Pitié et allégeance à toi, Kira ! La foule s'inclina en silence, respectueusement devant cette idole masquée et inconnue.
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

I'm tired of waiting for the end of all days [PV Hadès]

 :: Tokyo - Zone RP :: Quartier d'affaires :: QG du gouvernement de Kira :: Les sous-sols Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Fate Harlaown
Juliette sans Roméo
avatar
Messages : 809
Age : 19
Jeu 12 Juin - 20:37
Fate ferma sa messagerie d'un clic et s'affala une fois de plus dans son fauteuil. Elle leva la tête en l'air, fixa le plafond d'un air un perdu. Ah ça, perdue, elle l'était. Elle soupira : il faisait chaud, horriblement chaud. Et les nuages qui s'accumulaient au dessus de la ville annonçaient que le ciel ne tarderait plus à déverser ses torrents. Mains croisées sous la poitrine, elle repensait à cette correspondance interdite. Elle ferma les yeux.

Lui. Lui en bas devait mourir de chaud, souffrir le martyre et attendre patiemment qu'on cesse de le tourmenter. Elle l'imagina, lui, si fier, dans ces immondes combinaisons oranges qu'on confiait aux prisonniers, les cheveux trempés de sueur. En bas. Il était là, quelque part, quelques centaines de mètre sous ses pieds. Bien sûr, son esprit lui criait de descendre, d'aller le voir. Mais étrangement, elle s'imaginait mal débarquer comme une fleur et faire une croix sur tout ce qu'elle avait pu lui reprocher par le passé. Elle se voyait mal parler de son échange avec Zen, de sa faiblesse et de l'ardeur de ces mots qu'elle lui avait adressé dans ce mail.

Cette histoire d'interrogatoires n'était qu'une manière de gagner du temps. Elle pouvait lui rendre visite à tout moment, mais elle ne l'avait pas révélé à Zen. La jeune femme ne voulait pas lui donner de faux espoirs : même si elle le voulait, même si elle en rêvait jour et nuit, elle ne pouvait rendre sa liberté à Hadès. Et pourtant, elle s'en voulait terriblement d'être le cerbère de quelqu'un qu'elle appréciait plus qu'un peu. A cette heure-ci, les bureaux étaient vides : les premiers coups de tonnerres retentissaient.

Fate sursauta. La grande blonde se leva pour dégourdir un peu ses jambes. Elle croisa son regard dans le miroir et s'examina sous toutes les coutures. Bombant la poitrine, relevant le menton, affichant son air le plus dur, elle s'imagina descendre lui rendre visite. Elle enchaina quelques répliques devant le miroir. De cette manière, elle pensa une multitude de possibilités. Ce petit exercice dura une bonne demi-heure. Son choix était faite : elle serait forte, dure, rigide et professionnelle. Hors de question de laisser passer une once de sentimentalisme. Satisfaite, elle referma les derniers boutons de sa chemise pour être tirée à quatre épingles, rajusta la veste de son uniforme et descendit en prison.

Elle serait le Capitaine Harlaown, ne parlerait ni du mail, ni de l'entrevue, ne lui sourirait pas, même pas un peu, et ne lui adresserait pas un seul mot amical. Ne pas laisser sa faiblesse s'exprimer, il pourrait l'utiliser contre elle. Ce premier mail d'excuses, il ne l'avait sûrement pas lu. Raison de plus pour simuler un froid.

Et pourtant, quand elle avait poussé la lourde porte de métal, pénétré la petite pièce sombre et inquiétante, deviné sa silhouette meurtrie et recroquevillée sur elle-même, Fate oublia tout simplement ses précédentes décisions. D'un pas un peu pressant, elle s'approcha du corps et s'agenouilla auprès de lui. Il était exactement comme elle l'avait imaginé : couvert de sueur, blême, fatigué. Elle remarqua une seringue non-loin d'elle et la repoussa du pied. Sa posture et les multiples trous à sa combinaison laissaient deviner qu'on l'avait sauvagement torturé. D'un geste presque maternel, elle releva la mèche de cheveux roux qui recouvraient son visage et afficha un joli sourire.

"Ne t'en fais pas, c'est Fate. Tu me reconnais ? Je ne suis pas venue te faire de mal. C'est fini tout ça, il y a eu erreur..." dit-elle tandis qu'elle tentait tant bien que mal de le remettre dans une position décente et moins douloureuse, laissant sa tête calée contre ses genoux.

L'affaire qui lui avait été retirée, Hadès torturé sans autorisation d'Arashi... Sans doute avait-elle subi la cruauté de quelques gardiens. A torturer des gens toute la journée, certains finissaient par y prendre goût et par avoir une définition du divertissement relativement peu compréhensible. De son sac à main, Fate sortit un peu d'eau qu'elle porta à ses lèvres sèches.

"Je suis venue arranger les choses. Arashi ne te veut pas de mal. Zen sait, tes amis savent que tu es ici. Ils savent que je prends soin de toi. Je suis désolée d'être arrivée si tard..."


Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 877
Age : 26
Localisation : Dans le QG du gouvernement
Dim 15 Juin - 18:31
Mal.

Ça n'allait pas, c'était pire qu'avant.

Il avait envie de vomir ses tripes, de se couper la langue, de s'arracher les cheveux. Jusqu'à il y avait quelques semaines, il parvenait à faire quelques exercices de musculation histoire de se maintenir en forme, mais petit à petit, sa santé avait décliné jusqu'à devenir celle que vous connaissiez. Si on lui avait dit un jour qu'il n'était qu'une grosse loque affalée sur un siège, il aurait rigolé. Akira Darkwood avait déjà été prisonnier ici, mais pour des durées plus courtes et personne ne savait qu'il était en réalité Hadès. Il n'avait eu affaire qu'à Arashi, à croire que ses collègues étaient mille fois pires.

Ils le haïssaient pour être le jumeau de son frère, pour exister. Ils ne lui posaient que rarement des questions, et les rares fois où ils le faisaient, c'était pour les gueuler d'un ton méprisant, aux moments où il ne pouvait plus parler. Parler. Hadès, même s'il l'avait voulu, n'avait plus la force de le faire. Il s'était résigner depuis longtemps, se contentant de les attendre, aux et leurs seringues pleines d'un liquide qui le faisait hurler de douleur, eux et leurs poings, leurs battes et leurs instruments de torture. Était-ce comme cela, avant que Kira n'arrive au pouvoir ? Et celui-ci se remettait-il en question ? Hein ? Se rendait-il compte en mettant en place ce foutu gouvernement, il avait créé des monstres avides de sang ?

Depuis combien de temps était-il là ? Hadès avait cessé de compter. Avant, il faisait des marques sur le mur avec une cuillère, mais depuis que ses geôliers avaient remarqué qu'il abîmait le bâtiment, ils avaient confisqué tous couverts et l'avait laissé face à un mur marqué de 14 petits traits éternels. Hadès les fixaient d'un air vide, comme s'il était à jamais prisonnier des quinze jours qu'il avait passé ici...il avait cessé d'espérer qu'une taupe le sorte d'ici, ou qu'un résistant ne l'aide...Il savait très bien que vu la situation avec Mello, ils devaient être plus que contents qu'il soit ici. La seule chose qu'il essayait encore de faire, c'était de ne pas crier trop fort : Elliana Rokudo était dans la cellule d'à côté, Arashi le lui avait dit...Hadès voulait évider de l'effrayer et de la faire se rendre compte qu'il était là aussi...l'espoir était la meilleure des armes, en prison...la plus venimeuse aussi, lorsque vous vous aperceviez que celui-ci était mal placé.

Eux, ils n'étaient pas humains. C'étaient des résidus de Satan, des gardes qui n'étaient là que parce qu'ils avaient pris goût au sang. Ils le réveillaient de ses courtes siestes avec violence, lui parlaient de tout et de rien. Il n'était pas rare qu'ils s'épanchent sur leur vie familiale apparemment catastrophique et leur femme qui les trompaient...de pauvres types, en tout point. Si ils avaient pris un autre chemin que celui de Kira, ils auraient très bien pu se retrouver dans le clan terroriste de Machiavel, ç'aurait été la même chose.

Akira Darkwood l'attendait : recroquevillé sur lui-même, à moitié endormi, il était cependant à l’affût du moindre bruit...il attendait ce « bip » significatif, qui révélait qu'on venait d'ouvrir la porte et d'entrer dans sa cellule. Il ne connaissait pas ces pas : ils étaient plus doux que ceux de ses geôliers...alors Hadès releva lentement la tête pour voir, interloqué, le visage de Fate...était-ce un de ces délires qui le prenaient parfois lorsqu'il avait trop mal ? Ses genoux étaient mous, et, étrangement, lui faisaient un bien fou. Il était imberbe aujourd'hui car ses gardes avaient pris l'habitude de le raser, après la venue d'Arashi.

« Bonjour Fate...tu es magnifique...on dirait le soleil... »

Il avait presque oublié comment Fate Harlaown était. C'était une jeune femme magnifique, et ses cheveux blonds faisaient resplendir cette cellule décrépie. Il leva lentement une de ses mains sales pour la coller à son visage, et puis la retira, constatant que la crasse lui resta sur la joue.

« Zen...Zen le sait ? Comment tu lui as dit ? Tu ne la connais même pas...ne me dis pas qu'elle est à côté et emprisonnée près de moi, aussi ? Je crois que je m'effondrais, si c'était le cas...je n'en peux plus, Fate...vraiment...si encore ils me donnaient l'occasion de parler, je le ferai, mais ils ne veulent même pas ça...et tu te trompes sur Arashi...Bien sûr qu'il me veut du mal...ça a toujours été son dada : se venger ! »

Il prit une profonde inspiration, comme s'il avait énormément de mal à respirer.

« Tu as pensé à nous, Fate ? Moi beaucoup... »


Join us !



Spoiler:
 

Revenir en haut Aller en bas
Fate Harlaown
Juliette sans Roméo
avatar
Messages : 809
Age : 19
Mar 24 Juin - 14:46
Ses paroles naïves et enfantines lui arrachèrent un sourire. D'un geste tendre, Fate passait les doigts dans ses cheveux roux. Longuement, elle observa son visage en silence. Son teint était blafard et ses cheveux poisseux. La lumière quasi-absente de la cellule et les semblants de repas que servaient les geôliers avaient fini par lui provoquer de multiples carences. Sa peau couverte de coupures et de contusions suggéraient les tortures qu'il avait dû subir. Comment avait-il pu en arriver là ? se demandait-elle. Comment avait-il été capturé ? Et qu'avait-il encore bien pu faire pour subir pareil supplice ? Tant de questions auxquelles elle n'avait pas de réponses. Et pourtant, pourtant, Fate Harlaown se tut quelques longues minutes, se contentant de le calmer du regard comme on calme un enfant qui pleure.

La jeune femme poussa un long soupir et appuya tendrement la main qu'il tendait vers sa joue en souriant. Elle y déposa un baiser. Ridicule. Quelques heures auparavant, c'est sans doute ce qu'elle aurait pensé de cette scène potentielle. Elle s'était pourtant promis de rester fidèle à ses principes, de tenter de le convaincre une fois de plus de la nécessité de choisir la voie de Kira : une voie qui les avantagerait tous. Il y avait aussi cet affront, cette humiliation qu'il lui avait fait subir ce soir-là et dont elle s'était juré de se venger. Mais chaque fois qu'elle croisait son regard, qu'elle affrontait sa situation difficile, toutes ses résolutions s'envolaient en fumée.

« Non non... Ne t'en fais pas. Calme toi. Zen va bien, Zen est en sécurité, loin de tes geôliers. Je t'ai envoyé un mail récemment... Et elle m'a répondu à ta place. »

Elle aurait aimé lui retracer en quelques mots le contenu de ce mail dans lequel elle avait maladroitement tenté de reprendre contact après le fameux événement. Mais le moment n'était pas venu pour parler de ces choses là.

« Elle m'a dit que tu avais disparu, que tu ne donnais plus de nouvelles. C'est Arashi qui m'a redirigé vers toi. Je crois sincèrement qu'il y a un malentendu : ça n'est pas lui qui m'a repris l'affaire. Ceux qui te font vivre ça le font gratuitement. Je te promets que je vais arranger tout ça... Et je te jure que plus jamais ils ne te toucheront. »

La colère et l'émotion déformaient les traits réguliers de son visage. Elle déposa un baiser sur son front, souriante, comme pour ne pas laisser transparaître tout ce qui s'emparait d'elle. Arashi n'aurait jamais fait ça. Arashi n'était pas dans le coup. Seuls ses geôliers étaient responsables des horribles supplices qu'il subissait. Elle ignorait de qui pouvait venir ses ordres, elle ignorait même si ordres il y avait vraiment. Quoi qu'il arrive, ça ne pouvait pas durer. A ce rythme là, ils allaient finir par le tuer à petit feu et ça, elle ne le permettrait pas.

Sa question la désarçonna quelque peu. Un instant, elle se trouva bouche bée, tentant de se rappeler tout ce à quoi elle avait pensé auparavant. Elle, elle n'était pas comme les autres. Elle, elle ne tomberait pas dans le panneau, ne céderait pas devant ses grands yeux bleus et ses propos charmeurs. Elle ne le laisserait par faire d'elle l'énième conquête de son tableau de chasse. Alors pourquoi y avait-il un « nous », dans l'histoire ?

« Nous... ? Nous, je ne sais pas trop quoi en penser. Mais toi, toi, sache que tu as occupé une bonne partie de mon esprit et que pas une minute je ne t'ai oublié. »

Elle marqua une pause, fouillant dans son sac à main à la recherche des restes de son déjeuner. C'était maigre, soit, mais ça fallait sans doute bien plus que ces pseudo repas servis en prison. Elle les lui tendit en soulignant qu'il fallait qu'il reprenne des forces. Alors, Fate le regarda déjeuner, lentement et avec peine assise à même le sol à côté de lui.

« A ce propos je... Puisque tu n'as pas pu lire ce mail, j'aimerais que tu saches que je suis désolée que les choses se soient si mal passées la dernière fois. Je veux dire... Je préférerais repartir sur une bonne base. On a bien vu que nos camps respectifs ne rendaient pas toute discussion stérile alors... J'aurais aimé savoir si tu étais prêt à m'accorder un nouveau départ ? Au pluriel, si tu penses toujours qu'il peut y avoir un nous. »


Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 877
Age : 26
Localisation : Dans le QG du gouvernement
Mar 8 Juil - 19:36
Hadès regardait Fate comme s'il s'agissait d'un songe, d'un mythe illusoire, d'un de ces contes que l'on s'amuse à raconter aux enfants. Il ne croyait plus en la vérité, il ne croyait plus en rien : Akira Darkwood tel que vous le voyiez à présent avait cessé d'espérer. Il avait laissé ses convictions et ses promesses au vestiaire pour qu'il ne reste plus que cette loque, le lui prostré et roulé dans l'obscurité, celui qui vomissait jour après jour les repas immondes qu'on lui donnait. Par moment, il se rappelait par touches dorées de sa vie d'avant : sa rééducation, lorsqu'il avait une fois de trop été prisonnier derrière ces barreaux, le rose de Will Wonka. Chose étrange, mais alors qu'il lui semblait, au début, que la jeune femme serait prête à céder à ses avances, rien de tel n'avait aboutit. Dommage. Le rose, le jaune de Fate et non celui d'Illness, créature étrange qu'il ne connaissait qu'à peine, n'ayant seulement qu'aperçu sa poitrine pendant une réunion à plusieurs. Si un jour on lui avait dit que sa vie se résumerait en quelques couleurs, il aurait ri. Tout d'abord parce que pour lui, avant, le jaune était la couleur de Mello et que seule la haine qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre les rendait si semblables. Ensuite parce qu'il se pensait plus malin que la moyenne, et que la pensée d'être enfermée ici si longtemps ne lui était jamais passée par l'esprit.

Et là, elle était tellement proche de lui, tellement elle. Il savait parfaitement comment elle était, comment elle se comportait. Si ils avaient été présents l'une face à l'autre une semaine plus tôt, Hadès lui aurait certainement ri au visage en lui disant d'arrêter de se foutre de sa gueule. Maintenant, il n'en avait plus la forme. Tout ce qu'il souhaitait, c'était lui tenir la main pour lui demander de rester. Le faire sortir n'était même plus nécessaire, et à ce point, Hadès savait qu'il n'était certainement plus le bienvenue. Il avait dit...un peu trop de choses pour cela à Arashi et désormais, s'il parvenait à sortir, il allait falloir compter sur l'aide de son frère pour passer inaperçu. Elle qui touchait sa peau pourrie et puante, elle qui se mettait en danger pour lui...Hadès se rendait seulement compte à quel point ce que faisait Fate était unique et exceptionnel. Il sut alors qu'à elle, il pouvait tout dire, même murmuré à l'oreille et bafouillé pour éviter que les micros ne captent leur conversation.

« Tant mieux...Zen...Zen...c'est une brave femme...mais pas comme toi. Je ne pense pas à elle de la même façon, tu sais. »

Il n'avait rien dit lorsqu'il s'agit de la manière dont il traitait car il n'était pas dupe : il voyait parfaitement que ses geôliers n'en avaient pas vraiment après les informations, mais étaient plutôt motivés par un certain désir pervers de torture. Hadès entre-ouvrit la bouche pour en soutenir difficilement une expiration. Sa main toucha celle de Fate lorsqu'elle lui donna cette nourriture à laquelle il n'avait pu prétendre pendant des semaines et des semaines. De la nourriture...il ne savait même pas s'il serait capable de l'ingérer correctement. À ce stade, il vomissait la plupart des choses qu'il mangeait, comme si son corps faisait une réaction de rejet.

Il y avait là un demi sandwich, mais l'homme le mâcha lentement et avec calme. Ses mains enchaînées seraient le bout de pain comme s'il s'agissait de sa vie. Sur le coup, il ne sut pas ce qu'il y avait dedans : il était tout simplement incapable de reconnaître les aliments qui le composaient. Il pouvait aussi bien y avoir des œufs que du jambon ou de la mayonnaise qu'il aurait été incapable de le prédire. Akira Darkwood lâcha le plastique, une fois sa dégustation fini et ne quitta pas Fate des yeux. Pourquoi se mettait-elle tout le temps en danger pour lui ? Un de ces jours, un grand truc d'Iwa lui-même lui tomberait dessus et ce jour-là, il ne pourrait pas être là pour l'aider.

« Ha...Fate...je t'en prie...évidemment que je le souhaite...mais pas maintenant...je ne suis vraiment pas...en état, tu vois. Je dois te parler sérieusement, mais pas de ça...parce que je serais toujours Hadès, Fate, et je le sais, ils ne font que trop me le répéter. », ses doigts s'égarèrent sur sa joue – Ô Ciel, il avait oublié ce que cela faisait, de parler à une magnifique femme comme cela – et il s'arrangea pour la faire se rapprocher de lui, d'une manière presque tendre s'il eût voulu l'embrasser. Sa bouche arrivait au niveau de son oreille lorsqu'il parla : « J'ai parlé. J'ai parlé à Arashi. Je suis un homme mort, Fate. Mais ça, tu ne vas pas le dire à Zen. Je veux que tu t'arranges pour que l'on croit que ces fuites viennent de quelqu'un d'autre que moi. Je veux que tu continues à parler à Zen et que tu lui dises que je suis fort. Que je suis en vie et que je ne parlerai pas. Je veux que tu adresses un message de menace à l'adresse shadowmoon@gmail...Je ne peux pas te dire qui est derrière, mais je veux que tu la menaces. Que tu lui dises qu'ils vont me tuer car je ne parle pas. N'hésite pas à être le capitaine Harlaown et tente de lui faire du chantage...je t'en prie, Fate... »


Join us !



Spoiler:
 

Revenir en haut Aller en bas
Fate Harlaown
Juliette sans Roméo
avatar
Messages : 809
Age : 19
Jeu 10 Juil - 0:10
Le silence s'était désormais installée dans la petite salle sombre. Elle ne l'avait pas quitté des yeux. Elle ne s'était pas détournée de ses grands yeux bleus qui la contemplaient d'un air perdu. Lui. Pourquoi fallait-il qu'il la regarde de cette manière ? Là, devant lui et son regard enfantin, elle mourrait d'envie de fondre en larmes, de le prendre dans ses bras et de s'excuser, encore et encore, de devoir jouer le rôle ingrat de la fliquette, d'avoir été si dure par le passé et par dessus tout de ne pas pouvoir le sortir de ses ennuis. Et pourtant elle n'en fit rien, tout simplement parce qu'elle ne voulait pas paraître faible une fois de plus.

Lui. Là, prostré en boule dans un coin, sale et abandonné, il n'avait rien de l'homme qu'elle avait l'habitude d'affronter, la tête haute. Sa fierté et son élégance l'avaient quitté pour laisser place à ce corps presque sans vie dont les mots et les gestes étaient rares et semblaient douloureux. Fate s'approcha, tentant de combler le vide de ses quelques phrases puisqu'il lui semblait nécessaire de ne pas laisser le silence les isoler. De la main droite, elle caressait sa chevelure autrefois rousse que la saleté avait ternie. Sa remarque eut le mérite de la faire sourire. La jeune femme n'avait pas envie de se triturer les méninges, de se questionner sur la sincérité de ses propos. Ça n'était ni le moment, ni l'endroit. Ce moment n'appartenait qu'à eux et elle ne tenait pas à le gâcher.

« Je ne pensais pas monopoliser tes pensées au point de reléguer ta belle indienne à un rang second. » plaisanta t-elle pour détendre l’atmosphère.

Quand elle lui avait tendu les restes de son déjeuner, elle s'était attardée le long de sa main, profitant de leur proximité exceptionnelle. C'était peu. Elle aurait aimé pouvoir lui donner plus. Mais il fallait dire qu'avant de pénétrer dans la pièce, elle se moquait bien de l'état dans lequel elle pourrait le trouver. Elle s'excusa de la ridicule quantité qu'elle pouvait lui offrir, mais vu le soin que l'homme prenait pour ingérer son repas, Fate comprit que cela représentait sans doute un repas de roi face à ce à quoi il avait droit d'habitude. Elle lui laissa le temps de savourer, présente mais silencieuse.

« Je comprends. Tu as raison, c'est idiot de parler de choses pareilles dans un moment aussi grave. On prendra le temps une fois que tout sera terminé... »

Terminé. Pourtant, elle doutait du fait que cela puisse arriver un jour. Hadès ne parlait pas, Hadès souffrait. Et les événements ne semblaient pas aller dans son sens. Elle ignorait si ses bourreaux parviendraient à l'achever avant qu'Arashi n'ait pris une décision officielle. Peut-être préférerait-il mettre lui même fin à ses jours ? Ces scénarios catastrophes lui arrachèrent une grimace. Pourtant, elle peinait à imaginer une autre issue que l'une de celles ci. Elle tenta de se mettre à la place d'Hadès : il devait être si difficile de ne pas pouvoir courir, aller où l'on veut et, en plus de ça, de ne pas être en mesure de savoir si sous la torture il ne risquait pas de balancer ses propres amis. C'était cruel. Fate avait eu maintes et maintes fois l'occasion de s'en rendre compte : mais les choses ne lui sautaient aux yeux que maintenant qu'elle le savait concerné. Elle se pencha vers lui, profitant de leur soudaine proximité pour se glisser au sol contre son torse, et écouta patiemment ce qu'il lui susurrait à demi-mot.

Ce qu'elle entendit ne la rassura pas. Et soudainement, toutes ses craintes resurgirent. Pourquoi fallait-il qu'il soit si... Hadès ? Pourquoi continuait-il à être si borné malgré sa situation ? Bien évidemment, ses révélations faites à Arashi la remplissaient de joie. Enfin, il s'était décidé à parler et à ainsi s'offrir un nouveau départ loin de la rébellion. Et pourtant son statut de chef résistant ne semblait pas le quitter, en témoignait cette demande.

« Akira... Je... Tu ne te rends pas compte de ce que tu me demandes... J'en fais déjà beaucoup, mais je ne peux pas aller plus loin. Ce que tu me demandes, c'est de falsifier des dossiers. Je risque gros, très gros. Je ne peux pas prendre un risque pareil. Le rapport a déjà dû être envoyé. Si vous disposez réellement de taupes au sein du gouvernement, elles auront vent de tes dires avant que je ne puisse modifier quoi que ce soit. Et puis, on me soupçonne déjà de m'être... Trop rapprochée de votre camp. Ca n'est pas la solution... Je suis désolée. »

Elle avait beau lui vouloir du bien, elle avait beau le désirer et regretter sa présence, elle ne pouvait prendre un risque aussi énorme. La moindre petite erreur lui serait fatale. Non pas qu'elle tenait plus à son travail qu'à la vie du résistant, mais elle était sûre qu'Arashi ferait un petit geste, maintenant que son frère avait parlé. Oh ! Si elle avait pu, elle l'aurait caché chez elle, lui aurait offert tout le confort et l'attention nécessaire, le repas, le sommeil. Elle aurait veillé sur lui comme on veille sur un enfant. Mais rien n'était si facile. Et ses propos lui avaient rappelé qu'il n'était pas prêt à se détacher si promptement de ses idéaux.

« Ca n'est pas la solution mais... Maintenant que tu as parlé... Maintenant qu'Arashi sait... On va pouvoir te donner un nouveau départ. Accepte... ! Accepte... ! Tu n'es pas obligé de tuer, ni de renier quoi que ce soit. Ils te trouveront un boulot stable... Tu n'auras pas à les rejoindre, eux qui te veulent tant de mal... A toi, à moi, à nous ! Je suis prête à t'aider. Ce pourrait être le début de ta nouvelle vie, tu comprends... ? »


A ces mots, un sourire s'était affiché sur son visage et ses yeux pétillaient d'une lueur d'espoir qui trahissait combien elle voulait y croire. Mais lui, lui, n'était sans doute pas prêt à subir ce sacrifice.


Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 877
Age : 26
Localisation : Dans le QG du gouvernement
Lun 21 Juil - 21:51
Au début, Akira Darkwood n'avait pas vraiment réfléchi aux conséquences de ses actes : il avait juste fait ça comme ça, parce qu'on l'y avait obligé. Il se souvenait encore très nettement de la tête d'Elliana lorsqu'elle avait été ramenée dans sa cellule, et son frêle corps tombant sous les assauts de son frère. Comment avait-elle pu se sentir, pourquoi étaient-ils obligé de leur faire tout cela, eux qui oeuvraient pourtant pour le bien ? Akira ne savait plus du tout ce qu'il devait faire, les écouter ou non, se joindre à eux ou alors attendre, attendre et encore attendre. Lui qui avait attendu toute sa vie pour faire se reculer ne serait-ce qu'un tout petit peu l'échéance fatale, pourquoi devrait-il rester encore enfermé ici ? Il avait assez payé, on l'avait frappé, on l'avait martyrisé et brûlé. Il en avait assez et voulait rentrer.

Elle était là, près de lui, maintenant. Il pouvait lui toucher la peau, il pouvait lui effleurer les cheveux et lui embrassait le corps, mais il ne le faisait pas. Hadès avait encore un minimum de jugeote et il savait que cette attitude ne ferait que apporter à Fate des ennuis qu'elle ne méritait certainement pas. Si elle ne voulait pas envoyer ce mail, tant pis. De toute façon, la nouvelle s'était sans doute déjà propagée et les taupes avaient dû lire les rapports. Fate avait raison, Fate avait toujours raison et cela lui donnait encore plus envie de se rouler par terre. L'homme roux la regardait comme si plus rien n'était possible, comme si il souhaitait s'enfuir d'ici, ce soir, avec elle...même s'il savait que tout cela était plus facile à penser qu'à dire. Il devait y avoir sûrement là-bas, quelqu'un dans ces bureaux sombres qui planifiait son exécution. Jamais on ne lui avait proposé le moindre poste au gouvernement, à part Fate, et si ça avait été le cas, il aurait refusé avec vulgarité. Arashi ne voulait peut-être pas sa mort, mais il devait avoir conscience qu'avoir son frère qui se baladait en liberté était tout sauf prudent. Sur la liste du Cavalier Noir, Akira Darkwood était bien 11e...ce qui était, certes, plus loin que lui-même, mais apparemment, ceux du gouvernement étaient excusés d'avance.

« Ecoute Fate...non, arrête de parler et écoute moi. Ils me trouveront pas de boulot, ou ne me pardonneront pas. Surtout pas Arashi...surtout pas...C'est mon frère alors tu sais ce que je suis pour lui ? Celui qui a fait des trucs pires que les autres. Lorsqu'il venait d'être nommé au gouvernement, je lui ai dit que je m'engageais dans la résistance. Tu n'as pas idée de la douleur qu'il a pu éprouver, alors franchement...s'il peut me laisser moisir en prison, il le fera. Je n'ai aucune envie de collaborer plus avec le gouvernement et lui n'a sans doute aucune envie d'être plus discréditer. Je suis désolé pour nous, vraiment. »

Nous...C'était un drôle de moment pour parler de « nous ». Il y avait des choses qui paraissaient étrangement irréalistes lorsqu'on les abordaient maintenant, surtout alors qu'il était aussi fatigué et que Fate lui apparaissait pratiquement floue. S'il avait été jadis attiré par ses belles formes et ses...voluptueuses...mains, là, il avait de plus en plus de mal à rester concentrer sur elle. Pendant un instant, il pensa à Arashi et à ses lunettes : il avait une maladie des yeux, lui ? Pourquoi n'avait-il jamais pensé à lui demander avant ? Pourquoi avait-il toujours tout gâché au moment où il ne fallait pas, pourquoi se laissait-il toujours emporter par son instinct et finissait par tout détruire ? Fate Harlaown, mais aussi les filles des bordels, celles qu'il avait pu avoir parce qu'elles étaient bourrées, les anciennes copines d'Arashi quand il se faisait passer pour lui...Il s'aperçut enfin qu'il pensait trop à lui-même et qu'il s'était toujours comporté comme un goujat.

« Nous. Non...je veux vraiment. Je ne veux pas rompre avant que ça ait commencé. Tu vois ? Tu comprends ? J'ai peur. J'ai peur de rester enfermé ici toute ma vie. J'ai peur que ce soit le cas pour Ella et qu'ils lui fassent des choses affreuses. Ils ne me proposeront jamais de boulot, Fate...jamais. Ou alors, ce sera d'être dans les petits papiers d'Iwa, mais tu sais comme moi qu'il vaut mieux ne jamais s'y trouver. Je veux juste t'embrasser...pendant longtemps, pendant toujours. Je peux arrêter la Résistance, je m'en fous, de toute manière, je suis foutu. Je te veux juste toi. Je m'habillerai autrement, je sauterai le pas. Juste toi, juste toi. », lui murmurait-il à l'oreille comme si ces seules paroles n'étaient destinées qu'à elle – et c'était heureusement le cas. « Juste toi. Dans un autre pays, dans un autre temps. On a deux caractères forts, alors on s'engueulera, on se frappera. On fera des gosses, mais on s'aimera...putain, oui, on s'aimera ! Jusqu'à plus soif...et je planterai des graines, j'aurais un jardin et on l'arrosera à deux ! Tu veux ! Dis-moi que tu veux, Fate ! »

Il rit légèrement, un peu fou, un peu triste, tandis que sa bouche effleurait la joue de Fate. Jamais il n'avait jamais fait une déclaration comme celle-là, jamais...Alors c'était sans doute pour cela que c'était si triste et émouvant, lui qui savait qu'il n'avait aucune chance de sortir d'ici.

« Il y a sans doute des micros...des caméras...c'est de la folie. »


Join us !



Spoiler:
 

Revenir en haut Aller en bas
Fate Harlaown
Juliette sans Roméo
avatar
Messages : 809
Age : 19
Lun 4 Aoû - 11:31
Elle se demandait ce que ces hommes chargés de la sécurité devaient penser de ce qu'ils voyaient, là-haut. C'était une drôle de situation qui défilait sur leurs enregistrements. Par chance, on ne devait pas entendre le son de leur voix : l'un comme l'autre, ils s'y connaissaient suffisamment pour ne pas faire ce genre d'erreur. Mais leur proximité et leur apparent calme pouvaient porter à confusion : un interrogatoire se devait d'être rapide, concis et efficace – on privilégiait rarement une approche douce. Sans doute Arashi lui reprocherait-il de s'être montrée si compréhensive au lieu de chercher à le convaincre. Mais c'était bien là le cadet de ses soucis. Elle n'aurait qu'à prétendre de nouvelles méthodes de travail, lui, par contre, avait urgemment besoin d'aide.

Son corps meurtri, sa main tendue vers elle et ses grands yeux bleus semblaient crier pitié. Après tant de temps passé à tenter de le convaincre, c'était Arashi qui avait fini par l'avoir, à l'usure. A force de menaces, de mauvais traitements et de paroles blessantes, il était enfin parvenu à lui faire atteindre le point de non-retour, celui qui signait l'arrêt de mort de bien des prisonniers. Maintenant qu'il avait parlé, qu'allait-on faire de lui ? Elle écoutait patiemment ses mots et ses détresses, comprenant qu'il connaissait bien mieux Arashi que n'importe lequel de ses collègues. Fate parlait toujours sans savoir : elle ne savait rien de la condition d'Akira, rien des désirs d'Arashi, rien de ce conflit et de cette haine réciproque qui opposaient les deux frères.

Hadès n'avait sans doute pas tort. Il avait assassiné de nombreux individus, dont des membres des forces de Kira. Il avait dû couvrir des criminels, multiplié les sabotages et accumulé les actes de rébellion. Pour de tels actes, beaucoup étaient morts en place publique. Pourquoi mériterait-il un sort différent aux yeux de la justice ? Elle savait mieux que quiconque que la justice de Kira tendait à ne pas être impartiale quand il s'agissait des rebelles et que les hauts-gradés pesaient beaucoup dans ces décisions. Si elle pouvait acter pour le faire sortir, Arashi pouvait désirer son exécution ou son emprisonnement à vie et elle était sûre que Nathan se ferait un plaisir de s'opposer à sa décision. C'était une évidence : elle était impuissante face à ces ténors du gouvernement. Telles que les choses étaient parties, il moisirait en prison et elle devrait batailler pour faire entendre sa voix. Pourtant, au fur et à mesure qu'il s'exprimait, elle commençait à se demander si lui venir en aide ne valait pas la peine de mettre sa place en jeu.

« Nous ». C'était un terme qui revenait si souvent dans sa bouche qu'elle avait presque envie d'y croire. Ses mots étaient touchants et révélateurs de ses maux. Enfin, Fate comprenait la détresse de cet homme : il n'était plus question de résistance, ni d'allégeance à Kira, juste de sa propre survie et de son propre bonheur. Il était de ceux qui rêvaient de neutralité et de pacifisme dans un Monde où il était nécessaire de prendre parti. Pourtant, il avait bien compris qu'on ne lui laisserait pas ce choix. Il avait vécu des aventures pleines de sensations fortes, connu la peur, la souffrance et la colère : il était peut-être temps d'aspirer à un bonheur plus simple si, par chance, on lui accordait la vie. Mais ce qui la surprenait le plus, c'était qu'elle semblait pouvoir faire partie intégrante de cette potentielle nouvelle vie.

Ces mots murmurés à son oreille prenaient un sens nouveau. Elle se surprit à afficher un sourire gêné tandis que son visage prenait de la couleur. C'était maladroit, c'était timide, mais c'était suffisant pour lui offrir ce qu'elle attendait depuis longtemps. Était-ce une invitation à fuir avec lui ? A renier ce qu'elle avait construit pour s'offrir un nouveau départ ? Elle posa une main tendre sur son front brûlant et entreprit de caresser ses cheveux pour l'apaiser. Le silence s'installa. Un instant, Fate se surprit à se questionner. Il aurait pu cherché à la manipuler comme par le passé, assurant ainsi sa libération, ou peut-être était-ce encore une de ses multiples tentatives de séduction pour l'ajouter à son tableau de chasse. Et pourtant, elle peinait à croire que ses yeux qui criaient vérité puissent cacher d'autres desseins. Il riait, d'un rire un peu fou qui trahissait la sincérité et le désespoir de ses propos.

Elle secoua la tête. Après tout, pourquoi se priverait-elle d'une telle réjouissance, elle qui vivait si mal sa condition d'amante, suscitant le désir sexuel mais jamais une once d'attention ? La jeune femme craignait toujours de voir la situation se répéter, chaque fois qu'elle pensait pouvoir s'essayer à une relation plus durable. Si craintive, si pessimiste. Il était peut-être temps qu'elle lui laisse une chance. A trop attendre, à trop se refuser, on n'obtenait jamais rien. Et malgré tout ce qui s'était passé auparavant, elle lui faisait étrangement confiance. Alors, sa mine sombre la quitta et laissa place à un sourire, plein d'espoir :

« Bien sûr que je veux. Je suis une piètre jardinière, mais j'espère au moins être de bonne compagnie. »

Doucement, elle s'était baissée, plus proche de lui, pour être sûre de ne pas entendre ses mots résonner dans la petite salle sombre :

« Ne crains plus rien. Je vais faire le nécessaire pour de sortir de là. J'ai de l'argent à revendre : je te trouverai un bon avocat, aussi cher soit-il, et je ferai tout pour qu'il t'aide dans ton jugement. Si on s'y prend bien, si tu veux bien faire ce qu'ils te demandent... On peut espérer qu'ils te laissent une chance. Il ne faut pas perdre espoir. »

Elle-même n'y croyait pas tellement. Un procès, c'était bien peu face à ce qui se tramait dans les couloirs du quartier général. Mais elle ne voyait d'autres solutions. Le faire sortir et fuir était inutile : on aurait fini par les rattraper. Et malgré cette attention qu'elle lui portait, Fate n'était pas prête à s'opposer à un régime dont elle défendait encore les convictions avec hardeur. Effleurant ses lèvres, la jeune femme posa un baiser sur sa joue, profitant de cette proximité pour glisser quelques mots plus compromettants.

