Pitié et allégeance à toi, Kira ! La foule s'inclina en silence, respectueusement devant cette idole masquée et inconnue.
 
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Au boulot les dadas ! [A tous les membres du CN ~]

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Sam 28 Avr - 14:03
Le jour se lève à peine sur un building quelconque du coeur tokyoite. La douce lueur perlée éclaire les bureaux du vingt-deuxième étage ; la plupart des employés dorment encore chez eux. Pas les miens. On ne dort jamais au Cavalier Noir, quand Lady Illness tient les rênes.
Les portes de l'ascenseur coulissent dans un tintement. Et j'en sors, lumineuse comme à mon habitude ! Tandis que je m'engage dans le couloir, mon tailleur canari fétiche jette une aura sur les murs blancs - pas pour longtemps, j'ai déjà pris contact avec des décorateurs, et Dieu sait qu'ils feront ce que je leur ordonnerai. Y a pas idée de concevoir des locaux aussi tristounes, on n'est pas dans un hôpital psychiatrique, tout de même ! Même à la Wammy's, les pièces étaient plus colorées. On se croirait dans une entreprise de pompes funèbres. Déjà que dehors, tout est gris ... j'ai encore du mal à m'y faire. En Tanzanie, tout était chaud, multicolore, passionné ! Ici, même les bulldozers sont gris.
Mais ça ne restera pas ainsi, foi d'Illness. Tout ce qui n'a pas l'air assez joyeux va morfler. Et justement, en entrant dans notre salle de réunion, je repère automatiquement une foule de cibles. Ils ont une tête à faire peur au dragon Smaug ; malheureusement pour eux, le dragon est arrivé.
- Alors, mes loulous ! On se réveille, hm ? On a un bilan mensuel à faire !
Le dossier que je porte claque comme une sentence sur la table ronde. Je prends place dans le fauteuil principal, dos à la baie vitrée, et ouvre la pochette - devinez de quelle couleur ? - en chantonnant ; après avoir ajusté mes lunettes noires, j'y jette un oeil et ... ouh. C'est quoi, ces comptes ?
- Khriiii ...
Je camoufle ce son effrayant par un toussotement et croise tranquillement mes dix doigts sur la table. Un sourire rayonnant de sadisme contenu dévoile toutes mes dents. Et je parle enfin, d'une voix chantante et enjouée.
- Bon, bien, je ne suis pas contente.
Mes yeux se tournent vers ma première victime ; pas ma tête. Je suis d'une immobilité inquiétante. Impossible de savoir sur qui mes foudres risquent de tomber en premier : mes lunettes cachent tout. Hi hi, vous croyiez qu'elles étaient là pour faire joli ?
- Day, ma jolie, ma colombe. Une explication à cette impopularité subite ? Tu as décidé de couler le journal avec cette dernière une ? "Les femmes du général Darkwood, scandale dans la Sphère Divine" .... depuis quand sommes-nous des paparazzis suicidaires ? Je crois que tu as mal compris le principe : si nous existons, c'est pour lutter contre Kira à notre échelle. A notre échelle, c'est-à-dire avec finesse, discrètement, par piques continues. En essayant de ne pas nous prendre un obus sur la poire parce qu'une adolescente rebelle a décidé de faire un coup de gueule. Après, on me demande : pourquoi donc nos employés ont-ils peur de mettre le nez dehors ? Parce que nos auteurs ne sont pas fichus de tenir leur langue. Voyons, ma chérie, retiens donc ta plume hargneuse ! Il y a scandale et bombe à retardement ... tu te rends compte si le général lit ça ? Hm ?
Je soupire et me passe une main agacée dans les cheveux.
- Je croyais que nous avions mis en place notre stratégie ensemble, mais il semblerait que certains n'ont fait qu'acte de présence à cette réunion-là.
Je reviens à mon état satufié, comme pour recharger ma mitraillette verbale. La dizaine de personnes présentes garde un silence religieux ; on attend la cible suivante.
- Lizard. Sweet Boy, tu ne m'as jamais déçue - pour preuve, tu es encore ici. Mais je vois maintenant que nous avons encore un quart du stock sur les bras au terme de ce mois. Alors, à quoi dois-je ce relâchement ? Trop de soldats de Kira dans les rues ? Un temps mouiseux ? Tu as passsé tes heures de service dans les confiseries du coin ? Non, finalement, ne dis rien. Tu ne gagnes déjà pas beaucoup, mais si ça continue, je ne te paierais plus qu'en bonbons de sous-marque.
Mes doigts se décroisent, commencent à pianoter sur la pochette. Et je continue. Un peu tout le monde en prend pour son grade : je suis quelqu'un de juste ! Personne ne se sent laissé pour compte. L'imprimeur (lenteur improbable), les rédacteurs secondaires (plus occupés à boire du café qu'à écrire), le correcteur (Trois coquilles ce mois-ci, TROIS), jusqu'à la secrétaire (qu'elle enlève ce chewing-gum maudit !).
Dur métier que celui que j'ai accepté ! Le trône n'est pas toujours confortable. Au-dehors, la matinée avance un peu ; mais je sens que la réunion va être longue.


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Dim 29 Avr - 17:49
    David était vraiment pas le genre à être en retard. Déjà de base il mettait un point d’honneur à être le plus ponctuel possible. Toujours à l’heure à la seconde près, ce matin là ne dérogerait pas à la règle. Surtout qu’il y avait réunion au Cavalier Noir, et que Davy n’avait vraiment pas envie de se faire remarquer en débarquant comme une fleur au milieu du discours de Lady Illness. Il n’avait pas peur de la dame, non, pas vraiment. Disons qu’elle l’intimidait, mais qu’elle ne lui faisait pas non plus dresser les cheveux sur la tête. Il l’admirait, un peu, la Illness, parce qu’elle menait bien sa barque, quand même. Et quelqu’un qui réussit, David il trouve ça trop cool. Alors Illness est trop cool. CQFD.

    Et surtout elle le fait travailler, le gosse. C’est pas aisé pour un gamin de quatorze printemps de trouver un boulot, surtout tout seul paumé dans Tokyo. Mais elle l’a engagé, et pour ça il est reconnaissant. Surtout qu’il adore son boulot, Lizard. Vendre des journaux ça peut paraître chiant et emmerdant à n’importe qui, mais lui aime bien ça. Surtout qu’au Cavalier Noir, ce qui compte c’est de le refourguer, le journal, et on s’en balance de comment c’est fait, tant que c’est fait. Et la technique, à force, David l’avait.

    Même si ces derniers temps, ahem. Il avait vraiment du mal à refiler ses journaux, et plus d’une fois il était rentré avec des numéros encore dans le sac. Le mauvais temps, la police de Kira qui fait du zèle, le gamin a failli passer trois ou quatre fois en garde à vue après avoir agressé un passant qui refusait de lui acheter le journal. Quand il se fait chopper comme ça, c’est la grosse montée d’adrénaline chez Lizard, et il se planque pendant un moment, le temps de se faire oublier, le temps aussi de rater des ventes, what a shame. Donc forcément, le tout additionné, les stocks ne s’écoulent pas vite et le gamin ramène de moins en moins de sous au journal, aie.

    Forcément, David, quand il arriva à la réunion, pile poil à l’heure pour voir Illness débarquer avec son dossier et son lot d’aura menaçante, il fit profil bas. Le nez levé, l’air neutre mais néanmoins respectueux de sa patronne, il fait celui qui écoutait attentivement et qui n’avait pas l’air de se douter qu’il en prendrait pour son grade. Il fait craquer son pouce, dans un bruit bien énervant mais la manœuvre a pour but de l’assurer de rester les pieds sur Terre et de pas dire de conneries. Il écoute sagement Lady Illness déblatérer son venin sur tout le monde, d’abord sur Day et sa plume lourde de rancœur, puis sur lui-même, petit vendeur qui a failli à sa tâche. Il sait qu’il doit répondre à la remarque, mais il attend quand même qu’elle ait fini son apologie des défauts de chacun. Parce qu’il n’est pas téméraire et sait qu’on n’interrompt pas Lady Illness.

