Pitié et allégeance à toi, Kira ! La foule s'inclina en silence, respectueusement devant cette idole masquée et inconnue.
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

[Clinique privée] Comme d'habitude, je vais sourire. Comme d'habitude, je vais même rire. { Will

 :: Le Monde - Zone RP :: Le Monde :: Europe :: Londres - Zone RP :: Westminster Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
avatar
Messages : 24
Age : 26
Localisation : Dans ton dos.
Sam 29 Avr - 22:17
Un homme roux aux cheveux longs parcourait les couloirs de cette clinique privée, tranquillement. Sa démarche semblait absolument calme, comme ses mains dans ses poches et tout son comportement. Il respirait une espèce de force tranquille, quelque chose qui vous faisait dire que vous n'auriez pas aimé vous y frotter, l'air de rien. Il y avait dans ces yeux un air de malice, de quelqu'un qui en avait trop vu pour son âge, de son attitude celle d'un homme capable de se défendre.

Il semblait à part, même parmi les autres visiteurs de l'hôpital, comme s'il était investi d'une espèce de mission qui le sortait d'office hors du lot. Pour cause, chacun des pas qu'il faisait semblaient avoir un but, une issue certaine qui le mènerait fatalement à sa cible. Ces derniers jours, il avait été gentil : il avait tué à moitié un haut-fonctionnaire de Kira, recueilli une gamine utile à son clan, puis fait le chien de garde pour une femme en danger. Sa vie à Londres semblait devenue un peu trop calme, contraire à son destin qui respirait le danger.

Il avait suffi qu'il reçoive cet ordre pour que sa routine matinale soit cassée.

Il avait fallu qu'il lise quelques petits mots, qu'il voie une somme conséquente déposée sur son compte courant, pour se rendre compte que sa réalité était en train de changer.

Alors, comme tous les matins, il était sorti acheter des trucs à manger pour sa nièce adoptive, il avait partagé un repas avec elle, puis était sorti. Elle devait en avoir l'habitude, sa nièce : c'était tous les jours la même chose, et puis il était sûr qu'elle en profitait pour faire d'autres choses en son absence, il n'était pas non plus un geôlier. Pendant quelques semaines, il n'avait plus eu du sang sur les mains. Pendant quelques semaines, il avait ri comme riaient les hommes innocents et partagé son repas avec une gamine qui n'avait jamais commis de crime infâme.

C'était cocasse, non ? Penser à ça alors qu'il était sur le point de commettre le pire.

Il y a quelque chose qui vous marque avant de commettre cet acte, d'effleurer la gorge de votre victime de vos doigts : il s'agit de votre respiration. Juste avant de passer à l'acte, avant même de vous approcher d'elle, votre cœur bat la chamade, et il vous semblait que votre souffle tourne court – même en étant professionnel, comment pourrait-on s'habituer à un tel acte ? Vos pas s'avancent, dalle après dalle, dans un silence implacable. Personne n'ose demander ce que vous faites, votre corps dégage une espèce de solennité presque irréelle.

Enfin, votre main effleure la porte, sa porte.

Il y avait une différence entre l'approche et l'arrivée. La respiration se stabilise, les yeux se resserrent pour distinguer la cible endormie : tout est si facile.

C'est une jeune femme : c'est un point qu'il remarque, mais elle pourrait être une enfant qu'il obéirait tout de même aux ordres. Lorsque vos actes, votre corps sont calmes, vous agissez plus facilement : vous êtes libéré, mais en aucun cas, vous ne souriez. Tuer n'est pas un plaisir, juste un devoir.

Maksim s'empara, avec une douceur qui était la sienne lorsqu'il passait à l'acte, de l'oreiller de l'agréable femme aux cheveux roses – il se souvint se demander pendant un instant pourquoi cette couleur avant de poser l'oreiller sur la tête de Will et de remonter ses manches. Elle ne devrait pas souffrir et il préférait qu'il en soit ainsi : il n'aimait pas tuer et si il devait le faire avec cette personne, il valait mieux qu'elle soit déjà inconsciente, sinon il savait qu'il ne pourrait pas. Le fantôme de cette femme du passé était encore trop présent...

Il fixa sa montre pour savoir exactement quelle heure était inscrite sur son cadran, puis, appuya de toute sa force sur l'oreiller.

Clair, net et précis.

Dans cinq minutes, ça devrait être bon, beaucoup moins si ses forces étaient limitées.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 32
Lun 1 Mai - 22:03
Je n'ai jamais voulu te causer de chagrin
Je n'ai jamais voulu te faire de mal
Je voulais simplement, une seule fois, te voir rire ...


