Pitié et allégeance à toi, Kira ! La foule s'inclina en silence, respectueusement devant cette idole masquée et inconnue.
 
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The Blood, The Wine, The Roses [PV : Apo]

 :: Tokyo - Zone RP :: Quartier commercial Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
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Sam 23 Aoû - 22:25
Parmi une longue liste de choses que Crazy Snake détestait, il y avait la chaleur. Et à cet instant, il haïssait intensément la chaleur. Devant le petit restaurant dans lequel il travaillait, une cigarette à la bouche, il balayait. L'air patibulaire, il transpirait abondamment. Plusieurs plaques rouges sur le visage, il puait la sueur, et la cigarette. Son unique oeil bleu fixait les passants, alors que d'un air absent, il nettoyait le seuil du restaurant. Il avait la gorge sèche, la langue rapeuse, et ses cheveux roux collés contre sa nuque, il jurait contre le soleil.

Celui-ci se dressait dans le ciel nuageux, il dardait son front de ses rayons brûlants. Crazy cracha de la fumée, il arrêta de balayer pendant une poignée de seconde, il gronda des injures entre ses dents. Il essuya ses yeux, la sueur les piquait, et pendant qu'il s'agaçait, il vit Misaki entrer dans le restaurant en le niant. L'homme soupira, il gratta une plaque sur sa tempe, puis il reprit son travail.

Une goutte de sueur longea son sourcil, son nez, puis sa lèvre. Il l'essuya avec sa manche. Crazy Snake portait un t-shirt avec un col rond, représentait un vieux groupe de rock des années quatre-vingt-dix. Il avait noué sa veste en jean's autour de ses hanches mines, et il avait l'air souffrant. À cause du soleil, il avait de la fièvre, et des vertiges le prenaient sans cesse.

Le regard trouble, il avala sa salive, et il épousseta son pantalon. Il chancela en arrière, en crachant des insultes, puis il se baissa. Un lacet de sa botte en cuir s'était défait, maladroitement, il tenta de le renouer. Ses jambes tremblèrent, Crazy toussa, sa cigarette tomba par terre. Plié en deux, Crazy Snake se redressa, puis il tâta le sol pour retrouver sa cigarette. Elle était en train de s'éteindre, il la termina, ensuite il s'en ralluma une nouvelle. Il la savoura, malgré la migraine emplissant son crâne
.

« Mais bordel... fais chier... »

Crazy Snake avala sa salive à nouveau, en réalité, il s'étouffa. La poitrine compressée, il banda tous ses muscles. Puis, il jeta un oeil vers ce putain de soleil, son souffle se faisait pénible. Il avait la sensation que son coeur était percé par mille aiguilles, il commençait une crise d'asthme. Il mouilla ses lèvres, elles étaient sèches, son oeil pleurait. Contre le mur, il tenta de reprendre sa respiration. Son coeur tambourinait fort dans sa poitrine, il cracha par terre, et il se tint la tête entre les deux mains.

La respiration erratique, les vertiges l'attaquant de part en part, il gonfla les joues. Les mains tremblantes, il fouilla dans sa poche à la recherche de son inhalateur, et il se rendit compte qu'il était vite. En jurant, il le lâcha, il remua les épaules, et il tenta de fumer. Il alluma une première fois son briquet, la flamme s'éteignit aussitôt, il recommença. Quand enfin sa cigarette s'embrasa, il eut un faible sourire. Crazy releva la tête, il inspira une grande bouffée de cigarette, puis il l'expulsa. Crazy Snake savoura la nicotine encrassant ses poumons, malgré la respiration de plus en plus pénible.

Devant lui, une jolie jeune femme passa, et elle le salua d'un petit sourire crispé. Crazy lui répondit d'un signe de la main, en essayant d'effacer l'image minable qu'il pouvait donner de lui. Il n'aimait pas les Japonais pour le mépris apparaissant constamment dans leurs rétines. Parce qu'il était borgne, parce qu'il était roux, et qu'il ressemblait à un déchet. Et pourquoi Crazy Snake ressemblait-il à un déchet ? Parce que depuis un moment, il ne dormait plus. Ce n'était pas à cause de la culpabilité — Crazy n'avait aucun sens moral —, mais à cause de son atome. Il se réveillait brusquement, le souffle erratique, le front en sueur, et des cauchemars dans la tête. Un son aigu vrillant dans son crâne, il tentait de se relever, mais il s'écroulait aussitôt.

lors... si Crazy Snake n'était pas l'homme le plus beau, il n'apparaissait pas laid comme un pou pour autant. L'épuisement était lisible sur sa face, il avait une joli cerne sous son unique oeil bleu, les joues creuses, et l'air malade. Avec l'asthme, et le début de l'insolation, ça n'aidait pas. Quand il aperçut entre la brume, les mèches rousses et la sueur une jeune femme brune, il tenta de cacher son trouble. Le dos posé contre le mur, il prit une attitude purement désinvolte. Il tirait sa sale tronche habituelle, et il la salua d'une voix enrouée, et tremblante :


« B'jour mam'z'elle, c'pour déjeuner ? »

Certes... son Japonais n'était pas sans défauts, mais le borgne essayait de le rendre aussi lisible que possible. Il ne tenta pas de sourire, il se contenta d'avaler son cancer en fumée.


« J'en étais où ? Ah oui... Le Chaos... ! »
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Apollo
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Dim 24 Aoû - 0:20
Rastapopoulos ! Bizarre, pinson !

Apollo est complètement folle, Apollo est cinglée. Elle a osé taper un flic, elle parle mal au premier qui la voit. Apollo en a un grain, et c'est bien connu. La vérité, c'est que cette fille en avait dans le pantalon. Elle fusilla du regard un gamin de dix-huit ans...trop jeune, la cigarette aux lèvres, en pleine conversation avec deux jeunes poulettes ? Qu'est-ce qu'elle avait, cette fille ? Et bien elle était en colère : tout lui échappait, même sa propre vie.

Pourtant, trois mois auparavant, tout allait pour le mieux : elle était célibataire et les papiers provisoires qu'elle avait obtenus de son actuel ex lui permettaient de rester en toute légalité. Elle parlait bien japonais, malgré ce léger accent qui laissait deviner à chaque fois de quelle nationalité elle était. Tout allait bien dans le meilleur des mondes...Et les rafles ? Elle n'était pas vraiment concernée par ces choses, impliquée comme elle l'était dans une résistance qui était plus pacifique qu'autre chose. Dafne Heliakis, malgré sa fâcheuse tendance à donner des coups de pied au premier venu n'était pas vraiment pour supprimer les pères de famille ou les types auxquels on avait juste fait un lavage de cerveau. C'était pour cela qu'elle appartenait au clan des hackeurs et qu'elle avait des liens avec Hadès. Pour cela qu'elle ne s'était jamais plus impliquée dans la rébellion.

Comme tout rebelle, Dafne Heliakis était intimement persuadée que cette guerre civile se stopperait net un jour. Quel camp, pourquoi ? Elle ne pouvait pas le dire, car elle s'y connaissait trop mal en prévision pour prédire quelque chose de correct. Si la rébellion ne gagnait pas très vite la confiance des civils, leur combat n'aurait bientôt plus aucun sens, et du côté des pro-Kiras, le gouvernement ne semblait pas être néfaste et gagnait en crédibilité. Il y avait juste deux ou trois problèmes majeurs qu'elle se plairait plus tard à dénoncer au travers du Cavalier Noir. Alors, il y a trois mois, tout se passait bien et puis lorsque cette barre avait été franchie, tout commença à aller de mal en pis. Ses papiers périmés, Dafne rasait les murs pour se rendre à l'école : elle continuait à y introduire en toute illégalité ces pauvres gosses de résistants qui n'avaient rien demandé à personne. Les enfants étaient de drôles de personnes : ils semblaient avoir la faculté pour s'adapter soudainement à un nouvel environnement. De tous ceux que Dafne glissât dans une classe, aucun ne se trahit, ni ne fit de maladroite gaffe.

Et puis il y eut le message de Smoke. Tout d'abord, elle crut à une blague...sans doute comme bien d'autres parmi eux, et c'est pour cela qu'elle n'intervint pas. Lorsque l'affaire prit une tournure bizarre – avec l'intervention de ce troll de Beyond Birthday – Apollo commença à s'affoler et envoya du ban à tout va. L'explosion au parc, puis celle au supermarché, tout cela ne pouvait pas être un canular, et c'était aussi le signe que quelque chose de beaucoup plus grave se préparait. Un nouveau criminel émergeait, et il était complètement cinglé. Après avoir vu la vidéo de l'explosion du centre commercial de Manchester, Apollo n'avait pu retenir de longs frissons et des tremblements de peur. Elle s'était mise à pleurer sans véritablement être triste, et puis avait vomi son dernier repas dans ses toilettes. Elle avait eu du mal à récupérer.

Alors voilà pourquoi Apollo était en colère, voilà pourquoi elle était capable de shooter dans une poubelle et de se casser le pied pour ça. Et elle marchait depuis une demie heure, comme ça, dans le but de tenter de se calmer. Lorsqu'elle s'arrêta, enfin, ses mains étaient toujours en train de trembler. Elle leur en voulut et son regard traîna partout où il y avait des choses d'écrites...un café. Oui, c'était ce qu'il lui fallait. Elle n'avait aucun kilar en poche, mais l'eau, qu'elle le sache, c'était gratuit.

Lorsqu'elle entra dans le café, son repas se posa sur le serveur, visible de loin. C'était un être qui, lui-aussi, détonnait de la monotonie habituelle de cette ville. Il avait des cheveux roux et un monocle à l’œil. Elle se surprit à penser que cela lui allait bien, et lui adressa un honnête sourire, cachant ses mains dans ses poches.

« Je voudrais de l'eau, s'vous plaît. Un pichet d'eau et un verre.  »

Elle s'assit sur une chaise élevée près du comptoir et reprit son souffle. La télévision accrochée dans le coin de la pièce passait encore des images du centre de Manchester et Apollo grinça des dents.

« ...Ils l'attraperont et lui couperont les couilles, à ce connard. »
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Dim 24 Aoû - 17:27
Crazy Snake ouvrit un oeil rond, devant les paroles de la jeune femme. Un verre d'eau ? Elle pensait réellement qu'on lui en ferait cadeau ? Toutefois, il ne préféra pas répondre, comme il était trop occupé à cracher ses poumons. En soupirant, il tenta de reprendre son souffle, et il posa ensuite rageusement son inhalateur sur la table. Pendant que la télévision diffusait des images de ses attentats, le borgne disparut dans un coin du restaurant. C'était plaisant qu'on parle de lui ainsi, c'était un joli compliment. Ça signifiait qu'il avait suffisamment fait de mal pour marquer les esprits ; ce n'était que le début.

Derrière le comptoir en train d'essuyer des couverts, Misaki lui offrit un regard affligé, mais elle ne commenta pas l'état déplorable dans lequel il était. Elle se contenta de lâcher un petit « hum » méprisant, avant de prendre son smartphone. L'homme gronda entre ses dents, elle n'était pas obligée de le mépriser parce qu'il n'était pas Japonais, et surtout parce qu'il était roux. Fouillant une horde de SMS, la fille de son patron vivait des exploits agaçants de l'adolescence. Avec un regard triste, elle tapota vivement sur les touches du clavier, puis elle rangea son téléphone pour regarder la télévision.

En continuant de tousser comme un asthmatique — ce qu'il était de toute façon —, Crazy Snake revint vers sa cliente. Il déposa devant elle une carafe, et un verre d'eau déjà rempli à la moitié. En se redressant, il coula un regard sur elle, en se demandant à quel point elle pouvait être dans la dèche. Crazy Snake n'était pas doté d'une intelligence incroyable, mais il savait observer autrui. Son unique oeil bleu voyait ce que les gens cachaient, et elle témoignait une nervosité étonnante. Comme un oisillon prêt à se faire dévorer par un chat, elle était tendue, et il le ressentait dans ses nerfs. Elle n'était pas Japonaise, elle aussi. C'était peut-être pour ça ; elle craignait de se faire attraper, car elle n'avait pas les yeux assez bridés selon le goût à la mode, et le teint trop mat. Même si elle était brune, elle ne pouvait pas se confondre dans la masse, elle n'était pas assez plate pour se faire passer pour une Japonaise. Plus il l'examinait, les sourcils froncés, plus il pensait que son visage ne lui était pas inconnu. Elle ne paraissait pas — non plus — traîner dans les endroits les plus fréquentables de Tokyo. Il lui laissa la note, naturellement, puis il pivota. S'il n'était pas vénal, son patron l'était, alors il ne pouvait pas se permettre de petits cadeaux à ses clientes.

Crazy Snake sortit retourner balayer, sous cette infâme chaleur écrasante. Il avait la sensation que son cerveau servait d'enclume à un marteau de dix tonnes, le souffle erratique, il sentait qu'il ferait dans peu de temps un malaise. Dans son crâne, il percevait un crissement, semblable au son que faisait une radio captant mal. En grognant, furieux contre sa faiblesse, le borgne ferma l'oeil une demi-seconde. Le bandeau cachant son orbite vide le démangeait, le cuir brûlait sa peau, et il transpirait. La gorge sèche, il termina de balayer, ensuite il se réfugia à l'intérieur. En ignorant le mépris dans les yeux de Misaki, il rangea le balai dans la réserve. Deux autres clients — moins typés que la jeune femme et lui — étaient entrés. Posés au fond de la salle, ils le hélèrent d'un ton suffisant. Crazy s'empressa de prendre la commande, son corps se balançait de gauche à droite, et ses jambes tremblaient. Pourtant, il s'efforçait de conserver un air de chien mal léché. D'une voix faible, il les salua, et il prit note.


«  Owell ! »

C'était Misaki. Agacé, Crazt Snake se dirigea vers la jeune fille, qui lui fit signe de se pencher vers elle. En cachant sa bouche de sa petite main, elle lui désigna d'un coup d'oeil la jeune femme brune, et elle murmura :


« Tu crois qu'elle va partir sans payer ? Je sens bien que ça va arriver.
— T'as qu'à lui d'mander. »

L'adolescente sembla offusquée, mais elle préféra garder le silence. Crazy Snake se redressa, ses mains tremblaient. En croisant les bras sous le peu de poitrine qu'elle avait, Misaki lui intima de surveiller Apollo. Crazy Snake déglutit, il chercha une nouvelle cigarette dans sa poche, mais la gamine cogna la table de son coin. Il résistait à sa faiblesse pour la nicotine, en râlant. Avec insistance, elle lui chuchota de demander à la jeune femme s'il devait lui apporter l'addition. D'abord, il ramassa la commande du couple, et il se dirigea vers Apollo.

Le bord du plateau contre son ventre, Crazy Snake fronça les sourcils, le monde vacilla brusquement autour de lui. Il chancela en avant, puis en arrière, et il laissa tomber les assiettes sur le sol. Misaki en fut tellement surprise qu'elle laissa échapper une exclamation de surprise, elle fondit sur lui pour l'engueuler, mais Crazy fourra sa tête entre ses mains. Péniblement, il tentait de lutter contre les aiguilles perçant sa poitrine, et les vertiges.


« J'm'sens mal, déclara-t-il. »


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Apollo
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Dim 24 Aoû - 21:32
Un pichet d'eau et un verre, ce n'était pas beaucoup...Et, a priori, elle ne devrait pas payer pour cela. C'était sans doute aussi parce qu'elle était tellement préoccupée par l'explosion du centre commercial qu'elle n'avait pas remarqué l'état désastreux de Crazy Snake. En temps normal, elle se serait sans doute inquiété pour lui, même si elle ne le connaissait pas. Elle aurait pris du temps pour le rassurer et s'il l'avait fallu, elle l'aurait même emmené à l'hôpital. Dès qu'elle réussit à entendre la série de toux du type, Apollo lui jeta des regards inquiets...Elle n'était pas docteur et avait même des compétences partout, sauf en médecine. Certains élèves de sa classe avaient le même genre de crise, c'était pour cela que la jeune femme se promenait partout où elle allait avec un aérosol : on ne sait jamais, un oubli, une perte et c'était l'enfant qui y passait.

Elle le suivait du regard pour voir s'il allait, ou non, prendre un médicament, grimaçant lorsqu'elle constata qu'il continuait à travailler comme si de rien n'était. Alors qu'elle le regardait de nouveau – ces cheveux étaient vraiment beaux – il avança vers elle et chuta. Apollo ne put retenir un petit cri, cherchant un téléphone dans la pièce, quelque chose où elle aurait pu joindre les secours : rien. Rien, et elle n'avait rien non plus sur elle. Elle se précipita sur Crazy Snake pour le mettre dans une position de premier secours, sortit également l'aérosol pour le mettre dans sa bouche.

« Aspirez soudainement ! », lui cria-t-elle soudainement, affolée, appuyant sur le bouton de l'aérosol. Ce n'était pas grand chose, mais cela devrait faire plus de bien que de mal.

« Vous faites une crise, vous avez besoin de vous reposer ! Je vais appeler les urgences ! »

Apollo lança un regard à la jeune fille, la collègue de ce type, qui ne semblait pas en glander une. C'est un regard noir de sa part qu'elle s'attira, puis, retournant à son malade, elle alla presser le front de Snake de ses lèvres pour vérifier qu'il n'était pas sujet à de la fièvre. Non. Elle soupira de soulagement. Elle ne savait pas que les crises d'asthme pouvaient devenir aussi graves, mais en même temps, elle n'y était pas sujette et elle n'avait que, jusqu'à présent, vu des enfants qui se soignaient relativement bien. Elle recommença à appuyer sur l'aérosol à plusieurs reprises, tout en prévenant Snake avec de petits « Inspirez », à chaque fois qu'elle s'y risquait.

Elle était en sueur, Apollo, et ses vêtements semblaient encore plus bons pour la poubelle que quelques minutes plus tôt. Elle s'était frottée au sol, assez propre mais qui n'était dénué de poussière. Elle avait remonté ses manches, pour aider Snake, et maintenant, elle le relevait pour le mettre contre le comptoir : elle savait qu'une fois redressés, ceux qui avaient de la toux arrivaient mieux à respirer. Enfin, elle prit le verre d'eau qu'elle n'avait pas bu et le tendit à Snake...Elle semblait essoufflée par ces actions, mais au moins, elle n'y pensait pas. Elle ne pensait pas à ce damné centre qui avait explosé. Elle n'avait plus en tête ces femmes, enfants, vieillards en sang et hurlant alors qu'ils étaient perdus. Pendant un instant, en voyant cela, elle s'était dit que ce devait être un peu près comme à Hiroshima...le nucléaire en moins. Elle avait vomi une fois de plus dans ses toilettes et, tandis qu'elle y pensait de nouveau, maintenant, ses mains se remettaient à trembler comme si elle avait failli être dedans, comme si elle aurait pu faire partie de ces victimes, si elle aussi avait été chercher Smokey.

« ...Buvez...Buvez, je vous en prie. Si vous voulez, je vous laisse l'aérosol. Vous devez savoir comment faire...Je...désolée, j'ai l'air un peu bizarre mais il y a des images dans ma tête qui ne veulent s'effacer. »

Horrible, horrible, horrible. Ses mains refermèrent leurs poignes sur une des jambes de Crazy Snake, tandis qu'elle l'observait, de ses yeux qui étaient sur le poing de craquer.

« Rassurez-moi, quand même...c'est gratuit, l'eau ? ...Parce que je n'ai pas un seul Yen. Au fait...Ha ! Oui, vous voulez que je trouve un portable pour appeler les urgences ? Moi, je suis Dafne Heliakis. Et vous ? »
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Dim 24 Aoû - 22:09
La suite ne fut qu'une suite troublée d'évènements, les vertiges lui tournaient la tête, et les contours du monde se diluèrent. Les cheveux collés contre sa nuque, en sueur, Crazy Snake ne sut pas exactement comment il se retrouva contre le comptoir ; la seule chose de limpide était la douleur... Il émit un grondement, les mains plaquées contre sa poitrine, il sentait son coeur se déchirer. Des aiguilles lui griffaient les nerfs, puis elles percèrent ses poumons. Il cracha par terre de la bile, la nausée le prenait.

Misaki n'était pas plus inquiétée que ça, contrairement à la jeune femme brune, véritable victime de l'angoisse. Etonné le borgne l'observait derrière les mèches rousses se plaquant sur son front, sa silhouette lui apparaissait plus nette que sur le reste. Crazy Snake se concentra sur Apollo, afin de ne pas sombrer dans l'inconscience. Le son aigu dans son crâne ne faisait que s'amplifier, et malgré l'aérosol qu'elle lui donna, elle survit. Crazy Snake déglutit, il toussa soudain plus fort, il essaya d'aspirer de l'air, mais dès qu'il respirait, ses poumons se comprimaient. Bordel ! Il détestait quand ça arrivait ! Il détestait montrer ses faiblesses aux autres, c'était le meilleur moyen de devenir leurs proies. Après tout, c'était comme ça qu'il avait perdu son oeil.

« Pas... pas les urgences, ils sont chiants ».

Avait-il craché d'une voix enrouée, couplée à un souffle lourd. Ses jambes ne cessaient de trembler, le monde ne devint qu'une peinture abstraite, sur laquelle on avait jeté de l'eau. Mais Apollo lui apparaissait clairement, avec ses cheveux bruns, son regard terrifié, et sa chaleur. Elle aussi, elle sortait de l'ordinaire, mais il l'avait pensé dès qu'il l'avait vu. Lorsqu'elle lui donna le verre d'eau, il tenta de la remercier, mais il émit un nouveau toussotement.

Sa respiration d'asthmatique était forte, elle résonnait même dans son crâne, et il renversa la moitié du verre sur lui. Quand il parvint à boire une gorgée, l'eau lui brûla la gorge, il lâcha le verre. Crazy Snake lui saisit brusquement le bras, comme pour se raccrocher à la réalité, il referma ses doigts. Fermement, il tenait Apollo, au bord de l'évanouissement. Et elle... elle lui tenait les jambes, ce qui amusa une partie de lui-même. Mordant ses lèvres, Crazy frotta son oeil, il était en larme à cause de la douleur, et de la frustration d'apparaître ainsi.


« S'ils viennent... ils vont encore m'engueuler à cause de la clope. »

Malgré la douleur, il prit un ton profondément blasé. Il ne supportait pas les médecins, parce qu'ils prétendaient que pour atténuer son asthme, il devait arrêter la cigarette. Mais elle le suivait partout, de son doux parfum, et jamais il ne pouvait résister à ses bras voluptueux. D'ailleurs, en période de crise — comme maintenant —, le borgne avait toujours une incroyable envie de fumer. Il fouilla dans la poche de son pantalon son briquet, mais il glissa aussitôt entre ses doigts.

« Des images ? Murmura-t-il. J'en ai tout l'temps, mais pas là... là... j'vais... »

Comme s'il venait de se souvenir brusquement des paroles de la jeune femme, Crazy Snake lança un regard désespéré. L'adolescente composait déjà le numéro des urgences, ce qui lui donna un violent frisson de terreur. Ah non ! Ils lui arracheraient son paquet de gitanes, et il n'en avait qu'un ! En grinçant des dents, il voulut avancer vers Misaki, mais Apollo le retenait. Il lâcha :

« V'm'pouvez m'lâcher ? C'est gênant. Pas les toubibs... Misaki... ils... lâche ce putain de téléphone. J'ai dit : PAS CES CONNARDS DE TOUBIBS »

De la sueur gouttait le long de ses tempes, elle tomba dans sa nuque, et la mâchoire crispée, il fusilla Misaki du regard. Au fond, le couple préféra quitter le restaurant, dérangé par ses épanchements de colère, sa vulgarité, et la haine suintant depuis tous les pores de sa peau. Crazy Snake gronda, encore une fois, il grinça des dents, et il tenta de reprendre son souffle. L'air s'enfonça dans ses poumons, comme une lame de glace, alors il se remit à tousser de plus belle. Malgré l'aérosol qu'Apollo lui avait passé, il n'était pas prêt d'aller mieux. Soudain, il se rappela que la jeune femme s'était présentée à lui. La poitrine se soulevant dans un rythme irrégulier, il parvint à articuler :

« J'suis... Dan... Daniel Owell. »

Gênée, Misaki décida de les abandonner pour se rendre à la pharmacie située à une quinzaine de minutes d'ici. À force, elle n'était plus anxieuse de ses crises, ce n'était pas la première fois que ça se produisait, et surement pas la dernière. Elle rangea son portable dans sa poche, et elle lâcha à Apollo qu'elle n'avait pas à s'angoisser autant pour un imbécile incapable de prendre son inhalateur. Même si Crazy Snake allait sur ses vingt-huit ans, il était incapable de gérer ça. Misaki claqua la porte en partant.

« Daphne ? C'pas très... Japonais. »


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Apollo
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Dim 24 Aoû - 22:42
Elle était gelée par la peur, mais ce qui lui aurait fait encore plus peur, elle l'avouait, ç'aurait été que Snake meure dans ses bras. Un cadavre, un putain de cadavre dans ses bras, avec que elle aux alentours et ç'aurait été finit d'Apollo. Snake n'aurait certainement pas été le premier mort qu'elle aurait vu, auquel elle aurait parlé avant, mais dans l'immédiat, ç'aurait juste été la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Elle sentit une pression sur son bras et constata que, en plein délire, elle n'avait pas vraiment remarqué que l'homme s'était accroché à son bras. Elle lâcha alors ses jambes pour lui prendre la main et le soutenir.

« Ça va aller, ça va aller. »

Les clopes ? Là aussi, elle venait de réagir. Elle vit que Snake était en train de chercher quelque chose dans sa poche, et dès qu'elle vit le briquet comprit, elle saisit : elle devait l'arrêter avant qu'il ne soit trop tard. Il devait être idiot pour fumer en pleine crise d'asthme – ou il pensait peut-être que ça allait améliorer ou s'adoucir de cette manière. En tout cas, elle profita du fait que ses doigts eurent glisser pour piquer le briquet et le mettre dans sa poche. Elle lui rendrait plus tard, si elle y pensait, mais pour le moment, elle avait plutôt décidé de lui parler pour lui faire oublier la douleur. À eux-deux, ils réussiraient à oublier tout ce qui leur avait causé du mal.

Elle tremblait toujours, Apollo, surtout lorsque Snake criait contre Misaki. Elle comprenait qu'il ne veuille pas qu'on appelle de médecin, étant elle-même une étrangère. Elle savait que toutes les entrées aux hôpitaux étaient comptées et recensées, et elle n'avait elle-même aucune envie de servir de cobaye à des médecins véreux. Apollo était méfiante et faisait bien. Très bien. Sa main allait sur la joue de Snake et elle le maintint comme un enfant qui bouge trop, comme un gosse que l'on rassure. Elle faisait des « shh », sous un second regard noir adressé à Misaki, qui partit, d'ailleurs, sans doute pour chercher des médicaments, puis prit un mouchoir et lui essuya les derniers morceaux de bile qui pouvaient être sur sa bouche. Pauvre gars.

« C'est donc Daniel, ton prénom ? Non...Je ne suis pas japonaise, moi. Je suis grecque. Je suis venue ici parce que je n'étais plus désirée dans mon pays. Tu viens d'Irlande ou d'un pays comme ça, toi ? Il y a beaucoup de gens roux, là-bas, on m'a dit. Enfin je ne sais pas, je n'y suis jamais allée. Tu sais, Daniel...fumer, ce n'est pas bon, surtout pour ceux qui ont ce genre de crises. Alors je ne te rendrais pas ton briquet. »

Le verre d'eau était brisé, là, par terre. Quand elle l'avait passé à Snake, celui-ci en avait bu une gorgée avant de le faire tomber...et les réflexes de la jeune femme n'étaient pas suffisants pour le rattraper. Elle enleva son pull, un vulgaire machin pas très beau et terne, pour pousser les débris loin de « Daniel ». Si celui-ci s'en était pris un bout, ç'aurait vraiment été pas de chance.

« Je comprends, pour l'hôpital. Vous aussi, vos papiers ne sont pas à jour ? Je suis persuadée qu'ils repèrent les étrangers pour que l'on serve de cobaye...mais tout de même, pour une crise d'asthme, je ne pense pas que ça arrive. Ce serait plus prudent de se faire examiner par un médecin de quartier, non ? Dans mon immeuble, doit y'avoir un type qui examine les mafieux illégalement. Évidemment, je ne vous ai jamais dit ça et je ne vous le dirai jamais. »

Elle était en tee-shirt, maintenant, un haut assez moulant qui la mettait en avantage. Puisque sa main était toujours sur la joue de Snake, il devait avoir une vue plongeante sur son décolleté.

« Vous voulez qu'on y aille ensemble ? Il fait crédit. Il me l'a déjà fait alors que j'avais la grippe, et je lui dois environ 200 Kilars. C'est un gentil bonhomme ! », dit-elle en riant, ayant enfin oublié les sanglantes images de l'explosion.
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Dim 24 Aoû - 23:14
Bon... Crazy Snake pouvait excuser bien des choses aux jolies filles : mal lui parler — lorsqu'elles étaient dans leurs périodes —, l'ignorer — parce qu'il avait fait une connerie —, ou même l'ignorer à cause de sa gueule. Néanmoins, il y avait deux ou trois choses qu'il ne supportait pas, et qu'il ne pouvait pas leur pardonner, même si elles faisaient un bonnet D (ou plus). Tout d'abord : lui interdire de fumer, car ça lui était vital, et qu'il pétait vite un câble s'il n'avait pas sa dose de nicotine quotidienne. Et ensuite... bah... c'était légèrement vexant de se faire traiter comme un gosse, ou pire : un adolescent. Le borgne trouva — certes — la main de Daphne douce sur sa joue, mais... il avait vingt-sept ans. Ça faisait un bon bout de temps qu'il ne tétait plus le sein de sa mère, notamment parce que celle-ci était morte. Et surtout... il était majeur, vacciné, grand, et... et tout.

Lorsqu'il aperçu Daphne ranger son briquet dans sa poche, son oeil s'écarquilla aussitôt de colère. S'il avait été capable de remuer, il lui aurait sauté à la gorge pour reprendre son briquet. Puis, il tâta la poche arrière de son pantalon, et il se rassura ; il lui restait encore deux. Parce que oui... Crazy Snake pouvait être soigneux pour certaines choses. Habituellement, il avait au moins deux paquets de Gitannes sur lui, ainsi que quatre briquets. Il craignait tant de manquer de nicotine qu'il prenait soin d'en avoir toujours sur lui. Il mordit sa lèvre, il fixa la jeune femme avec un air renfrogné, qui laissa place peu à peu à la fureur. Vaguement, il essaya — malgré tout — de fourrer sa main dans sa poche, mais celle-ci ne fit que frôler la cuisse de Daphne. Ça le blasait.

Franchement... pourquoi était-il asthmatique ? Qu'est-ce qui avait poussé l'univers à lui encrasser les poumons avec cette maladie de merde ? Elle s'était déclarée tardivement, d'ailleurs. Crazy fumait depuis l'âge de quatorze ans, si ce n'était pas moins. Et c'était vers ses dix-huit ans qu'il avait appris qu'il devrait vivre le restant de ses jours avec un inhalateur, qu'il ne changeait pas. Ses crises n'étaient pas si fréquentes, mais elles survenaient dans les moments, où il était nerveux, et particulièrement agacé. Le Japon l'angoissait.

« J'en sais rien s'ils font des expériences sur les étranges, j'aime pas les hostos, c'tout. Ils vont me bourrer le crâne sur le cancer, et toutes ces conneries. »

Crazy Snake alla ajouter que de toute façon, il ne comptait pas vivre longtemps, mais il cracha encore sur le côté. Gêné par les marques d'attentions de Daphne, il lui arracha le mouchoir des mains, et il s'essuya lui-même la bouche. Bordel ! Il n'était pas un môme ! Putain.

« Donne-moi mon briquet, t'en fais pas... j'sais que fumer ça arrangera rien, ça m'détendra juste. Et si j'veux calmer ça, j'dois m'détendre. C'est comme ça... »

Si Daphne le tutoyait, Crazy Snake ne comptait pas la vouvoyer, alors. En respirant plus fort, il baissa la tête vers le sol, il rencontra alors la vue plongeante qu'elle lui offrait de son décolleté. Loin d'être un garçon pur et innocent, persuadé que les femmes étaient des créatures divines, il ne rougit pas. En réalité, il regarda — pourquoi se gêner, hein ? —, en fronçant les sourcils pour évaluer le volume de ses seins. Il détourna au bout d'un moment le regard, ce n'était pas le moment d'avoir ce genre de pensées... vagabondes. ELLE LUI AVAIT PRIS SON BRIQUET APRÈS TOUT ! Et cette pensée avala le reste. En toussant, il fit :

« Fais attention avec ce genre de réflexions, moi, j'm'en fous... mais bon... on sait jamais. Les gens, ils aiment bien écouter mine de rien. Et pour la flotte, t'as qu'à dire que c'était mon verre. L'autre dinde fera pas chier, si j'lui fais peur. Ça sera not'secret... Seulement... »

Crazy essuya à nouveau sa bouche, puis en jetant un furtif coup d'oeil sur son décolleté, il ajouta :

« Seulement si tu m'rends mon briquet. Si t'en veux ABSOLUMENT un, j't'en passe un autre, mais pas celui-là ».

Crazy pensait ce qu'il venait de lui dire. Si elle avait besoin d'un briquet, il voulait bien lui en donner un, tant qu'on ne lui demandait pas de cigarettes, il pouvait être « gentil ». Néanmoins, le briquet que Daphne avait caché était important pour lui. C'était Maria qui le lui avait offert, peu de temps après la perte de son oeil. C'était d'ailleurs le seul objet de valeur qu'il avait sur lui.

« Ou j'te paye à bouffer, mais rend-le moi. »



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Apollo
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Lun 25 Aoû - 17:14
La femme retira sa main de là où elle ne devait pas être : la joue de Snake, avant de soupire. Si seulement il prenait ses médicaments, cela ne lui serait pas arrivé. Elle sentait la pression du gros briquet dans le tissus fragile de sa poche, et songea qu'il ne faudrait pas qu'elle oublie de le lui rendre. Même si...même si, prévoyante, Apollo aurait tout aussi bien pu le garder pour le revendre juste après. Quel prix pouvait-on dégager d'un de ces briquets ? Quelques dizaines de kilars, au moins ? Il semblait être de relativement bonne qualité.

« J'fais attention. T'as pas une tête de flic sinon je me serai déjà tirée, tu sais. Mais toi aussi, fais attention. T'es en train de te péter la santé, même si tu penses te soulager. Je serais pas surprise qu'il te reste plus que trois neurones dans le ciboulot à cause de la clope. »

Elle hésitait maintenant quant à son dilemme de la journée : elle le lui rendait, et dans ce cas, le repas était gratos, ou alors elle se souciait plus de la santé de son interlocuteur et elle faisait son opportuniste ? Un sévère gargouillement de son ventre lui rappela qu'elle avait acheté des composantes pour son ordinateur avec le salaire de ce mois, et elle choisit la voie de la sagesse : Apollo sortit le briquet de sa poche et le tendit à Snake, un regard menaçant collé sur son visage. Repas. Elle espérait déjà que ce serait quelque chose de bon et qui pourrait lui remplir l'estomac. Si ce type était comme lui, il devait déjà savoir que la vie était dure, pour les étrangers, et encore, elle, elle se trouvait être une des plus chanceuses. Dafne avait un salaire, un petit studio et un ordinateur. Elle avait cependant dû faire des sacrifices, d'où son régime qui était...en tout mot un régime draconien, crevait la dalle le soir et en était parfois rendue à voler ou à bouffer des insectes au pire des cas.

Alors cela expliquait de manière aisée pourquoi Dafne Heliakis cédait la santé de Snake contre un repas. Elle aurait pu s'écrouler par terre et convulser tellement elle était faible...Faible. Elle pensait à faible. Sa main droite alla tout d'un coup s'accrocher de nouveau au bras de Snake, laissant le briquet tomber à terre. Faible. Elle était faible, et les tremblements reprirent de plus belle.

« J'ai besoin de manger, j'ai... »

Le feu, l'explosion, les gens en sang. Cet homme prostré par terre, déchiré en deux. La télévision n'avait passé que des images censurées de l'Urban Outfitters, mais elle, elle avait vu l'intégralité de la vidéo Youtube.

« Je les ai tous vu...en train d'exploser. Ça me donne envie de vomir, c'est horrible. J'aurais pu y être, à l'Urban Outfitters, j'aurais pu mourir aussi... », la jeune femme était en pleine crise de panique, aussi normal que cela soit après avoir vu quelque chose d'aussi choquant. Elle n'était pas faite de sucre, au contraire : elle, elle avait appris de ses propres moyens, et elle avait grandi dans la rue...mais jamais, jamais elle n'avait vu de choses aussi choquantes. D'explosion aussi gratuite. Et pour une fois, Apollo espérait de tout son cœur que le ministre de la justice attraperait ce connard de terroriste. Qu'il lui ferait passer l'idée d'exploser des gens innocents et, plus que tout, que Smokey se fasse tuer par Kira.

« Sois maudit, Smokey... », marmonna-t-elle dans ses moustaches.
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Lun 25 Aoû - 20:38
« Ouais... ouais... »

Et Dafne lui faisait la morale, et elle lui expliquait de long en large que fumer, c'était dangereux pour la santé. Crazy Snake le savait, c'était pour ça qu'il profitait de la poignée d'années qu'il lui restait à vivre, pour fumer autant qu'il le pouvait. Mort, il aurait un peu de mal. Alors il fumait autant qu'il le pouvait, quand bien même il encrassait ses poumons de nicotines, et de tout un tas de choses nocives. Il haussa les épaules, peu intéressé par les leçons de morale, ça n'était pas son truc.

Ce n’était pas bien ? Et alors ? C'était quoi le problème ? Il ne comprenait rien à tout ça. Ce n'était que des notions abstraites, des paroles dénuées de sens. C'était pour ça qu'il prenait plaisir au Chaos, parce qu'il était n'avait pas un soupçon de moral, et aucune culpabilité. Ce n’était pas la cigarette qui grillait son cerveau, mais... les gens. En réalité, Crazy Snake avait été tant sous-estimé par ses parents adoptifs qu'il n'avait pas pu développé les seules qualités de sa personnalité. Il en avait eu, et il les avait oubliés.

Dafne ne paraissait pas en meilleure santé que lui, pourtant elle n'était pas le genre de personnes à fumer, boire, et trifouiller des substances nocives toute la journée. Elle n'avait pas d'argent. Même borgne, Crazy Snake pouvait le deviner. Se concentrer sur autre chose — retrouver son briquet tant adoré par exemple — l'aidait à aller mieux. Il avait encore la migraine, et la nausée, mais c'était à cause de la chaleur. Il attrapait vite des coups de soleil à cause de sa peau pâle, et il oubliait les problèmes que ça pouvait occasionner. Les insolations, par exemple.

Lentement, le borgne se redressa, il défit sa veste autour de ses hanches, et il la balança sur le comptoir. Il en fit le tour, il fouilla en dessous pour retrouver une carafe, et deux verres. Il servit à Dafne et à lui-même de l'eau bien froide, puis en se tenant sur le bord du comptoir, il examina la jeune femme. La télévision passait des images de l'attentat, la journaliste émettait plusieurs suppositions d'une voix sérieuse, tout en caressant sa chevelure blonde d'une main distraite. Elle était vachement concernée, il se sentait insulté.

Ce qui raccrocha l'attention de Crazy Snake à Dafne, ce fut son expression terrorisée. Elle parla de ce qu'il s'était passé, comme si elle avait été présente le jour de l'explosion. Un prenant son verre, Crazy Snake fit un gros effort sur lui-même. Il tremblait légèrement, et l'excitation du souvenir creusait son ventre.