    « Lizard. Sweet Boy, tu ne m'as jamais déçue - pour preuve, tu es encore ici. Mais je vois maintenant que nous avons encore un quart du stock sur les bras au terme de ce mois. Alors, à quoi dois-je ce relâchement ? Trop de soldats de Kira dans les rues ? Un temps mouiseux ? Tu as passsé tes heures de service dans les confiseries du coin ? Non, finalement, ne dis rien. Tu ne gagnes déjà pas beaucoup, mais si ça continue, je ne te paierais plus qu'en bonbons de sous-marque. »

    Les paroles d’Illness résonnent dans son crâne alors qu’il prépare sa maigre défense. Il sait que ses arguments, bien que fondés et réalistes, ne seront jamais assez pour la fana du jaune. Il sait qu’elle lui a dit de se taire aussi, mais il ne peut s’empêcher d’avoir envie de protester. Lizard est encore un enfant. Et un enfant pris en faute il se justifie. Parce qu’il veut pas décevoir Illness, et puis il tient aussi à son salaire, vénal petit gamin mal habitué à gratter la neige pour manger. Donc il ouvre sa boîte à camembert, à ses risques et périls.

    « Je. J’ai pas traîné dans les confiseries. C’est que j’ai failli me faire chopper plein de fois au début du mois. J’ai eu la trouille. Mais. Mais. J’ai trouvé comment éviter les nouvelles patrouilles là, ça se vend mieux depuis quelques jours ! »

    Explications bancales et banales, mais c’est tout ce qu’il a en stock. Et c’est vrai en plus. Ces derniers jours il n’avait plus que un ou deux numéros dans le sac en rentrant, rien de bien grave comparé à la pile qu’il ramenait au début du mois.
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Mar 8 Mai - 21:18
    En réalité, Day n'avait jamais aimé faire des grasses matinées, tout d'abord parce qu'elle trouvait que c'était une perte de temps énorme. Alors cela tombait bien car sa patronne fait vraiment des gens qu'on peut qualifier de matinaux. Et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle elle était en train de parcourir les rues alors qu'il faisait quasiment encore nuit, et tout ça pour se rendre à une réunion. Et oui, c'est ça de travailler pour une psychopathe.

    Arrivée devant le building, elle prit le temps de finir sa cigarette avant de passer par les portes pour se rendre à l'ascenseur. Elle était en avance, comme d'habitude dans des cas comme ça. C'était une sécurité à prendre, et puis on arrive pas en retard au boulot de toute façon. Elle entra donc dans les locaux et remarqua que Lizard était déjà présent, ce qui ne l'étonnait pas. Personne n'a envie de se faire remarquer par Illness lors de cette fameuse réunion. Day s'assit à sa place dans la salle de réunion en attendant le personnage principal de cet événement matinal. Quoi que l'idée d'autant de jaune dès le matin lui donnait simplement envie de fumer. Pourquoi ? Bonne question à laquelle elle ne peut pas réfléchir plus longtemps car la réunion commença. C'est pourquoi Day fit l'effort limite surhumain de se redresser sur sa chaise en écoutant le début du « discours » de sa chef.

    Comment on pouvait être aussi énergique ? Ce n'était pas une question d'heure, parce que la gérante du Cavalier Noir était tout le temps comme ça, ce qui était étonnant.

    Day esquissa un léger sourire. Elle savait que dans ce genre de réunion, tout le monde avait le droit à des remarques. D'ailleurs, ce qui était étonnant c'est que personne n'avait encore pensé à en sauter par la fenêtre. Quoi que, elle avait l'air solide en fait. Et aujourd'hui, ce qui ne l'étonna pas du tout, elle fut la première victime d'Illness par rapport à un article qui ne lui avait pas du tout plus. Rien de très grave au final.

    Elle attendit qu'elle finisse son discours. Elle reprocha quelque chose à tout le monde, et c'est là qu'on voyait le mieux à quel point la chef est maniaque, ce qui n'est pas une mauvaise pour le journal. Lizard répondit en premier à l'accusation porté contre lui et Day prit la parole en deuxième.

    « Ma chère Illness... »

    Elle le savait, elle méritait vraiment des baffes pour l'insolence qu'elle utilisait avec sa chef. Mais bon, c'était de l'insolence mi affective mi respectueuse quoi. Parce qu'en réalité, Day avait énormément de respect pour la façon dont Illness gérait le journal.

    « Désolée que la une ne t'ai pas plus. Mais quand tu entends parler un peu partout que un membre de la Sphère Divine, donc un incompétent haut placé au service de Kira, se permet de faire ce qu'il veut de femmes, jusqu'à les violer, je vois pas vraiment comment on pourrait ne pas en parler. Surtout qu’énormément de personnes sont révoltés par ça et que c'était un des sujets de conversations les plus abordés pendant quelques jours. Et non, ce n'est pas une idée féministe à la con, ni un acte d'adolescente rebelle. J'ai juste écrit un article sur un fait d'actualités pour lutter contre Kira, et ses généraux qui se croient tout permis juste parce qu'ils travaillent pour l'autre. »

    Day marqua une pause.

    « Et si certains des employés ont peur de sortir, ils sont trop peureux, c'est tout. Et là, personne n'y peut rien. »

    Elle gratifia ensuite sa chef d'un grand sourire en rapport à la dernière phrase qu'elle avait prononcé. C'est vrai, qu'on lui fasse plein de réflexions sur son article passe encore, mais qu'on soit limite à l'accuser d'être entourer d'incapable non. C'est vrai ça, es-ce qu'elle avait peur d'aller dehors, un peu partout dans la ville elle ? Et Lizard qui vendait les journaux, c'était pareil.

    En fait, Day venait de signer son arrêt de mort pour avoir répondu à sa chef de cette façon, elle le savait et s'en fichait.

    Pourquoi ces réunions étaient-elles toujours aussi longues ? Surtout que plus ça s'éternisait et plus la conversation risquait de tourner autour d'un sujet idiot comme la couleur du local, de la table, des chaises. Et là dessus, personne n'avait vraiment son mot à dire.

    Hors RP:
     
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Mar 15 Mai - 18:41
Qu'ils sont mignons, mes petits esclav ... hem, employés ! Voilà qu'ils tentent de se justifier avec autant d'efficacité que des écoliers pris la main dans le sac, en train de mettre des punaises sur la chaise de leur professeur. Des punaises ? Irma a un instant de panique parfaitement illogique, et je bondis comme un diable de sa boîte. Un sursaut général fgait frémir l'assemblée.
- Bande de vicieux petits margoulins ! ! ! Je vous y prends, vous ... vous ...
Je fixe mon fauteuil d'un air soupçonneux, tel Sherlock Holmes cherchant le ruban moucheté. Mais il n'y a pas de punaises sur le siège, encore moins de serpent venimeux. Je fronce les sourcils, plus contrariée que soulagée. D'où m'est venue cette idée, au fait ? J'ai déjà oublié. Hi hi, il va falloir que je surveille le contenu de mon café. Mon café ! Ni une ni deux, j'attrape la tasse, la fixe avec tout autant de minutie : il n'y a rien de suspect non plus. Grumble.
- Mouiiii ... vous vous en tirez pour cette fois, marmonné-je aux diablotins farceurs couleur citron qui me narguent depuis le plafonnier.
Tout le monde les voit, naturellement, non ?
Mais suffit, je m'occuperais d'eux plus tard. D'un coup, je reprends un sérieux illnessque (c'est-à-dire très relatif mais suffisant). Je remets mon tailleur en place, puis plaque mes mains sur la table, dans un fracas qui sonne comme une sentence.
- Bon, mes loulous ! On va avoir un sérieux problème. Je ne vais pas être gentille longtemps. Ma sérénissime patience a des limites ! Vous savez quoi ? Moi j'aurais toujours autant de moyens. Vous, vous êtes ici parce que JE vous considère dignes d'y être. Vous n'avez pas été embauchés par Pink Bear pour faire des cocottes en papier - oui, Koba, vous m'avez entendue ! Déchirez-moi cette honte de la déforestation avant que je ne vous l'enfonce dans les trous de nez.
Je me détourne, et commence à faire les cent pas autour de la salle, pour l'égale répartition phonique. Il n'y a pas de raison pour que seuls les boulets assis des deux côtés de mon fauteuil aient les tympans éclatés. Et moulinets des bras, et secouage de cheveux électriques.
- Vous avez conscience que trop, c'est signer notre arrêt de mort ? Et que pas assez, c'est couler le négoce ? Le juste milieu, the best way, bande de poulpes en boîte ! ! Ne croyez pas que si les profits dégringolent, vous continuerez à papillonner la bouche en coeur ! Ceci - CECI - est un ultimatum : si à la fin du mois prochain, les résultats ne sont pas d'au moins cinquante pour cent supérieurs à ceux-ci ... je supprimerai vos chaises ! Et vos bureaux ! Vous travaillerez par terre ! Et je diminuerai votre oxygénation en brûlant le ficus dans le hall ! Et plus de machine à café !
Mes yeux lancent des éclairs vers le petit Lizard, et un sourire proprement effroyable tord mes lèvres.
- Et plus de distributeur de confiseries non plus, mon grand. Ne pense pas y réchapper. Vous avez de la chance, vous m'entendez, de la CHANCE de travailler dans de telles conditions - je peux vous dire que ce n'était pas ça en Tanzanie ! Vous devriez vous estimer heureux d'avoir des stylos, parce que ça aussi, je peux vous en débarrasser ! De toute façon même en écrivant au silex, vous seriez plus productifs ! Et je ne vous trouve pas drôles du tout ! !
Cette dernière phrase est pour les diablotins, qui disparaissent aussitôt. Gnihi, je fais même peur aux démons. Que je m'aime.


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Ven 8 Juin - 18:12
D’abord le petit David. Ce gamin avait l’air adorable. Genre, le genre de petit bonhomme que tu voudrais bien avoir comme fils. Une bouille trop mi-… Comment ça, « gagatise » ?

Et puis Day. Elle la connaissait pas vraiment mais elle avait l’air d’être… comment dire. Cool ? Sympatoche ? Mouais. Pas top. Plutôt… on dira cool, ça ira.

Le soupir se fit intérieurement. Si Illness l’attrapait à soupirer pendant son discours, elle n’allait pas faire long feu dans les rangs du journal.

Oui, elle était là depuis le début. Mais il semblerait presque qu’elle soit passée à peu près inaperçue. Cachée par les autres employés, tous plus grands qu’elle.

Mais finalement, elle en prit également pour son grade. Comme tout le monde. Car la patronne, elle exigeait la perfection et la perfection… Beh ils l’avaient pas atteinte. Donc forcément, chacun avait un truc à se reprocher, aussi minime soit-il.

Enfin. April avait l’air plutôt je-m’en-foutiste. L’habitude d’entendre Illness à la fin du mois, sur les relevés mensuels. Ca gueulait un bon coup, sur tout le monde, sur des sujets divers, allant des photos de presse aux articles, en passant par le titre mal imprimé sur 2 exemplaires.

Elle restait quand même à l’écoute. Malgré le fait qu’elle ait l’air de n’en avoir rien à cirer, elle écoutait les critiques, les menaces, les problèmes à résoudre et les notait dans un coin au fond de sa tête. Il fallait, après tout, c’est ainsi qu’on éviterait peut-être une nouvelle grosse engueulade de la part de la patronne du Cavalier Noir. Bon, en fait, sûrement pas, mais on pouvait toujours espérer.
Bref.

Elle suivait des yeux le parcours d’Illness dans la salle. Le cache-cache derrière les plus grands ne durait jamais bien longtemps et elle le savait. Se faire discrète était le mot d’ordre.

Et se fondre dans la masse était un truc assez simple pour April. Prions pour que ça marche, encore une fois.

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Dim 10 Juin - 13:45
Lizard roulait des yeux, fatigué par l'énergie débordante de la patronne qui devait se croire dans une cour de récré. Comme s'ils allaient essayer de lui faire une crasse alors qu'elle était en train de copieusement les engueuler, une fois n'est pas coutume. De l'avis de David, elle était un peu dérangée dans sa tête, pas toute seule là-haut, en somme. Voilà qu'elle criait au plafond, ahah. Lizard se sentait somnoler, un peu. Il était sérieux, comme gamin, toujours bien sage et tout le toutim, mais, je viens de le dire, il s'agit d'un gamin. Peu de gamins aiment rester à rien faire à écouter une nana déguisée en canari géant vous raconter à quel point elle est mécontente. Et surtout, Lizard était de ces gamins insolents qui se croient infiniment supérieurs à tout le monde, même quand ce tout le monde lui filait sa paie à la fin du mois. Il faisait de son mieux, il vendait ses journaux de manière plus ou moins efficace, et il savait très bien qu'il avait sa place ici, du moins, il en était persuadé.

Et voilà qu'elle se mettait à les menacer de leur retirer leurs outils de travail. Euh. Bof hein. Pas comme si David en avait quelque chose à foutre de savoir que ses collègues travailleraient par terre. Lui, sa place, c'était dehors, baskets au pied et sac à l'épaule, à battre le pavé en refilant les quelques exemplaires aux passants intéressés. Ou pas d'ailleurs. Tant qu'ils avaient des sous à refiler, c'est qu'ils étaient intéressés, point à la ligne et on se pchute. Donc David s'en foutait comme de la chaussette gauche - certainement jaune - d'Illness, que les bureaux et les chaises passent à la trappe. Café ? Osef aussi. Il tournait au Coca lui de toute façon. Sucre, sucre et gras, rien de tel pour une bonne hygiène de vie de l'avis d'un adolescent de quatorze ans et des bananes.

.... Euh wait.

Plus de bonbons ? Ah non. Ça va pas être possible ça. C'était un des petits plaisirs de Lizard, ça, marcher et vendre en mâchouillant un chewing gum bien chimique et faire des bulles roses à la figure des autres gamins qui passaient en rentrant de l'école. En plus, c'est HYPER pratique les chewing gum. Combien de fois avait-il craché son malabar à la tronche d'un mec random en uniforme de police ? Et puis, ça occupe d'en coller juste au bon endroit pour que les grognasses à talons en aient sous les chaussures. Oui David a des occupations très intéressantes entre deux chapardages. Il abandonna donc son chiffonnage de papier, artistique moyen de confectionner un projectile qu'il avait bien l'intention de balancer sur quelqu'un. Qui ? Voyons, niveau victime potentielle y'avait le gars dont il se souvenait plus du nom qui était en train de baver en regardant Illness d'un œil morne, ou la blondinette, June-truc-chouette, qui avait l'air complètement ailleurs. Mesdames et messieurs, le lancer de boulettes discrètes est reporté à plus tard, l'heure est grave, il faut sauver le soldat Malabar !

« Eh ! Je peux pas les vendre si personne ne les achète, les journaux ! Et j'peux pas pondre les acheteurs non plus, quand y'a mauvais temps, y'a personne dans les rues qui s'arrête acheter un canard à un gamin ! C'pas totalement ma faute, carrément pas. »

Niveau argumentation, on a déjà fait mieux.
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Jeu 28 Juin - 23:28
Décidément, cette réunion était beaucoup trop longue au goût de Day. Quand elle pensait qu'elle pourrait tranquillement être en train de se balader dans les rues de la capitale sans croiser grand monde à cause de l'heure matinale, voire de dormir. Parce que oui, toute personne censée dort encore à une pareille. Elle regarda discrètement par la fenêtre le soleil se levait. De toute façon, la question de dormir ou pas ne se posait plus depuis longtemps pour la simple raison qu'il ne fallait pas être censé pour travailler avec autant de plaisir que Day au Cavalier Noir. Elle regarda donc sa chef marcher dans la salle de réunion, d'un regard presque las. Pourquoi ? Simplement que si elle aimait son travail, ces réunions mensuels n'avaient jamais été pour elle une partie de plaisir. Comme pour personne ici d'ailleurs. Pas qu'elle n'aimait pas se faire reprocher une centaine de choses tout ça en l'espace d'une petite heure, c'est qu'elle aimerait seulement être ailleurs.

Il devait y avoir un moment que chacun redoutait dans ses réunions, c'était le moment où Illness, leur chère chef, s'adressait à eux. Enfin, s'adresser pour ne pas dire s'acharner sur eux, car le mot était un peu plus exacte, même s'il ne fallait pas le prendre si mal que ça. Elle faisait simplement son boulot correctement. Et dans la situation actuelle, ne pas faire de remarques aux employés du journal serait une erreur, il faudrait être bête pour ne pas s'en apercevoir. Bon c'est vrai qu'elle était un peu excessive, mais il devait sûrement exister pire. Du moins, Day l'espérait tout en l'écoutant déballer de quoi elle allait priver les employés travaillant dans les bureaux le mois prochain. Bon, elle s'en fichait du café, des chaises et tout ce qui allait avec comme elle essayait de passer le moins de temps possible dans ces locaux qui n'étaient pas à son goût.

