Pitié et allégeance à toi, Kira ! La foule s'inclina en silence, respectueusement devant cette idole masquée et inconnue.
 
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Broken dreams of flyin' birds { pv Snaky

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Nathan S. Suzaku
Ministre de la Censure et de la Propagande
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Dim 4 Mai - 15:29
Nathan Suzaku était toujours moyen en se souvenant de l'étrange colis qu'il avait reçu, ce jour-là, au siège du gouvernement. Certes, il n'était pas le seul, mais il l'était à avoir été menacé par le criminel concerné auparavant. Lorsqu'il se regardait dans la garde, Nathan Suzaku voyait cette horrible cicatrice, trop sombre et trop malsaine sur sa joue. Il n'avait pas été immédiatement à l'hôpital, alors elle reste, souvenir de sa rencontre avec le Reaper. Parfois, il y pensait. Pas de nouvelles de ce qui avait été ce criminel terrifiant, alors il ne savait pas se comment se comporter. L'homme auquel Lady Illness devait faire face était stressé, sur les nerfs. Il avait recommencé à harceler ses employés, leur ordonnant de rester pendant des heures où ils n'étaient censés travailler. Fate Harlaown le haïssait et ses employés n'en pensaient pas moins. Dans un état mental inqualifiable, il passait ses journées prostré sur son bureau, à gratter des papiers et à taper des rapports à l'ordinateur. Il y passait plus de temps que normalement, devant prouver une énième fois sa fidélité à Kira.

Nathan Suzaku rangea vite ses affaires pour les ranger dans une petite sacoche. Il regarda autour de lui, remit les objets qu'il avait précédemment déplacés bien en place. Là, dans son portefeuille, il devait y avoir une photographie de la femme de sa vie. Il ne la laissait jamais au bureau car il ne voulait pas qu'on devine la vérité. Pour qui il craquait. Qui elle était en vérité, celle dont il avait dit qu'il la manipulait. La perspective de rentrer à la maison après une dure journée de travail était satisfaisante, mais aujourd'hui, Nathan comptait bien faire un détour avant cela. Il regarda sa montre pour voir s'il était ou non en retard, puis se leva du confortable fauteuil de ministre dans lequel il trônait.

« Dégagez ! »

Un groupe d'employés semblaient s'être agglomérés autour de la machine à café. D'un geste de la main et d'un court hurlement, il réussit à les renvoyer à leur travail. La main du ministre s'abattit sur la pauvre machine, avant qu'il ne mette quelques pièces et ne récupèrent le gobelet tant attendu. Le café semblait être le seul moyen de le faire tenir debout. Le ministre avait perdu du poids et l'envie de manger, depuis qu'il était soumis au stress...le café était la seule boisson qui lui permettait de rester ici et d'être opérationnel. Croisant cette attaché de presse aux cheveux roses dans le couloir, il lui fit brièvement signe de retourner vite dans son bureau, avant de prendre l'ascenseur et de partir de cet enfer sur terre.

Sa tête lui faisait un mal effroyable. Semblait être sur le poids d'exploser.

Il fallait qu'il tienne, qu'il arrive au bout. Il avait justement rendez-vous avec un homme. Un homme qui allait peut-être pouvoir régler tous ses problèmes. Suzaku se pressait car il n'aimait pas être en retard et d'ailleurs, sortant du building, il emprunta un taxi. Il l'avait contacté par mail car un « ami » lui avait parlé de lui. Le ministre de la censure n'était pas du genre à contacter un homme de main, mais cette fois-ci, il n'avait plus le choix : lorsque la vie de Illness était menacée, et c'était le cas, il était capable de tout mettre en œuvre.

Arrivée dans ce qui ressemblait à un bar. À 18 h, ceux-là n'étaient pas fermés, et vu le temps, ils avaient même beaucoup de succès. Suzaku, de cet air toujours très coincé et méchant, demanda la salle qu'il avait réservée et qu'on lui serve deux cafés dans la foulée. Et vite. Il avait rapidement fini celui qui était dans le gobelet et il sentait déjà un coup de mou qui menaçait de le prendre. 18 h 10. Quelqu'un entra.

« En retard. Vous êtes en retard. »





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Dim 4 Mai - 17:03
Crazy Snake avait un « rendez-vous » important, ce jour-là.

« Important », c'était relatif pour lui. Il ne savait pas exactement avec qui, il savait juste que c'était pour « le boulot ». Un de ses « contacts » avait donné ses coordonnées à un parfait inconnu, prétextant au borgne qu'il serait bien payé, et qu'il pourrait — éventuellement — faire exploser un truc. On ne lui avait pas précisé quoi, si c'était un bâtiment, une voiture, un pont... il ne s'imaginait pas encore ce qu'attendait la personne ayant besoin de ses services. Malgré tout, il était plutôt de mauvaise humeur ; la vie japonaise l'agaçait de plus en plus. Il avait le mal du pays, et il ne parvenait pas à rentrer dans le moule. Les Japonais étaient soumis à des traditions qu'il trouvait débiles, et auxquelles il ne s'habituait pas.

Quand il travaillait au restaurant, par exemple, il se faisait régulièrement réprimander par le gérant, parce qu'il appelait sa fille par son prénom, et qu'il était hors de question qu'un type comme lui, avec un air de voyou aussi prononcé se montre aussi proche de sa progéniture. Ce n’était pas de faute s'il ne retenait pas leurs noms à rallonge, et tous ces machins qu'il devait rajouter à la fin ! Misaki, c'était simple à retenir, il ne voyait pas pourquoi il perdrait son temps à essayer de se souvenir du reste. Malgré tout, sans que Crazy n'arrive à comprendre pourquoi, le père de Misaki continuait à l'obliger d'aller chercher sa fille à son lycée. Et il se demandait encore pourquoi il obéissait, peut-être parce qu'il devait protéger une femme ? Mouais... il n’était même pas certain qu'elle eut des poils.

De plus, Crazy Snake devait se taper les vingt minutes de marche qui le séparait du restaurant, à l'école. Sentir la horde noire de Japonais l'observer, comme s'il était un monstre exposé dans un cirque. Les mains dans les poches, l'homme grognait dès que son regard croisait celui des autres. Sa mauvaise humeur s'intensifiait ; ça faisait un moment qu'il n'avait rien fait de marrant. Depuis son arrivée au Japon, il s'était montré étonnamment calme ; il n'avait pas pu organiser une ou deux explosions, mais pas plus. À force, il se demandait s'il n'allait pas rouiller. Il peinait à trouver de « bons lieux » à faire sauter, pourtant ce n'était pas la population qui manquait. Le Chaos lui manquait terriblement, ça le rendait triste.

Sur le chemin de l'école, Crazy Snake s'alluma une cigarette. L'odeur de tabac l'apaisait, mais ce n'était pas suffisant. Apercevant le lycée, il mordit sa langue en imaginant qu'un jour, il le ferait exploser ; plus de Misaki à aller chercher, et à lui faire la gueule pour raison ou une autre. Il n'avait pas l'heure, mais il se doutait qu'il était un peu en avance. Son patron lui avait hurlé de se dépêcher, que s'il apprenait qu'à cause de lui, sa tendre et chère petite fille soit violée (ou ce genre de trucs), il le tuerait. Il chercha du regard l'adolescente, sans pour autant la trouver. En fait, il songeait que les Japonaises se ressemblaient toutes, et qu'il était bien incapable de discerner Misaki parmi la masse de jeunes filles en uniforme.

Finalement, Crazy Snake l'aperçut, elle était en train de discuter avec des amies — et donc de le retarder —. L'une d'elle le pointa du doigt, prévenant Misaki qu'il était là, à l'attendre. En soupirant, elle les quitta, et avança d'un pas traînant vers lui.


« Tu sais, tu n'es pas obligé de faire peur à tout le monde. Lâcha-t-elle.
— Hum... »

Faire peur à un groupe de gamines était le dernier de ses soucis. Sans prendre son sac, sans même lui demander si sa journée s'était bien passée, Crazy Snake reprit la marche. Fumant toujours, il ne tenta pas de briser le silence qu'il y avait entre Misaki et lui. Il sentait qu'elle ne l'aimait pas, il n'avait pas non plus envie que ça change.

« Et puis, arrête de me regarder avec autant d'insistance quand tu arrives. On m'a encore demandé si tu étais mon copain. À cause de toi, je vais me coller une mauvaise réputation. On va croire que je sors avec un voyou, en plus d'un étranger...
— Hum... »

En fait, Crazy Snake s'était arrêté à « arrête de me regarder », il ne l'écoutait plus. Il s'interrogeait sur l'homme qui voulait le voir, excité à l'idée de pouvoir recommencer. Il avait hâte que cette journée se termine. Misaki lui parlait toujours, lui faisant un tas de reproches sur sa conduite, la manière qu'il avait de s'habiller, ses cheveux longs, etc...


« Vraiment... je veux rester une jeune femme respectable...
— Dans ton cas, je parlerais pas de femme. T'es encore une môme.
— Quoi ? Mais j'ai 15 ans ! Tu sais... bientôt j'aurais un copain, et...
— Ouais, il serait temps que tu perdes ton pucelage. »

Misaki lui lança un regard outré, mais au moins, elle la ferma pour de bon.

Alors quand Crazy Snake arriva à son rendez-vous, il n'avait aucune idée de l'heure. Ce n'était pas son genre de se soucier de ça ; il faisait uniquement attention à l'heure, quand il décidait de faire sauter une école à midi pile. Il n'avait pas pu se renseigner sur le bonhomme qu'il devait voir, il avait juste retenu qu'il n'avait pas un prénom très japonais. Au moins, ça lui faciliterait la tâche. Quand il entra dans le bar, la cigarette encore dans le bec, il chercha du regard à quoi pourrait ressembler le type. D'abord, Crazy Snake songea qu'il ne devait pas être très typé japonais, mais il ne trouva pas quelqu'un avec un physique aussi... original que le sien. Ce fut une voix qui l'interpella, visiblement, son rendez-vous savait à quoi le roux pouvait ressembler. Crazy le fixa, un air surpris sur la tronche, sa tête lui disait vaguement quelque chose, mais il n'arrivait pas à mettre le doigt sur quoi.

« Monsieur, nous sommes dans un lieu non-fumeurs. »

Crazy fronça les sourcils, il abandonna sa cigarette dans la rue, puis il entra. On lui offrit un merveilleux regard méprisant, auquel il répondit par un rictus provocateur. Il arriva devant Nathan qu'il dévisagea sans s'asseoir, puis il se tourna vers un homme lisant un journal. Son oeil examina la photo sur le journal, puis l'homme lui faisant face. Puis, il lâcha :

« Vous êtes... Su... Suzaku, le ministre de... de quoi déjà ? Ha... ouais, en fait, vous me voulez quoi ? »


Parce que Crazy Snake n'arrivait pas à comprendre que ce que Suzaku pouvait bien lui vouloir, à moins que ce fût un piège qu'il ne voyait pas ?



« J'en étais où ? Ah oui... Le Chaos... ! »
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Nathan S. Suzaku
Ministre de la Censure et de la Propagande
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Mer 7 Mai - 23:01
Nathan Suzaku jeta un coup d'œil furibond au serveur. Il voulait un café, non, deux, et plus vite que ça ! Il n'aimait pas qu'on le fasse attendre, que le monde ralentisse et si il pouvait faire quelque chose, ce serait prendre le boulot du patron, pour engueuler à souhait tous les employés de ce café.

La porte n'était pas fermée : il avait fait réserver cette salle pour parler tranquille avec cette personne qui arrivait et la porte n'était pas fermée. Le regard en colère tomba, cette fois-ci, à l'intention de ce grand homme roux, cheveux longs qui était entré. Il avait poursuivi sa route sans se rendre compte qu'il y avait une porte entre la pièce et l'autre, mais son air paumé suffit de le convaincre qu'il était l'homme qu'il attendait. Suzaku fit une petite grimace : il était ce genre d'homme qui se fiait aux apparences, et pour le moment, tout ce qu'il voyait, c'était un rouquin aux cheveux longs, un œil en moins. S'il n'avait pas su que Hadès était le frère jumeau d'un de ses collègues et surtout qu'il était emprisonné en ce moment, s'il s'était fié au portrait robot diffusé par les journaux, Nathan Suzaku aurait immédiatement appelé ses collègues policiers, affolé. Un enlèvement lui avait suffi pour être prudent.

« La porte. Fermez la porte. C'est petit ici, les rumeurs vont vite. »

Il lança un regard en biais à l'homme qui tenait le journal, lui étant presque dos à ladite porte. Crazy Snake ne la fermant pas assez vite à son goût, Nathan se leva brusquement et la claqua. Il était excédé, impatient. La chasse au Chat qu'il livrait depuis plusieurs mois déjà s'était avérée infructueuse, malgré le portrait robot placardé à tous les murs de la ville...il y avait bien eu ces quelques adolescents qui avaient prétendus avoir tabassé un type qui lui ressemblait comme deux gouttes d'eau, mais il paraissait peu probable à Suzaku que celui qui était considéré comme le meilleur hacker de tous les temps, Le Chat du Cheshire – ou Matt pour les intimes – soit sorti de sa cachette comme cela. Et si cela n'était pas suffisant, un mouvement de la résistance s'était motivé pour couvrir ces affiches et les remplacer par des « Wanted » de lui...L'anonymat n'était plus possible.

« Nathan Seito Suzaku. Je suis ministre de la censure et de la propagande. Vous êtes ? On m'a conseillé de faire appel à vous pour une chasse...je me fiche de vos méthodes, je le veux juste mort. Comment ne fait pas de différence. C'est un criminel connu sous le pseudonyme du Reaper. Il fait partie du top des criminels réalisé par le Cavalier Noir...vous devez connaître...tuez-le et je vous paierai. »

Il n'avait que faire de sa luxueuse somme d'argent obtenue tous les mois. Depuis des années, il accumulait sans trop savoir quoi faire ; là, seulement, maintenant qu'il avait Illness, ils commençaient petit à petit à prendre soin l'un de l'autre et lui à être de plus en plus coquet. Maintenant qu'il l'avait, il voulait être beau pour elle, ...et n'oublions pas non plus qu'il lui avait confié sa carte bleue pour « qu'elle remeuble son appartement gris et triste. »

« Un prix ? »

Tous les êtres humains s'en prenant à ses proches méritaient la mort. Tous ceux menaçant ceux qu'il aimait – l'occurrence Illness – méritaient pire que cela. Même s'il ne connaissait pas son existence, en osant dire qu'il lui appartenait, Reaper avait déclenché une bombe sans même le savoir. Nathan pouvait être terrible, quand il le pouvait. Un joueur d'échecs sans sentiments et au coup fatal. Le serveur les interrompit un moment pour poser le café face à Nathan, puis, s'en alla, fermant convenablement la porte.

Très bien.

L'interdiction de fumer était de mise, hein ? Tant pis. Nathan s'en alluma une...dieu ce que cela pouvait le calmer. Il souffla la fumée vers l'étranger.






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Jeu 8 Mai - 0:14
Ouah... Nathan donna une impression fatale au borgne. Crazy Snake ne pensait pas avoir déjà vu quelqu'un d'aussi anxieux. Même lorsqu'il avait travaillé pour Maria — penser à elle lui était douloureux —, il n'avait jamais discerné autant de stress. Pourtant, Maria avait eu plus de raisons de se montrer paranoïaque. Après tout, c'était grâce à elle qu'il ne vivait qu'avec un oeil, aujourd'hui. Quand Nathan le fixa, et lui cracha de fermer la porte ; Crazy ne bougea pas. Son esprit s'était bloqué sur le fait que celui qu'il avait en face de lui était ministre, un ministre de Kira. Un ennemi lui demandait de l'aide pour quelque chose. La situation était drôle, vraiment. Néanmoins, elle n'apparaissait pas ainsi pour Nathan.

Celui-ci ferma la porte, ce qui fit sursauter Crazy. Ouah... — encore — , Nathan ressemblait à une bombe humaine, la moindre contrariété allait finir par le faire éclater. Il ne serait pas surpris, s'il le voyait cracher du sang à cause d'un ulcère, là, tout de suite. Si ça... c'était pas un frustré sexuel ! Immobile, le dos légèrement courbé, l'homme dévisageait le ministre sans aucun détour. Plus les secondes défilaient, plus il trouvait « ça » bizarre. Leur rencontre. Ils étaient l'exact opposé : que ce fut dans leurs physiques et dans leurs caractères. Ses cheveux et ses yeux étaient aussi ternes qu'il était roux, pourvu d'un seul oeil vif. Nathan était pressé, lui, il avalait doucement la surprise. Il vivait quelque chose de surréaliste.


« Euh... »

Nathan lui donna beaucoup d'informations, si bien que Crazy Snake n'écouta que le début ; il se perdit vite en chemin. Toujours pas assis, il observait le ministre sans décrocher un mot. Il lui fallut une bonne minute pour se répéter ce que le ministre attendait de lui, le Cavalier Noir ? Le Reaper ? Ça voulait dire quoi ? Il fronça les sourcils. Nathan l'engageait pour tuer quelqu'un ? Hein ? Ça voulait dire... qu'il devrait pointer une arme sur une personne, l'abattre, comme un vulgaire animal ? Mais... ce n'était pas son truc.

« J'suis pas tueur à gage, M'sieur... »

Crazy Snake se rendit compte plus tard qu'il aurait dû la fermer. Après tout, il avait face à lui un serviteur de Kira. S'il dévoilait qu'il avait sur le dos plusieurs centaines de morts, il finirait sans doute en prison. Crazy Snake se moquait de crever, mais ça l'embêterait : il devait tuer Kira avant ça. Et à choisir, le borgne préférait mourir dans un bel incendie, ayant pour seule compagnie la chaleur des flammes. Ah... mais Nathan avait spécifié qu'il se moquait de la méthode. Frottant son visage, Crazy Snake finit par s'asseoir, ou plutôt il s'affala comme un adolescent sur le point d'affronter le directeur de son école. Son sourcil toujours haussé, il continuait de fixer Nathan sans saisir toute l'importance de sa requête. Un frisson parcourra son dos, lorsque le ministre s'alluma une cigarette, ah ouais... c'était ça les privilégiés ? De quoi le foutre en rogne !

« Euh... »

Crazy Snake se mit alors à regarder le café, songeant à ce que voulait le ministre. En fait, la situation devenait de plus en plus absurde. Une personne haut placée, liée à Kira, et au gouvernement lui donnait le droit de faire un attentat ! Ça ne serait pas si grave, si Crazy Snake tuait en plus une dizaine de personnes ? Caressant sa joue, il imaginait déjà : expérimenter une bombe humaine, laisser la foule se faire bouffer par la peur, jouer avec leurs nerfs, et finalement faire voler leurs entrailles en éclats ! Sans s'en rendre compte, Crazy Snake souriait. Son rictus devenait de plus en plus grand, au fur et à mesure il fantasmait le Chaos. Haha... il souffla du nez.

« Le Cavalier Noir ? Bah... je sais pas, je lis peu la presse. »

Pour être honnête, Crazy avait entendu parler du Cavalier Noir une seule fois, et c'était par Misaki.  Elle avait débattu avec ses amies sur les criminels classés en catégorie S, mentionnant Jack l'Éventreur. Il n'avait retenu que celui-ci pour des raisons évidentes. Il lécha sa lèvre inférieure, relevant le menton, pensif. Son index caressait sa mâchoire.


« The... Reaper ? C'est le mec qui empaille ses victimes ? »

Ouais... bon, hein. Ce n'était pas de sa faute s'il confondait les surnoms, c'était pas comme si on faisait régulièrement des paris sur les criminels repertoriés dans le Cavalier Noir. Il savait aussi qu'il y figurait, mais n'ayant pas eu ça sous l’œil, il ne comprenait pas l'ampleur du classement. Ça voulait dire qu'il devrait attraper un gros oiseau, et lui couper les ailes.

« Un prix... ça dépend, qu'est-ce que vous seriez prêt à payer ? »

Cette partie était celle qui l'intéressait moins, l'argent n'étant qu'une excuse. Mais autant profiter du Ministre, non ? Même si là, il n'avait pas de véritables idées.


« J'en étais où ? Ah oui... Le Chaos... ! »
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Nathan S. Suzaku
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Dim 11 Mai - 0:45
Il n'était pas tueur à gages : ha. Ha, très bien. Tant pis alors, tant mieux. Il n'était jamais trop tard pour innover, et Nathan savait qu'avec un peu d'argent, ces petits malfrats des bas-fonds auraient fait n'importe quoi.

La cigarette. Fumer lui faisait un bien fou, il ne savait pas pourquoi...ça le déstressait. Il ne se permettait pas de fumer quand Illness était présente et faisait attention à ce que ses vêtements ne sentent leur odeur. Il y tenait et ne savait même pas trop pourquoi. C'était juste un procédé méticuleux comme un autre. Il tendit le paquet de cigarette vers Snake : même s'il était particulièrement aigri, il n'avait pas de raisons valable pour être radin. C'étaient juste des cigarettes et puis lui était ministre : s'il faisait appliquer mot pour mot les lois en cours, il en déviait certaines avec une étonnante facilité.

Il reprit l'exemplaire du Cavalier Noir pour le replacer devant lui. Il écoutait, presque sagement, les propos du Snake. Il ne savait pas du tout qui il était, mais il était prêt à payer cher pour se débarrasser du Reaper. Il empaillait ses victimes ? Suzaku eut un instant de réflexion, avant de se dire qu'il ne lui semblait pas que ce soit ça. Reaper découpait ses victimes et lui envoyait les restes, mais d'après ses souvenirs, il ne les empaillait pas. Non...cela, c'était plutôt l’œuvre d'un sordide criminel, un de ceux qui lui faisaient faire des cauchemars mais dont on n'avait toujours pas retrouvé l'identité...Absolem. Qui avait nommé ce criminel Absolem ? Le Cavalier Noir, ou lui-même ? Si ses souvenirs étaient bon, Absolem, c'était cette fameuse chenille qui fumait la pipe, dans Alice au pays des merveilles. Un espèce de délire bizarre qui était censé guider les héros au travers leur voyage...Suzaku ne comprenait pas non plus, et détestait, l'œuvre de Caroll. Il la jugeait illogique, contradictoire, comme la plupart des choses en ce bas monde.

« Absolem. C'est Absolem qui empaille. Reaper découpe. Un colis envoyé à mon attention m'a fait m'en souvenir. »

En fin de compte, il aurait pu l'envoyer tuer Absolem également, mais le Cavalier Noir devait déjà lui envoyer suffisamment de tueurs sur la tête comme cela. Si une de ces personnes avaient découvert qui il était, cela se serait su. Le ministre de la censure roula des yeux : il n'aimait pas non plus trop faire des actions caritatives, alors il était tout simplement hors de question de demander un double tarif...il s'en tiendrait donc seulement à Reaper. Combien allait-il le payer ? C'était une bonne question et il n'y avait pas vraiment pensé. Il était venu avec l'idée très précise de le payer « autant qu'il le voudrait ». Nathan n'avait pas vraiment d'idées sur l'exacte somme d'argent présente sur son compte bancaire, mais il ne semblait pas avoir de fond.

« Combien ? À partir de 1 000 Kilars. Vous pouvez monter le contrat, j'ai assez pour vous payer le double ou le triple. Cependant, je vous rappelle tout de même qu'il s'agit d'un homme dangereux. Sa tête a été mise à prix par Kira, et de ce fait, vous entreriez dans ses bonnes grâces. Je vous demanderai cependant un minimum de discrétion, à savoir que vous ne devez parler de notre rencontre à personne, même à un fonctionnaire. Tout ceci doit rester confidentiel, pour le bien-être de tout le monde...avez-vous compris ? »

Suzaku écrasait négligemment le bout de la cigarette sur la table, laissant une traînée noire, la ralluma à chaque fois qu'il la remettait en bouche. Le goût était dégueulasse, immonde, mais il faisait ça par habitude. Il était particulièrement stressé, ces derniers temps, et avoir des manies était une de ses manières de le détendre.  

« J'ai besoin de votre nom et votre prénom. Pour établir le contrat. C'est une formalité. Ha...et vous devriez lire le Cavalier Noir. Ils publient des choses intéressantes sur les criminels...et beaucoup d'autres affaires, même si leur ligne éditoriale du moment est plus que discutable. La précédente rédactrice en chef était plus douée que l'actuelle qui ne se trouve être qu'une petite gamine hargneuse. »

Chassez le naturel, il revient au galop.





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Dim 11 Mai - 11:31
Quand Nathan présenta à Crazy Snake son paquet de cigarettes, le borgne l'observa avec défiance, avant d'en prendre une — pourquoi se priver ? Il l'alluma, mais dès l'odeur, il sut qu'il n'allait pas en apprécier le goût. D'abord, il grimaça, puis il se mit à tousser bruyamment. Il frappa sa poitrine, une fois, deux fois, avant de pouvoir se calmer. Il prit une grande inspiration, une larme à l'oeil qu'il essuya du revers de la main. Crazy Snake ne fumait qu'un certain type de cigarette, en général les plus fortes possible. Les autres... lui paraissaient fades, comme celles-ci, au point où son corps ne le supportait pas très bien. Ce n'était pas avec ça que Nathan allait choper un cancer ! Songea-t-il avec cynisme. Pour le moment, Crazy Snake ressentait une simple indifférence pour le ministre ; il avait pourtant de bonnes raisons de le détester. Après tout, il travaillait pour Kira, mais... il ne lui avait personnellement rien fait. Pas encore. La situation était ironique ; rien d'autre.

Le borgne s'appliquait pour écouter Nathan, il faisait un véritable effort pour lutter contre son cerveau défectueux, qui avait tendance à lâcher dans les moments importants. Nathan lui confirma qu'il s'était trompé de personne, il haussa les épaules. De toute façon, il s'agissait quand même d'un malade, non ? Il soupira. Ce travail n'allait pas être simple. Les coudes sur les tables, le menton enfoncé dans sa main droite, il ne décrochait pas son regard de Nathan, notant toutes ses expressions, tous ses gestes. Il était vraiment bizarre, comme lui, mais le ministre faisait partie d'un autre genre de bizarrerie. Il avait la sensation que s'il ne bougeait pas un membre de son corps pour une raison ou une autre, il finisse par exploser, ou se mettre à pleurer. Haussant un sourcil, Crazy Snake songea que derrière ce visage impassible, l'homme face à lui devait être quelqu'un de fragile. Un rapide rictus apparut sur ses lèvres, il disparut presque aussitôt.


« Un homme charmant. »

Avait-il lâché après avoir écouté les petites surprises que Reaper avait réservées au ministre. Honnêtement, Crazy Snake ne savait pas comment il aurait réagi à sa place ; en fait, ça l'aurait embêté, car il n'aurait eu aucune idée de quoi faire des organes envoyés par colis. Il les aurait jetés à la poubelle, sans penser à les remettre à la police, ce n'était pas son genre de raisonner. Il inspira une profonde bouffée de cigarette, la situation commençait à l'amuser. Il peinait à cacher son excitation, il souriait, puis tirait la tronche, changeant d'attitude dès qu'il changeait d'humeur. Crazy Snake avait conscience que ce serait difficile d'attraper et d'exécuter un malade qui aimait faire de ses victimes du haché parmentier.

En avait-il peur ? Pas vraiment. Depuis qu'un homme lui avait enfoncé un couteau dans l'oeil droit, Crazy Snake n'avait plus peur. Elle s'en était allée en même temps que sa raison. Nathan exigeait son aide — lui, criminel et terroriste, pour abattre un autre criminel. Crazy serait sans doute l'un des premiers malades à entrer dans les bonnes grâces de Kira. Ce qui l'arrangeait, et l'écoeurait ; il pourrait se rapprocher, et le buter, un de ces quatre.


« Trois milles... je veux trois milles Kilars... et... hum... un rendez-vous avec votre collègue... Fate Harlaown. »

Curieusement, Crazy Snake connaissait plus le visage de la jeune femme que celui du ministre. Priorité masculine, sans doute. Néanmoins, cette requête n'était qu'une plaisanterie, et un test. Caressant son cou, levant légèrement le menton, il réfléchissait sur la façon de procéder. Quand Nathan mentionna la nouvelle directrice du Cavalier Noir, il se contenta de lâcher :

« Ha les gosses... vous savez, faut aller parfois dans leur sens. »

The Reaper... hein ? Un taré qui aimait découper ses victimes, survivrait-il à sa rencontre ? Crazy Snake pouvait se battre ; Maria lui avait enseigné tout un tas de choses pour qu'il puisse se protéger, et la protéger elle. Mais voilà... il était asthmatique. Si ça durait trop longtemps... il s'effondrerait de lui-même, épuisé, prêt à cracher ses poumons, avec ce son abominable dans les oreilles. Et là... l'autre taré n'aurait qu'à faire une seule bouchée de lui. Seulement, Crazy n'était pas le genre de personne à accepter facilement la défaite, s'il s'agissait de survivre, il trouverait une solution.

Non, le véritable problème était qu'il devait chasser un type probablement plus intelligent que lui. Le borgne n'était pas sain, loin de là, mais il ne raisonnait pas de la même façon que les psychopathes comme Absolem, ou The Reaper. Il ne suivait pas un schéma précis, il ne pensait pas aux conséquences, et ne calculait pas ses plans sur des générations. Il agissait sous l'émotion, c'était comme ça qu'il avait fait exploser « l'amant » de Maria. Il avait été jaloux, alors il l'avait éliminé. C'était peut-être ça qui le sauverait, ses actes totalement irréfléchis, son cerveau incapable de raisonner. Il ne répondait pas à une logique précise, et ne cherchait pas à justifier ça derrière des excuses, comme « je me suis fait violer par mon grand-père/mon oncle/ma mère/mon frère, donc j'ai le droit de tuer des gens, car je suis un petit garçon triste, aimez-moi. »


« S'il vous a envoyé quelques surprises, c'parce qu'il vous en veut pour quelque chose ? »

C'était ce que Crazy Snake avait fini par déduire, après deux minutes de réflexions. S'il faisait appel à ses services, c'était que Nathan avait un compte personnel à régler avec The Reaper, non ? Sans salir ses mains, bien évidemment.

« Je suis Daniel Owell, je travaille dans un petit restaurant situé dans Shinjuku, tenu par la famille Nakayama. »

Heureusement pour lui, le borgne s'était souvenu à temps que le ministre voulait son identité. Il l'avait un peu oublié, la question s'était perdue dans le flot de réflexions qui avait jailli. Il croisa les bras, fixant Nathan avec intensité.


« J'en étais où ? Ah oui... Le Chaos... ! »
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Nathan S. Suzaku
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Dim 18 Mai - 21:11
Nathan tapa ses doigts sur la table : il n'était pas patient, il voulait du secours. De l'aide pour Illness, faire en sorte que sa moitié soit protégée. Il poussa un grand soupir, un peu étonné en voyant la réaction qu'avant Snake avec ces cigarettes...il fallait dire qu'il ne les prenait pas très fortes, mais il ne pensait pas que quelqu'un réagirait comme cela. Il serra les dents, se décidant finalement à lui lancer un regard assez froid. Il n'aimait pas qu'on fasse des démonstrations de faiblesses devant lui...ni de sentiments, d'ailleurs. Ce que lui pouvait faire le concernait : recracher son poisson lorsqu'il n'était pas assez cuit, par exemple, en plein restaurant.

Un homme charmant ? Il ne trouvait pas, lui. Reaper était tout ce qui existait de pire dans ce monde, et c'était ce pourquoi il s'était allié à Kira. Nathan avait un peu de mal avec le second degré et prenait encore une fois tout à la lettre. Snake put d'ailleurs constater qu'il était à ce moment en train de grimacer d'une manière assez vulgaire...le criminel n'avait pas à discuter de ses méthodes de travail. Ni de Reaper. Une brusque envie de le frapper le prit, mais il se souvint de la discussion qu'il avait eue avec Illness, il n'y avait quelques temps...il ne devait pas réagir précipitamment lorsqu'on lui disait quelque chose, pour leur propre bien. Parfois, il savait qu'il comprenait quelque chose qui pouvait s'avérer être son contraire. Il soufflait, au lieu de prendre la mouche, et tenta de se relaxer. Pensa au visage de Lady Illness si prêt du sien...cela marchait.

Le deal semblait être correct : 3 000 kilars...il aurait même plus proposer plus que Nathan aurait accepté. Le ministre n'avait pas vraiment le sens des valeurs et, surtout, il aurait été capable de faire tout et n'importe quoi pour Illness. Lui qui ne faisait pas vraiment attention à où il foutait son argent, ça ne lui importait que très peu de devoir claquer la moitié d'un salaire de un mois pour ce criminel. Quant au rendez-vous avec Fate Harlaown...cela s'annonçait un tout petit plus difficile. Il s'était embrouillé avec le capitaine et il était loin de pouvoir arranger un quelconque rendez-vous avec sa personne. En revanche, donner son adresse mail...C'était parfaitement possible : rien ne certifiait qu'il devait arranger une rencontre physique.

« ...Arrêtez tout d'abord de lui porter de l'estime. Je vois bien que vous le faites avec vos ridicules « oh mon dieuuu, un homme charmant ! » Bordel. Cet homme est un criminel, je vous demande de le tuer, ni plus ni moins. Je ne lui ai rien fait mais il semble avoir pris la décision de m'espionner et de me blesser. Ce n'est rien de plus qu'un malade mental et sa place est au cimetière ou à l'asile. Sur ce point, je rejoins Kira et je ferai tout pour que sa sanction divine soit appliquée. »

Vous preniez Nathan Suzaku pour qui ? Pour un gentil petit fonctionnaire autiste qui se contentait de travailler et d'appliquer les ordres ? Il n'empêche que pour obtenir un poste de haut-gradé sous le régime de Light Yagami, il fallait bien adhérer un minimum au concept. Kira dirigeait le monde, Kira était tout et, si Illness n'était pas là, il ferait sans doute tout pour le satisfaire. Que Illness lui dise qu'elle le détestait et il ne savait pas comme il réagirait...même avec elle.

« Owel, donc. C'est d'accord pour les 3 000 kilars. Je ferai faire une enquête sur vous et vos fréquentations...comprenez que c'est pour ma sécurité et celle de mes proches. Une fois votre mission accomplie, vous recevrez 3 000 kilars de plus, pour votre silence. Si alors il vous vient l'idée d'aborder ce serait-ce que par voie détournée cette conversation et de dévoiler aux journalistes son contenu, vous pouvez être sûr que votre casier judiciaire se verra remplir d'immondices et vous aurez tous les flics de ce gouvernement à vos trousses...c'est compris ? Quant à cette femme...je ne peux pas vous mettre en relation, mais je vais vous donner son adresse mail personnelle. »

Prenant un bout de papier de sa page, il s'appliquait à écrire l'adresse de Fate Harlaown directement dessus.

« Ceci-dit, les rumeurs colportent qu'elle est ridiculement tombé amoureuse du chef résistant Hadès. Faites vite si vous voulez avoir une chance. »

Les humains, les humains : ils étaient si pathétiques et ridicules.

« C'est tout ? Vous avez autre chose à dire ? Je n'ai pas que cela à faire. »





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Lun 19 Mai - 20:38
« Hein ? »

Crazy Snake se demanda à quel moment — exactement — il avait porté de l'estime à Reaper. Ses deux sourcils se haussèrent, son visage se crispa dans une grimace absurde, voici ce qu'était l'expression de surprise du borgne. Il passa une bonne minute à tenter de comprendre le ministre, hein ? C'était tout ce que son cerveau parvenait à émettre : hein ? Hein ? Hein ? Quand avait-il dit... ? Il fallut donc un certain temps pour qu'il puisse traiter l'information ; une fois qu'elle fut aussi claire que de l'eau roche, Crazy Snake se rendit compte que Nathan n'avait aucun sens de l'ironie. Surprenant pour un homme politique, même lui qui avait autant d'éducation qu'un gamin de Malaisie savait sentir l'ironie. Il ne répondit pas, incapable de calmer son étonnement.

De plus, l'imitation de Nathan : « oh mon diiiiiieu, un homme charmant ! » ne concordait pas avec son blasé « un homme charmant ». Depuis quand Crazy Snake prenait-il une voix suraiguë pour exprimer son adoration ? S'il avait été un éphèbe blond aux yeux verts, sans doute, s'il avait eu un semblant de sens éthique, peut-être... mais ça se passerait dans un autre monde, dans une autre ville, et dans un autre contexte. Si Crazy Snake avait été capable de porter de l'estime, c'était uniquement pour les femmes, et ça avait été le cas, pour une femme en particulier. Sacrément bonne, sacrément plus vieille que lui, aussi. Il soupira, sans chercher à argumenter afin de prouver à Nathan qu'il se moquait du Reaper. Celui-ci aurait été l'homme le plus séduisant, et le plus intelligent de l'univers, il s'en moquait autant que de son premier face à face avec sa main droite.

En tout cas, l'existence de Reaper paraissait angoisser Nathan, autant que la mort elle-même. En réalité, le ministre semblait considérer ce tueur en série comme une véritable abomination de la nature ; il n'avait sans doute pas tort. Mais si Reaper était une abomination, lui, Crazy Snake devait être une erreur. Chacun son fardeau.


Le borgne n'avait jamais rencontré de personnes aussi stressées que ce type-là. Il parlait encore beaucoup, en usant des mots de plus de trois syllabes, ce qui était une véritable épreuve pour lui. Heureusement, Crasy s'efforça de l'écouter, au moins pour savoir qu'il perdrait plus que sa langue, s'il dévoilait leur rencontre. Il serra les dents en plissant l'oeil, arf... ça serait difficile à se souvenir, ça. Sans même le vouloir, il était capable de le dire, de quoi lui offrir un beau séjour en taule pour cause de distraction. Déjà qu'il peinait à retrouver le chemin de son appartement... rien que d'y penser, ça le faisait chier par anticipation. Dans tous les cas, si Nathan cherchait à connaître son entourage, il tomberait sur peu d'information ; la vie de Crazy Snake se résumait — pour le moment — à travailler dans un restaurant minable, à aller chercher la fille de son patron au lycée, et parfois à une ou deux histoires amoureuses qui finissaient dans la semaine. Parfois même le lendemain. Ça dépendait des plus acharnées.

« Haha... alors elle est capable de tomber amoureuse ? »

C'était ce qu'il avait lancé à propos de Fate, sur un ton moqueur, et étonné. Il rangea le papier dans la poche de sa veste, en songeant que c'était dommage qu'il ne puisse soutirer que ça, mais que Nathan lui avait donné ce qu'il avait demandé, quand bien même ce fut absurde. C'était ce genre d'homme ? Amusant à savoir pour l'avenir, si une idée incroyable perçait les remparts de sa cervelle moisie.

« J'crois que c'est tout, si par contre vous avez plus d'information sur le bonhomme, je ne refuserai pas. Il ressemblait à quoi ? Par exemple ? »

Bon... Crazy Snake ignorait que sa question était plus que stupide. Néanmoins, la moindre chose serait déjà pas mal. C'était difficile d'attraper un fantôme, dont la seule caractéristique était d'être un taré en puissance. Malgré tout, les fous couraient les rues à Tokyo. Il en était l'exemple. Nathan aussi, selon lui. Crazy Snake ne savait pas s'il préférait dîner en compagnie du ministre, plutôt que de devoir établir un dialogue avec un psychopathe dont le passe-temps favori était de découper de la viande humaine. Hum... le borgne aurait sans doute plus de points communs avec ce type qu'avec Nathan, ne serait-ce parce que lui adorait faire exploser des trucs, même les gens. Femmes, enfants, vieillards... il s'en moquait, tant qu'ils éclataient dans un rideau de flammes, ça lui suffisait. Le Chaos... c'était ce qui lui faisait prendre son pied.


« J'en étais où ? Ah oui... Le Chaos... ! »
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Nathan S. Suzaku
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Sam 31 Mai - 21:08
Nathan fusilla le Snake du regard, à nouveau. Si on avait dû compter le nombre de fois où, mécontent, il l'avait fusillé du regard, nous n'en aurions pas être rendu. Se rappeler de Reaper, se rappeler de Reaper. Il était furieux de constater que quelque chose jugé de si important lui avait échappé. Il ferma les yeux deux secondes pour se rappeler l'allure du criminel, sa prestance et sa démarche. Il avait l'air d'être un étrange, mais avait des cheveux noirs comme la plupart des japonais. Un portrait robot avait été fait de lui, qui n'attendait que d'être diffusé en ville...chose qui était bloquée par Nathan, trop inquiet pour Illness pour se permettre de la mettre en danger ainsi. Si Reaper sévissait depuis des années, c'était qu'il devait être un minimum intelligent. Les portraits du Chat de Cheshire n'avaient rien donné, preuve que certains citoyens, au lieu de faire leur devoir se contentaient de ne rien faire et d'héberger des terroristes.

Le ministre de la censure fouilla dans son sac et distribua au chasseur de primes – oui, il avait décidé de le nommer chasseur de primes dans sa tête – deux ou trois portraits robots du prévenu.

« De loin, il a l'air de quelqu'un d'assez élégant. Il s'habille bien, un peu comme un majordome de l'ancien temps. C'est d'ailleurs relativement ridicule...il est assez doué avec les armes, mais je sais qu'il œuvre avec un couteau. Il doit être assez vulnérable aux armes à feu. Prenez assez de distance et vous l'aurez. »

Un sourire naquit sur son visage : Nathan s'en serait bien chargé lui-même, mais le scandale, les meurtres étaient des éléments avec lesquels il ne souhaitait plus jamais avoir affaire. Les journalistes étaient peut-être des gens manipulables, si vous aviez un gouvernement menaçant et des sous dans votre budget, mais donnez-leur des preuves et ils devenaient intenables, comme ç'avait été le cas pour Noa. Bientôt, il demanderait sans doute Illness en mariage. Il ne savait pas comment, il ne savait pas quand : il ne savait même pas ce que ressentait pour lui cette femme qui devait désormais loger chez lui. Il ne pensait pas qu'elle le méprisait...non, et même si elle le pensait, Nathan ne le pouvait pas. Lui voyait un futur où ils étaient tous les deux en face de la mer. Que Kira ou que le gouvernement n'existe plus, tant qu'il avait Illness, ce n'était plus son problème. Nathan serait heureux. Pour la première fois.

Il avait faim. Il ne savait pas pourquoi, mais il avait faim. Il ressentait en un après-midi la douleur de ne pas avoir mangé – ou très peu – durant des jours et des jours. Pourquoi fallait-il qu'il se sente humain à ce moment-là ? Ce n'était pas son genre, de montrer ses faiblesses aux autres êtres humains, surtout lorsqu'il était face à un étranger. Il n'écouta pourtant pas son ventre qui lui implorait de faire quelque chose, resta sur sa chaise, là, comme ça. Il s'alluma une deuxième clope après avoir fini la première : il ne fumait pas à la maison, il avait peur de la réaction que pouvait avoir Illness, surtout si peut de temps après qu'il ait eu cette pneumopathie.

« Je ferais des recherches sur vous. Vous êtes donc Daniel Owell. Vous êtes américain, c'est ça ? Vous avez réussi à trouver du travail ? Vous êtes...vous êtes blanc, vous savez...Et en plus, vous avez un accent. Vos patrons doivent être des gens très tolérants. »

Comme tous les japonais, il avait ses limites pour ce qui concernait l'intégration des étrangers. Il les voyait d'un drôle d'oeil, avec un peu plus d'estime pour ceux qui avaient appris la langue japonaise d'eux-mêmes, mais globalement, le ministre de la censure les considéraient comme des outils, venus ici pour le gouvernement. Des parasites, des choses à éliminer...Comme Arthur, le ministre de la santé.

« ...Vous avez eu tous vos renseignements ? »





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Sam 31 Mai - 21:57
« Ha... il fait genre... du cosplay ? »

Crazy Snake observa les portraits-robots de Reaper, les sourcils froncés, la tête penchée sur le côté. On pouvait le qualifier de bel homme, même si lui s'en moquait assez. De toute façon, s'il finissait les tripes à l'air, la face brûlée, et démembré, il perdrait son charme. De plus, il ne comprenait pas ce besoin de « mise en scène ». Il se déguisait en majordome ? Il s'était cru à quelle époque ? Sur ce point, le borgne rejoignait le ministre : c'était ridicule. Ça lui rappelait les jeunes japonais, qui se prenaient pour des personnages de manga, et qui sortaient dans la rue vêtue de tenues absurdes. D'un certain côté, ça le faisait rire de voir des grosses étriquées dans un corset, les cuisses à l'air, et persuadées d'être « sexy ».

Peut-être que Reaper avait un genre de fétichisme pour les fringues de domestiques ? Crazy Snake s'approuva mentalement, il hocha la tête d'un air pensif. Donc, il devait faire péter un type ayant une passion certaine pour le déguisement, qui adorait découper de la viande, et loin d'être con. Quel drôle de piaf ! Songea-t-il.

Qui sait ? S'il parvenait à le tuer, il deviendrait un héros national ? Et il aurait alors des centaines de nanas pour lui courir après ! Ouais... ce plan lui allait parfaitement. Il rêvait un peu trop : Kira le remercierait en personne ! Et là... il pourrait faire éclater les entrailles pourries de ce Dieu de pacotille ! Un ricanement glauque sortit de sa gorge, mais dès que Crazy Snake croisa le regard de la serveuse, il se calma. Bah quoi ? Chacun son truc.

Quand Nathan se ralluma une cigarette, Crazy l'imita ; cette fois-ci il prit les siennes. Son cancer en bâton pour lequel il tuerait sûrement. Il poussa un soupir d'aise en se laissant échouer sur la chaise, ça... c'était de la bonne. C'était comme les femmes : fort, caractériel, et direct. Il se racla la gorge, puis il se repositionna. Les coudes sur la table, il jouait avec sa cigarette, tout en observant Nathan.

Lorsque celui-ci commenta sa situation, Crazy Snake haussa les épaules. Oui... bon... on pouvait dire que son employeur était tolérant. À la fois parce que le borgne était étranger, mais aussi parce qu'il... avait du mal. Crazy Snake avait du mal avec tout : les gens, la politesse, les gens, faire correctement ce qu'on lui disait de faire, les gens, et parce que son cerveau était trop embrumé par la nicotine. Elle s'était glissée entre les rouages de sa cervelle, les ralentissant, les étreignant, et rendant pour l'homme les choses simples plus compliquées que la moyenne. La subtilité par exemple : elle était inexistante chez lui. Crazy disait sincèrement ce qu'il pensait, il ne pouvait pas s'empêcher, c'était un mauvais menteur. Finalement, il se demanda s'il devait prendre les paroles de Nathan dans un bon sens. Il avait senti dans sa voix... quelque chose qu'il ne pouvait pas qualifier. Il fronça les sourcils, puis il lâcha avec nonchalance :


« Ouais enfin... j'suis pour ma part assez étonné qu'on ait promu un étranger comme vous ministre. J'pensais le Japon plus traditionnel pour ça. »

Bah quoi ? C'était impoli ? C'était — encore une fois — trop direct ? Mais merde, hein. Nathan n'était pas en bonne position pour critiquer son statut d'émigré, même si ça lui paraissait bizarre qu'il abordât ça. En quoi Nathan était plus Japonais que lui ? Il avait quoi de plus Japonais ? Son nom de famille ? Et puis, Nathan pouvait-il arrêter de le juger cinq secondes ? C'était épuisant.

Crazy Snake était habitué à ces comportements. Depuis qu'il était gamin, on crachait sur son dos, on songeait qu'il était « mauvais », et qu'il tournerait mal. Malheureusement, il ne pouvait rien contredire à ça. Néanmoins, gosse, il n'avait jamais fait preuve de violence. Il avait été même d'un naturel plutôt doux. Avec la mort de ses parents, ça avait changé, et depuis il avait toujours entendu qu'il était le fils de déchets. Il y avait quand même des mots plus chaleureux à dire pour un adolescent. Et en plus de ça, il était roux. Il aurait pu avoir plus de chance dans la vie, et bien NON. C'était peut-être pour ça que Maria lui avait préféré un autre, parce qu'il était roux ? Et surtout parce qu'il lui manquait un oeil.

Le front plissé, l'homme leva la tête en direction du ministre, il le fixa avec intensité pendant dix secondes. Dix secondes précisément, où il pensa avoir saisi : ça gênait Nathan de parler à un borgne ? Pourtant, il ne paraissait pas être ce genre de personne. Depuis que son ventre grognait de faim, il tirait une sale tronche. Alors Crazy Snake ne put s'empêcher de balancer :


« Ca vous emmerde tant que ça de discuter avec un handicapé ? »

Un jour, on arrêterait de penser du mal de lui, et il pourrait vivre en paix.


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Nathan S. Suzaku
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Ven 13 Juin - 19:06
« Du cosplay ? Non...il se comporte juste comme un majordome. Il doit être engagé quelque part, je ne sais où. »

Il n'avait strictement aucune idée de ce qui aurait pu motiver cet homme à faire du cosplay. D'ailleurs, il ne comprenait pas vraiment la signification de ce mot, réservé à une sous-culture mineure et volontairement élitiste. Pour lui qui restait à longueur de journée dans un bureau propre et monotone, essayer de comprendre une autre vie que la sienne semblait difficile. Il n'était pas payé pour cela, pas plus qu'il n'était payé pour réfléchir : on lui donnait des ordres, il réfléchissait...C'était ainsi que Nathan Suzaku fonctionnait.

L'homme était étranger, il aurait pu se perdre dans les dédales de Tokyô avant de devenir fou...Il y en avait beaucoup qui finissait comme cela, même si Nathan ne les connaissait pas du tout. Il ne comprenait pas l'effervescence du centre-ville, qui rendait les rues de la capitale si agitées, même en approche du couvre-feu. Certaines fois, les policiers n'arrivaient pas à faire évacuer cette masse humaine plus forte que l'opposant et Tokyô regagnait pour un soir sa majestuosité d'antan. Nathan Suzaku écoutait toujours son interlocuteur...qui lui aussi semblait venir d'outre-pacifique, si c'était le cas de le dire, grognant en pensant à ces cheveux si rouges qui lui semblaient tellement irréalistes.

...Et puis il s'interrompit dans ses mouvements.

Comment cela, lui, fils d'immigrés ? C'était une insulte, là, ou... ? Nathan Suzaku ne savait pas comment réagir à ces propos. Sa mère et son père étaient japonais tout ce qu'il y avait de plus normaux, et lui-même avait des traits japonais assez marqués. Il n'avait jamais été question d'un sang étranger, pas plus qu'il n'imaginait la relation que sa mère avait pu avoir avec le médecin du village. Tout était clair pour Suzaku : il pensait maîtriser sa vie, son futur : il faisait des plans, avec des traits et des objectifs. Quand il voulait des choses, il se débrouillait pour les obtenir, et il faisait toujours ce qu'il y avait de plus logique pour cela. Nathan Suzaku était un homme façonné par le système scolaire japonais : un monstre de travail, et c'était d'autant plus pour cela qu'il ne pouvait pas comprendre ce que lui disait Crazy Snake...et ne parlons pas de cette remarque, si la conversation avec les handicapé ?

« Depuis quand être borgne est considéré comme un handicap ? Il me semble que vous pouvez vivre normalement...Oui ? Alors arrêtez de me faire chier. Et je ne suis pas un étranger. Mes parents sont japonais, mais si vous désirez le savoir, la plupart des ministres de ce foutu gouvernement sont d'origine étrangère. »

Son ton était carrément sec, mais on n'allait pas dire que l'autre ne l'y avait pas poussé. En réaction, il tapotait nerveusement le bois de la table, petits coups secs réguliers qui auraient stressé le commun des mortels. La chaleur montait dans la petite pièce fermée – foutu mois de mai – et la peau pâle du ministre donnait l'impression de fondre. Il sentait sa chemise s'humidifier, mais aurait tout fait pour ne pas enlever son veston si élégant. Suzaku agita enfin la main devant lui pour faire évacuer tout cette fumée, puis se leva précipitamment pour ouvrir la porte, aboyer au barman « De l'air climatisé, c'est pas compliqué, merde ? » et revint s'asseoir, l'air plus stressé que jamais. Il n'avait pas gagné par hasard la réputation du plus gros emmerdeur de ce gouvernement.

« Vous avez une carte...d'handicapé ? Car c'est un terme conventionné par les normes de 2015 par rapport au-dit handicap. Je ne peux pas laisser quelqu'un se prétendre handicapé alors que ses problèmes ne dépassent pas le simple mal aux orteils. L987 et LE9028E, dans le code, si vous recherchez les références de ces articles. »





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Ven 13 Juin - 20:03
Lorsque Nathan laissa éclater sa colère, Crazy Snake ne réagit pas tout de suite. Il l'observa sans rien dire, l'oeil rond, avec un air ahuri collé sur sa face rousse. Lentement, il répétait les paroles du ministre, incertain. Quand il sembla enfin en comprendre la signification, il fronça les sourcils. Il écrasa à moitié sa cigarette dans son poing. Il se mit à fixer Nathan avec un regard farouche. En l'espace d'une seconde, Crazy paraissait haïr le ministre. On aurait dit un adolescent, qui ressentait une forte injustice pour une punition quelconque. Il se foutait de sa gueule ? Crazy Snake se mordit la longue, très fort. Il se foutait de sa gueule ? Qu'est-ce qu'il pouvait connaître de sa vie ? Hein ? Il savait ce que ça faisait de vivre avec un oeil en moins ? Comment une personne propre sur elle pourrait le comprendre ? Quel tard. La mâchoire serrée, le borgne ne décrocha pas un mot.

Furieux, il essayait de se contenir, si Nathan n'avait pas été ministre, Crazy Snake lui aurait enfoncé son poing dans la gueule. Celui-ci tremblait, d'ailleurs, posé sur la table, il réduisait la cigarette en bouillie. Lentement, il commençait à avoir mal au crâne. Il se foutait de sa gueule ? Ça l'empêchait pas de vivre ? La bonne blague ! Il y avait pas mal de choses qui l'empêchaient d'avoir une vie normale ! Sans parler du regard des autres.

Combien de fois avait-il eu droit à des commentaires désagréables ? Des regards remplis d'une fausse compassion ? Il était con, certes, mais pas au point de se leurrer ; la compassion, c'était juste une imitation merdique. En réalité, les gens méprisaient les infirmes comme lui. Quel abruti. Il se prenait pour qui pour le juger de la sorte ?


« Je peux vous la sortir, cette putain de carte, si vous voulez. »

Avait-il murmuré d'une voix tremblante. Pourtant, il ne bougeait pas. Il sentait que s'il faisait le moindre mouvement, il finirait par craquer, et sauter directement à la gorge du ministre. Il y avait pas mal de choses qui irritaient Crazy Snake. Le mépris et le déni en faisaient partie. D'une certaine manière, il ne culpabilisait pas de vivre avec « ça », après tout, il avait perdu son oeil « pour une bonne cause ». Mais qu'on prenne ça à la légère l'enrageait. Qu'est-ce qu'il pouvait savoir ? Ce foutu ministre ? À force de vivre dans son petit appartement bien rangé, servi par de jolies secrétaires, il ne voyait plus la réalité telle qu'elle était. Nathan avait peut-être ses deux yeux, mais il devait comprendre le monde sous un angle encore plus tordu que lui. Le front plissé, il relâcha un peu son poing, il avait fini par sentir sa cigarette brûler un peu sa peau. Et merde ! À cause de ce connard, il venait de gâcher une de ses précieuses clopes ! Il frappa le poing sur la table.

« Vos parents sont aussi Japonais que moi je suis blond. »

Si Nathan voulait faire un duel de mauvaise foi, et de paroles blessantes, Crazy Snake voulait bien participer. Paradoxalement, il n'était pas mauvais pour comprendre les autres. Il avait trouvé l'énergie de Nathan trop forte, lorsqu'il s'était défendu sur ses origines. Encore une histoire de facteur qui avait inséré son enveloppe dans la mauvaise fente. Crazy tremblait, il avait envie de pleurer.

« Prétendre ? Parce que vous pensez que j'ai choisi ça ? Que j'me suis dit un jour “eh, et si j'ressemblais à un pirate ?” pour m'enfoncer un couteau dans l'oeil ? Vous saurez jamais ce que ça fait. J'peux pas passer de permis de conduire. J'me prends régulièrement des portes dans la gueule parce que je les vois pas ; en venant ici, j'ai failli m'faire écraser deux fois, parce que des voitures à la con sont venues dans mon angle mort. Et que dans cette société d'merde, personne fait attention aux autres ! Vous pensez que c'est d'ma faute peut-être ? Ouais sans doute. Vous êtes le genre de personne à écraser un môme sur la route, parce que ses parents auraient dû lui apprendre à faire attention, et que vous étiez perdu dans vos étiquettes pour l'voir ! Et que du coup, vous êtes innocents ! Haha. Allez ! Faites-moi votre moral. Dites-moi que j'ai tort, de toute façon, vous vous remettrez pas en cause. C'pas le genre des mecs comme vous. »

Et voilà... il avait craqué. Au bout d'un moment, son sentiment d'injustice avait fini par avoir le dessus. Essoufflé, Crazy Snake fixait le ministre, son oeil brillait de colère. Son corps tremblait, ses mains se serraient et s'ouvraient. Son coeur battait fort dans sa poitrine, mais il sentait un poids lourd lui prendre la gorge. Il avait envie de vomir. Et il ne parvenait pas à reprendre sa respiration. Bientôt, un son strident lui perça le crâne.


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Nathan S. Suzaku
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Mer 9 Juil - 19:35
Très bien, alors qu'il la lui sorte, cette carte, Nathan serait bien curieux de savoir à quoi il avait droit, avec seulement un œil blessé. Se rendait-il compte au moins qu'il y avait des personnes qui étaient victimes de pathologies bien plus graves que lui ? Peu importait...il y avait bien des nains, des sourds et des muets, des paraplégiques sévères et moins, et un borgne, c'était si courant. Nathan Suzaku regardait Snake comme si, tout d'un coup – ou plutôt depuis tout à l'heure – il venait de découvrir qu'il était la cause de sa mauvaise humeur journalière. Ses sourcils se froncèrent légèrement lorsqu'il insista à nouveau sur ses parents, chose qu'il n'appréciait guère, surtout en étant sûr de ses ascendants et d'être bien – et malheureusement – le fils de campagnards un peu trop collants à son goût. Suzaku tapait légèrement sur la table, encore et toujours, complètement stressé. Jamais son teint blanchâtre ne l'avait été, et il ressemblait même de légers tremblements. Se calmer. Ne pas sauter sur cet inconnu ou même l'insulter, il ne savait que trop que ce genre de personnes étaient incontrôlables lorsqu'elles étaient énervées.

« Bref. Je ne suis pas vraiment le genre de personne à écraser un môme sur la route, comme vous le dites, étant donné que je n'ai pas le droit de passer le permis de conduire. Vous avez un œil, seulement ? Très bien, ça pourrait être pire, alors profitez-en ! »

Il ne pouvait tout de même pas s'empêcher d'être lui-même et continua joyeusement à tâcler Snake, se demandant en même temps quand il allait pouvoir se tirer d'ici. Ce n'était pas tout, mais il avait clairement autre chose à faire, entre les bêtises que faisaient tous ses employés en remplissant les dossiers et les multiples films qu'il devait voir en compagnie de cette si charmante Kure. Cette dernière lui avait reproché il y avait quelques semaines son esprit trop synthétique par rapport à la recherche que faisaient les réalisateurs pour montrer un film le plus compliqué possible. Il lui avait répondu qu'étant déjà dans le monde du cinéma, elle pouvait moyennement être objective.

« Ce n'est pas tout, mais j'ai plusieurs dizaines de dossiers à rendre à mes supérieurs. Si je dois gagner ma vie, je dois investir de ma personne, contrairement à vous, et je ne me fais plaisir en agressant l'homme qui fait gagner de l'argent. »

Car Suzaku le voyait comme ça, le Snake...C'était un violent, un petit nerveux perturbé mental qui pouvait profiter de n'importe quel moment pour lui sauter dessus et lui mettre le couteau derrière la gorge. Maintenant qu'il y pensait, il ressentait un certain malaise en le regardant, comme si...comme s'il le prenait complètement en pitié, avec son bandeau moche et ses cheveux roux. Non mais voyons, n'avait-on pas idée que d'insulter sa famille en entier et, en plus de cela, il ne l'avait toujours pas oublié, évoquer l'idée que ce criminel...était « bien ». Que ce qu'il faisait ne dérangeait pas du tout son interlocuteur.

Nathan Suzaku se leva pour remettre bien son manteau : du stress, ça, il en avait. Il avait beau faire chaud, il remit un par un tous les boutons, oubliant volontairement le dernier pour ne pas se retrouver avec des gros titres dès le lendemain du genre : « le ministre de la censure a encore oublié quelle saison nous sommes...Peut-on parler d'exploitation au travail ? » Il soupira. Honnêtement, s'il avait eu une autre solution, il aurait viré ce type pour en embaucher un plus compétent. Le problème, c'était que sa tête commençait à être un peu trop connue dans les bas-fonds, qu'avec son enlèvement, puis l'assassinat, comme ils le disaient, de Noa, il ne s'était pas fait que des amis là-bas. Il ne pouvait pas risquer sa vie, surtout pas alors qu'Illness séjournait chez lui. Il était allé tellement loin dans son obsession, elle commençait tellement à s'accrocher à lui et lui encore plus qu'il ne l'avait jamais été à elle que...non. Il ne pouvait pas encore mourir, il le refusait.

« La somme prévue et une opération pour remplacer votre œil facturée au nom de l'Etat. Cela vous va ? »

Iwa ne serait que très heureuse de voir débarquer un cobaye volontaire dans ses labos. Un de plus, un de moins...personne ne s'en apercevrait jamais et les secrets seraient bien gardés.





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Jeu 10 Juil - 0:12
Ce type... le mettait hors de lui.

Crazy Snake serra le poing, encore, ravalant sa colère de toutes ses forces. Bien sûr, il crevait d'envie de lui enfoncer sa cigarette dans l'oeil, toujours plus profondément. Comme ça, peut-être qu'il comprendrait sa douleur, ses frustrations. Quel merdeux. Il y avait quelque chose chez le ministre qui l'irritait, et le rendait fou de rage. Les sourcils froncés, l'homme commençait à avoir mal dans les doigts, et le sifflement dans ses oreilles s'accentuait. Plus Nathan parlait, plus le sifflement devenait fort. Plus ses pulsions agressives grossissaient. Mais il devait rester calme.

Et se laisser insulter ?

Finalement, Crazy Snake comprit. Il pouvait faire une liste de toutes les choses le rendant malade chez Nathan : son sérieux, sa personnalité anxiogène, son air supérieur, son costume, son intolérance... et sa ressemblance avec Monsieur Stenfenson. C'était ça le pire, le plus odieux chez l'homme. Il avait le même regard méprisant que son père adoptif, les mêmes manies à le juger comme une sous-merde, tout simplement parce qu'il n'était pas comme lui. Qu'avait Nathan de plus que lui ? À part son poste ? Il n’avait rien à lui envier ; ni sa tronche farineuse, ni ses yeux cernés, et encore moins l'ulcère qui allait survenir un jour, ou l'autre dans son estomac. Il espérait que ça arrive vite, que ça explose, et qu'il finisse par cracher du sang dès qu'il ouvrirait sa bouche de prétentieux.

De plus, Crazy Snake trouvait que Nathan se prenait trop pour une victime. En quoi l'avait-il agressé ? Il ne l'avait pas insulté ; malgré la fureur, le borgne avait fait son possible pour se contenir. Il ne l'avait pas frappé, pas encore. Qu'il arrête de se croire meilleur que les autres ! Et peut-être qu'il serait un jour heureux. Le ministre le dégoûtait, Crazy Snake aurait pu le comprendre, pourtant. Malgré tout, Nathan avait été le premier à jeter la pierre, il n'avait fait que lui répondre en visant bien sa sale gueule. S'il désirait continuer, Crazy avait de quoi le défigurer. Et à vie.

Le roux avala sa salive, il était épuisé. Nathan le bouffait, dès qu'il parlait, il avait la sensation que ses neurones se décomposaient. « Gnagnagnagna... je suis un homme occupé », occupé à quoi ? À se curer le nez dans son petit bureau ? À cracher sur les gens, parce qu'ils existaient ? Crazy croisa les bras. Il ne quitta pas sa chaise, il se contenta de suivre du regard l'homme sans rien ajouter. Il avait conscience que ça ne servait à rien de dialoguer avec lui, si Nathan était aussi handicapé, pour le borgne il s'agissait de sa vision étriquée du monde. Et c'était plus commun qu'il le pensait. Des cons, il en avait partout, même dans le gouvernement. Et c'était des mômes comme ça qu'on laissait diriger le Japon, pas étonnant que ça aille aussi mal. Il le ferait sauter, un de ces jours, son petit bureau bien rangé. Ce qui le tuerait ne serait pas les flammes — sans doute —, mais le bordel. Nathan n'était pas difficile à cerner, il était la copie conforme de Monsieur Stenfenson. Un monomaniaque mal baisé, ouais.

Et le monomaniaque psychorigide et frigide (ça faisait beaucoup de qualificatifs pour une seule personne, même si Crazy hésitait à ajouter « enculé »), lui fit une proposition. Une drôle de proposition. Crazy haussa les sourcils, étonné, puis il dévisagea Nathan. Il se foutait de sa gueule ? Puis, à bout de nerfs, Crazy éclata de rire. D'un rire sincère en plus, il ne savait pas cacher ses émotions, ni mentir. Il mordit sa lèvre, son rire rauque frappa les murs, résonna, et se transforma en un murmure. Il se foutait de sa gueule ? Peut-être que derrière son air constipé, il avait plus d'humour que ça ? Crazy soupira, puis il lâcha en se relevant, et en faisant crisser la chaise sur le sol :


« Si c'était si facile, je l'aurais fait depuis longtemps. »

La colère n'était pas totalement partie, mais semblable à lui-même, Crazy Snake changeait de comportement, comme d'émotion. Nathan était naïf, à sa manière. Crazy secoua la tête, puis il tira sur sa cigarette. Qu'est-ce qu'il croyait ? Qu'il accepterait pour ses jolis yeux de morues ? Ça le faisait rire. Le souci, c'était qu'on ne pouvait pas grand-chose pour son oeil. À l'époque, Maria avait tenté le maximum pour qu'il puisse « conserver ça », mais elle avait vite abandonné. Le médecin lui avait proposé de mettre un oeil de verre, ce qu'il avait refusé. Ça le terrifiait, cette idée. C'était accepter un corps étranger dans sa propre chair, et ça le dégoûtait.

« Peut-être qu'un autre aurait sauter sur l'occasion, mais j'ai pas envie de passer le restant d'mes jours avec un oeil de verre, qui aurait été payé par vous. Vous avez compris ? »

Crazy n'était pas sûr que Nathan puisse comprendre, il avait l'air un peu trop lent pour saisir la subtilité des sous-entendus. Alors, il enleva le bandeau, et se planta devant le ministre. Son oeil bleu était glacial, alors qu'il exhibait sans honte, et même avec violence sa blessure. Comme s'il le défiait de ne pas se détourner. Sous la paupière fripée, il n'y avait rien. Juste un orifice vide, barré par une cicatrice. Jamais il n'oublierait cette douleur, et cette peur. Jamais.

« C'est comme ça, on y peut rien. »


« J'en étais où ? Ah oui... Le Chaos... ! »
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Nathan S. Suzaku
Ministre de la Censure et de la Propagande
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Localisation : Sur la Toile
Dim 24 Aoû - 12:30
Si c'était facile ? Mais c'était facile ! Nathan ne comprenait pas comme on pouvait se comporter comme cela. Les opérations étaient devenu des espèces de miracles à deux balles, maintenant que la technologie. On pouvait facilement remettre sur pied un handicapé, rendre la vue à un aveugle...pour peu qu'il ait de l'argent. Tout était encore plus facile quand le malade n'avait pas de famille et cela, Nathan le savait et collaborait. Il était d'accord avec le système, pour peu qu'il ait le choix, d'ailleurs, et ne disait rien à propos des êtres étranges à personne, même à Illness. Concrètement parlant, c'était pour faire progresser la science et ça, il le savait. Suzaku avait mis longtemps avant d'être averti de cela, d'ailleurs, et c'était découverte avait plus tenu du hasard que d'un quelconque autre truc. Car voyez, Suzaku n'était pas non plus partout à la fois dans la Tour, même s'il l'aurait fortement souhaité.

Il aurait bien vu l'homme qui était en face de lui avec un œil de shinigami. Dans le même temps, on lui aurait fait une opération du cerveau, avec l'autre œil, et il aurait perdu la mémoire. Pile ce qu'il lui fallait lorsque l'on savait qu'il lui proposait en réalité cela après la légère intervention qu'il lui demandait. Snake ne se serait souvenu ni de son nom, ni de son visage, et en plus, il aurait été utilisé gratuitement par le gouvernement : quoi de mieux ? Nathan n'était pas manipulateur ou quoique ce soit, mais là, il y voyait une bonne opportunité. C'était enfin le moment de remonter dans l'estime du premier ministre !

Ses mains serraient de nouveau la tasse de café, afin de montrer qu'il n'était pas si stressé que cela. Le serveur entra dans la pièce et Nathan interpella pour lui commander trois nouveaux cafés. Il ne fit pas attention à la mimique contrariée du type lorsqu'il sentit l'odeur de la cigarette, et lorsqu'il vit le paquet juste à côté de Nathan, mais après tout, que voulez-vous faire, Monsieur est un ministre ! Un vrai ministre qui a peut-être un contact avec Kira, dans l'imaginaire collectif et qui peut vous virer d'un claquement de doigt ! Il vit également Snake, mais c'était la même chose : il était actuellement assis en face de Nathan – il était sûrement dans son champ de protection, actuellement, et il se disait que le ministre de la censure n'était pas commode.

« Je vous proposais un vrai œil. Assez cher pour que vous ne puissiez pas vous le payer actuellement. »

Il ne comprenait pas. Il ne comprenait pas que l'on refuse son offre : elle était pourtant alléchante, non ? Pour la première fois de sa vie, Snake avait sans doute la chance de ne plus être handicapé. C'était une chance inouïe et il ne s'en rendait même pas compte. Nathan ne fit même plus attention au serveur qui revint dans la minute avec trois tasses de café et le chassa violemment d'un geste de la main.

« La technologie a évolué, et je vous parle d'une greffe de la meilleure qualité. Il n'y a aucun danger, vous ne serez pas le premier. Le choix vous appartient, mais il est hors de question que je vous paie un œil de verre. »

En réalité, Nathan avait peur : peur du vide, peur de cet orbite juste noir, là, devant lui. C'était ça qui le rendait aussi stressé depuis quelques minutes, cela qui faisait qu'il avait actuellement la bouche sur cette deuxième tasse de café bien noir et qu'il évitait de regarder Snake « dans l'œil ». C'était effrayant, oppressant et il sentait que ça pouvait aussi lui arriver, à lui. Qui sait, Illness pourrait avoir cela, et si cela lui arrivait, ce serait horrible. Il ne pouvait se permettre d'imaginer Illness avec un trou béant à la place de l'oeil, et pourtant, il le faisait. Sa petite femme pliée en deux, les larmes ne partant que d'un côté, une pince à côté. Nathan s'en mit une main devant la bouche, ayant soudainement envie de vomir. Il aperçut, dans ses délires de réveillé au café, la silhouette d'Arashi Darkwood en train de rire, cruel. Suzaku se leva soudainement dans un grand vacarme : il était en sueur et décoiffé.

« Re-met-tez ce...ce monocle. Remettez-le. Tout...de...suite ! Je ne veux plus le voir, je ne veux plus l'apercevoir ! Je veux juste l'ignorer ! Ignoble...ignoble... », il se rassit avec fracas, de nouveau. « Ignoble...En échange, je veux que vous me teniez au courant du lieu de vos...frappes. Vous comprenez que je risque d'être amené à aller sur le terrain, par manque d'effectif et étant au sniper, je m'en voudrais de vous descendre pour rien. »






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Localisation : Dans ton...
Dim 24 Aoû - 19:38
Nathan le prenait pour un con. Et pour ce genre de cons capable de croire les pires mensonges de l'univers.

Incrédule, Crazy Snake fusilla le ministre du regard. Le front plissé, il croisa les bras sur sa poitrine, et il fit l'extrême effort d'écouter toutes les conneries qu'il lui crachait à la gueule. Le coeur vibrant de colère, le borgne hallucinait. Un vrai oeil ? Vraiment ? Il se foutait de lui. Il le prendrait sur qui ? Sur un cadavre ? Sur un chat ? Et on le lui enfoncerait dans son orbite vide ? Mais bien sûr. Nathan ne pouvait pas deviner à quel point ça le dégoûtait. Quand bien même il y avait un soupçon de vérité dans ce qu'il racontait, il ne pourrait pas vivre avec l'oeil de quelqu'un d'autre.

Ça ne serait pas lui.

Dès qu'il croiserait son reflet dans le miroir, Crazy aurait le frisson écoeuré parcourant son dos ; s'il avait un oeil pour remplacer celui qu'on lui avait amputé, il verrait la différence. Pour peu que ce soit une autre teinte, il deviendrait terrifié. Un tremblant saisit ses membres, le borgne déglutit, il chancela en arrière. Nathan se rendait-il compte de ce qu'il disait ? Crazy compris qu'il y avait anguille sous roche, et ça le mettait hors de lui d'être traité comme un cobaye. Il était un être humain, bordel ! C'était sans doute un moyen d'acheter son silence, rien de plus. Et c'était le risque de le pousser à la folie, furieux, il serait capable de dévoiler aux médias ce que Nathan lui avait ordonné. Contrairement au ministre, il n'avait aucune réputation à tenir, et il ne tenait pas tant que ça à sa vie. L'un de ses rêves ? Se faire tuer par la femme qu'il aimait. Ou bien se faire exploser, avec la planète entière de préférence.


« Le premier quoi ? Répliqua le borgne avec véhémence. J'serais pas l'premier abruti à tomber dans l'piège ? C'est ça ? Vous achetez mon silence ? La belle affaire. »

Que Nathan ne lui fasse pas confiance n'était pas son problème, Crazy Snake était un traître. Non pas parce qu'il mangeait à tous les râteliers, mais parce qu'il était lunatique, et qu'il décidait souvent de se retourner, parce qu'il s'emmerdait. Son intuition lui murmurait au creux de l'oreille qu'il finirait égorgé, s'il acceptait. Et de toute façon, Crazy Snake s'était tant fait insulter par le ministre qu'il ne comptait pas énoncer ce « oui » qu'il attendait tant. Des frissons de dégoûts couraient le long de son échine, rien que d'y penser... il en avait la nausée. Et bien sûr, lorsque Nathan craque, ça ne fit que renforcer sa méfiance. D'abord étonné, le borgne ne comprit pas tout de suite quelle mouche l'avait piqué. Il avait trouvé quelqu'un de bien pire que lui. Ignoble ?

Ah ! Parce qu'après lui avoir dit qu'être borgne n'était pas un problème, il le trouvait ignoble ? Il s'était regardé ? Lui ? Avec sa sale gueule de coincé ? Crazy n'était pas sûr que même avec de l'huile, du beurre, et de la vaseline, qu'il pourrait lui enfoncer un balai dans l'anus, tant il était coincé, et méprisant ! À part son orgueil, rien ne pouvait traverser son esprit. Il était tellement emprisonné dans ses préjugés que le monde devait lui paraître soit noir, soit blanc. Et Crazy était gris. Même s'il tuait des gens masses, il n'était pas cruel, c'était son boulot. Certes... il l'adorait, mais ça ne faisait pas de lui un sadique adorant torturer pendant des heures les autres. Non seulement il n'en avait pas la patience, mais en plus il n'en voyait pas l'intérêt.


« Ouais... c'est ça... comme si me tuer par “erreur” vous dérangerait. Au contraire, ça vous aiderait à vous voiler la face. »

Crazy Snake nota malgré tout l'information que Nathan lui avait dévoilée ; le gouvernement n'était pas si bien que ça, et... le ministre relégué en sniper. Avec ses chevilles gonflées, il serait capable de voir autre chose que sa peau boursouflée ? Le borgne soupira, il grogna même après Nathan, tant il avait envie de lui arracher les yeux. Lui lacérer la chair de ses ongles, jusqu'à se débarasser de cet air méprisant. Cet homme lui faisait pitié.

« Vous devriez aller voir des femmes, ça vous ferait du bien, lâcha-t-il alors en se radoucissant — oui oui —, ou des mecs ? »

Eh quoi ? Nathan l'avait cherché. Crazy ne faisait que répondre à ses provocations, et il grattait la couche impassible du ministre. Quoi de plus facile de se foutre de la vie sexuelle d'un ministre aussi... psychorigide ? Et s'il le poussait à bout ? Est-ce que Nathan le frapperait ? Crazy avait envie de savoir.


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Nathan S. Suzaku
Ministre de la Censure et de la Propagande
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Lun 2 Fév - 1:28
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Nathan ne comprend pas cet homme : et il aura beau essayer de le comprendre, de cerner tous les aspects de sa personnalité, les bons, les moins bons et les carrément bizarres, il ne comprendra rien, rien du tout. Tout ce qu'il sait, c'est qu'en ce moment, sa précieuse amie est menacée par un criminel ; qu'on lui a donné le contact de cet homme, qui possède, à son avis, assez de contacts en ville pour pouvoir l'éliminer de cette terre. C'est tout. Nathan ne veut pas en savoir plus et n'a pas les moyens de le faire. Il est prodigieusement agacé par ce salopard, au point, sans doute, de vouloir l'éliminer tout de suite – ce qui selon lui épargnera beaucoup de conneries réalisées – mais la pensée d'Illness surveillée par cet odieux criminel lui donne des frissons. Pour la première fois de sa vie, Nathan Suzaku fait une entorse à sa fameuse façon de penser qui lui donne tellement l'air d'un robot. Pour la première fois de sa vie, il prend le temps de respirer, il pèse les pour et les contre, concernant cette vie humaine.

Car Crazy Snake a l'air capable du pire, c'est sûr, mais lui aussi. S'il a engagé quelqu'un pour tuer ce criminel obsédé par lui – n'a-t-on pas idée, surtout lui – pourquoi n'engagerait-il pas un homme pour traquer et supprimer celui qui possédait les informations ? Il ne faudrait attendre que l'annonce de la mort du « Reaper » pour tuer Snake. Mieux : il le ferait sans doute lui-même, pour minimiser les fuites. Commettre ce genre d'acte ne posait strictement aucun problème éthique à Nathan, surtout lorsqu'il savait que c'était pour le bien-être d'Illness ; pour leur bonheur conjugal. Suzaku était droit, blanc, presque coincé. Ses cheveux étaient bien coiffés, lissés et n'importe qui aurait pu reconnaître de loin l'homme qui causait tous ces scandales. Il tentait de ne pas le montrer – cacher une chose de plus – mais il était frustré. Frustré que Snake montrât autant de réticence à rentrer dans les programmes de l'armée. Agacé qu'il ne se laissât pas si facilement prendre au piège.

Si Suzaku avait appris quelque chose, au cours des innombrables réunions avec Junichiro Iwa, c'était sans doute qu'il ne fallait pas craquer. C'était facile à dire, mais quand on possède dans sa mallette des dizaines de secrets de guerre tous plus dangereux les uns que les autres, le mensonge devenait une chose dangereuse à manier, une petite bombe. Il avait vendu un des secrets du gouvernement à Snake, même si celui-ci ne s'en apercevait pas. Maintenant qu'il avait refusé, la difficulté allait probablement être de faire croire que cette offre était normale, purement en accord avec les technologies qu'ils possédaient actuellement, et pas du tout corroborée aux rumeurs toutes plus effrayantes les unes que les autres qui naissaient tandis que des êtres étranges et disgracieux apparaissaient de part et autre.

« Très bien. Vous auriez pu passer prioritaire dans une liste de greffes d'un hôpital universitaire. Leurs recherches sont à la pointe de la pointe, vous auriez pu redevenir normal. Ne plus être considéré comme handicapé. »

Lui-même ne savait pas ce que signifiait être « normal ». Peut-être était-ce la douloureuse sensation de sentir ses os faire mal dès le matin ? De réfléchir au temps qu'il faisait et râler doucement en buvant un café trop froid ? À moins que ce ne fut, tout simplement, de faire une pause pendant son temps de travail pour réfléchir et parler d'autre chose...mais tout cela, c'était absolument anormal pour lui.

« Et pour vous répondre... », il lui cracha une bouffée de fumée au visage. « Je ne suis pas intéressé par les hommes. Ni par les femmes. Ces distractions sont purement charnelles et ne sont d'aucune utilité à mon travail. Vous, par contre, je pense que vous n'avez pas de relation...fixe. Vous ressemblez juste...d'un type dont personne ne veut, surtout roux. Un roux parmi les japonais, c'est voué à l'échec. Ne pensez pas trop que vous serez intégré ici, mais tant que vous suivrez mes ordres, tout se passera bien. Ha, et pour Harlaown. Cette femme a une liaison avec le terroriste Hadès. Si vous voulez vraiment vous la faire...mh...Inventez d'autres liaisons récentes et surtout amoureuses à Hadès : après tout, ce n'est pas vraiment difficile. Et notez que je ne vous aide que parce que je désire que vous réussissiez votre travail. »

Nathan se leva, aucune émotion apparente sur son visage. On l'aurait soumis au test de Turing que la réponse aurait été : ce type est un robot. Il barra une phrase dans son agenda, le remit dans la poche de son imperméable, puis, se leva.

« J'ai un autre rendez-vous dans moins de cinq minutes, mon agenda est rempli. Ne me recontactez pas. Je saurais quand vous aurez rempli votre mission, c'est tout. », dit-il sèchement, avant de ranger la chaise de manière à ce qu'elle soit collée à la table, lui adresser un signe de tête, plus pour la forme que par politesse et de partir, finissant la cigarette qu'il avait entamer.

Illness ne devrait pas savoir cela, à tout prix. Elle ne devrait jamais savoir, il en allait de leur relation.





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