Pitié et allégeance à toi, Kira ! La foule s'inclina en silence, respectueusement devant cette idole masquée et inconnue.
 
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When you talk about destruction, don’t you know that you can count me out { Izû

 :: Tokyo - Zone RP :: Périphérie :: Appartement de Izû Saotome Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Mello
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Sam 12 Aoû - 20:12
Tout s'était passé comme dans un horrible cauchemar.

Mello s'était levé, de terrible humeur. Il était toujours de terrible humeur, mais ce réveil supplémentaire avait été ce qu'il y avait de pire : il avait rêvé d'Ishtar. Il avait rêvé qu'elle le prenait dans ses bras rassurants, qu'elle l'enlaçait en lui susurrant les mots doux qu'elle avait l'habitude de lui murmurer avant de l'embrasser dans un océan de tendresse.

Le réveil, causé par une grue chargée de faire des travaux dans le quartier – putain quatre heures du matin, ce n'est pas une horaire – avait été horrible. Il s'était senti coupé en deux et le lit, pourtant si attirant lorsqu'il s'y était couché il y avait deux heures, puait désormais la sueur et les mauvais souvenirs. Il s'était figé trois minutes dans la salle de bain, contemplant ses cernes dans le miroir et ses cheveux emmêlés par les mouvements nocturnes. Il les attacha d'un geste habitué, avant de prendre un flingue dans un tiroir et de le fourrer dans son pantalon.

Il était environ quatre heures et demi du matin lorsqu'il mit le pied dehors, le soleil n'était même pas encore levé, tout comme le ridicule couvre-feu instauré depuis le début du règne de Kira. Il avait laissé un mot à Matt sur la table de la cuisine, le prévenant qu'il allait faire un tour dans le quartier et surtout qu'il s'occupe du gosse s'il n'était pas revenu d'ici la fin de la matinée. En passant à côté de sa chambre, il avait vu la bouille de Maze qui roupillait paisiblement, comme s'il avait déjà tout oublié, de sa mère s'effondrant devant ses yeux à son père criant et en larmes. Pauvre gosse. S'il battait Kira bientôt, il pourrait espérer avoir une vie correcte.

Mello avait orienté son chemin vers un petit parc rempli de verdure où il emmenait de temps en temps Maze se promener. Ce n'était pas dans le même quartier que chez lui et cela faisait environ une demi-heure qu'il marchait, la tête dans les nuages. De nuit, l'endroit semblait beaucoup moins rassurant, surtout lorsqu'il entendit les premières voix s'adresser à lui dans la nuit.

« ...Arrêtez-vous ! Papiers, s'il vous plaît ! Vous êtes en infraction du couvre-feu ! »

Comment avait-il fait pour ne pas les voir, eux ? Ou plutôt, inconsciemment, s'était-il dirigé vers eux qui étaient tout de même largement visibles, avec leurs lampes torches et tout leur attirail soigneusement choisi. Mello soupira mais ne se fit pas prier.

Honnêtement, lorsqu'il fut au plus proche d'eux, il aurait pu leur montrer ses papiers. Dans ses poches, il y avait même un laisser-passer concernant le couvre-feu et il aurait très pu s'en servir, mais non.

Ils semblaient tous très jeunes, comme s'ils n'avaient jamais connus d'autres idéologies que Kira. Moulés dans cette autocratie, ils ne s'en sortaient que par la mort.

C'est par cette pensée que Mello sortit soudainement son beretta et appuya une fois, deux fois sur la gâchette. Ils étaient cinq, les coups de feu commençaient à pleuvoir tandis que lui courait dans le sens envers, se maudissant pour cette idée à la con. Il pensait réussir à sortir du parc lorsqu'il fut atteint par un tir à l'épaule.

Il était anesthésie par l'adrénaline et s'enfuyait toujours maladroitement, mais il savait que d'ici dix minutes, la blessure le lancerait terriblement.

« Bor...del. »

Presque à l'aveuglette, il s'était perdu dans les ruelles adjacentes au parc, avait poussé plusieurs portes jusqu'à en trouver une que son propriétaire n'avait pas fermée.

Ça pissait le sang et la douleur semblait revenir petit à petit, alors qu'il tentait de trouver une bonne cachette. Il se fourra derrière le canapé, résistant à l'envie d'enlever sa veste pour faire une compresse, puis attendit.

Un bruit.

Il resserra sa prise sur le beretta.



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Dim 13 Aoû - 17:14



Le dôme goudron de la nuit pèse sur la cité alourdie de ses obscurs agitations. Mouvances prohibées ne les rendant que plus envahissantes, plus désirables. La résistance prend encore plus de sens et de jouissance en bravant ses interdictions. Contradiction insinuée depuis l'enfance qui perdure dans la mutinerie de tes farces. Comme autrefois, tu grimes de couleurs la griserie murale de tes fantaisies.

Tu as échoué ton âme, une fois n'est pas coutume, dans tes grandes intentions nocturnes. La chape de suie plafonnant la capitale drapait les rues d'une galerie sublime. L'architecture de la mélasse de bitume t'a convaincu d'une idée saugrenue. Tu as enfermé sous le trompe œil d'un grillage une figure en pleurs, les barrières ont zébré son faciès dans ce message porteur : Les vrais prisons n'ont parfois pas de cage.

Fier de ta besogne peinturale tu as rebroussé chemin pour minimiser les risques. Les oiseaux de proie du Saint Kira rodent encore sournoisement et tu préfères esquiver leur ombre.

Te voici à présent le foulard enserrant tes lèvres, le bonnet goinfré de tes cheveux asymétrique, les sillons épais sous tes yeux seuls révélateurs de ton identité. Tu traînes tes enjambées fatiguées jusqu'à ton appartement où tu espères y trouver une accalmie après cette insomnie assouvie. Un effondrement de ta sanité dont tu constates les derniers vestiges en attestant de la porte de ton domaine ouverte. La drogue et tes soirées blanchies te font rire de ta propre négligence. T'es à bout, à rire comme un parfait idiot conscient de son sort, le sourire au bout de ses lèvres mutilées.

Tu franchis le seuil et c'est cette habituelle fragrance de gouache et de marijuana qui corrodent tes fosses nasales. Ces deux parcelles olfactives qui te siéent tant, te scindent tant aussi. Elles te divisent et te reconstruisent, les deux fissures de ton Être, le camé et l'artiste.

Tu rends peu honneur à ta profession et les représentation de l'art avec tes narcotiques. Mais tu en as cure... Peut-être que t'en aurais bien besoin d'une d'ailleurs. Ce monde est devenu fou.

Aux odeurs habituelles, un autre fumet de fer s'incruste dans ton cerceau. Tu sourcilles, cherchant une quelconque étiquette sur cette sensation immatérielle, ôtant les tissus obstruant tes chairs comme pour libérer tes perceptions à cette réception étrangère.

Tes phalanges frôlent l'interrupteur et c'est des pigmentations neuves et fraîches qui souillent ton plancher, d'un rouge carmin analogue à un coloris viandeux. Du sang ?

Tu t'assures de sa viscosité comme pour en attester sa réalité en mêlant au liquide tes doigts de cire. Leur source originelle, entre vie et mort croise alors ton regard ahuri. Tes pupilles se rétractent sous la vision de cet étranger caucasien blessé, enserrant dans ses poignes son arme.

Tu devines l'entourloupe et le règlement de compte probable à la cause de son état grabataire. Tes lèvres s'amincissent dans un pincement anxieux avant de s'ourler d'une assurance transcendant ta gorge. « Tu es rentré chez moi... Je ne te veux aucun mal, j'imagine même que appeler une ambulance ne serait pas à ton avantage, mais je peux limiter l'hémorragie. »

Les mains s'enfouissent sur le cuir de tes cheveux. Tu n'esquisses aucun gestes brusques en continuant de fixer le canon du pistolet.

« Je ne suis pas ton ennemi. »

Doucement et sûrement oui...

Jusque dans l'extrême tu restes empathe.

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Mello
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Jeu 24 Aoû - 22:02
De l'autre côté du canapé, il sentait le froid lui tendre les bras. Il riait tranquillement, anxieux et fiévreux, imaginant l'autre côté de la porte. Allait-il mourir d'une bête hémorragie alors qu'il avait survécu à tant d'autres choses ? Comment allait réagir Matt, qui allait vraiment le pleurer ? Et son gosse ? Son gosse, Matt pourrait l'élever, au moins ? ...Curieusement, il ne pouvait pas s'empêcher d'imaginer Ishtar l'attendre de l'autre côté.

Il voyait sa silhouette fine et son sourire mystérieux, il imaginait ses cheveux sombres et ses yeux brillants...c'était sans doute pour cela qu'il riait. Malheureusement, Mihael Keehl ne faisait pas partie des hommes les plus intelligents de la terre pour rien : il se rendit rapidement compte qu'il était en train de délirer complètement et pire, que des larmes étaient en train de couler sur ses joues. Pourvu que personne ne le surprenne dans cet état-là ou il le dézinguerait.

Plus tôt que prévu, alors qu'il avait prévu de se relever dans quelques minutes pour regagner le chemin de la maison, Mello perçut un bruit et des paroles à sa hauteur qu'il réussit à comprendre dans un ultime erreur de concentration. Il pensa immédiatement qu'il n'était pas spécialement déguisé et à quel point cela pouvait être dangereux pour lui et ses proches qu'on fasse un rapprochement entre Mello et Clarke. Le mafieux hocha grossièrement la tête, comme pour signifier au type qui lui parlait qu'il était en effet hors de question qu'il appelle le SAMU.

Pas son ennemi.

Pas son ennemi.

Il n'a plus la force de tenir le flingue, de toute façon, alors il le range dans ses vêtements. Si cet homme s'avère être un menteur, il n'aura qu'à lui régler son compte de manière impromptue. Son souffle était court, tandis qu'il tentait de se relever maladroitement en se tenant au canapé : il voulait lui faire face, il ne voulait pas que l'autre ait pitié de lui. Ce n'était qu'une balle dans l'épaule, bordel !

Courageux, il y arriva, tentant de ne pas trop grimacer, les cheveux dans le visage et la peau en sueur. L'hémorragie, elle, était loin d'être stoppée et le chef de la mafia était plus blanc que jamais.

« Je connais un médecin dans le secteur. Je vais pas t'emmerder plus longtemps, tu risques pas mal de trucs. Te mêle pas de mes affaires, elles finissent rarement bien. »

Il commença à esquisser un, puis deux pas maladroits en direction de la sortie.



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Jeu 31 Aoû - 13:49



La mise en scène de la pièce réduite de ton appartement se corrompt sous des airs artificiels. Le surréalisme de cette rencontre s'implante dans ta réalité et tu médites sur ta sanité pour braver ainsi assistance à un étranger ensanglanté intrus dans l'intimité de ton toit. Mais à en jauger les perles lacrymales suintant de ses globes, tu ne peux endiguer cet élan empathique, cette spontanéité altruiste. Le monde des cartels de drogues t'a immunisé de cette indifférence hostile à force de t'imbiber dans la misère au prorata de tes doses toujours plus véhémentes, de l'extase toujours plus dense. Tu as chu si bas dans les strates de fange et de souillure que le simple constat de cet homme sur ton parquet avili de fluide pupurin, ne t'angoisse point. Du moins pas pour ta propre sécurité. Tu en connais d'ailleurs les failles à force de t'exposer à l'extérieur la nuit tombée, et tu y consens.

Tu es porté par cette volonté de lumière, phare dans cette obscurité d'encre.

Il tente de se relever cet homme meurtri. Sur le point physique. Sans doute porte-t-il comme toi d'autres sutures de douleurs mal cicatrisées ? Ton cœur ne s'est jamais recousu de la perte de celui que tu aimais, et dont le secret de sa fonction l'obligeait à taire son nom.

Il était ton dealer. Et t'étais comme un camé au contact de sa peau. Son toucher charnel te faisait bien plus planer que toutes les herbes à merveille qu'il te vendait. Tu l'avais baptisé Brandy en hommage à son fétichisme portée sur ce breuvage ambré. Tu étais resplendissant dans ses bras noués comme des écharpes charnelles à ta nuque. Dans quel néant résidait-il maintenant ? Tu ne le sais guère. Mais tu es résigné d'admettre que son existence s'est amputée à ton réel. La drogue ne pardonne pas les hommes, et le châtiment est encore plus pernicieux lorsque ces mêmes mortels s'avisent les juges de ces vices.

Tu scrutes la figure blonde et sembles ignorer l'avertissement qu'il te verbalise. Les consignes n'ont jamais été ton fort encore moins dictées dans ton intérêt propre. Tes pas se rapprochent de sa grêle silhouette. Tu accoles ta carrure à la sienne, muant prestement en béquille vivante.

« Je pense être habitué aux histoires qui ne se finissent pas par un happy end. Et je suis depuis longtemps paré à toutes éventualités. »

Incluant ta mort.

Tu n'espères certes pas faire la fête avec tes potes les lombrics de si tôt, mais tu restes lucide sur ton destin. Il parait qu'il est de cette manière plus aisé de s'y préparer.

« Je t'accompagne chez le toubib. Tu n'auras qu'à m'en indiquer la route. Puis, je tiens à ta sécurité... ne serait ce que pour m'assurer que tu me payes la facture du pressing. »

Tes lèvres se tendent sous cette plaisanterie érigée comme une promesse insinuée. Un humour pour soutenir l'atmosphère critique de la situation.

« D'ailleurs, je m'appelle Izû Saotome. Comme c'est marqué sur la porte d'entrée. Et toi ? Tu ne sembles pas japonais ? »

Parler est également une bonne façon de le maintenir dans un état conscient.

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Mello
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Sam 2 Sep - 19:21
Mello ne souhaitait guère que quelqu'un l'accompagne car il deviendrait sans aucun doute une potentielle cible. En attendant, il profitait de cette providentielle béquille en agrippant de toutes ses forces, de plus en plus faibles. Son intelligence ne lui faisait toujours pas défaut et il se forçait à rester concentré autant que possible afin de ne pas s'effondrer dans une mare de sang : là, ce serait foutu, ils pourraient l'attraper si facilement qu'il aurait été inutile qu'il fuie aussi longtemps.

Mello eut l'impression, en ouvrant de nouveau la bouche pour articuler quelques mots, que celle-ci était pâteuse. Il voulut tourner la tête pour regarder l'état du canapé après son passage, mais il ne réussit à s'étourdir un peu plus : sa poigne se referma sur l'épaule d'Izû, comme s'il était l'unique pilier qui l'empêchait de tomber sur le sol.

Il n'était pas idiot, il savait en partie pourquoi ce garçon faisait cela – si on mettait de côté le fait qu'il désirait le livrer à Kira. Son seul espoir...c'était drôle de se dire cela, surtout lorsqu'on s'appelait Mihael Keehl et qu'on en avait connu d'autres beaucoup plus difficiles à supporter qu'une putain de balle à l'épaule. Était-ce à l'épaule ou un peu plus bas ? Il n'osa pas vraiment toucher la blessure pour tâter, de peur de précipiter une septicémie foudroyante et accessoirement de se déséquilibrer.

Ses pieds continuaient à avancer de manière assez mécanique en suivant le rythme d'Izû jusqu'à l'extérieur.

« Anglais. Je suis anglais. Harry Clarke. Des flics...m'ont tiré dessus. J'ai fait n'importe quoi. »

D'ici deux ou trois portes, il y avait celle d'un médecin clandestin : c'était un des atouts des mafieux, de connaître énormément de professions qui œuvraient dans l'ombre et il comptait en profiter.

Venger Ishtar.

Son objectif ne lui avait jamais paru aussi lointain.

L'air était humide et il avait l'impression, à chaque pas, d'entendre le cri d'un flic à sa recherche. Par chance, leur objectif n'était vraiment pas loin et dès qu'ils l'éteignirent, il s'arrêta de marcher.

« ...C'est là. C'est Ozuki. Un petit homme. Lui donne pas de fric, je le paierai moi-même. Lui donne pas ton vrai nom. T'as pigé ou... ? », il grimaça. Devenait-il une petite nature ou... ? « Je t'ai déjà vu...je sais pas où... »

Sa tête lui tournait, les connexions ne se faisaient plus. Mello prit une soudaine inspiration et un petit élan pour appuyer sur la sonnette du médecin, puis, l'instant d'après, s'écroula par terre, incapable de tenir plus longtemps avec autant de sang en moins.



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Jeu 14 Sep - 17:31



Son corps alourdit le tiens dans un fardeau charnel. Ta poigne crispée d'effort plante ses phalanges sur ses vêtements humides de sueur et de sang frais. Ta respiration siffle dans cet effort décuplé pour sauver les inspirations de cet inconnu d'une expiration brève. Lorsque tu rembobines l'intitulé de cette rencontre, sa définition te surprend d'un irréalisme dont tu n'as cure. La seule réalité que tu saisis en cet instant est ton implication dans sa survie qui s'impose comme une évidence : tu ne peux te résigner à l'abandonner.

Ce que tu es dévoué Izû ! Un lambeau d'âme d'empathie maladive te contamine. Et cette affection des autres mue en une infection corrosive. Quelle contagion risques-tu en frôlant son monde brouillé de mort et de représailles ? La réponse t'impacte la rétine sous la constatation de la plaie charogne de Harry Clarke : une balle vissée dans l'omoplate. Et lorsque l'on atteste de ton immunité grêle, il ne fait aucun doute que le fléau s'empirera pour toi d'un trépas bref.

A trop aider autrui, on récolte la pluie. Un déluge de douilles dont tu espères ne jamais braver l'averse.

Aucune ombre ne viendra entâcher cette soirée déjà souillée.

Tes iris fixent fébrilement la calosité charnière suitant ses couleurs de l'épaule mitoyenne. Les teintes se diluent aussi du visage du blond qui perd graduellement de ses forces. Une alerte qui fait se presser ton pas.

« Enchanté alors Harry. Je vais te sauver alors tiens bon ! »

Tu ne peux que ressasser inlassablement son nom à voix haute. Voix hâte aussi. Haletante d'un souffle que tu perds à le hisser d'un sol irrésistiblement attractif. Vos jambes chancèlent en chorus et tu te réjouis à la perspective qu'un médecin clandestin ait élu domicile à quelques paliers de ton domaine. Tu n'aurais pu t'estimer de ton rang de sauveur autrement.

Tu tends l'oreille aux recommandations de Harry sur le protocole d'usage pour aborder ce bandit bienfaiteur et c'est bien la dernière intonation que tu n'entends sortir de ses vocalises avant qu'il ne s'effondre à terre suite au choc hémorragique. Chute reflétée dans tes orbes dilatée d'angoisse maitraîsse. Une anxiété porteuse. Tu avais eu vent de cette hormone d'adrénaline et de ses prouesses sur le corps humain, tu n'aurais figuré en sentir présentement le battant sur la surface de tes veines pulsantes de célérité.

Tes poings frappent la porte comme un naufragé martèle les planches d'un radeau providentiel. Un homme ne tarde pas à apparaître sur le seuil, dévoilant la noueuse silhouette d'un quadragénaire.

« Monsieur Ozuki ? » Ta voix s'étrangle dans ta gorge sèche. « Je vous en supplie sauvez le ! Harry m'a indiqué que vous résidiez ici. Le temps presse ! »

Sans autre forme de procès le docteur se penche sur le corps du blessé et le ramène à l'intérieur. L'action est précipité et tu t'insères malgré toi dans son espace personnel improvisé assistant clinicien pour cette macabre occasion.

Tandis qu'il opère Harry Clarke, les derniers mots de celui-ci te susurrent aux lobes leur articulation ultérieure interrogative : Où vous êtes vous déjà rencontré ?

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Mello
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Ven 22 Sep - 16:25
Mello se réveilla dans le coltar environ une demi heure plus tard. S'il y avait quelque chose qui était sûr, c'était qu'il ne sentait plus la douleur dans son bras. Il relia vite cela à la perfusion de morphine qu'il put rapidement distinguer. Il avait du mal à rassembler ses esprits, de la fuite dans le parc jusqu'ici. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il n'avait pas été très malin...Mello se frotta les yeux, espérant que son gamin ne s'était pas réveillé depuis son départ et grogna.

Oui, Mello grogna. Depuis toujours, il n'avait jamais été très affable, grogner semblait donc être pour lui une méthode de communication comme les autres. Et Matt ? Matt avait un sommeil des plus restreints, lui, il y avait de fortes chances pour qu'il se soit aperçu de sa disparition et, pire, qu'il soit tombé sur des news inquiétudes du style qu'un résistant s'était enfui près de chez eux après avoir tiré sur plusieurs flics. La merde était totale et, comme toujours après avoir fait un acte irréfléchi, Mello se mordit les doigts d'avoir pu faire un truc aussi con.

Ce n'était pas comme s'il se retenait tout le temps de le faire, au contraire, mais ces derniers temps, c'était de mal en pis. Les pulsions suicidaires devenaient de pires en pires et l'envie de venger Ishtar était des plus pressantes. Mello râla, avant de tenter de se relever du lit sur lequel on l'avait installé. On lui avait enlevé son haut de manière à l'opérer le plus simplement possible, mais où étaient son portable et son flingue ?

Il réussissait à percevoir, dans la pièce, des chuchotements et aperçut vite, dans ce qui semblait être un bureau, l'homme qui l'avait ramassé chez lui accompagné du médecin qu'il lui avait conseillé. Ce n'était ni le meilleur ni le moins bon, mais au moins, Mello savait qu'il faisait un bon boulot.

« Vous foutez quoi ? J'suis pas mort, vous savez. »

La tête lui tournait, il avait dû perdre un bon paquet de sang dans sa fuite, tout autant d'ADN qui le rendait traçable et identifiable. Merde, appeler Matt devenait maintenant une urgence.

« Bon, Doc, je sais ce que vous voulez dire : du repos. Vous savez tout autant que moi que ce n'est pas pour tout de suite. », sa main droite agrippa le téléphone portable au coin de la table, au même endroit que son haut. Le déverrouillant, il chercha Matt dans ses contacts pour l'appeler immédiatement.

« J'appelle un ami. On vous donnera le fric, Doc, et vous n'entendrez plus jamais parler de nous. », il regarda Izu, en attendant que Matt décroche. « Tu veux venir avec moi ? Tu t'es foutu dans une merde monstre. »



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Ven 29 Sep - 17:05



Dans quel draps t'es-tu encore fourré mon bel Izû ? Ce qui est certain, c'est que se cache dans cette affaire puante comme une odeur de linge sale. Et étrangement ce miamse douteux te convient dans une mesure caractéristique : tu as toujours été salubre d'un milieu d'immondices, entre ordures et drogues brutes s'enchevêtrant dans le canal de tes narines de consommateur prohibé. Dans le fond que tu touches, cette histoire n'est qu'un vieux rouage de plus à s'emboîter dans la décharge de ta routine camée.

Tu as vu une surface si sombre de la déchéance dans la quête des paradis artificiels, que t'oses te figurer la qualité de l'éclairage aux enfers. Et aux pratiques peu orthodoxe du praticien clandestin, tu catégorises sans mal auquel de ces deux mondes appartient ton blessé.

Les cernes violines se creusent sous tes iris fatigués, tu as peu dormi il va s'en dire, à trop veiller l'autre ensommeillé. Pourtant, malgré ta blancheur de cire, anémiée de ce sang qu'elle a essuyé, te voici l'esprit tranquille.

« Il » est sauvé. Harry Clarke. Ou quelque soit son nom. Après tout l'important reste qu' « il » respire encore.

Le médecin s'est penché sur son corps groggy et reprend son souffle après une pénible opération. Tu ne peux t'empêcher de lui adresser une moue de reconnaissance tandis que tes doigts ténus enserrent un café noir d'amertume. Il s'est montré bien plus bienveillant que tu ne l'aurais cru, de la part d'un toubib suspect. D'ailleurs te murmure-t-il un pronostic rassurant alors que tu t'abreuves de ta boisson fumante jusque dans ton gosier. À croire qu'il est possible de dessiner des ronds de fumée avec un composant aérien beaucoup plus sain que la combustion de ta marijuana. Le docteur a même eu la décence de ne pas faire de commentaire sur l'aigreur de ton parfum, si caractéristique.

Alors que vous discutez de son état, le principal sujet de votre discours émerge de son inconscience. Tu l'accueilles d'un sourire soulagé, qui se renforce en attestant de sa répartie. Si sa parole est si déliée, et pour avoir la force de la débiter après avoir mangé du plomb par l'épaule, c'est que le chirurgien a bien fait son job. Faudra vraiment que tu retiennes son adresse pour le jour où désinhibé, il te prendra la lubie de te faire un tatouage maison à l'épluche légumes.

« On peut dire que tu te recharges vite, Clarke. J'espère que ceux qui t'ont coursé n'en feront pas autant avec leurs armes. »

Un salut admiratif dès le réveil et une inquiétude pensante dans la même insertion, tu espères crédule glaner de ce dialogue détourné des informations sur sa situation qui s'est infectée jusqu'à t'étreindre. Clarke et toi êtes dans la même galère. Tu pries pour que ce sauvetage que tu lui as tendu ne termine pas en naufrage.

Il plaint ton implication. Tandis qu'il attend son appel tu profites pour lui rétorquer le visage ourlé d'un rictus sincère.

« Ne pense pas te débarrasser si tôt de moi, Clarke ! Lorsque je m'assure de la santé de quelqu'un, je ne suis pas du genre à le lâcher pour me défiler au moindre prétexte... Aussi musclé soit-il. Je savais à quoi m'attendre en te sauvant. En ce sens, je consens à ce qui m'arrive. »

Descendre d'un étage de plus dans les sous-sol de l'humanité ne te pose pas de contrariété. La certitude d'une chute, c'est qu'elle cesse sa dégringolade.

Et tu n'as pas terminé de tomber.

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Mello
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Sam 7 Oct - 16:25
Mello raccrocha, heureux d'avoir entendu la voix de Matt qui était, dieu soit loué, encore en vie. Il ne savait pas ce qu'il deviendrait sans le rouquin et savait évidemment qu'il abusait encore un peu.

L'anesthésie lui permettait de se déplacer librement, l'adrénaline faisait le reste car si ce n'avait pas été le cas, Mihael Keehl aurait été dans une assez mauvaise situation, ne pouvant plus bouger du lit dans lequel on l'avait collé. Il fourra le téléphone portable dans sa poche, attendant probablement que son alter ego de conneries le rappelle.

Il jeta un bref regard à Izû qui était toujours dans les parages – ce type était tout de même relativement débile, d'être resté ici, avec le danger qui rôdait. On pouvait y voir une part de fidélité et ça sonnait bon pour la suite, mais Mello ne voulait plus que quiconque risque sa vie pour lui de cette manière-là. Il se contenta de lui envoyer un regard noir.

« Tu n'as aucune idée de ce jusqu'à quoi ils sont capables d'aller s'ils te chopent. Comme tu l'as dit, ceux qui m'ont tiré dessus risquent d'arriver à tout moment. Désolé, Doc', la prime n'en sera que plus conséquente. Par chance, à part s'ils ont des chiens avec eux, la nuit rendra plus difficile leur traque. Mon contact devrait arriver dans une vingtaine de minutes, mais nous ne devons pas bouger de là. »

Mello s'assit sur une chaise qui traînait là, sentant ses forces diminuer de minutes en minutes suite aux efforts qu'il venait de faire. De manière floue, il distingua le docteur s'avancer vers lui et ouvrir la bouche pour l'engueuler, sans doute. Les sons étaient devenus drôlement étouffés, mais il y avait 99% de chances que ce ne soit qu'un effet passager dû à l'anesthésie. Il se contenta de sourire, à défaut de lui montrer un majeur bien provocateur : manquerait plus qu'il le dénonce.

Ses pensées se tournèrent vers Izû : ce type était louche, c'était sûr. Pour commencer, il ne l'avait pas mené à un poste de police alors que c'était quelque chose qu'aurait fait n'importe quel citoyens de Tokyô, et puis il semblait vraiment se préoccuper de lui. Mello secoua la tête, sentant les pensées morbides revenir : pour lui, c'était clair, s'il ne faisait pas plus attention, ce type ne survivrait pas longtemps sur le terrain. Il se ferait assassiner par Ninomiya ou Kira, comme l'avait été Ishtar, ou finirait la tête éclatée dans un caniveau par n'importe quel gang un peu violent. C'était triste, mais c'était sa réalité.

« J'ai jamais dit que je me débarrasserai de toi. Je t'embarque avec moi, c'est trop dangereux pour toi là où tu vis actuellement, ils y sont sans doute. Rassure-moi...T'as bien fait attention à ce que mon sang ne coule pas sur le sol, quand tu m'as porté ? »

Il s'en souvint soudainement : oui, ce souvenir lui était revenu tout à l'heure et il avait tardé à refaire surface. Il avait déjà vu ce type au musée, la fois où il avait voulu faire une fleur à Matt et où un connard leur avait gâché l'après-midi. Bien sûr !

« On s'est vus au musée. J'ai désarmé le type. On a dû fuir avant la fin, un agent de Kira était sur place. »



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Lun 9 Oct - 12:01



Lorsque tu le fixes, tu constates qu'il appose sur ton faciès un regard pesant, une œillade noire, et tu ne peux qu'abaisser tes iris dans une moue approbatrice. Ses mises en garde répétées te confortent progressivement, te projettent aussi, dans la réalité de cet inique monde que tu as franchis : le souterrain de l'humanité, aux scrupules sales. Tu avais eu une prémonition de cet univers en frôlant les paradis artificiels et leurs dirigeants avides. Les dettes tu ne comptes plus les fois où tu les as payé de ta chair. Les piercings arrachés et riches en hémoglobine fraîche, devaient avoir une valeur marchande pour que tu aies subi ces traitements maintes fois. Or, tu perces à présent les strates d'un enfer urbain plus cruel. Les souverains de ce Tartare siègent sur des fonctions culminantes. Point des moindres. Si tu te doutais que le premier sinistre fût impliqué dans ces machinations, tes traits auraient fondu ainsi qu'un cierge pour te parer d'une teinte de cire. 

Verser sa tête dans le vertige de la vitesse sans port de casque. S'improviser le funambule sur le littoral d'un gratte-ciel. S'enfumer les poumons d'un poison aigre. Ces dangers que tu apprécies palper comme pour revitaliser ton existence et en rehausser toute sa saveur, ne seront que de fades mises en bouche en comparaison au reste. Et dieu — comme Kira — sait l'inventivité des Hommes en imagination de torture. 

T'es peut-être un mort en sursis. Mais ce constat te fait hausser les épaules avec une conscience désinvolte d'adolescent. Qui ne possède pas ce statut analogue ?

Dans le fond, tes belles paroles sont juste là pour te sauver la face. Ton masque charnel est fissuré de cicatrices, petit scarface usurpé. 

« Je pense que leurs ''bons traitements'' peut aller bien au-delà, de ce que je peux me figurer. »

Tu ne crois toi-même plus à cette fierté qui ourle tes lèvres alors que tu ingurgites un rictus de façade. Tu es flippé sous ce persona. 

« Merci de me rendre la pareille, Clarke. » Sont les derniers mots que tu parviens à articuler avant de te raidir. Souplesse cadavérique. Couleur de macchabée. Tu ne sais si dans la précipitation du pronostic engagé du jeune homme, tu as veillé à amoindrir les traînées de sang sur le parquet. Ton mutisme et ton air décomposé servent une réponse bavarde. Tu te mords les lippes en maudissant ta négligence qui pourrait s'impacter lourde de sanctions. 

Une sentence qui ne manque point de te couper la parole dans ta brève tirade stupéfaite.  « C'était toi le fameux champion d'arts marti- »

Trois coups secs à la porte d'entrée freinent ton élocution. Une sueur glisse dans ta nuque avec le tranchant d'une lame. 

La sorcière aurait-elle trouvé les miettes oubliées par Hansel et Gretel ?

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Ven 20 Oct - 22:19
Matt profita d’un feu rouge pour sortir son portable de sa poche. Il était assez sage pour ne pas trifouiller son téléphone en conduisant. Il voulait relire une énième fois le mail qu’il avait reçu il y a quelques heures, histoire d’être sûr de ne pas avoir halluciné.Il avait failli avaler sa cigarette en lisant le nom de l’expéditeur: Sayu. Des mois qu’elle avait disparu, ne répondait plus à ses mails, et tout à coup elle lui envoyait juste un putain de SOS, car comme d’hab, elle était dans le pétrin. Cette fille s’attirait des ennuis à la pelle, c’était impressionnant. Et lui, il accourait à son secours…. Encore. Il avait fait des recherches, pour comprendre que Light avait fait interner sa soeur dans le pôle psychiatrique; et il comptait bien aller la chercher tout à l’heure, après avoir récupéré cet idiot de russe, qui c’était encore fait blessé.

Arrivé à destination, il ne prit pas la peine de se garer, laissant la bagnole en plein milieu de la rue. C’était un quartier résidentiel, il ne devrait pas y avoir trop de passage. Et si quelqu’un passait par là, il n’avait qu’à klaxonner en l’attendant, pis il reviendrait bouger sa caisse en faisant un doigt à s’connard.

Matt était d’une humeur de chien. D’une part parce que Mello avait encore agit comme un décérébré (mais comment pouvait-on être aussi con et intelligent à la fois?), mais aussi parce qu’il était sur le point de péter un cable (le comble pour un geek?) à cause de Sayu. Peut être que Mello avait raison de se méfier d’elle, de toujours vouloir que Matt évite d’être en contact avec elle…. Mais il n’y pouvait rien. C’était plus fort que lui. Il tenait à elle, peu importe à quel point elle le rendait dingue, à agir inconsciemment… Ils faisaient la paire, Sayu et lui. Ils allaient finir par le tuer, un jour.

Il sortit de la voiture, et claqua la portière d’un coup de pied. Clope au bec, lunettes bien en place sur sa p’tite tête de rouquin, il avança jusqu’à une porte bleue qui semblait être l’adresse indiquée par Mello. Il frappa, trois coups, le code pour que le russe sache que c’était lui. Comment allait-il le convaincre d’aller chercher Sayu? Devait-il le mettre au courant? Lui raconter un bobard et conduire directement jusqu’à l’hôpital pis l’obliger à le suivre d’une manière ou d’une autre? L’assommer et le balancer sur la plage arrière de la voiture? Car c’était indiscutable, ils allaient chercher Sayu, et AUJOURD’HUI. Si Mello pouvait péter des crises et faire des caprices, Matt aussi. Y’avait pas de raison. Aujourd’hui il se donnait le droit d’agir aussi impulsivement que lui. Aujourd’hui il était hors de lui, et rien ni personne ne se mettrait sur sa route. Il bouillonnait de l’intérieur, et espérait bien que Mello sentirait tout de suite qu’il n’avait pas intérêt à discuter.

Quand la porte s’ouvrit, il se trouva face à un jeune homme aux cheveux bleus, style punk. Pauvre type, il espérait que Mello ne l’avait pas trop mal mené.

- Salut. J’viens chercher Calamity Jane.

Si son esprit n’était pas aussi inquiet et préoccupé à cause de deux zigottos impulsifs, il aurait peut être reconnu le jeune homme comme le punk de l’expo des jeux vidéos.




Be kind, rewind. ♥️ Merki Mellofée ♥️
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Mello
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Hier à 21:10
Le sang qui s'était répandu sur le sol devenait un problème pour le moins marquant, songeait-il tandis qu'il jetait des coups d’œil réguliers sur l'horloge, hésitant à chaque seconde à se tirer par derrière. Izû avait l'air de se rendre compte de ce qu'il faisait, mais Mihael, lui, avait de plus en plus de scrupules à embrigader des gamins innocents dans son merdier. Eux, ils n'étaient pas comme les londoniens à ne connaître la rébellion seulement par son nom. Ils n'y allaient pas par acte purement rebelle contre la société, mais plutôt parce qu'un jour ou un autre, ils avaient vécu un événement traumatisant qui les y avaient emmenés. C'était sûrement le cas d'Izû, comme c'était le sien avec la mort de leur mentor à tous, ou encore celle de Matt qui l'avait retrouvé, ensanglanté, au milieu d'un QG complètement explosé.

C'est pourquoi, au lieu de l'engueuler comme il l'aurait fait pour n'importe quel gosse de riche, il se contenta de regarder légèrement à gauche, déjà trop heureux de tenir un minimum – même s'il ne faisait pas le fier – sur ses pieds. Il était conscient qu'il avait perdu beaucoup de sang et que si les flics réussissaient à trouver sa cachette, il se ferait probablement tuer, mais la vie était un perpétuel jeu de poker : il ne comptait pas arrêter de bluffer de sitôt.

Alors que le punk qui lui avait sauvé la mise semblait enfin l'interroger sur sa présence en commissariat, Mello entendit trois coups secs contre le métal de la porte. Un code que Matt et lui avait établi depuis longtemps, mais qui ne les mettait pas à l'abri qu'un con de flic l'emploie dans un pur hasard. Sa main attrapa la crosse de son beretta, prête à dégainer si besoin.

L'homme qui faisait face à Izû lui était finalement familier dans sa manière de parler, dans sa manière de se mouvoir, ses vêtements, la couleur de sa peau, de ses lunettes pourtant atrocement moche. Mello s'appuya sur un quelconque meuble pour se relever sans frémir et se rapprocha de lui pour lui faire face.

Il connaissait Matt depuis des années maintenant et le rouquin avait toujours su être un parfait acolyte, suivant ses plans les plus désespérés. Il avait toujours été plus un chien chien, mais son caractère calme en faisait un parfait ami pour le blond, ce qui lui permettait évidemment de mener la danse avec une énergie qui n'appartenait qu'à lui. Bref, ces années de bêtises communes avec le rouquin lui permettait au moins de comprendre que son ami n'était pas dans son état normal. Très égocentrique, Mello crut évidemment que c'était dû à sa petite escapade – et lui s'en voulait également de le mettre dans un état pareil.

« Salut Matt. On doit dégager immédiatement, y'a sans doute des flics dans le coin ou y'en aura prochainement. Donc t'as pas le temps de faire ta petite crise ici, attends d'être en sécurité pour la faire. Ah. Et on embarque le charmant mec ici présent que j'ai mouillé dans l'affaire comme un gros con. Tu le débarques dans un endroit à peu près safe. », il jeta un regard intransigeant à Izû comme s'il reprenait les rênes de l'affaire alors qu'en réalité, il galérait à cause de l'hémorragie passée et menaçait de s'endormir comme un bébé à cause de la morphine. « Tu retournes pas dans ton appart' avant une semaine, quitte à leur raconter avec preuves que t'as passé des vacances j'sais pas où. On peut ajouter des preuves à ton mensonge si besoin, c'pas un problème. »

Il s'arrêta deux secondes de parler pour recommencer de plus belle.

« Bon, on se bouge le cul ? »



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