Puis il y eut le passage sur Lizard. Encore. A chaque fois, Day en ressortait avec la même impression, Illness adorait s'acharner sur le plus jeune de ses employés et le menaçait de le priver encore une fois de ses fameux bonbons. Encore une fois, elle se retient de soupirer. C'était sûrement une des personnes avec qui elle avait le plus de liens dans la rédaction, même s'ils ne se parlaient pas forcément beaucoup, ou qu'ils ne passaient pas de temps ensemble. Mais elle avait juste pris l'habitude de l'apercevoir alors qu'il était en train d'essayer de vendre des journaux à des gens qui s'en fichaient totalement.

« Il a raison quoi. J'veux dire, à chaque fois je le vois galérer donc bon c'est loin d'être sa faute. »

Elle jeta un regard rapide vers une bande d'employés assis loin d'elle. Des gens qu'elle n'appréciait pas forcément, puisqu'ils n'étaient qu'une bande de peureux qui n'osaient quasiment pas sortir dans la rue, de peur de se faire repérer. Des fois, on se demandait vraiment ce qu'ils faisaient à travailler pour ce journal.

« Puis sérieusement, faut plutôt faire la moral à ceux qui restent enfermés dans les locaux de peur de croiser un partisans de Kira... »

Malgré l'énorme respect qu'elle avait envers sa chef, Day ne pouvait s'empêcher dans ces réunions de dire ce qu'elle pensait de manière très nuancé. Il ne fallait quand même pas exagérer et elle le savait quand même.
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Dim 19 Aoû - 17:50
La fin de la réunion approche – lentement mais pas sûrement du tout. Se trouver dans la même salle que moi n'est jamais sûr. Je ne sais pas pourquoi, certes ; ça doit venir des dégénérés qui m'entourent ... Ah, que mon brillant cerveau souffre d'être entouré par une telle déchéance intellectuelle ! Brefouille, c'est d'une oreille plus ou moins détachée que j'écoute mes victimes se débattre plus ou moins pathétiquement. À la vérité, les p'tits choux commencent à me lasser. Pas à m'agacer, non – ils m'agacent depuis mon arrivée dans cette boîte miteuse, ce n'est pas maintenant qu'ils vont commencer ! Non non, présentement, je suis surtout fatiguée comme la matriarche canonique d'un troupeau d'éléphanteaux.

- Bon ..., dis-je enfin avec un soupir à fendre l'âme. Merci pour ton intervention diablement enrichissante, Day de mon coeur ! Cela me fait fort plaisir de voir que quelqu'un a appris à parler dans cette maison de f ... forcenés petits travailleurs, hi hi hi.

Je tourne le regard vers le groupe de carpes agglutiné dans son coin ; très bien, on va en finir là.

- Vous, là. Rien à ajouter quant à la réduction prochaine de votre misérable salaire ? Disons vingt pour cent ?

Je claque de la langue, satisfaite du silence prévu. Parfait, tout s'est passé dans l'ordre des choses ! Et maintenant, « Au revoir mes mignons » et je retourne siroter des martinis vec rondelle de citron dans mon bar privé. Martini bien mérité : je suis fatiguée, si fatiguée de toute cette sottise ...

Mais voilà au'une main tremblante se lève.

Gniiiih.

Est-ce moi ou une des tombes décidé de l'ouvrir ? Mauvaise idée, trèèès mauvaise.

- Excusez-moi mais ... d'après la Charte du travail du Cavalier Noir, toute modification de rémunération doit être soumise à un vote du conseil d'administration.

...

Quéquim'chante, lui ? « Charte » ? « Vote » ? « Conseil » ? Mais de quel parallélisme cosmique vient ce zigoto à cravate ? J'ouvre de grands yeux derrière mes lunettes noires, sincèrement surprise. C'est que le bougre a failli me dérouter.

- Pardon ? fais-je simplement.

Mouvement de recul général. Le « pardon » ne devait pas être si simple que ça. Bah, présentement la modulation de ma voix n'est pas ma priorité ; d'ailleurs cela s'entend : je pars vite dans le soprano colorature.

- « La Charte du travail », hein ? Hi hi hi, t'es un marrant toi en fait ... comment t'appelles-tu ? Je ne me souviens même plus de ton nom, c'est dire. Alors ?
- T ... Tsubishi, Madame.
- C'est Lady. LADY, par tous les tonnerres de Dodoma !

Mes cheveux se dressent, chape électrique d'un ciel d'orage formidable. Qu'on appelle la patronne Lady, cela a été décidé dès la première réunion ... le banc de carpes va mourir.

- Vous vous êtes concertés, hein ? Bande de sombres fifrelins, souillures de notre belle maison de f ... flamboyants défenseurs de la liberté d'expression ! Comment avez-vous osé ... comment osez-vous comploter contre votre vénérable patronne, tous autant que vous êtes ?! Votre guide, votre nourricière ! Votre seule chance de survie en ces temps obscurs ! Félons ! Répugnants margoulins, rats ! ... Montrez-moi cette charte damnée ! Où est-ce qu'il est, ce foutu texte, sacrebleu ? Allez jusqu'au bout, c'est un ordre ! LA CHARTE !

Une autre main, non moins tremblante, me tend quatre pauvres papiers reliés. Avec un crissement excédé, je les lui arrache et leur jette le regard le plus méprisants de ces dernières décennies ; sous mes yeux, une série d'ignominies se déploie. « Négociations », « Concertation », « Syndicat » ... Oh mon Dieu Tout-Puissant, un SYNDICAT ...

Je finis par sourire. Ce même sourire hideux qui a précédé plusieurs disparitions mystérieuses de conducteurs de bulldozers tanzaniens. Je sens les carpes se tendre, frémir – elles ont raison. Le silence est infernal, pesant.

Lentement, je lève une main droite chargée de topazes. Je reste ainsi une bonne trentaine de secondes, très fière de moi ; on me regarde comme si j'étais une demeurée, et cela me va, car je n'ai jamais pétendu me rabaisser à leur niveau de boulets. Je souris toujours.

- Le conseil d'administration a voté, annoncé-je d'un ton léger. Vous quatre, dans le coin, retournez cirer les chaussures sur le trottoir. Vous avez fini au Cavalier Noir, ouste. Et que je ne revois plus vos ombres d'infâmes mutins dans cet immeuble. Sortez !

Le dernier mot n'a pas fini de claquer que les pierres tombales ont adopté la retraite stratégique. Je soupire et me laisse retomber dans mon fauteuil rembourré ; damnation que ces syndicalistes. La peste, la gangrène de toute entreprise saine ! La lassitude me reprend vite et je promène un regard désintéressé sur les survivants à mon petit massacre. Une dizaine reste, le noyau dur : depuis mon arrivée ici, la réduction d'effectifs a été drastique. Je me demande combien vont encore partir d'ici à ce que Kira tombe ; mais ceux-là, ce serait dommage. Ce sont de bons journalistes, de bons éléments. Je me rends compte que par rapport aux carpes, le gamin qui court avec des paquets de papier n'est peut-être pas le plus en faute.

- Kibaru, à partir d'aujourd'hui et jusqu'à nouvel ordre, tu prendras en charge la moitié du paquet de Lizard. Couvre d'autres quartiers. Les stocks seront plus légers, la zone plus étendue, la distribution plus discrète et efficace. Compris ?

Le brave Kibaru acquiesce, avec un certain enthousiasme même – je sais que c'est un bon type, aussi n'y prêté-je pratiquement pas attention. C'était un fait avéré qu'il allait accepter.

- Encore un Germinal du dimanche pour m'apprendre mon travail ? C'est maintenant. Je l'apprendrai tôt ou tard, mais je n'ai pas de temps à perdre avec vos cétineries. S'il n'y a rien, disposez, mes grands, disposez. Et souvenez-vous : du résultat ! C'est tout ce qu'il faut pour maintenir la barque sur l'eau, du résultat.


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