Pitié et allégeance à toi, Kira ! La foule s'inclina en silence, respectueusement devant cette idole masquée et inconnue.
 
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Mer 4 Déc - 0:15
Il réajuste le bonnet noir qu'il a mis pour cacher ses magnifiques cheveux roux. Depuis sa rencontre avec Nathan, il ne peut pas sortir sans cette petite protection ridicule. Il doit se méfier. Ce foutu ministre lui en veut, et il le sait très bien. Bon, ce n'est pas comme s'il risquait réellement quelque chose. On ne peut pas dire qu'il soit réellement sorti depuis qu'il a été obligé de l'interroger. On ne peut pas dire qu'il soit sorti du tout en fait. Il est simplement resté dans sa chambre, à jouer aux jeux vidéos et à administrer le forum des hackeurs. Tout ça a beau être très constructif, il se doutait que ce calme ne pouvait pas durer. Mello a débarqué dansa sa chambre au matin, l'air agacé. Il a presque fracassé sa chaise de bureau, ce qui ne l'a pas gêné. On ne changerait jamais son blond. C'est comme ça qu'il s'est retrouvé obligé de sortir pour une mission cruciale : aller acheter du chocolat. Il aurait pu refuser, crier un peu en lui disant qu'il n'était pas sa bonne à tout faire mais à quoi bon ? Tout le monde le sait. Quand Mello ordonne, Matt accomplie la tâche qu'on lui a donnée sans rechigner. C'est malsain comme relation, on le traite de chien pour ça mais à quoi bon changer. Cette situation date de la Wammy's, c'est comme ça, ancré à jamais.

Il s'est donc mis en route pour aller chercher le stock de chocolat prévu. Bien sûr, il ne va pas n'importe où. Il ne manquerait plus que ça, que Mello ait à manger du chocolat de mauvaise qualité. Non, il est obligé d'aller à l'autre bout de la ville, à la Will Wonka Chocolate Factory. Il a des goûts de luxe, on ne peut pas lui en vouloir pour ça.

Il marche tranquillement en fumant sa cigarette. Il préfère ne pas y aller à moto, trop compliqué. Il finit toujours par se faire arrêter, se faire contrôler et c'est à chaque fois plus compliqué de s'en sortir sans trop de problèmes. Là, il ne veut courir aucun risque. La situation actuelle le concernant est un peu épuisante. Foutu ministre qui le hait sans raison. Il avance, sort des bas-fonds sans faire attention. Grossière erreur. En fait, c'était sûrement celle de la journée. Mais ce n'est pas sa faute, il n'a plus l'habitude. Personne ne peut nier qu'on est mieux, au chaud dans une chambre transformé en fumoir grâce au nombre excessif de cigarettes fumées dans l'heure. Dehors, il fait froid et il y a de la lumière. C'est sûrement le deuxième point qui le gêne le plus. Il n'aime pas ça, sortir en plein jour, c'est pire que la pendaison. Bien sûr, il n'a pas le choix. Il se voit mal sonner à la porte de Will en pleine nuit pour lui acheter du chocolat, quoique ça pourrait marcher. Du coup, il porte ses lunettes comme toujours. Les gens le regardent un peu bizarrement mais il continue d'avancer. L'important est de ne jamais s'arrêter, de paraître normal. La vie d'un rebelle n'est pas simple tous les jours, il faut l'avouer.

Il voit la fin de son calvaire. Ce bâtiment est majestueux, c'est la réflexion qu'il a chaque fois qu'il est chargé de la corvée de chocolat. Will n'a jamais fait les choses à moitié, il ne peut pas le nier. Si elle n'avait pas une obsession maladive pour le rose, il accepterait peut-être de la considérer comme équilibrée. Ce n'est donc pas le cas mais tant pis. Il s’apprête à traverser la rue pour rejoindre la grande tour qui s'élève en l'honneur de Miss Wonka. C'est à ce moment précis qu'il sent quelqu'un l'attraper, le taper dans le dos. Il se tourne pour réussir à discerner le visage de son agresseur, ou plutôt de ses agresseurs vu qu'il s'agit d'une bande de garçons bien habillés, propre sur eux. Il soupire en se rappelant qu'il les a déjà vu dans sa journée. Ils étaient là quand il sortait des bas-fonds. Ils l'ont vu, ils l'ont suivi. Sur le coup, il se sent tellement stupide. Lui, un génie ? Non, Mello s'en serait sûrement rendu compte, il ne se serait pas fait avoir. Il aurait dû rester coucher.

La douleur commence à se faire ressentir. Au fond de lui, il a espoir que quelqu'un lui vienne en aide, mais il sait très bien qu'il ne faut pas trop compter là-dessus. Il est à l'abri des regards, à croire qu'ils n'ont attendu que ça. On le retient, on lui attrape les bras pour l'immobiliser et on le frappe. Au visage, au ventre, partout. Il sent un liquide coulé sur son visage. C'est chaud, ça a une odeur de métal. Tout le long, il se débat, il essaye de se libérer en donnant des coups ici et là, mais le nombre l'emporte sur la force diminuée du geek. Il pourrait être très fort s'il faisait du sport, c'est ce qu'on lui a dit un jour, mais il s'est contenté de rester assis devant son écran pour jouer à Mario. C'est trop tard désormais.

Les jeunes – des pro-Kiras d'après les insultes qu'ils lui ont déversé – finissent par le lâcher, le laisser là pour aller chercher des autorités. Il se relève difficilement en regardant la personne qui est censée le surveiller. Il ne faudrait pas qu'il s'enfuie. C'est bête, il y a des choses qu'ils n'ont pas prévues comme par exemple, que le rouquin a l'habitude de se faire taper dessus. Qui aurait cru qu'un jour, se faire battre par Mello aurait un avantage ? Il s'approche du gamin, sûrement le plus trouillard de la bande qui s'enfuit en courant quand il voit son regard énervé. Elle est belle la jeunesse. Il gémit un peu en se redressant et en s'avançant vers la route. Il doit traverser, rentrer dans ce foutu bâtiment et accessoirement se cacher, laisser les choses se faire.

« Je dois voir Will Wonka. Tout de suite. »

Si la dame chargée de l'accueil avait pu voir son regard sérieux, elle se serait sûrement affolée. Mais ses yeux sont cachés derrière ses lunettes, comme toujours. Pourtant, elle considère sa demande. Il est plus ou moins couvert de sang, ça doit aider. Il la voit prendre son téléphone, appeler quelqu'un. Il espère que les choses vont s'accélérer. Il envoie des regards apeurés vers l'entrée. Il espère qu'ils ne vont pas venir le chercher en premier ici, ce qui serait contraire à toute logique. Il entend la femme en face de lui prononcer les mots roux avec des lunettes et sang dans sa conversation. Sauvé, il est sauvé. Cinq minutes plus tard, il se retrouve au dernier étage. Il respire à nouveau. Sa sauveuse est derrière cette porte. Sur le coup, il ne l'a jamais autant aimé. Il l'ouvre, entre en s'essuyant le visage avec le revers de sa manche. S'il met du sang sur le sol, elle va crier. Il doit avoir l'air pitoyable comme ça.

« Merci Will... Merci. »

Drôle de tableau. Il n'y aurait pas pensé en sortant. Il regrette un peu. Tout ça pour du chocolat, c'est triste quand même. Il a quand même l'impression de bien s'en sortir. Des fois, il aimerait que la vie soit un jeu vidéo avec la possibilité de revenir au point de sauvegarde précédent quand on a foiré sa partie. Ce serait beau.
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Dim 22 Déc - 19:32

Will avait commencé sa journée comme une femme ordinaire. Comme tout le monde, elle s'était levée (à quatre heures) ; comme tout le monde, elle avait fait sa toilette (un bain de chocolat au lait d'ânesse) ; comme tout le monde, elle avait pris son petit déjeuner (sept boules de glace avec un colibri en sucre au sommet) ; comme tout le monde, elle avait débuté son travail du jour (une nouvelle recette de macaron en écoutant la vingt-cinquième symphonie de Mozart). Bref, une journée banale mais partie pour être tranquille. Jusqu'à ce qu'un appel du standard perturbe sa quiétude.

Elle décrocha au bout de la première sonnerie, d'un geste nerveux. Le lustre en cristal fit étinceler l'imposant combiné doré.

- J'écoute, dit-elle.
- Mademoiselle, un jeune homme est venu se réfugier dans l'enceinte de la fabrique.

Sur le coup, la jeune milliardaire ne sut pas comment réagir. Qu'est-ce que c'était que cette information ? Ça ne voulait plus ou moins rien dire. Des milliers de personnes se "réfugiaient" dans l'enceinte de la fabrique chaque jour. Même, ils achetaient des choses. Pourquoi payait-elle une buse pareille ? Et ça s'occupait de l'accueil, ça ?

- Oui, ça s'appelle des clients.
- Disons que c'est particulier. Il saigne ... il y a du sang sur tout le carrelage. Je crois qu'il a été passé à tabac.

Will hésita entre soupirer, esquisser un geste désinvolte de la main ou émettre un rire sarcastique. Elle finit par faire les deux. Ce qui donna un ensemble assez incohérent - tout comme cette histoire, tiens. Depuis quand la fabrique servait-elle d'asile aux faibles ? Cet endroit avait été construit par les forts, pour les forts - s'entendait ceux qui étaient beaux, joyeux et raisonnablement aisés. La milliardaire pianota sur le bureau, impatiente. Ses ongles parfaitement manucurés tintèrent sur le verre vénitien.

- On n'est pas à Notre-Dame de Paris, ici. Virez-le.
- Il semble vous connaître.
- Vous le faites exprès, ou vous avez vraiment exagéré vos compétences pour être embauchée ? Tout le monde semble me connaître. C'est le principe !
- Il est roux, avec des lunettes ... de plongée.

La femme rose se tut. Elle fit le lien en une fraction de seconde, évidemment. Mais que faisait-il là ? Dans le monde réel, en pleine lumière ? Matt dans la rue, c'était comme voir Mario en vrai. Et pourquoi prendre ce risque ? Kira connaissait-il son nom ? Soit il avait pété les plombs, soit il y avait forcément urgence. Mello, sans doute Mello l'avait envoyé chercher quelque chose ... du cacao, ça paraissait logique.Enfin, il lui raconterait lui-même. Sa décision était déjà prise.

- Faites-le venir.
- Où ?
- Dans la buanderie.
- ...
- Ici, pauvre fille ! C'est pas possible d'être aussi lente à la détente ! Vous me perturbez tout mon programme de la journée et je dois encore vous rappeler la géographie de votre lieu de travail ?
- Tout de suite, Mademoiselle.


Elle raccrocha aussitôt et rangea ses dossiers avec méthode. La recette du siècle attendrait. Et dire qu'elle avait eu l'illumination, ce matin dans son bain ... rien ne se passait comme prévu. Matt avait intérêt à être sacrément amoché. Sinon, ce serait par la fenêtre qu'il allait partir.

Cependant, toutes ses pensées négatives s'évanouirent lorsqu'elle le vit arriver. Bon Dieu, que lui avaient-ils fait ? A bien y réfléchir, elle ne lui avait jamais vu un visage aussi tuméfié. Même lorsque I avait décidé de le maquiller, quand ils avaient dix ans. Son cœur se serra. Elle aimait bien Matt, vraiment. Il ne faisait rien pour l'aider quand Mello la rackettait, certes ; mais au moins il restait silencieux, près de lui, au lieu de ricaner comme le faisaient de nombreux camarades. Matt avait toujours eu un self-control impressionnant. On devait au moins lui reconnaître ça. Will supposait qu'à force de recommencer les mêmes niveaux, encore et encore, la frustration et l'impatience s'étaient complètement débranchés dans son cerveau.

C'était quelqu'un de très calme, Matt. Et selon elle, quelqu'un de très gentil. Aussi ne put-elle étouffer une exclamation lorsque des gouttes de sang souillèrent son superbe tapis.

- Mais de rien, enfin ...

Will se releva et contourna le bureau d'un pas pressé. Elle jeta un œil à son visage, du moins à ce qu'il en restait, et grimaça.

- Je vais m'en occuper. Assieds-toi.

Ce n'était pas une proposition mais bien un ordre. Même dans une situation délicate, la milliardaire se devait d'avoir un minimum d'autorité. Sinon, on s'éparpillait et ça devenait n'importe quoi. C'était bien le problème des ONG. Elle prit doucement le garçon par les bras, l'installa dans un de ses fauteuils les plus confortables. Ce n'était pas du velours, c'était un nuage. En même temps, vu leur prix, c'était la moindre des choses. Elle fit abstraction du sang qui couvrait le pull rayé. Il allait falloir qu'il se change ... on verrait cela plus tard.

- Qui t'a fait ça ?

Elle ouvrit l'armoire d'époque Louis XIV. Sa pharmacie personnelle était là - elle ne croyait pas à l'homéopathie. Seulement aux doses de cheval et au glucose. Voyons. Du coton, du désinfectant ...

- Il faut mettre Mello au courant, on va le faire quand on t'aura débarbouillé ... attention, ça pique.

Elle l'obligea à enlever sa manche sale, et s'appliqua à laver les plaies qu'elle vit. Autant dire que la majeure partie du visage y passa. C'était rapide, efficace, comme tout ce qu'elle faisait finalement - le business parait à toutes les guignes.

- On les retrouvera. J'ai les moyens.

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Sam 28 Déc - 23:36
Il la regarde tristement à travers ses lunettes. Il a de la chance. Les verres légèrement opaques empêchent la grande chocolatière de le voir. Il se sent mal. Laisser des gamins lui faire ça, à lui. Il est le bras droit du chef de la mafia, ce genre de situation n’est pas censé lui arriver à lui. Il doit se montrer fort pour que Mello soit fier de lui. Là, il va rentrer au QG, le visage en sang et son ami va se foutre de sa gueule. Il y a des bons côtés, il est parvenu à arriver chez Will. Il va pouvoir acheter le chocolat, l’unique raison de sa sortie. C’est une bonne chose, la meilleure des nouvelles. Il l’écoute, s’assoit dans le fauteuil qu’elle lui a désigné. C’est doux, confortable, ça fait un bien fou de s’assoir. Il se sent en sécurité dans le grand building de la milliardaire. Personne ne viendra le chercher ici. Qui pourrait croire qu’un homme en sang sorti tout droit des bas-fonds pourraient rentrer où il est actuellement ? Personne. Même Nathan n’arriverait pas à cette conclusion.

Il fait un effort surhumain pour réussir à enlever ses lunettes. Ses yeux verts sont humides. Il n’a pas pleuré, ça serait trop la honte. Mais les larmes sont apparues d’elle-même, sans lui demander son avis. Elles sont vicieuses. Il soupire en entendant sa question. Il cherche à se rappeler tous les détails des jeunes qui lui ont fait ça. C’est compliqué, ils se ressemblent tous. Ce sont que des sales gosses formatés selon les envies de Kira, des fils à papa qui n’attendent que de rentrer dans la vie active pour se faire un maximum de fric. Sauf que c’est différent. Ils ne sont pas Will, ils n’ont aucune imagination, aucune passion. Aucune intelligence non plus. Ils ne sont bons qu’à faire ce qu’on leur demande, c’est pour ça qu’il se retrouve dans cet état. Taper les suspects et amener les à la police. Ils se sont de bons moutons.

« Des gamins, à peine majeurs, assez friqués. Ils m’ont suivi quand je suis sorti des bas-fonds, à croire qu’ils font que ça de leurs journées. Sales gosses. – Il la regarde s’éloigner vers l’armoire. Joli armoire. Ça ne l’étonne pas de voir un meuble comme ça chez elle. Elle a toujours eu des goûts de luxe, ça s’empire sûrement avec le temps. D’ailleurs, il s’étonne qu’elle ne lui ait pas encore crier dessus. Arriver dans cet état pour dégueulasser tout son lieu de travail, ce n’est pas super gentil. – Désolé pour le sang d’ailleurs. C’est pas très classe… »

Il grimace lorsque le coton se pose sur sa peau. Il a mal mais c’est un détail. Il est habitué après tout. C’est sûrement le bon côté des choses. Oui ça pique mais elle n’est pas bête. Elle évoque Mello. Et pour son ami, il n’a pas envie de se dégonfler, il n’a pas envie de passer pour une mauviette qui a mal à cause d’un peu de désinfectant.

« Il va pas apprécier, j’le sens. – Il essaye de faire de l’humour mais c’est un échec total. C’est toujours un échec dans ce genre de situation. En fait, il a peur de la réaction de Mello. Comment son ami va le juger ? Mal, sûrement. Se faire avoir de cette façon, il y a de quoi avoir honte. – T’es prête à l’entendre gueuler ? »

Il se laisse faire. Qu’est-ce qu’il pourrait dire de toute façon, non ? Ce serait totalement stupide. Il se redresse brusquement. Elle veut l’aider à les retrouver. Elle veut faire quelque chose pour lui, un rebelle. C’est tout sauf normal. Elle n’est pas censée devoir faire ça. Elle doit rester tranquillement dans son coin et s’occuper de sa société – ce qui doit déjà prendre suffisamment de temps – et faire ce qu’elle sait faire de mieux : vendre du chocolat à Mello. Tout simplement. Rien de plus. Il la regarde bizarrement.

« Will ? Tu vas bien ? T’es pas obligée tu sais. Tu risques d’avoir des problèmes, aider la Rébellion c’est pas bon pour ton image. »

Oui, voilà. Will a pris un chemin bien correct comparé à plusieurs des enfants de la Wammy’s House. Elle travaille de façon légale, il l’admire presque pour ça. Lui aussi il aurait pu. Quoiqu’avec Nathan en ministre de la censure, il aurait eu du mal à supporter. Mais le problème n’était pas là. Will ne pouvait pas l’aider. C’est logique.
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Mer 8 Jan - 23:48

- Des fils à papa t'ont mis une raclée. D'accord.

Elle n'avait pas dit cela pour se moquer, ni même pour ironiser. Des gamins ont beau être des gamins, quand ils s'y mettent à plusieurs pour vous prendre par surprise, ça fait toujours mal. Elle connaissait peut-être leurs noms, s'ils habitaient dans son quartier. Elle connaissait les noms de tous les riches de Tokyo de toute façon. Si ces mioches n'étaient pas sur sa liste, alors leurs parents n'étaient pas assez importants. Elle pourrait toujours engager un détective privé. Rendez-vous allait être pris. En attendant, Will continua à tamponner les blessures de son camarade. Elle laissa même échapper un rire lorsqu'il s'excusa de lui avoir salopé tout son tapis.

- Je crois que la propreté des lieux n'est pas ma première préoccupation en ce moment. Et Mello m'a tellement hurlé dans les oreilles par le passé que c'en est presque devenu une musique.

Mais voilà que le garçon se redresse, et elle sursaute avec lui. Qu'est-ce qui lui prend ? ... ah. Son comportement ne serait pas "normal".

On y était.

Matt fixa Will, Will fixa Matt. S'il voulait jouer à ça, il risquait d'y perdre des rayures. Les duels de regards faisaient partie des arts à maîtriser pour survivre dans le milieu des affaires. Elle avait déjà fait pleurer des empereurs de l'industries en jouant à "je te tiens, tu me tiens par la barbichette". D'ailleurs, si Will se demanda un temps pourquoi Matt semblait si surpris de sa témérité, elle finit par comprendre. Son ancien camarade de classe ne la voyait pas du tout comme elle l'était devenue aujourd'hui. Il avait encore sous les yeux la morveuse trouillarde qui tentait d'échapper à Mello après les cours. Et comme elle s'était considérablement "rosifiée" depuis, forcément, l'image se renforçait. Il y avait aussi ce que les médias véhiculaient : un personnage plus que sympathique, bien sous tous rapports et dégoulinant d'altruisme.

Qu'on ne s'y trompe pas. Mademoiselle Wonka était altruiste. Avec ses amis, les gens dont elle pouvait tirer un intérêt et ceux de la Wammy's. Autant dire que les orphelins d'Afrique n'étaient officieusement pas du tout sa priorité. Quant à la sympathie, encore une fois, il fallait bien arranger le marketing. La réputation du Père Noël aurait été entachée si on avait su qu'il exploitait ses lutins dans son atelier. Will le savait. Et d'ailleurs, c'était l'une des raisons qui l'avaient poussée à durcir sa politique.

Oui, finalement, la réaction de Matt était compréhensible. Il ne connaissait pas le requin aux dents aiguisées, la voix crissante approchant celle d'une fameuse rédactrice en chef vêtue de jaune. Cette voix-là, c'était celle des gens doués en affaires. Des gens redoutables et redoutés. En vérité, il ne fallait pas se frotter à des gens comme Will Wonka. Il était déconseillé, même au sein des gouvernements, de l'avoir pour ennemie. La jeune femme avait prouvé à ceux qui pensaient encore que tout ne s'achetait pas qu'ils se trompaient lourdement. Les victimes de sa colère avaient appris à leurs dépends que Son Ultime Candeur n'était pas bonne qu'à faire du sucre.

Mais Matt n'avait jamais vu cette face cachée de la Lune. Il restait du côté lumineux avec sa chère blonde. Dans son petit monde pixelisé, Will ne pouvait être que respectable. La mafia lui était inconnue, et elle vivait dans un nuage rose peuplé de muffins.

C'était peut-être vrai pour le nuage peuplé de muffins. Ce qu'il devait comprendre, c'était que parfois, Will pouvait en descendre.

La jeune milliardaire fixait toujours Matt, son regard violet dans le sien.

- Si tu veux faire le grand frère, c'est trop tard. Il fallait y penser quand Mello me tabassait sous tes yeux.

Elle voulait que cela sonne comme une plaisanterie, mais une amertume certaine perça dans sa voix. Malgré tout, et après toutes ces années, elle ne pardonnait pas la passivité. Oh, ce n'était pas contre lui. A force, c'était ridicule d'en vouloir à qui que ce soit. Ce qui l'enrageait le plus, c'était de ressentir pour ses anciens camarades de classe une empathie qu'eux ne ressentaient pas pour elle. On lui avait enseignée une solidarité d'institution qu'elle avait été la seule à assimiler, et qui aujourd'hui l'isolait plus qu'autre chose.

A croire qu'il n'y avait pas de place pour les camarades dans le monde de Kira.



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Dim 16 Fév - 12:19
Il a honte de cette situation. Il n'apprécie pas spécialement de se retrouver comme ça en compagnie de Will. Le problème n'est pas d'être seule à seule avec elle. Il aime bien, ça lui rappelle de vieux souvenirs de la Wammy's House. Non, le souci n'est pas là. Il aurait pu aller à la voir n'importe quand. Enfin presque vu qu'ils sont tous les deux très occupés, mais l'idée est là. Ça l'ennuie, tout simplement d'avoir recours à son amie pour ça. Il a l'impression de profiter d'elle. Le pire c'est qu'il sait que ce n'est pas juste une impression. Arriver chez quelqu'un couvert de sang, ce n'est pas rien. Être recherché par la police, le gouvernement, tout le monde, et mettre une personne en danger, c'est inacceptable. Pourtant, elle est gentille, elle ne dit rien et essaye de l'aider. Il ne sait pas trop quoi penser. Il savait qu'elle ne l'aurait pas laissé comme ça, dans la rue à mourir à côté des poubelles, mais il ne s'attendait clairement pas à autant. Ça fait du bien de se sentir aider.

« On te revaudra ça, promis. »

Sous-entendu, le jour où tu seras dans la merde parce que tu n'en fais quand même qu'à ta tête, tu pourras quand même compter sur la mafia pour te venir en aide. Il est presque sûr que Mello aurait approuvé qu'il dise quelque chose comme ça. Et puis, il en a le droit. Il n'est pas le bras droit de la mafia pour rien. Il faut parfois que sa fonction lui donne quelques avantages. Mais il ne faut pas penser qu'il s'agit d'une promesse en l'air. Ce n'est pas dans les habitudes du rouquin, bien au contraire. C'est comme dans les jeux vidéos, quand quelqu'un nous donne une quête, impossible d'évoluer dans le jeu sans la faire. La vie réelle est pareille. Quand on fait une promesse, on est contraint de l'honorer pour évoluer dans la vie. Level up et tout.

Mais à ce moment précis, il la trouve forte. Elle fait partie de ces femmes qu'il respecte malgré tout. C'est différent d'Illness qui a instauré ça par la violence et la peur. Will l'a gagné ce respect. Elle le mérite plus que beaucoup de femmes qu'il connaît, au même rang que Billie. Peut-être plus. En même temps, pour avoir vécu un certains temps entouré de prostituées bonnes à rien qui ont choisi comme maître une folle furieuse, on a du mal à avoir espoir en les capacités des femmes à faire quelque chose de bien. Alors, quand on en voit une comme la prochaine de la WW Factory, on devient forcément un peu excessif. On n'a plus réellement la capacité de nuancer.

Il se sent con, honteux comme jamais. Tout dans la phrase qu'elle vient de prononcer lui rappelle à quel point il a été nul durant son enfance. Il avait peur. Peur de s'opposer à Mello qui pourrait l'abandonner en conséquence, peur que son ami puisse le juger parce qu'il n'était pas parfaitement l'idée qu'il se faisait d'un meilleur ami. Donc il restait là, à rien faire. Il regardait Near se fait embêter, presque méchamment par le blond.  Il regardait les autres élèves fuir quand celui-ci était énervé. Will faisait partie de ses victimes. Déjà à l'époque, Mello savait se montrer méchant, violent. Il levait rarement la main sur lui, mais ça arrivait. Ses coups faisaient toujours mal. Là, il se rend compte qu'il aurait dû faire quelque chose, protéger les autres, protéger Will qui ne méritait pas ça. Il y avait des cons à la Wammy's, comme partout. Elle n'en faisait pas partie.

S'excuser serait ridicule, il le sait. Ce n'est pas de cette manière qu'il va se faire pardonner. D'ailleurs, jamais ce ne sera possible. Il a été totalement stupide, ce n'est pas pardonnable d'être aussi lâche. Il sait qu'elle n'oubliera sûrement jamais. Elle a eu une enfance de merde, à cause de lui, parce qu'il préférait continuer à jouer à la game boy que tirer son meilleur ami par le bras pour qu'il se calme dans leur chambre. Il reste un peu silencieux, il cherche quoi dire.

« Je sais que ça sert à rien de dire que je suis désolé... – Et pourtant il le dit, parce que même si c'est stupide, tout le monde le fait. C'est humain en fait. – Mais je suis pas d'accord pour dire que c'est trop tard. On est pas si vieux que ça, je peux t'aider à partir de maintenant. Je suis pas doué pour protéger, mais on peut s'arranger. »

Il ne pourrait pas dire s'il le pense réellement, sur le long terme. Ça lui paraît dans la logique de dire ça maintenant, mais est-ce que dans deux heures il aura toujours envie de s'engager là-dedans ? Il n'en sait rien. Rien du tout. En tout cas, cette histoire l'intrigue. Il cherche à comprendre pourquoi il s'est fait tabasser par des gens qu'il ne connaissait pas. D'accord, il sortait des bas-fonds mais il l'a fait des tonnes de fois. Pourquoi aujourd'hui ? Ah oui. Il y aurait bien cette conversation qu'il aurait entendue au QG de la mafia, sur des affiches à son sujet. Pourquoi est-ce qu'il n'y a pas pensé plus tôt.

« En fait Will, je crois que s'ils s'en sont pris à moi, c'est à cause de Nathan. Tu sais, le ministre de la censure ? Il me hait, et il aurait mis un avis de recherche sur ma tête. »

Là, il déteste Ishtar bien comme il faut. C'est entièrement de sa faute s'il est dans cette merde, c'est elle qui l'a ramené au QG de la mafia alors qu'il avait refusé cette idée. Il soupire. Idiote.

« En tout cas, j'pense qu'on peut les retrouver. Ça doit pas être difficile, je pense qu'ils vont s'en vanter et à partir de là, je peux facilement arriver à eux. »
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Dim 9 Mar - 0:49
- Les retrouver, oui … ça ne sera pas difficile.

Will n'écoutait plus vraiment son ex-camarade. Déjà, son cerveau aux connections surpeuplées carburait à cent pour cent de sa capacité. Ces fils à papa n'étaient pas le cœur du problème, évidemment. Ils ne comprenaient pas ce qu'ils faisaient. Et le ministre … oui, sans doute était-il à l'origine de cette vendetta en particulier. Elle avait vu l'avis de recherche. Elle avait osé espérer que Matt saurait se tenir à carreau. Qu'il ne sortirait pas en plein jour, bêtement. Mais elle s'était dit qu'un geek, ça sortait plus. Elle avait naïvement occulté toute inquiétude pour lui, et par extension pour tous ses anciens camarades de la Wammy's. Une fois encore, il fallait bien se détacher sentimentalement.

Et pourtant là, elle bouillonnait. Le gouvernement pouvait s'attaquer à des criminels notoires. Celui qui courrait, là le Reaper. Les détraqués, les junkies, les losers en tout genre, elle s'en fichait comme de sa première table de multiplication. Mais s'attaquer à Matt ! Elle avait beau savoir qu'il était le bras droit de Mello, elle ne parvenait simplement pas à le voir en tant que tel. Il ressemblait à un chat rayé, le genre de gentil chat de gouttière qu'on voit se dorer sur les toits en été. Pourquoi s'attaquer à Matt ? Oui, il portait une arme. Mais jamais il n'aurait agressé personne. C'était lâche.

Les brebis égarées étaient manipulées, canalisées par un gouvernement de lâches. À quoi bon retrouver et châtier trois brebis égarées quand le berger pouvait toujours sévir sans trembler ?

Le problème, c'était le berger. Le berger, c'était Kira.

C'était à cause de Kira que Matt était assis aujourd'hui devant elle, en si piteux état, à babiller des promesses hésitantes. Promesses en l'air, elle en était certaine. Mais peu importe. Il était sans doute encore en état de choc, le pauvre. Ces pieds et ces poings lui étaient tombés dessus de nulle part, telles des ogives meurtrières au milieu du ciel bleu. La faute de Matt avait été de s'amuser avec un logiciel de montage vidéo. C'était révoltant, répugnant.

Tout d'un coup, Will péta un câble. Et décida de tout dire. Certes, l'idée n'était pas forcément très utile, ni même prudente. Mais elle n'en pouvait plus. Le fléau des gens riches, c'est la solitude. Et la petite femme rose, toute seule, elle en portait tellement sur ses frêles épaules habillées en couture. Des secrets gros comme des larmes, des petits déshonneurs et de grandes hontes. Elle en avait tant sur le cœur, Son Ultime Candeur la Reine Édulcorée Will Wonka. Et pas le temps pour un psychologue.

Or là, tout son programme de la journée était chamboulé de toute façon. Elle avait annulé ses rendez-vous de l'après-midi. Elle était partie pour rester ici quelques temps ici. Et ce bureau était sans doute le plus impénétrable de tout Tokyo, par quelque écoute que ce soit. Elle s'en était personnellement assurée. Alors autant s'ouvrir.

- Matt … je vais parler.

Elle prévenait comme si elle allait vomir. En fait, c'était tout aussi désagréable. Le même sentiment de perdre le contrôle.

