Pitié et allégeance à toi, Kira ! La foule s'inclina en silence, respectueusement devant cette idole masquée et inconnue.
 
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Les soirées doucement agitées sont presque fraternelles [Ft.Haruko]

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Lun 3 Juil - 11:14



Le monochrome d'un encrier englue sa chape de pétrole aux cieux, si crasseux que sa souillure entache les percées stellaires de son épaisse pellicule. Un coloris analogue à ces anciens négatifs éviscérés de leur polaroid, un noir laqué dans la probation d'un réactif lumineux. Tu t'es toujours amouraché des plus imperceptibles compositions esthétiques mon tendre Izû, assez pour aiguiser tes iris de suie dans l'impromptu d'une contemplation extatique – statique d'admiration. Le temps se dérobe à ceux dont les décideurs l'ont dépossédé, répercutant ses échos de vie, de vide sur son frais asphalte dépeuplé. Figé dans une fixation d'attente, les âmes de la fourmilière grouillante se recluent de la faune urbaine. Leur voracité s’accrut la nuit, ses prédateurs crochètent leurs darps de poudre sur le moindre pore de chair devenue canon. Un derme abattable. Une peau sacrifiable. Tout le cuir de ton Être se granule en un frisson délicieux. Ce soir, tu es aussi cette mire humaine.

Tu es conscient du danger. Tu consens à son frôlement. Il infuse une adrénaline vivifiante dans ta flore synaptiques, une jungle d'ambitions. Des convictions que tu adhères en vérité inflexible et dont le sens s’amplifie aujourd'hui : La liberté au prix fort.

Ô izû, que tu étouffes dans ta cage urbaine.

L’ascension de Kira a érigé des barreaux, contraignant les mouvances des masses pour les illusions d'un cocon sécure. Mais tu sais cette métaphore, la chrysalide vendue à tes pairs n'est qu'une prison dorée à la peinture écaillée. Le silence de ce couvre-feu que tu braves l'atteste parfaitement, ainsi que la mutité des morts tombés pour un morceau de rêve. L’opposition est devenue ce tabou que seuls les derniers idéalistes soulèvent avant de périr sous tout le poids de leur arrogance, la gueule ouverte mais à jamais bâillonnée.  

Combien sont-ils dans ce charnier ? Tu ne serais le définir. Tu t'imagines que le décompte doit être trop indécent pour être cautionné. Ces visages ne s'inscrivent même pas dans tes connaissances restreintes à une sphère sociale en partie discutable, pourtant, sans noms à graver sur leur mémoire, leur perte te pique d'une empathie douloureuse, d'une compassion tortueuse. « Ils » sont le tribu que tu pourrais être et que tu mets en jeu chaque putain de veillée interdite.

Tu gonfles ta poitrine de cet nocturne proscrit, une inspiration préquel à ton apnée dans cet obscur enfer d'huile.

Se mésallie-t-elle d'ailleurs cette odeur à tes narines. Le filtre de ton keffieh, écharpe haute enserrée sur tes mâchoires, en atténue les fragrances mais le stimulus en reste tangible. Les bombes de peinture écussonnées à tes côtes te parfument de cette silhouette va-t-en-guerre. Une allure légitime. C'est un combat innocent aux enjeux libérateurs. Ta voix part le crier à la surface des cités.

Liberté, j'écris ton nom.

Mort je dénonce ton despotisme qui nous tient par la peur.

Une crainte que t'as, plus addictive que la marihuana dans tes cônes mon con d'Izû. Et c’est elle qui désinhibe ta raison, éclairée, et dont tu espères que la lueur s'allumera en phare pour d'autres. Ta flamme tu l'as dans tes bombes de couleurs – paraîtrait même que l'alchimie de ces deux éléments fait son efficacité en feu d'artifice. Crédule, tu y crois.

Tes pas feutré se taisent dans tes enjambées discrètes. Être lumière, certes, mais un soleil d'ombres, les cerbères du gouvernement gardent leur territoire avec une hargne jumelle à cette créature antique. Encore que ce Médore te semblerait moins redoutable que la police. Les chiens de Kira ne peuvent s'apprivoiser que de leur bourreau de maître.

Ta déambulation te mène face à ton objectif : la devanture d'une allée passante animée aux heures diurnes, en as-tu observé lors de tes errances journalières. Une fréquentation que les œillades présentes bouderaient en scrutant la sombre avenue esseulée dans sa mer de goudron.

Le crachat de tes teintes colore cette toison de Nyx morbide. Le pochoir aplati au mûr, tu as anticipé la minutie de tes mouvements. Une gestuelle que tu as programmé dans la pluralité des quartiers, puissent-ils délivrer d'autres messages que la propagande infecte de l'empaffé binoclard.

Tu t'es amusé en toute bassesse de la sienne, en déformant son slogan : « Yuzuku Ninomiya : enfin une nation propre ! » La calligraphie de cette phrase enjôleuse couronne le manche d'une serpillière détrempant dans un seau, ménage carnassier et boucher, le contenant gorgé d'un fluide carmin et poisseux « … Et votre sang est un bon décapant. » Succède la mention originelle.

La peinture dégouline en filins caustiques, pourpre. C'est ton cœur que tu éclates dans les galeries ouvertes de cette capitale, ta sensibilité que tu baves irrévérencieusement dans un acte tanguant vers les honneurs d'espoirs gros. L'art est un révélateur des conjonctures qu'il a enlacé. Ce siècle s'illustra a mesure de son pinceau, Kira roi ou déchu.

Possédé par ta besogne, un bruit sourd s'impacte dans la venelle voisine et te fige. Ton pouls tambourine dans tes tempes suintant de sueurs, de stupeur. Tu rampes en spectre imperceptible le long du mûr en espérant ne pas être compromis...

Allié, ennemi ou présence fantastique de tes nerfs éprouvés, la réponse se saurait après cette épreuve de silence.


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Localisation : Au pays des Cochons d'Inde.
Lun 3 Juil - 23:00
La douleur. Légère, aigue, rapide qui se propage le long de la cheville, envahissant bien vite tout le pied. Voila ce qui attire en ce moment même l'attention d'Haruko.  D'habitude, elle est rapide, agile et silencieuse. Mais est-ce dû à une erreur de calcul, à trop de confiance en ses capacités ? Toujours est-il qu'elle a sauté d'un peu haut. Rien de cassé, aucune entorse, ça n'en reste pas moins désagréable.
Comme si ça allait l'arrêter. Quelques secondes d'immobilité seulement, le temps de s'assurer que tout va bien et la jeune femme est repartie, se fondant dans l'ombre tel le ninja qu'elle a toujours souhaité devenir. Bon, il faut avouer que sa tenue l'aide un peu. Les cheveux noués en natte serrée et dissimulés dans le tee-shirt évasé d'un noir de nuit, le jean assorti, la veste toute aussi sombre nouée autour de la taille, les baskets d'un gris à peine plus clair, et autour des joues, protégeant son visage des regards indiscrets, un tissu dont je vous laisse deviner la couleur, bouclier contre les potentiels ennemis qu'elle pourrait croiser. Oui, tout est fait pour la rendre discrète, et seuls ses yeux noisette et son front, ainsi que ses petites mains connaissent la sensation de l'air doux de la nuit à cette heure si tardive.

Alors, reprenant sa démarche souple, à pas feutrés, elle longe le mur, esquivant les rayons inquisiteurs de l'astre lunaire qui rend la bande centrale de la rue distinguable.
Et c'est un corps qu'elle effleure du bout des doigts, du nout du nez alors qu'elle manque de très peu de percuter ce qui semble être un autre être humain. Le contact tiède des vêtements encore portés sous ses doigts, la douce caresse d'une étoffe étrangère contre sa joue la font reculer avec vivacité et se plaquer contre le mur à nouveau, priant pour que dans l'ombre, on ne puisse distinguer le peu de peau à qui elle a épargné l'emprise des tissus sombres.

J'ai peur. Je l'avoue, j'ai peur. Le genre de terreur sourde qui contracte le ventre et bloque la voix, celle qui empêche de respirer, amplifiée par l'espoir de s'en sortir, comme si un point d'interrogation maléfique venait s'enrouler autour de moi, m'enserrant dans ses anneaux perfides pour me murmurer à l'oreille que les dieux ont accidentellement perdu les dés du hasard et que c'est à la chance qu'il faut s'adresser pour le bonus consommation régulière.

Fuir reviendrait à aggraver mon cas. Ce qui me cloue sur place.Est-ce que je devrais frapper la première ? Ce serait pire. Mais est-ce que je ne suis pas foutue de toute façon si je reste plantée là comme une espèce de bonne femme de neige passée au négatif ? Lui non plus, ou elle, n'a pas bougé. Peut-être que ce n'est pas un ennemi ? Ou en tout cas pas un policier.
Qu'est-ce que je fais ? Je débarrasse le plancher ? Et si c'était un résistant ? Un civil tout court peut-être ?


Les bras se lèvent dans un léger froissement de tissu, les petites mains se referment au hasard sur le haut ou la veste, elle ne saurait dire. Le pied s'écrase sans délicatesse sur les bitume, accentuant l'écart entre les jambes et la stabilité, les muscles se tendent et donnent une impulsion, cherchant à pousser le corps dans la lumière métallique de la lune.
La silhouette frêle en apparence suit le mouvement, dévoilant sa forme sombre à la clarté de la nuit, levant un regard méfiant pour détailler l'inconnu.
Des cheveux bleus ou violets, difficile à dire avec le manque de lumière. Pour faire court, il ressemble à une créature de la nuit. Le bas de son visage pâle est masqué par une écharpe et il semble fatigué.

" Vous...êtes un résistant ?"
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Jeu 13 Juil - 12:55



Ton cœur pulse un sang infusé d'adrénaline, contractant la chair de tes valves dans une toxine qui envenime ton torse dans un étau douloureux. L'hormone à pulsions érinte la machine à pulsations en résonance au siège de tes pensées, désorganisées dans un brouillon — brouillard — d'angoisse. Tes cognitions te lancinent ainsi que des aiguilles plantées profondément dans le fil de tes synapses. Tu t'abîmes, frisonnes devant cette menace des plus inquiétantes, celle que l'esprit amplifie, la peur sous sa forme anonyme. Un ennemi désincarné, sournois et sans visage.

L’effroi grime ce sentiment d’inquiétude qui embourbe sa vase dans une imagination fertile d’appréhensions. Te voici pièger, ersatz d'un rat dans une gueule charnière. La menace pèse tes épaules frileuses de panique. Tu te sens comme ces rongeurs dans leur ultime suffocation. La fatalité en travers de ta gorge aride.

Tu vas mourir. Tu vas mourir. Tu vas mourir.

Ces réflexions qui t'empoisonnent contre ta volonté matraquent le flot glissant de ta conscience. L’instinct te dépossède de ton analyse. Tu sombres dans cette anxiété roidissant tes tendons abandonnés à cette source primaire devenue le marionnettiste de ton corps grelottant.

L'ombre se rapproche, rapace. Mais contre toutes tes figutations imaginatives, tu n'es pas sa proie. D’ailleurs, ne cherche-t-elle-même pas à t’attaquer.

Elle ? Tu en déduit son appartenance à sa voix, aiguë et féminine. Bien sur ces caractéristiques ne dépeignent pas l'absolu féminin. T'es le principal concerné pour le témoigner avec l’affranchissement de ton genre gardant des vestiges de vocalises de ton ancienne identité. Celle en contradiction à ta carrure d'éphèbe d'urbain négligé.

L'absence d’hostilités entraîne les discussions. Ca tombe bien tu veux justement la connaitre avant de te dévoiler.

« Et ? Dois-je le prendre pour un blâme ou une félicitation ? »

Ton timbre vibre de méfiance tandis que tu ressers le foulard quadrillé sur l'emboitement de tes mâchoires.

La peinture sèche son alcool dans des vapeurs irritantes. La pénombre empègue ce décor sale citadin. Ce n'est pas un théâtre privilégié pour des palabres. Ca tombe bien, selon son appartenance politique, t'as pas l’intention de t’éterniser.

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Localisation : Au pays des Cochons d'Inde.
Ven 14 Juil - 16:20
Aussitôt, les mains s'abaissent, Les épaules se détendent, répandant son voile de fatigue dans les muscles naguère si effrayés. Sous le voile sombre de l'écharpe, un sourire invisible se dessine sur les lèvres roses. Elle a vraiment cru mourir. Ce qui l'amuse, c'est de penser que lui aussi, il a cru mourir. Mais ce soir encore, tous deux pourront mener leurs actions à bien.
Quelle imprudence a-t-elle commis, elle d'habitude si discrète. Elle aurait dû mieux regarder où elle allait. Mais peut-être le jeune homme a-t-il été attiré par le bruit de sa chute. Oui, décidément, quelle imprudence.

Vivante. Je suis vivante. Et libre. L'homme en face n'est pas un ennemi. Est-il un allié ? Un résistant oui. Mais est-ce moins dangereux ? Pas tant qu'il ne connaît pas mon bord. Dois-je cependant le lui dire ? Bien évidemment. C'est un résistant après tout. Réponds lui pauvre fille, réponds.

Les yeux d'Haruko ne se détournent pas, les sourcils se froncent à peine. La petite femme hausse les épaules, inclinant légèrement la tête sur le côté pour montrer une attitude pacifique, inoffensive. Sa voix, un peu moins haut perchée maintenant que la menace se dissipe se fait de nouveau entendre, vaguement étouffée par le brouillard.

" Prenez cela comme une déclaration de paix."

N'ayez pas peur. Il n'y a pas lieu de me craindre. Nous sommes du même côté. Tout va bien.

Une petite main blanchie par la lumière nocturne se lève en signe de paix, s'arrêtant à hauteur de la poitrine. Le bas du visage reste invisible mais les yeux sourient tout autant que les lèvres.


_"Vous êtes en mission spéciale ? Ou bien vous aussi, vous êtes du genre à repeindre la ville aux couleurs de la résistance ?"

Les militants solitaires, Haruko en a déjà croisés. Peu. Jamais elle n'a parlé avec l'un d'entre eux, jamais même elle ne s'en est approchée. Mais pour une fois, elle apprécie l'idée de ne pas être toute seule à évoluer dans les rues nocturne. Parfois, c'est agréable de savoir qu'on partage les mêmes zones d'ombre.
Et même si la jeune femme est loin de déprimer, la présence d'autres résistants indépendants la rend joyeuse.

Parfois, on se dit qu'on fait ça pour le bien de tous. D'autres fois on se demande si tous veulent un avenir différent de celui qui leur est promis. La solitude en elle-même n'est pas à craindre. C'est l'absence des autres qui effraie.

Aussi loin qu'elle puisse y penser, Haruko n'a jamais vu le jeune homme. Cela ne signifie pas qu'elle ne l'a pas croisé, mais elle ne l'a certainement pas vu. De toute façon, tant qu'il reste masqué, elle ne peut pas l'identifier. Elle ne le souhaite de toute façon pas. A la voix, il semble être un peu plus jeune qu'elle. Peut-être vingt-quatre ans. Peut-être aussi se laisse-t-elle abuser par les intonation féminines de la voix, comme si celle-ci n'avait pas encore bien décidé à quel genre elle appartenait. Pourquoi pas. Après tout, les cordes vocales font ce qu'elles veulent, non ? Pas comme les aveugles qui se laissent diriger par Kira comme des moutons. Ces aveugles là de plus, mettent leur vie entre les mains d'un pur illuminé, et quel intérêt pour un aveugle de s'en remettre à un allumé ? Quelle que soit la lumière, il ne peut pas la percevoir.

Alors oui. Tomber comme ça sur un inconnu lui a littéralement filé la frousse, mais tomber comme ça sur un résistant, c'est une bonne surprise.
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