Pitié et allégeance à toi, Kira ! La foule s'inclina en silence, respectueusement devant cette idole masquée et inconnue.
 
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Dim 3 Mar - 16:53

    Fiche de présentation



    Informations Générales

    Véritables noms et prénoms : MEANTOWN Arletty
    Faux noms et prénoms : MEANTOWN Harley
    Âge : 14 ans
    Convictions politiques : Rebelle, plus exactement du côté de Mello. Ce n'est pas par choix (après tout, n'importe quel camp contre Kira lui aurait suffi). Mais on ne peut qu'être du côté "criminel" de la résistance quand son propre père en est un et en fait partie. Encore plus si celui-ci mêle sa propre fille à ses activités.
    Rôle : Espionne. Enfin, pas dans le sens "infiltration". Ce serait plutôt du genre à laisser traîner ses oreilles partout (vive les gamines)


    Descriptions
    Physique :
    Ce qu'on pourrait dire d'une si petite jeune fille ? Qu'elle ne peut de prime abord passer inaperçue, même dans une foule de Japonais pressés. En effet, ce n'est pas parce que nombre de Nippons se colorent les cheveux qu'une blondinette à l'air plus naturelle que les autres ne se remarque pas. Peut-être est-ce cette chevelure bouclée, justement, qui lui descend en cascade bien au-dessous de ses reins, qui en est la cause ? Longs, oui, ils le sont. Enfin, lorsqu'ils sont relâchés, bien évidemment : il arrive fréquemment à Harley de les attacher, serrés, pour paraître plus discrète, ou bien tout simplement par coquetterie.
    L'adolescente est coquette, mais ne serait-ce pas le propre des jeunes filles de son âge ? Son âge. Parlons-en ! Quatorze, c'est le nombre d'années qu'elle passa sur cette terre. C'est vrai qu'à première vue elle n'en a pas tant passées. Cependant, à partir du moment où l'on accepte de se voir appeler « gamine » (ou tout autre aimable surnom de ce style), ne pas être grand a nombre d'avantages. C'est par exemple en grande partie grâce à cela que miss Meantown réussit à passer inaperçue – après qu'on ai oublié son extravagante apparence, les yeux du monde glissent sur Arletty.
    Dans tous les cas, ce visage n'a absolument rien de Japonais. Ni de Chinois, ni de Thaïlandais, ni de Coréen … C'est sans conteste une petite figure Occidentale. Cette peau veloutée a tout de la pêche; ce nez retroussé semble doucement se moquer; ces lèvres pleines ne demandent qu'un baiser, ou tout du moins, de la compassion. Plus encore contrastants : ces yeux. Faits d'un ciel clair d'aube sans nuages, ils ne pourraient appartenir à une Orientale, car le charme de celles-ci réside dans leurs yeux d'un noir d'ébène. Non, décidément, ce bleu où de longs cils blonds viennent apporter le soleil est bien fascinant. On pourrait bien dire qu'il est tel l'eau claire d'un ruisseau : il vous pénètre comme l'onde parfois glaciale, comme quand ce regard vous fixe et semble lire tranquillement en vous.
    Visuellement frêle, l'occidentale paraît pouvoir se briser à l'instant même où le vent la toucherait. C'est physiquement à peu près le cas. Celle-ci n'est athlète ni par besoin, ni par envie : elle ne l'est pas, se contentant de marcher une petite heure par jour, et se voit parfaitement satisfaite de cela. Pour la femme-enfant, « lutter » n'est pas synonyme d'« action », car « combattre » est réalisable rien qu'en pensée. Attention ! Il est en effet possible de soutenir les Rebelles intérieurement, mais cela n'équivaudrait à rien. On peut dire que ce petit corps, avec toutes ces pensées d'insurgée, est bien particulier.
    Cette particularité se ressent dans les si féminines robes légères que Meantown se plait à porter. Très peu sensible au froid, il lui arrive parfois de sortir en plein hiver dans ses habits favoris. La jeune fille se croit constamment en été et elle ne met manteau, pantalon et bottes que lorsqu'on l'y oblige. Malgré cela, étonnamment, elle n'est tombée que très rarement malade. Son corps a beau sembler fragile à l'extrême, ses défenses immunitaires, au contraire, fonctionnent parfaitement bien et sont décidées à ne rien laisser passer.
    Mais parlons plutôt de sa taille qui, vous le savez maintenant, est bien basse pour une personne de quatorze bougies. Les murs tapissés de traits au crayon de la mère – et même du père ! – de Harley ont gémi bien des fois. C'est que ce petit mètre trente-cinq témoigne du retard de croissance que subit la prétendue ado. A propos d'hormones et autres massacres de la puberté ! Nulle trace ici d'acné, de poils divers, de poitrine ou de fesses rebondies, de mue, ni de pertes rouges. C'est un corps diaphane et plat, exempt de tout témoin de son âge, que nous avons là. Ni trop grosse, ni trop maigre, pour un poids d'environ vingt-sept kilogrammes, on peut dire que Harley n'a – heureusement pour elle – aucun autre problème qu'une silhouette d'une enfant d'à peine dix ans. Soyons heureux pour elle qu'elle soit en parfaite santé ! Elle a besoin, un besoin vital, que son corps puisse supporter la cruauté du « Royaume de Kira ». Et même celle de la vie tout court …

    Caractère :

    Un psychisme à l'image de son corps sied à mademoiselle Meantown.

    Autant celle-ci possède un corps bien faible, autant son caractère demeure introverti. La sociabilité ne fait et n'a jamais fait partie de ses qualités – elle n'a d'ailleurs pas changé d'un seul pouce à ce niveau. Toute jeune, déjà, elle préférait largement s'occuper seule qu'aller « jouer » avec les autres. L'apparence de Harley a beau être enfantine, l'enfance, elle ne l'appréhenda pas comme tout ou presque tout le monde. Pas de pleurs ni de cris à tout bout de champ. Depuis même sa naissance, la femme-enfant est bien silencieuse. Adepte de l'adage « si tu n'as rien à dire, ferme ta bouche », elle garde sa langue dans sa poche ou la tourne sept fois; c'est sans doute pour cette raison qu'on lui fait facilement confiance. Même en lui faisant la conversation, il est difficile de lui arracher un avis, une supposition, ou même une préférence. C'est que la plupart du temps, on lui fait peur. Ce n'est pas physiquement qu'Arletty est impressionnable - on en serait à même si notre père nous mêlait à ses affaires mafieuses. Ce sont les mots – durs, crachés comme le noyau d'une cerise qu'on aurait croqué – qui sont terrifiants. Le son de la plupart des voix est pour elle une petite torture. Une voix douce, mielleuse, lui inspirera paradoxalement plus de confiance qu'une voix aux intonations cassantes mais naturelles. Il semblerait même que ce soit le critère principal pour choisir ceux et celles à qui elle s'ouvrira, qui sont, entre nous, bien rares … Car oui : les « amis » (pourrait se traduire par « personnes à qui elle peut faire confiance ») de l'adolescente se comptent sur les doigts d'une main. Le seul individu féminin est sa mère. C'est également la seule représentante pro-Kira acceptant plus ou moins les pensées rebelles de Meantown.
    Car rebelle, Harley l'est : à sa manière, bien sûr, mais elle l'est et le soutient. Elle insiste, même; et ce n'est pas faute à la branche maternelle d'essayer de l'en dissuader. C'est bien rare, mais certains sujets lui tiennent à coeur et peuvent faire sortir de ses gonds celle qui se plaît à ne jamais réagir excessivement. Font partie de ces sujets, Kira, et surtout la mémoire de son père. Malgré son apparente insensibilité, l'enfant se montra extrêmement marquée par tous les évènements dont fut victime Charley Meantown. Il est si rare qu'elle s'énerve et les antécédents de ses colères monstrueuses sont si grands qu'on ne lui en fit jamais la reproche. Celles-ci rayent donc définitivement du vocabulaire désignant Harley le mot « non-violence ». Certes, la bagarre est tout sauf son point fort et certes, sa maturité lui commande bien souvent de ne pas frapper … Mais, que voulez-vous ? Dans la rage, nous sommes tous aveuglés, même une si petite fille à l'air si inoffensif et au caractère si paisible.
    Paisible ? C'est le mot. Quel autre pourrait décrire un tel caractère ? Elle a beau souffrir, jamais sa gentillesse exemplaire et sa facilité à donner le pardon ne faiblissent. L'auteur même d'une de ses crises, celui qui a mis le feu aux poudres, peut facilement espérer se voir excusé en moins d'une semaine. Paisible, oui, et tout bonnement calme en toutes circonstances, si l'on exclut bien sûr les divergences de point de vue politique ou les cas de piétinement d'honneur paternel. Un tel cas, on en rencontre rarement, et on se voit bien souvent désolé de voir que la femme-enfant attache si peu d'importance aux liens en société. Voire même qu'elle ne parle à quasiment personne et qu'elle reste seule, alors qu'en y mettant un peu du sien, elle serait tant appréciée qu'on ne pourrait plus rien dire de mal sur elle.
    Rien à faire. Ce n'est pas qu'elle fuit le contact humain par dessus-tout, mais c'est simplement qu'elle connaît bien les vices de tous, et qu'elle craint un retournement de situation. Plutôt une femme de paroles que d'actions, Meantown n'est pas très brave mais sait prendre son courage à deux mains lorsqu'elle se rend compte qu'il est possible, dans son état, de soustraire bien des informations sous-entendues à quelqu'un. Oui ! Elle se sait capable de bien des choses; seulement, ses jambes tremblent si souvent qu'elle chancèle, et parfois tombe. Alors, elle pense à Kira, à son régime; elle pense à son père, qui a donné sa vie pour la Résistance; elle pense à Mello, à sa voix, à la voix la plus belle qu'elle ai jamais eu loisir d'écouter; elle pense à tout cela et elle se relève.
    C'est à elle d'être Ses yeux, Ses oreilles. « Ouvre l'oeil et tend l'oreille », se dit-elle. « Affûte tous tes sens et fait ce que tu sais faire le mieux. Fais-toi oublier, écoute, comprends. Trouve ce qui est utile. Et dis-le. »

    Particularités ?
Un calme Olympien, un retard de croissance et une exceptionnelle capacité à récolter des infos.

    Histoire

    Toute vie commence par une naissance. Ce fut mon cas, évidemment. Ma jeune mère a accouché dans une clinique japonaise, un onze de septembre, au petit matin. « Pourquoi au Japon », c'est la première question que je lui ai posée. Je n'ai jamais eu de réponse valable. Ni de mon père, d'ailleurs, qui n'était absolument pas au courant de la vie de sa compagne. Elle avait immigré des États-Unis depuis un certain temps, Lui, à cette époque, était toujours en Amérique. Je croyais que c'était une séparation ou un divorce quelconque qui en était la cause, mais cela s'est avéré plus compliqué ... Cependant, cela, je l'ai découvert plus tard. Revenons plutôt à moi. Je m'appelle Arletty Meantown (c'est le nom de mon père). Je suis née à Tokyo – une ville que je n'aime pas beaucoup -, mais je suis étasunienne. Mes cheveux sont aussi blonds que mes yeux sont bleus, et de part cela bien plus que par mon nom je me distingue de mes camarades. Moi qui n'ai jamais aimé être le point de mire !
    Ma belle première année, je l'ai passée à la fois sans l'affaire Kira et sans mon père. Ah ! Même si dès notre première rencontre j'ai aimé ce dernier plus que tout au monde, je dois avouer avoir parfois bien envie de me souvenir de cette époque. Je n'avais beau être qu'un nourrisson, je ne savais rien des criminels, de la politique, et pourtant je souhaite souvent de toutes mes forces de revenir en arrière et de savourer simplement le monde comme il l'était avant.
    Quand je pense que j'ai failli ne pas ouvrir les yeux et accepter ce dictateur … J'en ai des frissons. C'est sans aucun doute la venue de mon père qui m'a sauvée, un an après la prise de pouvoir de Kira. Il m'a bien tiré les oreilles et m'a fait tant de reproches que je crois me souvenir avoir pleuré. J'avais de la chance; j'étais jeune et donc encore secourable. Ce ne fut absolument pas le cas de ma mère, qui, elle, approuvait ce simili-Dieu. Je me souviens encore de ce jour.
    C'était un mardi, je crois. J'ai été bien surprise, en sortant de la maternelle, de découvrir un parfait inconnu qui m'attendait, tout sourire. J'aurais pu me sauver en courant, me cacher derrière mon enseignante et, honnêtement, je me trouve bien courageuse de ne pas l'avoir fait. Je suis restée face à lui et j'ai levé la tête vers la sienne, si haute qu'elle me paraissait être un galet sur une colline; j'ai contemplé son étrange beauté rugueuse, et j'ai attendu qu'il parle. Il n'a pas mit longtemps à me faire entendre le son de sa voix, et c'est ce qui, j'en suis certaine, m'a convaincu : je pouvais lui faire confiance. Jamais aucune voix n'avait retenti d'une plus belle façon. C'était un son en totale contradiction avec l'apparence de son possesseur, mais c'est tout de même cela qui me poussa à le croire aveuglément lorsqu'il me dit qu'il était mon père. C'est ce qui me poussa également à adresser un petit signe à mes responsables scolaires en partant avec lui. « Tout va bien », c'est exactement ce que cela semblait dire. Et tout allait bien, tout était même pour le mieux, lors du trajet où je tenais ma petite main dans celle, géante à cet instant, de C. Meantown. Même lorsqu'il m'accabla tant de pensées négatives à l'égard de Kira que j'en pleurais. C'est ce petit chemin qui me parut le plus long de mon existence, cette ballade où il s'agissait simplement pour Lui de tout me ré-expliquer de la vie, de me faire comprendre ce qui était juste.
    C'est ces quelques minutes qui en parurent des heures qui me firent comprendre tout aussi bien que ce n'était pas parce que l'on était classé « criminel » qu'on était le Mal, qu'il n'y avait aucun espoir et que l'on n'avait pas de cœur. Il en était le témoin vivant. Un mafieux. Qui plus est, un résistant …! Ma mère m'avait au contraire dit que la rébellion était l'ennemie de « Dieu », et par conséquent la notre … Qu'il fallait dénoncer ses acteurs … Elle disait ça mais jamais elle n'a vendu mon père. J'avais alors compris et c'étaient trois mots qui avaient remplacé trois autres (« Gloire à Kira », « Kira notre sauveur »... Ce genre d'inepties auxquelles je croyais). Ces mots, ils avaient beau être vides de sens pour 97% des gens que je connaissais, y compris ma propre mère, je leur attachai une signification toute particulière. Ils étaient associés à mon père, et à toutes les personnes dont celui-ci me parla plus tard.

    Kira must die.

    J'ai vécu deux ans de plus chez ma mère jusqu'à ne plus le supporter. Chaque fois que celle-ci me parlait de « Bien » et de « Mal », des pro et des anti-kira, je repensais à ce jour où mon père m'avait accompagné et s'était aventuré dans l'entrée de notre maison. A cette dispute monumentale, où je ne reconnaissais même plus la voix de maman tant elle criait et tant elle était dure. Depuis ce jour, les rares fois où j'avais revu papa, c'était après être passée outre la totale interdiction de ma tutrice. J'allais chez lui le temps d'une ou deux heures, celles que j'avais parfois lorsqu'on prévenait l'école que ma génitrice ne pourrait pas venir me chercher et que Lui arrivait, semblant avoir lu l'avenir. Il m'apprenait tout ce que je devais savoir sur les rebelles dont il faisait partie. Car, oui, c'est à cette occasion que j'appris qu'il y avait plusieurs camps, et que le sien – celui de « Mello », qui regroupait ceux qu'on appelait « criminels », désireux de vengeance … Ou pas – était en rivalité avec celui de « Near », qui lui était constitué de policiers en tout genre. J'appris également qu'il y avait bon nombre de camps … Et que je pouvais aider la résistance. Comme informateur. C'était quelque chose dont je me sentais capable, et qui donna en quelque sorte un sens à ma vie.
    C'est cette dernière trouvaille de Mr Meantown qui mit le feu aux poudres chez moi. Je le dis à ma mère, et la moindre des choses, c'est qu'elle n'apprécia pas. Elle me fit un tel cirque avec son cheeeer dictateur et elle se plut tellement à serrer contre son cœur le tableau blanc orné d'une hideuse lettre noire, que j'en eus assez. Assez de la cécité hallucinante de Sally envers son « Dieu ». Assez qu'elle me rabâche chaque jour des stupidités à propos d'un sauveur. Assez qu'elle ne comprenne pas que Charley avait raison et elle tort. C'était donc à six ans que je fis ma première crise de colère. Tout ça est très vague dans ma mémoire. Je ne me souviens pas exactement de tout ce que j'ai fait. En revanche, ce qui flotte particulièrement bien devant mes yeux, c'est le geste, le « sacrilège » de briser l'horrible simili-portrait que je ne supportais plus de voir tous les jours béni comme s'il s'agissait d'une divinité. Ce dont je me rappelle, également, c'est du bruit que fit la porte quand je l'ai claquée pour m'enfuir. Aller rejoindre mon père.

    Six ans plus tard
    Cela faisait une éternité pour beaucoup de choses. Pour Kira, pour ma « fugue », pour mon éducation mafio-rebelle, pour mon métier d'informatrice. Depuis que j'habitais chez mon père, j'avais pris le nom d'« Harley ». Papa y a tenu. Il avait même bien insisté : il m'avait changé d'école, fait fabriquer de faux papiers et tout le toutim. En fait, je crois bien qu'il ne m'a pas une seule fois appelée « Arletty ». Pour mon bien, qu'il disait. Il valait mieux ne pas connaître mon vrai nom parce qu'il était sûr et certain que j'allais continuer dans la résistance. Moi-même, je n'ai jamais su son pseudonyme – il devait bien en avoir un. Encore plus de par sa vie pas très légale.
    La vie avec lui était si différente de l'ambiance qui flottait entre Sally et moi que j'eus parfois l'impression que le monde était normal. Certes, je le voyais fréquemment aller et venir, passer des coups de fil douteux, partir d'un coup, comme ça, certes, j'avais une ou deux fois assisté à des meurtres (beeeeeeeeeurk), et certes, je lui donnais de – parfois – précieuses informations qu'il transmettait lui-même à son boss ... Mais je me sentais heureuse avec lui, je me disais que j'avais fait le bon choix, que rester avec une pro-Kira à me taire aurait sans doute été un véritable calvaire. Et ça se confirma.
    Quand il m'annonça qu'il allait au Q.G. de « Mello » et que je l'accompagnais. Je n'ai jamais su comment il réussit à persuader son chef, mais il y parvint et c'est une des deux raisons pour lesquelles je me « bats » encore aujourd'hui. Sans ce jour où j'allais sur mes douze ans, je n'aurais jamais pu vendre la mèche à ces rebelles, pas même en sachant que mon père en faisait partie – nous sommes tout de même face à la Pègre, et d'autres gens pas si recommandables.
    C'est « Lui ». Mello. Enfin, sa voix. Surtout sa voix. Elle était incroyable, formidable. Puissante. Forte, malgré l'apparence pas très bodybuildée de son possesseur. Forte mais douce à la fois. C'était une de ces voix que je suivrais au bout du monde. C'était un son envoûtant, du moins j'en avais la sensation. Il avait l'air de dire « Je peux te planter un couteau dans les côtés n'importe quand, mais suis-moi ». Et je le suivais. Je voulais le suivre. Je l'ai suivi. Suicidaire ? Je n'ai pas quitté des yeux le visage de ce chocovore, ses cheveux – aussi blonds que les miens -, ses yeux, sa gigantesque cicatrice qui lui donnait l'air plus fiable, sa bouche. Ce n'est pas que je le trouvais simplement beau – bien qu'assurément, il le fusse. Sans cette mélopée qui sortait de ses lèvres, il m'aurait paru bien fade, et je me serais retournée, me contentant de répondre calmement aux regards - si étonnés qu'ils en paraissaient pathétiques – des autres. Mais non. Je n'arrêtai de le contempler que lorsqu'il posa deux prunelles inquisitrices sur moi, le temps de quelques dixièmes de seconde. La première fois, c'était la première fois que je me sentais percée et que ce n'était pas moi qui perçait les autres. J'abandonnai alors son visage pour fermer les yeux et me concentrer sur la voix qu'il prenait en parlant à mon père. Sur ses intonations, ses moments de haut, de bas. Aujourd'hui, je me souviens encore parfaitement de cette conversation. Et c'est en écoutant, en admirant, que je réfléchis et me rendis compte qu'a l'instant, la vie de mon père était peut-être en jeu à cause de moi. C'est vrai ! Charley passait des informations à Mello en prétendant que c'était moi qui les avaient trouvées, sans avoir aucune justification. Avoir été acceptée en ce lieu était une preuve de la puissance de persuasion de mon géniteur, mais est-ce que l'existence de celui-ci ne tiendrait plus qu'a un fil ? Primo : il disait que j'avais douze ans et j'en paraissais presque la moitié. Secundo : les tuyaux s'étaient sans doute vérifiés, raison de plus pour suspecter tricherie. On n'aurait en effet du mal à croire une gamine capable d'un quelconque potentiel. Certes, on pouvait se poser la question du « pourquoi faire croire des trucs sur sa fille » … C'était un papa-poule ? L'hypothèse serait sans doute balayée d'un revers de main à l'instant même où elle apparaissait dans le cerveau. Un « Papa-poule » aurait mit son enfant à l'abri. Si l'on réfléchissait assez longtemps, il pouvait se profiler une solution : le père-dit est une taupe. Il ferait en sorte de faire croire à la stupidité de sa fille en laissant le raisonnement « ce n'est pas elle qui trouve ces infos » s'accomplir dans les têtes,en profitant de l'apparence physique de son enfant, et en misant sur le fait que les cerveaux n'iront pas plus loin que « Je ne comprends pas pourquoi il fait ça ». Ainsi fait, la méfiance à l'égard de la soi-disante informatrice s'allège, et elle peut alors « enquêter » tranquillement pour son père. Une sorte de psychologie inversée.

    Vous trouvez que je réfléchis trop ? La voix que j'entendais me disait que son possesseur était bien assez malin pour faire ce genre de raisonnement. Et puis surtout, en dépit de mon admiration pour le jeune Mello, j'étais morte de peur pour mon père. La voix me disait que n'importe qui pouvait mourir. Je ne voulais vraiment, mais vraiment pas que Charley meure tué par son propre boss. Alors j'ai voulu mettre toutes les chances de notre côté, et j'ai sorti du sac que j'avais pris à tout hasard des carnets de notes où étaient inscrits tous les palabres que j'avais entendu cette semaine et que mon père ignoraient – évidemment, en langage codé. Je les ai montrées, j'ai dit qu'ils pouvaient faire tout ce qu'ils voulaient avec, prendre les empreintes, comparer l'écriture, voir si les personnes mentionnées étaient bien à telle heure à tel endroit, tout. J'ai dit que ces informations étaient vraies; que si elles étaient fausses, c'était que ceux qui les avaient prononcées se mentaient à eux-mêmes, et aussi que c'était bien moi et uniquement moi qui me les étaient procurées, que mon père ne m'avait rien dit et que c'est moi qui en prenait l'initiative (ça, c'était un peu un mensonge, car sans un mafieux résistant pour paternel et tuteur, je n'y aurais jamais songé). J'ai juré que je ne dirai et que je n'avais jamais rien dit à quiconque sur l'activité de papa, que ça ne m'était jamais venu à l'esprit de le dénoncer, lui et son groupe.
    J'ai ajouté : « Mon père n'est pas une taupe ». C'était un peu comme un message, une indication à demi-mot pour tous ceux qui avaient poussé le raisonnement, pour ce jeune roux qui semble-t-il se nommait Matt, ayant l'air plus intelligent que les autres – mon père m'avait dit son pseudonyme, mais il n'avait pas prononcé un mot, se contentant d'observer la scène - , et particulièrement pour Mello. Je voulais ainsi lui faire comprendre que sa voix sublime ne subjuguait et n'attisait pas le désir de changement d'une idiote.

    Je crois qu'ils m'ont crue. Puisque Charley n'a pas été retrouvé deux jours plus tard avec une balle dans la tête ou un couteau dans le cœur, puisque moi aussi je suis encore vivante, puisque qu'ils ont laissé entendre qu'ils voulaient des tuyaux. J'étais ravie, vraiment ravie, bien plus que lorsque j'avais appris que ma mère ne refusait pas de me laisser à la garde de son ex-compagnon.

    Cependant …
    Mon géniteur mourut deux ans plus tard.
    D'une crise cardiaque.

    Kira. Je n'avais que ce mot en tête. Kira, Kira, Kira, c'est lui, c'est Kira, je vais lui faire la peau à cette enflure … Kira, Kira, Kira !! Kira, bordel de merde … C'est à peine si je pus garder mon calme lorsque Sally vint me chercher pour m'annoncer la nouvelle … Ce qui m'empêcha d'exploser, c'est très certainement les larmes sur ses joues. J'avais alors compris qu'elle aimait toujours mon père. Même avec des idées politiques aux antipodes des siennes, même mafieux, même après avoir « corrompu » sa chère petite fille. Après tout, j'aurais dû m'en douter. Dans le cas contraire, Charley n'aurait pas vécu très longtemps après l'avènement du simili-Dieu. Dans cette période de flottement, ma mère remonta énormément dans mon estime. J'avais presque oublié le son de son apaisante voix, durant ces huit ans où je ne la « voyais » qu'une semaine sur deux pendant les vacances. Surtout quand elle disait :
    « Je respecte la mémoire de Charley. »
    « Je vais continuer à t'appeler Harley comme il le faisait. »
    « Tu peux rester vivre dans sa maison toute seule si tu veux, je t'enverrais de l'argent et je payerais les factures. »

    Et plus encore
    « Tu peux garder son téléphone avec l'abonnement et tout ce qui en découle. J'ai bien sûr très peur pour toi, et je suis désolée que tu ne te rendes pas compte que tu as mal choisi ton camp. Mais tu as choisi ta voie, et même si je suis contre et que je trouve ça suicidaire, je ne t'en empêcherais pas. Sois prudente. »

    Je m'étais contentée de répondre « Oui » à tout. Mais à l'intérieur de moi-même, dans le grand appartement presque vide au dernier étage d'un immeuble délabré des bas-fonds, la nostalgie laissait place à la jubilation. Je n'avais fait le deuil de mon père qu'en rapide pensée. J'étais triste, certes, mais je me disais qu'à présent, c'était à moi de prendre les choses en main. J'allais pouvoir continuer son œuvre.
    C'est trois jours avant la crémation que sonna le portable resté silencieux depuis. Sursautant comme si l'on m'avait piqué, j'avais fébrilement décroché dans le fol espoir d'entendre quelqu'un de bien particulier.

    Mello.

    C'était lui, oui, pas de doute, puisque malgré le brouilleur de voix, le charme de la sienne subsistait encore, était même plus éclatant que la première fois. C'est alors que j'ai soupiré et que je me suis lancée. J'ai prononcé les mots qui décidèrent de mon destin.

    « Charley Meantown est mort. Il y a quatre jours, d'une crise cardiaque. Tué, et le doute n'est pas permis. Je suis Harley Meantown, sa fille. Il n'y a personne d'autre que moi dans ce lieu. Ce téléphone est le sien, et de part l'utilisation qu'il en faisait, je suppose qu'il n'y a aucune chance qu'il soit mis sur écoute. J'avais hésité un instant, avant de me jeter à l'eau. Je … Je serais vos yeux et vos oreilles. Si vous consentez à me faire confiance, je vous jure que je ferais absolument tout ce qui est en pouvoir pour vous aider, et que je vous suivrais, et que je ferais tout ce que vous me demanderez d'accomplir. Ma loyauté sera et est déjà totale. A présent, je n'existe uniquement que pour vous. Libre à vous de me tuer si le considérez nécessaire. Je vous jure, oui, sur tout ce qui existât au monde que j'ai pu aimer, que je suis fiable. Que ce n'est pas parce que mon apparence ne correspond pas à mon milieu de vie que je suis inutile. »


    De l'autre côté de l'écran ?
    Vous ? Le lièvre à trois pattes, a.k.a. LTP
    Votre âge :(question optionnelle)
    Comment avez-vous trouvé le forum sur le net, que pensez-vous de lui ? Je dois avouer que c'est complètement par hasard mrgreen Ce que j'en pense ? Ben, pour l'instant, c'est le meilleur forum RPG de DN que j'ai jamais vu.
    Quelque chose à ajouter ? Ouaip. Vous voulez goûter le ragoût de lièvre à trois pattes ?

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Billie Brave
Sixième sens
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Lun 4 Mar - 12:41
Welcome à toi =D

Tu vas voir, c'est un forum de fou ! Mais on est tous sympa t'inquiète ^^

En tout cas, bonne continuation pour ta fiche


Spoiler:
 


Merci Light pour ce beau carnadage =p
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Lun 4 Mar - 13:59
Je n'en doute pas outbirk
Merci .)
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Localisation : Somewhere..
Lun 4 Mar - 17:42
Bienvenue!
C'est un personnage intéressant :D, je suis sure qu'elle s'entendra avec Maelys, la fille de Ishtar :D
Bonne continuation


Spoiler:
 
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Jeu 7 Mar - 11:07

Je me permets d' up pour signaler que ma fiche est terminée ♥️

PS : Mon avatar est comme ça pour ne pas le déformer. C'est bon ?
Invité
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Messages : 262
Age : 27
Localisation : Somewhere..
Jeu 7 Mar - 15:51
:D

Fiche intéressante, on a parler avec Day des micro incoherences et elle m'a dit que c'était réglé, donc c'est bon pour moi et pour elle (Hades, une objection?)

Validée :D
Et passe moi ton image, que je te la mette a la bonne dimension =)

ps: je pense que tu vas avoir une autre mini informatrice qui va coller ton perso XD


Spoiler:
 
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Localisation : Dans le QG du gouvernement
Jeu 7 Mar - 17:03
C'est bon pour moi aussi ! :)


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Spoiler:
 

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Invité
Mar 2 Avr - 20:03
Vu la semi déclaration d'amour qui m'est faite dans ta fiche, je me devais te souhaiter la bienvenue personnellement, meme avec un mois de retard. (Mieux vaut tard que jamais!)
Donc, bienvenue et tout le toutim, tant que tu touches pas mon chocolat moi ça m'va!
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Mer 3 Avr - 14:10
Spoiler:
 

Merci ! ♪ Tipidi ! ♪

Mieux vaut tard ! ♪ Que jamais ! ♪ Ouais ! ♪

Pour le chocolat ! ♪ C'est pas moi ! ♪

Regarde pas ! ♪ Dans le jardin ! ♪ Y'a pu rien ! ♪
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