Pitié et allégeance à toi, Kira ! La foule s'inclina en silence, respectueusement devant cette idole masquée et inconnue.
 
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A malin, malin et demi [PV Nathou D:]

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Fate Harlaown
Juliette sans Roméo
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Lun 10 Fév - 19:46
La petite horloge qui ornait le comptoir de la petite brasserie indiquait déjà midi dix. Fate était arrivée tôt, ponctuelle et surtout excédée. En entrant, on lui avait proposé une table et elle avait poliment demandé à être placé dans un endroit calme. Un petit serveur rondouillard à l'accent de Shikoku l'invita à s'installer à une petite table au fond de la salle. Après quelques banalités échangées, Fate avait précisé qu'elle attendait quelqu'un, sans grand enthousiasme, et s'était mise à attendre bêtement l'arrivée de son collègue.

Ses grands yeux bleus scrutaient constamment l'horloge. A cet instant précis, la femme calme et posée qu'elle paraissait être bouillonnait intérieurement. Elle avait croisé ses mains devant elle pour mettre fin à ses tics incessants et traversait la salle du regard à la recherche de quelque chose qui saurait la distraire, après tout, la ponctualité n'était pas un des points forts du ministre... Le ministre ! Parlons en... Plus le temps passait et plus elle se demandait ce qui l'avait retenu de ne pas l'envoyer littéralement bouler et d'annuler ce rendez-vous. Depuis l'e-mail qu'elle avait reçu la veille, Fate était dans un état d'inquiétude qui ne lui ressemblait pas...  Elle avait voulu croire que c'était juste une mauvaise blague, mais venant de Nathan, c'était hautement improbable. Alors elle avait fini par se mettre en tête l'idée qu'elle avait échoué...

Suzaku était un collègue et, dans sa situation désespérée, alors qu'Arashi la menaçait, elle avait jugé bon de le contacter car il lui semblait être le plus apte à répondre à ses besoins. Elle s'en mordait encore les doigts. Comment avait-elle pu faire aussi éperdument confiance à un bureaucrate égoïste et complètement asocial qui plus est ? Il avait littéralement fait explosé toutes ses chances de mettre la main sur Hadès de manière légale. Toute la nuit, elle avait réfléchi à ce qu'elle dirait à Arashi pour le convaincre de lui laisser l'affaire. Elle en était convaincue : elle seule y parviendrait, mais ça n'était pas l'avis de tout le monde. La nuit avait été longue, le sommeil court : du temps en plus pour songer à ce qu'elle dirait à Nathan, à comment être la plus venimeuse possible envers cet imbécile. Sa réserve à saloperies était prête, elle n'aurait qu'à tout déverser sur le blanc-bec qui, avec sa répartie légendaire, resterait sans doute bouche-bée et l'air outré. Cette image lui arracha un sourire. Non, décidément, elle comprenait pourquoi les autres ministres peinaient tant à collaborer avec lui.

Midi trente. Enfin, la silhouette de phasme du Ministre se dessina devant la porte d'entrée. On lui indiqua sa table et elle se contenta de lui jeter son regard le plus noir, celui qui trahissait toute la haine qu'elle éprouvait pour lui. La jeune femme l'observa s'asseoir et, sans un bonjour, entreprit de jeter tout ce qu'elle avait sur le coeur :

"Tout va bien ? Cet endroit n'est pas trop populaire pour Môssieur le Ministre ? Après tout, son plan de carrière doit être ambitieux vu la solidarité dont il fait preuve avec ses collègues."

Ce sale sourire qui énervait si souvent ses interlocuteurs ne la quittait pas. Elle posa son portable brutalement sur la table et tira une cigarette de son sac à main. D'avance, elle voyait déjà le Ministre s'insurger pour sa santé pulmonaire et l'idée de le foutre en rogne ne lui plaisait que davantage. Elle l'alluma rapidement et en tira une première bouffée :

"Sinon, je suppose que vous êtes content Suzaku ? Que vous soyez immoral au point de chercher à éjecter vos semblables, je ne dis pas. Mais qu'est-ce qui peut vous animer d'une haine telle au point de vouloir vous débarrasser de moi aussi lâchement ?"


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Nathan S. Suzaku
Ministre de la Censure et de la Propagande
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Mar 11 Fév - 23:27
Fate Harlaown. Il s'agissait assurément d'une drôle de femme. Belle, du point de vue de ses collègues, mais là n'était pas la question. Quelques temps avant son enlèvement, il s'était permis de signer un ordre de mission lui autorisant d'user ses méthodes pour capturer Akira Darkwood, également connu pour être un chef résistant très actif. Cependant, il ne fallait pas oublier qu'il avait reçu la visite de ce type dangereux, le grand noir, dans ses bureaux, et que depuis, il avait une atèle au doigt et se souvenait des coups qu'il lui avait porté. Il ne pensait pas qu'on puisse être aussi brutal envers un ministre en fonction, et ses menaces suffirent à le convaincre qu'il, que Illness n'était pas en sécurité, même dans son appartement. Il avait promis de rendre un rapport sur ses avancées, mais il ne savait pas du tout comme il allait s'y prendre...et l'affaire Hadès, cela ne tombait pas du tout bien, en plein milieu des scandales médiatiques qu'il subissait et tout le reste.

Il avait envoyé une série de mails plus ou moins houleux à Harlaown dans lesquels il lui avoua qu'il comptait dire à Arashi Darkwood ce qu'elle faisait. En effet, lors du dernier conseil des ministres, le ministre de la justice l'avait carrément plaqué contre un mur pour lui demander ce qu'il foutait, et ce que signifiaient ces papiers de mission concernant des membres de sa division. Nathan avait eu du mal à tout expliquer, et après la série de mails, s'était finalement rendu dans son bureau et lui avait tendu toutes les conversations manuscrites ainsi que les ordres de mission. Le capitaine Harlaown n'ayant pas rédigé de rapport de mission, il manquait tout de même du concret.

Nathan Suzaku regarda sa montre. Il s'agissait d'un magnifique bijou serti de diamants, se remettant automatiquement à l'heure. Il ne manquait pas d'argent et l'instrument lui était souvent plus qu'utile. Midi. Midi, et il voyait encore une colonne de dossiers à sa droite. Il pensa au dîner en compagnie de la capitaine, certain qu'elle comprendrait pourquoi il avait dû expliquer tout cela à Arashi Darkwood, et ouvrit un dossier supplémentaire qu'il relut en intégralité et signa. Une demi-heure plus tard, la pire avait réduit de moitié et Suzaku se leva, prit son imperméable et descendit par l'ascenseur. Il trouva rapidement le rapidement, bien qu'il n'y ait jamais mis les pieds, et trouva rapidement Fate Harlaown. Il ne l'avait jamais rencontrée en personne, mais il savait au moins qu'elle était blonde et assez belle. Elle ne l'était pas autant que Illness, mais personne ne pouvait égaler Lady Illness.

Il fut pourtant surpris par la verve qu'elle lui adressa, alors même qu'il venait d'arriver. Elle fumait, mais ce n'était pas son souci le plus grave : Suzaku fumait également, à l'occasion. Il s'assit à la place qu'il devait avoir, posa sa main gauche toujours – et heureusement – gantée sur la table de telle manière à ce que son doigt se repose.

« Capitaine. Tout d'abord, je vous demanderai de vous calmer. J'ai assez d'ennuis en ce moment pour que vous en rajoutiez d'autres. Les journalistes sont à l’affût de nouveaux scandales me concernant, je ne voudrais pas leur donner ce plaisir. Par ailleurs, je vous ferai remarquer que, même si j'ai annulé votre mission, je suis toujours votre supérieur hiérarchique. Vous n'avez en aucun cas à vous comportement comme cela avec moi. Si vous continuez, j'adresserai un rapport à ma hiérarchie dans le but de vous faire rétrograder. »

Il fit signe au serveur, pour leur apporter à tous les deux le menu du jour. Le restaurant n'était, certes, pas de première classe, mais Nathan Suzaku n'en avait vraiment que faire. Il ne comptait plus les jours où il ne mangeait pas ou ingurgitait vite fait des litres et des litres de café. Fate Harlaown était plus petite qu'il ne l'avait pensé, mais la seule fois où il l'avait aperçu, c'était lorsqu'il l'avait rapidement vue et renvoyée à son bureau en criant qu'il était occupé. Suzaku n'était pas vraiment la réputation d'être très tranquille, mais au moins, ses subordonnés ne devaient pas faire son travail.

« Concernant le cas Darkwood. », s'il disait Hadès en plein restaurant, il était sûr que cela ferait la une des journaux demain. « Je vais être honnête, Harlaown : j'ai subi des pressions de mes supérieurs, et certains êtres proches pourraient être en danger si mon travail n'est pas irréprochable. La mission que je couvrais pour vous est devenue trop dangereuse. Elle est peut-être d'importance nationale, mais mes supérieurs ne sont pas de cette oreille. Un agent des services secrets est venu dans mes bureaux et m'a...et m'a frappé. Je ne souhaite pas qu'ils...qu'ils puissent retrouver Lady Illness...voilà. Vous êtes contente, maintenant, je n'ai pas menti ! Êtes-vous fière ? Vous pourrez aller faire votre petit rapport au gouvernement, ils seront très heureux d'avoir enfin la bonne version ! »





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Fate Harlaown
Juliette sans Roméo
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Ven 21 Fév - 23:34
« Ne me parlez pas de vos ennuis, Suzaku. Sans vouloir m'étaler dans l'égocentrisme, je pense que la personne la plus apte à s'inquiéter pour sa situation en ce moment, c'est bien moi. Et je vais vous apprendre un truc, c'est que c'est entièrement votre faute... ! »

Au sein du gouvernement, Fate n'était pas réputée pour son intelligence ou ses capacités culturelles. Par contre, chacun avait au moins eu une fois la chance de l'écouter cracher les plus cruelles paroles. Plusieurs fois d'ailleurs, on lui avait proposé de quitter l'Inquisition pour le service communicatif où ses rares talents auraient sûrement été mieux exploités. Mais malgré ses connaissances rudimentaires en matière de stratégie militaire, elle n'aurait pour rien au monde quitter son travail pour un autre. Elle préférait mettre cet atout au service des interrogatoires plutôt qu'à celui de ces imbéciles de journalistes.

Devant Suzaku, la jeune femme avait adopté une posture qui se voulait royale et éloquente. Elle savait le Ministre convaincant et ferme malgré son apparent problème social. Mais elle ne s'avouait pas vaincue pour autant. Il était trop tard pour le convaincre de faire marche arrière, néanmoins, elle était encore en capacité de lui faire amèrement regretter ses actes. La tête haute, le dos droit, la poitrine en avant et les mains jointes sur la table, elle le toisait méchamment et s'étirait vers le haut, comme si elle cherchait à rattraper les quelques trop nombreux centimètres qui la séparait de Suzaku.

« Ne vous cherchez pas d'excuses non plus. Les scandales qui vous entourent ne me regardent pas, mais soyez sincère et acceptez le fait que ma mission n'aurait en rien été la source d'une de ces nouvelles ridicules... ! Vous avez juste eu la frousse. Et à défaut de savoir prendre sur vous et défendre les intérêts communs, vous avez préféré balancer votre collègue. »

Fate laissa le silence s'installer tandis que le serveur prenait leur commande. Depuis le début de la conversation, le regard de la blonde n'avait cessé de soutenir les yeux glacés de Nathan Suzaku. Comme si, au terme de cette drôle de bataille, le premier à détourner les yeux serait obligé de s'excuser de ses actes. Elle eut le temps de terminer sa première cigarette et en ralluma immédiatement une seconde. Dans cet état d'inquiétude perpétuelle, elle ne s'imaginait pas une minute sans un peu de tabac. Et en rentrant, elle se promettait de mettre ses soucis de côté en compagnie d'une bonne bouteille.

