Pitié et allégeance à toi, Kira ! La foule s'inclina en silence, respectueusement devant cette idole masquée et inconnue.
 
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La ballade des manchots nains [pv Illnessounette]

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Nathan S. Suzaku
Ministre de la Censure et de la Propagande
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Mar 16 Juil - 18:19
Nathan S. Suzaku descendit avec une flegme non dissimulée de la voiture qui l'avait menée jusqu'à ce building. Le Cavalier Noir...aka le journal résistant sous le règne de Kira. Longtemps, ils avaient cru qu'il fallait brider ces journalistes, empêcher la diffusion de ce journal. Après la rencontre de Suzaku avec leur patronne, l'utilité de ce journal s'était faite plus claire : tout d'abord, il servait d'entonnoir. En pourcentages, seul 5 % de la population, et encore, osait faire partie de la résistance. 30 à 40 % avaient des doutes momentanés, mais ils n'oseraient jamais s'investir dans un mouvement qui pourraient leur coûter la vie. Alors pour toutes ces personnes, il y avait le Cavalier Noir. Un journal dont ils pourraient se dire : j'ai osé me le procurer, j'ai résisté ! Ou discuter entre eux des différents articles...finalement, le plan « Cavalier Noir » convenait à tous, même si, dans les Hautes Sphères du pouvoir, tout le monde n'était pas vraiment d'accord avec son avis.

L'autre raison était son « attirance » pour la magnifique Illness, la patronne de cette enseigne. La première fois qu'il l'avait vu, il était resté sans voix, ne sachant pas trop quoi dire devant cette personne, préférant parler travail, l'impressionner par son ouverture d'esprit. Petit à petit, Suzaku avait réussi à établir une petite collection de « choses à Illness ». Oh, il n'y en avait pas beaucoup, étant donné qu'il ne la voyait pas vraiment régulièrement, mais au fur et à mesure, il avait réussi à collectionner quelques cheveux, ongles, dossiers. Il achetait aussi des tenues jaunes, qu'il mettait dans sa pièce secrète, alimentait la penderie comme un maniaque le ferait. Et elle, bien sûr, elle ne savait rien, elle ne saurait probablement jamais car il ne pouvait pas lui dire. Suzaku était quelqu'un de très obtus et coincé, rien ne comptait plus que réussir à accomplir ses missions. Il ne pouvait pas se perdre, il n'oserait pas aborder Illness, c'était tout à fait hors de question !

Il entra dans le bâtiment par la porte de devant, comme n'importe quel employé l'aurait fait. Employé qui le considéreraient sans doute comme un visiteur d'Illness ou quelque chose comme cela, son nom, ou son visage, n'étant pas très connu dans le milieu. Il dit à la standardiste qu'il avait rendez-vous avec Lady Illness, laquelle l'appela, puis lui fit signe qu'il pouvait l'attendre ici le temps qu'elle finisse ce qu'elle avait à faire. Suzaku regarda brièvement sa montre, souffla pour montrer que oui, il était un homme pressé...Et stressé, car la présence d'Illness si proche de lui exacerbait ses sens. Il se demandait si la rumeur qui circulait comme quoi elle était hypnotisée par ce dégoûtant criminel, Beyond Birthday était véridique. Ne tenant en place, le ministre de la propagande restait debout, là, comme un grand échalas dans cet imperméable sombre. Dans sa tête, il se répétait les choses qu'il allait bien pouvoir dire, les informations qu'il avait à négocier et quels mensonges à propos de sa famille il avait déjà pu bien lui dire.





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Mar 16 Juil - 23:27


- Monsieur le ministre, monsieur le ministre ... hi hi hi, je ne me souvenais même plus !

Cette remarque tomba dans le vide. Il y a bien un des préposés au café dans mon bureau, une tasse serrée dans ses mains tremblantes ; mais il a trop peur pour répondre. Bizarrement, peu de gens me parlent sans crainte. Il y a Dada - je l'aime bien, cette petite - mais bon ... je ne peux pas vraiment discuter avec elle. Dur d'être une patronne.

Je soupire lourdement, pour montrer un peu plus mon agacement. C'est que je ne m'en souvenais plus du tout, du rendez-vous avec le zozo, là. Je l'avais noté dans mon seul agenda pas jaune, le gris, que je ne consulte jamais. C'est l'agenda des rendez-vous que je préfère oublier. Oui, d'accord, c'est un ministre. D'accord, c'est le ministre qui permet à la boîte de tourner.

M'enfin, comme ministre de la com', ils auraient pu prendre quelqu'un de moins coincé.

Ce n'est pas que je le déteste, le Nathan. Ça aurait pu être quelqu'un de sympa, si son cerveau n'avait pas disjoncté à un certain moment (comment ça, ça vous rappelle quelqu'un ?). Non, vraiment, et puis en plus il bosse. On ne peut pas dire qu'il ne bosse pas, ça, il bosse tellement que son aura de bêcheur irradie les alentours. C'est stressant.

Or je suis stressée à la base. L'électricité de mes cheveux est un état naturel. Tesla s'y serait cassé les dents.

Alors du stress en plus, ce n'est pas ce qu'il me faut. Mes ongles crissent, ma voix grince, je fais peur. Je veux dire, je fais plus peur que d'habitude. Forcément, Nathan a de quoi être mal à l'aise à chaque fois. Il doit me prendre pour une rageuse ... quoique, il a toujours un petit air étrange quand il me regarde. Ça doit être le mal-être. Ou l'exaspération. Quand je n'effraie pas, j'exaspère.

- Bon, il va falloir y aller ! Pam padam ...

Je balance le dossier que j'ai terminé à travers la pièce ; le préposé l'attrape comme il peut, en essayant de ne rien renverser.

- V-votre café ?
- Plus tard, mon angelot des cimes. Je m'envole pour au moins une demi-heure ! ...

Une demi-heure ? Avec Monsieur Suzaku ?

- ... disons vingt minutes. Maximum. Transmettez ce dossier à Kimiro. Allez, en vitesse ! Déployez vos ailes, et posez-moi cette tasse ici, bon sang !

Il me regarde comme si une goule traversait le bureau, tandis que j'attrape ma veste jaune sur le dossier de mon siège et me précipite vers la sortie.

Une Lady se doit de faire attendre le gentleman. Les dix grosses minutes étaient calculées ... évidemment.

Je me chantonne l'Hymne à la joie toute seule lorsque les portes de l'ascenseur coulissent ; et me voilà, dans toute ma splendeur canari, au milieu du hall d'entrée. La standardiste se ratatine. Scène quotidienne.

- Monsieur le ministre vous attend, Mademoiselle.
- Oui, je le vois, dis-je en levant les yeux au ciel derrière mes lunettes noires.

Le type ne peut pas être plus discret, planté ainsi au milieu de la pièce avec son mètre quatre-vingt et son manteau noir. Qu'est-ce qui cloche chez lui ? Le syndicat s'est battu pour que je ne supprime pas tous les sièges des locaux, c'est bien pour quelque chose, non ?

- Monsieur Suzaku ! C'est un plaisir de vous voir. Des nouvelles ? Vous avez été bien mystérieux au téléphone.

Je tends ma main aux ongles vernis de jaune, espérant qu'il la serre. Histoire de ne pas me prendre de vent comme la dernière fois. Refuser une poignée de main à Illness, c'est comme refuser une danse à une vielle baronne. Déjà que j'ai eu beaucoup de mal à me résigner sur le baise-main ...



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Nathan S. Suzaku
Ministre de la Censure et de la Propagande
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Mer 17 Juil - 20:24
Il fit un pas, deux pas pour finalement retourner à sa place, au beau milieu du hall. Nathan S. Suzaku n'était pas réputé pour être quelqu'un de très patient et il avait déjà, à cet instant précis, consulté dix fois sa montre, regardé quinze fois l'horloge au dessus de la secrétaire. Il n'avait enlevé ni son manteau, ni son écharpe malgré la chaleur qu'il pouvait faire. Il n'avait pas l'air très content de se trouver dans cet endroit ; son sourire était inexistant, quelques gouttes de sueur coulaient sur son visage et l'on pouvait voir sous des yeux des cernes causées par son manque évident de sommeil.

Onze minutes et 37 secondes très précisément d'attente et elle arriva. Suzaku était quelqu'un de très ponctuel, de genre à millimétrer ses rendez-vous à la minute. En temps normal, il aurait engueulé la personne en retard, mais cette fois-ci, c'était Illness...et on ne critique pas une Lady. Ses dernières rencontres avec Lady Illness s'étaient bien passées : elles étaient courtes, mais intense, pour lui. Il était parfois désarçonné par ses questions mais trouvait des échappatoires mieux que rien en lui parlant de travail. Finalement, ses rendez-vous avec Lady Illness étaient les plus longs qu'il pouvait avoir, de tous ses collègues. Normalement, lorsque l'on convoquait le ministre de la propagande, il s'agissait d'une réunion bilan de cinq à dix minutes. Il passait le plus gros de son temps à s'investir dans son travail avec ses collègues et coordonner tout ce beau petit monde.

Elle arriva donc.

Donc.

S'il s'était assis, Suzaku se serait levé brutalement, mais là, il était debout. Alors il resta là, complètement inutile, ne rougissant pas pour deux sous mais mentalement admiratif. La patronne du Cavalier Noir était une femme de caractère, et Suzaku s'y connaissait, en matière de vannes à envoyer aux femmes...dès qu'il le pouvait, il tentait d'être le plus franc possible, et c'était rarement agréable pour la personne en face. En ce qui concernait le « cas Illness », c'était tout à fait différent. Il ne savait comment se comporter et se demandait continuellement quel genre d'homme elle aimait : les forts, ceux qui savent parler ? Alors il se faisait le plus mystérieux possible, ne quittant son esprit d'éternel bûcheur car, après tout, il venait ici pour le travail.

« Lady Illness...Oui, en effet. Nous avons eu un conseil des Ministres et j'aimerais vous parler de certains points évoqués. Serait-il possible d'aller dans...un bureau ? », il toussota soudainement, pensant qu'il était possible qu'elle eut l'idée qu'il veuille faire des choses avec elle dans ce fameux bureau, « Non, ce n'est pas ce que vous pensez ! Nous avons besoin de calme, et je ne tiens pas à ce que notre conversation soit entendue par tous ici. »

Il n'avait pas serré la main qui était tendue devant lui, ses yeux étant pourtant posés dessus et se demandant si, oui ou non, il allait oser. Après diverses tergiversations mentales, il décida finalement que non, que ce serait un acte qui les rendraient « trop proches » et, enfin, qu'après sa bourde de tout à l'heure, elle allait vraiment penser qu'il avait des vues sur elle...ce qui ne serait pas faux, au fond, mais pas vraiment le genre de choses que le Ministre de la Propagande voulait que l'on découvre sur lui, surtout qu'il était censé être un supérieur hiérarchique non influençable.

Quittant sa poche, sa main droite se tendit à côté de lui, vers le cœur du Cavalier Noir, montrant à Illness le chemin qu'il fallait prendre...une espèce d'indication un peu bizarre qui devait être vexant surtout lorsque l'on travaille dans ces locaux. Il s'éclaircit de nouveau la voix, puis rajusta son écharpe.

« Il fait vraiment frais, ici, par rapport à nos bureaux. Vous devriez baisser la climatisation, ça bosse mieux quand il fait chaud. »

...Précision : il faisait très chaud dans le hall.





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Mer 17 Juil - 22:47

Haussement de sourcil. On doit presque le voir au-dessus de mes lunettes noires, suspendu, intrigué. Cet homme (cet être humain en tout cas ?) commence déjà à m'agacer. Magie magie. J'avais un peu oublié où était le problème avant de le revoir, jusqu'à croire que j'avais eu des pensées un peu dures à son égard. Maintenant que je l'ai devant moi, tout s'éclaircit.

Il est juste énervant.

Il n'y avait pas à chercher, c'est un fait. Tout, en lui, oppresse. L'imperméable noir informe, l'absence de couleurs aux joues, le masque dénué d'expression, le professionnalisme dégoulinant. Comment ce type peut se sentir heureux ? Se sent-il heureux des fois, d'ailleurs ?

Bah, ce n'est pas mon problème. Mon problème, c'est que le Monsieur n'a pas serré la main que je lui ai si gracieusement tendue, et qu'il me fait cet affront à deux reprises déjà. Goujat ! Pour qui se prend-il ? Aurait-il été le président des Etats-Unis, on ne se dérobe pas d'un si horrible manière. Il ne peut pas non plus tout se permettre ...

Sa main sort de sa poche. Ah ? Peut-être son cerveau s'est-il débloqué ?

Je frôle la syncope quand il me désigne le couloir. Attendez, c'est moi où il m'indique la direction ? Non mais où se croit-il, ce bachi-bouzouk ? Gniiih ! Il faut que je trouve quelqu'un à étrangler ... c'est sur la standardiste que ça tombe. Suzaku veut de la chaleur, hm ?

- Awa, vous avez entendu Monsieur le ministre ? Faites monter la climatisation ! Allez hop !

La secrétaire pâlit de trois tons devant ce non-sens. Répliquer, ne pas répliquer ?

- Madame ... Monsieur avait demandé, au contraire, de ...
- Augmentez-la.

La pauvrette bondit de son siège comme une diablesse hors de sa boîte, et se précipite vers le local technique. Autant en profiter. J'avais quasiment fait éteindre l'air frais dans les bureaux : ça hausse la rentabilité. Là-dessus au moins, l'asperge a raison. Là-dessus seulement.

Mais il m'a donné envie de faire du bien aux salariés. Et de lui donner encore plus froid.

J'esquisse un sourire à envoyer Elvis aux oubliettes. Cet homme cherche la guerre ? Il ne sait pas encore avec qui il l'engage. Illness est plus vicieuse que le gaz moutarde. Le grand échalas va en baver. Je n'ai pas eu l'occasion de faire mes échauffements du matin, justement.

- Alors, très cher ! Parlons de choses sérieuses, voulez-vous ?

Comprenant qu'il souhaite éviter tout rapprochement, je pose bien ma main sur son épaule, pour le mener vers les ascenseurs.

- Ce que je pense ? Que croyez-vous que je pense, Monsieur le ministre ? Hi hi hi ! Vous êtes un joueur. Mon bureau sera parfait ... j'ai hâte de connaître les détails de votre conseil de ministres.

Gigantesque mensonge. Je me fiche des conseils de ministres comme d'une veste noire. Mais à mon ton, on ne dirait pas du tout.

Les portes de l'ascenseur se referment sur notre joyeux duo ; je souris toujours.


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Nathan S. Suzaku
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Jeu 18 Juil - 2:02
Nathan S. Suzaku enleva son écharpe, laissa échapper à l'égard de Illness un regard relativement noir. Il n'aimait pas lui faire ce regard, mais cette fois-ci, c'était vraiment plus fort que lui : elle avait augmenté la climatisation alors qu'il lui avait demandé de la descendre. Avait-elle un problème aux oreilles ou se jouait-elle de lui ? Il n'aimerait pas savoir qu'elle faisait finalement partie de ces bandes de rebelles qui ne cessaient de leur mettre des bâtons dans les roues et leur faisaient passer des nuits blanches. Vraiment. Le jaune était une couleur qui seyait si bien à cette femme...il ne la voyait pas dans une combinaison de prisonnière et n'avait envie de lui passer les menottes.

Mais comble de pensées horrifiques, tout cela était tout simplement dans le caractère de Illness. Ce petit morceau de piquant qui lui donnait tant de charme.

Il faisait froid. Il faisait déjà tiède tout à l'heure, alors là, c'était le ponpon. Il garda son écharpe à la main, enleva même son imperméable, se retrouvant en veston et chemise devant elle. Il pouvait bien se permettre d'attraper un rhume juste pour la contredire, non ? Même si ce geste pouvait être, encore une fois, interprété comme une certaine arrogance de sa part.

Elle posa sa main sur son épaule, il grimaça. Trop de proximité tuait la proximité. Il était déjà suffisamment proche de la patronne du Cavalier Noir, et cette distance entre eux deux le gênait. Si sa figure était toute pâle, il était rouge intérieurement, ne faisant que peu attention à la chaleur du jour – alors même qu'il avait précédemment fait une remarque à ce sujet – pour songer à la délicatesse des doigts de Illness qui, un à un, avaient touché son veston : il ne le laverait plus. Il vit qu'ils entraient dans l'ascenseur, même s'il aurait préféré les escaliers, le fait que le Cavalier Noir se trouvait dans un building signifiait que le bureau de Illness devait être assez inaccessible à pieds.

« Un joueur ? Je ne comprends pas. Bref. Je peux commencer dans cet ascenseur, cela nous fera gagner du temps. Ensuite, je veux bien un café, je n'ai pas l'habitude de m'étendre sur ma vie privée, mais je n'ai pas dormi depuis deux jours. »

Il tenta de s'éloigner le plus possible d'elle, mais cet ascenseur était serré, la distance réglementaire d'un mètre 50 n'était pas respectée. Il avait mis son manteau et son écharpe entre eux deux et tâchait de ne plus quitter le mur à sa droite des yeux, comme si il ne voulait pas se plonger dans le noir de ses lunettes. Il voulait que l'ascenseur arrive le plus vite possible à destination et n'arrêtait pas de rouler les yeux comme s'il était grandement agacé par ce petit manège. Par ailleurs, il appréciait au fond de lui cette intimité, même s'il ne se l'avouerait sans doute jamais.

« Il faut que je vous parle de deux sujets. Le premier est en rapport avec un criminel connu. Je voudrais une une avec son portrait robot à défaut de photo. Vous êtes concernée puisque son nom apparaissait dans le tout dernier « classement des criminels »...d'ailleurs, à ce sujet, félicitations. Vous vous êtes surpassée. Nous essayons d'éviter les débordements de population et vous encouragez la vermine. Bravo. Ce n'est pas très professionnel, mais déjà plus que pour le coup de l'article sur Arashi Darkwood...heureusement que celui-ci ne lit pas le journal ou vous en auriez entendu parler...Bref. »

Il reprit son souffle.

« Beyond Birthday. Je veux toutes les informations à son sujet, le plus rapidement possible. Vous avez les meilleurs informateurs de la ville, non ? Vous devez déjà savoir qu'il s'est évadé, je veux savoir comment, sa localisation actuelle, ce qu'il a dans la tête, son passé. Et son vrai nom. »

Il sourit.





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Jeu 18 Juil - 23:50


Les portes de l'ascenseur se ferment et l'asperge se cache derrière son manteau informe. Gniih ! Je l'aimais bien, en chemise-veston. Il avait l'air d'un gentleman.

Dans la mesure du possible, bien entendu. Il reste Nathan S. Suzaku. Je me demande même comment le mot "gentleman" a pu se retrouver près de lui dans mon cerveau. Bah, si on commence à s'interroger sur toutes les énigmes de mon cerveau, on en aura pour trois prix Nobel. Et je ne serai certainement pas la folle-dingue qui se lancera dans l'aventure. Je suis tarée, pas suicidaire. Ça me fait penser au cerveau d'Einstein, qui a été découpé en 245 morceaux pour être analysé ... je me demande s'il avait fait part de sa volonté de faire don de ses organes. Cette histoire est limite illégale. J'enquêterai peut-être dessus un jour. L'illégalité, ça me connait.

A propos d'illégalité ...

Chiadé, le grand échalas n'est pas venu pour rien. J'avais eu l'espoir qu'il s'était ramené pour prendre un bain de mes rayons, profiter de la vue divine que ma personne offrait. Eh bien pas seulement. Non, il venait me poser des questions.

L'Illness que je suis n'aime pas les questions. Du moins pas quand elles ne viennent pas de moi, a forciori quand j'en suis la cible. Dans ce genre de situation, la parade est toute trouvée.

J'appuie mon dos contre la paroi chromée, je croise les bras et je me tais.

La cabine glisse avec la légèreté d'un origami. Son doux chuintement est insensible à l'atmosphère glaciale qui règne en son sein. Je me rends compte qu'il se passe quelque chose d'étrange. Vous savez, ces fois où l'ascenseur semble monter, monter à n'en plus finir ? Où vous vous dites qu'à force, il doit déjà avoir atteint la quatrième porte des cieux ? Où le silence capitonné ne fait que vous donner raison ? Tout se suspend. Le cerveau marche, travaille désespérément. Mais ses efforts semblent ridicules. Et le temps s'étire ... comme s'il n'y avait plus d'étages, plus de building. Jusqu'à ce qu'il n'y ait même plus de temps.

Je jette un regard au cadran. Quatrième étage ? Tout simplement impossible. Ça doit bien faire une heure qu'on est là.

- Le but de ce classement est de prévenir la population. Ni plus ni moins. Il y a propagande et étouffement d'informations, c'est différent. Nous nous contentons de combler les lacunes gouvernementales. Quant à Beyond Birthday ...

Suzaku garde les yeux vers le mur opposé, mais je crois voir qu'il sourit. Cette expression me pique au vif. Le ministre ne sourit pas souvent. Alors pourquoi maintenant ? Le sujet n'est pas des plus amusants, même pour un pro-Kira. Pourquoi sourire en évoquant celui pour lequel je me suis tant de fois damnée ? ...

Je suis plus ou moins prise au piège. Physiquement (quoique je ne crains pas vraiment ce qu'il pourrait me faire), mais par-dessus tout, mentalement. Une autre raison pour laquelle Suzaku m'insupporte : je joue l'avenir du Cavalier Noir à chaque fois que je négocie avec lui. Je n'aime pas le rôle de la gentille Lady en détresse.

Ma voix est étrangement douce quand je reprend. Je m'en étonne moi-même. Peut-être l'ambiance intimiste de l'ascenseur.

- Il s'est évadé avec l'aide d'un complice bien préparé. Sans doute un coup de la rébellion, il n'a pas de complices "propres". Personne n'est de son côté. Une publication de son portrait robot ne changerait rien. Il s'est caché, il restera caché. Je peux le faire. Je le ferai. Mais sachez d'ores et déjà que ça ne portera aucun fruit. Et j'ignore autant son nom que son passé.

La dernière phrase est un gros mensonge, bien évidemment. Mais elle a été un réflexe. Je ne peux pas ne pas le protéger. C'est encore au-dessus de mes forces. Ce n'est pas un ministre qui changera cela.

Surtout pas ce ministre-ci.
 


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Nathan S. Suzaku
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Dim 21 Juil - 0:00
Le ministre était décidément bien changé. Il n'aimait cette proximité étroite entre lui et cette femme qu'il, pourtant, idolâtrait tant. Ce grain de folie dans le regard d'Illness, il faisait peut-être peur à ses collègues, mais à lui, il lui donnait encore plus de raisons pour l'aimer. Et pendant ce temps, l'ascenseur montait lentement, si lentement que le temps même paraissait s'être arrêté. Nathan se souvenait avoir levé la tête sur le compteur pour voir où ils en étaient : troisième étage...qui donc avait réglé cette machine ?

Pour quelqu'un qui n'aime pas les endroits trop étroits, il n'y a rien de plus horrible de se retrouver coincé dans un ascenseur et de ne savoir à quel étage on descend. On ne peut prévoir, anticiper, et le manque de ces deux concepts stressent, fout les jetons, fait angoisser. Il jeta un regard à sa montre, comme s'il espérait que le cadran de celle-là lui démontre que le temps avançait vite...ce n'était pas le cas. Relevant la tête, il regarda Illness et se força à écouter ce qu'elle avait à lui dire sur Beyond Birthday et le classement des criminels.

Dieu qu'elle était belle, lorsqu'elle se défendait. Si seulement elle savait à quel point son cœur était transi d'elle...

Un pro-Kira se contentait d'agir selon les ordres. Suzaku avait assez d'années de services pour se permettre quelques petites folies, mais, d'année en année, il respectait scrupuleusement les fiches données. Il ne faisait rien de travers, s'entêtant de répandre la doctrine de Kira : c'est pourquoi il hocha la tête, prudemment, tentant de s'éloigner un peu plus d'elle en refermant un bouton – oublié – de son veston. Nathan S. Suzaku était blanc de peau, mais la lumière de l'ascenseur lui conférait une luminescence presque irréelle. Il avait l'air malade, névrosé par le travail.

« Passons pour BB, je sais que cela ne relève pas de votre domaine. Oubliez cette une, ce criminel ne relève pas de mon ressort, je faisais simplement le travail d'un de mes confrères qui aurait dû aller vous voir au lieu de glander dans son bureau. Nous finirons bien par attraper ce maudit psychopathe. »

Ses paroles incisives étaient en quasi opposition avec son visage calme, comme si d'une bonne apparemment sans défense pouvaient sortir de vrais nids à vipères. Il ne bougeait pas d'un seul centimètre, immuable statue de marbre, se contenta de regarder Illness d'un regard des plus neutres. Il ne souriait pas, résistait à l'envie de la prendre dans ses bras et l'embrasser...ce qu'il s'est passé dans l'ascenseur reste dans l'ascenseur...

« ...Quand...arrive-t-on... ? Ce voyage me semble interminable... »

...et la proximité, lorsqu'il durait, le dérangeait d'autant plus. Le corps du ministre de la propagande s'était collé à la barre, en face d'Illness...non, plutôt en diagonale, maintenant, étant donné qu'elle était plus loin comme cela.

« ...Euh...pour...les....criminels. Je pense que vous devriez arrêter ça. À ce rythme, c'est plus un encouragement, ou alors, ne mettez pas de classement, si vous voulez faire ça. Je n'aimerais pas avoir à sévir... », dit-il, sifflant la dernière menace à peine voilée.

Suzaku prit une grande inspiration. Il avait chaud. Il coinça entre ses fesses et le mur le manteau informe, ouvrit trois...trois ! Boutons de son veston, un de sa chemise.





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Dim 21 Juil - 0:42


Je souffle, bien malgré moi. J'ai tendance à ne pas montrer mon soulagement : trop gros signe de faiblesse. D'autant qu'à côté du glaçon, j'ai l'air d'une hyperactive. Deux minutes ... je suis hyperactive. Il faudrait que je consulte mon dossier médical un de ces jours, je pense encore y trouver des inédits. Le médecin a dit que pire serait difficile, mais entre nous, j'aime les challenges. Sur ce point, je me suis surpassée depuis la Wammy's. Si leur infirmière me recevait maintenant, elle péterait elle-même les plombs.

Bref, il n'empêche que j'ai déjà trop montré mes sentiments. Je veux dire, mes vrais sentiments.

Les faux, c'est facile. Je singe quasiment vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Je pense même jouer la comédie dans mes rêves. Mais là, c'est une grande victoire que je viens de remporter. Il me lâche la grappe avec Beyond Birthday ! Je ne crains plus rien. Rectification : je ne crains jamais rien, moi. Mon journal ne craint plus rien.

- Eh bien, à l'avenir, que le ministre en question se présente de lui-même. Vous n'avez pas à faire le travail des autres. Cela n'entre ni dans vos compétences, ni dans votre talent.

Oui, son talent, c'est de noyer les médias d'images mensongères. Chacun son truc. La dernière une en date m'avait pliée. "Kira miséricordieux : l'aide aux orphelins de Tokyo."

Et ils vont bien, les enfants de petits délinquants que la Justice a privés de père ? Je me retiens. La situation reste délicate, même si elle est moins chaude qu'il y a une minute. Quoique, moins chaude ... à discuter. C'est bizarre, cette chaleur. Pourtant, la cabine est climatisée.

Je jette un œil à mon interlocuteur. La lumière crue des lampes halogènes se reflète sur sa peau blafarde ; le rendu est irréel. On dirait du marbre, mais du vrai : une surface lisse et blanche où se devinent des veines. Une statue de marbre habillée comme un mannequin dans une vitrine. Sauf qu'il n'y a pas de vitrine. Juste les portes de l'ascenseur, qui restent désespérément fermées.

- ... vous avez raison. Le voyage est long.

Mon regard se pose une énième fois sur le cadran qui nous nargue. Onzième étage ... encore trois ...

Et la menace qui claque. "Sévir" ! Le mot est plus que clair et sa portée dramatique. Je réprime une grimace. (Je réprime bien d'autres choses encore, telles que la strangulation ou le coup à la nuque, mais c'est une autre histoire.)

Une fois de plus, voix douce. Rester diplomate. D'autant que Suzaku, malgré son immobilité, a adopté une attitude clairement hostile : il n'y a qu'à voir son ton, et la distance qu'il s'acharne à mettre entre nous. Comment arrive-t-il à être aussi froid ? Soit ! Il ne m'aime pas, ce n'est pas comme si je brûlais pour lui non plus. Nous restons dans des camps opposés, après tout. C'est de bonne guerre.

J'esquisse un sourire poli.

- Nous savons, vous et moi, que le Cavalier Noir tire une épine du pied à Kira. Plus besoin de faire des recensements, de passer les listes de la police au peigne fin, de flirter dans les bas-fonds : nous faisons le sale boulot. Nous vous offrons les pseudonymes sur un plateau d'argent. Nous canalisons les idées rebelles en les réduisant à la théorie. En moyenne, quatre pour cent des gens achetant le Cavalier commettent des actes dissidents. Vous ne supprimerez pas ce journal, parce qu'il vous rend service.

Le tintement salutaire retentit : liberté, enfin ! Je sors de l'ascenseur d'un pas alerte. Dans le mouvement, je remarque qu'il a légèrement déboutonné son veston, plus légèrement encore sa chemise ... tiens tiens.

Je ne pense à rien. Rien du tout.

- Concernant cette histoire de classements ... je suis prête à négocier.

J'ai dit ça ?

- Je vous en prie, prenons un café dans mon bureau. Nous serons plus détendus, n'est-ce pas ?

Et je suis repartie. On n'arrête jamais, avec ces ministres tatillons. Chemise relâchée ou pas.


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Nathan S. Suzaku
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Dim 28 Juil - 16:08
Il l'écoutait d'une oreille plus ou moins discrète, faisant comme s'il se fichait de ce qu'il disait. En réalité, il compatissait mentalement avec elle, sachant que cette négociation ardue ne devait pas être dans son caractère. Ô qu'il aimait cette Illness grande, impératrice comme elle l'avait été pour la climatisation. Il aimait ce petit bout de femme et ses secrets, ses multiples secrets...si il arrivait bien à collectionner les objets qu'elle avait pu laisser d'elle un peu partout, il ne parvenait à remonter son passé, à croire qu'elle avait bien effacé ses pas dans le sable.

Le ministre de Kira avait passé son manteau sous l'épaule, prêt à sortir de là dès que le carillon sonnerait. Il hocha la tête lentement lorsqu'elle affirma que le Cavalier Noir leur tirait une belle épingle du pied, que sans eux, ils seraient bien dans la mouise...Suzaku soupira, mais elle avait raison. C'était pourquoi le Cavalier existait et sans lui, de millions de petits journaux naîtraient de partout et seraient totalement incontrôlables. Le marché était entre de bonnes mains, avec Lady Illness. Lui-même recevait le journal dès sa parution et tentait de calmer les personnes du gouvernement qui étaient contre. Il leur rappelait calmement les cours qu'il avait pu avoir il y avait si longtemps en Institut politique : prenez un pays. Donnez-lui un dictateur – car lui, Suzaku, il n'ignorait pas que Kira en était un, il disait juste que ce n'était ses oignons – et supprimez les libertés fondamentales. 5 % de la population se rebellera, les autres le penseront juste, jusqu'au temps où ils iront dans la rue. Maintenant, permettez de faire circuler un journal émettant des idées contraires : la foule était contrôlée. Plus de soulèvement de population.




« Exact. »


Un ton froid, calme. Il n'était pas là non plus pour désapprouver tout ce qu'elle disait et il n'était pas assez con pour réduire à néant le pacte qu'ils avaient pu établir avec Lady Illness.


La sonnerie retentit, et Suzaku se précipita vers la sortie, un peu après Illness. Une fois dehors, il s'empressa de mettre entre eux une certaine distance réglementaire. Il se mordit les lèvres, tentant de canaliser le flux d'émotions qui coulaient en lui, respira un bon coup.


« Oui, allons jusqu'à votre bureau. »


Il la suivit alors, pressé, regardant une nouvelle fois sa montre. Oh, pourtant, son après-midi était libre. Il avait annulé tous les rendez-vous qu'il avait, même si curieusement, ceux d'Illness étaient beaucoup plus courts que les autres : une sorte de rituel, comme s'il croyait que, intéressée par lui, elle l'inviterait à boire un verre, ensuite. Aller à son bureau, c'était presque intime : aujourd'hui, il y arrivait, mais c'était parce que ce n'était pas la première fois. Choqué par cette rencontre et ce coup de foudre soudain, il l'obligea, la première fois, à discuter dans le hall. La deuxième fois, il anticipa et lui donna rendez-vous en ville. Au fur et à mesure, ils finirent bien par arriver dans le bureau, mais ce ne fut sans difficultés.

« Ha, la décoration n'a pas changé... », laissa-t-il échapper : il s'agirait sûrement de son second et dernier commentaire non professionnel de la journée. Gros maximum.


Il accrocha le manteau sur le porte-manteau à côté de la porte, y suspendit également l'écharpe. Qui portait une écharpe alors que le soleil était à son sommet ? Cette fois-ci, il n'hésita pas à s'asseoir sur le seul fauteuil en face du sien avant qu'elle ne lui demande...c'était vrai qu'ils étaient tout de même mieux ici que dans l'ascenseur...mais rien qu'à l'idée de penser qu'elle travaillait là, qu'elle vivait là...Suzaku en devenait tout ému, il ne savait pas très bien réagir.

« Sans sucre, le café. »


Le remerciement fut oublié, il se contenta de croiser les jambes, posant les mains sur ses genoux.

« Puisque vous êtes prête à négocier, parlons du Cavalier Noir. Je réclame une parution pour le Gouvernement avancée de 5 jours. »


Le marchandage de jours allait pouvoir commencer, et cette fois-ci, Suzaku semblait à son aise dans le bureau. Un fin observateur put même peut-être voir un sourire apparaître sur son visage : oh, il les aimait, ces piques avec Illness. Elles étaient uniquement professionnelles, bien sûr, il ne pouvait pas se permettre de l'inviter sur le temps de son travail alors ne le ferait probablement jamais.


« Qui rédige les petites annonces ? »





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Sam 3 Aoû - 16:11
Je crois que cette personne s'est trompée de planète à la base. Oui, ça doit être ça ... en tout cas, il n'a rien à faire sur ma planète. Ma planète de verre et d'acier de trente étages. Je suis dans ce building telle Didon dans Carthage. C'est moi qui ouvre les portes, garde les remparts. En Chine, le jaune était la couleur des empereurs - peut-être ma lubie est-elle inconsciente ? Pffft. A chaque fois que je vois Suzaku, ça me rappelle qu'il faut urgemment prendre rendez-vous avec mon psy. Et je me demande encore à quel moment moi, impératrice jaune, j'ai pris la décision de le faire entrer sur mon territoire. J'aurais dû écouter les diablotins citron qui voletaient autour de mon lustre : "Pas de ministres en écharpe dans ce lieu saint".

Aujourd'hui, je m'en mords les doigts ! Voilà que le zozo s'assoit sans invitation, commente la décoration, demande un café à ... qui au juste ? et reste d'un froid insupportable. Bon sang, il est tombé dans un conteneur cryogénique étant petit ou quoi ?

- Si si, la décoration a changé ! Le rédacteur en chef du Times m'a offert un rosier nain. Il est là. Il est jaune, voyez ? Je l'aime beaucoup.

Je ne dis pas si la dernière phrase se réfère au rosier ou au rédacteur. Pas pour provoquer la jalousie (Suzaku, jaloux ? Laissez-moi rire), mais tout simplement parce que je ne me suis pas posé la question. Je n'aime beaucoup qu'un seul homme et cela ne mérite pas plus de précisions. M'enfin, puisque Monsieur s'est installé, faisons de même. Je m'approche de mon fauteuil attitré, face à lui, et m'y pose avec grâce. Je croise mes jambes interminables. Ma jupe crayon glisse imperceptiblement. Seigneur, que t'est-il passé par la tête quand tu m'as dotée d'une telle plastique ? Quelle idée de vouloir jeter toutes les autres femmes aux oubliettes !

Et en plus, il lance les négociations. Reste calme, I. Paisible. Souviens-toi des recommandations du thérapeute. "Ne pas tuer, même si vous en avez très envie". Je bats des paupières avec délice, mon doux sourire revient.

- Cinq jours ?

Ils sont naïfs, ces ministres. J'étouffe un rire aigu et je claque des doigts.

Clac clac clac. Une préposée au café, en talons de jeune fille, se précipite dans le bureau et pose une tasse et un verre sur la table basse. Café sans sucre pour le balai, cool-shake mangue-citron pour moi ; un des plus beaux jaunes qui existent. La préposée exécute une pseudo-révérence, puis s'éclipse. Clac clac clac.

Je prends mon verre et commence à jouer avec la petite ombrelle en papier.

- Vous savez, Monsieur le ministre ... je pense un jour vous inviter à découvrir les coulisses du journal. La rédaction en elle-même, l'élaboration de la maquette, l'imprimerie. Ainsi peut-être, vous rendrez-vous compte : le Cavalier Noir est prêt une heure avant sa distribution. Toujours, quoi qu'il arrive. Nous ne retardons jamais la parution. Pour être sincère, le gouvernement est déjà privilégié ! Vous recevez le journal vingt minutes avant la distribution dans la rue. Nous avions conclu ce pacte il y a quelques mois, souvenez-vous.

Histoire de reprendre mon souffle, je m'octroie une gorgée de boisson. C'est qu'il ne baisse pas les armes, le serpent. Quelque part, nous avons la même conduite. Moi non plus, je ne me rends pas. J'ai le combat dans le sang. Il faut que j'envoie des piques pour exercer mon brillant cerveau. Autant dire que Suzaku a choisi la mauvaise cible - à moins que la répartie lui plaise. Mais j'en doute. Il a l'air peu disposé à toute contradiction.

Tant pis pour lui.

- Je ne saurais vous donner un nom seul. Les petites annonces sont gérées par chacun de nos journalistes à tour de rôle. Si quelqu'un veut en rajouter une, il le peut, quelque soit son statut. Il faut juste que l'annonce soit pertinente et utile. Moi-même, j'en ai écrit plusieurs.

Un des principes du Cavalier Noir est là : chaque rubrique a été gérée au moins une fois par chaque journaliste.  Si le gouvernement veut poursuivre une partie du journal, il devra poursuivre l'équipe entière. Ainsi, personne ne peut être arrêté seul. Personne sauf moi.

Je connais ce risque, mais je préfère ne pas y penser. Je sais que je m'en sortirai de toute façon : on parle d'une femme qui a tenu une entreprise de démolition en Tanzanie ... ce n'est pas une bande de pingouins fanatiques qui va me faire peur. Ils n'ont pas vu la Wammy's House. , c'était un vrai environnement dangereux. Et j'étais au sommet de la chaîne alimentaire.

- J'espère que vous avez du temps devant vous. Les négociations risquent de durer ... et je ne lâche rien.

Un rire léger me prend. Vu le nombre de coups d’œil jetés à sa monstre, ce type a l'air pressé en permanence. Moi aussi, en y pensant ! Mais sur ce point, nous sommes différents : je contrôle le temps dans mon building. Suzaku ne contrôle rien, si ce n'est son petit groupe de bureaucrates. Un coordinateur. Il ne doit rien savoir de ce qu'est le véritable danger. Sa seule adrénaline doit venir d'erreurs dans des tableaux Excel.

Je comprends mon hostilité envers Suzaku - et son hostilité envers moi. Il est un pion volontaire sur l'échiquier de Kira. Il est payé en tant que tel. Moi, je suis à l'opposé. Du côté de Beyond Birthday, des esprits frappeurs qui ont toujours voulu être libres. Nous sommes de deux cercles diamétralement opposés - deux mondes qui se contemplent.

En y pensant, j'ai l'impression terrible de perdre mon temps ici. Tout est lent avec le ministre. Tout est diablement plat, froid, net. Comme si nous nous retrouvions sur une banquise.

Soudain, petite fêlure sur la glace : que vois-je ? Un sourire sur les lèvres sèches ? Dieu ! Il me faut une nouvelle gorgée de cool-shake ...

- Vous trouvez toujours qu'il fait froid, Monsieur le ministre ?


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Nathan S. Suzaku
Ministre de la Censure et de la Propagande
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Mar 6 Aoû - 0:42
Le directeur du Times ? C'était le directeur du Times qui lui avait offert cette plante ? Elle était laide, d'ailleurs, Suzaku ne comprenait pas comment elle pouvait trouver cette chose jolie. C'était de mauvais goût, même les affaires jaunes qu'il lui avait trouvées étaient plus belles. Et..et il avait l'impression d'étouffer un peu plus, ses affaires étaient trop serrées et une goutte de sueur commençait à se ramener. Le travail, il fallait qu'il ne pense qu'au travail, à cette négociation si serrée qu'il était en train de faire avec Illness et qui était capitale pour l'avenir du Ministère et du Cavalier noir ensembles. Bien sûr, il ferait sûrement envoyer un émissaire au Times, lui demanderait sûrement de contrôler les locaux du journal américain et, très probablement, ils trouveraient quelque chose de prétendument rebelle et ferait arrêter ledit directeur...De nos jours, il est si facile de contrôler les médias...

« ...Oh, oui, je veux bien découvrir les coulisses de votre journal. J'ai toujours été intéressé par vos contenus et à vrai dire, je ne remets pas du tout en cause la manière dont les petites annonces sont faites. Efficacité, ponctualité. Fatigue, j'avais oublié que j'avais négocié ces minutes avant de vous en faire la demande...très bien. »

Il ne contesta pas plus Illness, lui laissant le temps de savourer sa victoire. I était peut-être la femme qu'il aimait, mais il savait lui aussi parler, manipuler les foules. Avec les femmes, il fallait se comporter comme si elles allaient l'emporter, sacrifier quelques pions pour leur montrer à quel point leurs décisions comptaient...et puis, avec cette fameuse visite dans les locaux de la rédaction, il aurait l'occasion de rencontrer plus en détail le personnel du Cavanier Noir, mieux évaluer tous ce qu'ils pouvaient faire et lesquels étaient louches ou non. Par ailleurs, passer trente minutes de plus en compagnie de Illness ne pouvaient que le ravir, surtout qu'il ne serait obligé de parler, écoutant sa voix mélodieuse tout le long de la visite.

La préposée au café était déjà passée sans qu'il n'y fasse trop attention – après tout, quelle autre femme que Illness pouvait avoir de l'impression à ses yeux ? Il avait à peine entendu les talons, et voilà qu'il se retrouvait avec une tasse de café dans les mains...qu'il but prudemment, d'ailleurs, comme s'il avait peur de se brûler.

À propos de chaud, le café, la chaleur ambiante, les pensées à propos d'Illness et la prochaine visite qu'ils feraient du Cavalier Noir avaient fait rosir ses joues. Il ne souriait plus, avait l'impression de se trouver un peu plus étroit dans sa chemise tandis qu'en face de lui, la femme dont il rêvait toutes les nuits était en train de siroter une boisson d'un jaune sublime. Jaune...il faudrait qu'il se renseigne sur la fabrication de ce liquide.

« Non, pas vraiment, j'ai chaud. Mh...probablement le café. », grommela-t-il, tout en enlevant les derniers boutons du veston, puis celui-ci. Il allait ensuite le percher avec ses autres affaires, sur le porte-manteau, là-bas. « Un tel temps ne devrait pas être autorisé, je me demande ce que font les météorologues, il me semble qu'ils ont des outils pour modifier le climat ! »

C'était tout Nathan, ça, d'afficher un air clairement outré sur quelque chose qui n'était pas du tout scandaleux. Lui, ce qu'il voulait éviter, c'était, de un, que Illness le touche, et de deux, qu'elle commence à douter de quelque chose à son sujet. Revenu à sa place, il tapotait le soucoupe de sa tasse du bout des doigts, se demandant de quoi il pourrait parler avec Illness, puisqu'elle n'acceptait pas le délai fatidique des cinq jours...ah ! La visite des locaux, oui, la visite, ils devaient parler de cela !

« Pour la visite des locaux, je suis libre demain à 13 h. Sinon, j'ai aussi tout mon après-midi, c'est vous qui voyiez selon vos disponibilités. »

Il sortit un agenda de la taille d'un dictionnaire, rempli de rayures et d'annotations dans tous les coins – pas vraiment le truc auquel vous vous attendiez, surtout si vous pensiez que Suzaku était le genre de type à être propre sur lui. Il ouvrit l'agenda à la bonne page, chercha un crayon du regard.

« Vous avez un crayon ou ce n'est pas la peine ? »





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Mer 7 Aoû - 23:49


Je vois le sourire de Nathan prendre fin . Je respire ! Et soudain le souffle me revient. J'ai presque cru que Suzaku était humain ! Beh tiens, voilà que je pense en alexandrins. Hi hi ! Ma foi, mon esprit est un plaisantin !

Irma. Irma, je te hais.

Je secoue la tête. Ma crinière virevolte, évitant miraculeusement le cool-shake mangue citron. Je me retiens à grand-peine de rabrouer mes personnalités à voix haute ; le psychologue m'a donné quelques clés pour me contrôler. J'y arrive de mieux en mieux, grâce à un cadre professionnel stable. Je me lève à peu près tous les jours à la même heure, je mange trois fois par jour et je communique avec d'autres humains devant la machine à café. Le seul domaine où je ne me suis pas encore taillé un petit coin de normalité, c'est la vie sentimentale.

Je dois êtres maudite sur ce point. Les seuls rendez-vous que je décroche sont des plans BDSM. A défaut de restaurants sympa, j'échoue dans les clubs libertins. Pas que ça me dérange - au contraire, mais je pense que ce n'est pas là-bas qu'on trouve l'âme sœur.

Le drame est ailleurs et je le sais : je l'ai déjà trouvée, mon âme sœur. Mais mon âme sœur veut ma mort. Il faudrait qu'un jour je me rende à l'évidence, que je reconnaisse que B ne voudra jamais de moi. Que même si ce miracle se produisait, nous n'aurions aucun avenir. Deux esprits frappeurs ne peuvent rester attachés. Ils sombrent seuls dans leur folie. Personne ne les sort du gouffre. Les fous, personne ne veut d'eux et ils ne veulent de personne ... il faudrait qu'un jour j'accepte ma propre folie. Que je ne veuille plus de Beyond Birthday.

Avec tout ça, je ne capte que vaguement que Suzaku a perdu un round. M'a-t-il laissé gagner ? Je ne suis pas dupe de ce genre de tactique : les hommes aiment à faire croire aux femmes qu'ils ont le contrôle. Stratégie de base. Si le ministre l'a utilisée, c'est qu'il a un intérêt derrière. Dans tous les cas, il faut faire comme si. Toujours faire comme si avec ces messieurs du gouvernement. Un sourire victorieux et rayonnant se plaque sur mon visage. Je découvre toutes mes dents comme une rangée de perles.

- Parfait ! Vous voyez, petit à petit, nous arrivons à des compromis. L'entente est possible ! Ce sera un grand plaisir de vous faire visiter nos locaux.

Je bois encore une gorgée de mon breuvage. Evidemment que non, ce ne sera pas un grand plaisir de lui faire visiter mes locaux. Ce n'est jamais un grand plaisir de faire visiter quoi que ce soit à Suzaku. Je ne l'ai jamais fait, certes. Mais bizarrement, je n'en ai aucune envie. Quelque chose me dit que cet après-midi comptera parmi les plus ennuyants de ma vie.

On parle d'un type capable de râler pour qu'on change les aléas climatiques, tout de même. Mon cerveau n'arrive pas à assimiler ce que je viens juste de voir.

Et ce malgré qu'il ait enlevé son veston, laissant deviner une silhouette appréciable. Je pense que pour le commun des mortelles, Suzaku doit paraître trop maigre. Mais j'ai toujours eu un faible pour les rachitiques, modèle "quelque chose sur cette terre ou ailleurs m'empêche de m'alimenter normalement". Sans doute à cause d'un rachitique en particulier ... raaah, je suis en pleine négociation !

Deux minutes, c'est son agenda qu'il a sorti, ou un exemplaire non abrégé des Trois Mousquetaires ?

Me remettant vite de ma surprise première, une nouvelle succède : il a tout son après-midi de libre ? Lui, ministre d'un gouvernement mondial ? Soit la page d'agenda en question a été avalée par une turbulence galactique, soit ... soit il a libéré son après-midi.

Cette hypothèse me laisse songeuse. Je triture l'ombrelle en papier avec une obstination redoublée.

- Pourquoi pas cet après-midi ... oui, pourquoi pas. Vous avez tellement de travail ! Vous pouvez noter quand même, histoire de vous en souvenir. Je vais annuler mes rendez-vous, aucun n'est vraiment intéressant.

Autrement dit : tous sont au moins aussi chiants que celui-ci, de toute façon.

- Un stylo ! Bien sûr !

J'en sors un de ma poche poitrine, un stylo plume canari. Je le lui tend. On ne prête pas les stylos plume en général : ce sont des mines très personnelles. Elles s'adaptent à la main de leur propriétaire, et en gardent l'empreinte.

M'enfin, c'est juste pour marquer une ligne dans un agenda. Ne soyons pas puristes.



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Nathan S. Suzaku
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Sam 10 Aoû - 7:07
Elle avait sorti son stylo de sa poitrine....là, littéralement. Il était contre ses seins tous moelleux que maintenant, Suzaku ne pouvait s'empêcher de fixer quand...elle avait mis la main sur sa poche et le lui avait passé. Bons dieux, jaune ! Il était jaune, ce plume qu'il chérirait tant ! Avec un peu de chance, elle l'oublierait et Suzaku pourrait l'embarquer : le stylo finirait dans cette « petite » pièce, en compagnie des autres objets dédiés ou volés à Illness.

Le ministre ressentait encore la chaleur dégagée par le stylo, ses mains étaient moites dessus et il n'osait écrire, pris en plein rêve éveillé. Il fixait toujours avec insistance la poitrine de Illness, comme s'il voulait la voir sortir un autre stylo de là. Sa face était plus blanche que d'habitude – dieux, cet individu était donc incapable de rougir – et sa respiration plus lente. Pour un peu, on aurait pu croire qu'il était en train de faire une crise.

Ce qui le fit revenir à la surface, ce fut tout simplement la réalité : oui, il fixait depuis environ une longue minute la poitrine de la patronne du Cavalier noir. Oui, c'était impoli et il n'arrivait même pas à se rendre compte de ce qu'il avait fait, et pourquoi. Le stylo dégageait toujours une adorable odeur de transpiration, mélangée à quelque chose, un parfum des plus sensuels, c'est pourquoi il fut obligé de s'éclaircir la voix pour bafouiller :

« Oui oui je vais...je vais le noter..ce rendez-vous... »

Il réservait toujours sa journée pour Lady Illness, bien qu'elle ne le sache jamais...alors, il mit ce plume dans la main avec laquelle il écrivait, la droite, et commença doucement à écrire dans le fameux agenda. La plume était dure, il était difficile d'écrire avec un plume qui n'était pas le vôtre, mais Suzaku était un expert, et surtout, ne voulait pas décevoir cette Lady. Il comptait montrer qu'il était quelqu'un de professionnel, qui savait jusqu'à maîtriser un plume. Il prit sa plus belle écriture – donc même un cochon aurait mieux écrit – pour gribouiller dans l'espace libre le contenu de la journée, cette visite des locaux. Elle pouvait être étonné, mais au moins, lorsqu'il consulterait de nouveau son agenda, pour en faire le compte rendu, il saurait ce qu'il avait fait.

Devait-il s'excuser pour l'avoir fixée comme il l'avait fait une minute plus tôt ? Oui. Suzaku était un gentleman, malgré ses airs de thon dans ses mauvais jours. Et puis Illness n'était pas une de ces secrétaires qu'il envoyait régulièrement chier lorsque son café n'était pas assez fort.

« Excusez-moi pour tout à l'heure, j'ai eu un petit malaise...je vais finir mon café, je dois faire un manque de glucose, c'est tout à fait normal. L'agitation est telle, au quartier général, que j'ai du mal à me concentrer. »

...Haha, c'était le cas de le dire, mais c'était également vrai pour l'histoire de l'agitation dans le quartier général. Un résistant s'était échappé et le capitaine chargée de l'enquête lui avait demandé son aide. Suzaku ne chômait pas, c'était le cas de le dire, servant de coordinateur entre les différents services qui avaient la charge de l'enquête, offrant des engueulades à ceux qui avaient le loisir de glander et de s'accorder un temps de pause minimum.

« Fait-il froid, près des presses ? Je dois savoir si je dois emmener mon manteau...et à quels étages sont vos locaux ? Reprendrons-nous l’ascenseur... ? Si cela ne vous gêne pas, j'aurais préféré que nous empruntions l'escalier. »

Qui disait escalier disait moins de proximité entre eux. Il s'arrêterait sûrement de respirer – ou ferait un malaise, probablement, si Illness le touchait à l'épaule comme elle l'avait fait au début de l'entretien..ou pire, si elle sortait de nouveau quelque chose de ses mains. L'air pressé, Nathan S. Suzaku se leva et ingurgita le restant du café chaud qui trônait sur le bureau, à côté de lui. Il n'y eut même pas un éclat dans ses yeux, il ne fit une grimace pour montrer combien il s'était brûlé, ou combien ce café était amer. Peu importait, puisqu'il avait l'habitude.

« Très bien, je vous attends. Par contre, si cela ne vous dérange pas, j'aimerais bien rester incognito, parmi vos employés. Voyez, je doute que tous sache que le ministre de la censure s'occupe du Cavalier Noir...Ce n'est pas un secret, mais j'aimerais éviter des effusions inutiles. »





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Ven 23 Aoû - 0:56

Froncement de sourcils. Genre "Noooon". Il ne regarde pas là, quand même. Là, l'endroit en-dessous des yeux où il ne faut pas regarder. Il est bizarre, pas stupide. Il doit bien se douter que c'est le meilleur moyen de se prendre une gifle. Non ? Non, apparemment. Des gens comme ça deviennent ministres ?

Remarque, vu les derniers reportages que j'ai pu recevoir sur un certain Darkwood, plus rien ne peut me surprendre. Je soupire. Ne gifler personne. Ne tuer personne, n'étrangler personne, même si vous en avez très envie. Si je lui fais une remarque incisive histoire de recadrer ses yeux, le prendra-t-il mal ? C'est le genre de petit bureaucrate à vous poursuivre des années durant pour venger son ego blessé. Exactement ça ! Je viens de saisir le personnage. A la fin de sa journée de boulot minable, il doit rentrer dans son pavillon de banlieue chez sa bougresse inbaisable, manger un mauvais dîner et se défouler sur le jeu télévisé de dix-neuf heures. Un petit fonctionnaire. Un type qui se sent supérieur à tout le monde, sûr de lui et d'un suffisance sidérante.

Alors pourquoi bégaie-t-il à moitié ?

Ce n'est qu'un rendez-vous, bon sang ... pas la peine de le noter comme une enluminure. Un peu plus et il va narrer les détails de l'après-midi en toutes lettres, les mots en entiers, et pourquoi pas les majuscules ? Je lève les yeux au ciel tandis qu'il ne me regarde pas, absorbé par la consignation de son précieux planning. De toute façon, il n'aurait rien vu : lunettes noires obligent. Poker face, hi hi hi.

- C'est bon, c'est noté ? demandé-je, impatiente.

Allons, il s'excuse quand même. Un malaise. Pfft, on va dire que c'est crédible. Un coma extatique, plutôt. Il a dû être victime d'une hallucination brûlante et destructrice, façon Léda devant Jupiter. Illuminé par ma perfection, il m'a peut-être vue, dans un flash aveuglant, dansant en sous-vêtements pour lui dans ce bureau.

Surtout que si son épouse lui correspond, le pauvre doit être pas mal frustré.

Le pauvre. La bonne blague.

- Pas de soucis. Je peux comprendre, nous aussi ces derniers temps, nous sommes à deux-cent à l'heure ... la maquette a du retard.

Ne parle-t-il vraiment que de travail ? J'en ai l'effroyable impression. Il doit bien avoir ses faiblesses.

Une idée germe dans mon esprit dérangé : et si je ne réclamais pas mon stylo ? Un oubli de working girl. Histoire de voir ce qu'il en fera. Tiens tiens, ça pourrait être intéressant ! Oui, BON, je m'amuse comme je peux. Vous ne vous tapez pas un après-midi avec un ministre chiant comme la pluie.

Je repose le cool-shake et quitte mon fauteuil avec une grâce toute Illnesque. Beaucoup de questions pratiques sont posées, mais en tant que patronne, y répondre m'est aussi difficile que de cligner des yeux.

- Il fait assez chaud du côté des presses. Vous comprenez, la surchauffe des machines, des ordinateurs, tout ça ! Laissez donc votre manteau. Vous pouvez même laisser votre veston, vous aurez au moins l'air détendu. Ça vous aidera à passer inaperçu. Tout le monde travaille en tenue décontractée.

Mon tailleur ? Eh bien oui, c'est ma tenue décontractée.

- Sachez-le, Monsieur le ministre. Les employés d'ici aiment les gens accessibles, ouverts !

Souriants aussi, mais il ne faut pas trop lui en demander. Il pourrait imploser dans sa pâleur.

- C'est cinq étages plus bas. L'ascenseur sera inutile, ne vous tracassez pas.

Rooh, allez. Je ne peux pas m'en empêcher. Un sourire adorable étire mes lèvres fines.

- Souriez, Monsieur Suzaku. Ça rend tant de choses plus faciles ! Professionnellement parlant, j'entends.


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Nathan S. Suzaku
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Mar 27 Aoû - 23:33
Elle le fixait de telle sorte qu'il n'arrivait à rien dire de potable. Comment ça ? Ses yeux étaient tellement inquisiteurs, tellement Illness...cette teinte jaune sur ses vêtements l'importait dans un songe. Cette poitrine...non, ne plus penser à la poitrine. Suzaku se resaisit lorsque la patronne du Cavalier Noir lui parla.

« Ha. »

Alors si c'est pour le travail, Illness est excusée. Il ne sait pas vraiment si elle comprenait qu'il est vraiment accro à elle. Qu'il est capable de collectionner la moindre de ses possessions comme le ferait un stalker professionnel ; Suzaku est vraiment un grand autisme, incapable de lui parler et d'exprimer justement ce qu'il voudrait dire.

Non, le travail passe en premier. Il est fier, il paraît hautain, blanc et noir, Suzaku. Il est le ministre de le propagande, et par dessus tout, il dirige plusieurs équipes d'éléments aussi contradictoires que possibles, entre informaticiens et pro du montage image. Gérer les tensions parmi ces gens-là n'est pas le plus facile, depuis qu'il s'est mis à piquer une crise, en particulier.

Pourquoi ?

Le chat du Cheshire. Un étrange japonais qu'il avait initialement contacté pour un problème de rente non payée...et qui s'était révélé être un rebelle pas vraiment pacifiste. Suzaku avait détruit environ dix ordinateurs, si bien qu'on l'avait viré des bureaux et qu'il avait fini cette conversation dans un cybercafé...bien lui en fut. Cet homme avait regardé son passé mais, plus gênant, il avait également deviné l'étrange lien qu'il avait noué avec Illness. Il parlait d'elle comme s'il la connaissait, et Suzaku ne pouvait pas supporter cela. Lui qui montrait rarement ses émotions, l'on put lire à ce moment sur son visage une furie non dissimulée.

Ainsi, il faisait chaud là-bas ? Il n'allait pas pouvoir reprendre son manteau ? Suzaku regarda l'ensemble qu'il avait posé sur le porte-manteau, juste dans le coin avec une pointe de regret. Il n'avait l'habitude de se promener en simple chemise, mais puisque c'était Illness qui le lui demandait, il allait faire une concession. Après tout...elle lui avait bien sorti son stylo préféré – non, Illness n'avait jamais dit qu'il s'agissait de son stylo préféré, Suzaku l'avait juste déduit – de sa poitrine...

« Je suivrais alors votre conseil...j'ai déjà chaud comme cela, il ne servirait à rien que je remette mon manteau. Si ? »

...à propos de stylo, il le glissa discrètement dans sa poche arrière de pantalon. La droite...elle avait sûrement oublié qu'elle lui avait prêté, et puis il aimait bien pimenter ce petit rendez-vous de risques impromptus. Lorsque Lady Illness lui demanda de sourire...pour le travail, Suzaku essaya de sourire. Il eut alors un rictus forcé qui semblait plus effrayant qu'autre chose. Conscient du manque de naturel concernant cette opération risquée, le ministère arrêta de « sourire » et recommença à faire le chien battu.

Sur ce, il s'avança à sa suite dans les escaliers...la perspective de ne pas prendre l'ascenseur le rassurait considérablement. Le souvenir de l'espèce de malaise entre eux deux la dernière fois, la promiscuité entre leurs corps était...étrange. Il ne savait pas s'il voulait recommencer celle...Et puis pour cinq petits étages, autant prendre les escaliers. En même temps, il pourrait commencer à évoquer en sa compagnie les rafles qui auraient bientôt lieu. Il n'était pas un traître au gouvernement, mais il tenait à personnellement en parler à Illness. C'était un sujet d'importance qui concernait tout le journal, et ils devraient se préparer à faire des articles sur l'évènement sitôt l'inauguration de la fête foraine serait passée.

« Mhh...mhhh...je voulais entre autres vous parler de la prochaine fête foraine...je suppose que vous êtes au courant, un peu moins de ce qu'il va se passer. Vous vous doutez que les vieilles stratégies parlent de diversion...d'importants rafles vont avoir lieu, surtout que ce résistant, Hadès, s'est échappé récemment. Je tiens à vous dire que vous n'êtes pas non plus parmi les personnages favoris du Ministre de la Guerre, monsieur Darkwood. Vous feriez mieux de faire attention. »

Il lui lança un regard bien entendu, conscient qu'il venait probablement de faire une grosse bêtise en lui disant cela...peu important. S'il voulait la manipuler, il devait lui laisser croire qu'elle était sur les petits papiers des pro-Kiras...ensuite, elle ferait des concessions et serait prête à lui laisser n'importe quel délai pour le journal. Quel plan machiavélique !

« Vos escaliers sont mieux entretenus que votre ascenseur. Vous devriez désactiver celui-ci, vos employés y gagneraient en muscle... »

Puis, il se mit à grogner :

« Toujours se montrer plus fort qu'eux, toujours...les miens m'ont jeté des bureaux car j'ai cassé des ordinateurs...Connaissez-vous le pseudonyme du Chat du Cheshire ? Il avait l'air de vous connaître et ne m'a pas dit des choses très polies à votre sujet. »





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Lun 2 Sep - 20:37


Victoire pour le peuple ! Le ministre a abandonné son manteau ET son veston ! Que c'est magnifique ! Le voilà en chemise, en simple chemise blanche ! Et l'air de rien, ce n'est pas décevant. Pour moi. Je suis Lady Illness, rappelons-le. Quand il s'agit de moi, les canons classiques de la beauté sautent. Le Louvre manque de jaune. L'Ermitage manque de punch. Le musée des Arts et des Métiers manque de bulldozers. Le monde entier manque de quelque chose ; et paradoxalement, là où les autres disent qu'il manque quelque chose, je vois que tout est à sa place. Bref ! Je me comprends.

Revenons-en à Monsieur le ministre de la propagande. Pour le commun des mortels, manque de muscles. Il manque aussi de bronzage. Mais moi, moi l'Impératrice jaune, je vois que tout est bon dans le cochon. Beyond Birthday était encore plus blanc et rachitique que cela ... je fais des efforts pour essayer d'en parler au passé. C'est très dur, il faut le dire. L'homme est encore dans ma tête, dans chaque particule de mon être. Je pense que le jour où il ne sera plus là, ma vie perdra de son sens ... peut-être me reconvertirai-je dans le jardinage. J'aime bien les roses. Devinez de quelle couleur.

- Vous êtes très bien ainsi, ne vous inquiétez pas. Vous avez presque l'air décontracté.

J'abandonne mon sourire appréciateur et tourne les talons pour me diriger vers la sortie. Au passage, je ne manque pas de remarquer son geste plus qu'équivoque. Deux minutes. Mes yeux m'auraient-ils trompée ?

Bon sang, mais c'est qu'il l'a pris, ce stylo ! Il l'a vraiment gardé pour lui ! J'avais fait ce test simplement pour m'amuser, moi ! A-t-il simplement oublié ... ? Ne sois pas idiote, Irma. On n'oublie pas de rendre son stylo à une personne qui vient de vous le prêter et qui est juste en face de vous. Non non, il l'a tout bonnement embarqué. C'est un coup à se flinguer ... pourquoi aurait-il fait ça ?

La réponse me frappe comme une évidence. Garder mes empreintes digitales, bien évidemment. Ces ministres sont vraiment tous des rats. Pourvu qu'ils finissent tous comme l'handicapé dans Gattaca, tiens.

Mais bon. Nous sommes là pour négocier. Péter une crise en plein milieu du building ne serait pas très diplomatique. Et puis nous devons tous être un peu fatigués. Et j'ai envie de rentrer tranquillement chez moi ce soir, pas d'être embarquée sous un prétexte aussi bête. Alors je serre les dents - en prenant soin de ne pas les faire crisser - et je me tais. Dieu sait que je n'aime pas me taire. Mais on ne fait pas toujours ce qu'on aime dans la vie. J'ai toute une équipe d'employés derrière moi, soyons responsables pour une fois.

Surtout, je ne vais pas enfoncer un peu plus un pauvre bougre qui ne sait même pas sourire.

Je descends les escaliers avec la légèreté d'un papillon épileptique, mes talons claquent comme un carillon sur les marches. Soudain, mon oreille se tend. Suzaku dit quelque chose de réellement intéressant, dis donc. Voilà qu'il engage la conversation sur cette fameuse fête foraine.

Bien sûr, j'en ai entendu parler. Mes meilleurs éléments (en tout cas les moins mauvais) sont dans les starting-blocs, prêts à tartiner. J'avais pensé à une éventuelle diversion. Plusieurs de mes associés m'avaient dit que ce serait trop tordu ... finalement, j'avais raison. Pourquoi j'écoute encore mes associés, moi ? Ça fait longtemps que je devrais me passer de leur avis. Ils ont encore failli me faire rater un scoop. Mon odorat légendaire fonctionnera en roue libre, la prochaine fois.

S'il y a une prochaine fois.

Les insinuations du ministre ne me plaisent que très moyennement. C'est vrai que ces derniers temps, ça chauffe pour les rebelles. Hadès s'est évadé, en grosse partie grâce à nos petites annonces, et pour le moment, ce sont ses collègues qui trinquent. Les perquisitions se multiplient. La police ne se contente plus de passer les bas-fonds au peigne fin. L'étau se resserre. Ces loulous se croient tout permis.

Je stabilise ma marche au niveau de Suzaku, et pose sur lui un regard neutre, bien cachée que je suis derrière mes lunettes noires. Qu'il n'essaie pas de m'intimider. J'ai vécu en Tanzanie. Pire, à la Wammy's House. Les stratégies psychologiques sont une seconde nature pour les gens de mon espèce.

- Oh, Monsieur le ministre ... ce n'est pas surprenant. Plusieurs de mes employés se sont plaints de voir des miliciens sous leurs fenêtres, dans des quartiers pourtant fort honorables. Moi-même, j'ai l'impression qu'ils se sont relogés dans mon immeuble. Alors qu'avec la masse de travail que j'ai, je n'y passe plus que rarement.

Je hausse les épaules et esquisse un sourire doux pour anéantir son regard perçant. Pas de ça avec moi. Je module ma voix comme il faut. Juste l'amabilité nécessaire.

- Ce n'est pas que cela m'inquiète : je suis au-dessus de ça. Savez-vous ce qui m'inquiète ? Ce qui m'inquiète, c'est qu'avec leur crétineries, les journalistes ont peur. Et quand ils ont peur, ils écrivent moins vite. Moins bien, aussi. Le rendement diminue.

Je m'arrête devant la porte du sacro-saint. Les imprimeuses grondent comme des tigres furieux de l'autre côté du battant ; on a l'impression de s'apprêter à entrer dans une cage aux fauves.

- Et au rythme où le rendement diminue, ce n'est pas la suppression de l'ascenseur qui va arranger les choses, Monsieur le ministre. Avec tout le respect que je vous dois.


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Nathan S. Suzaku
Ministre de la Censure et de la Propagande
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Mar 3 Sep - 0:17
Il était toujours habillé impeccablement. Aucun pli n'était visible sur ses chemises, elles étaient blanches de chez blanches. Il les donnait à la blanchisserie, veillait à ce qu'elles soient toujours pliées de la manière habituelle, à ce que l'on enlève les boutons de manchette et les boutons de son col lorsqu'on les passait à la machine. Suzaku était un homme qui n'avait pas confiance. S'il l'avait pu, il serait même resté pendant la journée pour voir si le travail était bien fait.

Lorsqu'il regardait Illness, il le faisait de plus en plus dans les moindres détails. Dans un premier temps, il l'effleurait du regard comme s'il avait peur de se brûler. Là, il regardait sa silhouette, parfois, osait attarder son regard sur ses seins, sur ses fesses. Oh, dieux, ce qu'elle avait une silhouette gracile ! ...Mais dès qu'elle semblait de s'apercevoir de quelque chose, il détournait le regard vers le mur, comme si celui-ci semblait avoir une importance capitale dans sa mission. D'ailleurs, oui, il avait une importance capitale, ce mur ! Il l'aidait à se concentrer et à arriver à aligner un pied devant l'autre sans se gameler le plus ridiculement du monde.

« Avec l'évasion du rebelle, le gouvernement est un peu stressé. Depuis que j'ai personnellement découvert grâce à l'une de vos annonces qu'il s'agissait de Hadès lui-même, tout le monde a un peu la tremblotte. Je ne pensais pas qu'il y avait autant d'irresponsables au gouvernement. »

Son ton était froid, mais déjà, ils entraient dans la salle des presse. Nathan ouvrit grand les yeux, curieux de découvrir les presses du Cavalier Noir. Il avait l'habitude du bruit et de la chaleur que dégageait celles du gouvernement, mais celles du journal étaient autrement impressionnantes. Il en dégageait de la chaleur et le ministre lui-même était inconsciemment impressionné par toute ces machines entassées dans cette gigantesque pièce. Les êtres humains s'agitaient tout autour, petites fourmis toutes aux ordres de Illness. Oh, Nathan n'aurait sans doute jamais osé l'avouer, mais il aurait rêvé travailler ici !

« C'est beau. »

Oui, vous n'en revenez pas : Suzaku vient tout simplement de faire un commentaire qui ne se rapporte pas au travail. Il a dit que c'était beau, merveilleux. Les imprimantes toutes répondant aux ordres de Illness l'avait profondément émues...oh, Suzaku se ressaisit bien vite. Il se rendit compte que s'il partait sur cette pente-là, il risquait très vite de ne plus parler de travail : grand danger. Secouant la tête, il se rendit compte qu'elle ne lui avait pas parlé du Chat. Erreur, ou bien oubli volontaire ? Il fronça les sourcils.

« Nous aussi sommes des humains. Nous avons des vies, des familles. Nos femmes et nos enfants aimeraient bien que nous rentrions tous les soirs, malheureusement, il y a des terroristes à l'extérieur. En revanche, je remarque que vous ne m'avez pas du tout parlé du Chat du Cheshire. Je ne peux croire que vous ne connaissez ce pseudonyme, étant donné que lui avait l'air de vous connaître. Alors ? »

Elle avait de si belles lèvres, de si belles fesses. Non. Ne pas y penser. Ne pas penser non plus à ces yeux qu'il y a sous ces lunettes.

« Vous devriez enlever vos lunettes, je ne comprends pas comment vous faites pour distinguer ce qu'il y a devant vous. »

Il toussa, un peu gêné, juste avant de se rendre compte que, décidément, il disait des choses de moins en moins professionnelles. Suzaku tenta de respirer calmement. Mit ses mains derrière son dos. Sortit une saloperie pour tenter de se détendre.

« En fait, il n'y a pas grand chose à voir, ici. Je ne sais même pas pourquoi nous sommes descendus. »





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Mar 3 Sep - 3:00
Décidément, ils y tiennent à leur Chat de Cheshire. J'ai complètement zappé la question, tant elle avait peu d'importance pour moi ... et puis, depuis quand je collabore avec un quelconque ministère, moi ? Oui, je connais le Chat. Et lui me connait aussi très bien, je m'en doute. Il aurait sans doute préféré ne pas me connaître. Surtout maintenant que je sais qu'il crachote dans mon dos. Ce n'est pas du joli, tout ça ...

- Le Chat de Cheshire ? Un camarade de classe. Impoli, mais pas dangeureux. Merci de m'avoir transmis ce détail, je lui en toucherai deux mots si je le croise.

Pas dangereux, du moins, à mon échelle. Suivant la même échelle, Mello se réduit à une fillette tremblante.

- Monsieur le ministre, le surmenage c'est le souci de tout citoyen lambda. Mes employés aussi ont des familles qui les attendent, des soirées qu'ils aimeraient passer tranquilles ... mais c'est tragiquement impossible, hélas ! Enfin, vous au moins avez quelqu'un. Pour ma part, je ne passe quasiment plus chez moi : trop déprimant.

Je m'occtroie un rire léger, consciente que l'asperge ne décrochera pas un sourire. Suzaku a le sens de l'humour ... d'une asperge, justement. Mon propre génie me dépasse parfois, c'est spectaculaire ! Et personne pour l'admirer. Si, Irma. Plus irritante qu'autre chose.

Je pousse les battants. Hi hi hi, les voici, mes princesses de métal ! Elles travaillent sans relâche, sans faire grêve, sans bavarder avec les collègues, sans fatiguer, sans tomber malade, sans se nourrir. Tout cela pour un peu d'huile. Les bras cassés qui me servent de larbins devraient en prendre de la graine. J'inspire à fond pour m'imbiber de l'odeur d'encre fraîche ...

Et là, magie. Suzaku trouve cela beau.

Lui, le ministre de marbre, ne râle pas. Il trouve beaux les cubes gris et bruyants. Pire, ce n'est pas de l'ironie mal placée : il a les yeux grands ouverts, si grands que je crois même y dicerner une étincelle. Il semble presque vivant, planté là, au milieu de la vingtaine de coeurs mécaniques et de ses serviteurs. Un humain avec des réactions humaines. Et des réactions compatibles avec les miennes. Et si, et si ... s'il n'était pas si mal disposé à mon regard ? Une ouverture ? Tenter de l'exploiter ?

- Figurez-vous que j'ai dit la même chose en les voyant. Je vais vous paraître bien sentimentale, mais c'est là que j'ai compris que je serais dans le métier ...

J'aurais poursuivi mon envolée lyrique si la grande bringue ne m'avait pas fait redescendre. Allons bon, je retrouve Suzaku. J'ai dû halluciner. L'amertume de ma voix est, pour le coup, à la hauteur de mon dépit. Je ne peux pas la retenir. Dire que j'ai failli dévoiler un peu de moi-même.

- Eh bien, vous avez noté le rendez-vous, nous sommes là, autant visiter.

Je m'avance d'un pas certain dans l'allée centrale. Les petites mains s'écartent religieusement sur mon passage. L'aura de l'Impératrice prend plus de place que toutes les machines ... il n'y a que le bureaucrate qui semble ne pas le comprendre.

Pourquoi je n'enlève pas mes lunettes ? ... peut-être parce que je n'ai pas envie de te voir me mater sans gêne, gros pervers ? Il croit que je n'ai pas capté où son regard s'attarde ? Certainement pas du côté de mes lunettes, puisqu'on en parle ! Ce type est loin d'un gentleman comme je les aime officiellement. Et il est encore plus loin d'un tueur fou et maculé de sang comme je les aime officieusement. Bref, il n'a rien pour lui. Comment ai-je pu lui accorder la moindre pensée positive ?

Mais bon. C'est important pour le travail. Alors je prends sur moi. J'obéis et range les lunettes dans ma poche, tout en me retournant. Il veut voir des yeux ? il va être servi. Mes iris noisette, que je sais électriques (d'où les lunettes, aha !) se posent sur lui comme deux lasers.

- Allons, ne faites pas la tête. Ça va être intéressant ...

À peine ai-je terminé ma phrase que déboule la catastrophe du jour.

Au Cavalier Noir, il se produit au moins une catastrophe toutes les vingt-quatre heures. C'est une règle absolue. Mais j'espérais qu'aujourd'hui, ce rendez-vous serait épargné.

Mes boulets de subordonnés auraient pu tout faire. Massacrer une photocopieuse, éventrer un ordinateur, repeindre la moquette au café, confondre le savon des toilettes et l'huile d'olive. Tout. Mais pas gâcher un rendez-vous avec un ministre tatillon dont le journal entier est tributaire.

Et pourtant, la catastrophe est là. Sous mes yeux ahuris, une planche à roulette s'engage à toute vitesse dans l'allée. Le genre de planche qui sert à faire rouler des paquets trop lourds pour être portés. Sur l'allée. Non pas que je n'aie jamais vu de planche à roulette. Ce qui m'ahurit, c'est l'absence de paquet trop lourd et de contrôle humain. Elle est seule, la planche. Et elle va vite. Droit sur les chevilles de Suzaku. Kriiih, que faire ?

- Attention ! m'exclamé-je.

C'est déjà trop tard. Qu'est-ce qu'il a à me fixer, lui, aussi ? Je n'ai pas le temps de penser au châtiment que va subir l'imprudent lanceur de planche à roulettes. Mes jambes s'élancent d'elles-mêmes. Tant pis.

Le précieux ministre part en avant, fauché comme un épi de blé par l'ignoble instrument. Dans ce genre de situations, rien de particulièrement brillant ne nous vient à l'esprit. À part étendre les bras façon air-bag et attendre le choc.

Ce que je fais. Et que je regrette avant même d'avoir fini d'étendre les bras.



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Nathan S. Suzaku
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Mar 3 Sep - 23:57
Ses craintes étaient donc vrais : elle connaissait donc le Chat du Cheshire. Un camarade de classe ? Il faudrait qu'il sache où il avait étudié : après tout, il avait l'impression que les mots Wammy's et House revenaient un peu trop souvent, ces derniers temps. Il serait rassuré si ce n'était qu'un hasard...mais son monde changea du tout au tout lorsque Illness enleva ses lunettes de soleil.

Oh.

Il pensa qu'elle n'allait le faire. Que celles-ci resteraient collées à son nez, lui accordant une certaine majesté que lui n'avait pas. Juste avant, en plus, Illness avait sous-entendu qu'il avait quelqu'un. Suzaku avait fait une petite moue : ce petit mouvement du nez que vous faites lorsque vous n'êtes pas d'accord, et puis, il s'était davantage concentré sur la beauté de ces yeux.

Ils étaient noisette. Des noisettes électriques. S'il était un écureuil, à ce moment-là, il se serait probablement jeté sur elle pour les voler. Concrètement parlant, le résultat fut tel qu'il en resta immobilisé – pour combien de temps, seulement! – et s'arrêta totalement de bouger. C'était bon, il savait ce qu'il voulait, ses attentes étaient comblées : il y avait les yeux de Illness, là, là, là et encore là, tout autour de lui, ils lui criaient de l'embrasser. Oh, bien sûr, il en aurait été incapable, puisque Suzaku était tellement figé qu'il ne pouvait même pas bouger le petit orteil...et que nous étions...en période de travail. Il aurait également aimé sortir une saloperie : dire que lui-aussi ne rentrait pas chez lui, qu'il dormait au bureau et qu'il détestait pour cela ces connards de rebelles, mais sa bouche ne s'ouvrit pas.

Il resta là, un sourire béat commença à se former sur son visage.

La considération des autres, il n'en avait plus rien à faire. Darkwood lui s'accordait bien des « pauses-femmes », lui n'avait pas trouvé une heure pour passer un repas correct depuis une éternité. Illness le prendrait peut-être pour un fou, un dératé, mais il ne pouvait se détacher de ce regard...

Volontairement, du moins. Le cri de la Lady, il ne l'entendit pas distinctement. Il ne vit donc pas la planche à roulette, se la prit en plein dans les pieds et dès ce moment, tandis qu'il chutait, il recommença à se rendre compte de la réalité : il chutait sur Illness comme un avion se crashe sur le sol. Son visage ne parut sans doute jamais aussi humain qu'à ce moment-là : sa bouche s'ouvrit, il tenta d'articuler quelque chose, ses yeux s'écarquillèrent, ses cheveux bouclés volaient dans le vent. Vent ?

La chute ne fut que plus dure, même si un réceptacle mou accueilli avec bienséance sa poitrine...Mou ? Mous ?

Suzaku avait fermé les yeux pour l'occasion, et lorsqu'il les rouvrit, ce fut pour s'apercevoir avec gène qu'il écrasait totalement Illness. Un spectateur extérieur aurait vu un grand homme écraser l'Impératrice. Le visage totalement blanc du ministre, mais pas pour longtemps, écrasait celui de Illness. Leurs lèvres se touchaient peut-être, mais nous ne sommes pas un drama...le terme le plus exact aurait été que leurs nez, leurs lèvres s'étaient écrasées les uns contre les autres. Et que ce n'était pas vraiment beau à voir...Lorsqu'il s'aperçut qu'il...embrassait – embrasser Illness ? Ha, mais haa – cette femme, cette Lady, que les choses molles étaient ses seins, Suzaku se releva précipitamment...Oh, il n'était plus blanc, le ministre...Il glissa sur le côté, se releva aussi maladroitement que l'aurait fait un bébé girafon venant de naître. Et devant tout rouge.

La première chose qu'il fit fut probablement de pousser quelques balbutiements. Ensuite, il essuya ses lèvres avec la manche de sa chemise, dans un état de choc. Son premier baiser, vous vous rendez compte ? Certes, ça ne ressemblait pas à un baiser, mais son premier baiser, sur le temps de travail ! Suzaku en était totalement bouleversé, il ne savait déjà plus ce qu'il voulait dire et ce qu'il allait bien devoir écrire sur son rapport final.

« Je...je... »

Il avait belle tête, le ministre de la censure et de la propagande...Il ressemblait un peu à un collégien qui vient de tester ses limites. Il avait chaud, alors il défie deux autres boutons de sa chemise, s'essuyant un peu le front. Fit deux pas en arrière et se prit une des presses. Tenta de se remettre à respirer, mais il avait l'impression que son mur ne tournait plus rond.

Et que devait penser Illness, dans tout cela ? Déjà qu'il refusait de lui serrer la main, elle devait voir en lui quelqu'un...un ministre qui la détestait. Qui était froid et hostile avec elle...ce qui actuellement était faux, puisqu'il avait revêtu une jolie couleur pivoine.

« Je...suis désolé pour cet incident. Il n'aurait vraisemblablement pas dû avoir lieu. Je vous achèterais d'autres habits et du maquillage si je vous les ai abîmés...Euh...pou...pourriez-vous remettre vos lunettes... ? Je n'arrive plus à me concentrer. »

Il fit mine de tousser, absolument gêné par ce qu'il venait de se passer. En réalité, son rythme de respirations était sensiblement élevé et il parlait plus vite.

« Camarades...à quelle...quelle école étiez-vous...donc ? »





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Ven 6 Sep - 12:20

La seconde qui a suivi a été un peu confuse dans ma tête. Bon, en général tout est confus dans ma tête. Quelques soient le lieu et la seconde. Ma tête est un monde de tous les possibles. Mais ce possible-là ... quand même, il ne faut pas abuser.

Sur le coup, je n'ai pas tout à fait percuté. Alors ma voix résonne plus blanche que le papier entrant dans les presses. Pas de colère ni de gêne ; à peine un certain étonnement.

- La Wammy's House ... nous fréquentions la Wammy's House. Elle existe toujours, c'est ... un établissement prisé.

Puis soudainement, je me tais. Je comprends. Quasiment imperceptible mais déjà insupportable, le goût de ses lèvres se rappelle aux miennes. Oh, il ne les a touchées qu'un bref instant ; juste le temps de s'en rendre compte lui-même. Mais dans mon cerveau extrême, c'est déjà beaucoup trop.

Le terme s'impose tout seul.

De l'abus de pouvoir ! Ni plus ni moins ! Cet ignoble type m'a volé un baiser ! Et d'une manière particulièrement vicieuse : "excusez-moi Madame, c'est un regrettable accident" ... je lui ficherai des accidents ! Et puis tiens, il s'est appuyé sur mes seins "par accident" ? Il a visé ma bouche "par accident" ? Arashi Darkwood a dû violer des femmes "par accident", lui aussi ! Il croit que n'en sais pas assez sur les bavures de leur gouvernement de rapaces ?! Et sur mon territoire en plus ! Il est venu m'outrager au milieu des presses, au yeux de tous mes subordonnés ! Quel est le but ? Montrer que Kira a le contrôle, là aussi ?

Je jette un regard circulaire aux environs. Les employés se sont soigneusement retournés. C'est que je les ai bien dressés. Qu'ils se rassurent, notre tête à tête ne durera pas.

Quelque part, Suzaku me déçoit. Je le trouvais certes coincé, acariâtre et froid, mais au moins, il me semblait avoir un minimum de valeur. Eh bien ... même pas. Cet homme est aussi immonde que le reste de sa bande de fanatiques.

Cette fois, je n'en peux plus. Je remets mes lunettes, je reprends bien une profonde respiration comme mon psy me l'a conseillé ... mais ça ne me sert qu'à mieux exploser.

- Mais qu'est ce qui ne tourne pas rond chez vous ?! Tomber deux centimètres à côté, ça vous était impoosible ? Vous n'avez trouvé rien de mieux que de débuter un harcèlement sexuel ?! Oui Monsieur, je donne leur nom aux choses ! Je ne suis pas comme les victimes de certains de vos collègues ! Vous êtes mal, mal tombé ... c'est le jeu de mots qui vous fait cet effet ?

Il peut tituber autant qu'il le veut, se prendre toutes les presses qu'il veut. De toute façon, au point où on en est, il ne lui manque plus que de saboter une de mes machines. Il rougit ? Bien ! Le sang arrive au crâne ! Il a peut-être commencé à cogiter !

- Ne jouez pas la comédie, Suzaku. Je vous sais calculateur et insensible. Des vêtements ? Du maquillage ? Mais achetez une conduite et gardez-la ! RIEN ne vous touche ! Un glaçon est plus expressif que vous, vous me faites pitié ! Regardez-vous un peu : un type coincé à un poste de coincé !! C'est tout ce qu'il y a dans votre vie, ce foutu poste ... alors vous avez voulu vous accorder un extra ? HINA !

La préposée au café surgit de nulle part, essoufflée comme si elle vient de courir un trois-cent mètres. Je simule parfaitement ne pas remarquer l'existence des préposées au café - il n'empêche que je les connais toutes par leur prénom.

- Mademoiselle, que puis-je pour v ...
- Virez-moi cet homme.

Un mépris sans bornes suinte de mes derniers mots. La préposée se ratatine.

- Mais, son manteau et ...
- Rendez-lui ses affaires. Elles sont dans mon bureau. Ensuite, que je ne le vois plus. Et virez aussi le crétin qui a lancé ça.

Je ponctue mes paroles d'un coup de pied magistral dans la planche à roulettes. Celle-ci survole cinq mètres avant de s'écraser contre une presse avec un fracas d'enfer. Les employés alentours se liquéfient sur place ; bien, qu'ils tremblent. C'est bon pour le rendement. Si je peux virer un ministre, c'est que leur avenir à eux n'est rien pour moi.

Je lance un dernier regard effroyable à Suzaku. Mes cheveux électriques se dressent sur ma tête, je les sens.

- Encore là ? Allez-vous-en, vous voir m'irrite. Dégagez !

Une entrevue importante pour l'avenir du Cavalier ? Kriiih, qu'ils aillent tous au Diable. Je préfère mordre la poussière plutôt que de lécher des bottes.



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Nathan S. Suzaku
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Dim 8 Sep - 19:09
Suzaku était toujours choqué, malgré le fait qu'il avait essayé de se resaisir. Toucher les lèvres de Illness, c'était trop tôt pour lui. Son cerveau avait correctement enregistré l'idée comme quoi Cheshire et I étaient à la Wammy's House ensemble. Near, Cheshire, Mello, Illness...tous avaient des pseudonymes fort étranges. Ils devaient venir de cet endroit, il en était presque certain : en effet, Suzaku ne voyait vraiment pas un mafieux se surnommer lui-même « Mello ». C'était vraiment ridicule.

Il fixait Illness, l'air complètement vidé de ses pensées, ses bras droits, tombant. Il avait l'air d'un singe savant. Plus tôt dans la journée, il n'aurait pu dire que cet événement allait arriver. Le coup du chariot, de la chute pile sur les lèvres, c'était digne d'un scenario de drama. Et Suzaku détestait les dramas, ces divertissements de si piètre qualité qu'il se demandait pourquoi le gouvernement ne les avait déjà pas interdit. Oh, mais il représentait la censure, non ? ...Ou pas, Kure et Takada réunies tireraient la gueule, s'il commentait ce crime qui faisait s'enfoncer des midinettes de tous âges dans un monde pleins de beaux garçons tombant amoureuses de fermières. Ridicule.

I remit ses lunettes et Suzaku se reprit un peu. Un peu, je dis bien, parce qu'actuellement, il était à 145 % perdu. Sa bouche était restée ouverte comme s'il ne trouvait plus les connections nerveuses pour la fermer, ses membres étaient immobile, il la fixait toujours désespérément.

Le visage de Illness se transforma et Suzaku se prit le pire savon de tous les temps, pire, pour lui bien sûr qui n'avait vraiment aucune intention hostile envers Illness. Au contraire, il était certainement l'homme qui voulait le plus au monde la protéger et la chérir. Harcèlement sexuel...il n'y avait rien de plus terrible pour lui que d'être accusé de cela. Son visage tout entier s'était décomposé. Il titubait d'une jambe sur l'autre, les mains légèrement en avant comme s'il voulait la calmer, l'empêcher de crier – même s'il trouvait que sa voix était la plus belle du monde – et...et lui assurer qu'il n'était pas comme ses collègues. Le fait d'être comparé à Arashi Darkwood était non seulement exagéré, mais en plus, complètement faux.

« Je...je... »

Il ne parvenait plus à caser un mot. Il pensait tellement, mais dès qu'il tentait de s'exprimer, ses paroles se mélangeaient et tout commençait à donner un espèce de gloubi-boulga incompréhensible. Oh, il aurait aimé lui dire à quel point il était désolé de lui être tombé dessus, que non...non, il ne voulait pas du tout la blesser et combien il n'était similaire à Darkwood, mais...il n'y parvint pas. D'un part, parce que Illness ne le laissa pas parler et lui dit directement de partir, d'autre part parce que tous les mots qui étaient dans sa tête ne formait pas de phrase, mais de longues suites incompréhensibles.

Illness était toujours furieuse. Dans cette colère, il y avait quelque chose de beau, d'électrique qui faisait dresser ses cheveux, et malgré son désespoir, Suzaku ne pouvait s'empêcher de l'admirer. Elle avait ce petit quelque chose qu'ont les anciens dieux grecs. Un quelque chose de sacré.

Après qu'elle l'ait une énième fois fusillé du regard, Suzaku fit quelques pas en arrière, bredouillant un « Pardon, pardon » et un « au revoir » et prit la direction de la sortie. Il rencontra en chemin la « préposée au café » qui amenait en courant son grand manteau et son veston, qu'il s'empressa d'enfiler, et partit sans saluer personne...À la suite de cela, il rentra pour une fois, non pas au bureau, mais directement chez lui, s'enferma dans la petite pièce qu'il avait dédiée à Illness, posa le stylo sur le bureau et s'assit sur la chaise, en boule. Il resta là pendant une heure et demie, à serrer ses genoux avec ses mains, se balançant lentement, catastrophé par cette rencontre.





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