C'était magistral ! Sa rétine s'était embrasée de jouissance, lorsque les flammes avaient grimpé le long du bâtiment, les gens hurlant, et le sang... le feu... toujours plus rouge. La mâchoire crispée, Crazy Snake ne répondit pas tout de suite. Qu'est-ce que dirait une personne de normale par rapport à ça ? Il ne pouvait qu'échanger des banalités. Surtout que... ce n'était pas agréable de se faire traiter — indirectement — de connard dans la bouche d'une jolie fille. Ça le faisait même relativement chier. Maudit ? Il l'était déjà.


« C'est pas pire ou mieux que les rafles, ou... les fusillades. Le monde est fou. »

Finalement, Crazy avait choisi une réponse sincère. Faire exploser des trucs ? C'était sa passion, et sa raison de vivre. Il ne comprenait pas pourquoi on trouvait ça... si atroce que ça. C'était tout aussi abominable que de planter un couteau dans l'oeil d'un gamin, parce qu'il était jeune, et con. Trop con pour rester à sa place, et pour comprendre que l'amour, c'était de la merde en conserve. Il prit une grande inspiration, le front plissé, l'eau lui brûla la gorge. Ce qu'il avait fait là-bas, ce n’était pas si différent des connards de pro-kiras qui avait foutu le feu à son appartement.

L'odeur de cochon grillé... cette odeur, elle revenait le hanter. Pris d'un haut-le-coeur, l'homme mordit sa langue, il posa brutalement le verre sur le comptoir. Le dos tordu, il fixa Apollo avec une expression de désespoir. Puis, il secoua la tête pour chasser ça. Il ferma les poings, ses ongles s'enfoncèrent dans ses paumes, il prit une grande inspiration. Une goutte de sueur glissa le long de sa tempe, il renfila. Il respirait fort, ses poumons lui faisaient mal. En grondant, il prit une serviette sous le comptoir, puis il versa le contenu du verre dessus, afin d'humidifier son visage. En reprenant contenance, Crazy Snake lâcha alors :


« Attend la fin de mon service, je termine vers 17h. Tu tiendras d'ici là ? »



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Apollo
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Mar 26 Aoû - 19:26


Pas pire ou mieux que les rafles...

Seulement, la seule différence, c'était que Apollo n'avait jamais assisté à la moindre rafle pour la bonne raison qu'elle ne se rendait jamais dans des lieux où les gens résistaient vraiment. Elle était bien en lien avec Hadès, et même avec Matt qui était lui-même en contact avec Mello, mais ne s'était jamais rendu dans leurs quartiers généraux respectifs. Lorsque Hadès le lui avait proposé, elle avait refusé, jugeant que ce n'était pas prudent – et même, elle avait un peu entendu ce qui était la réputation du chef du quartier civil, et elle n'avait pas vraiment envie de se retrouver dans ses filets. C'est pourquoi elle avait arrangé tous ses accords, pour le moment, pour que Hadès pense qu'elle était un homme.

« Peut-être...mais les gens des rafles, je les ai pas vus mourir en vidéo...Je sais que c'est égoïste, je n'aime pas les rafles non plus...Mais il n'y a pas leurs cris, ni le feu qui s'allume. »

Même si Apollo vivait avec la menace constante, qu'un jour, son matériel de traçage ne soit plus à jour et que les traqueurs du ministère de la censure puisse la retrouver. Elle craignait qu'ils enfoncent sa porte, déjà fragile, qui avait de la peinture qui s'écaillait de tous les côtés, qu'ils l'attrapent et la force à parler. Même si elle n'avait tué personne, elle serait tout de même soupçonné d'actes de terrorisme à cause du forum des hackeurs, et son statut d'étrangère immigrée ne la protégeait en rien : au contraire. Si elle en avait vraiment besoin, elle irait mendier le matériel nécessaire auprès du chat de Cheshire, elle était sûre que lui, il devait avoir ce qu'il fallait, mais pour l'instant, elle se débrouillait avec sa vieille bécane.

Elle s'assit sur la chaise désignée par Crazy Snake, et déjà, déjà, Apollo se sentait mieux. Mieux que par terre, à même le sol, tout près du verre sur lequel elle aurait pu s'effondrer. Ses mains restèrent sur le verre d'eau fraîche que Snake lui tendit, et puis, Dafne le but à petites gorgées, ce verre. Elle avait l'air pensive, et puis elle l'observa de nouveau, lui. Quelle heure était-il, là ? Un rapide coup d’œil autour d'elle ne lui permit pas de trouver une horloge, alors pronostiquer l'heure ? Mystère. La jeune fille n'était toujours pas revenue, et Apollo pensait qu'elle ne tarderait pas à pointer son nez de nouveau. Daniel avec l'air d'aller sensiblement mieux : son visage avait déjà plus de couleurs – même si c'était vraiment difficile à voir, vu le coup de soleil qu'il s'était pris sur le pif.

« Ok...c'est gentil de ta part, je suis pas non plus une connaissance, quoi. »

Quelqu'un franchit le seuil de la porte et, par réflexe, Apollo se retourna brusquement, complètement stressée, pour voir de qui il pouvait bien s'agir. Elle soupira étrangement de soulagement lorsqu'elle vit que ce n'était que la fille : elle donna un sac de médicaments à Snake, ainsi que ce qu'elle supposait être une facture.

« Il est 17 heures, là, non ? », dit-il en implorant Snake des yeux. Ce n'était pas vraiment qu'elle voulait manger avec ce type qui semblait avoir des maladies et des conversations des plus étranges – enfin un qui ne parle pas de code ou de programmation. « On sort manger autre part ? Je pense pas que tu veuilles rester ici. Si tu veux, je connais un resto' de nouilles pas trop cher. C'est dix yens le bol, ils lésinent pas. »

Elle se leva, reprit son pullover et entreprit d'enlever, un par un, les morceaux de verre qui y étaient figés.

« On a cassé du verre, m'dame. Il a dit que je devais pas payer la facture, c'est lui qui l'a bu. On y va, Daniel ? Je suis prête. »

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Mar 26 Aoû - 23:54
Crazy Snake haussa les épaules, devant la réponse que lui donna Dafne. En réalité, il ne pouvait pas débattre de ce sujet. Non seulement parce que ça risquait de fortement le compromettre, mais en plus parce qu'il n'avait que des contres-arguments à donner. Dans la guerre, il y avait aussi des explosions, du sang, des membres arrachés, et de la rage. Et pourtant, pendant tout un temps, l'humanité avait salué des assassins pour leurs meurtres de masse. Pourquoi lui crachait-on dessus ? Il ne faisait que nettoyer la planète, d'une manière certes peu subtile, mais c'était à son sens une bonne chose. S'il n'y avait plus personne sur terre, il aurait fait son travail ; ça voudrait dire plus de meurtres, plus de viols, plus d'inégalités. Ce n'était qu'une vision extrémiste, mais Crazy Snake ne pouvait pas lutter contre son amour du Chaos. Qu'on le traite de lâche, ou de sadique, ça ne changerait rien. Beaucoup de monde désirait nager dans l'argent, lui, il voulait voir le monde brûler. Et il était prêt à tout.

Perdre son âme ? Les mauvaises langues diront que comme il était roux, il n'était pas né avec une âme accrochée à son corps. Et ça lui allait. Au moins, il n'avait pas à s'enticher de moralité, de culpabilité, et de toutes ces conneries qu'on pouvait se procurer sur Amazone. Pour dix killars, on pouvait obtenir dix grammes d'éthique, symbolisée par un « K » accroché au mur du salon. C'était avec ça qu'on lui avait fait la morale sur son comportement.

Mon Dieu ! Il fumait ? Quelle horreur ! Mon dieu, il osait redoubler, car l'école ne l'intéressait pas ? Cet enfant ne serait qu'un déchet. Eh ! Quoi ? Il peinait à lire, parce que ça le faisait chier de déchiffrer ces hordes de symboles pour branler de l'intellectuel ? Il resterait stupide, et analphabète. Et en attendant, ce petit con de John, ce gamin borné qu'on avait sous-estimé, il était capable de fabriquer une bombe avec du poivre, et du sucre. Seulement parce qu'il avait voulu le savoir.


« Ça ira... tu m'rendras ça plus tard, d'une façon ou d'une autre. »

Et ce petit con, surtout, il avait été trop amoureux pour éviter la lame qu'on lui avait plantée dans l'oeil. Et il ne pouvait pas résister aux femmes lui rappelant Maria. Parce qu'il en était toujours fou amoureux, et qu'il cherchait une fille semblable à elle pour créer le vide qu'elle avait laissé en lui. Après tout, c'était cette femme qui l'avait perdu. Malgré qu'il soit bête, malgré son manque de subtilité, et son unique oeil, il voyait des choses qu'on ne voyait pas.

La nervosité de Dafne, surtout lorsque Misaki revint avec les médicaments. On aurait dit que la jeune femme s'attendait à la présence d'un flic, ça lui indiqua qu'elle cachait quelque chose, ou qu'elle était coupable de quelque chose. De même que derrière le mépris évident qu'affichait Misaki pour lui, l'adolescente était préoccupée par la jolie fleur entre ses jambes demandant qu'à s'ouvrir, il manquait juste le jardinier pour ça, et encore ! Il préférait s'occuper d'autres bourgeons. Ça lui apprendra à s'enticher de petit con sans cervelle, songea-t-il.

Crazy Snake reçut le paquet avec un grognement, Misaki était de plus en plus sujette à des sautes d'humeur. On pourrait ajouter alors que seule et éplorée, sa jolie fleur saignait de chagrin. Aussitôt, il chercha dans la poche de son pantalon son porte-monnaie. Il lui rendit ce qu'il lui devait, avec elle... il valait mieux le faire de suite, sinon il aurait des intérêts à lui rendre. Mais pas d'ordre sexuel, il était trop roux et trop vieux, et elle... elle était trop Japonaise. Il jeta un oeil à son portable, il approuva Dafne :


« Ouais, on peut.

— Tu refais le même coup toutes les semaines ?
L'attaqua soudain Misaki. »

L'adolescente était derrière le comptoir, les bras sous la poitrine, elle lui offrit un regard méprisant, et assassin. S'il ne la trouvait pas si absurde, le borgne aurait frissonné de crainte. Il haussa les épaules, en réponse, ce n'était pas son genre de se demander, si changer de copine toutes les semaines était une bonne chose. En réalité, il avait trouvé sa dernière copine ici.

Et ça c'était mal fini, comme d'habitude. Ce n'était pas de sa faute si au bord de trois jours, il s'était rendu compte qu'il était tombé sur une grande tarée. Elle avait déjà prévu leurs fiançailles, l'endroit où ils achèteraient une maison pour élever une poignée de gosses, et surtout de Chiwawa. Finalement, il salua l'adolescente en préférant ignorer son dédain, Crazy Snake avait l'habitude. Il prit ses médicaments, il se remettait doucement, et quitter cet endroit lui ferait plus de bien que d'avaler directement son inhalateur. Il ouvrit la porte à Dafne, et il lança :


« Après toi, mais bon... si tu veux bouffer dans un truc un peu mieux, j'm'en fous. J'ai touché mon salaire récemment, et... et... donc ça va. »

En réalité, Crazy garda pour lui que l'attentat de l'Urban Outfitter lui avait donné une jolie valise de billets. L'argent, malgré son allure, c'était le dernier de ses soucis.



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Apollo
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Lun 1 Sep - 23:42
Elle voyait toujours les cadavres explosés, sans l'odeur stupéfiante en prime, mais elle les voyait tous, par lot et en puissance. Elle ne savait pas si, un jour, elle s'arrêterait de penser à ce détail, mais pour le moment, c'était toujours là, bien ancré dans sa mémoire, juste là. Que ce soit dans le futur ou dans le passé, elle aurait à affronter cette vision d'horreur, surtout que ce criminel-là ne semblait pas être prêt de s'arrêter. Il était comme les enfants : il avait vu qu'il avait réussi à capter leur attention et les narguait, de là où il était. Son orthographe pitoyable trahissait son origine étrangère, à moins qu'il ne s'agisse là que d'une feinte pour donner un autre portrait robot de coupable. Apollo savait déjà que Smokey était complètement fou, qu'il aimait voir des bombes sauter et que pour cela, il n'hésitait pas à se déplacer très loin : l'attentat à Manchester en était la preuve. Elle ne savait pas si Beyond Birthday avait réussi à trouver des preuves, quant à son identité, s'il avait même quelques indices...Apollo était la première à reconnaître que ce connard était machiavélique et n'aurait pas hésité à les tuer les uns après les autres, mais au moins, il possédait des capacités intellectuelles qui dépassaient peut-être même celles de Cheshire...Elle ignorait ce qui les liait, tous les deux, mais ce lien avait l'air si fort et si faible à la fois que seules des choses difficiles avaient pu être vécu. Même elle, qui avait vécu sa vie dans la rue, n'aurait aimé vivre ce qu'ils avaient tous vécus.

Toujours est-il qu'elle l'attendait, elle, Dafne. Elle n'avait aucune intention par rapport à ce garçon, elle écoutait juste son estomac. Il allait peut-être l'emballer à la fin de la soirée ou même l'enlever dans son lit que ça se passerait. Dafne le trouvait bien charmant, après tout, et si il avait quelques faiblesses, il avait ce type de physique qu'elle appréciait. Il avait de longs cheveux roux qu'elle avait envie d’ébouriffer, cet œil qui la scrutait bizarrement et quelques manies qui la faisaient déjà tiquer. Étrangement, il lui faisait penser à un homme qu'elle avait rencontré elle ne savait plus où ni en quelles circonstances. Dafne sourit, se souvenant d'une moyenne silhouette, un peu imposante et d'un ton de voix assez grave. Où l'avait-elle vu, ce type, déjà, et pourquoi n'arrivait-elle plus à lui mettre un visage ?

« Tu peux me payer un truc mieux ? Je te suis, moi. Tant qu'on va pas vers les beaux quartiers et que l'endroit est pas fréquenté par la police, ça me va. »

Elle n'avait pas peur de dire cela : après tout, ici, tout le monde avait des soucis avec la police, que ce soit pour une histoire ou une autre. Son voisin faisait pousser des herbes dans son appartement, et ce n'était pas des myosotis. Dans la résidence, tout le monde le savait et personne ne le dénoncerait, tout simplement parce qu'ils étaient solidaires et surtout qu'ils avaient chacun un passé, quelque chose qu'il valait mieux ne pas trop gratter en profondeur. Apollo n'avait plus de papiers, oui...et si seulement c'était la seule chose qui lui manquait : sa participation active au forum des hackeurs risquait de la faire emprisonner, pire, même, jusqu'à la fin de ses jours.

« J'ai envie de manger de l'arabe. J'aime bien la bouffe arabe : il y a énormément à manger et à la fin, on en a assez pour une semaine. », dit-elle en lui adressant un sourire content comme elle en avait rarement fait ces derniers mois de famine. La nourriture, c'était la vie, et ceux qui lui payaient le restaurant – surtout un restaurant qui nourrit bien – elle les considérait juste comme des bienfaiteurs.

Ils avaient enfin passé la porte de ce fichu café, elle et ce nouveau venu qu'elle n'aurait pas pensé rencontrer une heure à peine auparavant. Ils avaient sûrement un peu marché, et s'étaient enchaînées des répliques toutes plus idiotes les unes que les autres. Apollo riait de nouveau, même si elle passait son temps à épier au coin des rues pour voir s'il n'y avait pas de flics. Ils tombèrent soudainement sur un petit restaurant arabe, au coin d'une ruelle sombre.

« Alors, on y va ? »
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Mer 3 Sep - 18:17
« C'est dégueulasse de bouffer de l'arabe, t'aime la viande humaine ? »

Attention, c'était une forme d'humour, et celle bien particulière de Crazy Snake. Lui, ça le fit rire, et il considérait déjà que c'était une bonne chose. Le borgne sentait qu'il pouvait faire ce genre de plaisanteries avec la jeune femme, sans craindre de se faire hurler dessus. Il avait compris qu'il valait mieux éviter les blagues sur les explosions, non seulement parce qu'il risquait de dévoiler — par inadvertance — qu'il en était le responsable, mais parce qu'il avait conscience que ça ne risquait pas de faire rire Dafne. Pourtant, penser à l'explosion de Manchester, et cette horde de rats sortant du centre commercial, défiguré, ensanglanté, et terrifié, ça lui donnait une chaleur agréable dans le ventre. Ça faisait sautiller ses tripes de joie. Chacun avait son petit plaisir.

Les mains dans les poches, Crazy Snake écoutait Dafne, à moitié attentif, car son cerveau était calciné par la chaleur étouffante de l'été. Sa peau au niveau du cou le démangeait, et c'était atroce. Ses doigts noueux étaient secs, et la sueur servait de colle à ses cheveux roux pour les plaquer contre son front. Il profita du trajet pour s'allumer une cigarette, il inspira la fumée en savourant la nicotine. Le borgne savait qu'il s'encrassait les poumons, mais il ne pouvait pas s'empêcher de fumer, dès qu'il le pouvait. Il en était tellement dépendant, qu'il se réveillait parfois la nuit, la langue rapeuse, la gorge sèche, pour se jeter sur son paquet de cigarettes. Il ouvrait alors la fenêtre, il posait son bras sur le bord, et en fumant, il contemplait Tokyo. Alors il rêvassait qu'un jour, les bâtiments méprisants se dressant vers les cieux finiraient en cendre, et que les cris effrayés de ses victimes seraient une douce mélopée.

Caché dans une ruelle peu fréquentable se trouvait le restaurant. La cigarette dans la bouche, les sourcils froncés, Crazy Snake salua d'un signe du menton le serveur prenant lui-même sa pause cigarette. Crazy Snake n'était pas habitué, il avait en réalité travaillé pour le gérant. Évidemment, ce n'était pas une histoire jolie, et ça concernait une jolie banque et un paquet de dynamite. La police avait évité de fouiller les lieux, malgré les rafles. Crazy Snake était certain de ne pas croiser la police dans le restaurant, ce qui aiderait Dafne. Le serveur mouilla sa lèvre, il le salua en silence d'un signe du menton. Le borgne invita la jeune femme à entrer, pendant qu'il finissait sa cigarette. L'enseigne du restaurant n'était pas écrite en Japonais, mais en arabe. À l'intérieur régnait une odeur épicée, alors que le gérant discutait avec un groupe d'individus louches dans le coin. En reconnaissant Crazy Snake, il le salua chaleureusement en anglais.


« Qui est la demoiselle ? C'est rare de te voir ramener des filles ici, Daniel.
— J'viens d'la rencontrer, assura le borgne. »

Perplexe, l'homme approuva malgré tout. Il désigna une table près du comptoir, puis il alla chercher de l'alcool. Même s'il buvait peu, Crazy Snake appréciait l'alcool, mais de temps en temps. Il donna la carte à Dafne, puis il la fixa. Il but une gorgée du vin, il croisa les jambes, et il pencha la tête sur le côté. Même si elle n'était pas bien « soigné », et qu'elle portait sur le dos des fringues déchirées, et qu'elle semblait nerveuse, elle n'était pas moche. Elle était juste différente des filles qu'il avait l'habitude de fréquenter. En réalité, malgré son air désabusé, et son allure d'adulescent incapable de percer dans son groupe d'Heay Metal, il aimait les femmes faisant « femme ». C'était pour cette raison qu'il avait toujours été intéressé par les femmes de plus d'une trentaine d'années.

Ce qu'il préférait ? Les « vamps ». Celles dont les lèvres étaient rouges comme le sang, le regard clair et décidé, les femmes ressemblant à Maria. Des années plus tard, sorti de l'adolescence, et avec un oeil en moins, Crazy Snake restait amoureux de la jeune femme. Maria était celle qui l'avait introduit dans « cette vie-là », et depuis, il portait le manteau du criminel. Et celui du terroriste, lorsqu'il avait fait exploser ce qu'il avait pris son amant. Fixant Dafne, il croisa les bras, et il l'éutidia en silence un moment.


« T'as des trucs à te reprocher pour fuir autant la police ? »

Ça se voyait autant que son oeil en moins.


« J'en étais où ? Ah oui... Le Chaos... ! »
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Apollo
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Jeu 25 Sep - 18:10
Si ce qu'il disait était de l'humour, alors, Apollo s'amusait bien. En échangeant blague par blagues qui auraient sans doute semblé très lourdes au commun des mortelles, Daniel et elle s'amusaient bien, son charmant rire résonnant dans la rue. Pendant quelques minutes, elle semblait l'oublier, le bruit des détonations et le cri des victimes. Elle avait l'impression qu'elle l'avait vécue, vraiment, pendant un court moment, et puis qu'elle avait tout oublié, très brusquement. Dafne Heliakis avait peut-être voulu se protéger de ce traumatisme et avait rapproché quelque chose qu'elle avait vraiment vu à l'explosion de l'Urban. Elle ne le savait cependant pas, elle préférait oublier : c'était mieux pour elle et pour tout le monde.

Daniel semblait errer dans la ville depuis assez longtemps pour la connaître sur le bout des doigts et avoir pas mal de contact. Il ne ressemblait pas à proprement dire à un type qu'elle aurait eu envie d'avoir dans ses contacts, mais il était aimable et drôle. C'était au moins ça. Le restaurant était pile l'endroit dans lequel elle avait envie d'aller : il n'était pas très grand, et assez discret pour qu'une patrouille ne s'y arrête pas à tout hasard. Elle savait pertinemment qu'il y avait de plus en plus de contrôles d'identité par ici, en ce moment, et elle était la première à y faire très attention.

Elle commanda rapidement quelques mets, sur la carte, qui lui paraissaient succulents, puis se remit à faire attention à Daniel, un sourire sur les lèvres. Les flics, c'était vrai : elle avait paru assez affolée à chaque fois qu'il était question de quelqu'un qui arrivait, et, par conséquent, il était logique de penser qu'elle avait des soucis avec la justice. Apollo savait qu'elle pouvait se confier à un étrange : à un japonais, ç'aurait été plus problématique. Les Japonais avaient tendance à dénoncer, comme si c'était tout à fait naturel. Daniel avait probablement les mêmes problèmes qu'elle, alors, même si elle ne le connaissait pas, elle savait déjà qu'elle pouvait lui faire confiance, sur ce point.

« Ah, tu l'as remarqué. En fait, pas vraiment...mais un peu. Mon permis de séjour n'est plus à jour ; je me suis enfuie, une fois, s'ils m'attrapent de nouveau, je suis foutu, surtout que je me suis débattue un peu violemment la dernière fois. »

Elle se souvint soudainement du sang, du cri qu'elle avait poussé et de la silhouette qui était tombée. Devint toute blanche. Qui ? Quand ? Au festival ? Darkwood ? Pourquoi reliait-elle se souvenir à lui, au coup de feu, à...mon dieu, avait-elle oublié à ce point ce qu'il s'était passé ? La jeune femme vint mettre ses doigts sur son visage, secouant un peu la tête, se demandant comment il était possible d'en oublier autant sur un événement et de s'en souvenir quelques semaines après. Darkwood allait bien ? Il avait survécu ? Dieu...il n'était pas mort, au moins ?

« ...Tu...tu étais là, au festival de rock ? Je n'arrive pas bien à me souvenir de tout, je pense que j'ai oublié certaines choses. Je crois que l'homme qui était avec moi a été victime d'un sniper, mais je ne comprends pas... », non...Smokey était un poseur de bombes, pas un sniper. Il n'y avait aucun sens sur le fait qu'il ait tiré sur Darkwood, surtout qu'il ne le connaissait pas du tout. Pourquoi tous ces souvenirs étaient-ils si obscurs dans sa mémoire ? On leur apporta les plats et elle commença à manger, toujours un peu mieux. Elle passa cependant de la couleur blanche de l'hypoglycémie au marron de son teint bronzé.

« Je me sens déjà mieux... »
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Sam 25 Oct - 16:27
Lorsque la jeune femme mentionna le festival de rock, Crazy Snake frissonna, mais il ne donna aucune réponse. Depuis un moment, elle parlait de ses attentats, sans savoir qu'elle avait face à elle le responsable de tout ça. Si elle le découvrait, le borgne ne pourrait pas l'inviter à nouveau à manger. Alors il se contentait de faire comme si de rien n'était, elle le prendrait dans le pire des cas pour un être sans émotion. Ce qu'il essayait souvent de faire, c'était de dissimuler ses sentiments, mais il échouait à chaque fois. Il n'était pas tout le temps expressif, mais il se mettait vite en colère, et elle se peignait sur sa face sans qu'il puisse la contenir. En observant le restaurant, le borgne soupira. C'était une chaude journée d'été, comme il les détestait, le Japon n'était pas un pays qui lui était agréable. Misaki, la fille de son patron, préférait le mépriser au lieu de le connaître, et hormis ses aventures explosives — haha —, il n'avait pas grand-chose à faire.

« C'est pas cool ça, en effet. Tu devrais faire attention, les flics, ils aiment faire du zèle. »

Crazy se souvenait assez bien des rafles qui avaient eu lieu, lorsque les deux nanas avaient été enlevées. Un grand flic à la peau noire lui avait crié dessus ! Il gardait une profonde rancoeur. Il n'aimait pas quand on haussait la voix sur lui, ça lui rappelait son père adoptif. Un sacré connard puritain... rien que de penser à lui, le borgne sentait des frissons désagréables parcourir ses membres. C'était de la haine. Un jour, il comptait le faire exploser, et lui apprendre à ne pas le sous-estimer. Sans Maria, il aurait sans doute dû retourner chez les Stenfenson, et on l'aurait obligé à rentrer dans la moule. On lui aurait rasé le crâne, et s'il n'avait pas assez convenu à leurs attentes, il aurait fini au service militaire. Ça le faisait gerber.


« Tu viens d'où ? Sinon ? Tu fous quoi au Japon ? T'as pas l'air spécialement à l'aise. »

Le Japon n'était pas le pays parfait pour vivre heureux, songeait Crazy Snake. Ce n'était pas différent de la Corée du Sud, selon lui. Kira n'était rien d'autre qu'un tyran comme un autre, et comme tous les tyrans, le borgne attendait le bon moment pour lui faire exploser les tripes. Derrière son caractère absurde, sa mauvaise humeur, et sa logique discutable, il cachait une personnalité noire. S'il avait un rêve, ça serait de fabriquer une bombe nucléaire suffisamment puissante pour faire exploser la planète entière. Il se moquait de survivre ou non, il voulait accomplir sa vengeance. Rien de plus. Si Kira n'avait pas tué directement ses parents, Crazy désirait tout de même le faire tomber de son trône. Ce monde parfait le dégoûtait, il ne supportait pas suivre les règles, et il ne se sentait vivant uniquement lorsque le chaos prenait place.

« 'Fin... si mes questions te font chier, dis-le-moi, hein. J'suis pas spécialement curieux. J'aime juste bien apprendre à connaître les jolies filles. »

Oui... derrière son air patibulaire et rustre, Crazy Snake pouvait se montrer charmant. Il savait séduire, mais les femmes étaient souvent rebutées par sa personnalité, et son handicap. Celles qui finissaient dans son lit, c'étaient celles qui se sentaient encore rebelles, et adolescentes. En retenant un bâillement, l'homme lança un regard par-dessus son épaule, on les épiait. Il ne s'agissait que du serveur, qui en réalité, attendait de voir si oui ou non, Crazy parviendrait à ses fins. Toutefois, il n'y avait pas de but caché derrière son invitation, il ne faisait que suivre ses envies sans s'interroger davantage.

« Tu fais quoi sinon dans la vie, à part fuir les flics ? »

Crazy Snake sourit, mais pas de ce rictus affreux lorsqu'il se réjouissait. C'était un sourire franc et simple, ne ressemblant pas à une grimace. C'était suffisamment rare pour être souligné. Il mouilla sa lèvre supérieure, puis il accepta le cadeau du patron : un apéritif de bonne qualité. C'était l'un des seuls endroits où Crazy pouvait se rendre sans se battre pour se faire accepter. Il avait rendu quelques services à cet homme, et il lui rendait bien. Évidemment, l'objet de ses « services » concernait la poudre. Elle était impliquée dans la moindre de ses histoires. Sans ça, il n'aurait pas pu se payer le déménagement au Japon, et surtout le bel appartement dont il était le propriétaire. Il savait user de ses relations, du moins... assez pour en tirer profit.



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Apollo
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Mar 25 Nov - 16:06
Assise à cette table, Apollo regardait ces cheveux roux : ils lui semblaient si doux. Dans une autre vie, elle aurait certainement eu un compagnon avec des cheveux d'une telle couleur et elle parvenait presque à s'en souvenir. Souvent, lorsqu'elle tentait de se remémorer des évènements, ses mains tremblaient et il lui était alors impossible de s'en souvenir totalement. Elle savait déjà qu'elle avait vu Darkwood, et que toutes ses réactions, de la plus petite à la plus exagérée étaient liées à lui. Pourquoi ce type, sur lequel elle avait écrit des articles incisifs, d'ailleurs, était-il aussi présent dans ses pensées, d'ailleurs ? Qu'avait-il pu exactement se passer au concert de hard-rock pour qu'elle soit au bord de la crise de nerfs les rares fois où elle tentait de se souvenir ? Apollo se caressa le poignet, où elle pouvait voir une marque qui aurait pu ressembler à celle du métal...une menotte ? Elle releva soudainement la tête vers Snake, comme si elle essayait de lui imposer une image qui n'était pas le sien, et puis elle devint blanche.

La fuite, agitée. L'explosion, le tir de cette balle dans la jambe de l'homme. Tenta de respirer normalement, de se souvenir comment elle faisait, en Grèce, lorsque la situation était urgente : alors qu'elle avait vécu toute sa vie dans la précipitation et le danger, maintenant qu'elle s'était posée et était devenue sédentaire, elle était devenue plus molle, moins sauvage. Alors, pour éviter de faire une crise d'angoisse en plein repas, elle tenta de se concentrer sur ce que Snake lui disait : ce qu'elle faisait, d'où elle venait. Voilà des questions auxquelles elle pouvait répondre sans problème, surtout que ce type n'avait franchement pas l'air dangereux, à part pour lui-même. Elle avala une gorgée de son verre d'eau, puis souffla, les étincelles de l'explosion, les cris des victimes et surtout, surtout la balle qui s'enfonçait dans la cheville d'Arashi se superposant à son regard un peu trop rapidement à son goût. Ne pas y penser, vite.

Mais vous savez, c'est comme une image insupportable que l'on essaie de s'enlever de l'esprit : elle reste là, insoutenable. Bien présente, elle s'estompe parfois, pour demeurer pire, sans chair, comme un zombie.

« Je suis grecque. Mh. J'ai toujours vécu dans la rue, mais une asso' m'a aidé à maîtriser le jap'. », et l'informatique, aussi. Elle parlait un anglais franchement faible, mais suffisant pour comprendre ce qu'elle trouvait en ligne, ne parlons même pas de son grec qui était très bon dans la rue, mais dont elle n'aurait su écrire le moindre mot. « Alors y'a dix ans, j'ai chourrav' de l'argent, et je me suis envolé pour ici. C'était difficile, au début, mais on m'a aidée, je suis devenu aide pour les profs d'école. Et mon ex m'a eu un permis de séjour, puisqu'il était dans ce service au gouvernement...on a rompu parce que c'était un gros porc, et depuis, j'y ai pas mis les pieds. »

Te rendais-tu compte, Snake, que tu étais le premier étranger à qui elle disait cela ? Et tu ne la faisais pas chier, elle était juste un peu perturbée par ces images qui lui revenaient constamment dans le crâne. Alors Apollo, elle, elle ne pouvait pas imaginer que ce garçon, en apparence gentil et faible était celui qui l'avait profondément terrorisée...et comment ? Elle ne voulait pas l'emmerder, avec ses problèmes et, d'ailleurs, elle avait déjà repéré qu'il n'y répondait pas, à ses questions sur le festival...normal, elle l'importunait.

« ...Je suis désolée de te faire chier, avec ce festival. Je pensais que c'était la mort de B qui me donnait envie de vomir, mais en fait...C'est que tout a sauté, en face de moi. Deux pas à gauche et je serai morte, et lui aussi...le type qui m'avait retenue prisonnière, un ministre qui m'avait arrêtée pour faire un contrôle d'identité. »

Peut-être que comme ça, puisqu'il lui avait jeté brièvement un coup d'œil, Snake verrait qui elle était, mais la réciproque n'était pas possible. Sous le feu de l'action, Dafne n'avait pensé qu'à Arashi. Arashi et ses cheveux roux flamboyants, et les coups qu'elle lui avait asséné pour tenter de fuir. Arashi...ce con, qui l'avait protégée, alors même qu'il venait de se recevoir une balle : elle n'avait été capable de rien faire, pas même de le défendre. Ciel, ce qu'elle s'était sentie impuissante, à ce moment-là ! Du coup, elle mangeait : ça lui permettait de gagner des forces.

« Tu me feras visiter ton chez-toi, après ? »

Proposition d'un coup d'un soir à peine cachée.
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Jeu 4 Déc - 13:30
Ouah.

Ouah.

Malgré son mauvais caractère, son oeil crevé, et ses cheveux roux, Crazy Snake assistait à quelque chose de surprenant. C'était la première fois que ça lui arrivait, et franchement, il ne savait pas comment réagir. On était en train de se confier à lui. Rien que ça. Habituellement, Crazy Snake n'était pas si bon dans ce genre de relations humaines ; il se contentait de fouiller quelque chose dans les gens, dès le moment où il avait envie de les blesser. Il n'était pas aussi stupide qu'on le pensait, il y avait certains comportements qu'il décelait chez autrui, et ça lui servait d'arme. Toutefois, contrairement à l'accoutumée, il n'avait pas spécialement envie de rabaisser la jeune femme face à lui, ou la gratifier de sarcasmes. Apollo ne lui avait rien fait, et il n'avait aucune raison de la détester. Au contraire, il l'appréciait bien. Enfin une fille qui se préoccupait d'autre chose que de ses selfies, et de l'angle dans laquelle elle devait se mettre pour que son cul ne paraisse pas trop gros. Ça le détendait.

Ces dernières copines ? Des chieuses. Crazy aimait les jolies femmes (brunes), mais ce qu'il détestait chez elles, c'était leur exigence. Que fumer soit mauvais pour sa peau, c'était son problème ; on n'avait pas à le couper de son tabac pour ça. On ne pouvait pas changer Crazy Snake. Et lui n'avait pas l'intention de changer le monde. Juste le détruire.


« Ouais j'vois, ça dut être bien la merde, fit-il en tapotant ses doigts sur la table. Moi, j'ai pas tant de soucis, enfin j'ai la chance d'avoir un gros contact là-bas. »

Crazy faisait allusion à Nathan Suzaku. Même si ce dernier le détestait pour tout ce que le borgne représentait, il avait de quoi le faire chanter, au cas où. Bon pour faire du chantage, il aurait fallu qu'il eût pour ça un objectif bien précis... mais c'était une arme comme une autre, dont il pouvait se servir. Si Nathan ne lui collait pas une balle dans le crâne entre temps. Même s'il appréciait Apollo, Crazy ne lui proposa pas son aide ; ce n'était pas son genre. En réalité, il n'y avait même pas pensé.

« Ah ouais... l'explosion... »

HEM.

HEM.

Encore une fois : HEM.

Ça lui donnait envie de fumer.


« J'étais avec mon... 'fin maintenant c'est devenu mon ex', mais j'étais avec ma copine quand ça s'est passé. »

Les filles, ça pouvait être une belle couverture. Qui pourrait se douter que l'auteur de l'explosion irait sur les lieux comme si de rien n'était, afin de passer une agréable soirée avec sa compagne ? Personne. Ce n'était pas calculé, c'était elle QUI AVAIT VOULU VOIR ce concert de merde. Et en plus, elle l'avait plaqué, parce qu'il avait osé son regard sur... non pas une, mais DEUX jeunes femmes rousses. Pour lui, c'était un fait extraordinaire, mais pour elle... elle avait cru qu'il avait zieuté leurs poitrines, ou un truc du genre, et elle l'avait quitté le soir même. De toute façon, ce n'était pas si grave ; Crazy l'avait déjà utilisé. Et puis, il ne savait pas tenir longtemps dans une relation « amoureuse. » Pas que le sexe était la seule chose qui l'intéressait, mais plutôt qu'il trouvait vite ses copines chiantes, et fatigantes. Aucune n'arriverait à la cheville de Maria, c'était certain.

« Il y a eu un coup de feu ? Nan ? C'est pas les responsables qui ont tiré ? »

Ouais Crazy... continue de mentir, invente toutes les conneries possibles, alors que tu pourrais changer de sujet. La situation était d'une incroyable absurdité ; Apollo semblait réellement traumatisé par ce qu'il faisait, et pourtant, sans le voir, elle mangeait en sa compagnie, et elle riait à ses plaisanteries. Si Dieu existait bel et bien, il était doté d'un sacré sens ironique.

Quand Apollo lui demanda si elle pouvait venir chez lui, Crazy eut un sourire crispé. Ça ne concernait pas directement sa véritable identité : lorsqu'il « travaillait », ce n'était pas dans son appartement. Maria lui avait appris la méfiance, et il avait retenu la leçon, rien de comprenant se trouvait chez lui. En fait... c'était surtout que c'était particulièrement le bordel. Crazy faisait le ménage et rangeait uniquement lorsqu'il était assuré de ramener une jolie créature dans son lit, et il n'avait pas pensé qu'Apollo désire ça si vite. Donc actuellement, son appartement ressemblait à la Seconde Guerre mondiale. Des cadavres de cigarettes et de cannettes jonchaient le seul, parfois caché par des vêtements sales qu'il remettait parfois sans s'en rendre compte, ça puait la nicotine et la sueur masculine. Ce n'était pas le moment pour lui de la recevoir.

On apporta leur commande, Crazy échangea un regard avec le serveur, puis il l'observa retourner dans les cuisines. Son patron était assis à une autre table, il lisait un journal où on parlait d'un article visant directement les hackers, se finissant par leur promesse de veiller sur la ville. En se rappelant de ça, Crazy Snake eut un rictus. Ils protégeaient la ville ? N'était-il pas la preuve de leurs échecs ? Et il n'avait pas fini. Tokyo... c'était une grande ville, il avait de quoi s'amuser.


Ouais... bien sûr. B avait promis de le tuer, de l'arrêter avant qu'il ne fasse exploser le centre commercial. Pourtant, c'était lui qui s'était retrouvé à chercher ses tripes, éparpillées un peu partout. Le borgne se tendit, c'était difficile pour lui de contenir ses émotions ; il n'était pas un être impassible. Il ressentait les choses avec vigueur, et la seule pensée du chaos ravivait en lui une puissante excitation. Les Hackers ! Il les attendait. C'étaient que des geeks de toute façon, il n'avait rien à craindre d'eux.

« Tu penses vraiment qu'ils veillent sur nous ? Demanda-t-il à Apollo en lui désignant du menton l'article. Et si c'était un coup monté du gouvernement ? Ces types, juste pour faire croire aux rebelles qu'ils ont une véritable chance ? »

Crazy soupira, il s'avachit sur sa chaise, et il se servit à boire. Il songeait que bientôt, il devrait refaire un tour sur leur forum, ça faisait longtemps qu'il ne les avait pas trollés, et défiés.



