Pitié et allégeance à toi, Kira ! La foule s'inclina en silence, respectueusement devant cette idole masquée et inconnue.
 
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Qu'est-ce qu'être humain ? [Ft.Ankoun]

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Ven 13 Oct - 15:39
Le jour fuyait dans une hémorragie sanguine blessant les cieux d'un cramoisi traînant telle que si la pointe des immeubles vertigineux les eut abîmé, leurs silhouettes se découpaient dans le calque d'ombres chinoises, le monde dans sa course crépusculaire tirait sa perpétuelle révérence dans ce spectacle d'une ordinaire beauté. Rouge et noir se mariaient funestement dans le contraste d'une contemplation plastique. Des coloris aux relents de souillures qui annonçaient le ton de cette nuit morbide. Les cités recèlaient des enfers qu'il valait mieux ne point braver privé de la lumière sécurisante de l'astre solaire. Personne ne revenait indemne de ces strates cruelles.

Hayes venait d'être dépêché pour une nouvelle mission, et pas des moindres. L'ordre qui avait chu lui avait donné des frissons mortifères lorsque sa hiérarchie lui indiqua l'opération qui allait se dérouler en cette soirée. Des taupes avaient découvert le réseau clandestin d'une maison close dont les filles immigrées subissaient les maltraitances de bourreaux leurs ayant promis mille promesses déchues, mille espérances brisées, les enfermant au rang d'otages auprès de ces rares Êtres vils qui préduraient encore depuis l'ascension de Kira.

Comme son idéologie le prévalait, il n'y aurait point d'absolution dans cette manoeuvre purgatrice. L'injonction avait été donnée de tirer à vue si nécessaire et de freiner les dégâts collatéraux qui pourraient nuire aux victimes.

Un charnier futur, d'horreur et de sang, inique.

Les troupes se rassemblaient dans un camion anonyme aux abords du squat douteux. Le déploiement débuterait la nuit tombée, sous peu. Durant ce laps qui lui était accordé et avant que d'adrénaline ne brouille ses tempes, Hayes s'interrogeait encore quant aux raisons de sa présence en ce lieu, en cette action. Il avait rarement escorté une escouade armée, et bien que ses capacités militaires le prédisposait à la besogne, il ne s'en sentait point les épaules assez consolidées pour moralement la soutenir.

Ses phalanges noueuses n'avaient plus pressé la gâchette depuis son séjour en Afghanistan. Quand bien même la situation légitimait l'usage de ce sobre geste qui écourte la vie de tant de personnes, il se mutilait à savoir si il parviendrait vraiment à le faire.

Ses scrupules lui avaient déjà occasionné des ennuis. En épargnant notamment des résistants lors de leur capture. Négligences qui avaient été sermonnée par ses supérieurs.

Le raid de ce soir n'était ni plus ni moins qu'un ultimatum érigé pour tester sa fidélité au régime et son aptitude professionnelle. Et de cette mascarade insensée, Hayes se sentait acculé, à la frontière entre le devoir et une moralité ténue, au sol instable sur le terreau de ce choix drastique.

Sa combinaison d'intervention grossissait sa carrure, un ersatz de scaphandre, mais l'observateur avisé pouvait attester de l'agitation nerveuse qui parcourait ses membres et dont il s'échinait à en taire les secousses dermiques.

Des soubresauts qui ne paraissaient nullement sur le corps paisible de sa voisine.

Hayes ne savait si il devait être admiratif ou effrayé de son calme placide. Elle était si jeune et déjà coutumière de ces bassesses exterminatrices.

Il ignorait quelle volonté — ou était-ce l'instinct ? — le poussa à l'aborder en quelques mots. Cherchait-il sans doute une birbe de chaleur humaine avant de côtoyer la froide raideur des cadavres ?

L'humanité est une vertu qui ne s'oublie pas.

« Vous semblez bien sereine Mademoiselle. Je ne sais si c'est réellement le cas où juste une mise de surface, mais j'envie votre tranquillité apparente. » Sourire forcé, rictus artficiel pour se convaincre que son anxiété s'étoufferait dans ce crachat de paroles cordiales.

Avant de s'élancer dans le feu d'un massacre impitoyable d'autres braises dansaient dans un foyer hospitalier. Une camaraderie rassérénante.

« Hiro Hayes. Je vous accompagnerai durant cette mission. »

Il lui tendit une paume ouverte.
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Sam 21 Oct - 15:58
L'équipe s'affairait en silence au côté du fourgon garé non loin de leur cible, enfilant combinaison, gants, gilets pare-balle et casque à visière alors que les dernières lueurs mourantes du crépuscule frôlaient leurs épidermes.

Ankoun restait silencieuse, calme, ne tremblant pas lorsque ses doigts se posèrent sur l'arme de service. Elle savait qu'elle allait sans doute devoir blesser les macs qui se terraient dans le squat situé à quelques mètres, voire les tuer. Mais elle n'en avait cure. Sa priorité, dans cette intervention, ainsi que celle des autres, était de sortir de là les filles qui servaient d'esclaves sexuelles afin de rapporter des fonds à leurs bourreaux.

Sa poigne se crispa un court instant sur le métal glacé de son arme, ses lèvres se pressèrent en une fine ligne pâle. Une lueur dangereuse et meurtrière s'alluma dans son seul iris visible alors qu'il lui semblait sentir son pendentif pulser sous sa combinaison, comme s'il répondait à sa rage et sa haine. Ses poings se desserrèrent légèrement. Ce n'était pas le moment de se laisser envahir par ces sentiments. Les otages avaient besoin de personne de sang froid, pas de fous-furieux.

