemps que j'avais pris le temps d'admirer les choses comme ça. Je suis contente que tu m'ais traîné là par hasard, Miss. »


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Apollo
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Mer 31 Déc - 3:35
C'était qu'elle travaillait dans la traduction, cette chère Lena. Elle côtoyait même peut-être les grands de ce monde, à les équiper converser de tout et n'importe quoi, de la destruction des rebelles et des bâtiments de cette ville monstre. Elle lui mentait peut-être, d'ailleurs, mais Apollo n'y pensait guère : elle n'était pas femme à douter des autres et elle savait surtout que beaucoup de personnes étrangères travaillaient ici en tant qu'interprètes, traducteurs et tout ce qui concernait son domaine. Des personnes qui avaient un bon niveau d'étude, bien sûr, car elle, franchement, elle aurait été incapable d'accomplir ce rôle. Si elle maîtrisait maintenant plutôt bien les caractères japonais, au prix de laborieux efforts, son écriture du grec était toujours hasardeuse, mal-aisée. Dafne, son domaine, c'était plutôt la langue : elle la maniait bien et malgré son accent prononcé en japonais, on pouvait deviner malgré tout son aisance à manier le langage des rues, celui des petits voyous et du reste.

Elle ne savait pas trop comment comprendre ce Fate lui avait dit, à propos de son accent : ce n'était pas vraiment un compliment...et ce fut là qu'elle se dit que franchement, elle ne parvenait pas à deviner l'accent de sa comparse. Elle aurait pu lui mentir sur sa nationalité qu'elle aurait été franchement été incapable de le deviner. Toujours équilibriste née, Dafne regardait le monde avait l'impétuosité d'une souveraine. L'émotion se lisait toujours sur son joli visage, et puis elle se rassit à côté de Fate qui roulait déjà cette cigarette. La jeune femme lui sourit alors, refusant poliment de la tête : elle avait déjà passé un mauvais moment à cause de l'ecstasy, à cause de l'alcool, alors ce n'était franchement pas le moment d'empirer les choses. Elle savait ce que son corps pouvait supporter, et ce n'était pas le moment.

« Dis, Lena. Je peux te demander quelque chose ? »

C'était une étrangère au sens premier du terme : totale. Une personne qui ne la connaissait pas, qu'elle ne connaissait pas et qui, dans le gigantisme de Tokyô, aurait peu de chance de la rencontre de nouveau après cette soirée. Elle était donc prête à un peu lui parler, à lui confier ses doutes, ses peurs, ses envies, et l'alcool agissant encore, dieu savait qu'elle en avait.

« Tu as déjà été amoureuse, Lena ? ...Je crois que je le suis d'un monstre. Et je ne voulais pas que ça arrive. Il m'a sauvé la vie, une fois, alors qu'il n'était absolument pas tenu de le faire. Il m'a aidée, Lena, et il ne m'a pas touchée ensuite, quelque chose que les types en boîte de nuit ne ferait pas. Il m'attire, ce garçon. Tout en lui, de la couleur feu de ses cheveux à ses yeux bleus couleur mer, la manière dont il fronce les sourcils et ses fesses musclées. Mais sa réputation...je ne peux pas. Je dois arrêter de penser à lui, à tout prix. Il est réputé pour avoir dix femmes à la fois, pour être violent, pour en forcer certaines...j'ai peur. J'ai peur, Lena. J'ai peur, plus qu'au début de ma vie. Mon frère se moquerait de moi. »

Elle n'avait pas répondu quant à sa profession et elle espérait que Fate avait oublié ce détail : ainsi, elle serait trop facilement repérable, et Apollo n'avait aucune envie de semer des petits cailloux derrière elle comme l'avait fait un certain Poucet. La jeune femme regarda le ciel pollué de Tokyô. Elle se sentait petite dans cet univers gigantesque et particulièrement niaise d'avoir pu dire cette chose énorme qu'elle enfermait dans son cœur depuis quelques semaines. Elle n'en était même pas sûre, mais à force de penser, de remuer la chose dans tous les sens, elle commençait à avoir des doutes : et les doutes et elle, ça ne faisait pas bon ménage : vraiment pas.