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Apollo
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Sam 27 Déc - 18:05
Un gros contact au gouvernement ? Apollo sourit étrangement, le verre d'eau entre ses mains. Elle avait pensé à Arashi Darkwood et sa tête lui revenait en mémoire, en même temps que la dernière situation dans laquelle elle avait pu l'observer. Peut-être que Snake le connaissait ? Entre roux, il ne devait pas lui être inconnu, et puis...en tant que journaliste d'occasion, elle était curieuse : un peu trop, peut-être. Elle voulait se mettre en danger, et vaincre cette peur qui la saisissait soudainement – la peur de la mort, la peur de l'explosion – par l'enquête, et la curiosité. Cet être n'était pas commun, avait-on déjà vu un individu comme lui être lié à quelqu'un du gouvernement ? On lui soufflait qu'il y avait quelque chose en plus, que ce n'était pas un de ces simples liens familiaux, petit ami raté, parrain d'un enfant, ou elle l'aurait vu, il l'aurait dit. Il lui semblait être de ces gens comme elle, qui se débrouillaient avec la vie comme ils le pouvaient ; plus que tout, il n'avait pas vraiment la tête d'un de ces types qui fréquentaient les ministères, buvaient du caviar et mangeaient du champagne à chaque repas.

Elle sentait que parler de l'explosion le gênait, et franchement, elle ne lui en voulait pas. Elle-même, ce sujet la mettait profondément mal à l'aise, comme une envie de soudainement rendre ses tripes. Si il y était, il avait réussi à se sauver à temps ; elle était désolée en tout cas pour cette rupture, mais toutes les choses avaient une fin, l'essentiel était qu'il était encore vivant.

«Quelqu'un a tiré sur l'homme qui venait de m'arrêter...je ne sais pas trop qui c'est, mais on dit que c'était un des ministres...un règlement de compte, peut-être. En tout cas, j'ai eu la peur de ma vie. Darkwood était étrangement...mh...comment on dit, déjà ? Gentil ? Avec moi. C'est lui que tu connais, dans le gouvernement ? »

Son enquête avait commencé, plus ou moins discrètement. Elle commençait à s'immiscer dans la vie de Snake, avait envie de connaître les quelques détails de sa vie pour dénicher ce qu'elle voulait : son contact dans le gouvernement, et pourquoi ces deux-là étaient liés. Dans un monde où aucune chose n'était gratuite, il y avait forcément un truc, ne serait-ce qu'un échange de drogue qui serait forcément intéressant à connaître pour le Cavalier Noir. Alors elle ne le lâcherait du regard, et le fixerait avec ce sourire enchanteur. Affamée, elle planta une fourchette dans le plat qu'on venait de leur livrer et commença à manger avec appétit ; une à une, les saveurs qui se trouvaient dans le plat se révélèrent et elle en rougit de plaisir.

« Le Cavalier ? », dit-il au milieu de deux bouchées, s'apercevant que Snake avait désigné le journal, puis parlé des hackers. Se souvint brutalement de l'avertissement de Cheshire à son sujet, un peu mal à l'aise. « Et les hackers...je ne sais pas. J'ai lu aussi cet article, mais je n'y crois pas vraiment. », c'était un terrain dangereux, il fallait qu'elle se méfie. « Je pense très honnêtement qu'ils sont des gamins. Si ils étaient un peu moins en train de se chamailler, ils pourraient déjà avoir fait sauter le système, mais ils ne le font pas...De là à être une manipulation du gouvernement, je pense qu'il y a une marge. »

Sujet dangereux. Trop. Elle devait le faire revenir vers les sujets qui pourraient lui permettre d'en savoir plus sur lui, et non sur elle. Son identité d'Apollo pourrait être découverte, et elle être éminemment en danger après cela.

« Tu n'es pas le premier roux que je vois...mais j'aime beaucoup te parler. »
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Dim 28 Déc - 14:44
Ah vraiment... Un jour, Crazy Snake apprendrait à fermer sa gueule. Pas en faisant semblant, mais en fermant vraiment sa gueule pour éviter de laisser échapper des informations. Il avait conscience qu'il était capable de révéler qu'il était le responsable de l'explosion du Fuji Rock Festival par simple distraction. Il se soignait pourtant. Il poussa un soupir, les bras croisés, il continua d'observer Apollo, et ce qu'il se passait derrière elle. Il était plutôt à l'aise dans cet endroit, ce n'était pas pour rien qu'il l'avait amené ici. On écoutait leur conversation, mais ça ne le dérangeait pas. C'était des alliers, bon... le genre qu'il ne valait pas mieux contrarier. Toutefois, ils lui faisaient confiance, dans la mesure où s'il tenait un propos déplaisant, ils seraient là pour couler sa tête dans du béton. Crazy ne toucha pas à son assiette, le coude sur la table, il enfonça son menton dans sa paume, et il fixa la jeune femme. Ouais... elle avait des choses à cacher, ça se voyait. Toute sa vie puait le mensonge, pas autant que lui, mais le borgne pouvait deviner qu'elle n'était pas totalement claire avec lui. Normal, ils venaient de se rencontrer.

« Nan c'pas lui, ce mec, j'peux pas le sentir. »

Arashi Darkwood... comme toutes les personnes du gouvernement (mis à part Fate), Crazy Snake ne le supportait pas. Un petit roux japonais (croisé avec autre chose) vaniteux, et violeur. Qu'il fasse ce qu'il veut avec les femmes, ça ne dérangeait pas Crazy Snake. Ce qui l'emmerdait chez ce type, c'était que même s'il ne l'avait jamais croisé, il puait le mépris. Le genre de mec à considérer que les autres n'étaient que des blattes avec qui il pouvait jouer, avant de les écraser avec ses chaussures de cuir achetées dans la boutique de petits bourges du coin.

« Les Hackers ? Des gamins ? Mouais... en fait, j'pense qu'ils sont persuadés avoir un rôle, mais qu'ils sont pas foutus de faire quelque chose. J'veux dire... c'était bien joli leur petit texte, immature... mais ça m'a l'air d'être de sacrés guignols. »

En réalité, ils ne lui paraissaient être des guignols, ils étaient des guignols. Il avait pu le vérifier en temps réel, et en réalité, Crazy avait été plutôt déçu de leurs réactions. Il avait joué avec eux, et il avait gagné, mais gagné trop facilement. L'autre... Beyond Birthday l'avait tellement pris de haut qu'il s'était retrouvé explosé en quatre morceaux. Les autres n'étaient pas mieux. Et l'explosion de Fuji Rock ? Crazy s'était attendu à ce que son stratagème soit découvert, mais ils n'avaient pas assez intelligents pour comprendre qu'il visait quelqu'un en particulier. Un groupe de merde pour être plus précis. Le reste, ça avait été du plaisir bonus. Crazy Snake ne pouvait pas se satisfaire d'une vie normale. Il était né pour être le Chaos, il était le Chaos à l'état pur. Ce qui dérangerait sûrement Dafné si elle apprenait qu'il était le responsable de ça, ce n'était pas tant le massacre en lui-même, mais le fait qu'il n'avait aucune raison à ça. Crazy Snake agissait égoïstement, parce qu'il aimait voir le monde brûler. L'argent, lorsqu'on le contactait pour ce genre de service, ce n'était qu'accessoire.

« Enfin... j'sais pas... j'sais pas dire à quel point le gouvernement peut mentir. Le Cavalier Noir, c'pas devenu les chiens de Suzaku ? Parce qu'il s'envoie en l'air avec la Dame en Jaune ? »

Le roux devait attirer l'attention autre part que sur son « contact » du gouvernement. Dafné y était intéressée, et ce n'était pas par une curiosité anodine. Malgré tout, le borgne savait comprendre les gens, il n'était pas si simple de lui mentir. C'est juste qu'il... ne raisonnait pas forcément tout le temps. Il pensait beaucoup, et à trop de choses pour s'arrêter sur une seule idée ; c'était pour cette raison que tenir une conversation convenue avec lui était difficile. Lunatique, Crazy paraissait blasé. Il s'amusait à faire crisser les dents de sa fourchette sur son assiette, sans goûter à la viande, pensif. Ah vraiment... s'il pouvait faire péter ce monde de merde, ça l'arrangerait.

« Tu faisais quoi au festival ? T'as pas l'air d'pouvoir t'y payer facilement l'entrer, ces conneries, ça goûte cher. »

Par « conneries », Crazy Snake parlait de ce genre d'évènements. Il voyait mal Dafné débarquer là-bas pour danser en plein milieu d'ados gras de fond de teint.



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Apollo
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Lun 30 Mar - 19:56
Snake était vraiment un garçon bizarre : le genre qui jugeait le monde sur ce qu'il valait. Qui classait Arashi dans une catégorie alors qu'il ne le connaissait pas vraiment. Dafne ne pouvait rien dire sur ce coup-là, car elle savait qu'au fond, tout le monde était comme ça et qu'elle-même avait peur de Darkwood et de la possibilité qu'il la fasse suivre pour lui arracher tout ce qu'elle savait du clan des hackeurs ou d'Hadès. Elle avait peur, au fond d'elle-même, même si elle était attirée par cet étrange homme.

Elle ne savait pas quoi penser de Snake : les uns auraient crié qu'il était complètement malade en voyant qu'il continuait de fumer après une aussi grave crise d'asthme, les autres lui auraient dit qu'il connaissait un peu trop bien les bas-fonds pour être un bon parti. Mais Apollo elle-même, que pouvait-elle dire par rapport à ce qu'elle connaissait ou non des bas fonds ? Elle avait grandi dans la rue, sa peau s'était affermie au contact du soleil et des coups. Elle avait appris à se battre, à sauter et escalader. Ses pieds étaient bien plus souvent sans chaussures qu'avec, et ce ne fut que très tard qu'elle apprit à lire. Aujourd'hui encore, elle parlait très bien grec mais était incapable de déchiffrer cette langue de manière écrite...franchement, elle remerciait cette association qui avait bien pris soin d'elle. Sans ces nonnes, elle ne serait rien, aujourd'hui, à part une criminelle recherchée par la mafia grecque, donc sûrement morte.

Snake lui plaisait. Il avait des cheveux roux, longs et indisciplinés et il parlait bien. Dafne n'en demandait pas plus. Elle souriait, tandis qu'il lançait des piques sur les hackeurs, sur le Cavalier Noir, également. Elle n'avait pas vraiment d'avis fixe sur les hackeurs, et leur prise de position de plus en plus tranchée l'agaçait, tandis qu'elle-même exprimait un point de vue plutôt neutre.

« Les hackeurs veulent sûrement faire comme les terroristes, et faire croire qu'ils sont importants. Malheureusement, en faisant ça, ils dévoilent leur masque et gâchent tout. Vraiment, je suis sûre que la plupart d'entre eux ne sont que de petits cons. », fit-elle, de manière assez tranchante. « Suzaku s'envoie en l'air avec Lady Illness ? Je ne le savais pas, tu vois... »

Son pied venait de toucher la jambe de Snake et il redescendait lentement jusqu'à sa cheville, tandis qu'elle lui souriait, parfaitement innocente. On ne pouvait pas être plus clair.

« Ce festival ? Je voulais voir...alors j'avais piqué de l'argent dans un porte-feuille. C'est facile. C'était pourri, finalement. J'ai plus faim, tu viens ? On va chez toi ? »

Elle attendit que Snake se lève pour se lever à son tour et le suivre. Elle-même n'avait pas d'argent, elle se félicitait donc de ce repas aux frais de la princesse et prit le bras de Snake. Il sentait la clope et la sueur ; ce n'étaient pas franchement les meilleures odeurs au monde, mais elle pouvait encore s'y habituer. Elle attendit qu'ils sortent du restaurant pour l'embrasser.

« Tu me plais vraiment beaucoup. Tu es vraiment différent des autres et puis tu parles bien, tu sais. J'aime bien les hommes qui parlent bien. »

Il avait sans doute une vue plongeante sur son décolleté, aussi proche qu'il l'était de Dafne, surtout que la demoiselle était un peu moins grand que lui. Dafne lui souriait avec douceur, contente d'avoir trouvé quelqu'un – peut-être le bon, pas un qui lui ferait peur à chaque instant de la journée. La perspective de pouvoir le protéger lui plaisait, et elle se jurait qu'elle tenterait de le faire autant que possible.

« Je suis peut-être trop directe ? »
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Lun 30 Mar - 22:07
Ouah... depuis quand ça ne lui était pas arrivé ? Le borgne avala de travers en sentant le pied de la jeune femme caresser sa jambe. Habituellement, c'était lui le type louche qui faisait du gros rentre-dedans aux filles. Là... Dafne n'y allait pas de main morte. Crazy ravala sa confusion, lui aussi, il devait lui montrer qu'il en avait ! Disons que... ça ne lui était plus arrivé depuis ses quatorze ans. Crazy Snake avait toujours eu une certaine attirance pour les filles un peu plus âgées que lui. Adolescent, il s'était laissé berné par une autre plus vieille que lui de deux ans. Le genre qui embrassait avec la langue dès le premier soir, et qui le suivant, lui montrait une jolie habileté avec le poignet. Le troisième... eh bien, Crazy se souvenait juste qu'il aurait préféré tenir plus longtemps. Il avait quatorze ans à l'époque, il commençait à fumer, et à boire dans le but de faire crier ses parents adoptifs. Depuis, l'odeur de la cigarette ne le quittait plus. Il adorait y ajouter le parfum des femmes. Les femmes et lui, c'était une belle histoire d'amour ? Complètement tordue. Il avait rencontré son fantasme, et celui-ci s'était échappé entre ses doigts. Dès qu'il voyait une jolie brune, il ne pouvait pas s'empêcher de coller sur elle l'image de Maria. Alors lorsque Dafne avait plaqué son pied sur sa jambe, le faisant glisser jusqu'à sa cheville, prenant un air de vierge innocente, évidemment qu'il avait pensé à elle.