Lorsqu'elle avait reçu ce mail, elle avait soudainement été prise d'une envie terrible d'assassiner Nathan. Compliquer son travail était une chose, mais le détruire complètement la mettait hors d'elle. Et comme elle n'avait décidément pas assez d'ennuis, il avait bien sûr fallu que Suzaku choisisse le plus diplomate de ses supérieurs pour annoncer la nouvelle. Elle avait ouvert la convocation le matin même sur le bureau, et si aucun détail n'était renseigné, Fate s'imaginait déjà la houleuse discussion et l'horrible humiliation qui l'attendait le lendemain à neuf heures très exactement dans le bureau de Ministre.

« Je suis convoquée. Demain. Inutile de vous dire que j'en ai déjà des frissons dans le dos. Vous connaissez les tendances d'Arashi. Vous les connaissez tous, ici, de toute façon. Vous êtes juste trop faibles pour faire autre chose que fermer les yeux. Je vous jure que s'il se passe quoi que ce soit d'anormal dans ce bureau, je remettrai immédiatement la faute sur vos épaules. Et chaque fois que faute il y aura, soyez assuré que vous serez mon bouc émissaire attitré. Je ne prétends pas que votre situation est facile. Je suis sûre que vous dites la vérité et que vous avez subi d'horribles tortures. Mais pensez à moi, demain, et vous comprendrez peut-être que vous n'êtes pas le seul à subir des pressions des supérieurs. »

Quand l'entrée arriva, elle mangea en silence, sans grand enthousiasme, partagée entre la volonté de continuer à blâmer Nathan et celle de trouver comment se défiler demain. L'alternative qui consistait à comprendre le Ministre et les raisons qui l'avaient poussé à ce qu'elle considérait comme une trahison ne lui traversait même pas l'esprit. Nathan était en faute, un point c'est tout. Au fond, elle aussi avait peur. Suzaku avait fait ce qui lui paraissait bon : devant la peur et le danger, il avait choisi de sauver sa peau. C'était ce que n'importe qui aurait fait, y compris elle. Mais une fois la situation inversée, elle n'avait plus du tout les mêmes conséquences. L'horrible regard concupiscent d'Arashi et l'agréable sourire d'Hadès se mélangeaient dans un joyeux bordel. L'idée d'affronter l'un et de perdre définitivement de vue l'autre l'effaraient complètement, si bien qu'elle ne parvenait à penser raisonnablement.

« Je vous conseille de manger vite, Suzaku. Nous devions faire un bilan de cette affaire. Mais je ne vois pas en quoi cela aurait un grand intérêt maintenant. Alors si vous ne voulez pas avoir affaire à moi dans mon état le plus désagréable, mangez vite et retournez à votre petite vie parfaite et désormais sans ennuis avec votre femme et votre quotidien plan-plan. »


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Nathan S. Suzaku
Ministre de la Censure et de la Propagande
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Dim 2 Mar - 18:03
Si il y avait une chose que Suzaku ne parvenait à comprendre, c'était assurément le comportement anti-professionnel de sa collègue. S'il avait analysé les choses un peu plus profondément, il aurait même dit qu'elle ne l'avait pas écouté...mais pas du tout, alors. Fate Harlaown semblait remontée contre lui comme jamais et rien, mais rien ne l'empêcherait de lui cracher sa verve. Fate semblait croire qu'il était égocentrique, à parler de ses importants problèmes avec l'Etat, et c'était vrai, en quelque sorte. Oui, Suzaku était égocentrique. Il ne pouvait penser qu'à Illness et qu'aux conséquences de ses actes. Si il la trahissait, il se tuerait car le ministre ne pouvait imaginer une vie sans celle qu'il aimait à la folie. Par ailleurs, Nathan était, au départ, pour l'acte de Harlaown. Il l'avait jugé fin et intelligent, contrairement à la plupart des décisions de Darkwood. Cependant, depuis son retour, le capitaine lui semblait avoir changé.

Elle l'insultait délibérément et contrairement à ce qu'ils avaient convenu à l'origine, ne semblait plus vouloir de sa présence ici. Si Suzaku avait été un tant soit peu humain, peut-être en aurait-il été ému. Sans doute en aurait-il eu mal au cœur, et il, probablement, se serait excusé à genoux. S'il compatissait envers Harlaown, c'était tout simplement parce qu'elle n'avait pu finir son boulot, et c'était tout. Cependant, le ministre de la censure et de la propagande resta immobile. Il aurait pu reculer, mais il ne le fit pas. En plein dans le passage, il interdisait à Fate de bouger par la même occasion. Il n'aimait pas qu'on lui donne des rendez-vous qui étaient annulés dans l'heure, et puis il comprenait, malgré tout, l'importance qu'avait celui-ci. À l'heure où il n'avait que des ennemis en ces lieux, il était en train de perdre une précieuse alliée, et cela, Suzaku ne le voulait pas. Il continuait à, malgré tout, considérer Fate Harlaown comme quelqu'un de compétent, malgré le fait qu'elle semblait toujours et encore se laisser emporter par ses sentiments.

« Calmez-vous, Capitaine. Vous n'avez pas à vous inquiéter de cette convocation et je vous signale que Darkwood n'a pas le droit de vous licencier comme cela, étant donné que vous faites partie du corps de l'armée. Il le pourrait seulement en vous accusant de trahison envers l'état, et vous connaissez la peine relative à ce fait. Je vous encourage donc à vous calmer et à montrer moins d'attachement envers ce re-...ce terroriste. »

Nathan Seito Suzaku n'avait jamais porté Arashi Darkwood dans son coeur. Il jugeait ses méthodes violentes, irrationnelles et surréalistes, mais pourtant, il se trouvait que les résultats de ce dernier étaient plus que bon. Presque à chaque conseil des ministres, il se retrouvait à accuser Arashi Darkwood d'une violation de lois, de décrets...si le gouvernement ne respectait pas les lois, qui le feraient ? Il serait convenable que les ministres montrent l'exemple, mais cela, Iwa ne semblait pas vouloir l'entendre. C'était à cause de pensées comme celles-ci que la parole des rebelles prenait de l'importance et de la légitimité, et le pire, c'était que les concernés ne faisaient pas d'efforts.

Il passa sur le fait que Fate Harlaown l'avait insulté plusieurs fois, chose qu'elle n'avait absolument pas le droit de faire, étant donné qu'il était son supérieur hiérarchique. Et pourtant...et pourtant, Suzaku ne pouvait pas la laisser faire. Que quelque chose arrive sur ses épaules, et ses relations avec le gouvernement empireraient. Un faux pas de plus et Illness serait prise de nouveau et entraînée dans d'autres geôles, encore moins attirantes que les précédentes. Il était peut-être un cinglé qui ne pensait qu'à elle, mais eux, ils ne voulaient que son malheur, et pire que tout, ils pensaient que sa parole était dangereuse pour l'état.

« Arrêtez. Vous ne pouvez plus continuer de cette manière. Si vous parlez de moi et de cette implication dans cette affaire, c'est ma femme qu'ils tueront. J'ai sauvé Lady Illness des geôles de Kira... », dit-il sur le ton de la confidence, se mettant aussitôt à son niveau pour que l'information ne se répande pas dans le restaurant...surtout qu'étant donné la distance qui les séparaient du quartier général, des espions étaient sûrement dans le secteur. « Vous la connaissez, vous l'avez vue. Vous avez vu dans quel état catastrophique elle était en prison...je ne peux pas la laisser tomber, je ne le peux plus. La police secrète m'a prévenu, Harlaown : si je fais de nouveau un faux pas, ils sévissent. »

Il avait choisi de se confier à Fate, et cela était sans doute un faux pas. Étant donné son état actuel, elle le laisserait probablement tomber.

« Je m'occuperai personnellement d'apaiser Darkwood. »





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Fate Harlaown
Juliette sans Roméo
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Jeu 6 Mar - 13:25
Plus la conversation avançait et plus Fate se demandait ce qui en valait le plus la peine : incendier ce pauvre Suzaku pour sa décision débile ou plaindre son imbécillité et l'incohérence totale dont il faisait preuve... Elle ne comprenait pas. Après tout, lui aussi avait en quelque sorte désobéi lorsqu'il avait libéré Illness des geôles du bâtiment. Alors pourquoi n'avait-elle pas le droit de faire un petit écart pour faciliter une capture d'importance... ? Elle espérait qu'Arashi comprendrait. Hadès devait être intercepté rapidement et efficacement, par tous les moyens possibles. C'était ce qu'indiquait la directive qu'elle avait reçu. Hors d'elle, la jeune femme se demanda si être ministre lui donnait un tel sentiment de supériorité. Un instant, elle songea à le lui faire remarquer, mais s'abstint, estimant que l'argument n'était pas des plus convaincants.

Sensiblement, Nathan essayait de rattraper ses erreurs. Sans doute avait-il enfin compris qu'elle n'était pas du genre à abandonner, surtout lorsqu'elle était en colère. Elle l'écouta patiemment, au fur et à mesure se dessinait sur ses lèvres un sourire amusée. Elle étouffa un rire à la fin de son discours. Elle tira une bouffée de sa cigarette et prit une grande inspiration :

« Descendez de votre nuage, Suzaku. Vous êtes naïf ! Mais à un tel point que c'en est ridicule ! Vous vivez dans un monde d'adultes qui se tirent la bourre et se menacent mutuellement pour des questions aussi ridicules qu’existentielles. Bien sûr que je ne serai pas radiée, là n'est pas mon soucis ! Mais rien n'interdit au Général d'organiser ma rétrogradation. Dites vous que votre égoïsme va peut-être me faire perdre mon poste. »

Soit. Être rétrogradée, ça n'était peut-être pas si grave. Mais aux yeux de Fate, l'idée de perdre son poste et de redevenir un simple lieutenant ou elle ne savait quel fonctionnaire de pacotille la mettait hors d'elle. L'Inquisition ça avait été son rêve et son objectif. Une fois atteint, elle ne comptait pas chercher à grimper d'autres échelons ou à changer de service : elle ne s'était engagée dans l'armée que pour une chose, chasser les criminels et leurs défenseurs rebelles.

« Et puis vous êtes sans doute trop prude pour imaginer ce dont votre admirable collègue est capable. J'ose à peine vous parler de cette chose qu'on appelle le harcèlement sexuel, de peur de choquer vos chastes et candides oreilles... ! »

Dans sa voix, on ne ressentait ni peur, ni colère. Juste une terrible amertume. Après tout, Suzaku l'avait déjà dénoncé. A quoi bon tenter de revenir sur cette décision, il était trop tard. Même si elle ignorait tout simplement ce qui l'attendait, elle préférait encore le faire culpabiliser.

« Mais vous devez bien vous en moquer tant que ça ne touche pas votre chère et tendre Illness. En la sauvant, vous vous êtes engagé sur une voie dangereuse. N'essayez pas de me faire croire que c'est à moi de vous faciliter la tâche. Jamais je n'aurais dénoncé un collègue pour une action qui en valait la peine. Vous m'avez soutenu, Suzaku. Puis vous avez lâchement retourné votre veste quand vous avez compris que m'aider mettrait en péril votre petit bonheur. Belle philosophie vraiment. Ça donne vraiment une magnifique vision d'ensemble de votre personnalité. Acceptez un peu de vous mouillez, bordel. Vous vivez dans un monde sans merci où vous pouvez la jouer roi de la jungle ou opter pour l'entraide. N'espérez plus rien de moi à partir de maintenant. »

Il bloquait le passage à l'aide de sa chaise. Volontairement sans doute. Elle le fusilla une nouvelle fois du regard et désigna la chaise des yeux, lui faisant comprendre qu'elle avait autant son mot à dire que lui. Une nouvelle fois, Fate contempla son visage rachitique. Comment la fière Lady Illness, toute sympathisante de la résistance qu'elle était, avait pu tomber amoureuse d'un type pareil. Suzaku était l'archétype du bureaucrate ennuyeux et elle... Elle devait mériter tellement mieux. Ou peut-être Fate ne supportait-elle pas la simple idée que Suzaku ait trouvé un compagnon de route plus facilement qu'elle.

« Apaiser Darkwood. Essayez si vous le souhaitez ! J'espère qu'il vous crachera toute sa verve au visage en vous rappelant combien vous êtes ridicule et coincé. Quant à moi, je vais lui faire un rapport dans lequel je rappellerai votre manquement à votre devoir. J'ignore si le Général connaît tous les détails de la libération d'Illness, mais je suis sûre qu'il sera ravi d'avoir un témoignage extérieur. Et par pitié, arrêtez de me dicter ma conduite. Ce « terroriste » comme vous dites, je le tiens par les couilles. Et j'espère que vous regretterez vos actes quand vous le verrez se livrer aux autorités. »

Oui, c'était exagéré. Oui, elle redoutait le fait qu'Hadès lui file entre les doigts. Mais à partir de ce moment, elle ne ferait que redoubler d'effort pour humilier Nathan et enfin faire comprendre à Arashi l'intérêt de son travail.

« Autre chose. Je vous conseille de ne plus rien tenter contre moi. Voire d'envisager de rattraper vos erreurs. Vous savez, je suis capable de beaucoup de choses. Dans quelques heures, je pourrais facilement me plaindre d'une agression de votre part... Il suffit de quelques ecchymoses, je suis bonne comédienne vous savez ?... Ils s'inquièteront peut-être du fait qu'Illness soit chez vous, ensuite. »


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Nathan S. Suzaku
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Lun 24 Mar - 20:55
La situation dérapait beaucoup trop pour qu'on pense la remettre droit dans les rails. Suzaku était loin d'être un incompétent : il n'était pas sans ignorer que son interlocutrice était persuadée d'avoir raison...Or, les gens persuadés d'avoir raison avouent rarement avoir tort. Il reconnaissait en Fate une femme – au cœur sans doute trop sensible – ayant pris sa mission un peu trop à cœur. Il n'aurait été étonné de découvrir les véritables natures de ses relations avec cet assassin, ce terroriste et s'il ne subissait pas cet ignoble chantage, il l'aurait de ce pas dénoncée comme traître potentiel.

Ne jamais mêler cœur et travail, telle était pourtant la règle d'or, dans ce milieu cruel qui était le sien. Suzaku l'avait respectée pendant des années, ne laissant deviner à quiconque de son entourage ses vices, ses passions et obsessions. Il cultivait en secret cet amour pour cette femme...et quelle femme ! Elle valait tous les sacrifices, et lui aurait-elle demandé de démissionné qu'il l'aurait fait sans penser à deux fois. Harlaown, par ses paroles, la menaçait et lui ne savait plus quoi faire. Il voulait sauver celle qu'il considérait comme la femme de sa vie, c'était sûr, mais comment ? Plus il tentait de s'enlever de ce marécage, plus il s'y enfonçait. Il n'avait guère envie qu'à cause de lui, Lady Illness finisse ses jours en prison, pire, il ne se le pardonnerait pas.

« J'ai compris : j'arrête de vouloir arranger vos affaires et vous ne touchez plus aux miennes. Nous devions choisir un accord, n'est-il pas ? Cet accord sera donc celui-ci. Plus personne ne se mêle des affaires des autres et tout sera mieux. Par ailleurs, je vous rappelle qu'Hadès a toujours été capturé au moment où on ne s'y attendait pas. Depuis dix ans, Darkwood est chargé de sa capture, et il n'y est pas parvenu...alors ne le prenez pas trop au sérieux, quand il vous engueulera, car un telle homme est au courant que son frère est pire qu'une saleté de poiscaille. »

Il y avait des trucs dans son assiette...sans doute comestible, alors il commença à manger, s'aperçut qu'il avait en réalité faim. Il était rare que les envies dominent son comportement, alors il se privait souvent de manger pendant quelques temps. Le jour où il avait eu rendez-vous avec le médecin du travail, Nathan Suzaku lui avait glissé en toute discrétion une, peut-être deux ou trois gros billets. Il savait, bien sûr, que son poids pourrait lui valoir quelques ennuis et un arrêt pur et simple, il ne connaissait que trop bien les différentes législations.

En temps normal, que Fate soit rétrogradée ne lui aurait fait ni chaud ni froid...mais là, c'était tellement différent ! Illness était concernée par toute cette histoires et les sardines devenaient froides et molles dans sa bouche. C'était des bouts de poisson pleins d'arêtes à moitié caoutchouteux, sans doute trop grillés, car il sentait désormais un goût amer dans sa bouche. Il regarda Fate avant de recracher les bouts dégueulasses...une personne lambda aurait tout avalé, ou du moins, au pire, serait allée aux toilettes pour cracher. Suzaku ne savait pas vivre en société, et s'il l'avait appris, il ne comprenait pas certains comportements, certaines limites sociales.

« Très bien. Alors je sors du restaurant, et je ne vous connais plus. Je raye votre nom de mes dossiers et vous rayez le mien de votre mémoire. Tout sera pour le meilleur des mondes ainsi, quand pensez-vous ? »

La bouillie de sardine reposait dans l'assiette, petit tas mâché noir et marron clair. Suzaku remplit son verre d'eau et se rinça la bouche. Il avala. Il ne pouvait pas lui dire ce qu'il pensait d'Hadès ou elle se fâcherait à nouveau...ce genre de personne était impossible à arrêter, à moins qu'on ne les exécute. Soucieux de ce souci inattendu, il fronça les sourcils en observant sans mot dire le capitaine Fate Harlaown. Elle avait des cernes et avait le visage de quelqu'un qui se souciait de quelque chose. Si lui-même était plus apte à juger des émotions des autres, il aurait dit qu'elle s'inquiétait...sans doute pour Hadès...mais qui s'inquiéterait pour un terroriste ? Elle avait tout de même été chargée de sa capture, or, Suzaku ne doutait pas encore de ses compétences.

« ...Mais je vous en prie, ne simulez pas d'agression. J'ai d'autres soucis pour le moment, et je n'ai certainement pas besoin de cela en plus. Je peux même vous donner de l'argent. »





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Fate Harlaown
Juliette sans Roméo
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Sam 19 Avr - 15:31
Arme redoutable qu'est le chantage d'une femme. Fate n'était pas foncièrement mauvaise, au fond. Mais il fallait avouer que, la plupart du temps, c'était cette solution qui lui permettait d'obtenir facilement ce qu'elle voulait. Au diable la diplomatie ! Surtout avec des types comme lui qui ne mettaient jamais d'eau dans leur vin. Pour une fois, elle était parvenue à heurter l'ego de Nathan Suzaku et son fichu air imperturbable. Elle avait touché le point faible : Illness. La prochaine fois qu'elle aurait affaire à lui, elle saurait comment le maîtriser rapidement. Le taciturne ministre semblait soudainement perdre tous ses moyens à l'idée de voir la patronne du Cavalier Noir s'éloigner de lui. Pauvre Illness... Pensa Fate. Ce doit être un quotidien bien ennuyeux que de partager la vie de Nathan Suzaku. Elle se demandait bien comment cette fière et excentrique jeune femme avait pu choisir pareil compagnon. Peut-être Suzaku maîtrisait-il autant l'art du chantage qu'elle après tout ?

« Vous voyez que vous pouvez être raisonnable quand on vous y pousse calmement. » commença t-elle, un sourire satisfait aux lèvres.

« Mais par pitié, cessez de faire comme si vous savez comment les choses se dérouleront... ! Je connais cette affaire mieux que quiconque. Et vous en avez eu un aperçu suffisant pour voir que si vous ne vous étiez pas laissé si facilement capturé, si vous n'aviez pas cafté comme un gosse, elle pourrait être close depuis bien longtemps. »

Son ton était volontairement menaçant et rancunier. Oh, dans une situation pareille, elle aurait pu vider son sac et lui balancer au visage tout ce qu'elle pensait de lui. Mais elle préférait encore le voir culpabiliser – bien qu'elle doutait du fait qu'il en vienne à cela, vu qu'il ne se remettait jamais en question. Un peu comme elle, au fond. Ils n'étaient pas si différents.

Un silence s'était installé. Silence durant lequel Fate s'était suivi de suivre du regard le drôle de repas du ministre. Quand il recracha ce qu'il venait d'avaler comme un gosse de trois ans à qui l'on n'a pas appris à se tenir à table, son visage se figea dans une grimace. Elle jeta un œil à la bouilli horrible qui reposait dans son assiette, puis à la sienne. Si elle avait su, elle aurait sans doute pris un autre plat. D'un geste dégoûté, elle repoussa son assiette de la main.

« Vous me dégoûtez, Nathan Suzaku. Vous êtes orgueilleux, imbu de vous-même, incapable de travailler en équipe, et en plus de cela, c'est à peine si vous savez vous tenir à table. J'ai honte d'être ici en face de vous. Regardez comme les autres vous observent. Vous êtes tout simplement ridicule. »

C'était vraiment la goutte d'eau qui avait fait débordé le vase. Parfois, Fate se demandait si elle ne haïssait pas autant les collègues dans son genre que ces résistants qu'elle coursait à longueur de temps. Une chose était sûre : plus jamais elle ne partagerait un repas avec Nathan Suzaku.

Il fallait dire que ce pauvre type avait l'air bien perturbé par les menaces qu'elle avait proféré. Lui qui était habituellement pâle avait réellement un teint de cadavre et la noirceur de ses cheveux ne faisaient que renforcer cette illusion morbide. Fate l'écouta parler, comme s'il tentait de sauver les meubles une dernière fois. Quand il fut question d'argent, elle s'arracha un léger rire moqueur :

« De l'argent ? Vous croyez vraiment que je vais me contenter de votre argent ? J'en ai marre des types comme vous qui faites tout pour me mener la vie dure. J'en rêverais, Nathan. Mais ça n'est pas aujourd'hui que tu disparaîtras de ma vie. Tu me dois un service. Ou plutôt un millier de services. Alors tu vas garder tes tentatives ridicules de me faire taire et m'écouter. Ouvre grand tes oreilles et rends toi utile pour une fois. »

Elle marqua une pause et se servit un verre de vin. Inutile d'en proposer à Nathan, elle avait bien trop peur qu'il ne le crache comme il l'avait fait précédemment. Elle se baissa vers lui, pour être sûre que personne ne les entende.

« Je veux avoir accès aux informations de son ministère et à tous ces programmes sophistiqués que vous utilisez pour fliquer chacun de nos concitoyens. Je veux un maximum de données. Je veux le dossier militaire de Darkwood. Je veux que tu me rapportes ce qu'il se dit en conseil administratif. Je veux avoir une longueur d'avance sur vous tous, et c'est toi qui va me la donner. »

Avant qu'il ne l'interrompe pour lui faire remarquer les difficiles conditions de son contrat, Fate fit un signe de la main pour le faire taire :

« Inutile de préciser que si tu rechignes à faire ce que je te dis, je n'hésiterais pas à mettre mes menaces à exécution. D'ailleurs, je sais que tu as tes dossiers confidentiels chez toi. Je commencerais par là : je veux les voir. »


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Nathan S. Suzaku
Ministre de la Censure et de la Propagande
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Messages : 318
Localisation : Sur la Toile
Jeu 8 Mai - 19:51
Fate Harlaown.

Elle ne voulait pas d'argent et ne semblait vouloir que le manipuler. Nathan ne comprenait pas bien pourquoi elle avait ce désir de vengeance. Pour lui, tout était normal : elle avait trahi le gouvernement, et il avait fait son devoir. Les actions qu'elle menait depuis quelques temps étaient louches, invraisemblables et il était plus que logique qu'il ait enfin fait son devoir, maintenant qu'il n'était plus maintenu dans les geôles des rebelles. Lorsqu'il la regardait en face, lorsqu'il voyait ses cheveux blonds et son allure de poupée barbie, il se disait qu'elle aurait pu faire mieux. Qu'elle était sans nulle doute compétence et qu'il était dommage qu'elle s'abrutisse d'amour pour un tel terroriste.

Oh, Nathan, il pouvait bien parler. Il voyait son petit monde de son for intérieur. Ce qu'il ressentait pour Lady Illness était unique pour lui, ce que ressentaient les autres par rapport à d'autres personnes, il n'en avait strictement rien à foutre. Il avait établi un contrat avec le Cavalier Noir, récemment, comme quoi il révélerait certains scoops, à conditions que ceux-ci soient anonymes. Nathan Suzaku était un bon ministre, un bon employé, mais sa spécificité faisait qu'il avait du mal à se mettre à la place des autres. Hadès n'était pour lui qu'un terroriste. Si à l'origine il avait donné son approbation, c'était tout simplement pour que leurs systèmes soient plus performant et qu'il doutait de la pertinence des actions d'Arashi Darkwood. D'ailleurs, ce dernier n'avait pas retrouvé Hadès au bout de 10 ans...n'était-ce pas la preuve de son incompétence ?

Nathan grimaça. Donner des informations confidentielles sur le gouvernement s'avérait délicat pour lui, mais également pour la survie de Illness. Maintenant que ses supérieurs savaient qu'elle résidait chez lui, ils devaient également se douter que leur lien était autre que celui qu'il avait dit. Suzaku savait que ses supérieurs étaient loin d'être idiot. Il ne pouvait leur mentir comme cela et même s'il pensait que le capitaine Harlaown était toujours fidèle à Kira, il ne savait ce qu'elle allait faire des informations...Pesons le pour et le contre.

D'un côté, il y avait Kira qui menaçait Illness et qui était prêt à l'exécuter ou pire, la renvoyer d'où elle venait. De l'autre, Harlaown. Ses menaces étaient crédibles, en plus. Il la regardait froidement, comme s'il réfléchissait à ce qu'il allait faire. Le dossier militaire de Darkwood et toutes ces choses, il y avait accès. Elles étaient toutes très bien cryptées, de telle sorte que l'on sache qui avait les avait téléchargées...pour cela, il ne fallait pas en douter : la sécurité mise en route était à son maximum. Suzaku avait les mains crispées sur la table. Tout d'abord, le tutoiement qu'avait pris Fate lui faisait horreur, mais il savait que le lui faire remarquer était inutile...

Non.

Non.

Retour à zéro.

Rembobinons les bobines.

Il était ministre, merde. Il n'était pas un de ces petits ministres qui pouvaient se faire manipuler. Il était un de ceux qui pouvaient se faire haïr par leur personnel et les virer autant qu'il lui plaisait. Ce que Fate disait, par rapport à Kira, par rapport aux menaces de Junichiro Iwa, ce n'était rien. Rien, rien et ratarien.

« Vous n'y êtes pas. Laissez-moi vous parler de cette chose que l'on appelle « un supérieur ». Un supérieur a le pouvoir de vous faire taire, mais également de révoquer votre contrat et de vous révoquer. Même si vous appartenez au corps de l'armée, je peux également en parler au Général pour qu'il s'en charge lui-même, avant que vous ne lui mettiez en tête des idées fausses par rapport à ma personne. Qui irait vous croire, de toute manière...les circonstances de la libération de Illness ? Qui penserait que je suis quelqu'un qui pense aux autres, qui a, de surcroît, pitié d'un prisonnier, alors que ma conduite est restée exemplaire pendant de nombreuses années ? »

Il l'avait. Il l'avait entre deux pinces. Elle pouvait dire ce qu'elle voulait, proférer toutes les menaces du monde, de toute façon, que ce soit Kira ou Harlaown, Suzaku était coincé. Il préférait encore être fidèle à Kira et respecter le rôle qu'il devait avoir plutôt que se foutre dans une merde encore plus grosse de l'autre côté. C'était un homme intelligent, même si tout ce qu'il laissait paraître, c'était un côté détestable et carrément insensible.

« Vous n'avez pas compris, je crois, Harlaown...et vouvoyez-moi, je vous prie. Vous êtes peut-être une bonne femme prétendument faible, mais moi, je n'aurais pas de pitié devant ceux qui s'élèvent contre moi. Vous m'avez officiellement menacé, et je crois que toute menace à un ministre est équivalent à la mort. Vous avez menacé Lady Illness et cela, vous savez très bien que je peux encore moins le tolérer. Alors voilà ce que vous allez faire, Harlaown. Partez. Partez avant que je fasse quelque chose, que je mentionne le reste de vos actions superflues à Darkwood. Je ne vous communiquerai aucune information complémentaire car je suis fidèle à Kira et que je compte le rester...rappelez vous que des caméras sont disposées partout, et que si je demande un examen des bandes, vous serez beaucoup plus en tort par rapport à ce que vous avez dit que moi. »

Il la fusilla du regard.

« Partez et ne revenez pas. »





Spoiler:
 
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Fate Harlaown
Juliette sans Roméo
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Age : 20
Sam 17 Mai - 10:42
Elle n'avait presque pas touché à son assiette. Il fallait dire que les manières de Nathan ne l'y avaient pas tellement encouragé. Alors Fate Harlaown croisa les bras sur sa poitrine, patiemment, et attendit une réponse de Nathan. Elle était plutôt fière de sa petite combine : Suzaku était faible et, coincé de toute part comme il l'était, il ne pouvait plus rien lui refuser. A ses yeux, il n'y avait plus aucun doute : si Nathan lui avait causé des torts, il serait certainement un outil de grande importance par le futur. La jeune blonde l'observa, un petit sourire narquois aux lèvres. Lui, semblait véritablement tourmenté en son for intérieur : s'il n'avait pas été si blanc, elle l'aurait déjà imaginé pâlir, et ses petits yeux fourbes la foudroyaient littéralement sur place.

Situation irréaliste. Leur physique, leur démarche, leur caractère : tout les opposait. Fate se demandait sincèrement pourquoi elle avait fait le choix de faire confiance à Suzaku et pas à un autre. Des ministres, ça n'était pas ce qu'il manquait, et il était sans doute le plus désagréable de tous. Son choix n'avait décidément pas de sens. Était-ce parce qu'elle avait senti en sa drôle d'histoire avec Lady Illness quelque chose qui se rapprochait de sa situation ? Pourtant, elle avait eu du mal à se mettre en tête qu'il soit capable d'un tel geste. Suzaku amoureux. D'une femme – et quelle femme en plus ! Elle en avait d'abord douté : il s'agissait peut-être d'une simple combine pour profiter de la patronne du Cavalier Noir et de son pouvoir. Mais en ce jour, Fate comprit que c'était bien plus que ce qu'elle avait initialement imaginé et qu'elle avait touché le point faible.

Le oui était désormais inévitable.

Pourtant, quand il avait soudainement pris la parole, le sourire satisfait de Fate s'était éteint. Elle l'avait écouté, la bouche légèrement entrouverte tant ses propos la surprenait, et le visage brusquement plus pâle que d'habitude. Il résistait. Même lui qu'elle avait mis tant de mal à placer sous sa coupe avait décidé de lui compliquer la tâche. La jeune femme savait combien il avait raison : il était un supérieur hiérarchique qui pouvait disposer de sa petite carrière misérable comme il le souhaitait. Cela, Fate le savait depuis le début. Elle savait ce qu'elle risquait à proférer de telles menaces envers une personne de son grade. Mais elle savait aussi ce qu'il se passerait si elle ne pouvait obtenir un moyen de pression contre tout ce qu'elle craignait. Et de ces deux situations, elle s'était toujours dit que la seconde serait plus désagréable.

Mais elle ne s'attendait pas à ce qu'il lui dise non. Encore moins avec un pareil ton. Fini le grand bonhomme pâle rabougri sur sa chaise, elle se tenait devant un homme et un homme qui venait en quelques paroles de la rabaisser à l'état de petite fille que l'on réprimande. Incapable de répondre et de prononcer le moindre désaccord, Fate se contenta de le regarder parler. Elle venait de se faire avoir en beauté et ça, elle peinait encore à l'accepter. Elle baissa les yeux, se sentant soudainement honteuse et rabaissée. Il avait raison du début à la fin : qui du Ministre ou du petit capitaine croirait-on si elle mettait ses menaces à exécution. Il y avait des chances pour que ça marche, oui ; mais elles étaient minimes. Ces informations, elle ne les obtiendrait pas et maintenant, elle savait que Suzaku n'hésiterait pas à profiter de la situation comme elle avait précédemment tenté de le faire.

Elle ravala sa salive, pâle comme la mort, puis tenta de reprendre une posture à peu près correcte. Sa crédibilité était presque nulle : Fate tenta de le soumettre à son regard condescendant mais se heurta à son indifférence la plus totale. Le silence s'installa quelques secondes. Puis, Fate saisit son sac à main et le posa sur ses genoux :

« T... Vous n'êtes qu'un imbécile aveuglé par votre soi-disant raison. Vous m'aviez paru différent, mais au final, vous êtes comme les autres : un ministre corrompu, aveuglé par le pouvoir qui élimine ses collègues à la moindre occasion. Vous avez massacré des mois de travail. Vous vous posez en donneur de leçon alors que vous êtes incapable de justifier vos propres actes. Vous enfreignez la loi, mais vous vous précipitez pour dénoncer mes légers écarts. Vous incarnez toute la dualité que je déteste dans ce gouvernement. J'espère que Lady Illness se rendra compte de vos innombrables défauts et de vos qualités inexistantes, puis que vous finirez seul en regrettant peut-être une époque où les gens réclamaient votre aide. »

A ces mots, elle posa une liasse de billets suffisante pour payer le repas sur la table, prit son manteau, se leva et quitta le restaurant sans un regard pour le ministre.


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