« Désolée...je me suis laissée emporté. Tu...oh, tu as une alliance. Elle est jolie, je trouve ! Tu es donc avec quelqu'un ? J'espère qu'il est gentil, qu'il s'occupe bien de toi ! »

Apollo eut un petit rire, joyaux, cette fois-ci, les mains bien posées sur le béton, la retenant de tomber. L'alcool faisait toujours effet, la faisant sans doute paraître un peu bipolaire sur les bords : peu importait, elle était bien ici, avec sa nouvelle amie.
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Fate Harlaown
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Dim 18 Jan - 22:50
Fate n'avait pas insisté devant le refus poli de son amie. Elle connaissait le cocktail explosif que formait l'alcool et la drogue une fois réussie et la réaction plus ou moins agréable qui en découlait. La dénommée Misaki avait déjà l'air bien éméchée, il était sans doute inutile d'embuer davantage son esprit. C'est pourquoi la jeune femme rangea son attirail quelque peu illégal sagement dans son sac. Membre de l'armée, dire qu'elle était censée donner l'exemple en incarnant la parfaite citoyenne respectueuse des valeurs du régime. Pourtant, elle savait mieux que quiconque que le gouvernement concentrait une proportion anormale d'alcooliques, de drogués et autres individus plus ou moins équilibrés. Cette pensée lui arracha un sourire. Il était bien étrange ce gouvernement qui prétendait pouvoir rendre le monde meilleur. Et pourtant, elle en faisait partie. La voix douce de sa compagnonne du soir la sortir de ses pensées :

« Oui, bien sûr. » avait-elle répondu naturellement, sans trop comprendre comment elles en étaient arrivées à ce point de leur conversation.

Fate s'en voulait un peu d'accepter les confidences d'une fille qui la connaissait à peine, qui lui faisait sensiblement un minimum confiance et à qui elle mentait pourtant délibérément. C'était un peu faux que de prétendre entendre ses confessions alors qu'elle venait tout simplement de se créer une nouvelle identité, loin de ses uniformes tirés à quatre épingles et de son habituelle intransigeance. Un instant, elle songea à lui dire la vérité : qu'elle était membre des forces de Kira, capitaine qui plus est, et que son statut ne l'empêchait pas d'admirer l'aube et de tenir une conversation avec elle. Cela aurait pu être intéressant de découvrir la réaction de la jeune fille : voir si elle aurait changé d'attitude, si elle l'aurait fuit ou si elle serait juste restée là avec elle comme si de rien n'était. Mais c'était imprudent. Elle aurait tout aussi bien pu alerter les individus plus ou moins agressifs vis à vis du régime qui peuplait le monde de la nuit. Ce n'était pas le moment de s'attirer de nouveaux ennuis.

« Amoureuse ? Bien sûr que j'ai été amoureuse. Qui ne l'a pas été ? Très amoureuse même. »

La question l'avait quelque peu surpris, mais elle avait immédiatement répondu avec un naturel quelque peu désarçonnant. On ne l'avait jamais réellement questionné sur sa vie amoureuse passé. On s'en tenait plutôt à ce qui se lisait dans les journaux qui, certes, ne mentaient pas. Bien sûr qu'avant tout cela elle avait aimé des gens, il fallait avoir un minimum perdu foi en la vie de couple pour adopter une sexualité comme la sienne. Fate aurait pu lui parler de ses expériences personnelles : de ce qui l'avait poussé à rejoindre le Japon, à fonder une famille bien trop tôt et de ce qui l'avait sans doute conduit là où elle était aujourd'hui. Mais cela aurait été un récit quelque peu pessimiste qu'elle n'avait pas spécialement envie de véhiculer. L'amour, c'était beau. Tant qu'on y croyait, il fallait le contempler avec ce regard un peu naïf. Alors elle l'écouta parler de ce garçon, un sourire aux lèvres tandis qu'elle devinait sur son visage le désir qui l'animait.

Bien sûr, dans ce portrait physique, elle avait deviné les traits caractéristiques d'individus qu'elle connaissait bien. De ces cheveux roux à ces... « fesses musclées » comme elle le soulignait si bien, cela ressemblait trait pour trait à la description des frères Darkwood. Mais duquel ? Telle était la question. Elle se sentit étrangement mal à l'idée de s'imaginer que cette inconnue pouvait se sentir attirée par un homme pour qui elle éprouvait des sentiments aussi contradictoires qu'étranges. Alors, elle se mit en tête qu'il devait forcément s'agir d'Arashi Darkwood. Même si tout chez cette fille, à commencer par les endroits qu'elle fréquentait, indiquait qu'elle avait sans doute plus de chance d'avoir croiser la route d'un résistant que celle d'un pro-Kira. Elle se mordit légèrement la lèvre, tira une nouvelle latte dont elle expira la fumée. Soudainement, la jeune femme se sentait mal et tiraillée. Elle s’efforça cependant de répondre :

« Il ne faut pas avoir peur. Dieu merci, la réputation des gens ne suffit pas à les définir. Il faut apprendre à les connaître pour réellement les découvrir. »

Elle avait envie de la questionner, de vérifier qu'elle n'était pas l'une des multiples conquêtes d'Akira Darkwood et que son joli minois associé à ses formes voluptueuses ne suffirait pas à lui faire tourner la tête. Il était si changeant. Il aurait pu la laisser tomber pour se tourner vers quelqu'un d'autre. Rien ne l'en empêchait et elle savait combien son statut de pro-Kira le rebutait. Alors, elle ravala sa salive, attendant que le courage lui vienne pour que sorte enfin cette question qui la tiraillait tant. Mais avant cela, il fallait que Fate réponde à celle de son interlocutrice. Elle baissa les yeux sur la bague qui ornait son annulaire gauche. La jeune femme avait fait le choix de la laisser au doigt correspondant, quitte à attirer les regards indiscrets.

« Oh ça ? C'est juste... Un bijou de famille. J'y tiens beaucoup, mais je ne parviens à la porter qu'à ce doigt là. » avait-elle lâché en guise de piètres excuses.

Elle aurait aimé la montrer fièrement en souriant – car oui, cette bague de fiançailles, elle en était très fière. Elle aurait voulu l'assumer et crier à la terre entière qu'elle n'était pas bonne qu'à coucher à droite à gauche et que, oui, on pouvait avoir envie de construire quelque chose avec elle. Pourtant, elle préférait s'en cacher. Pourquoi ? Elle ne savait trop si c'était par simple prudence ou juste parce qu'à trop espérer, à trop fanfaronner, elle avait juste peur d'être déçue.

« Dis. Tout à l'heure. Tu parlais d'Arashi Darkwood, non ? »

Ca y est, c'était sorti. Un peu comme un cheveu sur la soupe. Mais sa précédente interrogation lui avait rappelé combien il lui semblait essentiel d'en avoir le cœur net.


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Apollo
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Mer 28 Jan - 21:19
Elles avaient de la chance, finalement. La pluie aurait pu s'abattre sur leurs silhouettes et les forcer à rentrer, dans ce capharnaüm de bruit et de corps humains en transe. Elles étaient bien, juste ici, dehors, et profitaient silencieusement de ce bien-être. Dafne n'aurait jamais cru qu'elle parlerait un jour de ses histoires d'amour à une parfaite inconnue, mais en fait...c'était sûrement ce qui était le mieux. Ses amis la jugeaient, pensaient sans doute qu'en se donnant à Darkwood, elle perdrait le sens des réalités et n'oseraient plus rien faire. Pire, elle savait que Cheshire lui interdirait peut-être l'accès au forum des hackers, alors que c'était sûrement le seul endroit où elle pouvait se rendre utile. La jeune femme sourit à Fate : elle était heureuse de la rencontrer, cette femme qu'elle pensait traductrice et qui posait sur elle un regard qui était tout sauf ampli de mépris.

« Elle est jolie, en tout cas. », dit-elle pour voiler la tristesse que tout ce que cette bague signifiait, maintenant. Les autres recevaient des héritages et des cadeaux ; elle n'avait rien. Juste l'incertitude de son âge et de son lieu de naissance, et d'identité nulle part où elle avait demeuré, pas même en Grèce. Et oui : elle était une enfant des rues, un de ces petits bonhommes qui couraient depuis sa naissance. Apollo n'avait jamais été recensée, n'avait jamais fait partie d'aucun fichier. Dans un sens, c'était tant mieux pour elle, ça lui évitait d'être incriminée, mais elle se sentait aussi désespérément seule.

« Arashi Darkwood ? »

L'alcool lui donnait l'impression qu'elle était en train de vivre un rêve. Elle ressentait une légère pression sur son épaule gauche, qui lui donnait envie de sourire et de le revoir, lui, Arashi Darkwood. La voix de Fate faisait juste écho à ses pensées, et elle hocha la tête, se souvenant de l'attitude de cet homme, de son dilemme entre la livrer à la police et l'envoyer à l'hôpital. Drôle de bonhomme. Elle ne connaissait pas encore Darkwood très bien, mais elle pouvait dire de façon sûre qu'il était un bon homme. Un de ceux qui ne vous laissaient jamais tomber : elle le soupçonnait même de la suivre, parfois, et même si cela aurait pu paraître légèrement flippant, Apollo, franchement, ça la rassurait.

« Je n'en connais pas d'autre...Enfin, ce n'est pas vraiment l'Amour avec un grand A. C'est ridicule, ça n'existe pas. Je l'ai juste vu deux fois. », la pluie commença à tomber, elle sentit l'eau rendre ses cheveux raides, dégouliner contre sa peau. « Il ne m'a pas arrêtée la première et m'a sauvé la vie en se prenant une balle. Et la deuxième, il aurait très bien pu le faire, mais il était bien trop poli pour m'envoyer à l'hôpital. »

Sur ce, sous sa jupe, elle lui désigna le bandage ; ça ne lui faisait plus mal, elle n'avait pas à s'en plaindre et était même capable de s'agiter pendant des heures avant que ça ne commence à l'élancer.

« Tu es toujours amoureuse ? Tu viens de dire que tu as été très amoureuse. »

Elle n'avait pas envie de partir de là. La pluie avait beau leur donner froid, elle voulait rester aux côtés de Fate pour lui parler, et tant pis s'ils avaient un bon rhume le lendemain matin : après tout, vu les évènements, elle ne devait pas retourner à l'école, même si cela la chagrinait. Apollo se posa soudainement une question : comment avait-elle deviné directement qu'elle parlait d'Arashi ? Les roux n'étaient pas courants, mais tout de même...elle-même en avait rencontré au moins deux qui puissent correspondre à cette description, depuis qu'elle parcourait les rues de Tokyô.

« Se pourrait-il...c'est aussi lui sur lequel tu as flashé ? Comment prononcer son nom peut t'être aussi naturel ? »
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Fate Harlaown
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Sam 28 Fév - 0:30
« C'est très gentil. » avait-elle simplement répondu à sa remarque, souriante.

Fate posa une nouvelle fois le regard sur la bague qui ornait sa main. Il était vrai qu'elle était superbe : c'était un bijou simple mais raffiné dont la finesse lui plaisait tout particulièrement. A en juger par son poids et sa qualité, elle avait dû coûter une véritable fortune. Souvent, elle se demandait comment Akira avait pu se permettre une folie pareille, lui qui vivait dans la clandestinité avec des moyens financiers nettement inférieurs aux siens. Elle ne savait pas trop si elle devait se sentir davantage comblée ou inquiétée par un tel cadeau. Devant le regard attristé de sa nouvelle amie, la jeune femme recroquevilla délicatement sa main contre elle. Son geste avait été un peu maladroit : elle ignorait tout de la vie amoureuse de cette demoiselle et n'avait pas songé un seul instant que l'évocation d'un tel symbole puisse être douloureux.

La jeune femme esquissa un sourire devant l'air gêné de la dénommée Misaki. Rien que dans le ton avec lequel elle avait répété le nom de son supérieur hiérarchique, Fate comprit qu'elle avait vu juste. Elle se sentit soudainement soulagée : il ne s'agissait que d'Arashi, pas de son frère. Il n'y avait décidément aucune raison de s'inquiéter comme elle l'avait fait. Tout n'était pas franchement facile ces derniers temps, c'était sans doute ce qui la poussait encore et toujours à imaginer le pire. Elle se remémora un sourire aux lèvres le physique de l'homme en question : ses longs cheveux roux, ses beaux yeux bleus, sa posture virile... Et ses charmantes fesses musclées. Elles les avaient déjà assidûment admirées sur son frère. Elle retint un petit rire amusée en se souvenant de ses débuts au ministère : à l'époque, elle ne manquait pas une seule occasion de suivre des yeux le joli postérieur d'Arashi Darkwood glisser d'un bureau à l'autre.

« Tu n'as pas à te sentir gênée. Il a des atouts tout à fait convaincants. » commença t-elle en lui glissant un clin d'oeil. « Et c'est un homme bien, j'en suis convaincue. Longtemps, j'ai cru qu'il n'était rien d'autre qu'une brute. Maintenant, je peux t'assurer que c'est quelqu'un de bien. »

Jamais elle n'aurait tenu un tel discours quelques mois auparavant. Arashi Darkwood l'avait d'abord fasciné, puis terrifié, mais maintenant, elle lui vouait un profond respect. Elle avait découvert en lui un homme droit, bien que souvent dépassé par les rumeurs que l'on colportait à son sujet, et prêt à se battre jusqu'au bout pour cet idéal qui lui tenait à cœur. Dans cette situation quelque peu difficile, le Ministre de la Justice était devenu un soutien de taille pour la jeune femme et c'était sans doute ce qui avait radicalement changé son point de vue. Cependant, certains points de son discours la choquèrent quelque peu : ainsi donc, Arashi Darkwood avait choisi de mettre de côté sa droiture légendaire pour une femme. Jamais elle ne l'aurait cru capable d'une pareille chose.

« Il n'est pas aussi coureur de jupons que les médias l'affirment. Et je pense qu'il attend juste quelqu'un d'adorable avec qui se poser. Ne laisse pas passer ta chance... ! »

Le silence s'installa quelques secondes. Fate tira une nouvelle latte de fumée qu'elle laissa s'élever dans l'air. Elle repensa à Arashi, au bonheur qui la submergeait quand elle s'imaginait bientôt en train de partager sa vie avec quelqu'un. Arashi Darkwood était seul, aussi seul qu'elle l'avait été. Cette jeune Misaki, c'était peut-être l'occasion pour lui de s'ouvrir un peu plus et de se détacher de son travail qui lui prenait tant de temps. Fate en avait elle-même fait les frais : elle s'était plongée corps et âme dans son travail à défaut d'avoir convenablement su pallier sa solitude. Il avait fallu qu'elle renoue avec un semblant de vie sociale pour enfin se rendre compte qu'être obsédée par son travail ne suffisait pas à construire quelque chose sur la durée. Elle espérait du fond du cœur qu'Arashi ne ferait pas la même erreur et ne manquerait pas de le pousser dans la direction opposée.

Finalement, la nouvelle question qui se présenta à elle l'éloigna de ces pensées. Elle, serait-elle amoureuse ? La réponse lui parut évidente. Et pourtant, l'expérience lui avait appris à retenir ses émois et à ne pas les exposer publiquement. Si elle s'était promis de ne pas se restreindre comme elle l'avait fait auparavant dans sa nouvelle relation, au fond d'elle subsistait malgré tout cette possibilité d'être déçue et d'en souffrir.

« Je ne saurais trop dire. Enfin, je pense être amoureuse, oui. Mais il est trop tôt pour que je m'avance sur quoi que ce soit. J'aimerais mieux le connaître, mais nos situations respectives ne le permettent pas toujours. »

Soudainement, Fate se rendit compte qu'elle était peut-être allée un peu trop loin. D'abord Arashi qu'elle semblait fréquenter un peu trop assidûment, puis sa propre relation à propos de laquelle elle était d'ordinaire si discrète. Cette identité parallèle l'autorisait à se permettre toutes ces choses sans craindre d'être découverte, mais mieux ne valait pas s'étaler davantage sur tous ces points qui pourraient la trahir. Cette dernière question ne fit que confirmer ses craintes : en parlant d'Arashi, elle s'était exprimée comme Fate et non plus comme cette soi-disante Lena.

« Oh non ! Non, ne t'en fais pas. Mon métier m'a poussé à plusieurs reprises à le rencontrer, notamment lors de sommets internationaux ou pour des traductions de communiqués de presse. J'avoue m'être parfois attardée sur son popotin et que son charme ne m'a pas laissée indifférente, mais non, il ne s'est rien passé et il ne se passera rien. »


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Apollo
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Lun 16 Mar - 17:31
Apollo sourit à celle qui devait devenir sa nouvelle amie. Elle s'en voulait tout d'un coup de lui avoir menti. L'alcool lui montait à la tête et lui disait de plus en plus qu'elle ferait mieux de lui dire la vérité : l'entière vérité, avant qu'on ne lui fasse plus confiance. Elle s'était rassise sur le muret et l'écoutait, tout en dodelinant de la tête.

Ainsi, cette femme avait déjà rencontré Arashi Darkwood. Ce n'était pas vraiment étonnant, vu sa profession. Elle avait sûrement dû être amenée à rencontrer des personnes de ce genre assez souvent : Suzaku, même l'Empereur et le premier ministre du Japon. Alors elle écoutait ses mots, tentant d'imaginer ce qu'il ferait s'il était à leur côté, Darkwood. Elle voyait son air à la fois sévère et gentil, le dilemme qu'il avait à chaque fois qu'il la croisait et souriait de l'impertinence qui les prenaient, pour que son cœur batte ainsi. L'entendre ainsi parler de ses fesses fit éclater son rire et Apollo, appelée également Dafne, se détendit complètement. Pour un peu, elle aurait eu envie de retourner sur la piste de danse.

« Un homme bien. Oui, sans aucun doute. Il est fait pour avoir des enfants. Tu sais, un jour, il est venu me voir et le bambin qui était avec moi...Il s'est collé à ses genoux et il s'est endormi tranquillement. Et tu l'as dit, il est sacrément sexy. Ça ne devrait pas être permis, d'être aussi sexy. Je me demande bien quel genre d'entraînement il doit suivre pour être aussi fort. J'aimerais bien l'affronter dans un combat. Ca doit être vachement intéressant. »

Dafne était à moitié folle ; personne n'aurait aimé affronter Arashi en combat loyal, encore moins quelqu'un qui œuvrait dans la résistance. Mais à ce moment-là, elle se sentait bien, les cheveux emportés par le vent, les yeux plein de cet éclat de folie, presque. Un sourire éclairait son visage, et pendant qu'elle parlait, elle se disait de plus en plus que Lena méritait de connaître sa véritable identité. Elle ne voyait pas vraiment quel problème cela pourrait causer, maintenant, n'imaginant pas du tout que celle-ci aurait pu lui mentir et lui donner non seulement une fausse identité, mais aussi un faux métier.

Elle se décala, sur le muret, jusqu'à venir la coller complètement. Elle posa sa tête brune contre l'épaule de Fate, profitant du silence qui régnait, de la tranquillité qui se dégageait de cet instant. Elle avait rarement été aussi tranquille et des moments comme ça, surtout depuis qu'elle avait dû quitter l'école et son appartement, elle les chérissait, tout comme elle estimait Billie de l'héberger en ce moment.

« Je t'ai menti, tu sais. Je n'ai pas un nom japonais. Je m'appelle Dafne Heliakis. », ses mains tremblaient légèrement, elle savait que dans ce monde sans pitié, donner son véritable patronyme était souvent synonyme de mort. « Mais je ne t'ai pas menti sur Darkwood. Je traficote des trucs un peu louches et nous nous sommes rencontrés plusieurs fois comme ça...d'ailleurs, tu me dis quelque chose...Tu n'étais pas à...tu sais, la... », elle ne retrouvait plus le mot, comme si il était coincé dans son esprit. « Tu sais, la..Oui ! La fête avec les guitares dans ce parc. Quand il y a eu une explosion. Je lui avais latté les couilles et il m'a menotté. C'est à ce moment qu'un sniper l'a visé et...J'en suis presque sûre. Je t'ai vue là-bas ! »

Mais dans quelles circonstances ? Apollo ne savait pas du tout. Elle pouvait tout simplement l'avoir aperçue dans la foule, et c'était sûrement ça. Elle savait avoir une bonne mémoire, mais elle avait énormément de mal à replacer les choses, surtout que son esprit était à l'époque occupé par l'idée, de un, s'enfuir de la poigne d'Arashi, de deux, par la suite, de trouver un moyen – et quel moyen – de se dégager de la foule en panique pour fuir l'explosion.
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Fate Harlaown
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Dim 5 Avr - 0:27
C'était définitivement une drôle de fille. Fate ne savait si l'alcool y était pour quelque chose ou s'il s'agissait tout simplement de son tempérament naturel, mais les paroles de son amie du soir avaient quelque chose de déconcertant. Il y avait la façon dont ses yeux s'illuminaient quand elle parlait d'Arashi, son rire clair et décomplexé et cette façon totalement désarçonnante avec laquelle elle décrivait le Ministre. Arashi Darkwood était un homme respecté. Pire, il était craint tant parmi les civils qu'au sein du gouvernement. Imaginer son supérieur avec des enfants lui fut difficile tant persistait dans son esprit l'image de cet homme de pouvoir autoritaire, exigeant, voire cruel. Arashi n'avait sans doute pas mauvais fond. Elle n'était d'ailleurs pas si différente de lui sur ce point. Tuer était devenu son quotidien et cela faisait bien longtemps déjà qu'elle ne comptait plus chacun des individus qu'elle avait à abattre. Une fois illuminé par la cause défendue par Kira, tel geste, aussi cruel et inhumain soit-il, lui paraissait naturel et nécessaire. C'était un peu comme traiter un cancer : c'est par un traitement violent et douloureux qu'on débarrasse un organisme de ce qui le détruit de l'intérieur.

« Non, décidément, j'ai beaucoup de mal à l'imaginer avec des enfants. » avait-elle répondu, pensive, presque sans s'en rendre compte.

Fate espérait ne pas avoir à fournir d'explications supplémentaires. Elle se voyait mal parler du Arashi qu'elle connaissait au quotidien : celui qui signait les ordres d'exécution, qui décidait des rafles et qui avait à plusieurs reprises déjà massacré des groupes entiers de résistants. La jeune femme n'avait aucun mal à comprendre et à excuser un tel comportement – Arashi et elle partageaient ces mêmes idéaux qui les poussaient à affirmer que la fin justifiait les moyens – mais elle doutait du fait qu'il en fut de même pour cette demoiselle qui semblait décidément éperdument amoureuse de lui. Fate s'en voulait un peu d'avoir à lui mentir de la sorte. Chaque parole supplémentaire, chaque réflexion sur Arashi était teintée d'hypocrisie et de mensonge. Le Ministre était sans doute comme elle : difficile d'imaginer une quelconque vie de famille tant que le combat n'était pas terminé. Le temps n'était pas venu.

« Un combat ? Il paraît que c'est un bretteur hors-pair, je te le déconseille ! »

Affronter Arashi était loin d'être une bonne idée. Même si elle restait persuadée qu'il ne lui ferait pas de mal, surtout s'il agissait réellement avec elle comme elle le prétendait. D'ailleurs, Fate se demandait comment elle avait bien pu rencontrer son supérieur hiérarchique. Sensiblement, cela s'était produit à plusieurs reprises et ils avaient déjà eu l'occasion de se retrouver seul à seul. Sans doute prendrait-elle le temps de faire quelques recherches à ce sujet à l'occasion.

Quand Misaki brisa le silence qui s'était momentanément installé, Fate se sentit soudainement mal. Voilà qu'elle dévoilait sa véritable identité comme à quelqu'un de confiance. Dafne Heliakis. Dafne n'aurait sans doute jamais dû faire une chose pareil. Plus elle parlait, plus la situation empirait. Fate avait envie de la faire taire, de lui plaquer la main sur la bouche pour ne plus rien entendre, mais elle s'en sentit tout simplement incapable tant la situation la mettait mal à l'aise. « Des trucs un peu louches », ça pouvait vouloir dire beaucoup de chose ; mais pour mener à rencontrer Arashi, ça ne pouvait qu'avoir un rapport avec la résistance. En l'espace de vingt secondes, elle disposait de suffisamment d'information pour justifier l'interrogatoire de la jeune femme. Là n'était pas son intention, mais il était désormais clair que révéler son identité était impensable.

Mais le Fuji Rock Festival, c'était l'information de trop. La nouvelle bouffée de fumée que Fate venait de tirer lui échappa et elle se mit à tousser bêtement, comme une adolescente qui touche à sa première clope. La dénommée Dafne était au festival. Pire, elle l'y avait vu. La jeune femme tenta de reconstituer la scène : elle y avait passé la journée à contrôler des papiers, en uniforme bien évidemment, jusqu'à ce que le coup de feu l'oblige à protéger Arashi. Tout était bien trop évident pour être démenti : personne ne portait l'uniforme de Kira sans raison, encore moins pour mener des contrôles.

Fuir. Fuir. C'était la seule chose qui lui passait par la tête à ce moment présent tant la situation la mettait mal à l'aise. La nausée la prenait petit à petit. Elle se sentait tellement honteuse. Elle avait menti à une femme qu'elle avait trouvé agréable et qu'elle avait osé considérer, l'espace de cette soirée, comme une amie. Elle se retrouvait désormais dans l'incapacité nette de dire la vérité à son tour. Et, pire que tout, elle dérogeait grandement à ses principes en n'interceptant pas la jeune fille en question. Fate venait d'apprendre qu'Arashi avait plus ou moins connaissance des activités illicites d'un individu en liberté. N'était-ce pas quelque peu hypocrite de condamner un acte dont elle s'était également rendue coupable dans des mesures bien supérieures ? Non, se répondit-elle à elle sans hésitation. Hadès et elle, ça n'était pas pareil. Hadès n'était plus Hadès. Hadès allait redevenir Akira. Le séduire, le protéger, prendre soin de lui, l'aimer avaient d'une façon ou d'une autre servi Kira. Une fois dans sa vie, elle avait réussi à concilier son bonheur personnel avec son devoir moral.

C'était ridicule. Mais c'était la condition nécessaire à son épanouissement personnel. Jamais elle n'avait trahi Kira. Elle restait convaincue que son action avait revêtu un double aspect qui excusait un tel comportement.

« Un festival ? Quel festival ? Il ne me semble pas être aller à un festival récemment. Non, j'en suis même sûre. Tu dois faire erreur. » avait-elle tenté maladroitement en restant le plus naturel possible.

D'un geste brusque, elle écrasa sa cigarette sur le sol en béton et jeta le mégot dans le vide.

« Je suis désolée, il est tard. Je vais devoir y aller. Ce fut un plaisir en tout cas ! » dit-elle en se saisissant de son manteau et de son sac.

Fuir. Fuir. C'était la seule solution. Alors, d'un pas décidé, elle entreprit de quitter l'établissement.


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