Pitié et allégeance à toi, Kira ! La foule s'inclina en silence, respectueusement devant cette idole masquée et inconnue.
 
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Jeu 9 Fév - 14:26




Éléanore « Heyden » Black.




« J'ignore ce qui me pousse à rédiger ces lignes, ce qui me motive à commencer un Journal de Bord alors que la trentaine est si proche ; c'est un âge trop avancé pour un journal intime, les folies de l'adolescence s'étant évaporées, mais c'est un âge trop précoce que pour prétendre être en mesure d'écrire des Mémoires, le bout de mon existence étant encore - je l'espère - lointain.

Pourtant, aujourd'hui, cette plume me brûle les doigts, ces pages blanches sont comme des poignards qui me transpercent le coeur. J'ai donc pris la décision, pour calmer mon inconscient, d'écrire cette vie qui fut mienne, du début de mes malheurs jusqu'à maintenant. C'est un remède contre les souvenirs néfastes et un doux repos de l'esprit, pour ces jours heureux que je vais relaté.

Je vais faire fi de mon côté "Caméléon", comme certain disent ; ici, je vais tâcher d'être moi, la véritable Éléanore Black. Lorsque j'écrirais ici, je ne serais plus cette fille anonyme qui change d'identité régulièrement, je ne serai plus cette folle qui n'a aucune limite et qui danse avec la mort ; j'essayerai même de ne pas être cette dépressive chronique que je suis devenue au fil des ans. Non, ici, Éléanore Black rédigera ses chroniques, rendra hommage à son héritage de Black et renouera avec elle-même. Ici, je me dévoilerai, me découvrirai, sans aucune censure. Car ceci sont mes Mémoires ; ceci est ma vie.

Éléanore « Heyden » Black,
Appartement miteux de Tokyo,
Le 26 août 2... »








Toutes les photos présentées dans ce sujet, sauf exceptions, seront de Kiwix Photography (via Facebook).
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Jeu 9 Fév - 15:11




L'enfance, en quelques lignes.




« Certains psychologues vous diront qu'une personne adulte n'est elle-même que par son enfance ; ce sont les expériences passées qui forment les expériences actuelles et qui définissent qui nous sommes. Partant de cette pensée, je suppose donc qu'il est important que je relate quelques faits de ma petite enfance, jusqu'au drame qui me fit entrer avec trop de force dans l'âge adulte.

J'aimerai être en mesure d'écrire des pages entières de jours heureux. Mais je n'ai pas ce pouvoir ; ma mémoire me fait défaut. Je peux remonter en arrière jusqu'à une certaine date, puis c'est le flou. Quelques scènes surgissent parfois, rappelées vaguement à moi par un fumet, une image fugace. Mais mon enfance reste, même pour moi, un mystère. Non pas que je souffre d'un quelconque problème de la mémoire, mais les années passent et le cerveau doit choisir ce qu'il retient et ce qu'il efface, pour le bien être du corps entier. Bref, mon enfance est une étape inutile de ma vie.

Malgré tout, je cherche à me souvenir. Ce qui me fait le plus mal, c'est de ne plus me souvenir du visage de mes parents. C'est un phénomène étrange... Chaque jour, vous pensez à eux. Puis, un jour, vous vous rendez compte que leur visage vous est désormais inconnu. C'est douloureux et cela vous fait douter de beaucoup de choses. Les parents, c'est un point d'ancrage, une certitude sur qui on est. Je n'ai pas la chance, comme de nombreux orphelins, d'avoir ce repère. Je n'ai que mon imagination pour me les imaginer.

Mélangeant donc imagination et souvenirs, je revois des scènes sous le soleil d'une petite fille aux yeux verrons jouant en compagnie de ses parents. J'entends des éclats de rire, l'aboiement d'un chien qui tourne joyeusement autour de l'enfant. La voix du père résonne alors dans un éclat de rire grave, tandis que chien et petite fille se retrouvent au sol à jouer. Je vois la même petite fille courir après un ballon, tenir un cerf-volant. Toujours, le chien l'accompagne ; souvent, les parents gardent un oeil bienveillant, avec un éternel sourire aux lèvres. C'est une famille heureuse et soudée, une famille parfaite comme décrite dans les romans. C'est l'idéal américain, l'idéal tout court. Une vie de rêve, douce, parfaite. Une vie qui me manque, pour le peu que mon être s'en souvienne.

Ces scènes de béatitude laissent, chaque fois, place à ce qui marqua un tournant dans mon existence. Avec le temps, cette scène a gagné en détails, contrairement aux autres - j'ignore pourquoi. Ainsi, je suis aujourd'hui capable de dire que nous revenions de chez le vétérinaire, où mon chien - Heyden, ma tendre amie - s'était éteinte. J'étais assise à l'arrière, observant le paysage qui défilait sous mes yeux. J'avais les joues couvertes de larmes et mes parents étaient silencieux, compréhensifs dans mon deuil.
Puis, le paysage s'est fait tournoyant, le silence a été remplacé par des chocs et des cris. La vitre s'est brisée, des morceaux de verre se sont enfoncés dans mon visage. La voiture dégringolait une ravine et je revois avec une facilité déconcertante la vision que j'avais du monde à l'endroit, à l'envers, alternant sans cesse. Je me souviens de la sensation, longue, de la chute alors que le tout ne dura que peu de temps. Puis, toujours, ce noir.

Je me souviens par la suite du réveil à l'hôpital, de la découverte que mes parents étaient morts. De l'abandon de mon oncle, sa trahison ; de mes premiers jours à l'orphelinat, endroit que j'ai haïs du plus profond de mon être. Je me souviens avec précision, également, de la façon dont je suis devenue Heyden. Des mensonges qui très vite m'ont semblé être la solution ; feindre d'être heureuse, d'être douce, pour avoir la paix. Feindre... Toujours, tout n'est qu'illusions. C'est à l'orphelinat que j'ai appris l'importance des apparences.
J'ai profité de ce qui m'était donné là-bas, j'ai appris les langues, j'ai travaillé. Puis, j'ai fugué. J'ai frôlé le malheur une seconde fois, en rencontrant une bande de voyous ; il s'est avéré au final qu'ils seraient ma seconde famille, jusqu'à ce que la mort et la justice nous sépare. C'est avec eux que j'ai pris le nom de mon chien, Heyden. C'est avec eux que j'ai prononcé ironiquement ce nom, souvenir nostalgique d'une vie qui n'était plus, ironie d'un mot ressemblant tant au nom du Paradis. C'est ce gang qui m'a fait découvrir que j'étais une personne cynique.

Éléanore « Heyden » Black,
Appartement miteux de Tokyo,
Le 26 août 2... »








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