C'était pour ça qu'il avait posé son unique oeil bleu sur la poitrine de la jeune femme, et qu'il n'était plus concentré sur la conversation. Pourtant, il continuait de manger, léchant sa lèvre inférieure pour récupérer la sauce qui restait au coin de sa bouche. D'une certaine façon, Dafne le remerciait bien pour le repas qu'il lui avait payé. Le borgne savait qu'un bon restaurant pouvait garantir d'une soirée encore plus délicieuse, mais il n'avait pas pensé que ça marcherait... autant. Il était le style de la jeune femme ? Autant en profiter. Il ne devait pas sourire, au risque de se donner un air idiot. Au jeu de la séduction, il se maîtrisait mal ; il était trop spontané comme homme. Il termina son repas, il ne gâchait rien, jamais... surtout pas la bouffe. Il paya le serveur, qui lui envoya un rictus entendu, comme s'il avait parié sur sa réussite, et apparemment... il allait empocher une jolie somme. Crazy se releva, il remua les épaules, et il sortit derrière Dafne. Elle voulait aller chez lui ? Carrément. Eh bien... le repas ne lui avait pas suffi ? Elle avait si faim que ça de lui ? Elle l'embrassa d'ailleurs, alors il se baissa pour mieux la voir. Loyal à lui-même, il jeta un rapide coup d'oeil au décolleté de la jeune femme, avant de le remonter lentement sur sa nuque, et enfin dans ses yeux.

Ouais... elle avait de jolis yeux. Profonds et fermes. Un bon... 90 D peut-être ? Il observa sa main, puis il coula un autre regard sur « les jolis yeux » de Dafne ; il verrait en temps voulu. La vue qu'elle lui offrait lui donnait des frissons. Pour peu, il lui aurait proposé la table du restaurant à la place de la chambre — au vu de l'impatience de la jeune femme pour son corps —, et il se serait accouplé avec elle parmi l'odeur de sucre, de viande grillée, et de sauce. Surtout qu'à ce moment précis, il commençait à la sentir monter. Vite... il ne fallait pas la faire attendre. Maria lui avait toujours appris à ne jamais faire attendre les femmes ! En fait, sa manière d'agir le fit carrément rougir. Il avait l'impression d'avoir quinze ans.

Crazy Snake passa avec détachement son bras autour de l'épaule de la jeune femme, et il continua de fumer tout en marchant. Le sexe et la clope, c'étaient ses deux meilleurs amis. Impossible de les dissocier. Crazy fumait autant qu'il rencontrait de demoiselles. Son odeur sentait la sueur et la Gitanne. Il feignait la désinvolture ; il imitait les filles qui faisaient mine de ne pas s'intéresser à lui, alors qu'elles attendaient qu'il leur coure après comme un chien après un lapin. Il lança sur un ton neutre :


« Il est pas loin, mon appart', on devrait y arriver dans dix minutes, j'pense. »

Dix minutes. Ça serait les dix minutes les plus chiantes de sa vie. Son esprit vagabondait, s'enfonçant au creux de deux jolies montagnes halées. Il tremblait légèrement, mais la cigarette permettait de le ramener à la réalité. Il mouilla ses lèvres, il les planta sur sa cigarette qu'il retira après s'être bien enfumé les poumons. Dix minutes pour fumer sa cigarette avant la partie, et il parcourir ces deux montagnes du bout des doigts. Il ne parla pas beaucoup, alors qu'ils marchaient, et se rendaient jusqu'à son appartement. Il laissa Dafne entrer dans l'ascenseur avant lui, il n'avait pas tout à fait terminé sa clope, et il s'empressa de le faire ; il la jeta en dehors, au moment où les portes se renfermèrent. On était irresponsable, ou on ne l'était pas. Il appuya sur le bouton du cinquième étage, et il se tourna vers Dafne. Sourire aux lèvres, Crazy décida qu'il était de commencer les festivités... en douceur. À sa manière.


« T'aguiches souvent les inconnus comme ça ? »

Le borgne se planta devant elle, il appuya son bras sur le mur, près de la tête de la jeune femme, et il se baissa vers sa nuque. Il respira son odeur, et il plaqua son autre main sur sa hanche.

« T'pourrais tomber sur de sacrés tarés, à force. »

Crazy était à moitié sérieux. Il la ramena contre lui, et l'embrassa fougueusement.


« J'en étais où ? Ah oui... Le Chaos... ! »
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Apollo
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Mar 7 Avr - 22:33
Et il embrassait bien, ce con. Aller jusqu'à son appartement avait été un délicieux supplice. Apollo n'avait pas pu s'empêcher de remarquer son regard à lui descendre jusqu'à son décolleté, courir sur sa peau bronzée. Elle en avait souri, presque fière. Et puis, une fois qu'ils eurent franchi la porte, Snake s'empara de ses lèvres et la colla au mur avec une force qui l'étonna presque. Elle l'embrassa, elle-aussi, caressa sa joue avec sa main qui était tout sauf douce. Il avait de beaux cheveux, de si beaux cheveux qu'ils auraient pu appartenir à Darkwood. Ne pas penser à Darkwood. Ne pas penser à Darkwood, surtout dans un moment comme celui-ci. Celui où son cœur battait à plus rompre, où elle se donnait en intégralité à cet homme qu'elle ne connaissait presque pas. Il aurait pu être un type bien, un criminel ou un pro-Kira qu'elle ne le savait pas. Tout ce qui importait était sa silhouette, ses cheveux roux qu'elle voyait presque flotter autour de lui.

Comme lui.

« Je pourrais tomber sur des cinglés, oui. Mais tu ne me sembles pas dangereux. Et puis tu me plais, sinon, je ne t'aurais rien proposé. »

Ses cheveux roux, son air rebelle, sa manière d'exister, bravant la mort. C'était un comportement qu'elle trouvait puéril et stupide, mais il ne pouvait pas s'empêcher de la faire sourire, alors même qu'elle avait besoin de se détendre. Sans doute, si elle l'avait aguiché de cette manière, était-ce parce qu'elle avait tout simplement besoin de se détendre ? Passer à autre chose, alors qu'elle était poursuivie par les pro-Kiras ?

Sa main passa sous le tee-shirt du rouquin et, le poussant à son tour, elle le coucha sur le lit.
La nuit allait être mouvementée.

Interlude musicale.

La couette lui tenait chaud, plus chaud qu'elle n'avait d'habitude dans son propre appartement. Dafne Heliakis grogna, se sentant encore fatiguée ; bientôt, elle allait sentir l'odeur familière de son ordinateur et surtout la chaleur qu'il émettait en tournant. Parfois, lorsque les insectes venaient s'y cramer, la pièce sentait le brûlé...Pas d'odeur, cette fois : rien. Elle se sentait un peu en sueur, et un peu dans les vapes, elle envoya sa fidèle main gauche partir en expédition, en quête de reconnaissance. Elle sentit une forme indistincte à ses côtés, sur le lit, et se souvint de la veille : une partie de jambe en l'air avec un rouquin qui savait plutôt y faire pendant tout l'après-midi et une bonne partie de la nuit. Elle ouvrit les yeux pour voir que la lumière entrait par la fenêtre pourtant à moitié voilée de l'appartement et se mit sur ses deux jambes, enfilant vite fait les vêtements qui avaient été jetés par terre comme s'ils étaient tous deux pressés par le temps.

Oserait-elle ?

Le fantôme d'Arashi Darkwood n'avait cessé de se superposer au visage de Snake, tandis qu'ils étaient ensemble. Lorsqu'il la surplombait, elle entendait sa voix inquiétante, lorsqu'il agissait et lorsqu'il existait. Il faisait battre son cœur et lui foutait la trouille en même temps ; Dafne ne pouvait pas rester ici, quitte à faire du mal à ce garçon qui, pourtant, semblait gentil.

« Désolée, je dois y aller. »

Et Dafne s'évanouit comme elle était venue. Une des multiples âmes de la mégalopole qu'était Tokyô, invisible et prompte à fuir. Elle embrassa Snake une derrière fois et puis franchit la porte.

Elle devait retrouver Arashi Darkwood.
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Mer 8 Avr - 21:34
Crazy retint un sourire. Il n'était pas dangereux ? Quelle connerie ! Il était le mec qui avait causé son traumatisme, celui qui avait transformé la petite fête en barbecue géant ! Il enfouit sa tête dans son cou, tandis que ses mains prenaient possession de son corps. Il avait envie de rire, au lieu de ça, il pouffait comme un môme regardant un magazine coquin en plein cours avec ses camarades. La suite ? Il ne s'en souvint pas vraiment, tout ce qu'il sut, c'était qu'il se retrouva sur son lit, son t-shirt enlevé à la va-vite, et les cheveux en bataille.

Étant donné que des mineurs peuvent tomber sur ceci, nous allons passer à un documentaire sur le mode de reproduction des écrevisses.

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le coït écrevissien (je viens de l'inventer, et alors ?) ne se passe pas dans le cadre le plus romantique qu'il soit. En effet, nous pouvons observer une certaine violence vis-à-vis du mâle pour la femelle ; celui-ci n'hésitant pas à lui broyer le thorax pour l'obliger à être consentante. Si elle ose dire « non » (mettons si la femelle sait parler, et articuler, enfin si elle peut toujours parler après s'être fait péter le thorax), il lui arrachera un membre (on ne plaisante pas avec l'appétit sexuel de monsieur) et fixe sur elle une poche de spermatozoïde sur son abdomen. Et là, c'est la bataille ! Comme des vaisseaux spatiaux dans l'espace, tentant d'attaquer l'Étoile Noire. Modèles de volontés, les Spermo-Tazors foncent, ils foncent ! Vites ! Se battant même pour plonger jusqu'à l'Étoile Noire, notamment par la porte que l'architecte a laissé « au cas où ». Au cas où quoi ? Au cas où on aurait besoin que des péquenots de l'espace aient besoin d'entrer pour casser la gueule à Darth Vador. BREF. La femelle se retrouve avec des oeufs sous l'abdomen, qui vont éclore plus de six mois après la fécondation.


Crazy Snake fronça les sourcils, il avait envie de fumer. En réalité, il avait mal partout, et une mèche de ses cheveux roux était rentrée par inadvertance dans le trou de son oeil. Lorsque Dafne l'avait touché, le jetant hors de son sommeil, il avait hésité à enlever cette gêne de son orbite vide, mais... elle le cachait, en partie. Ce qui le dérangeait le plus, après une partie de jambes en l'air, c'était le moment où la fille décidait de lui enlever son cache-oeil, persuadée qu'elle aurait assez de force pour ne pas être dégoûtée. Là... ça s'était passé tellement vite et tellement de fois qu'il ne se souvenait plus de la réaction de Dafne. Et de toute façon, ça n'avait pas d'importance. Il partirait. Il l'abandonnerait comme le Mâle qu'il était, après s'être déchargé de toute cette pression. Sauf qu'il y avait un problème.

Dafne s'était réveillée, et il devrait trouver une excuse pour se tirer. Il grimaça, il bâilla, et il la sentit se relever près de lui. Le borgne se tourna vers elle, fronçant les sourcils, il observa la jeune femme partir à la recherche de ses vêtements. Que devait-il faire ? Comment devait-il s'y prendre pour s'enfuir de son propre appartement ? À cette pensée, il comprit à quel point il pouvait être con. Dafne n'avait pas l'intention de rester pour le coller, lui parler de rencontrer ses parents, et d'obtenir un appartement plus grand. Après viendraient les mômes et le mariage — pas forcément dans cet ordre —, jusqu'à ce qu'elle se fasse piquer par un autre mec. Il n'avait pas conscience qu'elle avait pensé à un autre durant toute la nuit, et il s'en foutait. Il n'était pas le genre de mec dont une fille tombait amoureuse. Il était juste le coup d'un soir. Et ça lui allait parfaitement.

En soupirant, Crazy Snake se redressa. Il trouvait qu'elle partait comme une voleuse, et il songea qu'il devrait vérifier qu'elle ne lui a rien piqué. La bouffe, elle pouvait, les clopes pas vraiment, et les préservatifs... seulement si elle comptait les utiliser avec lui. D'ailleurs, son premier réflexe fut d'allumer une clope qu'il mordit presque. Sa tête était vide, la silhouette de Dafne disparaissait. Crazy ne l'accompagna pas jusqu'à la porte ; il ne faisait jamais ça. La plupart du temps, elles s'enfuyaient en se rendant compte qu'elles avaient couché avec lui. Blasé, Crazy regarda sa main, alors que la porte se refermait ; en réalité, elle avait un chouïa moins de poitrine qu'il l'avait envisagé. C'était peut-être ça sa déception de la nuit, mais bon ! La viande était encore fraîche. Il posa un pied sur le sol, il grimaça, et il regarda le mouchoir visqueux sous ses orteils. Il le jeta dans la poubelle, il attrapa un caleçon, et il alla ouvrir la fenêtre. Les coudes posés sur le rebord, il plongea ses yeux bleus en bas, fixant les cheveux bruns de la jeune femme en train de se fondre dans la masse.



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