Elle avait réussi à se recomposer un masque calme lorsque la personne ajoutée à leur groupe l'interpella. Elle ne savait pas grand chose de lui, à part qu'il était un ancien soldat américain envoyé en Afghanistan. Elle observa les tremblements qui l'agitait un court instant avant de planter son regard dans les yeux de son interlocuteur.

« Vous semblez bien sereine Mademoiselle. Je ne sais si c'est réellement le cas où juste une mise de surface, mais j'envie votre tranquillité apparente. »

La jeune femme retint de justesse un rictus amer. Elle était tout sauf sereine, et elle était sûre que la lueur dangereuse qui vibrait dans ses iris se trouvait encore parfaitement visible malgré la visibilité réduite.

L'homme, nerveux, un sourire forcé aux lèvres, lui tendit la main.

« Hiro Hayes. Je vous accompagnerai durant cette mission. »

Ankoun esquissa un sourire poli. Elle respectait toujours les personnes avec qui elle se trouvait envoyé en intervention, et Hiro n'échapperait pas à la règle. Elle lui serra la main d'une poigne amicale mais forte, trahissant la tension qui s'accumulait tranquillement dans ses membres, quand bien même cela pouvait passer pour une simple poignée de main un brin trop enthousiaste.

- Ankoun Lutenn. Contente de vous avoir avec nous sur cette intervention. On risque d'en avoir besoin.

Simple et direct. Ils n'avaient de toute façon pas beaucoup de temps devant eux pour discuter, tout le monde ayant fini de se changer. Les derniers rayons du soleil finirent par disparaître derrière les buildings et l'horizon. Le chef du groupe fit un dernier récapitulatif avant de lancer l'intervention.

En silence, les membres de la brigades se séparèrent en deux groupes et se dirigèrent vers le squat le plus discrètement possible. Personne ne parlait, arme au poings, tandis qu'ils effleuraient les murs en direction des silhouettes et des voix qu'ils pouvaient apercevoir et entendre de leur position.

La jeune femme serra un peu plus son arme, son visage perdit toute expression.

La nuit promettait d'être longue...
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Messages : 36
Mar 24 Oct - 19:24
Jeunesse perdait son insouciance au fort tribut de souvenances amères. Hayes crut voir cette sombre vérité brumer l'iris solitaire de la demoiselle, cet éclat qui demeure impacté dans la rétine usée sous la contemplation de scènes funèbres, une oeillade contaminée qui s'échouait dans maints regards factuels. Tous avaient des convictions qui légitimaient leur présence ce soir. Dépit lasse, rancune intestine ou introspection taquine, il n'aurait la décence de lui poser cette question chagrine. Une pudeur timorée sous l'armature blindée qui esthétisait les soldats sous la parrure d'une chrysalide commune et sournoisement inversée. Sous leurs airs de fringants papillons, ces guerriers contemporains enfouissaient leurs immondes larves morales. Des pensées massivement grouillantes dont il était préférable de se distancer pour ne point s'alourdir du fantôme des autres.

Ce simple frôlement visuel était lui-même bavard. Hayes la scrutait de ses orbes d'argile. Ne transpirait-il pas aussi quelque sentiment fangeux ?

La main de Ankoun s'imbriqua poliment dans la sienne en réponse à sa salutation et il mémorisa son nom qui confirma bien cet air eurasien qui sculptait ses traits, constatation nullement discriminante, il était, sous un rictus réconforté, comblé de voir une camarade partagée d'une double nationalité. Les similitudes rassemblaient cette force fédératrice. Il luit sourit quoi que ses lèvres en demeuraient encore crispées lorsqu'elle le remerçia pour son soutien.

« Cette opération risque d'être délicate... mais nécessaire. » Mots assemblés dans une réponse malhabile, le contexte se prêtait si peu à une conversation décomplexée. Leur discussion fut amputée par le briefing de leur instructeur qui leur expliqua le déroulement de la mission. Un monologue durant lequel Hayes sentit son coeur compressé.

Angoisse et rage se mêlaient dans un maelstrom confus. Le désarroi impuissant de l'ancien militaire greffé à la chair attendrie d'un père, d'un homme, qui s'écorchait de compassion pour les femmes retenues prisonnières de ces sévices vomitifs.

La nuit coula son pétrole dans le quartier sale de bitume. Hayes se fondit dans cette mélasse obscure qui n'en finirait point d'être souillée.

Sang et poudre allaient verser à flots gourmands. Et ce n'était point l'ordre lancé par l'instructeur qui allait réfréner cette poisseuse étendue moribonde.

La tête enserrée sous un casque, perdu dans une mêlée de crânes jumeaux, il lui semblait reconnaître la carrure de Ankoun dans le groupe qu'il avait intégré.

Le hasard était parfois d'une éloquence surprenante.

Il enlaçait de ses phalanges roides le fusil d'assaut, prêt le cas échéant à faire pulser le canon de sa basse besogne. Un crachat létal inéluctable.

Une mort certaine pour l'une de ces premières figures.

Les cris internes à l'intérieur de la bâtisse laissaient à supposer que leur position était déjà plus ou moins corrompue.

Et le premier gorille qui sortit dehors, sacrifiable ne laissa point de doute sur l'hostilité des intentions adverses.

La nuit s'annonçait non point blanche mais d'un rouge profond.

Vertigineux.
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