La milliardaire prit place dans le fauteuil face au jeune homme, un trône en peluche rose. Elle-même jurait atrocement avec le meuble, et c'était ce qui faisait sa force d'impression. Elle se souvint vaguement d'un psychopathe armé d'un rasoir, qui s'était tenu à la place de Matt, il y a de cela quelques années ; souvenir étrangement plaisant. Revigorant comme une vive rafale d'hiver.

Will paraissait lasse, soudain. Presque trop vieille pour son âge.

- Il y a dans ce monde, autant de mœurs que de pays. Kira fait beaucoup, il fait de plus en plus, mais il ne fait pas encore tout. Bref … que disais-je ? Les mœurs. Il y a une infinité de mœurs sur cette planète, mais il y a une constante qui fait toujours la différence.

La jeune femme toussota pour la forme, couvrant sa bouche d'un petit poing.

- J'ai fait s'échapper Hadès. Je sais que Mello ne l'apprécie pas. Toi non plus par extension, peut-être, je suppose, je n'en sais rien. Je l'ai fait évader. Son incarcération m'a paru inacceptable, j'étais dans un bon jour. J'y suis allée moi-même, une nuit. Il est parti en disant à peine merci, ça m'apprendra … mais j'aurais fait une bonne action. Et sais-tu pourquoi personne n'est venu m'arrêter chez moi ? Pourquoi malgré les traces énormes que j'ai laissées – et je les reconnais, aucun garde ne m'a dénoncée ?

Elle frotta ses doigts ensemble. Geste universel : l'oseille.

- C'est ce dieu connu de tous dont je te parlais. Un dieu nommé Dollar. Ils se prosternent tous devant lui. Eh bien, considère que je suis une de ses papesses.

Will se laissa aller contre son dossier et tira de sa poche un porte-cigares incrusté de diamants roses. Elle en sortit une cigarette en chocolat et se la coinça entre les dents, avant de reprendre.

- Ils se prosternent tous devant l'argent. Ceux que tu ne peux pas amadouer, ceux que tu ne peux pas contraindre, tu pourras toujours les acheter. Et c'est ce que j'ai toujours fait. Je t'avoue qu'à une époque … (elle émit un rire cristallin.) à une époque, je croyais que c'était le sport national de mon pays d'origine. Mais la Russie n'est pas la seule. Elle ne s'en cache simplement pas. Est-ce moins hypocrite ? Je l'ignore. Bref ! Acheter, tout acheter. Les sous-fifres, les chefs de service, pourquoi pas les ministres ? Les hommes politiques et leurs agents sont les plus vulnérables. Le pouvoir les rend fous. Personne n'est remonté jusqu'à moi pour Hadès, parce que je les ai tous achetés. Parce qu'à défaut d'en avoir entre les jambes, j'en ai dans les poches.

La trotteuse de l'horloge baroque avançait inexorablement. Peu importe, elle avait bientôt fini. Selon ses calculs, toujours selon ses calculs. L'expérience des visioconférences avec les grands de ce monde l'avait rodée au calcul de son temps de parole.

- Jusqu'à présent, j'ai vendu des armes aux pro-Kira comme aux rebelles. Je n'ai pas vraiment choisi de camp. Mais … te voir ainsi, ça me fend le cœur, sincèrement. Je suis encore une faible fillette quelque part. J'ai suivi un peu les évènements … Illness emprisonnée, probablement torturée. Même elle ne méritait pas ça. Quant aux rebelles, excuse-moi de te le dire, ils sont en manque flagrant de crédibilité. Des liens avec des tueurs détraqués, des mafieux, sérieusement ? Il n'y a qu'une seule chance pour que votre entreprise marche. Il lui faut une image, une idéologie. Il faut que les jeunes du monde entier s'y identifient et veulent la rejoindre. De nos jours, ne pas avoir ça avec nos moyens de communication, c'est un sacrilège. Ce qu'il vous faut, c'est une campagne de publicité monstre. Un rouleau compresseur. Vous devez créer une institution.

Elle devenait folle. Elle perdait les pédales ; et si Matt portait un micro ? La milliardaire paranoïaque menaçait de faire son retour fracassant. Elle n'avait pas encore divulgué la recette de son ultime tablette WW Prestige, mais tout de même. Il fallait terminer vite avant qu'elle ne change d'avis. En affaires, la parole était la parole.

- Et qu'est-ce qu'il faut pour créer une institution ? De l'argent. Énormément, mais pour moi ce n'est rien. Je peux vous aider. Si je vous aide, vous intégrerez le camp des vainqueurs – j'en fait une affaire d'honneur. Pour preuve, je ne demande qu'une chose en échange : une bonne place dans notre nouveau monde.

La femme rose enfourna sa cigarette et sourit. C'était un sourire doux, confiant.

- Je sais que tu l'as imaginé plusieurs fois. Tu es encore un enfant quelque part, toi aussi. L'utopie des hommes libres ... tu sais ce que disais Mark Twain ? « C'est parce qu'ils ne savaient pas que c'était impossible qu'ils l'ont fait ». Faisons comme si nous ne savions pas, Matt. Nous n'avons jamais su l'impossible.


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Ven 6 Juin - 21:55
Le fait de vivre avec Mello développe certains instincts de survie. S'il y a quelque chose qu'il a appris au fil des années, c'est que lorsqu'une personne avec un caractère aussi fort que celui de son ami blond, ou même de Will, il faut éviter de les interrompre.  Dans le cas de Mello, ça peut paraît bizarre, mais le simple petit non mais venant lui couper la parole est capable de le mettre dans une colère noire que même lui n'est pas prêt à affronter. Alors il a appris à se faire, sans forcément parler de garder son avis exclusivement pour lui. Il y a toujours un moment où il pourra intervenir. Après. Quand la personne a fini, il a tous les droits, excepté celui de contredire intégralement ce qui a été dis. Il est comme ça Matt, le parfait bras droit, celui qui sera toujours d'accord avec son chef sur les grosses lignes. Il n'est pas vraiment soumis, il arrive juste à toujours trouver le moyen de s'adapter à la situation. C'est préférable. De toute façon, il gère une bande de hackeurs, il est forcément dépendant de ce qui se passe dehors, ailleurs que sur le réseau informatique.

Il l'écoute attentivement, presque religieusement. Dans ces souvenirs, il ne se rappelle pas d'avoir déjà vu Will parlait autant. Bien sûr, il ne peut qu'avouer qu'il n'a jamais vraiment fait attention à ce que faisait ou pas la chocolatière. Pour lui, il y avait Mello et les jeux vidéos. Aujourd'hui, il regrette. Il se rend compte à quel point Will est quelqu'un de bien, et une personne sur qui on peut compter à priori. Il n'aurait pas pensé ça d'elle, c'est triste à dire. Comme quoi, on se trompe régulièrement sur les gens sans le savoir. Il a toujours gardé depuis qu'ils ont atteint l'âge adulte une certaine logique dans leurs rôles. Mello, chef de la mafia. Lui, son bras droit. Et dans ce schéma, Will n'est que la meilleure chocolatière au monde, bonne qu'à vendre ses sucreries à ceux qui ont suffisamment d'argent pour les payer.

Elle a définitivement raison. Will n'est pas folle. Il s'est toujours dit qu'elle connaissait mieux tout ce qui touche au système monétaire que n'importe qui d'autre sur cette planète. Elle n'est pas à la tête d'une des plus grandes entreprises au monde, dans le plus beau gratte-ciel de tout Tokyo pour rien. Cette fille a l'art de trouver de l'argent, de le garder et d'en faire des choses constructives. Le contraire d'une bonne partie du monde, c'est pour ça que la plupart des rebelles, aussi intelligents soit-ils, sont obligés de se terrer dans les bas-fonds de la ville. Donc oui, l'argent gouverne le monde. Si les rebelles en avaient plus, ils pourraient peut-être faire plus pour leurs causes. C'est hypothétique, personne ne peut affirmer ça sans risque. Tout le monde sait que la Rébellion brille plus par son inefficacité qu'autre chose en ce moment.

Des larmes naissent presque à ses yeux lorsqu'elle parle d'utopie. Bien sûr qu'il a encore envie d'y croire. Parfois, il rêve de ce monde qu'il a connu enfant. Il se dit qu'il sera peut-être mieux, que si on peut créer des univers merveilleux dans un jeu vidéo, ça ne doit pas être dur de le faire en vrai. C'est ce qu'il espère profondément au fond de lui mais il ne le dit jamais à personne. Il doit se montrer fort, c'est un rebelle, parfois obligé de prendre les armes pour régler certains soucis mineurs. Il l'évite généralement, il préfère tuer un monstre dans Zelda qu'un pro-Kira endoctriné par la société. Il ne sait pas réellement pourquoi.

« L'impossible... – Ce mot lui paraît beau, plein d'espoir. Dans ce monde gris, c'est ce que représente Will à ce moment. Un peu de couleur, du rose. – Tu as raison. Il faudrait que tu voies avec Mello, tous ces détails c'est pas trop ma spécialité mais tu auras une bonne place. Si tu nous aides, si on arrive à enfin faire quelque chose après toutes ces années... Ce serait brutal, personne ne s'y attendrait. Mais le gouvernement prend de plus en plus d'importance, il faut faire quelque chose. »

Il regarde la salle. Elle s'est toujours débrouillée pour être à la bonne place, au-dessus de tout le monde. Il ne doute pas une seconde que quoi qu'il se passera par la suite, dans les prochaines années, elle la gardera. Elle a le talent pour ça. Personne n'en doutera jamais. Elle est du côté de la population sans l'être en quelque sorte. Elle leur vend un peu de bonheur avec son chocolat. Elle est aimée, sa marque l'est. Elle a cette masse de personnes abruties par les années, et l'argent. Efficace.

« Je m'inquiète pas pour toi tu sais... Tu es plus maligne que nous, celle qui s'en sort de le mieux. Illness en prison, Near dont on entend plus parler, Mello qui perd patience... Elle est belle la Rébellion. On aurait peut-être dû arrêter à un moment, mais c'est trop tard alors on continue. – Il soupire. Il est nostalgique, blasé, presque triste. – Les tueurs détraqués... C'est clair que niveau réputation on a connu mieux. On a dû envoyer un message au Cavalier Noir, pour qu'ils fassent correctement la différence mais bon, elle est plus aussi évidente qu'avant parfois... »

Il regarde la montre digitale qu'il porte à son poignet. Il commence à se faire tard, il faut qu'il rentre, surtout que Mello va s'inquiéter. Pour une fois, ça ne sera pas sans raison bien sûr.

« Je vais te prendre du chocolat et... Je rentre comment ? »
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