Pitié et allégeance à toi, Kira ! La foule s'inclina en silence, respectueusement devant cette idole masquée et inconnue.
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

avatar
Messages : 13
Dim 28 Aoû - 18:05
Il s'était faufilé dans un trou dans le grillage à 4 h du matin, avec en tête l'objectif d'aller piller un magasin de bonbons. Dans sa poche gauche, il y avait tout ce qu'il avait pu économiser depuis trois mois, soit 10 livres sterling. Il savait très bien que les magasins de bonbons n'étaient pas ouverts à cette heure-ci, mais c'était celle où aucun surveillant ne rôdait dans l'orphelinat.

Le gamin s'était donc retrouvé avec seuls habits qu'un sweetshirt à capuche et qu'un vieux jean tout seul dehors. Il faisait frais, suffisamment pour qu'il puisse en profiter par rapport à la chaleur des jours précédents. Il avait entendu un jour que l'orphelinat avait un jour été dans la campagne : pour lui, ça aurait été pourri et il aurait eu du mal à rallier la ville. Par chance, la nouvelle Wammy's House était située relativement près du centre-ville. Il s'assit tranquillement à l'arrêt de bus, attendit environ 3 minutes le bus de nuit : il hocha légèrement la tête, satisfait d'avoir prévu sa fuite dans les moindres détails.

John – ou Jimmy, pour les intimes – descendit du bus – il devait bien en être le seul passager – et eut le plaisir de contempler deux ou trois monuments de nuit. Le garçon aimait bien la nuit : c'était le seul moment où les touristes ne cachaient pas la beauté de la ville et pour le coup, les éclairages publics lui laissaient assez de temps pour admirer la beauté des lieux. Big Ben sonna cinq heures du matin et le bonhomme restait immobile devant, tout souriant. Il avait entre temps rabattu sa capuche sur sa tête, conscient que Londres était bourrée de caméras de sécurité et que sa fugue pouvait être interrompue à tout moment par Near.

« J'aime bien. »

Alors, John décida de s'aventurer dans une ou deux ruelles : il se dit sur le moment qu'il ne connaissait pas super bien le coin. Il n'y avait pas beaucoup de gens réveillés, et parfois, ils n'avaient pas une super bonne tête. Vingt minutes après avoir décidé de partir en expédition, John Doe se retrouva sur un quai complètement désert, si on exceptait les quelques rats qui traînaient près des bites d'amarrage. L'odeur, c'était un mélange de poisson pourri et d’égouts qui se déversaient dans le fleuve. Il fronça les sourcils, se disant que faire demi-tour pour retrouver le quartier du Parlement pourrait être une bonne idée.

« Je suis où ? »

Il commençait à distinguer des silhouettes de gens qui marchaient bizarrement et eut l'intelligence de réfléchir à deux fois avant de les aborder. Se cachant derrière un tonneau, il eut la joie de voir un camé en pleine crise de manque et malgré tout le recul qu'il pouvait avoir, il se surprit à prier pour qu'il ne le trouve pas. Il n'était pas tout seul, en fait, mais trois ou quatre. Roger lui avait déjà raconté des histoires sur ces gens et ce n'était pas parce qu'il n'était qu'un enfant qu'il ne savait pas qu'ils pouvaient avoir des crises de violence ou des hallucinations super bizarres.

Merde, ils se rapprochaient.


Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 255
Age : 25
Localisation : Il n'y a qu'à demander ^^
Dim 28 Aoû - 21:44
Fred avait appelé pour une grosse commande. Le genre que je ne fais pas.
Le genre que je ne sais pas faire. Pour rester discret, il faut rester petit. C'est pas compliqué bon sang et c'est ce qu'on avait dit. En plus, j'ai tout vendu récemment, il faut de l'amour (et beaucoup de temps) pour ça.

Mais Fred a insisté. C'est vrai qu'il y avait un beau paquet d'argent en jeu. C'est vrai que les fins de mois sont difficiles pour lui et d'autres gens de la bande. Mais je suis producteur et qu'ils ne cherchent pas à pousser.
Et Fred a encore insisté. Il me demande juste un rendez-vous avec eux pour juger l'offre.

Un rendez-vous... à une date moisie... dans un port moisi d'un bras de la Tamise... Quelle originalité... Même la brigade des stup' pensera à fouiner là en premier pour dégoter les petits dealers.

Je ne refuse pas parce que je connais Fred et qu'il va encore m'ennuyer pour la semaine qui arrive, et la suivante... etc.
Donc je suis sur un quai moisi avec des échantillons comme d'habitude dans mon sac à dos (moisi aussi vu que c'est l'occasion).

- Tu fais c*ier mec. Du fond du coeur.

Je suis d'une humeur massacrante. Je compte de toute façon refuser et je n'avais pas envie de sortir aussi tard (ou plutôt aussi tôt vu qu'il est plus de cinq heures du matin).

Nous sommes deux à attendre, voilà que trois autres bonhommes arrivent dont un complètement amorphe avec quelques tics nerveux.

-Non...

Ce ne sont pas les symptômes d'un manque de ce que je vends. Oh que non. Là, c'en est trop.

- Mais vous êtes pas sérieux là?! Je viens ici pour une offre que je ne saurais pas faire même si ça en vaut la peine. Et voilà qu'on m'apporte un total camé! J'fais pas dans les merdes de ce genre. J'fais du naturel moi, des plantes hachées dans des tubes de cigarette.

Le gars qui titubait s'approche de moi puis s'accroche à mon col en marmonnant quelque chose d'une façon incohérente. Je le repousse violemment. Il tombe au sol.

-Non mais oh! C'est pas en se fâchant que je vais dire oui. Je sais que pour la discrétion, on peut me faire confiance tant qu'on est dans le thème. Z'êtes hors jeu les mecs.

Les deux plus clean le récupère puis ils font demi-tour. Fred me regarde en marmonnant des excuses, qu'il ne savait pas tout ça tout ça...
Je l'envoie bouler. Il n'avait pas à se focaliser comme ça sur une broutille même si ça miroitait bien.
Je vois partir les trois rigolos, suivis de Fred qui porte le sac à dos pour chez lui. Il doit être énervé aussi avec cette histoire.

J'allais m'asseoir sur le bord d'un quai quand je vois que ça se remue derrière deux ou trois barriques après le passage du petit monde. Je m'en approche et m'accoude sur ceux-ci. Quelle ne fut pas ma surprise de voir un môme à cet endroit et surtout à cette heure tout seul. Il regarde les gens s'éloigner.

-Tu t'es perdu Mac Fly?

Je m'attends à ce qu'il se barre dans la seule direction possible c'est à dire vers tout le beau monde pas clean. Je ne suis pas particulièrement menaçant vu comment je suis taillé mais je sais que n'importe quel type de plus de 20 ans peut impressionner un gamin quand l'adrénaline est au plus haut.

-Je te conseillerai d'attendre un petit peu avant de courir, ces gens penseraient que tu les espionnais. Et tu sais, ils n'aimeraient pas savoir qu'il y a eu témoins.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 13
Lun 5 Sep - 22:42
Il n'en a pas l'air, comme ça, le gosse, mais il n'en mène pas large. Imaginez-vous une seule seconde complètement paumé sur un quai craignos avec une bande de junkie qui risque de déraper s'ils vous repèrent...Une seule seconde ! Il se caillait – non pas de froid car la température ambiante devait bien atteindre les 26°, mais de peur. D'ailleurs, il sursauta comme un malade en entendant la voix de ce type, Sammy, lui parler en lui conseillant de rester ici au risque d'inquiéter les drogués.

Un humain : et qui de plus est, un humain normal. Un gamin lambda aurait peut-être déguerpi en criant à l'intervention de Sammy, mais John n'était pas un humain normal. Voir Sammy, l'entendre, permit justement de lui remettre les points sur les « i » : il était un gosse de la Wammy's House, et les drogués – et leur dealer – étaient des criminels. Il n'avait pas à avoir peur des criminels, et d'ailleurs, s'ils l'attaquaient, il pourrait les mordre très fort, voir les frapper aux couilles – c'était très méchant, mais il s'en foutait.

Reprenant donc ses esprits, John analysait donc Sammy comme il aurait dû le faire depuis le début : un type assez grand (pour lui), vêtu d'habits peu chers. Il en aurait déduit qu'il s'agissait juste d'un passant mais l'heure de la rencontre l'empêchait d'en arriver à cette conclusion. Seule issue possible : Sammy était du côté des camés, et d'ailleurs, il en avait bien la tête – certains jugements étaient, eux, complètement arbitraires. La seule pensée dans sa petite tête, désormais, c'était qu'il devait agir comme un enfant normal...donc avoir peur, poser pleins de questions...et que personne ne l'emmène à un poste de police où il serait catalogué comme fugueur.

Première réaction : le petit pas en arrière. Il baisse aussi un peu plus sa capuche ; c'est très enfantin, ça, et comme si ça pouvait le protéger. C'est à ce moment-là que John se rendit compte qu'il ne savait absolument pas comment un petit garçon normal se comportait, à part fuir brusquement. Qu'il avait les yeux qui n'avaient pas quitté Sammy du regard depuis tout à l'heure et que depuis qu'il l'analysait, il n'avait pas vraiment l'air apeuré.

Merde.

Tant pis, on essaie.

« Ils ont trop bu, je fais gaffe. J'habite en face. », il montre au hasard une des jolies maisons du côté des drogués. Pour un gamin, les conséquences de la drogue sont les mêmes que pour l'alcool, ça peut paraître normal. « Tu fais quoi ici ? Je t'ai jamais vu, t'es leur pote ? »

De toute évidence, dès qu'il rentrera, John Doe fera un détail bien rempli à Roger...peut-être qu'après ça, il le pardonnera d'avoir fugué en pleine nuit. Ils coinceront éventuellement un éminent dealer et Near le complimentera : et rien que pour cela, John a envie d'enquêter.

« Tu dors pas, à cette heure ? »

C'est l'hôpital qui se fout de la charité.


Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 255
Age : 25
Localisation : Il n'y a qu'à demander ^^
Dim 11 Sep - 20:43
Tétanisé et sur la défensive le gamin. En même temps, c'est normal. C'est vrai que j'étais un sombre trouillard à son âge.
"Ils ont trop bu, il fait gaffe". Aïe, moments loin d'être cool. Je n'ai pas vraiment connu ce genre de situation alors je ne peux pas vraiment dire que je compatis ou que je comprends, vu que ce serait faux.

Accoudé sur ce qui ressemble à une caisse en bois, je regarde les autres gens s'éloigner au loin. Ils sont maintenant assez éloignés pour qu'ils ne sachent plus trop distinguer un gamin debout.
Puis il commence à poser des questions. Aller... je veux bien comprendre qu'on est curieux en étant mino mais en général la peur empêche de poser des questions. Ou alors il a déjà une dose de courage à revendre et c'est pas plus mal pour lui tant qu'il ne pose pas les mauvaises questions aux mauvaises personnes...

- Bah non, j'suis pas du coin et je ne les connais pas. Mais j'avais justement besoin d'un coin où je ne connais personne pour être... au calme.

Enfin... c'est pas très sympa pour Fred de dire que je ne le connais pas du tout mais je lui en veux vraiment après ce coup-ci. Déjà que je n'aime ni me déplacer, ni voir de nouvelles têtes, ni gérer de grosses commandes... il a eu le combo là.

Si je ne dors pas à cette heure? Haha, il est mignon...

- On ne dirait pas mais là en fait je dors chez moi, peinard... Au fait, je crois qu'ils sont partis maintenant, tu peux te relever.

Petit rire jaune, je parie qu'il ne va pas rire le gamin... Enfin bref, je commence à fatiguer moi.
Je m'étire, bras en l'air, en baillant longuement. Puis je mets mes mains dans les poches et commence à faire quelques pas pour quitter les quais. Quand je constate que le gamin n'a pas trop l'air d'emboîter le pas, je me tourne vers lui.

- Euh... t'as un endroit pour te planquer en attendant le lendemain? Une tante? Un papy? J'peux t'accompagner d'ici là, s'tu veux.

Je pointe du menton le coin de la rue où la troupe malsaine venait de disparaître.

- On dirait qu'y a des gens pas très recommandables dans le coin.

J'ai un peu de peine pour ce petit bonhomme quand même. Il a pas eu autant de chance que moi, celle que j'aurai bien voulu reléguer un peu aux autres...
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 13
Mer 21 Sep - 21:24
C'était vrai qu'il valait mieux être accompagné de ce type, et plus il resterait à ses côtés, plus il pourrait lui sortir les vers du nez. Il semblait évident que Sammy avait un rôle à jouer dans ce qu'il venait de voir, sinon, il se cacherait tout comme lui. Il n'allait pas non plus prendre le risque de lui dire à haute voix ce qu'il pensait, c'était assurément trop dangereux, combien même n'était-il qu'un gosse.

Curieusement, il se dit que Sammy était typiquement le genre de grand frère qu'il aurait aimé avoir, s'il avait eu une famille normal, s'il n'avait pas été aussi intelligent et préparé pour prendre le relais du plus fameux détective au monde. Il eut d'ailleurs un petit rictus, comme une amorce de sourire nostalgique qui n'en était pas un, et puis releva les yeux sur l'individu en question.

De toute évidence, ils étaient tous les deux « anormaux ». C'était clair : personne ne se promenait sur les quais à cette heure-ci, encore moins un gosse. Dès qu'il le lui a demandé, John s'est relevé.

« Je veux bien que tu m'accompagnes. J'ai peur, et j'ai pas envie de rencontrer des gens bizarres. Ca te dérange pas de faire un tour à Londres avec moi ? J'ai pas sommeil, maman appellera pas les flics, promis, et j'ai envie de marcher. », lui dit-il avec un regard plein d'espoir, comme si un type qu'il venait de rencontrer pouvait soudainement devenir son meilleur copain.

Que ce soit clair : John n'aurait pas demandé cela au premier type venu et avant de le faire, il avait barré une bonne trentaine de critères qui, dans son cerveau, était éliminatoires pour mener jusqu'à la case « meilleur copain ». Il n'avait pas l'air d'un dealer louche, mais il avait l'air de cacher quelque chose, il ne le reluquait pas (pour un gosse, surtout précoce, cette note faisait beaucoup), il n'avait pas l'air d'être embauché par les flics (même si, en fin de compte, il l'aurait fait tourner chèvre), et bien plus encore qui paraissait totalement absurde et incompréhensible.

« C'est quoi ton nom ? Moi, je m'appelle John. T'as quel âge ? T'es fait des études ou t'en fais ? J'aime bien ton sweat. »

Il avait l'air d'avoir limite oublié qu'il venait de surprendre un échange de drogue.
Ha, les gosses ! Et il n'était pas prêt de lâcher la grappe audit Sammy.


Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 255
Age : 25
Localisation : Il n'y a qu'à demander ^^
Mer 5 Oct - 18:14
Et voilà que le gamin se met à déblatérer des mots à une vitesse pas croyable. Une pipelette, super. Voilà qu'il veut faire un tour, pourquoi pas une visite guidée à cette heure, j'suis sur que les quartiers chauds de la ville sont ouverts à tout publics...

Mais alors pourquoi ce gamin m'amuse alors? ça doit être ces petits yeux plein d'espoir qui me rappellent l'attente que j'avais face à mes vieux. Je devais être trop laid pour que ça les touche... possible.
Puis il relance des question banales pour faire connaissance à vitesse élevée et constante.
J'avance mes deux mains à plat, paume vers le bas et imite comme si je levais les mains d'accélérateurs en mode "doucement".

- Du calme, du calme. J'sais répondre à une question à la fois moi.

Je hausse les épaules. Autant mettre les choses au point de suite, je ne suis pas là pour faire baby-sitting ce soir, surtout après cette dose d'énervement (en plus, c'est même pas payé).

- Je te l'ai dit, je tenais à être seul et tranquille, je te proposais juste de t'amener en lieu sûr. Si tu veux tuer le temps, c'est tout autre chose.

C'est l'instant que décida mon estomac pour faire un bruit particulièrement audible et donc désagréable. Bon ben... changement de plan.

- Bon... tu peux me suivre jusqu'au casse-croûte le plus proche... t'as faim?

L'estomac est toujours la plus forte des raisons... même aussi tard dans la nuit.
Je commence à me diriger vers les lumières de la route la plus proche en lançant de façon négligée au gamin.

- Appelle-moi Dale.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 13
Dim 16 Oct - 15:58
Passer la nuit avec ce type inconnu n'était pas une si mauvaise idée que ça, en fait.

S'il a faim ? John y réfléchit deux fois avant de dire « oui ». Il est vrai qu'ils sont tard la nuit, ou plutôt tôt le matin. Que son ventre fait de drôle de bruit et que les lentilles servies dans la cantine de l'orphelinat n'étaient pas à la hauteur de ses attentes. Et qu'il n'a pas trouvé la fameuse « réserve secrète de chocolat », une rumeur qui courait depuis quelques temps à la Wammy's House.

« Ok. Je veux bien aller manger avec toi, Dale. »

Il hésite à lui tendre la main, mais il ne le fera pas : ça fait faible, ça fait trop gamin.

Il ne sait pas trop pourquoi, mais quelque chose lui crie d'être sympathique avec ce type. Il aime bien sa tête, il aime bien la manière nonchalante qu'il a de s'exprimer. Peut-être que ça lui rappelle inconsciemment quelque chose ? Alors, deux têtes de moins au moins que l'autre, John commence à le suivre comme un caneton le ferait avec la maman canard. Ce n'est pas pour autant qu'il oublie que l'autre est très louche de s'être retrouvé sur les lieux d'un deal et que s'il doit l'épingler, il le fera.

Il y avait bien des trucs ouverts à cette heure-là, et c'était justement ce qui était louche. Il suivit Sammy jusqu'à un petit boui boui où il galéra bien pour s'installer sur le siège de bar, puis commanda un kebab. Ce n'était qu'en arrivant jusqu'ici qu'il s'était aperçu qu'il avait vraiment la dalle : d'ailleurs, Sammy ne semblait pas vraiment mieux aller que lui. Autour d'eux, personne, à part le mec qui préparait la bouffe : l'heure tardive n'attirait vraisemblablement pas la clientèle.

C'était de plus en plus douteux. Dans la tête du garçon, il était de plus en plus évident que ces types devaient faire un trafic d'il ne savait quoi.

Il vit le type – qui semblait répondre à tous les critères des vendeurs de kebab – donner la bouffe à Sammy, puis lui glisser deux ou trois choses qu'il parvint vaguement à entendre.

« ...C'est ton gosse ? Fais gaffe aux services sociaux, ils pourraient te l'enlever rien que pour le voir debout à cette heure. »

John ne put esquisser un bâillement : maintenant qu'il y pensait, il était bien loin de l'orphelinat. Son lit lui manquait un peu, et il pensait à la surveillante qui devait s'inquiéter pour lui, voire le chercher dans toute la ville.

« Tu me donnes le kebab ? Merci hein, j'ai pas d'argent... »


Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 255
Age : 25
Localisation : Il n'y a qu'à demander ^^
Mer 19 Oct - 17:13
L'odeur de viande grillée flottait dans l'air. Ce n'est pas d'un genre de met fin que cela provient, très certainement. La bouffe de riche, ça ne sent qu'à peine et prend très peu de place dans l'estomac si bien qu'on a encore fin jusqu'au dessert. Là non, ça sent le gras, le salé, le malsain... bref, le kebab.

De moi même, je ne suis dirigé vers la grasse odeur presque en oubliant que gamin qui m'a suivi tout du long. J'ai d'ailleurs oublié ses questions de façon plutôt volontaire, notamment par flemme mais surtout parce que ce n'est pas une priorité.
L'endroit est désert en dehors de la personne qui attend des clients... en regardant une quelconque émission de télé-réalité en rediffusion. Il doit vraiment s'ennuyer le pauvre gars. Mais mon estomac lui est reconnaissant de ne pas avoir fermé son établissement à cette heure.

- Salut... deux durums cannibales, un hamburger, un paquet de frites mayonnaise et ketchup et un coca.


D'un air plutôt surpris par la taille de la commande, le gars me demande si ce sera tout. Je la rectifie d'un pouce parce que je viens de me souvenir du gamin.

- AH! Et un menu kebab pour le petit.

Il note tout assez rapidement avec une écriture de patte du mouche sur un morceau de papier visiblement arraché d'un journal. Puis il jette un regard au gamin avant de me demander si c'est mon gosse.
J'ai l'air si vieux que ça? Il faut dire, je dois avoir une sale figure...surtout la barbe naissante, ça n'aide pas.
Toutefois, je me mets à rire et j'ébouriffe les cheveux du gamin pour lui répondre avec un air léger.

-Mais non, c'est le p'tit frère voyons. J'serais pas étudiant si j'avais fait pareille connerie.

Le gars a un sourire un peu bête en grommelant quelques excuses mais je ne faisais déjà plus trop attention à ce qu'il pouvait raconter vu toute cette nourriture que j'ai sous le nez.

J'entends la voix timide de John qui me remercie en disant qu'il n'a pas d'argent. Je rigole une nouvelle fois.

-Ah ah, t'inquiètes, j'avais déjà prévu de régaler. D'ailleurs, un conseil, profites bien des moyens que te donnent tes parents tant que tu es sous leur responsabilité.

Petit clin d'oeil. C'est vrai que je devrais sérieusement me mettre au régime si je devais tout payer par mes propres moyens. Je saisis le hamburger bien dégoulinant entre les mains.

- Bon appétit!

Et que le festin commence.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 13
Mer 2 Nov - 15:47
John regarda pour la première fois Sammy avec un petit sourire en coin. Ainsi, il était censé être le petit frère. Il ne dit rien qui aurait pu le compromettre et, à la place, lança un regard plein de désir et de faim au kebab sur lequel il lorgna depuis bien cinq minutes tout en se demandant comment ce type allait faire pour avaler tout ce qu'il avait commandé.

Sa première bouchée dans le kebab fut fabuleuse, mais, faute à une bouche trop petite, il est important de préciser qu'il ne manqua de s'en mettre partout. Regardant autour de lui pour vérifier si personne n'avait vu le crime pour lequel on aurait pu l'accuser, John ramassa plus ou moins discrètement les bouts de tomates, d'oignons ou de salade qui traînaient sur le comptoir ou sur ses vêtements. Par chance, pas de tâche de sauce à déplorer : c'était une victoire et un soulagement immense pour lui qui allait moins se faire engueuler à son retour à l'orphelinat.

La réplique de Sammy sur les parents lui fit avoir une grimace : c'est vrai qu'il lui avait sorti qu'il habitait dans les environs et qu'a priori, il lui avait assuré avoir toujours un papa et une maman. Sur le moment, John ne sut pas trop quoi rétorquer au type qu'il suspectait de dealer de la drogue : d'un côté, il s'en voulait un peu de lui cacher la vérité, de l'autre, il se disait que ce type était con de penser qu'un gamin de son âge était dehors à cette heure sans avoir, au minimum, quelques problèmes de famille.

« T'inquiète pas, j'y compte bien. », dit-il sur un ton inhabituellement sérieux. Dans son cas, c'était encore pire, car à l'âge adulte, il serait sûrement une solution alternative pour remplacer Near dans le pire des cas. Ce n'était pas qu'il détestait l'idée, mais il n'avait pas vraiment eu l'impression d'avoir une enfance...

« Grand frère...je me demandais...tu aimes faire quoi quand tu as du temps libre ? Le footing à 4 h du mat', c'est ton truc ? Enfin, c'était peut-être des copains, les types sur la plage. »

S'il investiguait, autant investiguer jusqu'au bout et il avait retenu l'idée de ne poser qu'une question à la fois car Sammy avait tendance à se défiler quand il jouait au curieux.

John mordit une nouvelle fois dans le kebab et piocha maladroitement dans les frites : il n'avait pas l'habitude de manger des trucs comme ça, c'était loin de la cantine de collectivité, fut-elle de bonne qualité – qu'ils avaient à la Wammy's House.



Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 255
Age : 25
Localisation : Il n'y a qu'à demander ^^
Mer 2 Nov - 16:54
Les goûts se succédaient sous mon palais, mélange de sauces, de légumes et de viandes. Il n'y a rien de plus agréable que de manger, et je ne dis pas ça parce que j'ai peu d'expérience avec les filles, vraiment. Les bonnes personnes sont celles qui ont bon appétit, ça je peux le dire. C'est comme ça que j'avais choisi mon chien quand j'étais petit, celui qui a le plus grand appétit.

J'étais plutôt concentré dans les trois frites et une grosse bouchée de hamburger fourrées dans la bouche quand le gamin reprit la parole. Je n'ai pas trop fait gaffe de ce qu'il a vraiment demandé. J'ai juste tilté quand il a parlé des gens dans le port, me demandant si c'était mes amis.
Je repose la précieuse nourriture que j'avais entre les mains, finit à moitié ma bouchée histoire qu'on comprenne ce que je raconte avant de parler.

- Rharha, Chuis 'as chor'if, l'in 'e là. Mais chétait mes amis oui. Mais 'ne le chont plus vu dans quoi ils ont voulu m'entraîner. 'u 'ois chavoir vu qu'es 'u 'oin. Quant 'u les as vu 'artir, che v'nais 'e les env'yer chier.
(Traduction: Haha, je ne suis pas sportif, loin de là. Mais c'était mes amis oui.Mais ils ne le sont plus vu dans quoi ils ont voulu m'entraîner. Tu dois savoir vu que t'es du coin. Quant tu les as vu partir, je venais de les envoyer chier.)

Ce qui est totalement vrai. J'suis pas de ce commerce là moi. Comme si j'étais assez stupide pour chercher du gain alors que j'ai déjà les sous qu'il me faut.
...
Mais à quoi il me fait penser ce gamin? En plus, je vois le regard louche du propriétaire de l'établissement, se demandant presque ce que je raconte. Je me remets de suite sur ma nourriture après avoir lancé de façon un peu plus grave cette fois.

- Un autre conseil, balaie les emmerdes dès qu'elles se pointent. Même si tes copains s'amusent bien là dedans.

C'est quand même triste qu'on autorise des familles à vivre dans ce genre de quartier. Les gosses sont sûrement cueillis dès qu'ils sont en âge de comprendre ce que tout ça veut dire...même pas.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 13
Ven 9 Déc - 21:09
Manger un kebab, c'était tout une expérience : il y avait tout qui vous tombait des mains en même temps et vous finissiez forcément avec pleins de tâches sur vos vêtements. John ne faisait pas exception à la règle, surtout qu'il avalait le sandwich comme si on ne le nourrissait pas dans l'endroit où il était logé.

Le gosse hocha les épaules lorsque Sammy dit qu'il devait les connaître, vu qu'il était du coin. Fallait avouer que concernant ce point embêtant, il devait paraître un peu hors contexte, mais bon, il avait au moins l'excuse d'être un gamin qui fréquentait l'école en journée et qui avait la prétention de s'attirer le moins d'ennuis possible.

Les frits avaient un petit goût – assez exceptionnel – d'interdit. Il se rendait compte combien cette nuit était douce et à quel point il aimait être autre part qu'à l'intérieur de la Wammy's House à enquêter sur de fausses affaires. Il se demandait pourquoi les adultes voulaient faire d'eux des robots un peu trop tôt pour leurs âges, pourquoi ils n'avaient pas le droit de se promener et de vivre en liberté. Pourquoi il n'avait plus de parents ? Pourquoi il ne pouvait dire son nom à personne ? Pourquoi toute trace de son identité avait été effacée des fichiers comme s'il n'était un fantôme ?

« J'ai un diplôme en j'parle la bouche pleine. Ai tout compris. »

Son meilleur pote était un spécialiste en la matière, mais il se retint de le mentionner. Lui devait dormir bien au chaud dans son lit, où il ne rencontrait les mêmes soucis existentiels que lui.

« Maman m'a toujours dit de pas regarder ces types dans les yeux. Pis ils ont pas une tête à ce que je leur parle. Je sors souvent la nuit, mais je prends d'autres ruelles pour pas croiser ce genre de types. »

Alors, dealer, pas dealer, le Sammy ? John avait un gros doute, soudainement. Il l'avait aperçu avec ces personnes louches, mais comme il venait de lui expliquer, ils avaient juste voulu l'embrigader dans leur trafic et ce qu'il avait vu juste avant allant dans ce sens. Alors, curieusement, Johnny accepta de donner sa chance à ce type qui avait une tête plutôt sympa. Il finit son kebab avant de descendre du siège.

John avait une idée formidable, quelque chose qu'il aurait aimé faire depuis longtemps. Il regarda tout de même autour d'eux, faisant attention à ce que le vendeur de kebabs ne les écoute pas, puis, chuchota :

« …Dis. Ça te dirait de faire du tourisme ? J'e connais un bon moyen d'entrer dans la cathédrale Saint-Paul. Il paraît qu'on peut avoir une super vue de tout là-bas ! »

Le gosse avait un superbe sourire candide, décidé à s'amuser toute la nuit, et la présence de Sammy serait surtout une raison de moins pour se faire arrêter par les flics.

...Avec la chance qu'il avait, Roger les avait déjà lâchés à ses trousses.


Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 255
Age : 25
Localisation : Il n'y a qu'à demander ^^
Mar 10 Jan - 13:31
Le temps que je finisse ma dose de gras (il faut dire ce qui est), le petit avait fini son kebab. Ah, non, il restait le hamburger. Quand le petit descend de sa chaise, je choppe vite-fait la nourriture avant de le suivre dehors. C'est qu'il a la bougeotte, le gamin.
Je lance un regard au barman qui hoche de la tête, probablement pour dire "au revoir et rentre chez toi" ou quelque chose comme ça vu sa tronche. Il a pas l'air de trop râler pour qu'on mette les papiers gras à la poubelle.

Une fois assez éloignés de l'individu, John chuchota une idée un peu dingue et surtout pas prévisible. Je prends un air neutre et le pousse un peu à sortir du "bâtiment" si on peut dire avant de lui répondre.
Une fois à l'air frais/froid de la nuit, je me penche en avant, les mains sur les genoux pour être à niveau de la tête à John. Déjà, c'est une idée stupide ce qu'il a eu, mais on va tenter de passer ça en douceur.

-Ecoute petit... t'es sympa, vraiment. Mais là ils devraient dormir tes parents non? On a passé un bon moment, maintenant il est temps de rentrer. On a tout les deux école demain alors autant être attentifs en cours tant qu'on sait encore l'être. Tu ne crois pas?

Enfin, la motivation, elle a dit ouste il y a très longtemps déjà. Je passerai probablement la journée de demain au lit, tranquille. Peut-être que je relirais un cours, pour la forme. Mais il faut que dire que je l'aime bien ce gamin, il m'a plutôt bien changé les idées.
Un soupir sort de lui-même quand je regarde le sourire enfantin de John disparaître. J'aime pas casser l'ambiance, mais être raisonnable signifie souvent ne pas être drôle.

-S'tu veux, je te passe mon numéro de portable si "ça" recommence chez toi. ça te va?

On a pas tous la même chance à la naissance. J'aurai pu être à sa place pour peu que je ne serai pas tombé dans une famille de bobos.
Je lui tends ma main, voir si il tape dedans pour accord. Je ne sais pas trop pourquoi je fais ça, mais pourquoi pas?
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 13
Jeu 26 Jan - 21:36
John lança un brusque regard vers Sammy. Même s'il avait de forts soupçons, il avait espéré que, pour une fois, un adulte sympa pourrait partager ses aventures. Ce n'était pas la même chose avec les enfants de son âge...il avait du mal à s'entendre avec.

Dehors, il faisait froid, si bien que John rabattit sa capuche, sans doute pour que Sammy ne voie non plus à quel point il était déçu. Il allait sans doute devoir retrouver son chemin tout seul jusqu'à la Wammy's House, prendre le bus comme un grand ou demander, même, aux policiers. Ça allait être tout sauf une partie de plaisir.

Le jeune génie se mordit les lèvres. Il se sentait en colère, trahi, mécontent, et ça ne lui arrivait pas souvent. Plus que tout, il se sentait frustré de ne pas pouvoir aller jusqu'au bout dans son enquête : L, le grand L serait allé jusqu'au bout, il aurait analysé chaque détail du comportement de Sammy et les liens qui l'unissaient à sa bande pour aboutir à une conclusion pertinente. Il aurait été bon, pas comme lui qui n'était qu'un apprenti. Même Mello ou Near aurait été capable d'en conclure quelque chose, c'était dire, alors lui...Lui pour qui ça semblait évident, que Sammy frayait avec des types louches, il se mordait les lèvres de ne pas parvenir à l'en tirer.

« D'abord, mes parents, ils sont morts ! », dit-il en serrant les poings. « Et je me baladais juste, j'habite pas vraiment là-bas ! J'voulais pas que tu croies que j'étais en train de vous espionner ! »

Si il avait été plus jeune, John aurait sans doute pleuré, mais à la phrase « mes parents sont morts », il ne ressentait plus rien. Il avait toujours connu la Wammy's House, des parents, il n'avait aucune idée de ce que ça faisait, si c'était bien ou pas. Lui était persuadé que ceux qui lui avaient donné la vie l'avait un peu aimé...du moins il l'espérait. Si près de partir, il griffonna rapidement quelque chose sur un bout de papier qu'il tendit à Sammy.

« ...C'est le numéro de là où je suis. Tu demandes John Doe, tu précises bien le Doe parce qu'il y a d'autres enfants qui s'appellent comme ça. Et tu dis pas que je t'ai rencontré sur un quai, tu le dis pas, sinon ils vont faire des contrôles chez toi, parce que c'est évident que tu trafiques. »

Il le força à prendre le bout de papier, puis s'enfuit, disparaissant dans l'immensité de la capitale.

Il avait appâté Sammy. La prochaine fois, nierait-il ?


Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en hautPage 1 sur 1
Sujets similaires
-
» Une Danse avec l'Ange Démoniaque, Nyx Hela
» Pétion –Ville ; mairesse Ludie Parent ap danse kompas !
» "Je veux qu'on rie...Je veux qu'on danse...Je veux qu'on s'amuse comme des fous !" [Julia]
» Danse ta vie vie, danse [Alex]
» Ssélisse, née d'un camélia sanglant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Death Note RPG : une nouvelle ère :: Le Monde - Zone RP :: Le Monde :: Europe :: Londres - Zone RP :: Westminster-
Sauter vers: