Pitié et allégeance à toi, Kira ! La foule s'inclina en silence, respectueusement devant cette idole masquée et inconnue.
 
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This life is like a swimming pool. You dive into the water, but you can't see how deep it is. [ft.Yuzuku]

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Sam 30 Sep - 15:11
Quel délice que ces jours en suspension dans une continuité harassante. Rares mais néanmoins savoureux, ils amputaient la besogne d'une accalmie paisible à laquelle il s'abandonnait volontiers. Trop de morts et de conflits urbains alourdissaient ses paupières qu'il fermait présentement, le corps offert à l'astre solaire cuisant sa peau contre le bitume. La chaleur était un étouffoir persistant dans la capitale à l'orient du monde, où disait-on que l'étoile s'y levait.

Les rayons cognaient sur sa peau à demi dénudée pour un motif légitime, Hayes s'alanguissait sur la chaise longue au pourtour de la piscine municipale de son arrondissement. Les enfants allaient et venaient autour de lui dans un tumulte, leurs cris joyeux se perdaient dans ce ciel ouvert immense, et malgré cette rumeur, Hayes se sentait plus délassé que jamais.

Sa fille l'avait alpagué plus tôt dans la matinée pour venir patauger dans les bassins, sous prétexte de l'inauguration d'un nouveau toboggan à sensations fortes qui devait se dérouler l'après-midi en question. Hayes n'avait pu qu'acquiescer à la plus grande satisfaction de la petite Mariko qui avait poussé quelques hoquets d'enthousiasme. Sans qu'il n'ait eu son mot à ajouter, elle avait déjà contacté sa meilleure amie pour l'accompagner dans cette folle sortie « entre filles ». Car si Hayes les escortait, d'une certaine manière, il se tenait à une telle distance des demoiselles que sa présence n'était en rien envahissante. Il se présentait comme leur gardien et n'aurait eu la prétention de s'imposer dans leurs jeux.

Alors qu'il les surveillait d'un oeil éloigné, il pu attester qu'elles attendaient sagement dans la file d'attente de la future attraction aquatique.

Il pouvait apaiser pleinement son esprit en abandonnant ses cognitions intrusives, abusives aussi.

Depuis qu'il était en service, Il se sentait traqué par une pensée tortueuse, obsessionnelle. Et ses vieux fantômes le raillaient de rictus narquois. Le visage des plus jeunes résistants se brouillaient aux jeunes soldats qu'il avait abattu durant son séjour en Afghanistan. Et irrémédiablement, se confondait dans leurs traits adolescents, les risettes de Mariko.

Le père qu'il était, qu'il espérait rendre exemplaire, ne pouvait se défaire de ce sentiment de transfert. Ils étaient aussi ingénus qu'elle, ceux qu'il avait acculé avant de ferrer leurs poignets, pour dieu seul savait quel destin. Un échafaud au bout du couloir de la longue ligne verte.

Mais aujourd'hui, oui aujourd'hui brillait le soleil dans l'arrogance d'un azur sans nuage. Amas brumeux qui se dissipait de son esprit dans la naïve certification de pouvoir se soustraire à son rôle de bourreau ponctuellement.

Le torse recouvert d'une chemise légère et un short de bain enserrant sa peau dissimulaient les quelques stigmates qui la zèbraient d'ordinaire. Il aurait presque pu pleinement plonger dans cette oisiveté profonde si une quelconque silhouette familière n'avait pas retenu son attention.

Quand on espérait fuir ses cauchemars, ils finissaient toujours par vous cueillir au moment où votre corps se voulait le plus vulnérable : dans votre répit.

Pour cet homme, Hayes n'avait point d'affection... ni d'animosité marqué. Il le respectait par principe hiérarchique et saluait quelques de ses décisions qui avaient su apaiser le pays pour le rendre plus sécure.

Ainsi est-ce par ce même respect qu'il ôta ses lunettes teintées lorsque leurs verres se croisèrent.

« Vous ici Monsieur, quel surprise. Bonjour ! »

Nul besoin de l'interpeller par sa fonction. Si Hayes se permettait de cette simple appellation civique, c' était bien encore pour s'assurer de sa discrétion.

Yuzuku Ninomiya avait des ennemis et pas des moindres...
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Yuzuku Ninomiya
Premier Ministre
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Localisation : Dans les laboratoires.
Sam 30 Sep - 16:42
Il n'était pas courant de voir Yuzuku Ninomiya dans un lieu où l'on pouvait s'amuser : à vrai dire, il n'était pas courant de voir Yuzuku Ninomiya tout court. L'homme faisait attention ses derniers temps, et avait délaissé les activités de loisirs qu'il menait tels que son club de lecture favori ou les divers sessions d'échecs ou de go auxquelles il était régulièrement convié. Les tentatives d'assassinat sur sa personne se multipliant, il avait préféré jouer la carte de la prudence, bien qu'il aurait aimé narguer les personnes en voulant à sa personne.

De toute façon, Yuzuku Ninomiya était un homme qui n'avait jamais eu beaucoup d'occupation en dehors de son travail personnel. Ses divers clubs lui avaient plus servis pour sa campagne politique et pour permettre un peu plus humain aux yeux des citoyens de Tokyô : c'était tout.

S'il se trouvait donc au centre aquatique aujourd'hui, c'était moins pour cette raison que par rapport à sa santé. Vous n'êtes pas pour ignorer que le premier ministre souffrait d'une blessure à son genou datant de son travail aux laboratoires qui le faisait toujours boiter et qui, les jours de pluie, l'élançait terriblement. Ses visites chez certains confrères l'avaient mené à une seul conclusion : plus que des remèdes expérimentations, il allait devoir insister sur la rééducation et quoi de mieux que la natation pour cette exercice ?

Il se trouvait donc dans la piscine depuis une heure lorsqu'il rencontrait cet homme qui travaillait sous ses ordres. Jusque là, il avait fait des dizaines de longueurs et quelques étirements ; il était passé en salle d'entraînement où il avait travaillé ses muscles et démarré un programme très intensif pour exercer son genou qui l'avait bien fatigué. Concrètement, il n'était que peu reconnaissable pour le commun des mortels – nous entendions par là ceux qui ne le fréquentaient pas quotidiennement et n'avaient vu son image qu'à la télévision lors de ses apparition officielles. Sa silhouette plutôt mince venait trancher avec ses costumes et ses cheveux mouillés accompagnés des fameuses lunettes de bain faisaient la différence. Il était cependant accompagné de quelques semi-shinigamis infiltrés, situés quelques mètres autour de lui en toute discrétion. Régulièrement, il observait les réactions de l'un d'entre eux, un rouquin de taille moyenne.

Lorsque cet inconnu lui adressa la parole, Ninomiya eut tout d'abord une réaction assez surprise avant de regarder vers le haut de sa tête s'il connaissait son nom. Le patronyme lui disait quelque chose, mais il ne pouvait se vanter non plus de connaître ses effectifs sur le bout des doigts. Soufflant, il lui sourit d'un sourire de vendeur de voiture et lui accorda une poignée de main assez forte.

« Je devrais dire la même chose, Monsieur Hayes. », fit-il comme le parfait patron qui connaissait tous les noms de ses employés : s'il savait ! « ...Vous êtes venu avec votre petite famille ? »

Sa tête se pencha un peu, essayant de distinguer qui, à côté de cet homme qui venait de le déranger dans cette éprouvante baignade, pouvait être de sa famille. Il était toujours utile de repérer les potentiels points faibles de ses troupes, surtout au cas où ils venaient à le trahir : cela, il l'avait appris au fur et à mesure de ses mutations, mais le mettait de plus en plus en pratique actuellement.

Il vit une petite fille revenir vers son employé et son sourire s'élargit.

« Oh. Tu es magnifique ! », son sourire s'élargit, tendit qu'il déchiffrait son nom. C'était sa fille, il n'y avait pas le moindre doute là-dessus. « Quel est ton prénom ? Je m'appelle Yuzuku. »
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Sam 30 Sep - 21:05
Les orbes de Hayes scrutèrent le décor environnant des bassins, l'oeil frénétique et affûté. Ses réflexes le poursuivaient malgré lui dans sa vie intime et s'agitaient d'autant plus lorsqu'un engrenage de son univers professionnel entrait en collision avec sa sphère privée. Aucune arme n'alourdissait ses hanches qu'il s'interrogeait déjà de la sécurité du premier ministre. Nul doute qu'il n'était venu seul. Yuzuku Ninomiya était un homme conscient des nombreuses mires que lui narguaient ses opposants. Des hommes devaient vraisemblablement se cacher dans cette cohue chlorée, mais il était impossible de les identifier. Une raison renforcée par le port de tenues légères.

Pauvre Hayes. Le repos de sa journée aura été bien périssable, pour qu'il s'agite de la sorte. Le poids d'avoir une conscience était un fardeau pénible.

Ses phalanges saisirent celles du représentant de l'état dont la poigne lui enserra la main d'une force analogue. Un mimétisme diplomate dont abusait Hayes comme d'un calque. Une gestuelle de miroir rendue jusque dans son rictus affable. Il en avait souvent été ainsi. Cette singerie lui avait été utile pour son intégration au Japon. Elle perdurait malgré lui comme une veille habitude. Hayes était de ces personnes au comportement versatile d'altruisme. Son adaptation à son interlocuteur résultait plus d'une envie réelle de comprendre autrui que de chercher par des moyens détournés de le manipuler.

Ô Hayes, joli candide. Sans qu'il ne le sache, Yuzuku Ninomiya recourait à ce stratagème à des dessins inverses.

Dans ce rictus obsèquieux, il y interprétait une courtoisie coutumière. La détection demeurait-elle cependant inconsciente pour que ses propres lippes s'ourlèrent de façon timorée ?

Il se sentit honoré de se faire appeler ainsi par son nom.

« Le monde est minuscule quand on se rend compte de ces hasards. Je profite effectivement de ce jour de congé pour passer du temps avec ma fille, elle voulait venir avec une de ses amies. » Trivialité de vie. Mais un trésor de chair inestimable qui se suffisait à lui seul. En se figurant l'importance de sa famille, Hayes se demandait si la vie affective de Ninomiya s'illustrait sur le même plan de ces valeurs. « Et vous ? Quelles raisons vous amènent... »  Ici. Il ne formula point l'ultime syllabe de sa phrase en constatant la cicatrice sur le genou du premier ministre et se ravisa sur une autre réplique. Une censure conventionnelle. « Excusez-moi Monsieur, je ne voulais pas me montrer indiscret. »

La gêne n'eut le laps de persister. La fille de Hayes glissa une énergie solaire dans la discussion si formelle des deux hommes. Elle surgit au trot d'une petite course rythmée par le bruit de ses pas mouillés, s'époumonant d'un « Papa ! » Tendre d'amour.

Des couettes pendaient symétriquement de chaque côté de son crâne, la coiffant d'une moue ersatz de ces adorables lapins béliers. Son air typé eurasien ne laissait aucun doute quant à sa génétique.

Le compliment de Yuzuku — ainsi et tendrement qu'il se présenta — fit rosir ses joues tandis qu'elle chercha timidement le regard de son père qui l'encouragea silencieusement à répondre. Ses cordes vocales juvéniles rétorquèrent d'une voix hésitante. « Je m'appelle Mariko. » Elle plongea alors ses yeux légèrement ronds dans les siens. « Vous ressemblez au monsieur de la télévision. » Une vérité spontanée à l'intuition enfantine. Toujours fut-il que tels les jeunes de son age, la petite sembla rapidement se lasser de l'homme pour recentrer son manque d'attention sur des préoccupations plus récréatives. « Je retourne jouer avec Yuki, Papa. » Elle s'éloigna vivement après avoir adressé une risette à son père qui l'approuva d'un sourire énamouré.

Hayes lui adressa un dernier signe de main avant de se retourner vers le premier ministre. « Comme vous pouvez le voir, les futures générations débordent d'énergie. Je serais heureux qu'elle puisse grandir dans un contexte sans conflit. »

Ô oui Hayes. Dévoiles toi. Mets tes dermes à vifs. Le monde est fait de rapaces qui seront comblés de se répaître de tes restes d'animal maladif.
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Yuzuku Ninomiya
Premier Ministre
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Localisation : Dans les laboratoires.
Sam 30 Sep - 21:54
De penser que Hayes avait abordé son genou malade, il se dit, en voyant la mignonne jeune fille qui était de son sang, qu'il aborderait de nouveau la question. Il avait aimé l'air blanchâtre qu'il avait pris sitôt après avoir abordé de le sujet et, l'air de rien, Yuzuku Ninomiya aimait mettre mal à l'aise ses employés.

Mariko n'aurait pas pu mieux deviner : c'était affolant cette capacité chez les enfants à deviner des choses pourtant élémentaires que les adultes n'arrivaient pas à cerner. L'observant rejoindre son amie, de grandes idées commencèrent à naître dans sa tête : jusqu'à présent, il avait imaginé le combat avec les semi-shinigamis, des êtres dont la force équivalaient à celle d'un dieu. Et si il faisait quelque chose avec les enfants ? Rien de très grave, évidemment, il n'était pas non plus un monstre, mais avoir les enfants dans son camp, eux, des êtres intouchables et innocents seraient un bon pas en avant. Lorsqu'il avait épluché les dossiers de son prédécesseur, d'ailleurs, il avait pu voir que celui-ci avait sous ses ordres un lycéen et une gamine qui ne sortait de nulle part.

De voir cette gamine aussi perspicace de part son âge, ça ne lui donnait envie que d'une seule chose : continuer à parler avec son père et de l'embrigader dans une quelconque brigade pour la jeunesse. Il existait bien des camps de vacances ou quelque chose dans ce genre qui saurait lui donner le goût des bienfaits de Kira, si son paternel ne s'en était pas déjà chargé.

Le sourire de Ninomiya s'accentua.

« Vous voudrez bien vous asseoir avec moi ? Je n'ai que trop fait de sport, une petite pause me fera du bien. »

Il lui montra la direction du petit bar situé sur un côté de la piscine, là où surveiller sa fille ne serait pas un problème avant de s'y diriger sans même attendre la réponse de Hayes. C'était un employé, il était le premier ministre du Japon : avait-il réellement besoin d'attendre un acquiescement de quiconque ? Il se tira une chaise sur une des tables libres, faisant signe à un serveur de leur apporter quelque chose à boire, puis tapota légèrement le plastique de la petite table ronde.

« Oui, vous disiez : mon genou. Aucun tabou là-dessus. Vous n'êtes pas sans ignorer que j'étais directeur de centres hospitaliers avant ma nomination. Accident du travail. », il toussota, peu résigné à en dire plus sur les circonstances de l'incident. « Votre fille a l'air très éveillée. Savez-vous qu'il existe des colonies pour les enfants de nos employés ? Elle y aurait tout à fait sa place, et nous pouvons nous arranger pour que son amie l'y suive. Seriez-vous intéressé ? »

Léger sourire : il n'avait bien sûr pas intérêt de refuser sous peine d'être classé dans la catégorie « personnel potentiellement remplaçable ».

« Elle grandira dans un monde sans violence, je peux vous l'assurer. Nous avons fait récemment de très grande avancées et le feu va être éteint à l'étouffée. »
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Dim 1 Oct - 9:10
Elle était le soleil et lui un gravat de terre cuite gravitant autour de son attraction chaleureuse. Mariko revêtait comme cet astre massif, intemporel, une lueur sacrée, ô combien adulée. Il n'aurait permis à personne d'en éteindre l'essence ou de la corrompre d'un combustible nauséabond. L'enfance avait cette vulnérabilité malléable et il savait que impliquée, son innocence se fragiliserait sous les dictées de boniments adultes. C'est avec une appréhension palpable qu'il suivit Ninomiya jusqu'au bar du centre aquatique. Les us et coutumes nippons l'avaient initié en amont de quelques années à cette soumission approbatrice. D'autant plus qu'il ne pouvait se percher plus haute fonction que lui au sommet de l'organigramme : Monsieur le premier ministre. Il jouissait de sa position qui lui donnait ce privilège quasi divin, celui de ployer le monde à son gré — un pouvoir aux amplitudes insoupçonnées.

Ninomiya était avisé en ce qui concernait le maniement de la conversation. Il l'introduit sur un autre motif que celui de cet entretien informel, exploitant la source d'un malaise ultérieur.

Blessure professionnelle ? Hayes ne pu contenir de toucher son torse à cette succincte évocation. Là où était gravé sur sa peau, une cicatrice analogue. Le simple fait que Ninomiya close le sujet sur un toussotement évocateur ne l'encouragea pas à poursuivre autrement que par un simple « Je vois. » pensif.

Lui aussi avait peu envie de s'entendre sur la chronologie de sa toison épidermique.

Le sujet concret de l'entrevue ne se fit point attendre et tomba douloureusement dans les tympan de Hayes dont la myosis de ses iris traduit la réception de son incrédulité.

Cet endoctrinement ne lui inspirait rien de bon. Ni de si fertile que Ninomiya ne laissait lui prétendre. Les chapitres de l'histoire parlaient d'eux mêmes sur le traitement de la jeunesse et des forces politiques dictatoriales. Le résultat de cette alchimie n'aboutissait point à des enfants de choeurs.

Hayes sentait une désagréable lame sous sa jugulaire et seule son expression grave pouvait traduire son agitation interne. Du temps. Il devait gagner du temps.

Cette décision latente serait toujours un répit laissé à Mariko.

« Mariko ressemble énormément à sa mère. Elle est curieuse et s'intéresse à son environnement pour en absorber chaque détail. » Si prendre l'exemple d'une forte tête osant encore la tenir devant les chiens armés du gouvernement pouvait inspirer une bonne illustration... « Je vous remercie de vous intéresser à l'avenir de Mariko. J'ai entendu parler de ces camps et leurs programmes. Je les pense intéressants pour inscrire son enfant dans une démarche citoyenne, cependant... » Il osait dans ce retournement diplomatique les points de suspension. Son regard plongea dans celui de Ninomiya. Le père prédominait dans son expression au détriment du soldat qui osait sortir temporairement du rang. Il savait pertinemment qu'il perdrait à ce jeu, duel d'oeillade et d'échine courbée, mais il m'abdiquerait point sans un certain panache. La force d'un soldat résidait aussi dans son audace. «... Je ne suis pas le seul tuteur légal de Mariko. Sa mère, mon ex-femme à aussi un regard sur son éducation. » Dernière contemplation fixe dans ces iris mitoyens glacés de verre. « Je lui en parlerai en lui présentant les bénéfices d'une telle expérience. Je pense que nous devrions trouver une décision adéquate pour Mariko. Même si elle à son mot à dire, et je pense que vous ne manquerez pas de l'occasion de lui en parler en personne ? » Il ponctua sa conclusion d'un sourire affable.

Au final il n'était qu'un canidé docile tenu en laisse sous les ordres d'une puissance souveraine. Et il ne pouvait céder sa muselière sous peine de s'arracher des gencives dans son effort acharné. Ou d'autres chairs... Une qui s'esthétisait plus que sa propre peau, une en descendance de ses gènes. Mariko Murakami.

« La dernière loi devrait restreindre bien des tensions de ce point de vue. Vous savez que je serai toujours contribuable à cet effort, Monsieur. »

Et le labrador tendait à nouveau la patte, pataud. Il n'avait pas oublié qui était le maître. Il craignait à vrai dire le bâton. Cela allait s'en dire, Ninomiya ne l'aurait certainement pas demandé de lui rapporter.
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Yuzuku Ninomiya
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Localisation : Dans les laboratoires.
Lun 20 Nov - 14:02
Cela semblait littéralement être un de ses chers plus petits plaisirs que de coincer certains de ses employés et les obliger à faire quelque chose contre lequel ils étaient viscéralement contre. Comprenez que Ninomiya ne haïssait pas Hayes, ni ne comprenait qu'il était contre Kira, sinon il l'aurait opté pour la pire des solutions depuis longtemps, mais son sadisme, sa cruauté naturelle le poussant à la manipulation. Il prévoyait même les coups durs et un enfant était un objet important dans la relation qui le liait à ses employés : plus il possédait d'éléments pour manipuler, plus tranquille il serait par la suite. C'était une leçon qu'il avait apprise et surtout comprise depuis très longtemps.

« Vous n'êtes pas le seul tuteur légal de Mariko-chan ? Et bien...parlez-lui en. Elle ne saura refuser, j'en suis certain. Ces camps de vacances sont un régal et déjà beaucoup d'enfants des membres du gouvernement en profitent et s'y amusent beaucoup. En effet, si elle le demande, je pourrais avoir une conversation avec elle. »

C'était plus dit avec politesse qu'autre chose, Ninomiya se foutant complètement d'avoir une conversation avec une mère de famille, aussi importante soit-elle. L'important était de gagner une gamine à sa cause pour que son père ne se retourne jamais contre lui, le reste, il s'en foutait.

La conversation se détendit un peu lorsque Hayes aborda quelque chose qu'il connaissait très bien : et pour cause, il en avait été investigateur. Ninomiya lui sourit de tout son calme avant de tapoter lentement la table en plastique – ce tic commençait à devenir légèrement récurrent, il faudrait qu'il pense aller consulter. La dernière loi avait été un succès. Non seulement elle avait permis de renflouer des troupes parfois en déficit – la résistance leur causait beaucoup de morts dans leurs camps – mais, chose plus subtile, elle avait également permis de déceler des comportements à risque et des opinions divergentes parmi les « stagiaires ».

« La nouvelle loi nous permet beaucoup de choses. Êtes-vous tuteur ? Je suis curieux de savoir comment cette période se passe pour vous. J'ai eu quelques retours pour l'instant, et je suis satisfait que nous faisions rentrer ces jeunes dans le droit chemin. »

Son sourire était parmi : ni sadique, ni triste. Il était juste parfaitement neutre, faisant semblant d'ignorer la douleur qui lui cisaillait le genou ou l'envie de contrôler le moindre de ses employés et, plus encore, ceux qui le dérangeaient à la piscine.

« Avez-vous entendu parler de Mello, Hayes ? »
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Dim 26 Nov - 10:18
Cette journée qui s'amorçait idyllique, d'un bonheur profitable dans l'accalmie d'une sortie familiale, se distançait de ces menues réjouissances pour se distordre de cauchemars anxieux. Des agitations moribondes blanchissaient les tempes de Hayes sous lesquelles s'entrechoquaient ses cognitions de père torturé. L'approbation mutilait ses lippes qu'il cédait dans une frustration indicible. Acquiescer le départ de Mariko et ouïr son nom des cordes vocales du premier ministre nouait le saillant de ses artères d'une contraction contrariée, blâmée. Plus que jamais, Hayes sentait cette impuissance protectrice peser dans l'engrenage de son cœur lourd du fardeau de ce consentement oppressé. Il échouait et se sentait déchu de son rôle paternel. Les monstres qui présageaient d'obscurcir les rêveries de sa descendance ne seraient point dissimulés sous le sommier mais d'une cruauté tangible infectieuse, assez purulentes pour affecter sa candeur vulnérable. Quand bien même, la foi quant au discernement de sa fille demeurait, Hayes se troublait sous le constat d'autres réflexions stimulant son esprit de formes redoutées. Des suppositions qui s’affûtaient vers des interrogations qu'il espérait aliénées. 

Et si cette tentative d'enrôler Mariko était une garantie de sa fidélité envers le régime ? Une assurance qui serait légitimité au regard de sa clémence douteuse dans certaines affaires où il avait délibérément laissé s'échapper de jeunes résistants, par compassion ou peut-être par transfert. 

Bien qu'il doutait que les motivations du premier ministre n'étaient quelque prétexte répréhensible, Hayes ne pouvait endiguer ses questions lapidant sa boite crânienne. Même si une vérité intestine — et qui le blessait de l'admettre — subsistait dans sa conscience. 

Ce n'était qu'au sein de la souveraineté de Kira que Mariko serait le plus intégrement abritée des tensions qui pourraient lui nuire.

Dans la tanière du maître siégeant son empire au cime de la pyramide ne subsistait plus solide forteresse. 

Et Yuzuku Ninomiya était un émissaire qui quand bien même tortionnaire n'aurait appliqué ses agissement sur l'innocence d'un enfant. Du moins se cramponnait-il à cette naïve idée. Les nerfs de Hayes étaient si friables qu'il ne pouvait que les fortifier de croyances furent-elles anorexiques. 

Le teint blême contrastant avec le sillon de ses cernes violines, Hayes plongea le brun de ses iris dans ceux du chef gouvernemental. Sa voix s’abîmait dans une réponse blanche ainsi que ses dermes. « Je vous remercie de votre attention. » 

L'hypocrisie diplomatique strangulait sa gorge qui eut du mal à ravaler sa salive. Une âpreté qui râpait un dégoût personnel. Il se haïssait pour sa docile approbation en opposition à ses plus chers principes. 

La conversation prit fort gracieusement d'autres détours verbaux qui permirent à Hayes de reprendre de sa mise et une palette de couleurs plus charnelles. L'effroi avait cet avantage d'être aisément distrait. 

« Je ne suis point encore tuteur, mais je ne serais pas contre le fait de profiter de cette expérience. J'ai eu des échos de la part de quelques collègues et aussi eu l'occasion de lire quelques rapports sur des cas plus dissidents qui ont permis de faire la lumière sur leurs agissements. A ce rythme, certains réseaux devraient être endigués. » 

Une énonciation qu'il évoquait sous un persona idéaliste masquant cependant quelque grief quant au châtiment de ces jeunes sacrifiés sur l'échafaud d'un jugement implacable. Peut-être était-ce parce qu'il avait connu l'ancienne justice mais Hayes la regrettait de plus en plus à mesure qu'il s’enfonçait dans les strates infernales de son travail. Il ne pourrait gommer de sa mémoire les nombreux faciès apeurés de cette jeunesse tant abandonnée à ses idéaux au point de s'instrumentaliser d'un trépas délibéré dans la grêle tentative de défaire Kira. 

Des pensées tortueuses qui lui firent se nouer nerveusement ses phalanges, pour se convaincre d'une vérité dont il doutait lui-même : « Nous devrions à terme atteindre cette paix générale. » 

Un souhait qu'il souhaitait réaliser malgré son entêtement contre les méthodes tyranniques et déshumanisées de cette société nouvelle. Le cœur de Hayes était divisé de deux canaux aux antipodes, incompatibles alliant efficacité et sentiment. Une douce utopie qu'il espérait en secret voir s'accomplir en sachant pertinemment son invraisemblance . 

Il libéra ses doigts noueux de leur froissement fiévreux en étreignant le verre que le serveur venait juste d'apporter. Il en profita pour rafraîchir son œsophage contracté depuis l'amorce de cette discussion. Dialogue qu'il renchérit en réponse à Ninomiya. 

« Qui n'aurait pas entendu parler de lui dans notre métier ? Il s'est donné les moyens d'être populaire. Certains le pensent mort, mais j'imagine que ce personnage est assez malin pour nous surprendre... » 

Il n'eut le temps de déployer son raisonnement sur le cas de Mello qu'une petite frimousse familière s'avança timidement vers la table que partageaient les deux hommes, jumelée d'une autre figure aussi juvénile que la sienne. Hayes s’interrompu d'un sourire attendri à l'égard de Mariko qui esquissait une risette enjouée d'insouciance. 

Les yeux de l'enfant scrutèrent successivement ceux du premier ministre et ceux de son père dont son instinct enfantin interprétait la gravité de leur conversation. 

« Papa, pourrais-tu me prêter des sous pour aller chercher des glaces avec Yuki ? »

Était-ce par cette pudeur intelligible que Mariko eut recourt à ce subterfuge ? Elle était assez réfléchie pour ne point s'imposer dans une discussion aussi pesante mais ne renonçait pour autant à ses menus désirs que son père gracia de quelques pièces avant que les gamines ne décampèrent en trottinant impatiemment. 

Hayes couvrit leur départ d'un rictus rasséréné avant de reprendre le sujet laissé en suspend. 

« Veuillez m'excuser Monsieur. Pour tout vous dire, je ne crois donc pas en la mort de Mello. Je le pense même assez entouré de fidèles qui lui auraient permis de maquiller son décès. »
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Yuzuku Ninomiya
Premier Ministre
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Localisation : Dans les laboratoires.
Lun 8 Jan - 14:43
Cette gamine était décidément très mignonne. Plus que l'embrigader dans une classe d'enfants trop tôt amenés à devenir des soldats, Ninomiya avait une petite idée sur ce qu'elle pouvait devenir. Sur à quoi Hayes pourrait bien lui servir. Ce n'était plus du tout machiavélique car, bien que beaucoup l'ignorait ici, Yuzuku Ninomiya avait lui-aussi une famille. Voir que son agent s'occupait aussi bien de la sienne lui donnait les pièces pour un éventuel recrutement pour servir de garde du corps pour son fils unique.

La vie de Ninomiya n'était pas très claire pour beaucoup. Il avait eu une femme, une fois. Il avait fini par divorcer car, pour le commun des mortels, il n'était pas facile de vivre avec un homme qui passait l'essentiel de sa vie dans ses laboratoires. De cette union était né Ori, frêle bonhomme qui avait désormais sept ans. Il était brun, malin et si Ninomiya n'était pas occupé par son travail, il s'en serait sans doute occupé un peu plus. En attendant, il lui attribuait des gardes du corps qu'il voulait discret. Régulièrement, il en changeait et faisait muter le dernier à l'autre bout du pays pour que l'existence du gamin reste un secret.

« Adorable, oui, adorable. Ne la mettez pas en colonie, ce serait un gâchis, en effet. »

Ce n'était pas un piège, mais ça aurait paru l'être. Un sourire inhabituel apparut sur le visage du premier ministre, mais la situation était au plus grave : ils devaient aborder de nouveau la question de la vie ou de la mort de Mello. En parler dans une piscine n'était pas une chose des plus agréables, mais il pouvait aborder suffisamment d'éléments connus par la population sans pour autant se faire choper un scoop par un journaliste.

« Alors vous êtes du même avis que nous. Cet homme est suffisamment malin pour nous échapper, mais plus pour longtemps. Vous comprendrez que je ne peux pas vraiment vous en dévoiler plus. Je suis cependant rassuré de voir que vous m'avez l'air tout à fait censé. Pour l'expérience de tuteur, vous attendrez un peu, j'aurais besoin de vous pour une mission plus importance dont je ne peux pas vous parler ici, étant donné les circonstances et notre environnement. »

Selon les rapports du capitaine Harlaown, les plans allant vers l'arrestation de Mello – ou Mihael Keehl pour ceux qui le connaissaient le mieux – allaient progressivement dans le bon sens. Il n'avait que hâte de l'avoir en face de lui et de lui faire endurer un procès qui serait sans doute considérer par ses pairs comme le procès du siècle.

« Ah. Vous recevrez par recommandé votre nouvelle affectation. Tâché d'être à la hauteur. »


Ninomiya se leva sans autre explication. Il fit un signe à ses gardes du corps qui se mirent aussitôt de chaque côté de son corps et esquissa quelques pas vers la sortie. Tout en boitant, il se retint de sourire et de chantonner sa victoire : pour le gosse, c'était bon. Il ne lui restait plus qu'à ordonner une enquête minutieuse sur le passé de Hayes, mais il en était sûr, son instinct lui criait : il avait trouvé son homme.
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