L'horloge faisait tic-tac dans la chambre cossue. En vérité, il n'y avait pas d'horloge. Mais le malade entend toujours le tic-tac.

Will essayait de dormir. Elle planait dans un entre-deux, pas désagréable, mais quelque peu fatiguant. Tout la fatiguait en ce moment. Pourtant, elle avait eu de bonnes nouvelles le matin-même. Des mois qu'elle galérait comme la mort qui se cherchait une peau. Et puis ce matin, Berenice, l'oncologue, lui avait dit le mot magique. Le Saint Graal pour le peuple de sa condition, qu'elle avait rejoint bien malgré elle :

"Rémission."

Jusque là, elle connaissait le mot "démission". Au cours de sa vie, elle avait dû virer l'équivalent de la population du Honduras. Les gens tremblaient sur son passage. Les responsables qui voulaient calmer leur monde avaient juste à dire "on transmet à la Direction", et les employés savaient que la Direction, c'était elle. Aujourd'hui, elle ne pouvait même plus lever le doigt pour montrer où était la porte.

"Maintenant, ne faites pas de bêtises. On va remonter la pente."

Si Berenice le disait, Will était prête à le croire. La bête avait tout de même fini major à Harvard. Elle aurait fini à la Wammy's, mais bon, tout le monde n'avait pas la chance d'être orphelin/trépané/amnésique. Au lieu de ça, Berenice était devenue un brave médecin, aimée de ses collègues et de ses enfants. Tout le contraire de Will.

Will n'avait pas d'enfants. Et par conséquent, ses collègues attendaient tous sa mort en se frottant les mains. Ils se les frotteraient beaucoup moins quand il verraient le testament, ces connards.  

Sous ses paupières, des lumières flottaient. Sa mémoire formidable lui permettait de revoir des épisodes de sa vie comme si elle les vivait en direct.

Des milliers de briquets allumaient autant d'étoiles dans les gradins noirs. Ça et là, éclataient les flashes d'appareils photo isolés. Le Sun Life Stadium était devenu un vortex cosmique. Il pleuvait des cordes. C'était le premier Superbowl sous la pluie, et depuis, c'était resté le dernier. Elle était venue seule, avec une vue imprenable sur les couples et les bandes d'amis. Will n'en avait cure à l'époque.  Elle n'était pas venue pour la météo, elle avait tout le temps de trouver l'amour de sa vie, et elle se moquait royalement du football. Mais elle n'aurait raté cette soirée pour rien au monde. Le centre de l'univers était là.

Je voulais seulement te voir rire sous la pluie pourpre
La pluie pourpre, la pluie pourpre ...
Est-ce que je peux jouer de cette guitare ?


Il avait ainsi demandé la permission au ciel. Le ciel avait lancé un coup de tonnerre. Oui, il pouvait. Il pouvait jouer assez bien pour faire glapir les étoiles. Sa guitare commandait la pluie comme le marteau de Vulcain commandait les forges divines. Un voile blanc était monté, flottant comme un mur, et l'ombre de Prince surplombait le monde. Elle pensait rester digne ce soir-là ; elle avait finit debout dans la loge présidentielle, à rire comme une demeurée.

A rire sous la pluie.

Quelque chose se déroba sous sa tête. Elle avait glissé de son oreiller, encore. Sa perruque allait glisser. Tant pis. A la fin de son souvenir, elle essaierait de se redresser. Mais qu'on lui laisse encore un peu Prince. Lui, il était bien parti.

Vous voulez chanter ce soir ?

Elle ne pouvait plus respirer.

Un court-circuit alluma une étincelle dans son cerveau. Elle revint à elle, pour sentir un objet impitoyablement mou se presser sur son nez, sa bouche. Oh Seigneur.

"Ils ne pouvaient pas attendre un peu ?", fut la première idée qui lui vint à l'esprit. Puis se fut la panique.

Sa cage thoracique rachitique se souleva. Ses bras graciles s'écartèrent d'un coup, mais ce qui pouvait passer pour un réflexe de terreur avait un but. Will sortait de la Wammy's. Et avant la Wammy's, elle sortait de la taïga sibérienne. Un coupe-papier attendait sur la table de chevet ; sa chimiothérapie n'empêchait pas les actionnaires de l'inonder de courrier. Business is business. Elle avait battaillé avec les infirmières pour pouvoir garder un minimum d'activité. Elle avait eu raison - comme souvent.

Je ne vous entends pas.

Le coupe-papier fondit à l'aveugle. Un liquide chaud lui éclaboussa le bras. Qui que ce fût au-dessus d'elle, sa main avait morflé.

Vous y êtes ! Laissez-moi vous entendre !



Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 24
Age : 26
Localisation : Dans ton dos.
Ven 5 Mai - 22:21
[J'espère que la situation te conviendra, si non, tu me mps ! :) ]

Le presse-papier était quelque chose auquel il ne s'était attendu. Jusque là, il se contentait de faire son travail très professionnellement : on lui avait demandé de faire passer de l'autre côté une certaine Wonka. La mort n'était jamais très drôle, aussi s'y prenait-il avec tout le sérieux du monde, et il n'avait accepté la mission que parce qu'il n'avait aucun lien avec cette personne. Qu'il ne connaissait d'elle que cette marque de chocolat et le personnage de roman : rien, donc.

Lorsque la lame frappa sa main, combien même le coup de Will fut vague et imprécis, il ne put s'empêcher de pousser un cri, plus surpris que de douleur. Il recula de deux pas, très soudainement, laissant tomber par terre le coussin d'hôpital et dévoilant le visage diaphane de la chef d'entreprise.

C'était tout, absolument tout.

Maintenant qu'il l'avait vue, il ne pourrait plus tenter de la tuer. Un lien s'était créé, dans leurs yeux effrayés. Les siens, sans doute d'avoir échappé de près à la mort, cette odieuse cavalière, et dans ceux de Maksim, comme une angoisse qui lui rappelait la dernière personne qu'il avait assassiné.

Ce n'était pas un lien d'amour, ni la flèche de Cupidon qui lui tombait dessus dans ce moment où le temps semblait s'arrêter, non. Quelques goûtes de sang coulaient de sa main, tâchant la moquette, mais il paraissait n'y accorder aucune importance. Le temps s'était arrêté, dans un instant fort en angoisse et en ressentis. Un autre tueur aurait sûrement profité de la faiblesse de sa cible pour l'achever, mais pas lui : il l'avait regardé dans les yeux et c'était déjà bien trop.

Maksim Kozlov, le mercenaire si réputé, prit une grande inspiration. À ce moment, il savait que sa seule option était la fuite. Il venait officiellement de se discréditer, lui comme son client. Ses pieds avaient du mal à bouger, son souffle tournait court. Ses yeux, eux, refusaient de quitter ceux de Wonka, tellement inexpressifs même s'ils étaient silencieux. Fatigué de cet échange non-verbale, il profita de l'instant où il reprenait conscience pour fuir vers la sortie, courir hors de cet hôpital.

Il arriva chez lui à la nuit tombé, complètement harassé.

Il se doucha pendant environ deux heures. Ne dormit pas beaucoup.

Un mois plus tard.

Maksim Kozlov avait été marqué par cette rencontre atypique. Il se réveillait souvent avec cette inoubliable sensation d'être étouffé par un oreiller – d'ailleurs, il ne dormait même plus avec des oreillers.

Il avait laissé tombé les missions qui n'étaient plus essentielles à sa survie, celles qui lui demandaient d'en tuer d'autres, s'était lavé les mains un nombre de fois assez extraordinaire comme pour enlever l'illusion de les avoir salies un jour. Maksim ne dormait presque pas, d'ailleurs, lorsqu'il ne se réveillait pas en sueur. Il devenait clairement insupportable envers toutes les personnes de son entourage, et encore plus paranoïaque qu'avant. Au moindre bruit de vent, à chaque fois qu'un plancher grinçait ou qu'il entendait une voix plus haute qu'une autre, il allait l'état des lieux pour vérifier qu'aucun intrus ne s'était glissé chez lui. Il avait violemment engueulé une cliente un peu trop chiante et multipliait les erreurs professionnelles.

Le stress devenait partie intégrante de sa vie. Il ne faisait plus un pas s'en s'imaginer la croiser, sans que son client le retrouve pour lui faire payer de ne plus avoir exécuté le contrat : c'était terrible, surtout que ce n'était pas le genre de la maison.

Le frigo était vide. Les placards l'étaient tout autant. Hésitant pourtant quelques secondes, il s'attacha les cheveux et, après plusieurs semaines enfermé ici, se décida à sortir.

Pourquoi ces yeux lui revenaient aussi souvent en tête ?

Mauvaise idée, en tout cas.

Aussitôt après qu'il eut franchi la porte d'entrée de la résidence, il fut encadré par quelques hommes qui n'avaient pas l'air de vouloir discuter. Et il la vit, elle. Un sentiment étrange le submergea, ainsi qu'une violente envie de vomir ses tripes...il s'exécuta grossièrement, sur les pieds d'un des gardes du corps.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 32
Sam 6 Mai - 0:18

Will avait passé des semaines à ne pas y croire. Même lorsqu'on lui avait proposé d'alléger le traitement et de rentrer chez elle, son premier réflexe avait été d'y voir une conspiration. "Ils veulent que je crève plus vite", s'était-elle dit. Remarque, vu qu'elle avait échappé à une tentative d'assassinat sur son lit d'hôpital au début du mois, son inquiétude pouvait se comprendre.

Et puis elle était rentrée chez elle. Et un matin, elle avait vu des cheveux sur sa tête. Oh, juste un duvet, mais Seigneur, des cheveux !

Ces quelques poils lui redonnèrent du baume au cœur. Les jours suivants virent le poussin anorexique se transformer, redevenir peu à peu l'impératrice rose. Elle se déplaçait avec de plus en plus d'assurance. D'abord en fauteuil, puis avec une canne. Son manque d'autonomie ne lui pesait pas tant que ça : voilà des années qu'une armée de domestiques œuvrait à son confort, maladie ou pas. A son plus grand bonheur, sa routine d'avant-tumeur pointait le bout de son nez. Tous les matins, on lui mettait son armure : on la maquillait, on lui posait ses faux cils violets, sa perruque fétiche et on la couvrait de paillettes. Ensuite, elle prenait son petit déjeuner première classe avec une montagne de cachets de toutes les couleurs.

La seule différence résidait dans le contenu de la journée. Elle recevait certes des appels, et ils allaient en se multipliant. Mais ça n'avait encore rien à voir avec son rythme d'avant. Tout avait l'air de tourner au ralenti. Et à sa grande surprise, cela ne la déprima pas. Elle avait l'impression d'être en ... comment on dit déjà ... ce qu'ont les fainéants ...

"Des vacances."

Après s'être habituée au concept de vacances, Will avait cherché des passe-temps. Difficile de trouver des hobbys quand toute votre vie s'est toujours résumée au boulot. L'idée de faire des choses "pour le fun" lui parut d'abord étrange. Elle chercha de l'enjeu, gagna un tournoi d'échecs, fit construire une cité nouvelle au Bénin pour mettre un village à l'abri de la misère, élabora une recette de chocolat pour l'été qui arrivait.

Mais la nuit, parfois, elle sentait l'oreiller lui presser le visage. Elle se réveillait alors en sursaut et battait des bras pour repousser ce qui n'était que de l'air. Elle revoyait ce regard.

Trois semaines après avoir croisé l'homme à la tresse, elle décida qu'il était temps de le retrouver.

Pister le tueur à gages ne fut pas très compliqué. La mafia avait ses moyens, Will pouvait les multiplier par cent si cela lui chantait. Il suffit de deux détectives excellents (et surtout bien payés) pour retrouver son adresse. Après une courte réflexion, la jeune femme résolut de s'y rendre. Avec ses bons amis musclés de deux mètres.

Non pas qu'elle eût peur. Des contrats sur sa tête, il y en avait eu plus d'un. Non, c'était plutôt une volonté de ne pas laisser cela impuni. Maintenant qu'elle allait mieux, il s'agissait de montrer que l'abattre n'était pas devenu simple et ne le deviendrait jamais. La tumeur elle-même avait fini par reculer : on n'éliminait pas Will Wonka. Ceux qui avaient essayé s'étaient retrouvés ruinés - quand ils étaient encore en état de s'en rendre compte. Il était temps de le rappeler.

Voilà donc qu'elle attendait devant cette résidence plutôt quelconque, assise à l'arrière de sa limousine rose. Ses mains jointes masquaient la brillance insupportable du pommeau de sa canne, tout serti de diamants (roses aussi, évidemment). Depuis la fenêtre, elle contemplait l'entrée sans la voir, avec patience.

Quand il sortit, Will se redressa. C'était lui, sans l'ombre d'un doute. Le type pathétique qui dégobillait sur les souliers de grande marque de l'un de ses meilleurs gardes du corps était le type qui avait failli mettre un terme définitif à sa convalescence, quelques semaines plus tôt. Une lueur particulière passa dans les yeux de la femme rose, si forte qu'elle se vit même à travers ses lentilles mauves. Elle le tenait. Il avait raison de vomir : la peur était une réaction tout à fait humaine dans sa situation. Le plus beau, et ce pauvre garçon ne le savait pas, c'était que son employeur avait eu aussi peur que lui quand Will lui avait passé un petit coup de fil.

Elle se garderait bien de le lui dire. Elle se garda bien de dire quoi que ce soit, d'ailleurs, quand l'homme tremblotant fut jeté à ses pieds sur le tapis de la limousine, et que le chauffeur démarra en douceur. Le bout de sa canne était assez pointu pour qu'elle le plante comme un misérable insecte sur une planche de collectionneur.

Au lieu de ça, elle remarqua - à nouveau - sa splendide tresse rousse.

A quoi pouvait ressembler cette crinière, une fois détachée ?


Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 24
Age : 26
Localisation : Dans ton dos.
Sam 6 Mai - 22:17
Il fallait au moins avouer une chose : rejeter le peu de choses présentes dans son estomac avait eu un effet assez apaisant. Bien sûr, il fut malmené un tout petit peu part l'homme dont il avait sali les chaussures à haut prix, se ramassa un coup de poing assez dur dans le ventre, mais il ne pipa mot, même en russe.

Maksim Kozlov se sentit agrippé durement par le col, puis transporté dans la limousine de la patronne. Il se sentit déposé délicatement sur le sol, ce qui était, vous pouvez le comprendre, un doux euphémisme. Lorsqu'il releva la tête, il put revoir le regard terriblement vivant de Will Wonka : ce n'était plus pareil, la situation était différente, aussi le temps ne s'arrêta-t-il pas. Curieusement, Maksim se sentit soulagé de se retrouver face à elle. C'était bête, mais il avait tellement pensé à cette rencontre et l'angoisse qu'elle pouvait dégager chez lui qu'il parvenait à retrouver à peu près le contrôle de ses muscles. Ses réflexes professionnels et sa maîtrise de lui revenaient tranquillement. Elle pouvait organiser son assassinat qu'il aurait des raisons de la tuer : à présent, ils auraient juste des comptes à régler.

Le mafieux prit une grande respiration avait de se relever autant que le plafond lui permettait, et s'assit sur le sol de manière confortable, pour pouvoir lui faire face. Il regarda son visage hypnotisant et constata que sa peau était moins diaphane, et que ses cheveux avaient commencé à pousser. Il se demandait ce que cette femme pouvait avoir, même s'il n'était pas sûr de vouloir obtenir cette réponse. S'il s'était assis sur la banquette, un bon mètre plus loin, il n'était pas sûr que se mettre d'égal à égal avec elle aurait été jugé de manière très positive. Ici, il était à sa place, mais gardait sa fierté et son honneur de mercenaire.

« Je suppose que m'excuser sera inutile. Je suppose que j'exécutais sans réfléchir une mission sur laquelle j'aurais dû m'arrêter au préalable. Je suppose que tout cela vous est bien égal, parce que je ne suis sans doute pour vous qu'un assassin. », fit-il de sa voix à l'accent russe assez fort, plongeant ses yeux bleutés dans les siens.

C'était sans doute ce pourquoi il était si mal à l'aise depuis quelques semaines. Savoir que quelqu'un l'avait vu comme ça, savoir qu'il avait failli tuer une autre fille, comme cette russe, petite amie d'une connaissance. Il n'avait plus le souffle court, il ne tremblait plus. Chacun de ses muscles étaient soigneusement maîtrisé et il aurait probablement pu lui bondir dessus, si seulement il en avait eu l'envie. Personne, jusqu'à présent, n'avait brisé sa couverture. Il espérait seulement que Wonka n'était pas remonté jusqu'au Parrain, qui n'était en aucun cas le commanditaire de cette mission très spéciale, et qu'il serait le seul puni pour cet acte.

Que pouvait-il proposer ? Pouvait-il seulement proposer quelque chose qui aurait valeur d'excuse ? Il connaissait quelques petits secrets qui valaient leur lot d'or, comme la commande spéciale de cette drôle de personne, visant un japonais, ou quelques petites affaires avec des membres de l'ambassade japonaise pour supprimer des gens gênants – eux, il n'avait pas vu leurs yeux si expressifs. Mais les secrets des clients restaient justement les secrets des clients : une fois ceux-ci lâchés, sa réputation éventrerait rapidement et il ne donnait pas cher de sa survie.

« Comprenez que je n'ai rien contre vous, au contraire. Je pourrais même me mettre à votre service pour me faire pardonner cette erreur. », Maksim parut se reprendre à temps. « ...Non, pas cette erreur. Sinon, le fait que vous soyez encore en vie pourrait être négatif. Ce joyeux événement ? On dit ça en anglais ? »
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 32
Mar 9 Mai - 23:16

Qu'il était chou.

Au moins, il ne cherchait pas à se défiler. D'autres auraient fondu en larmes ou se seraient roulés par terre, ou les deux. Lui s'était contenté de s'asseoir et il parlait plutôt bien. Mais il la regardait dans les yeux. Grave erreur. Même les proches, les domestiques qui la voyaient tous les matins ou les actionnaires qui l'avaient vue adolescente ne regardaient pas Will Wonka dans les yeux. Personne n'en était digne. Certainement pas ce cafard.

Ce cafard était donc bien russe. Elle s'en était doutée en apprenant son nom, et cela se confirmait. Super, un compatriote. Tout ce qu'elle avait retenu de sa période russe, c'était un carrefour paumé, de la neige, un portail fermé et de la neige. Les années avant la Wammy's n'avaient pas franchement laissé un souvenir impérissable dans l'esprit de la femme rose.

Elle se pencha lentement, tendant le cou avec une étonnante grâce.

- Vous supposez bien, dit-elle dans un russe parfait. Ça m'est complètement égal. Vous m'êtes complètement égal.

Le coup de canne partit tout seul. Le pommeau bardé de diamants prenait tout son sens : il était lourd. Cela se sentait quand il vous heurtait le crâne.

- Les gens de votre espèce sont répugnants. Incapables de réfléchir par eux-mêmes. On vous donne un ordre, vous exécutez comme un petit soldat. Vous ne valez pas plus qu'une tumeur. C'est ce que vous êtes. Une sale petite tumeur. Un parasite.

Son russe était toujours sans tache, mais sa voix prenait la froideur de la toundra. Plus elle parlait, plus sa rage accumulée se libérait ; surtout, plus elle se sentait triste. Ce type l'attristait. Il avait un si beau regard, et des cheveux ... des cheveux qui suppliaient qu'on les détache. Quel gâchis.

- Je me suis débarrassée d'un cancer, un de plus ne me fait pas peur. Quelque chose à me dire avant qu'on arrive au commissariat ?

Elle croisa les jambes, puis sortit de la poche intérieure de sa veste ce qui ressemblait exactement à un paquet de cigarettes. C'était effectivement des cigarettes - des cigarettes en chocolat. Elle en mit une entre ses lèvres parfaitement maquillées, continuant sur le ton de la discussion.

- Parce qu'en fait, j'ai appelé celui qui a eu la brillante idée de vous employer et ça l'a rendu grognon. Je pense qu'il ne va pas payer votre caution.

Will tourna ses yeux violets vers la vitre. Derrière, les façades cossues de l'hyper-centre défilaient. Dans le torrent de taxis noirs, la limousine rose devait ressembler à un chewing-gum géant qui roulait. Elle avait déjà envie de reposer le regard dans celui du russe. C'était un sentiment étrange, qu'elle jugea énervant.

- C'est le problème quand on se vend ... après, il n'y a plus personne pour nous racheter.



Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 24
Age : 26
Localisation : Dans ton dos.
Sam 13 Mai - 22:51
Le sol était dur, les regards qu'ils échangeaient également. Il ne vit pas le coup de canne arrivait et, lorsque ce fut fait, ne prononça pas un mot de plus. Il ne gémit pas, ne se permit pas non plus un mouvement de plus. Le sang commençait à couler le long de sa tempe sans qu'il ne pipe mot, et c'était justement ce qui était impressionnant chez lui. Il avait une capacité à rester calme quelle que fut la circonstance...et il fallait dire qu'il avait été tellement stressé cette dernière semaine et rien ne lui semblait avoir d'importance. Il prenait conscience, petit à petit, qu'il allait lui falloir beaucoup de ressources pour sortir de ce guet-apens. Faire preuve de persuasion pour se faire embaucher par la demoiselle aux cheveux roses qui devait avoir pas mal de ressentiment contre lui.

Non, il n'était pas seul. Elle avait tort par rapport à ce dernier point. Même si elle avait menacé l'homme qui lui avait demandé de la tuer, il n'était pas son véritable Boss. Son Boss était un parrain de Russie très influent et n'aurait jamais cédé face à une gamine comme celle-ci. Il n'aurait jamais fait l'erreur, non plus, d'ordonner sa mort. C'était quelqu'un de sage, d'avisé et de très calme. Une goutte de sueur coula sur le front du mafieux, se mélangeant au sang déjà présent. Il essayait de rester très calme, mais la route du commissariat, ça lui apporterait quelques problèmes, et pas que techniques. Si ses clients venaient à comprendre qu'il avait été chopé aussi facilement, ses contrats risqueraient de s'évaporer.

« Je pourrais en sortir tranquillement, mais je crains tout de même pour ma réputation. Ce n'est pas une solution très agréable. Vous n'employez pas de garde du corps ? C'est exactement la même chose. »

Il ne savait pas quoi dire face à, de toute évidence, quelqu'un qui était en colère contre lui. Si elle voulait l'embaucher, qu'elle lui dise, il ne pourrait rien faire sinon, ce n'était pas de son ressort. Maksim commença à se redresser, passant la main sur sa tempe : ça avait vite arrêté de saigner, mais le liquide coulait dans son œil et ce n'était pas très agréable.

« Que comptez-vous faire, alors ? »

Il s'était déplacé de manière très insolente, cette fois-ci, vers la place juste à la gauche de la patronne. De manière pas très gentille, il s'était emparé de sa canne et en inspectait le bout, le nettoyant avec ses propres vêtements. Une manière de dire, sans nul doute, qu'il pouvait à tout moment retourner la situation. Le roux fit tomber à nouveau la canne par terre et mit un genou sur l'autre.

« Que ce soit clair. J'aurais eu au moins trente occasions de vous tuer depuis cinq minutes, mais je ne l'ai pas fait. Et si j'obéissais à tous les ordres, vous ne seriez plus de ce monde. Que voulez-vous ? Est-ce seulement pour me donner une « leçon » que vous m'avez convoqué dans votre voiture ? Avez-vous un problème urgent que je pourrais régler ? Je serai ravi de vous aider, mais je n'apprécierai pas que vous m'humiliez, moi et les personnes qui sont au-dessus de moi. »
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 32
Mer 17 Mai - 15:08
Will fixa Koslov droit dans les yeux. Will pouffa. Puis elle rit.

Le rire de l'impératrice rose était exceptionnel, pour deux raisons principales. D'abord parce qu'elle ne riait que très rarement. Qu'on ne s'y trompe pas : elle ricanait, elle crissait parfois comme une hyène qui venait de trouver une grosse charogne. Mais ce n'était pas un rire. C'était une manifestation de mégalomanie, parfois de méchanceté. Le vrai rire, elle ne se souvenait même pas de la dernière fois qu'il s'était échappé de son cœur. Quoique ...

Sous la pluie pourpre du Superbowl, peut-être.

La deuxième raison tenait au rire en lui-même. Il était aussi rare que merveilleux. Le son ressemblait au chant d'un carillon de cristal, dans un monde où il y avait toujours de la musique dans l'air. C'était l'écho d'un âge d'or oublié, un carnaval de lumière et d'amour. Will n'en avait pas conscience, bien évidemment : elle riait et c'était tout.

Parce qu'elle trouvait cet homme insolent, amusant, passablement fou. Elle aimait cela.

- Ceux qui sont au-dessus de vous ? Mais je suis au-dessus de vous ...

Elle avait du mal à terminer ses phrases. Reprendre son sérieux était difficile. On disait qu'une crise de fou rire faisait gagner des années de vie ; et elle en avait désespérément besoin, de vie. Alors sont corps refusait de s'arrêter.

- Il y a deux gardes du corps ... dans cette voiture. Un qui vous vise ... depuis le début. Trente occasions ? Trente occasions de vous faire éclater le crâne ... oui !

Elle rejeta la tête en arrière, posant une main fine sur son ventre pour contenir les sursauts de son diaphragme devenu fou. Seigneur, elle allait exploser. Des larmes montèrent au coin de ses yeux comme des perles scintillantes. Deux diamants de plus, ce n'était pas comme si elle en manquait.

- Vous savez quoi ? Vous êtes drôle ! Et votre loyauté me touche. Votre chef ... le vrai, le gros ... il a de la chance de vous avoir.

L'autre risquait de prendre cela pour du foutage de gueule. Mais elle ne pouvait pas s'arrêter de toute façon, et puis elle savait, elle, quand elle se moquait. Ce n'était pas de la moquerie. La colère froide du matin s'était apaisée. La Walkyrie rose était retournée dans son cercle de feu.

Elle lui lança un regard brillant.

- Si j'ai bien compris ... vous me devez un service. Rien de prévu ce soir ?



Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 24
Age : 26
Localisation : Dans ton dos.
Ven 9 Juin - 22:10
Elle devait être une patronne véritablement exigeante, voire terrifiante. Avec elle comme boss, vous deviez avoir l'impression d'avoir constamment un œil penché sur vous, à vérifier chacune de vos tâches et contrôler tous vos dérapages. Elle était terrifiante : mais l'était-elle plus que l'actuel boss de la mafia, ou l'était-elle de manière différente ?

Maksim Kozlov savait qu'il devait prudemment mesurer ses paroles : elle avait raison, même s'il avait eu la possibilité de l'assassiner une trentaine de fois, il savait pertinemment que ses hommes auraient pu en faire de même pour sa modeste personne. Maksim savait que son boss était du même acabit : leurs relations se déroulaient juste mieux car il le connaissait depuis longtemps et qu'il l'avait pratiquement élevé, après la mort de son père. C'était lui qui avait su canaliser son énervante hyperactivité, sa terreur de manger un seul aliment, même ceux qui étaient sous vide, et la violence qu'il y avait dans chacun de ses propos. Lorsqu'on voyait à quel stade il était, adolescent, on pouvait constater qu'il avait fait de gros progrès.

« Je suis libre ce soir. Et tout à fait disposé pour une femme d'influence comme vous. »

Il y avait bien sûr cette cliente, Fate Harlaown, pour qui il menait une opération de protection rapprochée, mais après le fameux dérapage avec Will Wonka, il l'avait prévenue de son indisponibilité pour une durée indéterminée. Il lui avait donné les numéros de contacts efficaces – même s'ils n'étaient pas aussi efficaces que lui.

Il était fou. Il était fou, mais il fallait bien cette folie pour travailler avec la mafia et pour assassiner de sang-froid des gens. C'était une folie tout à fait saine, ici pour gagner sa vie et prétendre à un avenir meilleur. Meilleur ? Pour Kozlov, certains avaient juste le mauvais rôle : c'était son cas, et tant pis. Il lui rendit le sceptre, lui prouvant de cette même manière sa probable allégeance.

« On murmure dans les milieux autorisés le nom de Will Wonka...on dit qu'il s'agit d'une multimilliardaire excentrique qui s'est dressée contre Kira. Que sa célébrité lui permet d'avoir autant de culot. Que comptez-vous faire ? Savez-vous qui je suis, au moins ? Savez-vous à quels ordres j'ai obéi, en ce jour de carnaval ? »

Le roux faisait de toute évidence référence à ce plan B dont il avait fait partie. Ce fameux SMS signé d'un mystérieux interlocuteur lui ordonnant de viser cet homme masqué au milieu de la foule. Comme preuve du sérieux de la mission, il y avait cet indice, ce petit « M » qui ne semblait rien dire pour les non-initiés au premier abord. Agissant depuis un certain pour la mafia, Maksim avait donc su que cette mission était prioritaire et méritait d'être traité avec le plus grand sérieux, mais avait malheureusement loupé de peu sa cible, un japonais du nom de Light Yagami, ne réussissait à lui enfoncer un poignard dans le ventre, pas assez profondément pour que ça en soit mortel.

La voiture de Wonka devait être probablement ultra sécurisée, et ses gardes du corps choisis avec soin. Maksim jugeait qu'il n'avait pas de soucis à se faire et d'ailleurs, il n'avait absolument pas dit pour le moment s'il se ralliait ou non à l'idéologie de Kira. Il était juste un exécuteur de contrats.

« Connaissez-vous M ? Parce que j'ai une petite idée de qui il s'agit et qu'il est censé être mort. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en hautPage 1 sur 1
Sujets similaires
-
» Eden « Traite une femme comme une reine et elle te traitera comme un roi. Traite une femme comme un jeu, et elle te montrera comment on joue. »
» Citations , Texte d'amour et d'amitié
» « Mieux vaut vivre un jour comme un lion que cent ans comme un mouton. »
» Sam ღ « Sois reconnaissant des personnes de ta vie, les bonnes comme les mauvaises, celles du passé comme celles du présent. Elles ont fait de toi ce que tu es aujourd'hui » [Finie]
» "Un entraînement pas comme les autres pour une chasseuse comme elle" [Aurore Sherwood et Derek Hale] (terminé)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Death Note RPG : une nouvelle ère :: Le Monde - Zone RP :: Le Monde :: Europe :: Londres - Zone RP :: Westminster-
Sauter vers: