Pitié et allégeance à toi, Kira ! La foule s'inclina en silence, respectueusement devant cette idole masquée et inconnue.
 
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Si seulement, si seulement, disait le pic-vert ! [pv Fate<3]

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Lun 21 Oct - 19:17
Il avait mal partout : pire, il était paralysé de partout : si seulement, mais si seulement il n'avait pas fait cette petite escapade en compagnie de Mordred, il ne serait jamais tombé de cet arbre : ah, si seulement ! Il avait très précisément un bon nombre de pansements sur le visage, qui cachaient des éraflures pas vraiment graves, mais pas super belles non plus, son genou était cassé, il avait des côtes cassées et pire encore, son épaule droite était démise. Hadès était donc bandé de partout, n'était-ce pas un paradoxe étrange pour quelqu'un qui préférait l'inverse ? Le pire, c'était qu'à cause de tout cela, il était cantonné à sa chambre. Il aimait bien sa chambre, elle était bien meublée, il y avait des livres sur à peu près toutes les étagères et des petits trésors qu'il n'avait pas encore lus, mais l'air frais lui manquait et surtout, au fur et à mesure que les jours passaient, il se rappelait que le rendez-vous avec Fate arrivait. Il n'aurait voulu pour rien au monde le manquer, même s'il savait plus ou moins qu'elle pourrait essayer de le capturer de nouveau...Entre lui et elle, il y avait un truc étrange, une espèce d'attirance réciproque qui, il l'espérait bien, mènerait à quelque chose de concret. Vu son état, il serait même étonnant qu'il parvienne au lieu de rendez-vous, alors une rencontre plus intime, il ne savait pas trop quoi en penser.

Akira Darkwood se leva deux ou trois heures en l'avance, changea ses bandages histoire d'être sûr que tout serait correct de ce côté-ci, et prit les anti-douleurs qu'il devait régulièrement prendre. Une paire de béquilles étaient posées à côté du lit, il remercia mentalement Zen et les autres qui savaient qu'il lui était impossible de rester enfermé dans un lieu sans péter un câble. Le plus dur était sûrement fait...alors il quitta sa petite pharmacopée pour rejoindre son atelier personnel de déguisement, une pièce plus loin. S'il rencontra des gens dans ce couloir, il ne leur parla pas longtemps, ou, du moins, se contenta de leur adresser quelques mots, leur souhaitant une bonne journée. Aucun d'entre eux ne pouvaient deviner ce qu'il avait en tête, de toute façon, et puis Fate Harlaown devait penser qu'il viendrait entourer de résistant. C'était l'occasion de venir seul et de lui faire croire le contraire.

Une fois seul, Hadès s'enferma dans le petit laboratoire, contempla d'un air satisfait les perruques et le maquillage : encore une fois, il lui faudrait se déguiser pour se glisser ici-bas. Le restaurant n'était pas bien loin – à une vingtaine de minutes en bus – mais il risquait de croiser des policiers, voire pire encore, et il ne tenait pas à être arrêté alors qu'il y était presque arrivé. La première chose qu'il fit fut de se mettre entièrement nu et de choisir soigneusement, dans la penderie, un vêtement qui irait pour l'occasion : il était hors de question de mettre un costume trop serré, mais il devait aussi être élégant. Il sourit en voyant qu'il avait trouvé ce qu'il voulait, en un élégant costume de soirée noir et blanc à la ceinture rouge. Pour un peu, il aurait choisi un vêtement traditionnel japonais, mais il aurait paru désaccordé avec les habits de Fate. Il rêvassa pendant deux minutes, imaginant mentalement le trajet qu'il devrait accomplir pour faire un tour chez le fleuriste et chercher un bouquet de fleurs, et s'attaqua au maquillage.

Se maquiller devenait, surtout avec ses blessures, une épreuve de force. S'il avait mis des pansements plus fins et de couleur chair, ils restaient identifiables de loin. Il camoufla cependant la cicatrice cruciforme qui hantait sa joue depuis des années grâce à du fond de teint, sachant que celui-ci ne tiendrait pas si quelqu'un lui essuyait la joue. Il s'en barbouilla ensuite vaguement le visage, faisant attention à ce que le maquillage ne soit pas inégal. Aujourd'hui, il était un jeune homme de bonnes famille qui avait rendez-vous avec sa fiancée. Il était d'origine étrangère, ce qui expliquait ses yeux bleus, mais avait des papiers en règle au nom d'Hiroyuki Sams.

Après une bonne heure de maquillage, il sortit, non sans difficulté, car il rencontrait toujours un ou deux membre de son clan, même si, avec tout ce maquillage et surtout cette perruque brune, il était beaucoup plus facile de passer inaperçu. Malgré tout, il devait être le seul ici à se trimbaler aussi difficilement avec des béquilles, surtout à avoir un plâtre aussi gros, même s'il avait mis son pantalon dessus et qu'on ne voyait que la partie qui couvrait le pied. Il fit une pause à la porte de sortie, ayant réussi à convaincre les gens qu'il avait rencontré qu'il voulait juste prendre l'air, qu'il en avait besoin et qu'il ne fallait pas l'inquiéter...il regarde sa montre et s'aperçut que le rendez-vous avec Fate était dans cinq minutes : lui qui s'y était pris à l'avance, il avait déjà autant de retard ? Ce n'était pas possible...Il regarda ses béquilles et constata qu'il ne serait jamais à l'heure...tant pis, elle allait attendre, surtout s'il fallait qu'il passa chez le fleuriste, ce qu'il ne tarda à faire, étant donné qu'il y en avait un près du quartier général. Ce n'était pas très sécuritaire, mais il s'efforça d'enlever tout papier du bouquet de roses rouges flamboyantes qui donnerait l'adresse du magasin. Il n'était pas bon que Fate en sache trop, aussi mignonne soit-elle.

Le bus fut à l'heure, il se glissa avec plus ou moins de difficultés dans la faune humaine et descendit à l'endroit concerné : une rue passagère, une de ces grandes artères humaines de Tokyô, à Ikebokuro. Le quartier était vraiment humain, c'était vrai, et il palpitait comme palpitait le pouls à son cou. Il sourit, voyant qu'il était proche de son but : le restaurant se situait à deux pas de là, alors, il coinça son bouquet sous son épaule et commença à avancer difficilement en direction. Une fois parvenu là-bas, il s'adressa au serveur :

« Une femme du nom de Fate Harlaown a réservé pour nous deux...Puis-je savoir où nous sommes ? »

L'homme regarda les béquilles d'un air gêné, se gratta la tête et :

« En haut. Vous êtes en haut. Euh...du coup...je suis désolé, nous n'avons pas d'ascenseur. Votre amie a réservé une petite pièce pour que vous soyez plus tranquille. Permettez que je prenne votre bouquet, Monsieur. »

Hadès le lui laissa volontiers avant de laisser un regard rempli de courage aux escaliers : si seulement il l'avait su, il aurait fait lui-même la réservation ! Allez escalader des escaliers avec des béquilles et vous comprendrez la difficulté inhérente à ce sport. En attendant, il finit par bel et bien y arriver, en sueur et assez fatigué et le serveur, à sa suite – il l'aidait en le poussant au dos – arriva à ses côtés, le félicita, lui remit le bouquet et lui montra la salle, lui ouvrant la porte.

Fate était déjà assise à une table, et ce qu'elle était belle ! Il avait parfois regretté de faire cette promesse étrange, mais rien que pour ce moment, il ne regrettait plus rien du tout, au contraire ! Il suffisait de voir ses yeux, il suffisait de voir ses cheveux, sa robe, son décolleté pour ne plus se permettre de parler et de se dire que, finalement, le monde était beau, qu'il méritait d'être vécu.

« Pardon pour le retard, Fate...Je t'ai amené un bouquet. »

Il lui tendit les roses d'un geste maladroit, mais il était difficile pour lui de se pencher, surtout avec ce pansement qui lui opprimait les côtes et ce plâtre jusqu'au genou.

« Ha oui ! Bonjour ! », puis, il s'adressa au serveur, « Vous pourriez m'amener un petit tabouret, s'il vous plaît ? Pour étendre ma jambe, vous savez... »

L'homme s'en alla, disant qu'il revenait bientôt.

« Ca ? Quelques petites blessures. J'ai fait une mauvaise chute avec un ami. J'ai tenu ma promesse...et toi ? »


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Fate Harlaown
Juliette sans Roméo
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Mar 22 Oct - 18:18
« Dieu mais que fais-je là... ? »

Fate ne cessait de se murmurer cette phrase tandis que, depuis cette petite mansarde, elle observait la foule s'activer, quelques mètres plus bas, sur les longs boulevards piétons d'Ikebukuro.

Les jours avaient passées depuis l'inauguration catastrophique de la fête foraine. Plus rien dans sa petite vie tranquille ne semblait être encore à sa place. Elle passait ses journées à courir, de cellules en cellules, de scènes de crime en poursuites. Le gouvernement manquait de personnel, si bien que même des personnes de son importance se retrouvait contraint d'effectuer les tâches des larbins. Avec tout cela, elle n'avait pas eu la moindre seconde à accorder à Akira, à Hadès et aux recherches qu'elle aurait voulu poursuivre à son sujet. De plus, Arashi ne cessait de la tourmenter : tantôt en lui confiant les missions les plus improbables, tantôt en lui glissant à l'oreille des paroles obscènes qu'elle espérait ne pas avoir à connaître en pratique. Mais de tous ces problèmes qui rythmaient la vie du quartier général et des défenseurs de Kira, c'était bien la disparition du Ministre qui l'inquiétait le plus.

Suzaku avait littéralement disparu sans laisser de traces durant l'inauguration. On ne savait pas comment, ni quand, exactement, mais il était clair que Nathan avait tout simplement été kidnappé par des résistants. Bien évidemment, on n'avait peu voire pas de détails sur cette disparation : seule la voix féminine qui avait résonné dans les talkies-walkies semblait pouvoir donner un indice sur l'identité de son kidnappeur. Malheureusement, des femmes, ce n'était pas ce qui manquait dans la métropole tokyoïte... Non, décidément, rien n'allait plus.

Au-delà du fait que la disparition du Ministre de la Propagande et de la Censure posait un véritable problème politique – en effet, l'événement faisait le tour de médias, malgré le contrôle permanent des services de censure, et ce manque total d'efficacité remuait chez le peuple des inquiétudes jugées inquiétantes, Fate craignait avant tout l'absence de celui qui aurait dû être son protecteur... Seul Nathan avait connaissance de son rendez-vous, seul Nathan devait intervenir en cas de problèmes. Mais Nathan avait disparu. Et, du jour au lendemain, Fate s'était tout simplement retrouvée livrée à elle-même, face à un cruelle dilemme qui s'énonçait très simplement : irait-elle ou n'irait-elle pas ?

Elle avait longtemps hésité, longtemps réfléchi, longtemps pesé le pour et le contre. Puis, le 18 octobre était arrivé, et avec lui, le fameux rendez-vous. En ce jour si particulier, Fate restait toujours indécise. Si son professionnalisme et son goût du risque la poussait à s'y rendre, sa raison continuait de lui crier l'inverse. Bon Dieu. Ce rendez-vous avec Akira remuait ses sens et sa logique d'une manière insupportable. D'un côté, il y avait cette opportunité de pouvoir le rencontrer, de faire connaissance, de pouvoir enfin peut-être approcher l'homme qui ne cessait d'attiser son désir et d'essayer, tant bien que même, de gagner sa confiance. De l'autre persistait cette constante possibilité qu'il ait pu lui tendre un piège et qu'en s'y jetant éperdument, elle risquait, à son tour, de passer entre les mains des résistants – et Kira sait combien les phases colériques du Dieu des Enfers la terrifiait et ce malgré tout ce qu'il provoquait chez elle. Et puis, il y avait ce rapport, fait par son subordonné, qui faisait état de sa dernière apparition et qui énonçait de manière plutôt inquiétante le fait que l'on ignorait s'il était encore mort ou vif.

Finalement, les sentiments avaient fini par l'emporter sur la raison et, à dix-sept heures tapantes, Fate avait commencé à se préparer. Elle avait longtemps réfléchi à ce qu'elle porterait, à comment elle se maquillerait, à toutes ces petites choses sans importance mais qu'elle savait d'intérêt pour un rendez-vous. Son choix s'était finalement porté sur une belle robe bleu nuit, ajustée à la taille, tombant aux genoux et soulignant joliment son décolleté sans le rendre proéminent. Elle attacha ses cheveux en y chignon classique, soigna son maquillage et s'observa un instant devant la classe. Oui. Cela devrait lui plaire. Elle n'en doutait pas. Puis, la jeune femme ouvrit le tiroir de sa table de chevet et en tira son arme de service qu'elle glissa dans son sac à main. Au moins, elle ne serait pas totalement livrée à elle-même si, dans un de ses élans effrayants, Hadès s'en prenait à elle. Un dernier regard dans le miroir, puis, elle respira profondément, prit sa voiture et rejoignit le petit restaurant chic où ils avaient rendez-vous.

C'est ainsi qu'elle s'était retrouvée dans cette petite salle coquette, au fond du premier étage. La décoration y était chaleureuse et la table avait été dressé avec soin. Sans doute les employés avaient-ils préparé la salle en songeant y accueillir un couple, cela expliquerait l'ambiance champêtre qui régnait dans la petite pièce. Elle s'était assis, poliment, en faisant attention à ne pas froisser sa belle robe, tandis que le serveur lui apportait un rafraîchissement. Puis avait commencée l'attente. Quelques minutes, une demi-heure, une heure passèrent. Et, petit à petit, Fate commença à se dire que le charmant Akira ne viendrait pas. Sans doute riait-il bien, chez lui, de la savoir assise bêtement devant une table où personne ne la rejoindrait, ou pire, peut-être pourrissait-il au fond d'une de ces forêts dans lesquelles on avait perdu sa trace, sans personne pour pleurer sa mort. Dans sa tête se mélangeait les pires scénarios. Elle se surprit à le haïr quelques instants, puis à s'inquiéter pour son sort. Elle ne le voulait ni chez lui, se moquant d'elle, ni cadavérique au fond d'une forêt. Elle le voulait juste ici et ce sentiment de dépendance la remua quelque peu.

Vingt-et-une heure trente sonnèrent. Fate commençait timidement à rassembler ses affaires en se demandant comment elle expliquerait au serveur qu'elle s'était fait joliment posé un lapin sans paraître ridicule quand soudain la porte de bois s'ouvrit. Elle tourna la tête et ce qu'elle vit la stupéfia quelques instants. Elle regarda la silhouette habituellement masculine du jeune homme et qui, soudainement, était devenu frêle. Ses yeux se posèrent sur sa jambe qu'il tentait tant bien que mal de ne pas poser à terre, puis sur son visage fatigué et blessé. Si la politesse lui ordonnait de venir l'aider, elle en était tout simplement incapable. Lorsqu'il lui présentera ses excuses en glissant sous ses yeux un magnifique bouquet de roses rouges, il fallut quelques temps à ses grands yeux bleus pour se détourner vers les fleurs. Elle rougit, bêtement, avant de se saisir du bouquet et de murmurer un « merci » à peine audible.

Tandis qu'il s'asseyait, elle tenta d'expliquer ce qui l'avait ainsi handicapé. Il ne lui fallut que quelques secondes pour déduire qu'il s'agissait sans doute des restes de cette envolée qui lui avait permis de fuir. Elle esquissa un charmant sourire, son visage se recouvrit de sa pâleur habituelle et répondit :

« Je t'excuse. Elles sont magnifiques... ! »

Elle posa le bouquet sur ses genoux en prenant soin de ne pas les abîmer et demanda au serveur s'il ne pouvait pas lui apporter un vase. Puis, elle se tourna vers Akira et posa son regard sur sa jambe blessée :

« Les montagnes, n'est-ce pas ? »

Devant le silence et l'air contrits du jeune homme, son sourire s'éteignit et elle changea de sujet, gênée :

« Peu importe. Si j'avais su, j'aurais demandé à ce que nous soyons installés en bas. Mais j'ai pensé qu'on serait plus tranquilles, ici. Je n'aime pas la foule. Encore moins celles des restaurants mondains ! »
dit-elle, en tentant de détendre l’atmosphère où le silence pesait.

Ses mains trituraient l'ourlet de sa robe et elle ne cessait de se mordiller la lèvre supérieure, tic habituel qu'elle ne parvenait à empêcher.

« Tu sais. J'ai cru que tu ne viendrais pas. » finit-elle par dire.


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Ven 25 Oct - 16:53
Elle était magnifique, Harlaown, avec ses cheveux blonds et ses grands yeux bleus. C'était peut-être parce qu'il était actuellement sous anti-douleurs, mais elle lui plaisait énormément. Il n'avait maintenant plus aucun doute que leurs « métiers » respectifs n'avaient plus d'importance, dans cette rencontre. Le serveur revint rapidement et brisa le silence qui s'était instauré entre eux. Il ramena un petit tabouret sur lequel il aida Hadès à poser la jambe, posa un vase sur la table et se chargea lui-même d'y mettre les roses.

« Merci. », lui dit Akira en souriant, comptant déjà sur les épines des roses des fois qu'il y aurait un problème avec Fate. Oh, et il commanderait sûrement la viande, afin d'avoir un couteau aiguisé. Bien sûr, il ne s'imaginait pas immédiatement en train de prendre Fate en otage, surtout que bouger serait assez – beaucoup – difficile, mais c'était quelque chose qu'il devait avoir en tête. Ainsi, elle croyait vraiment qu'il ne viendrait pas : lui non plus, à vrai dire. Il aurait très bien pu mourir dans la forêt ou bien dans ce refuge que les gens du temple leur avait accordé...ou bien il aurait pu ne pas être rétabli à temps pour venir à ce rendez-vous, déjà qu'il s'était enfui du quartier général au nez et à la barbe de tout le monde...Zen ferait une drôle de tête, si jamais elle comprenait qu'il avait rendez-vous avec une pro-Kira. Il pouvait déjà entendre les « mais c'est insensé ! » dans ses oreilles, alors qu'il était si loin d'elle.

Peu importait. Fate était là, il était là. Tous deux ne semblaient pas animés d'intention hostiles, et il se savait assez fort pour dire non à toute demande d'intégration du système gouvernemental. C'est pourquoi il la regardait avec ce petit sourire narquois, ayant presque oublié la fatigue qu'il avait ressentie en montant ces escaliers et la douleur qu'il éprouvait en s'appuyant ainsi sur ses béquilles.

« Je me suis souvenu que tu voulais des roses rouges, alors je suis allé en chercher, c'est une des raisons de mon retard...l'autre, évidemment, c'est qu'y aller en béquille, surtout avec mon épaule blessée, n'est pas très facile. Heureusement, les policiers sont plutôt sympas envers les blessés de guerre. », il eut un rire moqueur, rappelant qui il était, et sa situation. C'était un comble, en effet, que ceux qui avaient causé cette blessure puisse se montrer sympathiques en ne sachant qui il était. Il trouvait cela délicieusement ironique.

« Et oui, les montagnes. J'ai appris à mes dépends qu'il vaut mieux bien être attaché en haut d'un pin. Et qu'une chute de dix mètres fait rarement du bien...Hahaha...Mais je ne t'en veux pas, je sais bien que tu faisais ton boulot, et que eux-aussi ! Bref, voyons ce menu ! »

Il prit le menu du restaurant à une main, tâchant de ne pas se froisser ou rien par ce ridicule effort. Tout ce que le restaurant proposait était incroyablement cher, mais tout avait également l'air vraiment bon. Il se concentra sur un menu entrée, plat et dessert qui avait franchement l'air pas mal, flasha sur ces petits pâtés de chèvre chaud qui lui faisait vraiment de l'œil. Pour une fois qu'il avait les moyens de payer, il comptait bien en profita et ce restaurant avait l'air de valoir le coup. Sur le coup (également), il regretta que son pied gauche ne soit pas disponible, ne pouvant faire des propositions indécentes à Fate Harlaown. Pour une fois qu'ils se voyaient là, tous les deux, c'en était même dommage.

« C'est tout de même rigolo...finalement, nous ne nous ressemblons pas vraiment. J'adore la foule, j'adore être en contact avec les gens. À un tel point que lorsque j'ai été à l'université, j'ai même mené un double cursus de sociologie et de lettres en même temps. C'était drôlement intéressant ! »

Sa main gauche – la bonne – allant chercher la main de Fate ; Hadès était un homme très tactile, il ne pouvait pas s'en empêcher. Il la retira aussitôt lorsque le serveur entra une fois de plus pour leur demander ce qu'ils avaient choisi. « Le menu à 4 000 yens. L'entrée, le chèvre chaud, le plat, la fricassée de saumon accompagnée de légumes de saison, et le tiramisu aux framboises pour le dessert, s'il vous plaît ! Merci ! » Il écouta ensuite Fate dire ce que elle, voulait, et le serveur se retira aussi discrètement qu'il était venu.

« Alors, ton boulot se passe bien...euh...les recherches, tout ça... ? »



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Fate Harlaown
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Sam 26 Oct - 17:15
Un instant, elle resta là, silencieuse, quelque peu idiote. Elle regardait ses pieds en triturant machinalement l'ourlet de sa robe. Le serveur lui offrit alors une opportunité d'éviter le regard de son compagnon du soir et, le suivant du regard, elle le regarda mettre les fleurs dans un vase de verre. Quelques secondes, elle se perdit dans la contemplation des roses qu'il lui avait offerte. C'était un très beau bouquet dont elle prendrait énormément soin : elle avait toujours adoré les fleurs, d'autant plus quand on les lui offrait. Elle songea : quand lui avait-on offert des fleurs pour la dernière fois ? Cependant, elle ne semblait pas parvenir à s'en souvenir. Sans doute était-ce le geste machinal et indifférent d'un de ces énièmes amants qui s'était senti obligé de lui apporter quelque chose pour pouvoir plus facilement lui sauter dessus. La jeune femme poussa un long soupir. Puis, les paroles d'Akira l'obligèrent à se concentrer sur la réalité.

« C'est très gentil d'y avoir penser. Elles sont vraiment très belles ! Mais c'est un véritable parcours du combattant que tu as dû passer pour venir ? Je suis flattée de voir que tu t'es donné tant de mal. »
dit-elle en souriant et en prenant bien garde à ne pas prendre sa remarque en compte.

Non pas qu'elle ne saisissait pas l'ironie de ses propos, mais elle se voyait mal engager la conversation là-dessus. Elle était, soit en partie, responsable de ses blessures et, bien qu'il ne semblait pas lui en vouloir, Fate préférait éviter ce sujet polémique. Elle regarda une énième fois sa jambe meurtrie et plâtrée et esquissa une grimace. Une chute de dix mètres ?... Cela aurait pu le paralyser, pire, le tuer. Elle recommença à se mordre la lèvre : elle n'avait pas à s'en vouloir, bien évidemment, mais cela risquait de compromettre grandement ses plans. Elle désirait gagner sa confiance et l'handicaper ainsi n'était sans doute pas le meilleur moyen d'y parvenir...

« Je suis vraiment désolée, mais je n'avais pas d'autres choix. Tu n'aurais pas dû me contacter. Mais j'espère que tu te rétabliras promptement et que, par le futur, tu éviteras ce genre de cascade désagréable. »

Puis, le silence s'installa. Fate comprit un peu tard que ses mots étaient peut-être un peu abruptes. Mais elle ne pouvait s'empêcher de le considérer lui aussi fautif : après tout, s'il ne l'avait pas provoqué, jamais elle n'aurait pu le localiser. Se mordant la lèvre, sans doute pour la centième fois depuis l'arrivée du jeune homme, elle reposa le tissu de sa robe sur ses genoux et se saisit de la carte. Il fallait qu'elle fasse attention. A tout, absolument tout. A lui, oui, mais aussi à elle. Suzaku ne la couvrirait pas. Et si lui ne coopérait pas comme Fate l'attendait, elle aurait de très gros ennuis. Elle devait mettre de côté ses pulsions, son sale caractère et toutes ces choses qui pouvaient interférer et foutre ridiculement en l'air son pénultième plan.

Elle se plongea dans la lecture des mets raffinés que proposaient la carte. Tout coûtait horriblement cher. Elle avait largement les moyens de se payer ce genre de dîner, mais un instant, elle se demanda comment lui, résistant n'ayant sans doute aucun revenu, pouvait se permettre une telle folie. La question lui brûlait les lèvres, mais elle la retint : cela restait tout de même plutôt indiscret, et elle ne voulait savoir à quelles activités illégales il pouvait se livrer. Elle posa la carte sur le rebord de la table, prenant bien garde à ce qu'elle ne déborde pas et attendit qu'Akira en fasse de même. Elle l'écouta patiemment, un sourire aux lèvres. Étrangement, elle peinait à l'imaginer un jeune étudiant intellectuel. Fate ne s'était jamais vraiment questionné sur son passé. Sans doute son cerveau formaté imaginait-il les résistants hurlant déjà leur liberté dans leur couffin. Cette ridicule image lui arracha un sourire plus naturel.

« Lettres et sociologie ? En effet, ce doit être rudement intéressant. C'est quelque chose qui m'aurait sans doute plu ! »
dit-elle, bien qu'elle n'ait absolument aucune notion dans ces deux disciplines.

Elle avait arrêté ses études très tôt. Tout simplement parce qu'elle avait préféré favoriser sa vie de famille à sa future carrière. Grosse erreur, elle ne s'en était rendu compte que trop tard.

« Si nous nous ressemblions tous, la vie serait tout de même très ennuyeuse. Tu ne penses pas ? »

La jeune femme sentit la main de son compagnon du soir près de la sienne et, comme une gamine toute timide, rougit légèrement. Elle ne comprenait pas toujours ce qu'il se passait, quand lui était là. Elle n'était pourtant ni timide, ni coincée, bien au contraire ! Séduire, elle l'avait fait toute sa vie, mais le statut de l'homme qui lui faisait face la gênait atrocement. Fate avait tout simplement bien trop foi en Kira pour accepter la simple idée d'avoir pu tomber sous le charme d'un résistant.

Quand le serveur réapparut, elle ramena brusquement sa main contre ses genoux et passa à son tour commande. La question d'Akira la désarçonna quelque peu. La situation avait quelque chose d'incongru. Lui, résistant, s'inquiétant pour son travail de militaire ? C'en était presque cocasse... ! Elle esquissa un sourire forcé. Elle se voyait très mal lui expliquer le bordel qui régnait au quartier général ces derniers jours. Elle se voyait mal lui parler de la disparition de Suzaku, des menaces d'Arashi, de ses missions sans queue ni tête. Le visage de la jeune femme se déforma alors en une grimace. Un instant, elle s'imagina afficher son plus beau sourire et lui énoncer les choses clairement : « Bon. Un Ministre a disparu, ce n'est qu'une question de temps avant que ton frère me défonce contre un mur et je n'ai même plus le temps de m'intéresser à ta capture qu'on me demande pourtant d'effectuer au plus vite ». Se rendait-il réellement compte du gêne occasionné par sa question ?

Fate tenta d'afficher un nouveau sourire, plus détendu :

« Et bien... Je ne te mentirai pas. C'est quelque peu difficile ces derniers temps. La disparition de Suzaku est notre priorité et je peine réellement à concilier tout ce que j'ai à faire. Et puis, ton frère n'est pas tendre, mais on s'y fait. »

Elle rêvait de rajouter un "Et puis toi, pendant ce temps, tu cours toujours", mais elle préféra se taire. Elle marqua une pause, remettant machinalement en place la mèche de cheveu qui dépassait de son chignon.

« Mais peu importe, ça n'est pas très intéressant. Toi ? Tu as sans doute quelque chose de mieux à me raconter, non ?... »


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Dim 27 Oct - 0:40
Elle. En fait, comment pouvait-elle discuter avec lui de tout et n'importe quoi, alors que tout les différenciait ? Avant, il pensait pouvoir la mater convenablement, toucher sa poitrine, lui demander de l'emmener dans son appartement pour qu'ils passent une bonne nuit. Oui, vraiment, Hadès y croyait, il en avait vraiment envie ! Mais voilà, il était blessé. Alors peu importait ce que Fate dirait, ce qu'elle affirmerait et tous les airs charmants qu'elle prendrait, il ne pourrait pas la toucher. N'y avait-il rien de pire qu'avoir son butin juste devant ses yeux et ne pouvoir y toucher ? Alors, tandis qu'elle parlait, il regardait cette poitrine, ces choses qu'il ne pourrait jamais avoir et qui, pourtant, étaient bien là, juste devant ses yeux. Ça le narguait et le rappelait à quel point il était handicapé, là, dans cette tenue de malade.

« Mais oui, mais oui, la vie serait ennuyeuse...Un peu comme tout en général, tu ne trouves pas ? »

Il était là, avec ses idées révolutionnaires utopistes et elle, elle était seule face à lui. Hadès était peut-être le plus normal des résistants, mais il ne fallait oublier que s'il l'était devenu, c'était avant tout parce qu'il était un peu fou. Alors il regardait Fate, et celle-ci le regardait. Il ne pouvait pas s'empêcher de l'écouter, bizarrement, même s'il mourrait d'envie de la narguer pour à peu près tout et n'importe quoi. Alors, pourquoi avait-elle demandé un rendez-vous avec lui ? Elle avait brusquement senti ses hormones en émoi, hein ? Parce qu'il pourrait la contenter, mais pas ici, ce n'était pas très discret, et si relation il y avait, elle ne pourrait se faire que si Fate y mettait énormément de sien. En attendant, Hadès n'était dupe : il voyait bien qu'il y avait quelque chose d'étrange dans le comportement du capitaine. Elle n'agissait pas comme d'habitude, ses paroles – pas toutes – ne concernaient pas le boulot, elle semblait plus rougir, et cette main avait disparu sous la table après la visite du serveur.

Sur ce, il eut un petit sourire concerné, sûr de sa victoire.

Fate était attirée par lui, c'était sûr et certain. Il avait déjà pu le voir quand il était prisonnier, mais là, c'était sûr. Et rien que pour lui, elle essayait de commencer une discussion qui promettait d'être ennuyeuse...Ha, si il pouvait l'aider...Suzaku. Suzaku était un bon sujet. Ils paraissaient tous chamboulés, dans les ministères, à cause de son absence. Si seulement ils savaient où était le ministre, ils sauraient également qu'ils pouvaient s'en faire. Que là où il était retenu captif, les personnes pouvaient aussi bien s'en tirer que perdre la vie. Et tel qu'avait l'air d'être le ministre de la propagande, Hadès espérait – mais pas trop – qu'il ne croiserait pas trop rapidement sur Mello. Dans le milieu des résistants, on murmurait qu'il était de mauvaise humeur, ces derniers temps, surtout à cause de la dernière fugue d'Ishtar.

« Ha, Suzaku, Suzaku...On raconte dans le milieu qu'il est très malade et qu'il s'est pissé dessus. Juste une mauvaise rumeur qui circule. Ha ha. Quelque chose d'intéressant ? Plus que toi, en fait. Il faut avouer que tu es plus sexy qu'intéressante : ne prends pas ça pour une insulte, haha ! »

Il lui adressa son plus beau sourire de séducteur, n'ayant pas du tout envie de révéler quoique ce soit à cette blonde qui n'attendait sans doute que cela.

« Arashi n'a jamais été un tendre...mais bon...avec la course-poursuite, vous avez tout de même eu de quoi faire deux ou trois rapports. Je suppose que vous avez assez de truc sous la main pour qu'il vous fiche la paix, non ? Et puis au pire des cas, tu te glisses dans son bureau et tu lui fais du bien...ça ne doit pas vraiment te poser de problèmes, non ? Même si Iwa a dit à Arashi qu'il lui casserait la gueule s'il te harcelait de cette manière... »

Plus il y pensait, plus il la voyait comme une pro-Kira et non l'amante qu'il devait se faire...mais tout de même, ces seins. Il avait vraiment envie de la mettre dans son lit, son handicap le répugnait.

« J'espère que tu habites au rez-de-chaussée, ce n'est pas facile, avec les béquilles, et puis je suis venu seul. », laissa-t-il échapper sans s'en apercevoir.

Il avait quasiment oublié qu'au début de leurs échanges par mails, ils en étaient à s'insulter. Que Fate lui disait, presque en s'amusant, à quel point elle serait heureuse de l'avoir rien que pour elle dans les cachots et toutes les tortures qui l'attendaient. Si seulement elle savait ce qu'il avait ressenti en tombant de cet arbre, elle saurait que toutes les tortures à son égard étaient vaines. Il en était devenu fou, à moins que ce ne fut à cause des médicaments.

« Sinon...quelque chose d'intéressant...tu fais quoi ce soir ? »


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Fate Harlaown
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Dim 27 Oct - 15:24
« Personnellement, je n'ai pas vraiment le temps de m'ennuyer avec tout ce travail qu'on me confie. Mais tu as sans doute raison. » avait-dit Fate en réponse à ses paroles.

Il n'avait pas tellement l'air passionné par la conversation qu'elle tentait désespérément de démarrer. Elle aurait aimé le voir faire des efforts : sourire, développer, continuer un peu plus sur cette voie. Elle aurait juste aimé le voir discuter avec elle comme discutent les gens normaux. Oui, ceux qui font connaissance. Mais sensiblement, ce n'était pas ce genre de conversation qui l'attirait. Alors que le silence s'installait peu à peu, Fate esquissa un sourire et fouilla dans son sac. Elle ne savait pas tellement ce qu'elle y cherchait, pour tout dire, c'était plus un acte machinal pour combler ce soudain vide qu'une action réellement nécessaire.

Quand elle se retourna vers lui, il affichait un sourire. Un de ces vrais sourires de séducteur qui vous font fondre. Il fallait dire qu'il était vraiment beau, comme cela. Malgré ses blessures et les quelques rides qui se dessinaient autour de ses yeux et qui trahissaient sans doute le fait qu'il n'était pas si jeune que cela, Akira Darkwood restait un très bel homme. Comme elle l'avait imaginé, il portait le costume avec beaucoup d'élégance et ce bouquet avait été le clou du spectacle. Elle qui en avait parlé brièvement dans l'échange de mail sur un coup de tête, elle ne s'attendait pas tellement à en recevoir...

La jeune femme admira son visage quelques secondes, un sourire gêné aux lèvres. Mais quand il prit la parole, son joli sourire s'éteignit. Plus... Sexy... Qu'intéressante ? Un instant, les mots se mélangèrent dans sa tête. Venait-il réellement de dire ce qu'elle avait entendu ?... Sa phrase avait tout de l'entrée en matière d'un mauvais plan drague et, en à peine quelques mots, Fate avait eu la sensation d'avoir reçu au visage tout ce que les hommes pensaient mais ne lui disaient jamais. Elle grimaça, gênée et surprise par tant d'impolitesse. D'un geste, elle remonta le décolleté de sa robe : non pas qu'elle n'avait remarqué ses regards insistants sur cette partie de son corps, mais soudainement, elle avait l'impression d'être regardé comme un bout de viande. Elle prit une grande inspiration. Était-ce vraiment pour cela qu'il était venu ? Un simple plan baise pour un soir ? Avait-il complètement perdu la tête ? Lui, résistant, et elle, pro-Kira. Le dîner avait déjà tout d'une mauvaise blague comme celle que l'on racontait dans les bas-fonds.

Elle était venue dans une optique bien différente. Soit, elle ne pouvait nier le fait qu'il exerçait sur elle une attraction à laquelle elle ne savait résister, mais Fate gardait bien en tête son objectif : l'enrôler. La jeune femme était également venu pour faire connaissance, discuter, comme le feraient deux adultes normalement constitués, et, pourquoi pas, créer des affinités. Bêtement, elle l'avait imaginé partir avec ces mêmes idées en tête et à ce moment précis, la blonde se sentit un peu idiote d'avoir été aussi naïve. Déçue, elle croisa les jambes, frappant malencontreusement au passage la jambe malade de l'homme. Elle afficha un grand sourire quelque peu provocant et croisa les mains sous son menton :

« Dis-moi, Akira ? Qu'est-ce qui t'a fait venir, au juste ? Qu'est-ce que tu attendais ? Tu pensais que je te taillerai une pipe sous la table sans doute ? Tu aurais peut-être mieux fait d'aller te chercher une blondinette au bordel, cela t'aurait coûté moins cher et le service aurait probablement été meilleur. »

Le ton était volontairement amer et provoquant, pourtant, le sourire ne la quittait pas. Il venait de piquer son orgueil et c'était tout simplement quelque chose à laquelle Fate était très sensible. Elle repensa à son échange avec Suzaku. Il l'avait énoncé très clairement : pour obtenir la confiance de l'ennemi, elle n'avait pas nécessairement besoin d'écarter les jambes. Pourtant, à cet instant précis, la chose lui parut évidente. Au début, en rencontrant Akira et en lisant ses mails, elle l'avait imaginé homme cultivé et aux valeurs sans doute différentes de celles de ses homologues pro-Kira. Cependant, le résistant venait de lui prouver à la seconde que, lui aussi, semblait plutôt raisonner avec ce qu'il possédait sous la ceinture. Alors soit, puisqu'il n'y avait de meilleures moyens de persuasion, elle déballerait son petit jeu habituel. Ah ça, la blondasse sexy, elle savait terriblement bien la jouer. Pour tout dire, l'idée ne la répugnait pas. Non, il fallait dire qu'elle en avait longtemps rêver de le voir lui passer dessus. Mais sans doute avait-elle espéré avoir à faire à un tout autre type d'homme.

« Je ne vais pas te mentir, toi aussi, tu m'émoustilles plus que tu ne m'intéresses. Seulement, vois-tu, bien que l'idée ne me déplaise pas, dans ton état, les choses s’annoncent particulièrement difficile. » déclara t-elle, un sourire narquois aux lèvres.

Elle marqua une pause, changeant soudainement d'attitude. Elle défit d'un geste de la main le chignon serré qui ornait le haut de son crâne, retroussa ses lèvres dans un sourire qui dévoilait ses grandes dents blanches et se baissa légèrement, offrant une vue qui faciliterait certainement la tâche à son interlocuteur. Elle porta le verre de vin qu'on lui avait servi à sa bouche :

« Tu es marrant, toi en fait. Ton frère se moque bien de ce genre de détails. Il te veut toi. Ce n'est pas comme si ta petite escapade en montagnes l'intéressait. Il se fiche de tout ce qu'on fait pour t'avoir, lui, seul le résultat l'intéresse. »

Quand il entreprit de parler d'Arashi et de ce qu'elle aurait sans doute à faire pour éviter de s'attirer ses foudres, Fate émit un rire forcé. Non pas que l'idée soit particulièrement drôle, mais lui à qui elle s'était confié semblait parler de la chose comme d'un petit sacrifice sans importance.

« Ah oui ? Non, vraiment. L'idée de me faire sauter par ton frère ne me réjouit pas tellement. Arashi est loin d'être l'amant idéal, tu devrais le savoir... »

Fate ignorait s'il se rendait vraiment compte du ridicule de ses propos. Comme si elle, femme dont le physique semblait plus intéresser que le caractère, n'avait aucun scrupule à se livrer à de telles choses. Oui, elle avait couché pour réussir. Tout simplement parce que réussir lui semblait vital et que face à ces demandes explicites, elle avait choisi de choisir la voie la plus facile.

Ce qu'elle faisait ce soir... ? Oh elle avait le sentiment de voir un gamin. Vous savez, on l'a tous fait. Tourner autour du pont sans se rendre compte que la demande est terriblement évidente. C'était un peu ce qu'il faisait en cet instant. Elle sourit, glissa la main dans son sac et en sortit les clés de son appartement qu'elle posa sur la table.

« Je suis chez moi. Tu veux venir, c'est cela ? Tu as vraiment de la chance, je suis au dernier étage, mais il y a un ascenseur. Tu es tout de même un peu culotté de t'inviter comme cela chez moi, non ? » dit-elle, tandis que son pied glissait déjà lentement contre la jambe valide d'Akira.


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Jeu 31 Oct - 22:08
Hadès regarda Fate, d'un air très peu convaincu. Enfin, tout d'abord, il grogna, grognement qui ressembla plus à du gémissement qu'autre chose. Il ne savait pas si c'était exprès ou non, mais elle avait touché sa jambe malade, et cela faisait plus mal qu'autre chose. La pensée qu'elle était définitivement une agente de Kira lui revint tout d'un coup, avec celle qu'Arashi l'avait sûrement mandatée pour l'arrêter, sinon le convertir. Oh, le convertir ? Après cette grimace, Hadès eut tout d'un coup un petit sourire, lorsqu'elle dit qu'elle n'était pas là pour lui faire plaisir sous la table. Sourire qui s'élargit encore plus lorsqu'elle maintint vouloir lui faire plaisir – d'où sa jambe qui glissait lentement mais sûrement la sienne, comme la prochaine d'un prochain rendez-vous, plus sensuel, plus confiné. Que pouvaient-ils faire, après tout, dans ce restaurant, à part parler de ce qui les séparaient ? Trop rien. Si le serveur arrivait avec leurs plats, alors que Fate s'occupait de cette partie de son anatomie, il serait vraiment gêné...Par ailleurs, il savait bien que ce n'était pas tout, que la blonde n'était pas là uniquement pour faire joli alors qu'elle était si tenace lors de son interrogatoire.

Se souvenait-elle de la cigarette ? Ce bout allumé qui le brûla sur le cou, et qui n'était désormais qu'une petite cicatrice, trop faible pour être distinguée parmi les autres qu'il s'était faites en tombant de l'arbre. Hadès eut une petite toux, s'il avait eu son deuxième bras libre, il l'aurait applaudie, tant elle faisait preuve d'assurance – d'après lui – et de compétences. La manipulation semblait même être devenu un domaine dans lequel elle excellait, et c'était dire !

« Tu sais, Fate, je ne peux pas croire qu'une capitaine comme toi soit venu à ce rendez-vous sans idées...sans idées. Je suis culotté, oui, mais toi, c'est encore pire...Un terroriste et toi...si quelqu'un le sait, je ne donne pas cher de ta carrière. Je veux bien croire que je t'émoustille, mais...Fate Harlaown...tu m'as posé une cigarette sur le cou et tu l'as écrasée. Tu n'as pas idée de combien je te hais et à quel point je veux t'avoir. »

Il reprit son souffle, la peau blanche et les yeux presque fermés. Son regard était inquisiteur, il tentait de la fixer le plus possible pour tenter de la mettre mal à l'aise. C'était aussi une technique qu'utilisaient les lieutenants de l'Ordre dans leurs interrogatoires, et Hadès était le premier à détester ces méthodes. Seulement voilà, là où Hadès se prétendait pacifique, il trouvait toujours des paradoxes, et celui-ci en était un. Pour gagner, il fallait impressionner son adversaire, le terrifier. Fate n'était peut-être venue là pour tirer quelque chose de lui, mais lui si. Il avait plusieurs raisons, après tout ? La première étant cette fichue manie de collectionner les femmes – Fate manquait à sa collection et vous ne pouvez pas savoir comment cela le frustrait – la deuxième était son bras-droit. Akis Akihiro de son nom moisissait en prison depuis les attentats du quartier général, et s'il était là, c'était pour faire...deux pierres d'un coup. Il négocierait sûrement sa libération grâce à des informations confidentielles. Après tout, maintenant qu'elle savait qu'il était Hadès, elle en comprendrait mieux certaines.

« Alors...très bien. Je... »

La porte s'ouvrit, coupant Hadès dans son monologue. Le serveur apparut avec leur entrée et Akira tourna vivement la tête vers lui, complètement surpris. Il allait à présent aborder le sujet Akihiro, et voilà que ce pingouin habillé commençait à réciter l'entrée et leur distribuer, leur ajoutant des couverts lorsqu'ils en avaient besoin. Profitant de cet instant de répit, Hadès s'installa un peu plus confortablement sur le fauteuil, détendit son dos et mit une main dans ses faux cheveux, hésitant à enlever la perruque qui lui tenait chaud...ce qu'il ne fit pas, finalement. Même si le serveur était un élément qui, finalement, était peu important dans l'évènement, il ne voulait pas risquer qu'il soit en réalité un membre de l'Ordre, alors que sa tête était mise à prix là-bas.

Il partit, Hadès rouvrit la bouche.

« C'est toi que je veux. Toi, et personne d'autre. Pas forcément tout de suite, mais quand tu m'emmèneras chez toi, je veux que tu me montres le mieux dont tu es capable...Sinon, je suis ici également pour négocier la libération d'Akis Akihiro. Ce garçon est un membre de mon groupe. Je suis prêt à te délivrer des informations pour sa libération. Par contre, il est tout à fait hors de question que je me livre personnellement, et tu le sais...tu as dû respecter les termes de notre contrat  et ne placer aucun élément à l'extérieur...enfin...je l'espère pour toi. »

Son ton était froid, digne de Hadès, pas d'Akira. Sa main avait fermement agrippé une fourchette occidentale, et il mangeait son entrée à base de fromage de chèvre avec. Sacrée Fate. Si seulement elle se rendait compte d'à quel point elle allait l'aider...Chère, chère, très chère Fate...Outil vaguement utile, facile à manipuler. Il était déjà heureux de son triomphe, de ce nouveau trophée sur son étagère.

« Mais je conviens que nous devons parler tout d'abord de ce cher Akis avant de commencer une conversation de nature douteuse...Très bon, ce chèvre. Alors ? »


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Fate Harlaown
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Jeu 7 Nov - 22:40
« Pardon. » avait-elle laissé échapper, un petit sourire narquois, en réponse à la grimace douloureuse d'Akira.

Fate se fichait bien du fait qu'il est mal. Tant mieux d'ailleurs. S'il pouvait souffrir, lui aussi, juste un petit peu ; s'il pouvait souffrir juste assez pour comprendre combien sa vie avait pris une tournure déplaisante depuis qu'il fuyait, encore et encore. Ce n'était pas lui, malgré ses multiples blessures, qu'elle allait plaindre. Après tout, il l'avait bien cherché, car après tout, s'il s'était tout simplement rendu, il n'aurait probablement pas connu tel désagrément. L'envie de s'échapper une fois de plus par la forêt ne lui reviendrait sans doute pas de si tôt... La jeune femme posa le coude sur la table, pencha délicatement la tête et posa sa joue contre son poing. Son sourire amusé disparut. Mieux valait continuer à discuter intelligemment, et elle savait qu'il ne prendrait peut-être pas la chose avec autant d'humour qu'elle.

« Ce que je peux être maladroite des fois... ! » ne put-elle s'empêcher de dire, comme ci l'idée de le faire enrager était décidément bien loin d'être déplaisante.

Mettant son orgueil et son sens quelque peu ridicule de la vengeance, elle entreprit de l'écouter parler. Ce n'était pas en s'attirant ses foudres qu'elle le joindrait à Kira, c'était sans doute la seule dont elle était sûre. Un petit sourire satisfait continuait d'orner les lèvres de la jeune femme : elle était sûre, à cet instant précis, que la victoire était à porter de main. Elle n'aurait qu'à continuer à le charmer un peu plus : quelques mots doux, quelques gestes bien placés et, à la fin de la soirée, elle obtiendrait certainement un nouveau rendez-vous durant lequel elle achevait de le convaincre. On avait souvent reprocher à Fate son assurance, sa totale confiance en ses compétences et cette manie qu'elle avait de se lancer sans réfléchir dans des stratégies qu'elle imaginait parfaite. Malgré cela, lorsqu'elle sentait son plan proche de la perfection, elle ne pouvait s'empêcher de l'appliquer aussitôt. Jamais elle ne se remettait en cause. Était-ce par orgueil ou simple conviction ? Peu importait, le problème restait souvent le même : quand la chute arrivait, elle était souvent très difficile à accepter.

Sur l'instant, cet étonnant changement de comportement la laissa bouche bée. Ses lèvres s'entrouvrèrent dans une expression surprise qu'elle s'empressa de corriger. Ne jamais rien laisser paraître, on n'avait cessé de lui répéter à l'académie. L'ennemi attend toujours la faille, il ne faut jamais la lui offrir. Elle détestait Akira quand ses mots plein de venins sortaient de sa bouche pour la rabaisser ainsi. Elle le détestait quand il parlait d'elle comme d'un objet, et d'un objet qu'en plus de désirer ardemment, il souhaitait punir. Une boule lui vint au ventre et elle ravala sa salive pour calmer toute émotion qui la trahirait. Elle cligna plusieurs fois des yeux : que dire... ? Ses yeux se posèrent sur la gorge du jeune homme à la recherche de la cicatrice. Elle ne vit rien. Plus rien. Sans doute était-ce déjà un vestige du passé. Mais ses paroles ne cessaient de résonner dans sa tête : que se passerait-il, au juste, quand il finirait par se venger ? Elle regrettait presque son geste, violent et gratuit, mais qu'elle n'avait su retenir tant la colère s'était emparée d'elle.

Elle prit son verre et le porta à ses lèvres, profitant de ces quelques instants de répit pour réfléchir à une réponse convaincante. Il avait raison sur toute la ligne. Si Arashi découvrait ce qu'elle faisait en ce moment même, Fate ne donnait pas tellement cher de sa peau. Seul Nathan pouvait la couvrir, et bien évidemment, elle doutait jusqu'au fait qu'il soit en vie. C'était à croire que le destin s'acharnerait sur elle. Couverte par Nathan, elle se savait capable de faire face, mais sans lui, elle peinait à croire que ce simple échange de mail puisse suffire à convaincre son supérieur de sa bonne volonté. Un instant, elle sentit la peur la submerger. Sous-entendait-il par là qu'il avait pour idée de la dénoncer, d'une façon ou d'une autre ? Elle chassa cette pensée de son esprit : non, il n'y avait aucun intérêt voyons. Akira résonnait comme un seul et unique individu, et bien que ce geste lui apporterait sans doute une sorte de satisfaction personnelle, sa sécurité serait compromise.

« Eh bien... On peut dire que c'est clair, en tout cas. Je ne pensais m'être attirer tes foudres aussi ardemment. » commença t-elle en tentant d'esquisser un sourire naturel qui se voulait gêné.

« Personne ne saura rien. Personne ne sait rien. Si nous nous en tenons à nos promesses, le monde ne saura rien de notre petite entrevue. Mets ce geste de côté, il était violent et ridicule, mais j'étais tellement en colère... Et puis toi, tu étais mon prisonnier, moi j'étais ton bourreau. Ne pense surtout pas que c'était un geste uniquement personnel. Si j'étais venue avec un but en tête, n'aurait-il pas été logique que je cherche à t'arrêter ? Non. Si j'avais voulu t'avoir, je l'aurais fait. Il me suffisait de venir accompagner. Mais ce n'est pas ce que je voulais, tu sais. Je pensais pouvoir profiter de ce rendez-vous pour te rencontrer. Juste te rencontrer, comme le ferait toute jeune femme normalement constituée qui ressentirait cette même attirance pour toi. »

A ces derniers mots, elle tenta d'esquiver un nouveau sourire. Oui, très bien comme cela. Elle était presque convaincue de son interprétation. Elle était parfaite dans ce rôle de demoiselle un peu niaise et incapable de contrôler ses pulsions physiques. Elle était parfaite dans ce rôle presque ingénu. Il suffisait de simuler le gêne, de rougir un peu et d'avancer un sourire charmant. Fate n'aurait jamais imaginé devoir ainsi jouer la comédie pour le convaincre. Mais elle ne tenait pas tant que cela à le voir exécuter sa vengeance et il semblait évoquer ce sourire avec tant de hargne qu'elle sentait déjà un frisson lui parcourir le dos. Mais l'arrivée du serveur lui offrit un nouveau répit, elle sourit et le remercia poliment, attendant patiemment que son homologue masculin soit à son tour servi avant de se saisir de ses couverts.

« Bon appétit. » s'était-elle contenté de dire, souriante et polie, tandis que le serveur retournait d'où il venait.

Elle goûta à son entrée et fut étonnée par l'extrême qualité du plat que l'on venait de lui faire parvenir. Elle en prit une nouvelle bouchée qu'elle engloutit joyeusement et entreprit de se concentrer à nouveau sur son partenaire. Bien que le plat soit délicieux, elle n'était pas tellement venue pour faire un monologue silencieux devant son assiette. Akira était sans doute de bien meilleure conversation. Et ce dont Fate était sûre, c'était que son repas, aussi bon soit-il, ne la sortirait pas du bourbier dans lequel elle était enlisée.

Une fois son speech terminé, Fate grimaça. Tout se déroulait trop bien au début, voilà qu'il fallait qu'il fasse intervenir des sujets d'ordre politique. La jeune femme poussa un soupir sonore qui montrait bien son désintérêt. Akis Akihiro. Elle se souvenait de ce jeune homme : c'était celui qu'elle avait semé lors de l'attentat, laissant son collègue se charger de son cas. Si elle n'avait pas été responsable de son interrogatoire, elle avait elle-même corriger le rapport correspondant. Elle tenta de se remémorer le visage du résistant. Arashi. Il lui semblait bien qu'Arashi lui même avait tenu à le questionner. Elle grimaça à nouveau et entama une nouvelle bouchée avant de poser ses couverts.

« Je ne voulais pas d'Hadès le résistant, ce soir. Je m'attendais à trouver Akira. Comme tu m'avais dit vouloir rencontrer autre chose qu'une pro-Kira. Sensiblement, c'était trop te demander que de mettre tout cela de côté... »

Fate tourna la tête, observant la nuit qui été déjà tombée sur les grandes avenues tokyoïtes, et prit un air visiblement désintéressé. Il fallait dire qu'elle s'attendait à quelque chose d'autres de sa part. Cependant, il risquait d'être déçu : elle avait bien peur de ne rien pouvoir faire.

« Je suis vraiment désolée d'avoir à te dire cela, mais je ne peux pas t'aider. Arashi ne sait pas que je suis ici, et je devrais lui faire part de ta demande pour une quelconque tentative de libération que, de toute façon, il n'approuvera pas. Je crains ne rien pouvoir faire pour toi. Je ne peux aller le libérer impunément. »

Elle marqua une nouvelle pose en portant son vingt à ses lèvres :

« Si tu souhaites tellement cet échange, prends contact directement avec le gouvernement. Je crains ne rien pouvoir faire pour toi. Vraiment. »

Le silence s'installa quelques secondes, tandis qu'elle finissait son plat. Puis, elle posa bruyamment ses couverts sur la table :

« Ah, et autre chose. Par pitié, cesse de parler de moi comme si je t'étais déjà acquise. »


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Dim 10 Nov - 22:24
Alors comme ça, il devait faire en sorte de ne plus parler de résistance. Il soupira légèrement, pensant à son ami qui croupissait dans des cellules moisies. Il espérait qu'Akis tiendrait le coup, qu'il ne serait pas mis entre les cruelles mains d'Arashi. Le jeune garçon ne supporterait probablement pas cette visite et il ne se le pardonnerait pas. Trop de ces vies civiles avaient été rompues par une rencontre avec son frère. Akira porta un autre morceau de chèvre à sa bouche, pris le temps de le savourer avant de regarder de nouveau Fate Harlaown. La nourriture le calmait, lui, Dieu au tempérament en ce moment aussi sévère.

« Personne, no one. Évidemment que tu prends d'incommensurables risques. 'Fin bon, je te signale quand même qu'il y a le serveur et tous les gens qui t'ont vu entrer dans ce resto. Même si je suis déguisé.Tu serais venue accompagnée qu'on aurait tué Suzaku. »

C'était faux : Suzaku n'était point sous sa responsabilité. Il était sous celle de Mello, c'était à dire dans un camp qui n'était clairement pas le sien. Si jamais il essayait d'influencer sur les décisions du blondin, il pourrait être sûr de se heurter à un véritable mur de pierre. Quel dommage, que cet homme mette aussi peu de bonne volonté pour collaborer. De Suzaku, d'ailleurs, il ne connaissait pas grand chose : seulement des bruits de couleur, des petits ragots qui se contentaient de faire des blagues à son sujet. On racontait que l'homme de Mello chargé de lui apporter de nouveaux vêtements – quel veinard – avait dû laver les anciens car ils étaient pleins de pisse et de sueur. Il secoua la tête, puis, se concentra un peu plus sur le repas présent. S'il commençait à penser, ils n'étaient pas arrivés.

Hadès, en réalité, ne savait plus vraiment sur quel pied se tenir. D'un côté, il jouait le rôle de Hadès, chef de la résistance. Il voulait saisir n'importe quel occasion pour faire délivrer ses alliés. D'un autre, il était presque tenté de la croire, elle dont les yeux ne semblaient crier que la vérité, et juste la vérité. Il était toujours furieux, bien sûr, il ne pouvait pas oublier ce qu'elle avait fait, même si c'était son travail, même si elle devait le faire, au risque de perdre sa place. Il continua donc à manger, petites bouchées par petites bouchées, tentant de se relaxer. Au bout d'un moment, il mit la main dans sa poche, en sortit des petites pilules de différentes couleurs et les avala avec un peu d'eau.

« Si Arashi savait que tu étais ici, avec moi, il serait déjà entré en grande trombe. Ils m'auraient encerclé, m'auraient ordonné de ne pas bouger, ensuite, ils m'auraient immobilisé et m'auraient éventuellement cassé un truc en plus. Charmant programme. »

Prendre contact avec le gouvernement ? Hadès secoua la tête : ce n'était tout simplement pas possible. Ils refusaient tout échange de prisonnier, prétextant que ceux-ci étaient des criminels qui devaient juste être jugés. Et si Akis était déjà mort, que ferait-il ? Il avait Zen, bien sûr, mais...ça lui avait fait du bien, d'avoir un jeune homme si innocent, tellement malléable juste derrière lui. Akis l'admirait tellement et il avait peur de ce qu'Arashi avait pu en faire si jamais il était tombé entre ses mains.

« D'accord. Alors je vais arrêter d'être insupportable, et toi tu vas arrêter de faire semblant d'être folle de moi. Tu vaux plus que cela, et je te demanderais juste de jouer franc-jeu pour que tout se passe bien. »

Nouvelle bouchée : Akira Darkwood venait de finir son entrée, et il posa ses couverts sur l'assiette avec un air satisfait. Ses papilles gustatives s'étaient régalées, il y avait longtemps qu'il n'avait pas aussi bien mangé. Il ferait sûrement payer l'addition à Fate, sous prétexte que lui ne travaillait pas, mais au cas où, il avait emmené un peu d'argent.

« Je ne vois pas trop ce que je pourrais te dire, en tant qu'Akira. Tu sais que je suis un obsédé sexuel, et que je ne peux pas m'empêcher de vouloir acquérir tout ce qui a une poitrine volumineuse. Mal m'en faut, puisque la dernière fois que je t'ai envoyé un SMS, tu as mis la police à mes trousses et à celles de ce charmant et naïf garçon. La peur nous a donné des ailes, haha ! »

Content de sa blague, il versa du vin rouge dans son verre, puis dans celui de Fate. Des ailes...des ailes...ce qu'il était drôle !

« En réalité, sais-tu pourquoi il est dur de ne pas parler de ce que nous faisons en dehors de ce restaurant ? »

Il laissa un petit moment de blanc, laissant à Fate l'occasion de cogiter. Pendant ce temps, il prit un morceau de pain pour saucer son assiette et les derniers petits morceaux de chèvre frais qui s'y trouvaient. Remis les couverts dessus.

« ...En réalité, ce que nous faisons à l'extérieur marque nos vies. Nous sommes caractérisés par cela. Alors puis-je être Akira, ou Akira n'est-il qu'une façade pour cacher qui je suis en réalité ? Je ne fais pas tellement autres choses que des négociations et de la parlote, sans compter les tracts, tout ça. Et tout, tu ne fais pas tellement d'autres choses que ton boulot. Alors...quand tu me dis de ne plus être Hadès, à part ne plus faire le connard, je ne sais pas vraiment quoi te dire...mais en tout cas, je ne peux pas croire que tu sois soudainement tombée amoureuse de moi, ne me prends pas pour plus idiot que je ne le suis. »

Il avait expliqué tout cela d'un ton calme, très calme. Et lui adressa un sourire, à la fin, preuve qu'il n'était là pour lui faire du mal, de toute façon.


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Fate Harlaown
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Dim 17 Nov - 15:59
Fate repoussa d'un geste de la main son assiette sur le bord de la table. Elle avait peu mangé : non pas que la nourriture eut été mauvaise, mais cette soudaine opposition qu'Akira entreprenait la contrariait au plus haut point. Avec une attitude presque hautaine, elle jeta un œil dégoûté à son plat et repoussa ce qu'il en restait sur le côté. Elle se fichait bien de la politesse : de toute façon, elle en était sûre, ce soir, il ne l'invitait pas. Un instant, elle s'était dit qu'avec tout le romantisme dont il pouvait faire preuve, il se serait essayé à cet effort, mais maintenant qu'il révélait sa véritable raison d'être là, elle commençait presque à se demander s'il aurait le culot de lui laisser les deux additions une fois le repas fini... Soit, il manquait d'argent, c'était évident. Elle roulait sur l'or et peinait parfois à se rendre compte du gouffre financier qui la séparait de la populace. Elle croisa les bras sur sa poitrine :

« Puisque tu craignais tant pour ma vie et ma carrière, il ne fallait pas accepter. En plus, je suis une femme comme une autre, rien ne m'empêche de sortir... ! Et je ne pense pas être une cible assez digne d'intérêt pour que les médias ou même le gouvernement ne m'espionnent... »

Elle marqua une pause, affrontant son regard. Non décidément, malgré l'importance toute autre de cette rencontre, elle ne pouvait s'empêcher de se demander comment il pouvait être aussi désagréable. Des lapins, on lui en avait posé. Mais jamais, ô grand jamais, on ne l'avait laissé payer... Elle contempla le bouquet de roses quelques secondes. Sans doute avait-il vu en ce cadeau une occasion de se défiler... ? Elle soupira. Les fleurs perdaient tout aussitôt leur magnificence...

« Plus sérieusement, qu'est-ce que ça peut te foutre, à toi ? Je suis sûre que tu rêverais de me voir humiliée. Rien que pour le plaisir de savoir un de tes ennemis défait... De toute façon, ma carrière n'aura bientôt plus grand sens si tu n'y mets pas du tien. »

Fate l'avait foudroyé du regard. Bien sûr qu'il était responsable de ce qui s'annonçait une véritable débâcle professionnel. Mais ça, il s'en fichait bien, sans aucun doute. Elle le regarda finir son entrée puis, se souvenant de ses précédentes paroles, elle l'interpella :

« Par là, tu sous-entends détenir Suzaku... ? Si c'est le cas, tu risques de t'attirer de très gros ennuis. Suzaku est un mec bien, je pense, même si c'est un poltron. Ce serait con de tuer les quelques mecs biens qui restent à l'armée : c'est une espèce en voie de disparition... Et puis ne vous leurrez pas, bientôt, Arashi débarquera pour le récupérer et vous n'aurez que vos yeux pour pleurer vos pertes... »

A ces derniers mots, elle s'était baissé sur la table et son visage s'était déformé dans une mimique qui trahissait son orgueil profond. Ses lèvres se retroussaient souvent, laissant apercevoir ses dents et on sentait l'incroyable retenu dont elle faisait preuve à la vue des muscles de son visage crispé. Elle ne pouvait retenir ces expressions presque dérangeantes et cette façon de parler très agressive et mettait toutes ces sales habitudes langagières sur le dos de ses origines germaniques. Il était vrai que les Asiatiques, les Japonais, tout particulièrement, maniaient leurs langues de manière très terne avec un ton qu'elle jugeait souvent dénué de toutes émotions.

Elle reprit place, dos contre sa chaise, et jeta au Dieu des Enfers ce même regard plein de condescendance qu'elle adressait à tous ses prisonniers. C'était le regard de quelqu'un qui estimait avoir le dessus, et le dessus, elle l'avait, elle en était persuadée. Un instant, l'idée d'envoyer un message à Arashi lui passa par la tête. Juste un petit SMS discret sous la table, rien de significatif. Arashi débarquerait tout aussi tôt et l'emmènerait sans doute dans les geôles. Et plus jamais elle n'aurait à affronter ce regard concupiscent qui tantôt suscitait en elle le désir, tantôt lui donnait de véritables envies de meurtre. Elle prit une grande inspiration. Elle pouvait gérer ça, seule, comme une grande. Pour l'instant, tout se passait calmement, il suffisait juste de faire un effort !

« Tu ferais mieux de te faire à ce genre de douleur. Ta belle chute ne sera sans doute plus qu'une partie de plaisir à tes yeux quand ton frère te retrouvera. Il est furieux. Je ne l'ai jamais vu dans un état pareil. »

Bien sûr, elle mentait. Si Arashi manifestait très fortement son impatience quant à l'avancement du dossier, Fate savait que ses précédentes actions n'allaient pas dans ce sens. Arashi l'avait longtemps protégé, il ne changerait sans doute pas de direction si brusquement. Bien qu'elle ne comprenne pas tellement à quoi le Général jouait, elle avait bien compris qu'avant d'être un résistant, le Dieu des Enfers était avant tout son frère. Elle espérait juste que le rebelle n'en avait pas conscience, sans quoi, elle risquait de perdre énormément de crédibilité.

Plus le dîner avançait, plus elle se demandait pourquoi cette idée lui était passée par la tête. C'était à croire que non. Au plus grand désespoir du grand rouquin, elle n'était réellement pas d'humeur à baiser. Alors voilà ? Point ? On s'arrêtait là ? Elle attendait avec un mélange d'impatience et de doute le moment où il se lèverait et disparaîtrait à nouveau. Cela n'était sans doute qu'une question de temps puisqu'elle n'était pas décidée à se livrer à ses petits jeux malsains. Quand ses mots résonnèrent dans la pièce, Fate esquissa une nouvelle grimace. Jouer franc jeu... Il était peut-être temps d'y penser. Oui. N'était-ce pas pourtant ce qu'il évitait depuis son entrée... ?

« Bonne idée. Longtemps je me suis demandée pourquoi Arashi et toi étiez si différents, mais maintenant, je sais que tu peux être aussi goujat et exécrable qu'il en est capable. Alors soit, je vais arrêter de te sourire de mon air le plus niais et toi, tu vas faire un effort, je te prie. Avec un peu de chance, on va pouvoir parler comme deux adultes. »

Mais ce qu'elle entendit comme réponse ne la ravit pas tellement. Si, depuis quelques minutes déjà, elle avait saisi l'intérêt sexuel qu'il avait deviné en cette rencontre, jamais elle ne l'eut cru capable de débiter des paroles aussi abaissantes. Le visage de Fate se baissa et son regard parcourut un instant le décolleté de sa propre robe. Était-ce vraiment pour cela qu'elle intéressait les hommes ? Ses yeux croisèrent à nouveau ceux d'Akira et son expression agacée disparut. Elle écouta. Sans rien dire, un sourire idiot aux lèvres.

« Tu me déçois terriblement, Akira Darkwood. » dit-elle comme pour exprimer en quelques mots tout ce qu'elle avait ressenti durant ce repas.

Elle croisa à nouveau les mains sous son menton, arbora ce sale sourire narquois qui agaçait ses interlocuteurs et parla à son tour, d'un ton calme :

« J'ai beau vous haïr. Vous, les résistants. Toi, tes collègues comme tes rivaux. Il y a quelque chose chez vous, les rebelles, qui me fascinent. Ne comprends pas par là que je soutiens vos idéaux : vous resterez à mes yeux des individus s'engageant sur la mauvaise voie. Mais contrairement à mes confrères, je pense que vous êtes capables d'autre chose. Tout n'est pas rose, chez les pro-Kira. Notre système, notre armée ont leurs défauts. Et, à mon plus grand degré, les rangs de Kira sont peuplés d'imbécile dont je peine à comprendre le raisonnement. J'ai l'impression de vivre dans un monde qui devient fou et même si à tes yeux je ne suis sûrement qu'un de ces tarés sanguinaires, j'aimerais oeuvrer pour qu'enfin notre monde ressemble à quelque chose. »

Elle porta son verre à ses lèvres.

« Ce que j'admire, chez vous, c'est cette ouverture d'esprit qu'on ne trouve pas chez les pro-Kira. Je lis, tu sais. Même des ouvrages interdits par le régime. Je ne pense pas être totalement conne et dénuée de bon sens. L'élite de Kira se permet des choses interdites au peuple. Et, plus le temps avance, plus j'ai le sentiment de servir ce que me dicte ma conscience au milieu d'individus qui ne me comprennent pas. »

Elle marqua une nouvelle pause, cherchant ses mots. Sans doute Akira ne comprendrait-il pas l'intérêt de ce discours, mais en cet instant, Fate avait senti le besoin d'extérioriser ce qui l'animait et ce qu'elle pensait être à l'origine de ce rendez-vous.

« Je suis venue parce que je pensais trouver en toi quelqu'un avec qui tenir une conversation. Quelqu'un qui me parlerait d'autre chose que de descentes, de listes d'arrestation, de paperasses à remplir. Dans ma vie quotidienne, on ne m'adresse la parole que pour deux choses : le travail et le sexe. Pendant longtemps je m'en suis contenté, et puis, je crois que maintenant, je sais que je vaux mieux que ça. Alors je me suis dit que puisque tous mes homologues étaient ainsi, sans doute étiez-vous d'un intérêt tout autre. J'espérais que tu me fasses rêver, que tu me parles de récits, de voyages, d'utopie. De toutes ces choses auxquelles je n'adhère pas toujours mais qui font de vous des êtres différents et, à mes yeux, dignes d'intérêt. »

Puis, le silence pesa quelques lourdes minutes. Elle contempla quelques instants son assiette désormais refroidie, puis les passants dans la rue. La jeune femme se redressa sur son siège :

« C'est en cela que tu me déçois. Au final, tu es juste comme les autres : obsédé et opportuniste comme les autres. Je pensais jouer une comédie de bonne qualité, mais je ne suis pas amoureuse de toi. Pour que je tombe amoureuse, il faudrait vraiment qu'on me fasse rêver. Ca n'est sensiblement pas dans tes capacités.»


Fate plongea la main dans son sac et en sortit son portefeuille. Elle en tira une petite liasse de billets qu'elle posa sur le bord de la table.

« Je suppose que tu comptais me faire payer l'addition de toute façon. Et maintenant ? Que fait-on ? Tu t'en vas, me laisse payer et va te trouver un petit bordel où passer une nuit agréable ? »


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Lun 25 Nov - 22:45
Il la regardait avec ce genre de sourire qu'ont les hommes à femme. Un sourire mi-figue mi-raison qui faisait que l'on n'arrivait pas forcément à comprendre ce qu'il avait en tête. Et qu'avait-il en tête, Akira Darkwood ? Il était un homme de caractère, et tout ce qu'il faisait, c'était purement et simplement par impulsion. Il pouvait tout d'un coup décider de lui sauter au cou, tout comme l'embrasser, même s'il en était purement et simplement incapable. Il posa sa main disponible sur la table et commença à la tapoter du bout des doigts, un peu stressé. Il était vrai qu'il avait sous-entendu que Suzaku était chez eux...il n'aurait pas dû bluffer, ça mettait ses équipes en danger, et en ce moment, où ils essayaient de recoller tous les morceaux pour faire remarcher la machine.

Fate ne faisait donc plus d'efforts, elle le confondait avec son frère. Pendant un instant, Hadès secoua la tête et soupira. Il n'aimait pas qu'on le confondit avec Arashi, parce que son frère était capable du pire, et le pire, c'était lui. En revanche, il fut étonné par l'ouverture d'esprit dont Fate fut capable. Il la savait bonne parleuse, et il n'ignorait non plus qu'elle était une femme à hommes. Ishtar l'aurait qualifiée de salope, mais lui-même savait que ce terme n'était pas très poli. Elle était juste comme lui, en état stationnaire, ne sachant pas vraiment où se caser. Les mots de Fate étaient étonnamment justes et bien trouvés. Elle avait compris qui il était, sa fonction, sa nature. Elle avait compris le système dans lequel ils se trouvaient, et si elle n'avait pas été ce qu'elle était, il lui aurait sûrement proposé de rejoindre la résistance.

Et pourquoi ne le faisait-il pas, hein ? Pourquoi ? Alors qu'il tapotait la table de ses doigts fins, il y pensait. Elle était au gouvernement, elle connaissait tous les secrets, les passes pour accéder aux prisons, les informations confidentielles, alors pourquoi ? Elle s'était excusée pour la seule torture qu'elle lui avait fait subir, pour le reste, aussi, et puis elle était honnête envers lui. Fate Harlaown était fatiguée, fatiguée de jouer ce petit rôle de l'amoureuse éperdue, il le savait, il le voyait. Il y avait dans ces yeux étrangers quelque chose que le chef de la résistance n'arrivait à discerner, suffisamment pour l'intriguer et pour rester ici, à cette table. Il ne la quittait du regard, d'ailleurs, mais ne cessait de penser à quel point il pouvait être dangereux de donner à cette blonde plantureuse une place parmi les siens ; les risques étaient trop grands, elle n'avait non plus jamais dit qu'elle voulait trahir ses chefs et son frère.

« Que je te parle de récits, de voyages et d'utopies...L'autre jour, j'ai écrit un article pour le Cavalier Noir à ce sujet, je crois bien. Ça n'avait pas lieu d'avoir beaucoup de prétention, juste de donner de l'espoir au peuple. Je ne sais pas si nous devons aimer les utopies, que ce soit celle de la résistance ou celle de Kira, Fate. Elles mènent à la guerre et à la mort, tu sais...si je pouvais avoir un camp, je serais entre les deux, mais ils m'ont considéré comme un rebelle actif alors que je ne faisais que réveiller la population...Hadès...Je ne sais plus qui m'a donné ce nom, vois-tu...mais peut-être est-ce à cause du sang qui a coulé sur mes mains. »

Il regarda le plafond, pris de nostalgie.

« J'ai tué 318 personnes. Il y avait 237 policiers, le reste sont des civils...de pauvres dégâts collatéraux. Alors je suis un criminel, mais au moins, je me souviens d'eux. »

Hadès regarda soudainement la liasse des billets, soulevant un sourcil interrogateur. Ils n'en étaient qu'à l'entrée, était-il si insupportable, pour que Fate ait brusquement envie de partir comme ça ? Il savait bien qu'elle n'avait plus à jouer la comédie, maintenant, mais...mais dis comme ça, c'était choquant. Akira Darkwood était un gentleman, et si jamais l'idée lui était venue de partir en laissant payer Fate, c'était Hadès qui le pensait, à ce moment où il la jugeait trop durement. Mais...mais voilà, maintenant, elle avait parlé de ses idéaux, de ses utopies et de ce qu'elle pensait du courage des résistants, et Akira était trop faible pour ne pas l'écouter parler. Trop faible pour la laisser là, pauvre femme perdu au milieu de deux camps trop puissants et trop machiavéliques, faible, faible, faible.

« ...Pourquoi ? J'allais payer, et de toute façon, nous n'en sommes qu'à l'entrée. N'as-tu plus faim du tout ? Et penses-tu vraiment que dans l'état où je suis, je vais aller dans un bordel ? J'ai déjà du mal à me tenir debout, alors ça... »

Il inspira, ne croyant même pas à ce qu'il allait dire.

« ...Peut-être devrions-nous nous allier, Fate...Je pense moi-aussi que le monde autour de nous devient fou...fondons une troisième alternative, pour les gens comme nous qui ont peur, qui voient les points faibles des deux partis. Des gens qui pourront décider de la société de demain sans peur, avec des contacts des deux côtés, des gens qui remplaceront au fur et à mesure ceux qui sont corrompus...cela peut prendre du temps, mais ce serait entièrement de manière pacifique, Fate ! On peut y arriver ! Si le gouvernement est composé de gens biens, Kira peut tomber ! »



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Fate Harlaown
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Mer 27 Nov - 23:21
« L'utopie n'est jamais une solution. Pas plus que la démocratie. Le régime de Kira n'est pas une utopie : il représente juste une étape difficile à passer. Quand le monde sera débarrassé des criminels dont il grouille, nous pourrons peut-être envisager de passer à quelque chose de plus démocratique. Mais ce n'est pas une République qui mettra fin à tout cela, c'est un gouvernement avec de la poigne et qui n'a pas peur de se salir les mains. Quand la vermine sera exterminée, j'accepterai de voir l'institution que j'ai servi toute ma vie s'écrouler. Je serai jugée pour mes crimes. S'il le faut, je paierai. Mais j'aurai au moins le sentiment d'avoir participer à l'élaboration d'un monde foncièrement meilleur. » avait-elle tout simplement dit en réponse à sa première réplique.

Fate n'était pas une de ces fanatiques qui adulaient Kira comme un Dieu et se bornait à la vision étroite et fermée d'un surhomme qui dominait le Monde. Pour tout dire, elle avait toujours reflété, au travail comme dans sa vie privée, une transparence la plus totale. Bien sûr, chacun connaissait sa condition et son rôle au sein de l'armée qui prouvait plus que nettement qu'elle soutenait Kira, mais jamais elle n'avait exprimé son avis ou sa vision de monde. Il s'agissait de choses qu'elle gardait tout simplement pour elle. Pour être honnête, elle ne possédait ni ce manuel du parfait citoyen de Kira, ni le portrait du Dieu. Elle se fichait bien des obligations de ce genre : elle enfreignait même la loi en détenant dans sa bibliothèque des ouvrages pourtant interdit.

La jeune femme avait toujours soutenu Kira pour l'objectif qu'il poursuivait : la destruction pure et simple de toute forme de criminalité. Elle avait connu la police, les interrogatoires, avant Kira. Mais rien de ce qu'elle avait vu n'était parvenu à la convaincre et elle avait découverte en Kira une alternative à son destin perdu. Que ce soit Kira ou un autre, déifié ou non, tant que la vermine disparaissait, elle était prête aux pires sacrifices. Si tuer était nécessaire à cette éradication, se salir les mains ne la dérangeaient en rien tant elle gardait en tête son éventuel futur : celui d'une femme comme les autres vivant dans un monde en parfaite harmonie. N'était-elle pas un peu utopiste elle aussi ? Sa foi et sa raison se disputaient souvent à ce sujet. N'était-ce pas tout simplement impossible ?

Fate était surprise de la soudaine compréhension dont Akira faisait preuve. Soudain la conversation prenait un sens nouveau et cela n'était pas pour lui déplaire. Elle était formelle : il était bien plus attirant en homme réfléchi qu'en lover aux approches lourdaudes. Elle n'imaginait pas pouvoir réveiller en lui ce qu'elle attendait de ses simples paroles : mais le résultat était appréciable. Enfin. Enfin elle avait une conversation avec Akira Darkwood : et non plus une de ces discussions de bas-étage, non, une discussion d'adultes.

« Tu es insupportable depuis que tu t'es assis. C'est à croire qu'une fois les fleurs posées, tu perdais tout ce qui faisait de toi un gentleman. Je commençais réellement à me demander si cette conversation avait un sens : tu pensais seins et fesses comme n'importe quel imbécile qui m'inviterait à dîner. J'avais vraiment le sentiment de perdre mon temps. Mais sensiblement, tu es capable d'autre chose. C'est plutôt cette face là que tu devrais dévoiler aux femmes : tes amantes n'en seraient que plus nombreuses. Bien que l'envie de m'en aller me tiraillait durement, je pense que cette soirée peut prendre une tournure plus agréable : je reste. Et je t'avoue que la faim me titille encore un peu. »

A ces mots, elle avait affiché un sourire : ses mots étaient sincères et reflétaient parfaitement son état d'esprit du moment.

« Quant aux putes - appelons un chat un chat, tu sais, j'ai parfois été étonné de voir les efforts que peuvent fournir les hommes dans le seul et unique but de se contenter... ! »

Le silence s'installa, silence durant lequel le serveur entra à nouveau et leur servit leur entrée. Elle sourit aimablement à l'employé, bien que pressée de le voir quitter la pièce. Une fois la salle redevenue leur, le monologue d'Akira lui arracha un rire léger et clair. Sur un ton quelque peu moqueur, elle commença :

« Par pitié ! Epargne moi ce genre de discours ! On se croirait dans un mauvais film !... Non, plus sérieusement ! Un type intelligent comme toi, tu ne vas pas me dire que tu crois à quelque chose comme ça ? Kira a ses défauts, mais il réussira sa mission : c'est tout ce qui m'importe. Je ne quitterai pas un poste qui me procure salaire et satisfaction pour créer une faction déjà morte-née ! Je suis une agent de Kira : tu n'y changeras rien, jamais rien ! Si tu crois vraiment en ce que tu soutiens, reste à ta place et moi à la mienne : à la fin de ce conflit, nous saurons qui de nous deux avait raison... ! »


La réponse, elle la connaissait. Fate n'était pas particulièrement défaitiste, ni pessimiste. Mais elle peinait à croire qu'un groupe de quelques milliers de personnes dispersées et en conflit pouvaient faire face à une armée organisée, financée, à l'effectif et aux méthodes impressionnantes. La raison elle-même donnait l'avantage à Kira. Faire sauter des trains et enlever des ministres n'y feraient rien : quand la lassitude s'installerait, c'en serait fini de la Rébellion.

Elle stoppa son rire, remarquant que son compagnon du soir ne semblait pas partager le même sens de l'humour. Elle esquissa un sourire et entama son plat principal :

« Mais mettons cela de côté, ce projet est le tien : fais en ce que tu veux. Mais je n'en ferai pas partie... Passons. Nous avons sans doute maintes et maintes autres choses à débattre... »

Et le dîner suivit son cours : Fate parla, longuement. Pendant de longues minutes, elle exposa à Akira sa vision du monde. Elle exprima sa volonté, ses désirs, ses ambitions, toutes ces choses qui faisaient d'elle ce qu'elle était et qu'elle estimait nécessaire de connaître si l'on voulait comprendre et appréhender ses décisions. Cette longue discussion lui fit du bien : pour la première fois depuis longtemps, elle s'exprimait. Elle. Juste elle. Et pas la potiche blonde qui écoutait ses amants raconter leurs petites affaires en souriant quelque fois bêtement pour mimer l'intérêt. Elle et pas la militaire aux paroles mesurées et aux actes trop souvent retenues. Fate l'écoutait, aussi, et découvrait en celui qu'elle avait longtemps juger trop ignorant pour suivre la bonne voie un homme au discours intelligent.

Une fois le plat fini, on apporta le dessert. Puis le café. Et très vite, le dîner arriva à son terme. Leur discussion finie, ils se décidèrent à quitter la table. Quand le serveur leur apporta la note, elle glissa tout simplement la carte sur la petite coupelle d'argent et pour couper court à toute tentative de contestations déclara :

« Tu as beau être d'un avis différent, tu ne peux pas nier que mon travail m'apporte une aisance financière que tu ne connaîtras jamais. » dit-elle en souriant, mesurant ses propos afin d'éviter toute oreille indiscrète.

Une fois le paiement terminé, Fate revêtit son manteau de laine, prit d'une main le bouquet de roses et de l'autre son sac à main et se décida à aider , en compagnie du serveur, Akira dans son parcours du combattant jusqu'à l'étage inférieur. Dehors, il neigeait et il s'était vite retrouvée tous les deux engloutis par la foule de ce quartier mondain. Elle le regarda longtemps dans le blanc des yeux, à la recherche de quelque chose à dire : un au revoir ? Un adieu ? Une nouvelle invitation ? Elle sourit :

« Je t'aurais bien proposé de te raccompagner, mais je suppose que ta réponse sera négative... ! »

Le silence s'installa à nouveau. Fate glissa ses mains bleuies par le froid dans les poches de son manteau :

« Ou bien... Si tu te sens d'humeur à débattre, tu peux venir chez moi ? Juste quelques heures. Au point où on en est... Et puis, je m'en voudrais de laisser un handicapé comme toi sur un trottoir neigeux ! » proposa t-elle en riant.

Soit, elle venait de passer une agréable soirée. Mais Fate ne perdait pas pour autant son objectif de vue. La communication passait plutôt bien : c'était peut-être une occasion de le créer, ce fameux « lien ». Suzaku avait raison : les choses n'en seraient que plus facile. Sa confiance, elle comptait bien la gagner.


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Jeu 5 Déc - 19:49
Il avait parlé longtemps, très longtemps, échangeant avec Fate des propos et d'autres comme s'ils n'avaient jamais été ennemis. De temps en temps, il se demandait bien ce que Alpha devait penser de lui, elle qui écoutait tout ce qui se passait grâce à son oreillette, mais il cessait d'y penser, se concentrant sur son rôle de maintenant. Lui qui avait été si insupportable quelques temps auparavant, il se montra étonnamment social, ouvert. Il lui dit honnêtement ce qu'il pensait d'un peu tout en général, se montrant enthousiaste, souriant, faisant de grands gestes de la main qu'il avait de disponible. Akira Darkwood se montrait courtois, disponible et parla entre deux pauses. On leur apporta le plat, le dessert, et il ne cessait de trouver à Fate des qualités indiscutables, lorsque leurs deux camps ne les opposa pas. L'avertissement d'Alpha venait toujours le secouer, comme quoi il devait faire attention et ne pas tomber dans ses bras. Amoureux, lui, il n'était pas en train de tomber amoureux, il ne tombait jamais amoureux. Ça arrivait aux autres, pas à lui, jamais de la vie.

Lorsque ce fut fini, il se leva un peu chancelant, avec difficulté, fouillant dans sa poche pour trouver un, deux, trois, trois billets. Il n'était pas un homme rustre, il ne la laisserait pas seule pour payer le restaurant. Malheureusement, elle l'en empêcha, posant sa carte de crédit directement sur la coupelle. Hadès secoua la tête, à ses mots : en effet, il était à court d'argent, mais il n'était pas un voleur, et avait de l'honneur. C'est pourquoi il se permit de glisser un billet, avant de partir à ses côtés, sans aucun autres mots, si ce n'est en refusant de le reprendre.

« Venir chez toi ? Volontiers, ma chère. Tu sais que je ne peux rien te refuser, ma belle...et puis, vu comme je suis constitué, je ne pourrais rentrer chez moi avant le couvre-feu. Il serait dommage que je me fasse prendre à cause de cela...si tu acceptes de m'héberger, pourrais-je rester chez toi jusqu'à demain matin ? 
»

Il lui sourit gentiment, avec, pour une fois, aucune arrière-pensée dans son petit cervelas bien pervers, malgré tout ce que l'on aurait pu croire. Il était heureux qu'elle l'ait aidé, avec ce jeune serveur, pour descendre l'escalier, et à cet instant, il se dit que Fate Harlaown n'avait plus rien de la cruelle pro-Kira qu'il avait jadis rencontrée et qui l'avait blessé d'un terrible coup de pistolet, le marquant à vie d'une cruelle marque. Il était vraiment de bonne humeur, même s'il gardait en tête le terrible avertissement d'Alpha : ne pas lui faire confiance, ne pas se laisser hypnotiser...cela rendait son regard presque triste, peiné. Penser que cette femme, pour une fois, il n'avait pas envie de la jeter et que leurs combats respectifs les obligeaient à le faire...Il eut un petit rire sans sens, glissa sa main libre, celle qui n'était pas blessée dans la sienne, si froide. N'avait-elle pas de gants ?

Alpha. Il fallait penser à Alpha. Il ne devait pas dire n'importe quoi, même s'il l'avait prévenue qu'il risquait de trahir la résistance. Quelque part, dans un pur souci d'honnêteté envers Fate, il était gêné par le fait qu'elle puisse tout entendre...voire tout voir. Elle lui avait dit qu'elle se trouvait à proximité, et même s'il ne se souvenait plus de ses dernières paroles, après s'être endormi, Akira Darkwood avait peur qu'elle se trouve là, quelque part, à l'affut. C'est pourquoi il resta, main dans la main, avec Fate, ne lui dit rien. Il attendait en réalité de se retrouver chez elle, où personne ne pouvait les voir, pour passer à l'action...il savait que Alpha faisait cela pour la résistance, pour eux-tous, mais il aimait bien diriger ses petites affaires, et puis Fate lui plaisait un peu trop pour le bien-être de tous les rebelles.

« Je ne dis pas que je te fais confiance, mais assez pour te laisser m'entraîner chez toi...Taxi ! »

Il se permit de lui lâcher la main pour faire le geste et appeler un véhicule, qui ne tarda pas à arriver. Pendant le trajet, le résistant et la jeune femme échangèrent des propos intéressés, chacun ne laissant pas vraiment distinguer leurs vraies natures, comme s'ils étaient autre chose que seulement un homme, seulement une femme. Hadès lui dit à quel point il aurait préféré payer sa part, que ce n'était pas parce qu'il n'avait de vrai travail qu'il n'avait pas d'honneur. Il avait bien pris quelques billets avant de venir ici, et d'ailleurs, il tint à payer le taxi, lorsqu'ils en descendirent.

Enfin, Fate et Akira Darkwood se tinrent, tous les deux face à face, dans son appartement. C'était un endroit assez grand, qui ne le mettait pas trop à l'aise. Il lui semblait étrangement vide, composé de plusieurs pièces, mais ils se trouvaient là, dans l'entrée. Il ne savait pas trop quoi faire, il avait lâché sa main et tentait de reprendre ses repères ici. Enlever ses chaussures, ne pas les enlever ? Cela lui semblait être une manœuvre difficile, surtout qu'il ne pouvait disposer tranquillement de tous ses membres. Il inspira, se souvenant soudainement d'Alpha, au fait qu'elle puisse tout écouter...il ne le voulait pas, désirait plus que tout être tranquille, et cette oreillette lui parut soudainement comme un petit insecte. La prévenir.

Il ne devait pas parler, et ici, dans le corridor, il n'y avait pas de fenêtre, la porte était fermée. Hadès lui montra alors son oreille de la main en faisant un geste de la tête, puis, de cette même main, mit son doigt devant sa bouche, lui indiquant de garder le silence. Parler, il devait parler d'autre chose, pour que ça ne paraisse suspect.

« Cette robe de soirée t'allait magnifiquement bien, Fate. Je change d'avis à ton sujet, tu es une femme pleine de ressources, parle-moi un peu plus de toi, de ta vie, de ton passé. »

C'était le premier geste de sa trahison, mais pour l'instant, il lui paraissait bien abstrait. Hadès voulait juste avoir un total contrôle sur ses actions, refusait d'être surveillé par cette gamine qui lui accordait la même importance qu'elle en accordait à Mello, ou à Machiavel.

« Que dirais-tu que nous allions dans ton salon, fais-moi découvrir ton appartement... »


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Fate Harlaown
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Sam 7 Déc - 0:31
Elle s'était retrouvée là, un peu bête, plantée sur ce trottoir devant le restaurant. La nuit d'hiver était déjà tombée et les rues se vidaient petit à petit. Ici, les restaurants ouvraient et servaient tôt : il fallait que tout soit fermé à vingt-et-une heure tout pile. Si bien que parfois, en été, la nuit était à peine tombée que les rues étaient totalement vides. Et elle, elle se tenait là, le rouge aux joues tant le froid mettait à mal sa peau. Elle s'était tue, silencieuse, quand sa main était venue saisir la sienne. A l'instant, elle se sentit idiote : idiote parce que malgré ses nombreuses expériences, elle se demandait bien ce que la situation lui ordonnait de faire.

Elle s'était contentée de sourire, un peu bêtement, jetant un œil curieux à cette main chaude qui saisissait la sienne, toujours gelée. Elle avait songé à protester « Non, ça n'était pas décent » ou encore à approuver ce geste d'un sourire plus avancée, mais étrangement, elle ne savait qu'en penser. Si bien que pour la première fois depuis un moment, Fate Harlaown s'était retrouvée incapable de réagir logiquement.

Le silence avait duré. Elle n'avait rien dit, mais n'avait pas lâché cette main à laquelle ses doigts s'étaient lâchement agrippés. Longtemps elle resta interdite, ses yeux voguant bêtement d'un passant à l'autre dans la foule. Et elle ne sembla reprendre ses esprits que quand il la lâcha pour appeler le taxi. Elle ressentit aussi soudainement le froid ambiant et fourra sa main dans la poche de son manteau de laine grise. Puis, ils étaient montés et la conversation avait repris son cours, comme si de rien n'était.

Non, malgré la teneur de son discours et l'agréable tournure qu'avait pris la soirée, Fate n'avait pas l'intention de le laisser se glisser dans ses propres draps. Les mots de Suzaku lui revenaient : elle n'avait pas besoin de passer par cela. « Le faire languir ». Il fallait juste le faire languir, suffisamment pour qu'il craque. Pourtant, bien que l'enlèvement du Ministre restait un énorme problème, Fate était presque soulagée de savoir leur conversation hors d'écoute. La peur l'avait envahi dès son arrivée, mais très vite elle avait ressentie une aura rassurante : au fond, elle était plus qu'heureuse d'enfin avoir pu s'entretenir avec Akira comme elle le souhaitait et cette intimité dont ils avaient bénéficié avait été très appréciable.

Fate avait réfléchi longuement, durant ce trajet qui séparait le restaurant de sa maison, tout en continuant de lui tenir la conversation. Elle avait réfléchi longtemps sur ses raisons d'être là. Et elle s'était retournée vers lui et avait simplement souri : comme pour se pardonner de ses actes futurs. Non. Elle s'en voudrait terriblement de le trahir lui qui, en quelques heures, avait réussi à la captiver comme personne ne l'avait jamais fait... Ces pensées ne semblaient vouloir la quitter : Akira méritait un destin meilleur, un destin que Kira lui offrait et que, elle le priait, il finirait par accepter.

En bon gentleman, il avait voulu payer la course malgré ses protestations, puis elle l'avait aidé à grimper les quelques marches du perron de son immeuble et l'avait aimablement dirigé vers l'ascenseur. Et quelques minutes plus tard, le silence s'était installée à nouveau. Elle avait poussée d'un geste la porte de bois révélant l'immensité de son séjour à son invité. Son appartement devait valloir une petite fortune, mais elle n'avait sans doute jamais jeté un œil à son prix. Il lui avait été offert par l'administration, en même temps que son grade de capitaine. Si bien qu'elle vivait désormais dans une immense résidence au dernier étage d'un building de luxe. Appartement neuf, équipé, moderne et spacieux. Quatre chambre dont trois n'avaient pas changées depuis son arrivée, deux salles de bains, un bureau, une cuisine moderne et un séjour immense qui offrait une vue que les plus riches Tokyoïtes se seraient arrachée.

Elle l'invita à entrer, posa son sac à main au sol et son manteau dans l'armoire. Le salon, bien que moderne et meublée avec goût, était comme tout le reste de son appartement complètement impersonnel. Quelques fois, elle avait presque le sentiment de vivre dans le showroom d'un magasin d'art moderne. Du papier peint au revêtement, des meubles aux décorations, des luminaires aux équipements, tout avait été installé avant son arrivée. Les architectes avaient bien sûr suivis ses quelques demandes, mais cela aurait pu s'agir de l'appartement de Monsieur Tout le Monde tant tout semblait banal et rigide. Pas de photographies, pas de bazar, pas même de poussières – la femme de ménage passait chaque jour. Seule sa bibliothèque semblait contenir un semblant d'originalité : sans doute à cause de tous ces ouvrages pourtant interdits qu'elle accueillait.

Elle s'apprêtait à engager la conversation à nouveau quand un geste la surprit. Elle comprit immédiatement de quoi il s'agissait : Fate n'était pas folle, des oreillettes, elle en avait portées plus d'une fois ; et elle savait qu'elle était parfois plus gênante pour celui qui la portait que pour celui qui, initialement, devait être espionné. Elle acquiesça, simplement, sans poser de questions, se contentant de répondre à la sienne :

« Tu trouves ? Heureuse qu'elle t'ait plu ! Si tu savais combien de temps j'ai mis à la choisir ! Cependant, je pense que comme beaucoup d'individus, mon passé n'est pas assez fourni pour être jugé intéressant ! Ce serait quelque peu prétentieux que de se penser digne d'intérêt, tu ne penses pas ? »

Elle se demandait bien qui pouvait se cacher derrière cette oreillette... Etait-il aussi contrôlé par la résistance qu'elle ne l'était par ses supérieurs ? Elle s'avança dans le couloir, comprenant qu'il valait mieux éviter les fenêtres et lui fit un signe étonné, haussant les sourcils pour lui faire comprendre son interrogation. A quoi jouait-il ? Pourquoi était-il sur écoute ? La hiérarchie de la résistance était-elle aussi rigide que celle des pro-Kira ? Et puis... Elle ne parvenait décidément pas à saisir qui pouvait avoir assez d'importance pour mettre un chef résistant sur écoute.

Cela pouvait être les autres et, dans ce cas, ça sentait plutôt mauvais, surtout pour elle. Un instant, elle fut tentée de céder à la panique quand elle se remémora un détail. Au juste... Pourquoi lui avait-il fait remarquer ? Pourquoi l'avait-il aiguillé ? Elle grimaça, intriguée et inquiète.

"A quoi tu joues ?" prononcèrent ses lèvres, muettes.

A quoi bon être placé sur écoute s'il faisait lui même foirer une investigation ? Elle se sentait malheureusement prise au piège : comme si son geste était l'élément final d'une machinerie qu'elle n'avait pas vu venir. Puis une autre alternative secoua son esprit : Etait-il en train de trahir ? De trahir pour le camp adverse...?

Soudain, ses traits s'adoucir et elle cessa ses gestes brouillons. Elle le fixa quelques minutes en silence puis se dirigea vers sa chambre - elle le savait les volets y étaient fermés, lui faisant signe de venir discrètement :

"Mais toi ? Tu as certainement des choses bien plus passionnantes à me raconter ! La vie de résistant, ça doit être excitant au fond ?" avait-elle dit avec un maximum de naturel en tournant le bouton de la chaîne hi-fi qui trônait sur sa commode pour en augmenter la puissance.

Elle continua la conversation puis recula, petit à petit dans le couloir, à l'abri des regards. D'un geste brusque mais sans cesser le flot de ses paroles, elle lui fit signe de poser l'oreillette sur son lit et de le suivre. Les volets de la chambre d'amis devaient également être fermés : vu l'heure, ça n'avait rien de suspect et elle espérait qu'à cette distance, leurs propos seraient imperceptibles mais que l'on entendrait suffisamment leurs voix pour ne pas éveiller les soupçons.

Fate glissa contre le mur de la chambre d'à côté, s'y adossant. Si tout allait bien, on ne les verrait pas, on ne les entendrait pas, on ne les soupçonnerait de rien. Elle attendit qu'il prenne place à côté d'elle :

"Il faudra parler fort pour ne pas éveiller les soupçons." commença t-elle. "Tu m'expliques peut-être ?"


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Mer 11 Déc - 18:42
C'était fait, il avait révélé à Fate Harlaown le fait qu'il possédait un écouteur qui le mettait en relation avec Alpha. Enfin, le nom d'Alpha, elle ne le connaissait pas et il n'était pas assez idiot pour le lui révéler. Hadès était peut-être un mec qui n'était entraîné que par ses hormones et son désir de vengeance, mais il avait encore conscience que la jolie blonde était du camp adverse, et surtout qu'elle se ferait un plaisir de le rabaisser et de le séduire, pour mieux l'enchaîner à son camp. Akira Darkwood connaissait en effet les rumeurs qui s'étaient répandues à son sujet ces derniers temps : celles qui murmuraient qu'il avait trahi, qu'il n'était pas mort et que c'en était la seule preuve. Ces corbeaux, Akira Darkwood les ignorait comme il le pouvait mais il savait que, malheureusement, certains avaient un peu trop d'influence et que leurs idées, au lieu de stagner comme elles auraient dû le faire perduraient, se répandaient d'esprit en esprit. Qu'importaient leurs sombres pensées, Hadès allait en profiter. Là où toutes les taupes penseraient qu'il n'était qu'un traître et un autre rallié à leur cause, il ne pourrait que plus facilement les attraper, chaparder des informations à tout le monde...Ce n'était pas sans danger, bien sûr.

Akira Darkwood était un homme qui avait connu la froideur des cachots, les tortures. Il était devenu fou, en quelques sortes, fou de voir ses hommes mourir un à un devant lui, sans qu'il ne puisse rien faire. Il n'avait pas pu voir Akis, son avant-dernier bras-droit, après qu'il soit capturé par son frère et toute sa clique, ne savait même pas où il était détenu, car il ne doutait pas que les pro-Kiras disposaient d'autres cachots que celui où il avait eu le bonheur d'être emprisonné. Respiration. Akira suivait Fate, l'air le plus calme du monde, sachant que désormais qu'il était vulnérable, il allait devoir se comporter le plus sagement au monde si il ne voulait pas que cette fille soit la dernière. Il connaissait Fate, il savait que même s'il était Hadès, même s'il possédait un nombre d'information assez incertaines, elle n'hésiterait pas à appuyer sur la gâchette si jamais il l'attaquait. Légitime défense.

L'écoutant, il enleva l'oreillette de l'endroit où elle se trouvait, quelques frissons au bras lorsqu'il la posa, tentant de faire le moins de bruit possible. Il savait que Alpha n'était pas idiote, qu'elle se douterait que quelque chose n'irait pas...Il le savait, et pourtant, il le fit, il ne pouvait pas faire autrement, maintenant qu'il avait prétexté lui faire confiance pour lui montrer ce petit secret. Cette rencontre avec Fate Harlaown était comme un jeu d'échec géant : chaque mouvement était important, chaque avancée menaçait de le faire perdre, tandis qu'elle avançait, elle, également ses pièces, une par une. Il ne savait pas si les murs étaient épais ou fins, mais il la vit lui faire signe de la suivre, regarda de nouveau l'oreillette, certain qu'Alpha comprendrait ce qu'il faisait, là, tout de suite. Imaginant sa tête et la raclée qu'il se prendrait à son retour au quartier général.

Si on lui avait dit qu'un jour, il ferait le rôle de l'homme soumis.

« Pardon miss...je devais le faire, pour avoir sa confiance. », murmura-t-il à l'intention de l'oreillette. « Je m'occupe de tout pour la suite. »

Il soupira légèrement, puis descendit le son de la chaîne hi-fi, afin de ne pas bousiller l'audition d'Alpha avant l'âge. Elle lui en serait sûrement reconnaissante, et puis de toute façon, Akira Darkwood savait plus que bien que cette jeune fille intelligente n'aurait été dupe.

Il retrouva Fate dans la chambre d'à côté et prétexta son handicap pour le temps qu'il avait mis à la suivre. Ses membres cassés, en haut et en bas, lui donnaient de grosses difficultés à la suivre, à marcher en général. L'entendant lui demander des explications, Hadès sourit, s'assit sur le lit, lâchant la béquille qui tomba à même le sol. Il enleva ensuite cette perruque qui le gênait et lui grattait le cuir chevelu, le filet qui retenait ses cheveux et les fit tomber sur ses épaules. Ne serait-ce cette cicatrice sur le visage, il avait tout d'Arashi Darkwood, ainsi : c'est pourquoi il ne tarda à prendre un chouchou pour se faire une queue de cheval.

« Tu vois, Fate, je suis peut-être Hadès, mais il y a certaines personnes qui me surveillent, qui pensent que je pourrais peut-être trahir, que je ne suis pas mort parce que je suis un traître, parce que j'ai trahi, en prison. Tu sais à quel point cela m'attriste, tu es la première à savoir que j'aurais préféré mourir que de trahir... »

Elle était là, si proche et pourtant si lointaine. Pendant leurs premières entrevues, ils n'avaient cessé de se provoquer l'une l'autre, toujours à la limite du politiquement correct, se chauffant sans jamais arriver à l'acte. Et maintenant, maintenant, il était Akira Darkwood et elle Fate Harlaown et il était sur un lit dans son appartement, assis dessus le plus tranquillement au monde. Il était bien sûr toujours autant Hadès qu'il avait été, au fond, Akira n'était au fond qu'une couverture pour jouer son rôle.

« C'est drôle, mais au début, j'imaginais cette rencontre autrement...des retrouvailles purement physiques, toi et moi sur ce lit, ne faisant plus qu'un. Je crois que j'avais tort, que tu n'es pas que cela, Fate...tu vaux bien plus. »

Il lui adressa ce sourire qui plaisait tant aux femmes, pensant à tout ce que Fate lui avait dit sur elle pour mieux l'utiliser : ainsi, elle se fâchait lorsqu'on pensait d'elle qu'elle n'était qu'une femme fatale ? Très bien. Elle était facile à discerner, au fond.

« Tu vas être drôlement dans la merde, s'ils apprennent que j'ai dormi ici... »


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Fate Harlaown
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Dim 15 Déc - 14:57
Fate l'avait regardé, pataud et maladroit, tandis qu'il tentait de se défaire de tout son attirail pour s'asseoir sur son lit. Le voir ainsi peiner à quitter sa béquille lui arracha un léger sourire. Assise, là, dos au mur, genoux serrés devant elle pour garder une position descente, elle l'observa alors quitter son costume. Ses gestes étaient brefs et professionnels : ils trahissaient sa maîtrise de la technique et révélaient que ce genre de ruse devait être une habitude pour lui. Avec tout ce matériel de sécurité dont disposait le gouvernement, les résistants étaient devenu de véritables professionnels du déguisement. Capable d'abuser à la fois les agents, mais aussi les systèmes de reconnaissance facial. Sans doute Akira faisait-il partie de ces experts.

Il avait quitté sa perruque brune pour révéler sa chevelure de feu – difficile de passer inaperçu avec une telle couleur. Soudainement, la nature avait repris ses droits et sa ressemblance frappante avec Arashi Darkwood lui sautait aux yeux à nouveau. Elle tenta de se remémorer le visage de son chef : décidément, bien que l'un à côté de l'autre cette cicatrice les trahissait, séparés, Fate aurait bien été incapable de discerner les deux frères. Comme pour briser cette ressemblance qui paraissait le déranger, il avait attaché ses cheveux en une queue de cheval : Arashi portait toujours les cheveux détachés.

« Tu n'as pas trahi. » lança t-elle d'un ton sec sans lui laisser le temps de terminer sa phrase.

« Si tu avais trahi, on n'en serait pas là, tous les deux. » avait-elle fini en esquissant un sourire qui masquait son reproche.

Le silence s'installa. Trahir. Si seulement il avait pu se contenter de le faire. Puisque son propre camp doutait de sa fidélité, il aurait très bien pu parler sans être repérer. Les choses auraient été bien plus simples : mais au lieu de ça, il avait fallu qu'il tienne bon. Et qu'en plus de ça il s'échappe. Les paroles qu'Arashi avait proféré lors de sa convocation lui rappelèrent l'humiliation constante qu'elle subissait depuis sa fuite. Ses traits s'étirèrent en un rictus arrogant, puis elle se rappela de l'importance de cette mission et de la place qu'elle y jouait. Ce sourire maintes et maintes fois répété devant la classe reprit sa place.

« Je pensais que vous vous battiez pour votre liberté, vous, les résistants ? C'est un comble que vous soyez vous-mêmes surveillés. Je ne te demande pas qui se cache derrière cette oreillette, je sais que tu ne me dirais rien. »

Fate s'était ensuite relevée, prenant appui contre le mur. Elle avait ensuite pris place à côté de lui, défaisant ses escarpins qui torturaient la plante de ses pieds pour ramener ses jambes contre elle.

« Et puis tu as tort de penser cela. Trahison ne devrait pas être synonyme de mort. On ne devrait même pas parler de trahison, au fond. Mais je pense que tu n'es pas encore prêt à accepter cela. Tu ne le seras peut-être jamais : je trouve ça fort dommage. Mais peu importe. Je sais pertinemment que tu n'as pas envie d'entendre cela. »

La jeune femme glissa délicatement ses mains dans sa chevelure blonde et, retirant les pinces qui retenaient son chignon, laissa retomber ses cheveux dans son dos. Elle l'écouta patiemment parler en y passant ses doigts pour défaire ses nœuds. Ses paroles lui arrachèrent un sourire amusé :

« J'y ai pensé, moi aussi. »

C'était vrai. C'était même la première chose qui lui était passée par la tête quand elle avait vu sa grande silhouette masculine soumise à sa juridiction dans cette cellule. C'était ensuite la première chose qui lui était venue à l'esprit pour gagner sa confiance. Comme si le sexe pouvait résoudre tous ses problèmes. Qu'ils soient privés ou professionnels.

« Finalement, je ne suis pas mécontente de voir les choses se dérouler autrement. Je pensais m'y prendre comme ça, tu sais, pour gagner de l'intérêt. Mais je préfère discuter, d'adulte à adulte : c'est toujours plus enrichissant que de maître à soumise. »

Suzaku avait raison : elle n'était pas obligée de passer par la case rapport pour obtenir ce qu'elle voulait. Fate se sentit soudainement revigorée : si tout se passait aussi bien pour le reste de la soirée, elle l'embobinerait gentiment dans les règles de l'art.

« Personne ne saura rien. Je n'aurais pas d'ennuis. J'ai la chance de ne pas être espionnée comme tu l'es. » dit-elle en se levant.

A nouveau debout, elle paraissait fort petite par rapport à d'habitude. Bien que grande par rapport au reste de la population féminine tokyoïte, sans talons, elle dépassait à peine un petit mètre 65.

« Tu veux boire quelque chose peut-être ? On pourra discuter après, si tu le veux bien sûr. »

Elle s'était ensuite dirigée vers la cuisine, prenant bien soin de passer par les zones de son appartement qu'elle savait invisible : d'après Akira, celui qui l'espionnait était partout. La jeune femme était ensuite revenue avec ce qu'il lui avait demandé et, en ce qui la concernait, un bon verre de scotch. Elle reprit place à côté de lui, un joli sourire accroché au visage.

« On se ressemble plus que je ne le croyais, au fond. C'est à croire que la soumission n'est pas propre aux pro-Kira ! » finit-elle en riant



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Dim 29 Déc - 20:17
Trahir.

Le plan marchait bien, il espérait juste que Alpha n'allait pas tout faire capoter, ou même que la blonde ne se comporterait pas de manière intelligente. La chose la plus censée qu'elle pouvait faire, malheureusement, ç'aurait été prendre contact avec ses collègues pendant son sommeil, le menotter et le faire se réveiller dans une froide salle d'interrogatoire.

« Un jus d'orange, s'il te plaît. »

Fate avait fermé les volets de cette pièce, alors, négligemment, presque, il les rouvrit. C'était un simple bouton qui déclenchait le mécanisme. Il ne craignait pas vraiment les caméras de Kira, ou des différents ministères, et il pensait actuellement que vu ce qu'il venait de faire, il valait mieux que Alpha puisse le voir.

Il n'avait pas demandé d'alcool, et de toute façon, il ne tenait pas l'alcool. Il ne savait pas non plus si vraiment il devait boire ce verre, car il n'avait pas été là quand Fate l'y avait versé. Était-il empoisonné, ne l'était-il pas ? Il eut du mal à se rasseoir à la même place que tout à l'heure, ses mouvements étant bien sûr handicapés par tous ces bandages, mais y parvint, avec une petite grimace en prime. Fate revint vite et il posa son verre de jus d'orange à côté de lui, n'osant poser ses lèvres dessus. Alors, empoisonné, pas empoisonné ? Il se décida à fixer Fate pour voir si ses yeux ne la trahissait pas et si, pressée, elle ne regardait pas de temps à autre le verre. Il était peut-être conciliant, mais pas encore totalement fou.

« Ne me parle pas de soumission, je ne suis pas soumis, contrairement à toi. Ils s'inquiètent pour moi, c'est tout. », dit-il en souriant. « Il n'empêche que si tu m'embrasses tout d'un coup, je n'ai pas envie qu'ils entendent tout...c'est une question de vie privée, point...même si je pense qu'ils s'en sont pris plein les oreilles, lorsque je me suis fait la secrétaire d'Arashi ! »

Si ils se ressemblaient ? Akira Darkwood regarda Fate un peu plus attentivement que lorsqu'il ne faisait que lui mater les seins. Belles, Fate était belle, c'était certain. Elle avait usé et abusé de sa beauté à un point qu'il ne pouvait imaginer, tout comme lui se comportait comme un goujat envers toutes les femmes qu'il rencontrait, le lendemain de leurs rencontres, du moins. Hadès se permit un sourire, se disant qu'ils n'étaient pas si différents. Lui, il avait Ishtar, qu'il voyait tout de même de temps à autre, elle avait son Jules, cet affreux de riche beauf' qui ne n'avait de talent que son visage. Ils venaient du même moule, seules leurs lectures et leurs convictions étaient différents, et en ces temps difficiles, les opinions étaient d'une importance primordiale.

« Je ne bois presque jamais d'alcool, en fait...la dernière fois que je n'y suis essayé, je me suis retrouvé à draguer une nana lesbienne qui m'a foutu son poing dans le ventre. Ce n'était pas une très bonne idée, mais l'alcool me fait toujours agir bizarrement. »

Mello. Il se demandait ce qu'il faisait actuellement : s'il avait eu des nouvelles d'Ishtar, s'il se comportait bien avec le ministre. Il avait envoyé le Docteur prendre des nouvelles du fonctionnaire, voire s'il allait bien et que Mello n'avait pas abusé de sa place, mais il n'avait pas encore de nouvelles, il était parti avant son retour. Hadès soupira, espérant de toutes ses forces que Suzaku n'avait pas été trop martyrisé, ou bien ils auraient tous de gros ennuis, au sein de la résistance. Même si l'idée était originellement d'Ishtar, il ne pouvait pas s'empêcher de penser qu'elle était très mauvaise, et que quelqu'un comme Suzaku représentait des problèmes futurs.

« Viens là, viens, embrasse-moi, Fate... », lui susurra-t-il, quasiment penché vers elle, les yeux pétillants. « À moins que tu ne sois attirée que par Jonathan Murakami...parce que lui, il te faisait du charme. Et tu avais accroché, j'crois bien... »

Akira rigola. La blonde était si charmante que même malade, il ne pouvait pas s'empêcher de la draguer. Il y avait la forme de sa poitrine, évoquée par sa robe, ses cuisses et ses mollets, rompus au sport et à la course. Elle avait beau faire partie de la police, des gens d'armes, il ne pouvait pas s'empêcher de la trouver attirante et, décidément, Alpha avait raison de s'inquiéter lorsqu'elle disait qu'il risquait d'en tomber fou amoureuse. Mais l'orgueil d'Hadès était immense : lui, amoureux ? Jamais. Il avait déjà vécu cette situation mille fois, pour lui, c'était un passage, sûr. Jamais il n'aimerait la femme qui lui avait tiré dessus, jamais...seulement, les larmes et son discours censés avaient commencé à l'émouvoir et Akira Darkwood considérait maintenant Fate Harlaown comme ce qu'elle était : un autre être humain, tout aussi fragile et beau que la normale.

« Tes sous-vêtements sont assortis à la robe ? », lui demanda-t-il en faisant un clin d'œil.


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Fate Harlaown
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Lun 30 Déc - 16:03
« Etrange de s'inquiéter au point d'espionner les gens, tu ne trouves pas ? » avait-elle répondu, un large sourire aux lèvres, tandis qu'elle buvait une gorgée de son scotch.

Oui. Faire ressortir les ressemblances. On apprenait cela aux recrues pro-Kira. Il n'y a que deux moyens de faire flancher l'ennemi : la violence et la compassion. Si la première solution reste une valeur sûre, elle n'offre pas les possibilités de coopération de la seconde. Lorsque la terreur est installée, il est d'autant plus facile d'attirer la sympathie tant elle paraît bienvenue et innatendue. Fate se souvenait des mots des instructeurs, gravés dans sa mémoire en lettre d'or. Il ne fallait pas oublier ces choses là : la terreur soumet la foule, la sympathie la rend ensuite exploitable. C'était ce qui faisait la force du régime de Kira. En repassant à cet étrange crédo, Fate sourit et jeta un œil à son interlocuteur. Lui, comme tout les autres, ne devait pas avoir la moindre idée de la formation que reçevait les militaires. Entrainées pour agir vite et correctement, les armées de Kira tiraient leur efficacité de ces dures semaines de travail au terme desquelles elles étaient jugées aptes à servir leur Dieu.

Sans doute n'y aurait-il pas la moindre résistance si le Monde tout entier savait ce qui se tramait en coulisse. Les soldats attendaient de nouvelles conquêtes et l'arsenal sommeillait quelque part. Quand Kira aurait à nouveau soif de pouvoir, il exposerait ses armées et verrait les dirigeants s'écrouler à ses pieds, comme d'habitude. Non décidément, en sachant cela, il était impossible de garder un tant soit peu d'espoir de rétablir la liberté. Elle aurait aimé lui montrer. A lui seul, crédule résistant, elle aurait montré de quoi Kira était capable. Peut-être aurait-il tout cesser, devant ce combat perdu d'avance ? Peut-être aurait-il choisi la bonne voie, cette fois-ci ? Mais c'était impossible, évidemment. Fate grimaça, elle divaguait. Pas besoin de cela, il fallait juste lui soutirer un maximum d'informations et, si possible, le faire coopérer.

Elle se retourna, pour le regarder, et dût à nouveau affronter son regard qui semblait la détailler sous toutes les coutures. Fate sourit :

« Qu'est-ce qu'il se passe ? Tu espères voir à travers peut-être ? » lança t-elle, ironique.

Il fallait dire qu'elle avait volontairement choisi sa tenue dans le but d'éveiller ses plus profonds désirs. Sa robe, bien que volontairement peu décolletée, laissait deviner ses rondeurs de manière assez subjective et dévoilait ses jolies jambes. Sensiblement, cela avait marché, comme sur tous les autres. Elle alluma une petite lampe de chevet pour éclaircir la pièce, soudainement assombrie par la noirceur de la nuit tokyoïte. L'ambiance était causie, juste assez pour pouvoir le mettre à l'aise et le laisser se relaxer. Ensuite, elle interviendrait.

Quelques instants, elle le fixa à son tour. Il ne cessait de regarder le verre qu'elle lui avait apporté avec une méfiance digne de la paranoia. Fate roula les yeux au ciel, saisit le verre et en but une gorgée suffisante pour lui faire comprendre qu'elle avait bu. Puis, elle lui tendit le verre :

« C'est bon, tu peux y aller ! Non, si ça peut te rassurer, on a beau nous apprendre une tonne de choses, résister au poison ne fait pas partie de la formation des adeptes de Kira ! »
lui dit-elle en riant.

« Si j'avais voulu te tuer, je l'aurais fait depuis longtemps ! Preuve que ça n'est pas dans mes intentions ! »

Elle prit place à côté de lui, souriante. C'est vrai que la situation était dangereuse, surtout pour lui. En venant à ce rendez-vous, elle avait eu peur de tomber dans un salle guet-apens dont elle n'aurait su se sortir. Mais au fond, c'était à lui que revenait la palme de l'inconscience. D'eux deux, c'était lui qui avait dû prendre le plus de risque. Accepter un rendez-vous avec une haut-gradée de l'armée avait déjà quelque chose d'étrange, mais passer la nuit chez elle ne faisait qu'accentuer le danger. D'un geste agréable et sensuel, elle s'assit derrière lui et entreprit de masser ses larges épaules :

« Tu es sûr que tu ne veux pas un peu d'alcool ? Ca te calmerait tu sais. Tu es tout tendu. »

Elle n'insista pas à l'écoute de cette petite anecdote qui lui arracha un sourire.

« Je ne te pensais pas comme ça ! C'est une question d'habitude, tu sais. Moi, je n'en sens presque plus les effets. Je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise chose mais ça a des avantages » dit la jeune femme en continuant son agréable massage.

Ses dernières paroles lui arrachèrent un sourire. En plus de la déshabiller du regard, il semblait finalement céder à son petit numéro de charme. C'était sans doute la seule discipline dans laquelle elle excellait : raison pour laquelle Arashi lui laissait la charge de la grande majorité de leurs prisonniers masculins.

« Je fais toujours très attention à ces choses-là, oui. Tu doutes de mon bon goût vestimentaire peut-être ? » susurra t-elle à son oreille en souriant.

Elle se leva ensuite, fermant à nouveau le volet de la chambre qu'il avait ouvert. Elle n'était pas à l'abri d'être surprise par cette personne qui le surveillait et elle ne tenait pas à faire la une de la presse à scandale dès le lendemain. Elle voyait déjà les gros titres « Scandale chez les pro-Kira ! Les folles virées nocturnes de Fate Harlaown »... Non, décidément, mieux valait éviter cela.

« Jonathan Murakami avait quelque chose, oui. Mais je crois qu'à bien y réfléchir, je préfère le charme de ce cher Akira Darkwood. »

Puis, glissant sur son genou valide, elle avait délicatement saisi son visage entre ses deux mains et avait déposé un furtif baiser sur ses lèvres. La jeune femme fixa ensuite ses grands yeux bleus, un sourire triste aux lèvres :

« T'a t-on déjà dit que tu avais une gueule d'ange, Akira Darkwood ? J'aimerais tellement te voir à la place d'Arashi. Travailler me semblerait sans doute moins désagréable. »


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Ven 3 Jan - 22:30
Surveiller Hadès... quelle plaie ! Elle l'avait forcé à se mettre sur écoute en quasi-permanence en lui disant qu'elle devait s'assurer qu'il était bien loyal à la cause et à la résistance... mais en réalité elle n'en doutait pas réellement. Elle savait qu'il avait une idée derrière la tête qui pourrait passer pour une trahison pure et simple, mais elle était certaine que c'était bien plus compliqué que ça. Dans tous les cas elle savait qu'il avait eu de très bonne raisons pour rejoindre le mouvement de la résistance, et qu'il n'en avait pas encore terminé avec toutes les choses qu'il souhaitait accomplir en son sein... alors elle n'avait pas vraiment peur pour ça... d'autant plus qu'elle n'était pas non plus une grosse mafieuse, si quelqu'un voulait partir qu'il le fasse... après, s'il balançait des infos confidentielles elle s'en occuperait personnellement, mais elle préférait courir le risque. L lui disait souvent qu'elle était trop gentille avec « leurs enfants »... mais elle ne se voyait pas faire autrement.

En tout cas, là pour le coup si elle l'espionnait ainsi, c'était pour éviter de le perdre bêtement parce qu'il comptait se jeter corps et âmes dans un piège grossier que lui avait tendu Gros-Seins. Il avait trop confiance en ses capacités de résistance à l'appel des grosses poitrines et elle savait qu'il ne pourrait sans doutes pas faire grand chose. Il sous-estimait Gros-Seins de façon pathétique... elle était une femme belle, intelligente et dangereuse. Il aurait sans doutes pu résister à une femme intelligente et dangereuse... mais belle non. Et surtout pas avec une paire de seins (sans doutes refaits) pareille... Baby-sitter de chef de la résistance, voilà ce qu'elle était devenue... merveilleux...

Poussant un long, très long soupir de lassitude, la jeune femme s'extirpa mollement de sous sa couette. Une fois debout, elle jeta un dernier regard désespéré à son oreiller. Il semblait tendre ses petites pattes imaginaires pour la supplier de revenir se lover contre lui. Cette scène lui arrachait le cœur... le pauvre, il n'avait pas l'habitude de la voir se lever aussi tôt dans la journée, on en était à peine au milieu ! Il faisait jour !!!

- Je suis désolée... je te promets que cette nuit je te serrerais dans mes bras pendant des heures... je ne partagerais mes prochaines heures de sommeil qu'avec toi !

Elle se détourna rapidement pour ne pas voir la mine déconfite de sa couette qui voulait également qu'elle revienne s'entourer d'elle, et disparu dans la salle de bain. Elle passa une bonne heure et demie sous une douche tellement brûlante qu'elle fumait comme pas possible, puis en sortis, alluma la musique à fond, avec plein de basses et de tremblements de vitres, profitant à mort de l'isolation maximale de son garage qui était totalement insonorisé, et dansa, nue, au milieu des câbles et de son bordel informatique ambiant, le temps que sa peau rendue rouge et sensible à cause de sa douche de maso puisse supporter le contact d'un textile quelconque. Quand ce détail fut réglé, elle enroula ses cheveux dans une serviette propre et s'empara d'un jean presque neuf, qu'elle enfila rapidement par dessus le joli string noir choisi spécialement pour l'occasion. Elle passa ensuite un chemisier bleu pastel assez décolleté pour révéler en partie sa jolie poitrine et le soutient-gorge assortis à son string sans pour autant balancer ses seins à la gueule des gens comme si elle espérait que les rues allaient bientôt se paver de bites histoire de pouvoir marcher sur le cul. Elle passa une petite chaîne en or discrète autour de son coup, prolongée d'un joli petit pendentif finement ciselé en forme d'arbre avec un petit cœur en cristaux brillants, ainsi que quelques bracelets assortis, une jolie alliance et une ou deux autres bagues. Après tout cela, elle enfila une paire de bottes à talons épais noires et un petit gilet assez fin blanc. Quand l'aspect vestimentaire fut torché, la jeune femme se maquilla de façon à être méconnaissable tout en ayant l'air de n'être qu'assez peu peinturlurée. Elle rendit ses yeux plus allongés, donnant l'impression qu'ils étaient aussi bridés que peuvent l'être ceux d'une japonaise pure souche, posa des lentilles noires sur ses iris colorés, s'enduisit d'un fond de teint un peu plus mat que sa couleur de peau naturelle et se maquilla ensuite plus ou moins normalement. Elle posa ensuite une perruque d'un noir de jais sur ses cheveux châtains et laissa sa chevelure artificielle pendre jusqu'au milieu de son dos sans la moindre petite ondulation. Elle avait coupé une frange à la dernière mode dans cette crinière factice qui s'arrêtait en ligne droite presque au milieu de ses paupières.

La jeune fille se contempla un moment dans son grand miroir et sourit : elle était tellement méconnaissable que même Hadès ne se rendrait pas compte de qui elle était. Bien sûr, il le saurait si elle avait besoin d'intervenir, il n'était pas particulièrement stupide après tout, mais son apparence était si différente de ce dont elle avait l'air devant lui d'habitude qu'il en serait probablement très surpris. Elle-même ne se reconnaissait pas du tout... elle avait l'air d'une jeune mère de famille disposant d'un caractère bien trempé... parfait. Elle décida qu'elle utiliserais à nouveau ce personnage, avec quelques changements ici et là pour ses apparitions publiques au sein de la résistance. Après tout, même si elle se montrait presque au naturel devant certains, tous n'étaient pas supposés savoir à quoi elle ressemblait en vrai... fallait pas abuser quand même. Mine de rien, elle était aussi importante qu'L pour le mouvement... sauf que tous le croyaient mort. Cette idée l'attristait beaucoup, parfois elle-même en avait l'impression... mais il choisissait toujours ces moments là pour entrer en contact avec elle... amusant non ? Bref...

Alpha s'empara de son sac à main en faux cuir noir et de son sac à bordel en plastique vert et blanc « La Fnac », sorti et marcha environ un demi kilomètre avant de s'engouffrer dans une grosse berline noire probablement volée quelques heures auparavant. Son chauffeur la détailla, lui adressa un sourire amusé, et parti sans faire de commentaire. Il la déposa à deux pâtés de maisons du lieu de rendez-vous d'Hadès et Fate, lui donna un téléphone portable jetable dans lequel était enregistré son numéro, puis il parti. Décidément, Yumi appréciait l'efficacité et la discrétion de ce type. Elle en était agréablement impressionnée à chaque fois. Pratiquement personne d'autre qu'elle ne le connaissait au sein du mouvement, il était plus où moins son chauffeur et son fournisseur officiel pour certains trucs. Un certain « Bob »... mais c'était très probablement un pseudonyme assez nul... enfin peu importe.

Arrivée dans le bon quartier avec environ quatre heures d'avance, la jeune fille eut largement le temps de faire tout ce qu'elle voulait. Elle réussi même à engouffrer une quantité astronomique de crêpes nutella/banane tout en sirotant du thé glacé à la cerise (bah quoi... elle sortait rarement la journée alors autant profiter des rares avantages que ça apportait hein, elle aura tout le temps de culpabiliser à propos du nombre de calories que ça représentait plus tard, dans son garage, pendant qu'elle s'enfilera son dernier paquet de chips).

Quand ils furent tous les deux arrivés, elle s'installa également dans le restaurant, pas très loin d'eux. Assez loin pour qu'ils ne la repèrent pas en regardant évasivement dans sa direction, mais assez prêt pour que Fate ai l'impression de l'avoir déjà vue plus tôt dans la journée si elle la recroisait plus tard. Ça collerait avec son histoire comme ça. Elle grignota vaguement une assiette de salade, incapable d'en avaler beaucoup parce que les crêpes étaient toujours en train de squatter son estomac et qu'il restait peu de place disponible, tout en écoutant la conversation des plus ennuyeuse que ses « cibles » étaient en train d'avoir. Elle était sur le point de s'endormir quand ils se levèrent. Elle paya rapidement son addition, repoussa le serveur qui la draguait d'un regard disant clairement « parle moi encore une seule fois et j'te coupe les couilles », puis elle les suivit de loin. Quand ils finirent par arriver devant l'immeuble dans lequel vivait Fate, la jeune fille prit le temps de se dire que décidément, sucer la queue d'un faux dieu payait quand même vachement bien, puis elle se planqua dans un coin tranquille pour écouter ce qui allait se passer. Elle aurait ou faire tout ça de chez elle, mais elle préférait être sur place au cas où l'autre fanatique des poitrines à extensions aurait besoin de l'aide d'un simple bonnet D... on ne sait jamais... et puis elle au moins pourrait voir ses pieds si elle avait besoin de se battre avec Gros-Seins, c'était un avantage non négligeable.

Quand Hadès commença à complimenter la tenue de Fate après un long silence idiot, Yumi sentit le gros coup de pute arriver gros comme une maison de campagne de bourgeois en mal d'érection. Et forcément, ça ne manqua pas. A peine quelques instants plus tard, il passa hors de son champs de vision déjà réduit, et retira son oreillette, la rendant à la fois sourde et aveugle de la scène qui allait probablement être la meilleure de tout le film. Connard. Laissant échapper une flopée d'injures qui sembla même traumatiser le SDF qui dormait à quelques mètres d'elle, elle se leva prestement et enfila les multiples étages qui la séparaient de « son » Hadès et de la pute qui devait être en train d'essayer de le bouffer tout cru. Arrivée en haut, les poumons au bord des lèvres et le cœur aussi agité que si elle avait couru un maraton en portant un obèse sur ses épaules... elle aperçut l’ascenseur. Donnant un coup de pied rageur dans un pot de fleur qui avait le malheur de se trouver là, elle attendit quelques minutes devant la porte histoire de reprendre son souffle et de récupérer ses capacités motrices sans être agitée de violents tremblements... quand ce fut bon, elle frappa à la porte comme une dingue. On aurait dit qu'elle allait la fracasser mais, bénie soit la précipitation de Fate à se faire sauter par un rouquin en mal de poitrine bodybuildée, la porte en question n'était pas verrouillée. Elle l'ouvrit en la faisant rebondit bruyamment contre le battant opposé et se mit à hurler.


- AKIRA !!! SALE CONNARD DE MERDE VIENS ICI TOUT DE SUITE !!!

Déambulant dans l'appartement aussi délicatement qu'un rhinocéros chaussé de bottes de plomb surmontées de grelots en titane, elle finit par repérer l'oreillette balancée sur le lit. Elle fit comme si elle ne l'avait pas vue, son histoire ne tiendrait pas si elle la récupérait, et même s'il était absolument impossible que Fate la reconnaisse, autant ne pas faire quelque chose de stupide... Hadès se suffisait largement à lui même pour ce genre de chose. Et puis de toute façon, personne ne pourrait la tracer en partant de ces oreillettes, elle y avait veillé depuis bien longtemps. Elle ouvrit la porte de la chambre d'amis à la volée, poussa un glapissement de rage typiquement féminin, propulsa Fate à deux bons mètres, et gifla Hadès avec la puissance d'un torpilleur. Il garderait sans doutes la marque pendant plusieurs jours et c'était tant mieux.


- Toi la pute décolorée tu vire tes saloperies de tentacules de MON connard de mari où j't'arrache la gorge avec les ongles. Et ça me ferait chier, j'en ai eu pour une fortune de manucure alors m'emmerde pas !

Elle brandit une alliance semblable à la sienne devant le nez d'Hadès en lui hurlant au visage :

- Il faut quoi ? Que je te l'enfonce dans le cul cette foutue bague pour que tu te souviennes de ce qu'elle signifie ?

Elle lui attrapa le bras, malmenant ses récentes blessures par la même occasion sans le moindre remord, et enfonça sans aucune douceur ladite alliance à son doigt.

- Oui monsieur, je suis au courant, et depuis toujours en plus, mais là c'était la fois de trop. La prochaine fois que tu te tape une pute dans mon dos je te jure de coller un tel divorce au cul que plus jamais tu ne pourras te torcher sans pisser le sang pendant des semaines. T'auras plus rien du tout, et plus jamais tu ne verras ta gamine. C'est ça que tu veux ?

Elle lui balança une gifle presque aussi brutale que la précédente.


- En plus avec une pute du gouvernement... bien joué crétin, j'devrais vous balancer tous les deux tiens, ils vous feront quoi vos patrons respectifs quand ils sauront ça, hein ?


Elle eut un sourire sardonique.

- Parce que oui « mon chéri », ça aussi je suis au courant... et ça aussi tu vas arrêter. Faire joujou avec d'autres petits cons qui se la joue adolescents rebelles ça va cinq minutes mais c'est bon là, c'est terminé. T'as une gamine bordel... tu vas lui dire quoi quand elle va te demander pourquoi t'étais pas là à son spectacle ce soir, encore une fois hein ? « Excuse moi mon ange, je voulais me taper une pétasse blonde avec des mamelles dignes d'une vache laitière » ? Pas sur que ça lui plaise...

Elle frappa le sol de son pied, comme si elle se retenait d'envoyer son pied ailleurs et attrapa le menton de son mari entre des doigts fermes et blancs de rage, plaça son visage à quelques millimètres du sien et lui susurra :

- Je peux t'assurer que si tu n'arrêtes pas toutes tes conneries, et j'ai bien dis « toutes » tes conneries, je te laisserais à poil sur le bord de la route dans un pays où les chèvres et les autochtones se feront un plaisir de t'enculer à sec avec du gravier jusqu'à ce que t'en crève. Et si jamais tu survis, le divorce sera prononcé, ta fille pensera que son cher papa est mort écrasé par un bus, où étouffé dans son propre vomis, et j'aurais changé de nom tellement de fois que tu pourras toujours te racler les dents sur le bitume pour essayer de nous retrouver... compris ? Maintenant lève toi, on rentre à la maison immédiatement.


Elle se tourna vers Fate.

- Et si la pétasse de compétition a un commentaire à faire, qu'elle se le garde où je le lui enfoncerais dans le gosier à coup de talon...
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Fate Harlaown
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Sam 4 Jan - 11:45
La jeune femme n'avait eu le temps que de se relever tranquillement, souriante, devant son interlocuteur hébétée quand un élément perturbateur était venu déranger leur tranquillité. Il y avait eu le bruit caractéristique de la porte d'entrée qui claquait contre le mur et puis ce cri féminin qui hurlait au scandale. Un instant, Fate pensa qu'il pouvait s'agir d'une voix venant des appartements adjacents, mais son logement était particulièrement bien isolé et insonorisé. Et puis, il était bien question d'un Akira, pas de doute, il devait s'agir de lui. En entendant les pas se rapprocher d'eux, elle leva les yeux au ciel et prit une grande inspiration pour calmer ses envies meurtrières : tout se passait trop bien jusque là, il fallait que quelqu'un intervienne.

A peine levée s'était elle retrouvée projetée contre le mur auquel elle n'eut que le temps de se rattraper. Le magnifique coup qu'elle adressa ensuite au jeune homme lui donna presque envie de le plaindre. Non, décidément, cette femme était une furie. En se redressant, Fate la détailla du regard. C'était une asiatique, brune aux cheveux lisses et aux yeux noirs, comme on en voyait des milliers ici. Habillée discrètement, elle avait absolument tout de la parfaite petite ménagère japonaise qui reste chez elle à s'occuper des enfants en attendant son mari. Quoi que, sa poitrine était anormalement développée pour une asiatique. Et puis, elle pouvait prétendre être qui elle voulait, cette introduction toute en douceur était particulièrement louche.

Ses insultes lui arrachèrent un sourire. Décidément, celles qui cherchaient à la critiquer ressortaient souvent les mêmes arguments : pourquoi était-il toujours question de sa couleur de cheveux surnaturel et de son physique siliconé ? Pourtant, en ayant un minimum connaissance de sa nationalité d'origine, ces facteurs s'expliquaient plutôt facilement. Elle baissa ensuite les yeux sur sa manucure soignée : oui décidément ce serait dommage, pensa t-elle, amusée. Cependant, elle eut la patience de retenir son venin qui manquait de glisser hors de ses lèvres le temps qu'elle finisse son petit discours scandaleux.

Sensiblement, il était question d'un mariage. Ah ? Même d'un enfant ? Elle l'écouta déblatérer toute sa petite histoire, bras croisés sur sa poitrine. Elle avait apparemment beaucoup à lui reprocher. Un instant, elle sourit, se demandant comment Akira avait pu épouser une fille pareille. Mais ça, ça n'était pas ses affaires. Quand elle lui enfonça l'alliance avec une telle douceur qu'elle le vit grimacer, Fate lui lança un petit regard désolé. Ce pauvre Akira avait vraiment l'air déconcerté par ce qu'il voyait. Tout ça pour dire que, en résumé, elle voulait qu'il revienne de suite avec elle à la maison. Fate se décolla délicatement du mur :

« C'est bon, tu as fini ? » déclara t-elle, pendant que ses doigts de la main gauche tapotaient toujours son épaule inverse en signe d'impatience.

Elle affronta son regard. Non, cette fille ne lui disait vraiment rien. Mais elle tâcherait de retenir son visage. La jeune blonde lui adressa un sourire plus hypocrite que sympathique et la détailla une fois de plus du regard. Pour une mère de famille, elle avait fait preuve d'une dextérité impressionnante pour venir ici. On n'obtenait pas l'adresse d'un haut-gradé comme cela : la grande majorité des membres du QG ne devait même pas savoir qu'elle habitait ce quartier. Cela impliquait qu'elle les ai suivi. Suivi depuis où ? Le restaurant, sans aucun doute. Mais étrangement, elle peinait à imaginer qu'une mère célibataire puisse se payer quoi que ce soit dans un établissement aussi chic et luxueux tant le moindre plat de la carte paraissait éminemment cher. Dans ce cas, il y avait de grande chance pour qu'elle ait connaissance du rendez-vous et tout devenait soudainement plus clair... Soit, il y avait aussi une chance que tout ce petit cirque soit véridique, mais étrangement, elle en doutait.

« En effet, la pétasse de compétition aimerait s'exprimer ! » commença t-elle, presque souriante.

Elle avait saisi son sac à main duquel elle avait retiré sa plaque de police :

« Bon, maintenant, tu sais qui je suis. Bien que j'ai l'étrange conviction tu savais déjà sur qui tu tomberais, j'aime bien mettre les choses au clair. »

Fate rangea le petit objet qui prouvait son appartenance à la police et posa son sac à main sur la table de chevet à côté d'elle, à portée de main.

« Je trouve ton histoire un peu louche, si je puis me permettre. Deux alternatives se détachent de ton petit numéro théâtral. Soit tu es véritablement ce que tu prétends être et dans ce cas je te conseille de déguerpir rapidement si tu ne veux pas d'ennui, soit tu es ici pour un but bien précis qui diffère totalement de ce pour quoi tu prétends être venu. Étrangement, je trouve la seconde alternative plus plausible. J'ai du mal à croire qu'un passant t'as dit que j'habitais ici. Dans tous les cas, tu as dû nous suivre. Je ne t'ai même pas remarqué, bien joué. Cependant, ça impliquerait pas mal de choses. Tu dois être autre chose qu'une mère aigrie et célibataire. Peut-être la fameuse personne derrière l'oreillette ? »

D'un geste des mains, elle mima le dénouement :

« Et étrangement tout s'éclaire ! »

Elle lança un suite un regard presque noir à Akira, toujours assis :

« J'espère juste que si c'est bien le cas tu es venu de ton propre derechef et que personne n'est venu t'informer de ce petit rendez-vous, j'y verrais là une trahison des plus décevantes. »

La jeune femme glissa de nouveau la main dans son sac à main et en sortit son arme de service qu'elle avait emmené de peur de devoir affronter une agression. D'un geste habituée, elle chargea l'arme et la laissa glissée dans sa main.

« Bref peu importe. Je m'égare peut-être. Tu n'es peut-être qu'une pauvre imbécile qui a besoin d'une thérapie, au final. Mais quel que soit ton rôle dans cette histoire, je suis en droit de t'arrêter. »

De sa main valide, elle ouvrit le volet électrique et désigna la fenêtre qui donnait sur la mégalopole endormie.

« Je sais pas si le mot « couvre-feu » fait partie de ton vocabulaire, mais il serait tant que tu l'intègres puisqu'il te place en état d'arrestation. » finit-elle en souriant.

Lentement, elle braqua la jeune femme de son arme. Ca n'était pas un geste offensif qui indiquait qu'elle s'apprêtait à tirer, juste une action qui devrait suffire à la dissuader de tenter n'importe quel geste violent. Tirer, elle en était capable. Elle n'aurait aucun problème suite à cela. Rien que le fait de s'être infiltrée chez elle était synonyme de violation de la loi. Fate jeta un regard désapprobateur à Akira :

« Toi, j'espère que tu n'es pour rien dans cette affaire. Mais si j'étais à ta place, je resterais ici. Blessé comme tu es, il te faudrait plus de temps pour m'atteindre que moi pour tirer. Et puis je m'en voudrais d'avoir à fracturer tes quelques os restants. De manière générale, je ne veux pas te faire de mal. »

Elle s'adressa de nouveau à la jeune fille :

« Qu'on aille pas dire que les pro-Kira sont des êtres cruels ! Je suis d'humeur magnanime et je n'ai surtout pas envie qu'on me dérange. Alors j'ai deux propositions à te faire. Soit tu deviens une fifille intelligente, tu t'en vas en emmenant ton petit bordel, je me ferais un plaisir de fermer la porte derrière toi et tu n'auras pas d'ennuis si tu rentres chez toi assez rapidement. Soit tu fais ta tête de mule et je serais forcé d'appeler les autorités ou, dans le cas où te viendraient des actions résistantes, de te refroidir moi-même. Tu sais, coup et blessures sur un haut gradé et violation de la vie privée c'est suffisant pour apparaître comme de la légitime défense. Alors prends tes clics et tes clacs et casse toi. » finit-elle en désignant la porte, l'arme toujours braquée sur sa poitrine.


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Sam 4 Jan - 23:51
Ses lèvres avaient un bon goût, se dit-il pendant qu'elle l'embrassait. Lui, il aurait cru que Fate reculerait face à ses assauts. Il pensait qu'elle ne voudrait pas, qu'elle le considérait encore – trop – comme un résistant...Oh, Fate Harlaown avait raison et d'ailleurs, il la regardait encore avec ses grands yeux calmes, presque en souriant. Il avait peur, bien sûr, peur d'être ici. Il savait ce qu'elle pouvait lui faire dire, rien qu'en le regardant un peu avec ces beaux yeux bleus...Oui...Fate Harlaown le tenait littéralement sous sa coupe, et c'était bien cela qui l'effrayait. Il trouvait, par contre, l'évocation du remplacement d'Arashi, au ministère, plus ou moins subtile et grinça des dents, comprenant, s'il ne l'avait pas déjà fait, les intentions de Fate. Alors comme cela, ça ne leur suffisait plus, de le capturer, il fallait qu'ils aient sa personne, sa fidélité et son intégrité.

Le doucereux piège de Fate Harlaown commençait tout doucement à refermer sur lui, et lui allait de nouveau l'embrasser lorsqu'il entendit ce cri qui lui fit presque mal aux oreilles. « Akira ». Oui, Akira ? Akira, c'était lui ! Il comprit que c'était à lui que l'on s'adressait, et vit avec étonnement une nana qu'il n'avait jamais vu débarquer dans cette pièce, commençant à invectiver Fate et lui-même avec la véhémence d'une...femme au foyer. Hadès la regarda avec de grands yeux étonnés, essayant de comprendre le A et le B de cette scène étrange qui se déroulait juste devant ses yeux. Il poussait un cri de douleur lorsqu'elle le tira par le bras, un autre, plus fort, lorsqu'elle fit passer une alliance qui, il le savait, ne lui appartenait pas autour de son doigt. Il tentait de comprendre, dans la douleur, ce qu'il se passait, regardant son visage avec attention pour comprendre si oui ou non il l'avait déjà rencontré et si...

...C'était logique en fait, foutrement logique. La seule fille qui pouvait savoir qu'il se trouvait ici, la seule qui aurait eu l'audace d'entrer chez Fate alors que le couvre-feu avait déjà été annoncé. Il y avait pensé, lorsqu'il avait posé l'oreillette, mais n'avait pas imaginé qu'elle irait jusqu'à mettre sa vie en danger pour lui. Alpha. À cette instant précis, Akira Darkwood fut émue par cette précieuse amie qui était venue, là, juste pour lui et qui soudainement s'inventait une vie avec lui, un enfant, un mariage...Un divorce, hypothétique et assez affreux, selon ses dires.

« Promis, promis Himiko ! Promis, je te le jure, je ne recommence plus, tu sais que je ne me contrôle pas, ce n'est pas ma faute, je- »

Ne vous a-t-on jamais dit qu'il ne fallait pas laisser deux femmes ensemble, dans la même pièce, qui de plus est ? Car ce qui était en train de se passer, en ce moment, était assez effrayant...Fate Harlaown, qui n'était pas, comme le suggérait les apparences, une simple blonde sans aucun cerveau commença à crier contre Alpha à son tour. Hadès aurait bien voulu en rajouter, à propos de sa fausse fille, à propos de toutes ces remarques, mais il n'en eut même pas le temps. Sa voix, déjà faible à cause de toutes ses blessures, était presque devenue un filet indistinct, aussi choisit-il de se taire pour le moment. Il était clair qu'il ne pouvait appeler Alpha par son pseudonyme, alors il allait faire comme s'il était bel et bien marié à elle.

Ce qui était mauvais, très mauvais pour eux deux, c'était le fait que Fate n'était pas aussi blonde qu'on aurait pu le penser. Elle avait visiblement compris que Alpha n'était pas ce qu'elle prétendait être, l'avait sans doute vu les suivre, un peu avant. Quelle femme censée suivrait son époux trompeur jusqu'à la résidence où sa maîtresse logeait ? Sans doute toutes, pour le prendre enfin en flagrant délit ? Il soupira...grinçant des dents lorsqu'elle aborda la question du couvre-feu et sortant son arme. Tenait-elle autant à lui que cela ? Hadès tenta de se relever, aller jusqu'à elle pour la protéger de son corps, mais il fut interrompu dans ses interminables mouvements par la voix de Fate, lui assurant que le temps qu'elle tire, il n'aurait le temps de rien faire. S'était-il déjà senti plus impuissant que cela ? Il n'avait même plus son fidèle sabre.

« Bon...ça suffit, Fate...Himiko et moi, on va partir tous les deux...elle ne pensait pas à mal, elle ne pensait pas que tu étais une fonctionnaire haut placé. Himiko et moi, on a une petite fille de trois ans, alors je l'excuse pour ses mots si durs...c'est pas facile tous les jours, pour elle...surtout pour moi...Alors baisse ton arme...Je t'en prie...elle compte vraiment pour moi...et toi, Himiko, je...je m'excuse, pour avoir laissé l'alliance dans le tiroir de la salle de bain, à la place des capotes pour tout. Je ne te mérite pas, mais tu le sais déjà...je ne te trompais pas, je...c'était pour...mes activités d'enfant pourri gâté rebelle, comme tu le dis, je cherchais des informations...alors...Je vous en prie, ne vous sautez pas dessus ! »

Il se relevait lentement, aussi vite cependant qu'il en était capable, tentant de s'interposer entre les deux filles. Si on lui avait dit, un jour, qu'une résistante et un pro-Kira se battraient pour lui, il aurait bien rigolé, après avoir qualifié son interlocuteur de débile. Il aimait peut-être les femmes, mais pas au point de se laisser prendre à cause d'elles...pas encore.

« Viens m'aider, loulou...et...je t'en prie, calme-toi...on va sortir...mais je t'en prie, ne me brusque pas, tu m'as vraiment fait très mal, tout à l'heure... »


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Dim 5 Jan - 15:37
Himiko Darkwood allait répondre à la pétasse blonde, elle avait vraiment eu l'intention de déverser une bonne grosse quantité de venin sur elle... mais elle n'était finalement qu'une gentille petite femme au foyer. Avec un caractère de merde, soit, mais de base elle était plutôt gentille. Très souriante même, c'était avec ce sourire qu'elle avait finit par épouser Akira d'ailleurs... elle ne s'y attendait pas vraiment à la base mais ça s'était bien goupillé. Elle avait eu une petite vie tranquille jusqu'à son mariage... une bonne naissance dans une famille aimante habitant à la campagne, des amis adorables, des voisins souriants, une petite école sympa où elle avait apprit à grandir tout en douceur et à tout faire à son rythme... elle avait eu un adolescence facile, des études prometteuses pour finir par se trouver un boulot sympa à Tokyo, son patron était quelqu'un d'agréable, les collègues l'aimaient tous beaucoup, elle avait rencontré un homme d'apparence réellement adorable... ils s'étaient fréquentés un moment et avaient fini par tomber amoureux l'un de l'autre, tout en douceur... ils s'étaient mariés et elle était presque tout de suite tombée enceinte... elle avait donné naissance à une fille adorable, l'accouchement s'était bien passé, elle n'avait pas vraiment besoin de craindre pour sa sécurité vu le monde dans lequel elle vivait, son mari était aimant et attentionné... s'il n'y avait pas eu toutes ces autres femmes, sa vie aurait été absolument parfaite... mais dans tous les cas, quels que soient ses problèmes de couple, rien ne l'avait jamais préparée à se faire braquer une arme vers elle par une blonde à forte poitrine... rien...

La jeune femme eut donc une réaction tout à fait naturelle dans ce genre de situation : Elle poussa un hurlement strident, cacha son visage avec ses bras comme pour essayer de se protéger, et se recroquevilla dans un coin en tremblant, pâle comme la mort.


- Elle va me tueeeer ! Akira t'as vu ce que t'as fais ? Ma fille va être orpheline !

La panique, la vraie, celle qui est incontrôlable et qui rend hystérique, celle qui fait pleurer sans qu'on s'en rende compte, celle qui vous balance des images de votre vie à la figure et qui vous fait penser à une lumière blanche qui se rapproche au fond d'un couloir... Une feuille d'arbre qui tombe, le premier flocon quand elle avait trois ans, son amie d'enfance, Nadeshico, qui l'éclabousse dans un ruisseau, Rica qui éclate de rire, la cérémonie d'entrée au lycée, son premier amour, le second, les autres, la fac, le diplôme, le travail... Akira... Akira et encore Akira, le mariage, le test de grossesse, la confirmation du médecin, le sourire d'Akira, la première fois qu'il l'a prise dans ses bras, son premier cri, son premier sourire, ses premières bêtises, ses premiers pas, ses premiers mots... même les premières dents, tout... tout... sa première rentrée à l'école, son sourire adorable quand elle l'avait déposée chez sa nounou avant de partir récupérer son mari... Et cette phrase "Promis, je te le jure, je ne recommence plus", un espoir pour une vie encore plus belle... tout ça qui allait s'arrêter brusquement à cause d'un petit morceau de métal qui allait venir se lover entre ses yeux.

Elle était en train de penser à tout ça quand Akira lui demanda de venir l'aider à se relever. Puissant dans ce qui lui restait de forces, elle se redressa comme un zombie et lui obéit sans rien dire. Une fois qu'elle l'eut mit debout, elle lui prit la main et glissa la sienne dedans, toujours aussi tremblante, comme pour profiter une dernière fois de sa chaleur. Elle se rendit subitement compte qu'elle pleurait, que des larmes coulaient sur ses joues depuis probablement un moment sans qu'elle s'en soit rendue compte... elle leva les yeux vers son mari et lui adressa un petit sourire triste... elle allait mourir, la fille folle aux cheveux clairs allait la tuer parce qu'elle l'avait interrompue... tant pis. Elle se rapprocha encore plus d'Akira pour murmurer quelques mots à son oreille.


- Je suis désolée mon amour... je n'aurais jamais dû venir mais tu avais promis de n'être qu'à moi et... je suis désolée. Je te pardonne tout d'accord ? Et je t'aime !
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Fate Harlaown
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Mar 7 Jan - 23:23
Pourquoi fallait-il toujours que les choses se compliquent... ?

Fate avait fini par comprendre avec le temps qu'Akira avait beau avoir son caractère, il était assez facilement influencable. Il suffisait de quelques larmes ou paroles – ou d'une belle paire de seins à la limite, pour le voir retourner sa veste et partir dans l'autre direction. Évidemment, c'était un avantage de taille : en faire son allié, ou du moins son ami, ne serait que plus facile. Mais si Fate l'emportait très bien sur n'importe quel représentant masculin, dès qu'une demoiselle apparaissait il avait soudainement l'air d'être tiraillé des deux côtés sur quoi faire.

Sérieusement... ? Marié ? Père qui plus est ? Elle peinait à y croire. Lui qui semblait assumer sa sexualité désinvolte, bien qu'il tentait tant bien de la cacher d'une amante à l'autre, il avait rencontré une fille et avait même scellé leur union ? En plus de cela, il lui avait caché l'espace de neuf mois son infidélité ? Non. Sa soi-disante femme l'aurait su bien plus tôt, ça ne tenait pas debout ! Aucune femme ne pardonnerait aussi facilement les écarts de son mari... ! Surtout pas une femme capable de s'introduire jusque chez une autre pour en savoir plus.

Fate toisa à nouveau la prétendante du regard, sans lâcher son arme.

« Himiko, c'est ça ? Alors de deux choses l'une, soit tu es une femme particulièrement tolérante et dans ce cas, je suis au regret de te dire que ton mari se fout bien de ta gueule ; soit c'est vous qui vous jouer de moi, car votre petite histoire ressemble à une mise en scène de mauvais goût ! »

Ca avait tout d'un plan bidon. Pourquoi avait-il fallu qu'elle intervienne à un moment pareil ? Peu de temps après cette histoire d'oreillette, justement. Comment expliquer le fait qu'elle connaisse l'adresse... ? Ou même qu'elle l'ait suivi ? Une femme qui pardonne tout n'espionne pas son mari, tout de même.

D'un regard noir qui lançait presque des éclairs, elle invita Akira à se rasseoir. Elle sentait la colère s'emparer d'elle : tout se passait très bien et elle ne comptait pas laisser cette fille tout foutre en l'air. S'il partait, elle était sûre d'une chose : plus jamais il ne reprendrait contact avec elle. Perdre le contact entraînerait l'échec. Et cet échec la forcerait à en référer à Nathan, puis à Arashi. Et la suite, elle ne préférait pas l'imaginer.

Fate porta les doigts à sa tempe : un joli mal de tête semblait monter au fur et à mesure que la contrariété s'emparait d'elle. Elle ne se laisserait pas faire si facilement. Elle avait des arguments de poids et pensait l'avoir suffisamment séduit pour s'échapper d'une cabriole de cette situation.

« Akira ! Ne te fais pas plus bête que tu ne l'es ! Et surtout, ne me prends pas pour plus conne que je ne le suis ! Les types comme toi ne se marient pas ! Les résistants ne se marient pas : ça implique trop de risques je suppose ! Arrêtez de vous foutre de ma gueule. Et dis à ta copine, puisque je suppose qu'elle ne s'appelle pas Himiko, de dégager ! »

Sans une réponse, elle s'était approchée des deux individus. En faisant très attention à ne pas blesser Hadès, elle avait saisi la demoiselle en question par le bras et avec une brutalité digne de celle de ses collègues masculins, la tira à travers l'appartement, le revolver pointer sur la nuque. Arrivée devant la porte, elle l'ouvrit et entreprit de la jeter dehors.

« Tu peux rester, imbécile ! Mais je te jure que si tu le fais, c'est une patrouille qui te ramènera chez toi menottes aux poignets ! Par contre, si tu me fais le plaisir de déguerpir en silence, j'aurais la gentillesse de te remercier en te foutant la paix. Fais ton choix, le plus rationnel n'est pas difficile à déterminer ! Vas-y, je t'attends ! »

Elle se retourna ensuite vers Akira, les yeux fatigués :

« Quant à toi, j'espère que tu t'es bien amusé ! Si tu voulais prendre ton pied, ton plan est tombé à l'eau. Je pensais que tu valais mieux que cela, mais sensiblement, tu as préféré rentrer dans le jeu de ta copine ! Je n'avais nullement l'intention de te faire du mal, tu sais ? A quoi bon te balancer, imbécile ?! Arashi finirait par te tuer sous le coup de la colère devant ton mutisme ! Je ne suis pas là pour ça et tu le sais très bien ! »

La jeune femme le détailla du regard, maintenant toujours la brunette d'une main tandis que l'autre la menaçait devant la porte ouverte.

« Quand on avait décidé ce rendez-vous, on avait promis de mettre nos idéaux de côté. C'est moche, de ne pas tenir ses promesses. Alors je vais te laisser le choix à toi aussi. Si tu restes, je t'accueillerai avec plaisir. Mais si tu t'en vas avec elle, c'est maintenant. Vous décampez et vite ! Mais à cette heure-ci, les rues grouillent de patrouille et dans ton état, tu ne leur échapperas pas. J'ai beau avoir fait des efforts, je n'hésiterais pas à vous signaler. Tu peux te croire plus fort ou plus malin que les autres, je peux t'assurer que demain tu te réveilleras avec un terrible mal de crâne dans une cellule sombre et tu regretteras sans doute de t'être comporté pareillement avec moi. »

Elle marqua une pause :

« Ah oui. Manque de bol, la grande majorité de l'élite de Kira vit dans ce quartier. Ca implique forcément une plus grande surveillance. Faites votre choix, maintenant, avant que je ne sorte de mes gonds. »


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Dim 12 Jan - 15:55
Alpha aurait vraiment été sa femme qu'elle ne l'aurait pas mieux jouée. Rassurante, inquiète, si Akira Darkwood n'avait pas les mœurs que ses amantes lui connaissaient, ç'aurait presque été naturel pour tout le monde. Entre lui qui changeait de femmes comme de chemises, et son frère qui n'avait pas une meilleure réputation, la famille Darkwood avait dû élever ses fils d'une drôle de manière. En tout cas, maintenant, ils n'étaient plus là pour faire de remarques. Si Alpha jouait bien son rôle, c'était sans compter sur Fate qui, décidément, voulait pimenter tout cela. La jeune femme semblait de moins en moins admettre qu'il lui file entre les doigts comme cela, après tant d'efforts. Les menaces qui sortaient de sa bouche était de plus en plus sévère, venant s'accorder sans aucun problème avec son masque originel. Une pro-Kira, rien qu'une pro-Kira, voilà ce qu'elle était, la blonde aux gros seins. Si Akira Darkwood ne l'avait pas compris, maintenant, c'était fait. Contrairement à ce qu'elle insinuait, elle était sûrement plus intéressée par les informations et secrets que cachaient Hadès, et non par les idées du courageux Akira, sinon, pourquoi ferait-elle peur à sa femme ?

Il était vrai que Fate pouvait avoir des doutes : pour plus de crédibilité, Akira lui faisait tout de même de petits signes qui se voulaient discret, lui faisant signe de se la fermer et de ne pas trop insister sur le nombres de choix où il avait trahi...Himiko, c'était bien cela ? Il n'était en effet pas crédible que Akira ait pris femme, mais s'il avait eu un gosse, il était tout à fait possible que la famille de sa femme l'ait forcé à se marier...s'il devait faire cela tout le temps, il n'en serait pas rendu. Il ne savait pas combien de bâtards il avait dans la nature, mais de toute façon, il se protégeait relativement bien à chaque fois.

Après l'avoir écoutée patiemment déblatérer sa haine, Akira ferma à demi les yeux, tentant de réfléchir. Le canon d'un revolver était beaucoup trop près de la nuque d'Alpha, et il savait que Fate Harlaown n'hésiterait pas à s'en servir...elle l'avait déjà démontré, pendant des rafles, durant cette rafle où il avait été témoin du massacre. A priori, le premier point était de l'éloigner de sa « compagne », suffisamment pour qu'Alpha puisse se défendre et comprendre que c'était à son tour d'attaquer. Il l'avait écouté, elle lui crachait qu'il devait être raisonnable, rester ici pour ne pas se faire arrêter par les troupes de Kira. Que s'il sortait dehors, vu son état, c'était la mort...ce qu'elle avait oublié, c'était Akira Darkwood avait une connaissance approfondie des égouts de la ville, même s'il les évitait le plus souvent car ils étaient le refuge des hommes de Machiavel. Mais d'un autre côté, Fate avait raison : ce quartier était truffé de caméras de surveillance. Pendant une seconde, il eut l'idée de lui faire du chantage sur sa présence ici, sur ce qu'il pourrait dire à Arashi Darkwood sur ce qu'elle avait fait, mais...mais il savait très bien que pour son frère, tout ce qui importait étaient les résultats. Si ils l'avaient en face d'eux, ils n'en seraient que très heureux, peu importait les moyens.

Choisissant la « mort », Hadès se leva lentement, mais sûrement. Une grande grimace apparut sur son visage tandis qu'il se déplaçait, tentant de reprendre ses béquilles, de marcher. Il s'interposa entre Fate et Alpha...il savait qu'elle n'hésiterait pas à tuer Alpha, mais lui...c'était une autre histoire, et elle lui avait laissé le choix de partir. Maintenant, son revolver lui arrivait au niveau de la nuque. C'était impressionnant, et s'il n'avait pas bravé la mort maintes fois déjà, Akira Darkwood serait certainement resté immobile, comme une statue. En l'occurrence, il mit sa main sur le revolver, celle qui n'était pas blessée, celle qui était libre...ne pas avoir peur de Fate, surtout pas. Baissant le canon de sorte que lorsqu'elle tirerait – si elle tirait – le feu lui touchât l'épaule, une nouvelle fois. Il fallait la faire taire...si le quartier était dangereux, comme elle le disait, à son signal, ils ne seraient que plus nombreux à lui donner chasse. Si elle se taisait, rien ne se passerait. Si elle était hors d'état de prononcer un mot, une phrase, une syllabe, ils ne les prendraient pas et lui n'aurait pas à inventer de minables mensonges devant Arashi.

« Cette fois-ci, tu abuses un peu, Fate. Il faudrait te faire taire, tu parles trop, tu sais. Tu es vulgaire, lorsque tu montres ton vrai visage, tu es corrompue et vile. Pour information, Himiko est bien ma femme...et oui, tu croyais que ce n'était pas possible ? Ma fille...si nous sommes capturés...elle grandira dans la haine, et je refuse cela...elle ne mérite pas ça, ce n'est qu'une gosse de trois ans, tu sais, elle en est encore à jouer à la poupée et avec Sophie la girafe ! »

Sans prévenir, il se jeta littéralement sur Fate. Cela ne lui fit du bien, surtout que ses blessures étaient encore fraîches, mais il avait tout de même un plâtre, divers pansements encombrants, et devait peser plus que son poids habituel. De quoi immobiliser Fate pendant quelques instants – lui-même ne pouvait pas bouger – en attendant que Alpha l'assomme et la bâillonne.

« Ne bouge pas...je suis peut-être bibendum, mais je peux encore t'assommer. Crie et j'enfonce un objet contendant dans tes côtes, je ne suis pas venu désarmé. »


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Mer 15 Jan - 8:19
Himiko était terriblement hésitante. Partir sans soucis et laisser son mari aux griffes de cette pétasse ? Où rester avec lui et risquer de se prendre une balle ? D’accord, Akira était un connard… il l’avait trompée, il lui avait menti un nombre visiblement incalculable de fois, il jouait les héros bêtement pour impressionner une grosse paire de seins même pas plus jolie que la sienne, il les mettait tous les deux dans une situation extrêmement délicate juste pour tirer un coup… mais c’était quand même l’homme qu’elle avait épousé, le père de sa fille, cet homme qui savait parfois se montrer si adorable…

Elle ne voulait pas mourir comme ça, mais elle ne voulait pas non plus le perdre, et certainement pas de cette manière. Vous imaginez ? Éconduite par une vulgaire maîtresse blonde avec un bonnet E… il n’y a pas grand-chose de plus humiliant pour une jolie mère de famille brune avec un pauvre petit bonnet D… merde alors !

Alors que la garce lubrique aux cheveux couleur vieille pisse la poussait vers la porte, Himiko s’était retournée vers son mari en lui adressant des regards perdus quelque part entre la colère, le désespoir, l’incertitude et la peur… mais finalement il posa ses couilles sur la table en les y claquant bien fort, se mettant entre sa femme et sa pute… pardon… sa maîtresse. Himiko s’agrippa instentanément à ses épaules en tremblant alors que ses larmes recommençaient à couler toutes seules sur ses joues.

Elle écouta d’une oreille ce que racontait Akira à Fate et eut un vague sursaut d’amour maternel quand il parla de Sophie la girafe. Hors de question que cette horreur en caoutchou qui couine misérablement soit le dernier cadeau qu’elle ait fait à sa fille ! Vous imaginez le souvenir ? Si elle le gardait toute sa vie ça deviendrait un jouer pour chien… immonde. Elle se redressa alors de toute sa hauteur… sans dépasser la nuque de son mari du coup, elle n’était pas bien grande, et jeta un regard de défi à la chevelure flamboyante de son mari… bah oui, elle n’allait quand même pas regarder la blonde dans les yeux hein… de la bravoure oui, mais quand même…

Brusquement, la sécurité et la chaleur des épaules de son crétin de mari disparurent, ne laissant que la peur et le froid. Paniquée, Himiko le chercha du regard et le trouva… sur la pétasse. Elle comprit tout de suite qu’il ne faisait que la plaquer au sol pour l’immobiliser, mais la vision la dérangeait. Elle prit la première chose qui lui tomba sous la main, en l’occurrence une jolie cafetière qui se mariait à la perfection avec le reste du décor plutôt classe de ce grand appartement, et la fracassa sur la tête de Fate. Bon, comme elle était nerveuse elle n’avait pas frappé assez fort pour la tuer où l’assommer très longtemps, mais au moins, sa saleté de bouche à pipes resterait close pour une fois.

Ce faisant, sans doutes à cause de la bouffée de jalousie typiquement féminine causée par la vision du corps de son mari allongé sur celui d’une autre femme, elle marcha soigneusement sur la main d’Akira, l’air de rien, tout naturellement. Sans rien dire, elle attrapa un truc en tissus qui passait par là, un torchon sans doutes, et l’enfonça dans le garage buccal à verges de la décolorée aux seins en plastique avant d’attacher le tout avec une manche d’Akira qu’elle arracha sans douceur (faut pas charier non plus, une fois la menace de mort passée, le pardon était beaucoup plus difficile déjà…

La jeune fille pensa une seconde à redevenir Alpha histoire d’incendier convenablement Akira et sortir de là sans problèmes… mais Fate avait sans doutes truffé son appartement de micros et de caméras, surtout en vue de la venue d’Akira (en tout cas dans l’esprit paranoïaque d’Alpha… elle n’était pas restée en vie en étant impudente). Elle resta donc Himiko et se mit à trembler comme une feuille.


- Que… je… je l’ai frappée et elle… elle est morte ? Non hein ? A.. Akira qu’est ce qu’on fait ?


Elle regarda autour d’elle comme une proie chassée par toute une troupe de lions.


- T’as l’habitude toi, on efface nos empreintes ? On… on… euh… on fait disparaite le corps ? Quelle horreur je veux pas toucher un cadavre de blonde ! En plus tu te la tapais…


Bim… une baffe nerveuse dans la gueule d’Hadès.


- T’es qu’un connard ! Je t’aime ! Qu’est ce qu’on fait ? Oh putain je vais me faire arrêter !
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