« Mais si tu vois l'occasion se présenter... Fuis. Fuis par n'importe quel moyen, c'est plus prudent. »


Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 877
Age : 26
Localisation : Dans le QG du gouvernement
Ven 5 Sep - 14:29
Le tirer d'ici, il n'y croyait plus trop : non, pour le moment, il était surtout affalé sur ce banc et il ne savait plus trop s'il aurait la force ou non d'en bouger. Même imaginer un futur probable était difficile, quand il savait que les crimes qu'il avait commis lui octroyait, au mieux un séjour long ici, au pire, une condamnation. Hadès se demandait quand son procès aurait lieu, quand il serait transféré dans une vraie prison. Au moins, là-bas, il était un peu près certain que les agents d'Arashi ne seraient pas à le harceler quotidiennement, à le torturer et à profiter de sa faiblesse. Fate lui en parlerait, il le savait : et là, Arashi pourrait faire quelque chose. Il savait que son frère n'était pas un mauvais homme, au fond, et qu'il était juste quelqu'un qui avait fait les mauvais choix. Il ne le laisserait pas ici, à la merci de ces gros connards...même si Akira devait reconnaître qu'il l'avait déjà fait pendant des mois, en attendant qu'il parle.

Il y avait cette chose bizarre, dans le comportement des gardes. Certains semblaient ostensiblement hostiles à Arashi, l'insultant même pendant qu'ils croyaient Hadès évanoui, disant qu'il les énervait ou se vengeant à leur guise sur le corps de son jumeau. Arashi Darkwood allait devoir faire très attention, ces prochains jours, car Akira savait à quoi tout cela ressemblait : à une mutinerie. Lui-même n'en avait jamais eu à endurer, mais dans le cas d'Arashi, vu qu'il était ministre, ça ne sentait pas vraiment bon. Qui savait ce qu'ils avaient déjà fait et qu'ils continueraient à faire ? Il se doutait qu'ils devaient être en train d'élaborer toute une machination pour discréditer son frère jumeau et...

Fate. Sa main caressait sa joue, lentement. Fate pourrait y faire quelque chose, elle. Fate n'était dans aucun camp à proprement parler, même si elle n'arrêtait pas de lui répéter qu'elle ne pourrait quitter celui des pro-Kiras. Fate pourrait aider Arashi sans que celui-ci ne s'en rende compte : car Hadès savait mieux que personne que le ministre de la justice était fier, au point de n'accepter aucune aide.

« Je ne suis pas idiot, Fate...je n'aurais pas d'avocat et pas de jugement. Ils vont me laisser ici jusqu'à ce que mort s'en suivre, et je n'ai aucune possibilité de m'échapper. Si il restait une taupe fiable, elle m'aurait fait sortir très vite, mais, vois-tu, la plupart d'entre elles obéissent à Mello. Et Mello ne veut que ma mort. »

Il savait qu'il y avait des caméras, ici, et que par conséquent, s'il y avait des caméras, il y avait forcément des micros : et alors ? Il s'en foutait. C'était Fate, c'était juste elle. Il se sentait prêt à lui faire confiance, même pour un court moment. Il se sentait usé et fatigué, il y avait juste Fate, Fate et ses rêves oniriques. Il caressait de ses doigts sales, encore et toujours, ces cheveux blonds et lisses. Il se demandait combien de fois dans la journée elle mettait du shampoing, quelles étaient les doses et si Fate, sa Fate, elle avait été de nouveau menacée par Yumi. Il se souvenait que Alpha l'avait assommée, de sa colère, après. C'était de sa faute, en plus, il n'avait pas su dire « non » assez tôt à la seule que l'on pouvait considérer comme sa chef.

Alpha, chef de la résistance toute entière ? Non. Alpha, c'était seulement un médiateur. Son rôle était de faire la paix, et non la guerre. Normalement, Alpha était pacifiste, elle n'avait rien à faire derrière les récentes explosions qu'on lui avait rapporté. Il devait tuer Alpha pendant qu'il le pouvait encore.

« Fate...Fate, je dois te parler sérieusement. Tu dois prévenir Arashi qu'il court sur une mutinerie. Il le sait sûrement déjà, mais ses gardes complotent contre lui. Il faut qu'il les vire et qu'il les remplace, avant de se faire tuer. Ma chérie, Fate, fais très attention...Alpha voudra sûrement te tuer et tu seras sûrement la cible de la résistance. Si tu peux la tuer, fais-le. Ne lui donne pas le temps de parler, elle est préparée à la torture. Exécute-la sauvagement...je sais que tu peux le faire. Ne la laisse pas te blesser... », dit-il de plus en plus bas, tandis qu'il parlait.

Il n'avait pas dormi depuis plusieurs jours et ses idées lui venaient de moins en moins facilement au cerveau. La présence de Fate était relaxante, apaisante, alors il ferma les yeux. Il ne se rendit même pas compte que, peut-être, une fois de plus, il avait trahi un important secret et avait parlé de Alpha comme de la femme qui l'avait frappé. Non, Hadès n'y pensait pas, Hadès était concentré sur la sécurité de Fate. Il marmonna encore une fois son prénom, les yeux clos, de violents frissons sur tout le corps. Ses lèvres étaient quasiment violettes et son poing serrait le bras de Fate, brûlant, pour lui. Hadès était clairement en hypothermie, et la présence de Fate lui donnait un joli radiateur humain sur lequel il s'était collé.


Join us !



Spoiler:
 

Revenir en haut Aller en bas
Fate Harlaown
Juliette sans Roméo
avatar
Messages : 809
Age : 19
Dim 28 Sep - 15:33
Il y avait les caméras. Il y avait les micros. Les sanctions, les menaces, la fin d'une carrière prometteuse. Et puis lui. Il y avait tant de choses dans cette cellule qui pouvaient lui porter préjudice et compliquer grandement ses plans d'avenir. Mais à cet instant précis, sa carrière comme ses convictions n'occupaient plus réellement son esprit. A ses yeux, il n'y avait plus qu'Hadès et sa capacité perpétuelle à s'attirer des ennuis. Elle aurait pu lui tourner le dos, lui rappeler qu'elle lui avait déjà laissé sa chance, s'enorgueillir de sa position ou encore l'abandonner au nom de toutes ses trahisons. Pourtant, elle en était tout simplement incapable.

Elle ne parlait plus. Elle ne faisait qu'écouter sa respiration en priant pour que le son continue d'emplir la pièce. Elle attendait patiemment que quelques pénibles paroles s'échappent de ses lèvres fermées en sachant pertinemment qu'elles ne lui transmettraient qu'un message pessimiste. Akira n'était pas idiot : il avait bien compris ce qui était en train de se passer. Pourquoi ne rejetait-il son éternel idéalisme que dans les moments où une petite lueur positive était la bienvenue ? Sa main continuait de caresser délicatement son visage, comme pour calmer les pleurs d'un enfant.

« Tais toi. Tais toi s'il te plaît. Où sont passées tes belles phrases utopistes ? Tes rêves de liberté où tu n'aurais plus à te cacher ? Je t'ai fait une promesse. Tu t'en sortiras. Je ferai le nécessaire. Arashi en fera de même. Tu ne mourras pas dans cette cellule minable. Je ne te mentirai jamais comme tu as déjà pu le faire. Tu sortiras d'ici. »

Fate ne savait plus trop ce qu'elle disait. Si conseil de discipline il y avait, elle se voyait mal s'expliquer au sujet de ses paroles. Mais elle était sûre qu'elle n'aurait pas à subir ce genre de procédure. Arashi. Arashi ne laisserait pas la situation s'embourber. Arashi ferait le nécessaire pour son frère. Maintenant qu'il avait parlé, il n'y avait aucune raison de le martyriser ainsi. Le problème ne venait pas d'Arashi, mais de ces hommes sans foi ni loi qui osaient se prétendre citoyens de Kira. Hadès était lucide : de sa place de prisonnier, il avait vu, compris et saisi le problème.

« Je m'occupe de tout ça. Ne panique pas, ne t'inquiète pas. Arashi est fier, mais il n'est pas fou : il se doute certainement de quelque chose. Ces hommes sont des brutes sanguinaires. Arashi n'est pas responsable, crois moi. Dès ce soir, tu n'auras plus à craindre leurs coups. »

Dans la voix de la jeune femme, on devinait la haine et le mépris pour ses hommes qui ne valaient sans doute pas mieux que les criminels qu'ils traquaient. Le régime de Kira était peut-être injuste sur certains points, mais d'aussi longtemps qu'elle s'en souvenait, la violence gratuite sur une personne dont on n'attendait rien ne faisait pas partie des préceptes du régime. Elle tenta de se remémorer rapidement le visage des deux gardes chargés de le surveiller et se promit de s'occuper de leur radiation le soir même.

Fate ferma les yeux quelques secondes, écoutant patiemment le prisonnier s'exprimer. La tendresse des mots qu'il lui adressait lui arracha un sourire : c'était peut-être la peur, le stress ou encore l'opportunisme qui le poussait à se comporter ainsi, mais elle ne pouvait s'empêcher d'apprécier un tel élan affectif. Pourtant, au fur et à mesure qu'il déblatérait des paroles confuses, les sourcils de Fate se froncèrent. Alpha ? Elle, une cible ? Cela faisait beaucoup d'informations d'un coup.

Elle n'avait parlé à personne de son enlèvement. Cela faisait une semaine que cette inconnue l'avait relâchée, et pourtant, la possibilité d'être prise en chasse par la résistance ne lui avait pas sauté aux yeux. Akira le protégeait. Elle en était convaincue. Jusqu'à il y a peu du moins... Cette femme... Il en parlait comme de quelqu'un qu'elle avait dû rencontrer. Alors elle se souvint de la voix étrangement artificielle de celle qui l'avait enlevé, elle se souvint du soudain rapprochement qu'elle avait établi entre son bourreau et cette Himiko qu'elle détestait tant. D'un geste, elle passa la main sur ces ecchymoses qui ornaient son flanc, souvenirs des quelques sévices que lui avaient fait subir les sous-fifres de cette inconnue. Et tout d'un coup, tout devenait clair. Cette femme qui l'avait enlevé et Himiko ne faisaient qu'une. C'était une mise en garde qu'Hadès venait de lui faire parvenir. On lui voulait du mal, et le mal viendrait sans doute de cette femme. Cependant, elle ne s'expliquait toujours pas pourquoi elle l'avait relâché. Cela n'avait décidément aucun sens.

« Quand tu seras sorti d'ici, en sécurité, nous aurons tout le temps de discuter de tout cela. Tu sais Akira, je n'ai jamais autant craint pour ma vie qu'à cet instant précis. Mais c'est toi qui a besoin d'aide. Je ferai le nécessaire pour me, pour nous protéger de cette folle. Continue d'espérer. Je ne suis pas seule, mais toi... Toi. Tu ne dois pas perdre espoir malgré tout. »

Fate restait étonnamment calme dans une situation qui, habituellement, l'aurait laissé dans un état extrême. Elle savait désormais qu'elle avait des raisons de craindre pour sa vie. Néanmoins, elle persistait à prendre sur elle. S'inquiéter, se lamenter, elle aurait tout le temps de le faire par le futur : d'abord il y avait Hadès qu'elle sentait à ses limites. Elle fut surprise par cette main glacée qui lui agrippa le poignet et lui arracha un sursaut. Étonnée, la jeune femme posa les yeux sur le visage de l'homme. Les yeux clos, les frissons, les lèvres colorées, le teint blafard. Elle se sentit soudainement si mal face à ce corps cadavérique.

« Un infirmier ! D'urgence ! » s'était-elle contentée de crier.

Frénétiquement, elle s'était mise à frotter ses bras gelés tout en attirant son corps frêle contre le sien avec l'espoir de lui transmettre ne serait-ce qu'un peu de chaleur. Elle défit rapidement sa veste et l'en couvrit. Puis, jusqu'à l'arrivée des secours, se borna à murmurer continuellement les mêmes mots insensés à son oreille :

« Ne me lâche pas. Ne me lâche surtout pas. »


Revenir en haut Aller en bas
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en hautPage 1 sur 1
Sujets similaires
-
» 05. What the hell are you waiting for.
» Waiting for the miracle to come - Prio Morpheus.
» Waiting for the Grand BAYAKOU
» Danticat: Yes, Haitians are tired, but they are not defeated
» Haitian Population: Sick and Tired but Still an Asset‏

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Death Note RPG : une nouvelle ère :: Tokyo - Zone RP :: Quartier d'affaires :: QG du gouvernement de Kira :: Les sous-sols-
Sauter vers: