Pitié et allégeance à toi, Kira ! La foule s'inclina en silence, respectueusement devant cette idole masquée et inconnue.
 
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È strano, è strano ... [PV Near]

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Jeu 9 Juin - 0:04
La clinique St John se dressait sur une de ces petites places, typiques du quartier. De sa façade coquette, elle surplombait un square fleuri. Des gamins jouaient là avec leur parents. Ils sortaient de l'école Bee pour les enfants doués, sur la même place. En fait, l'école faisait face à la clinique.

Depuis sa chambre, Will la voyait tous les jours.

Elle voyait les enfants y entrer, en sortir, toujours avec leurs parents. Parfois, ils avaient des trucs dans les mains - des systèmes solaires en carton, des volcans en papier mâché. Les parents étaient fiers. Beaucoup se précipitaient au square. Il y avait des toboggans, des abeilles à ressort que les gosses chevauchaient en riant aux éclats. Les parents riaient, eux aussi.

Will ne riait plus beaucoup. Le doc l'avait prévenue : la chimiothérapie a tendance à rendre grognon en général.

Dans son immense lit, l'impératrice du sucre s'ennuyait. On lui avait pourtant fabriqué un vrai cocon, dans cette chambre parmi les plus luxueuses de la ville. Ici, se faisait ce qu'il y avait de mieux en matière de traitement. Et en matière de service. Les infirmières changeaient tous les jours les fleurs sur sa table de chevet. Quand elle avait la force de lire, c'était à la lumière d'une lampe en cristal Baccarat. Les draps blancs lui donnaient la nausée - trop hôpital, alors on lui avait fourni une belle literie à fleurs roses. C'était une vraie chambre de princesse. Un doux euphémisme dans lequel Will sommeillait des jours entiers.

Sauf que la Machinerie empêchait toute évasion. La Machinerie, avec ses perfusions, ses "bip" angoissants, ses tuyaux de partout et ses boutons dignes d'une table de mixage, la Machinerie était toujours là. Will avait l'impression de supporter la présence de Terminator dans sa jolie chambre façon Louis XIV. Elle supportait de moins en moins la Machinerie. Elle supportait de moins en moins tout cela.

Mais elle ne braillait plus quand elle en avait assez. Parce qu'elle ne pouvait plus vraiment brailler. En y réfléchissant, cela la faisait presque sourire : ses actionnaires en avaient rêvé des années durant, du jour où elle ne leur hurlerait plus dessus au téléphone. Ce jour était arrivé. Et d'ici quelques mois peut-être, ses actionnaires pourraient sabrer le champagne.

Les infirmières changeaient ses fleurs chaque jour. Mais c'était des fleurs commandées par la clinique. Depuis son arrivée ici, Will Wonka n'avait reçu personne.

- Miss ?

Elle détourna le regard de la fenêtre, du square où la vie continuait.

Dans l'encadrement de la porte, se tenait Suzy. Une infirmière qu'elle aimait bien. C'était elle qui faisait sa toilette, les jours où elle n'avait pas la force. Et à voir son sourire, les nouvelles étaient bonnes.

Quoique, Will ne savait plus vraiment ce que pouvait être une bonne nouvelle.

- Oui ? fit-elle.
- Vous allez être contente, Miss. Vous avez de la visite.

L'information ne s'assimila pas aussitôt dans l'esprit embrumé de la femme chocolat. Elle dût se la repasser plusieurs fois avant d'en saisir le sens. Le mot flottait dans son cerveau, si inespéré qu'il en était irréel : visite.

- Pour moi ? Vous êtes sûre ?
- Sir vous a demandée. Je le fais entrer ?

Et comment. Qui, bon sang ? Qui s'était déplacé pour la voir ?

- Mes cheveux, Suzy.

Elle avait encore du mal à dire "ma perruque". De toute façon, vu ce qu'étaient ses vrais cheveux, on ne voyait pas du tout la différence. Sauf si on avait l'oeil acéré d'un Sherlock Holmes ... ou d'un ancien de la Wammy's. L'infirmière vint vers elle ; en quelques secondes - l'habitude, le carré rose chewing-gum emblématique était bien en place.

En un bref instant, la lady retrouva de sa prestance. Elle se redressa sur ses oreillers, toute seule comme une grande. Son regard, bleu à défaut de ses lentilles habituelles, récupéra un peu de sa brillance jadis redoutable.

- Faites entrer.


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Age : 15
Localisation : Coincé sous mes jouets º^º
Mer 27 Juil - 11:20

Le blanc était venu voir la rose dans un pas si subtil mélange de couleurs. Il avait un service à demander. Une alliance à faire. Avec elle. C’était donc pourquoi il était venu la voir.

A la Wammy House, le garçon ne lui avait pas spécialement parlé, ne l’avait pas spécialement remarqué, restant fidèle à son asociabilité. C’était pareil avec tout le monde, ou presque.. Enfin. Tout ça pour dire qu’il ne la connaissait pas tant que ça.

Dans le hall de la clinique, il demanda à la voir. Oui, il avait déplacé son popotin jusqu’au bâtiment blanc. Blanc comme ses habits. Blanc sur blanc. Bref. Pour lui, ne pas être dans un environnement, un lieu familié sécurisé, comme, par exemple son bureau au sein du siège du MI6, c’était si rare que cela devenait presque un miracle, un exploit. A vrai dire, en trois mois, il n’était sorti en tout et pour l’instant à peine que quatre fois. La première, c’était avec Matt au motel Blackwell. La seconde, à une église quelconque, rencontrant de cette manière Apollo ; une histoire qui l’a conforté sur le fait qu’être au cœur de l’action, c’est définitivement pas son truc. La troisième, à nouveau au motel –le retour- avec les principaux intéressés nommés ci-dessus. Et la dernière…

Near patienta devant la porte de la chambre, le temps que la dénommée Suzy prévienne miss chewing-gum de sa visite. Une fois que ce fut fait, et qu’il avait l’autorisation de cette dernière, il entra sur ces mots qui sont, je l’accorde, peu originaux :

« Bonjour Will. »

Il s’approcha ensuite de la malade ; dans ses mains, des roses… roses. Pour aller avec la chevelure de la demoiselle. Des fleurs qui se retrouvèrent dans le vase de la table de chevet, arrangés par l’infirmière.

Il s’assit à même le sol, attendant sans aucun doute une réponse de la jeune femme.
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Ven 29 Juil - 1:51

Durant un court instant, Will se demanda si elle rêvait. Ça lui arrivait parfois, quand elle flottait entre son sommeil naturel et les méandres flous de l'anesthésie. Le plus surprenant n'était pas le visiteur en lui-même : quelque part, elle ne s'étonna pas que ce soit Near. Pour être honnête, elle avait à plusieurs reprises songé qu'il voudrait lui parler un jour. Il traquait Kira, ceux qui traquaient Kira avaient toujours besoin d'argent. Ceux qui avaient besoin d'argent, avaient un jour ou l'autre besoin de Will Wonka.

Ce qui la surprit, ce fut ce que Near portait. Cela lui arracha un sourire.

- Pourquoi roses ?

Evidemment, elle savait pourquoi. La réponse ce trouvait même dans sa question. D'ailleurs, l'association était d'une naïveté presque enfantine. Roses, parce que Will pouvait se résumer à cette couleur. Pourtant, elle n'avait pas eu la vie rose comme les gens normaux l'entendaient - ça non. Pour se retrouver à la Wammy's, il ne fallait pas avoir eu une vie sucrée.

La plupart des fleurs qu'elle avait reçues n'étaient pas roses. Elle en avait reçu beaucoup. Lors des assemblées générales annuelles, de la part d'actionnaires fous amoureux des dividendes qu'elle leur distribuait - Will n'avait jamais eu de relation suivie, mais les soupirants s'étalaient comme les blés à ses pieds. Aux pieds de sa fortune surtout. Ou encore, de la part d'enfants de riches qui vouaient un culte à son personnage édulcoré. Enfants de riches, parce qu'envoyer des fleurs coûtait. Personne ne lui en avait jamais remises en mains propres. Personne n'était venu à sa porte pour lui tendre un bouquet, avec toute l'humilité de celui qui offre.

Personne jusqu'à Near. Il y avait une première fois à tout. Elle ne l'aurait simplement pas attendue de sa part.

Will regarda l'infirmière arranger les fleurs dans le vase. Elle les trouva magnifiques. A force, elle reconnaissait le luxe quand elle le voyait. Ces roses avaient été élevées, bichonnées par un artisan. Oh, sans doute Near n'y était pour rien : un de ses nombreux larbins en costume-cravate avait dû acheter le bouquet en chemin pour le lui mettre dans les mains. Elle avait du mal à imaginer Near, l'associable et l'immaculé Near, entrer chez une fleuriste et savoir quoi prendre.

Ne jamais voir de romantisme, ne jamais imaginer de spontanéité. Elle s'y tiendrait jusqu'à sa mort - d'ici peu, peut-être.

Son ex-camarade de classe était venu pour affaires. Will parlerait affaires.

- Elles sont jolies. C'est gentil, merci. Assieds-toi.

L'infirmière installa un fauteuil près du lit. C'était le fauteuil destiné aux visiteurs. Première fois qu'il servait depuis l'hospitalisation de la reine rose. D'une main trop maigre, la jeune femme arrangea le col de sa blouse.

- Combien veux-tu ?

Abrupte, voire sec ; mais après tout, pourquoi perdre du temps ? Il n'aimait pas ça, et elle n'en avait pas beaucoup, de temps. Son chéquier était dans le tiroir de sa table de chevet. Elle le dégainerait certainement. Au point où elle en était, sans mari ni héritiers, on n'allait pas l'enterrer avec ses milliards.

Et le fisc pouvait toujours crever pour en avoir une miette.



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