Pitié et allégeance à toi, Kira ! La foule s'inclina en silence, respectueusement devant cette idole masquée et inconnue.
 
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The fainter we go into the fade out lines [Dan <3]

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Fate Harlaown
Juliette sans Roméo
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Lun 8 Fév - 19:22
Assise à la terrasse d'un café chic de la City, Fate portait à ses lèvres ce qui devait être la dizième cigarette de sa journée. Tirant une première latte de tabac en prenant garde de ne pas enfumer ses voisins, la jeune femme examina attentivement le dos de son paquet de Marlboro. C'était à croire que les Britanniques prenaient un mâlin plaisir à faire culpabiliser les gens comme elle : chaque paquet arborait un beau cliché dissuasif qui lui rappelait à chaque instant combien elle était nocive pour ses proches et à quoi devaient ressembler ses pauvres poumons – sans parler des effets pour les enfants, c'était un sujet sensible. Elle s'était réveillée aux aurores, quand le sommeil l'avait soudainement quitté, et attendait à la terrasse de ce café depuis une bonne heure déjà. Londres avait beau être une ville qui la dépaysait, vivre ici comportait également de nombreux avantages : il n'y avait qu'à voir les gros titres des journaux qu'elle feuilletait publiquement et qui, au Japon, lui aurait sûrement causé quelques problèmes.

A quelques dizaines de mètres, de l'autre côté de la rue, se trouvait le bâtiment du MI5 et la fouille grouillante d'agents et de bureaucrates qui allaient et venaient au pied du building. Fate attendait patiemment qu'il soit midi pour entrer à son tour à la recherche de son homme. Il s'appelait Dan O'Riley, un trentrenaire brun et fringant et, surtout, un agent du MI5. Elle connaissait son visage, son nom, l'étage et le bureau dans lequel il travaillait ainsi que quelques petits détails de sa vie qui pourraient facilement lui-être utile : un vrai arsenal de stalkeur professionnel. Entrer en contact avec la taupe du MI5 n'avait pas été véritablement difficile, il suffisait d'avoir quelques connaissances au bon endroit et Fate jouissait d'une reconnaissance dans le gratin londonien des pro-Kira qui lui permettait d'en avoir. La taupe en question lui avait conseillé de se présenter à ce fameux O'Riley : c'était un flic des stupéfiants et était donc nécessairement familier du milieu criminel et délinquant qui, qui plus est, avait suffisamment de choses à cacher pour se plier à sa demande.

Quand midi sonna enfin, le mouvement grandissant des employés lui fit comprendre que la pause déjeuner débutait. Bien sûr, elle n'avait pas pris rendez-vous avec Dan pour la simple et unique raison qu'on ne prenait pas rendez-vous avec un agent du MI5. Décidée à agir, la jeune femme écrasa ssa cigarette dans le cendrier prévu à cet effet, marcha quelques mètres avant de s'engouffrer rapidement dans le hall du bâtiment : la seule partie à laquelle elle serait autorisée à accéder, elle qui n'était ici qu'une simple civile. C'était certes un hall immense où la fouille groullait et où les indications manquaient cruellement pour que les étrangers à l'administration puissent trouver leur chemin, mais Fate ne peina cependant pas à trouver ce qui semblait être la cafétariat du bâtiment. L'homme de la photographie était assis là, à une table, entouré de ses collègues. Elle ne tenait pas à attirer l'attention sur elle : il y avait toujours ce risque que son rapport à Kira la rattrape et lui cause des ennuis dans ce pays où Kira, bien qu'en progression constante, était encore loin de faire l'unanimité. Pour tuer les quelques minutes qu'elle avait devant elle, Fate prit le temps de prendre un café, puis un deuxième, assise en retrait à une distance raisonnable de O'Riley, jusqu'à ce que la pause-déjeuner se termine.

Quand Dan O'Riley fut enfin seul à sa table, en train de terminer son déjeuner, la grande blonde prit place en face de lui, sans en demander l'autorisation préalable. Esquissant un joli sourire en lui tendant une main polie, elle entreprit de clarifier les choses rapidement :

« Bonjour Monsieur. Je suis enchantée. »

Un court silence s'installa à la table pendant lequel ils se dévisagèrent mutuellement, sans qu'elle ne perde pour autant son sourire. Il fallait dire que la situation était plutôt cocasse et Fate se surprit même à regretter son approche un peu trop directe.

« Il fait exceptionnellement beau dehors, ce serait dommage de rester enfermés ici. Je vous paie un café ? » demanda t-elle finalement avec un petit air malicieux.

Pour la subtilité, on repassera, mais elle ne doutait pas que son joli sourire et son discret décolleté feraient le reste.


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Dim 14 Fév - 23:20
Dan contrôlait rigoureusement bien son emploi du temps : une journée où il se rendait moins de deux heures à la machine à café était une mauvaise journée. Une journée où il n'appelait pas la compagnie qui les livrait pour les soudoyer et les forcer à foutre des capsules de meilleure qualité n'était pas non plus une journée. Aujourd'hui ne faisait pas exception à la règle, et Daniel O'Riley traînait, conformément à la tradition, dans le hall d'entrée qui leur servait à tous de lieu de rencontre. Il avait raconté des anecdotes à mourir de rire sur les derniers drogués qu'il avait croisé dans son service et, café à la main, il profitait bien de ce simple moment de paix entre collègues.

Deux des siens étaient morts et au sein du MI5, tout le monde savait que ce ne serait plus la même chose. Même parmi les agents les plus détendus comme Daniel, une certaine méfiance était de mise. Chacun s'observait et s'analysait comme s'il y avait une chance qu'il puisse dénonce ses petits trafics de marijuana, ses impôts impayés et prudence était de mise. Un de ses collègues lui fit – à juste titre – remarquer qu'il était déjà l'heure du repas et Daniel suivit toute cette petite meute, prenant un plateau repas et se joignant à leurs conversations de bon cœur. Il était un type plutôt social, et pourtant, il était plutôt rare qu'il aille au restaurant administratif. Pour cela, il fallait qu'il ait du travail par dessus la tête, et avec l'enquête sur « la taupe » et les falsifications de leurs réunions, il en avait.

Le repas passa à une vitesse folle, sans doute plus parce qu'il avait la tête ailleurs qu'autre chose. Il fit quelques blagues, charma une de ses collègues qui passaient à côté d'eux, enfourna dans sa bouche la purée qui ne semblait avoir de goût que pour le palais du cuisinier. C'était immonde. Lorsque ses collègues partirent, Daniel se contenta de les saluer et de leur dire à plus tard : il finirait bien par les recroiser à la machine à café, pour le meilleur ou pour le pire. Il ne détestait pas ses collègues : non, ils étaient sympathiques. Il était juste terriblement difficile de les entendre parler de la jeunesse comme étant complètement dépravée et immorale.

...Cette voix sucrée et rafraîchissante finit de le réveiller. Il ouvrit les yeux pour contempler ce qui devait être une beauté et ne fut pas déçu. Devant lui, il y avait une nymphe qui resplendissait dans la crasse de cet endroit. Il n'aurait su dire qui de ses cheveux blonds, de son teint de lait ou encore de ses grands yeux tristes et pétillants étaient les plus fascinants. À moins que ce ne soit son décolleté qui ne fasse que le fixer définitivement à cette chaise.

« Je. Bonjour madame. Je suis O'Riley. Dan O'Riley. »

Il n'en revenait toujours pas. À vrai dire, son visage lui disait quelque chose, mais il se disait que c'était sûrement parce qu'elle était la femme de ses rêves. Dan s'imaginait déjà au lit, sous la douche ou dans la salle de bain avec cette chose sublime et nue. Dan se sentait déjà assez rouge. Il se leva, l'invitant à le suivre.

« Je vous le paie, plutôt. Je ne laisserai jamais une aussi charmante demoiselle ouvrir son porte-monnaie pour moi. Ça tombe bien, je connais un excellent petit café dans le coin. Ils en font des noirs serrés à mourir...Je suis sûr que vous adorerez l'ambiance ! »

...Et leurs toilettes étaient très confortables : Dan les avait déjà testées plusieurs fois, et en charmante compagnie.

« Vous vouliez me voir pour une affaire spécifique ou...cela peut attendre le café ? »
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Fate Harlaown
Juliette sans Roméo
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Lun 22 Fév - 21:54
Il aurait fallu qu'elle soit aveugle pour ne pas comprendre l'effet qu'elle avait quasi-immédiatement produit sur lui. Le rouge lui était monté aux joues à une vitesse impressionnante et ses balbutiements ne trompaient personne. Fate esquissa un sourire mi-amusé, mi-compréhensif, l'air de dire qu'elle avait compris mais qu'elle ne lui en tiendrait pas rigueur. Dan O'Riley était un trentenaire fringuant et plutôt bel homme dont émanait cet aura classieuse et un peu désinvolte si propres aux Britanniques. Londres et l'Angleterre la changeaient décidément bien de l'environnement si confiné de la société tokyoïte. Comme pour plaisanter, Fate lui tendit une main polie et presque rigoureuse pour se présenter à son tour :

« Enchantée, Monsieur O'Riley. Je suis Lara Stock, mais vous pouvez m'appeler Lara. » dit-elle en lui serrant fermement la main.

Encore un beau mensonge, certes, mais révéler sa réelle identité à un agent du MI6 n'était sans doute pas la meilleure chose à faire. Malgré les apparents accords entre les gouvernements britannique et japonais, l'Angleterre et le pays du soleil-levant étaient loin d'être des alliés. L'espionage faisait rage entre les deux régimes, comme si le premier à trouver une faille dans le système de l'autre parviendrait à imposer sa propre vision du monde. Fate Harlaown ne doutait pas une seconde des talents des services secrets britanniques, et encore moins de la capacité d'un de leurs membres à faire la liaison entre son nom public et sa fonction au sein du gouvernement de Kira. Lara Stock, c'était l'identité qu'elle utilisait depuis son arrivée à Londres quand il lui fallait masquer la part Kira de son activité. Quand bien même ce masque tomberait-il, O'Riley ne trouverait sans doute pas étrange qu'elle ne révèle pas sa véritable identité, compte tenu de sa requête.

« … Et je serais ravie de me faire offrir un café pour vous exposer tout cela. »

Se levant de sa chaise plutôt inconfortable, Fate entreprit de suivre ce charmant britannique jusqu'au café en question. La jeune femme marchait tranquillement à côté de lui, tentant de combler leur temps de déplacement par une conversation des plus banales. Parler de la pluie et du beau temps, c'était un peu ridicule, mais elle se voyait mal exposer sa requête aussi peu formellement. Par chance, ils n'eurent pas à marcher longtemps et ils finirent par entrer dans un petit café chic à la décoration un peu rétro une dizaine de mètres plus loin de la terrasse à laquelle elle s'était installée quelques instants plutôt.

« Je ne suis pas déçue. C'est vrai que l'ambiance est plutôt originale ! » s'exclama t-elle en un sourire, tandis qu'elle prenait place dans un large fauteuil de velours rouge qui avait des allures de trône.

Cette ville regorgeait de surprises et de lieux plus insolites les uns que les autres : c'était quelque chose qu'elle appréciait vraiment et Fate regrettait de ne pas avoir plus de temps pour explorer les moindres recoins de cette merveilleuse ville aux milles saveurs. Retirant sa veste, elle plaisanta un instant sur la décoration quelque peu insolite le temps que le serveur vint leur porter leur commande. Une fois son interlocuteur servi, elle porta à ses lèvres le chocolat viennois qu'on venait de lui préparer avec un petit air satisfait. Certes, le whiskey faisait rarement bonne impression dès la première rencontre et elle en avait conscience, mais Fate était également une véritable gourmande et c'était le genre de petits plaisirs interdits qu'elle se permettait depuis que sa forme physique était devenue une nécessité secondaire.

« Je suis sincèrement désolée de vous avoir interrompu dans votre travail, Monsieur O'Riley.... » commença t-elle en se penchant vers lui, glissant un regard discret autour d'eux, comme pour vérifier que tout le monde était à une distance raisonnable de leur conversation. « … Mais j'aurais urgemment besoin de vos talents d'enquêteurs. »

Une moue contrariée et attristée se dessinait déjà sur son visage, tandis qu'elle reposait son verre sur la table. Fate Harlaown ne comptait pas jouer la comédie avec lui : s'il était bien l'homme qu'on lui avait décrit, alors il lui viendrait en aide sans trop se questionner. Elle avait véritablement besoin d'aide et sa quête de vérité semblait atteindre un point si bas que demander les services d'un inconnu ne lui semblait même plus être une option insensée.

« Je mène une enquête depuis quelques mois pour retrouver l'assassin d'un ami cher. C'est ce qui m'a poussé à partir pour Londres. »
commença t-elle en touillant son chocolat.

Il avait dans son anglais plutôt courant un accent teinté de sonorités germaniques qui n'échapperait sans doute pas à un britannique de naissance. Mordillant sa lèvre inférieure, elle marqua une petite pause, comme si elle hésitait à formuler la demande qui lui brûlait les lèvres.

« J'ignore si je me trompe... mais j'ai le sentiment de tourner en rond. Et j'ai besoin de passer à autre chose, vite. On m'a dit que vous sauriez m'aider. »

Pour parler de Clarke, elle attendrait un peu. C'était un sujet sensible qui risquait de se retourner contre elle si O'Riley n'était pas aussi sûr et influençable qu'on le lui avait promis...


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Mer 9 Mar - 21:30
La règle d'or des O'Riley : on ne refuse rien aux jolies femmes. Or, Fate avait tout ce que l'on pouvait attendre d'une jolie femme : elle était belle, charismatique et les quelques paroles qu'elle lui avait adressé lui laissait penser qu'elle était intelligente. Très.

Il apprécia sa compagnie lorsqu'il l'accompagna jusqu'au café, lui faisant ainsi profiter des beautés cachées de la ville. Daniel connaissait les petites rues, les coins cachés, ceux que les touristes n'empruntaient pas par peur de se perdre. Il s'était même retenu de sortir une cigarette (une vraie) et de la mettre à sa bouche...devant cette étrangère qui, il espérait, finirait ce soir dans son lit, ça pourrait être une idée de merde. Ses mains s'étaient donc enfoncées dans les poches de sa veste, et il marchait, parlant de tout et de rien, du temps londonnien et de bouffe jusqu'à tomber sur le café qu'il cherchait.

Comme Daniel lui avait présenté, c'était un endroit très confortable. Les fauteuils étaient à eux-seuls des petits trônes qui donnaient l'impression aux clients qu'ils étaient les rois du monde. Lorsqu'il s'agit dedans, Dan se dit qu'il s'y poserait bien pendant deux heures et dût résister à l'envie de rouler un pétard : pas professionnel. À la place, il s'efforça de mobiliser ses rares neurones restantes pour écouter ce que l'inconnue aux si beaux yeux avait à lui dire.

...Et surpris, Dan le fut. Pas parce qu'on ne lui avait jamais demandé des enquêtes sur des meurtres. Parfois, il y avait des gens qui venaient après le travail et qui lui demandaient de venger un proche...ça avait toujours un rapport avec la drogue. De mémoire, il s'était toujours arrangé pour faire rentrer ces affaires dans le cadre légal de son boulot, n'avait jamais tué personne. Là, ce qui l'étonna, ce fut qu'à première vue, le mort n'avait pas de lien avec la drogue : il le savait directement, quand c'était le cas, la famille venait, était souvent en pleurs, et ne retenait pas cette phrase qu'il entendait lors de bien des cas : « c'était pas lui ! ».

« « On » vous a conseillé de vous adresser à moi ? Qui ? Alors...en effet, parfois, des gens font appel à moi...lorsqu'un dossier est trop longtemps ignoré, je peux donner un coup de main et m'en occuper mais vous savez...je fais partie des stups, moi. Tout ce qui concerne la criminelle, je ne m'en charge pas et d'ailleurs, je suis loin d'avoir la connaissance du terrain requise ? Ce n'est pas pour vous déplaire, Mamzelle, mais je pense que vous vous adressez à la mauvaise personne. »

Il goûta le café bien serré qu'il s'était empressé de commander sitôt arrivé ici...C'était une merveille. Il eut l'impression de revoir ou de ressentir, plutôt, tous les autres cafés qu'il avait une fois bus. Ce moment était si unique qu'il releva légèrement la tête pour mieux en profiter.

« ...Par contre, je peux parler de vous à mes collègues de la criminelle, vous arranger un rendez-vous. À moins, qu'en effet, votre affaire ait un lien avec la drogue ou toute autre substance illégale : dans ce cas, je serai votre homme...Votre ami prenait-il...ou lui a fait-on prendre des substances illicites ? »

Il avait baissé le ton : ce n'était généralement pas le genre de conversation à faire à haute voix et ce genre d'entretien était assez confidentiel.
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Fate Harlaown
Juliette sans Roméo
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Mer 8 Juin - 22:24
Il venait de poser la question qui fâche. Fate leva patiemment les yeux du chocolat chaud qu'elle venait de porter à ses lèvres en prenant bien soin de ne pas abîmer la belle couleur bordeaux qui les ornait. Elle le sonda du regard quelques secondes, suffisamment pour lui faire comprendre que sa réponse posait un certain nombre de problèmes. Comment lui expliquer qu'il lui avait été recommandé par une taupe de Kira illégalement postée au MI5 pour la simple et unique raison qu'il fricotait assez avec les frontières de la légalité pour que cela puisse lui causer des ennuis ? Tout là dedans posait problèmes. Si défendre et représenter Kira lui permettait presque tout au Japon, Fate constituait ici un élément indésirable, tout comme Kira était considéré par beaucoup comme un dangereux envahisseur. Il était de toute façon hors de question d'évoquer la simple existence de cette taupe et, dès lors, sa marge de manœuvre s'en trouvait très largement réduite.

Néanmoins, Fate n'était pas folle. Elle avait beau être rouillée, fatiguée par ses échecs, elle n'en restait pas moins rodée à ce métier qui demandait un sens terrible de la prévoyance. On ne prend pas contact avec un potentiel élément perturbateur sans pouvoir s'assurer la possibilité de son soutien. Elle était arrivée ici avec l'assurance de pouvoir appuyer sur le point faible de Dan : son petit (gros?) côté borderline et notamment son goût un petit peu trop prononcé pour les substances illicites. Mais, après quelques minutes de conversation, le menacer lui paraissait désormais bien contre-productif. Dan n'avait pas l'air d'un mauvais bougre et, mieux encore, ce grand nigaud semblait être tombé la tête la première dans le petit jeu de charmes auquel se livrait la jeune femme. Il suffisait pour le comprendre d'observer comme il la dévorait du regard – et il n'était pas question que de son visage.

« Monsieur O'Riley, je ne suis pas sans savoir que vous traitez essentiellement d'affaires de drogues et, en effet, le meurtre dont il est question n'a strictement rien à voir avec ce genre de substances. Cependant... » commença Fate après avoir laissé durer un court silence, témoin de la confusion que provoquait chez elle ce qui ressemblait à un refus.

En prenant soin à ne pas créer ce petit bruit désagréable propre à la vaisselle, la jeune femme déposa sa tasse dans la coupole qui lui était destinée. Comme pour intimer à son interlocuteur quelque chose de plus compromettant, elle se baissa, posant son coude sur la table et dévoilant savamment au passage la naissance de ses seins, pour lui glisser quelques mots supplémentaires.

« Je suis persona non grata ici. Personne dans cette ville n'acceptera de m'aider pour un tas de raisons plus ou moins justifiées que je ne peux vous exposer. »

Elle inventerait n'importe quoi, s'imaginerait meurtrière en cavale ou victime d'un système injuste pour le convaincre. Devant l'impasse de son enquête avec Clarke, ce sympathique britannique représentait vraiment une alternative qui allumait en elle un certain espoir. Fate se savait capable de le faire céder et elle avait déjà une idée bien définie de comment. Ce n'était sensiblement pas le genre de type à résister aux avances d'une femme. Le dénommé O'Riley était qui plus est fort charmant et, comme le lui avait conseillé ce charlatan de psychologue qu'elle avait consulté puis congédié à son arrivée, prendre un amant ne lui ferait sans doute pas de mal. Rien n'est plus compréhensif qu'un homme surpris sur l'oreiller – quinze ans d'expérience dans l'armée le lui avait appris. Se débarrassant d'un habile geste du pied droit de son escarpin gauche, elle laissa glisser innocemment son pied désormais libre de long du mollet de l'homme. Difficile de faire plus explicite.

« On m'a dit que vous étiez quelqu'un de confiance, que vous aviez l'habitude de gérer ce genre d'affaires un peu 'borderline'. Je ne peux compter sur personne d'autres que sur quelqu'un comme vous. »

Elle posa son sac à main sur ses genoux et en tira son portefeuille.

« Si c'est d'argent dont vous avez besoin pour prendre ce risque, je vous dédommagerai en conséquences. C'était un ami cher, je vous supplie de m'aider à honorer sa mémoire. »


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Mer 3 Aoû - 19:01
C'était pile le genre de femme avec qui il aimait s'éterniser. Si certains hommes les auraient trouvées vulgaires, il savait trouver ce qui était intéressant chez ces dames et affirmait qu'elles avaient énormément de conversation. Malgré le sérieux apparent de l'homme, il fixait avec émotion ceux, bleus, de son interlocutrice. Pleins de questions éparpillées dans sa tête : il se demandait combien d'hommes elle avait déjà pu rendre fous, si tous s'en étaient sortis vivant et, plus encore, si elle était libre ce soir et plus encore. Elle ne semblait pas du genre à refuser un rendez-vous.

Plus il l'écoutait, plus il trouvait important le fait de traiter son affaire, même si elle semblait, à première vue, n'avoir aucun rapport avec le milieu de la drogue. Fate seule le persuadait de s'y mettre et franchement...c'était une première. Il hochait la tête : il savait ce qu'était d'être persona non grata...lui l'était pour certains de ses collègues, étant donné son parcours un peu inhabituel pour un flic, alors pour une femme belle pour elle, cela devait être encore plus insupportable.

Il décida donc d'accepter la demande de Fate : non pour l'argent ou pour une quelconque raison mercantile, mais, comme la jeune femme l'avait sans doute prévu, parce qu'il s'était noyé dans ses yeux océan et son décolleté plutôt évocateur.

« Je... »

Un énorme frisson le prit du bas jusqu'au haut de la colonne vertébrale, et il se pressa d'ingurgiter le restant de son café pour se calmer. Il était devenu aussi rouge que certains murs de l'endroit.

« Je..Oui ! J'ai l'habitude d'avoir des méthodes un peu discutables. Je suis étonné qu'on vous en ait parlé, mais c'est très bien ! Je veux bien enquêter pour vous, vous avez l'air...euh...très affecté par ce qui est arrivé à votre ami. Et pour l'argent...on verra le moment venu, si j'ai des frais de transport et tout, mais je peux faire passer ça discretos sur le compte du MI5, vous en faites pas. »

Il avait parlé très vite, comme si le café – sans oublier le pied de Fate – lui avait fait prendre la cinquième. D'ailleurs, il s'était empressé d'en commander un autre, de café et avait par la même occasion demandé à la sirène à ses côtés si elle commandait de nouveau.

« Il faut que vous compreniez que j'ai besoin de précisions : le nom de votre ami, la morgue, l'autopsie...tous les détails procéduraux un peu agaçants. Vous avez déjà fait appel à un détective ? Si c'est le cas, essayez de vous procurer le dossier de votre ami chez lui, il serait bête que je puisse me servir de ses recherches. »

Dan prit la main de Fate comme un prince charmant un peu vintage aurait pu le faire pour sa princesse et murmura :

« Vous êtes belle...La tristesse ne vous sied pas. Passez la nuit avec moi, je veux voir un sourire sur votre visage. »
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Fate Harlaown
Juliette sans Roméo
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Jeu 18 Aoû - 0:38
Et là, soudain, c'est le déclic. Elle sent son corps se raidir, voit le rouge lui monter aux joues, les mots lui manquer et ses poils se hérisser. Fate le tient, comme on tient un poisson trop gourmand déjà solidement accroché à l'hameçon, et Dan est un sacré poisson : celui qui la sortirait de ce merdier dans lequel elle s'est enlisée et qui la tire vers le fond avec toujours autant de force, elle en était convaincue.

Tout en touillant calmement la fin de son chocolat, la jeune femme le regarde terminer son café avec une petite moue amusée. Ses lèvres s'ouvrent pour dévoiler un large sourire quand elle obtient enfin ce qu'elle veut. C'est un sourire un peu victorieux, mais surtout heureux et reconnaissant. Dan est définitivement un brave homme. Pour obtenir son aide, elle avait avancé ses atouts les plus avantageux : le charme, l'argent, puis le sexe comme l'avait suggéré son pied évocateur sous la table. Mais il n'avait réclamé ni d' épaisses liasses de billets, ni de nuits torrides pour lui apporter son aide. Il avait juste envie de l'aider, sans doute parce que comme le laissait deviner son regard perdu entre ses courbes voluptueuses et son visage au sourire angélique, elle était parvenue à lui plaire.

« Vous êtes quelqu'un de bien, Dan. » se contente t-elle de répondre.

Le regard illuminé par une lueur d'espoir clairement perceptible, la jeune femme pose une main sur celle de son interlocuteur dont elle caresse doucement le dos.

« Vous êtes vraiment quelqu'un de bien. Merci. » répète t-elle, reconnaissante, tandis que son sourire s'élargit encore. « Et je vous paierai tout : les frais de transport, de bouche et le dédommagement. J'y tiens, vraiment. »

Mettant un terme au contact de leurs mains, Fate sort de son portefeuille posé sur la table quelques billets sans prendre la peine de les compter. Elle saisit à nouveau la main de Dan, y fourre délicatement l'argent et referme calmement ses doigts dessus.

« J'insiste. Et si vous n'en voulez pas, vous trouverez certainement une occasion pour m'inviter au restaurant. »

Une invitation à la séduire un brin plus sophistiquée. Il refuserait l'argent, elle en était presque certaine : trop impoli, pas assez galant. Elle fait un peu figure de demoiselle en détresse, même si elle n'aime pas cette idée selon laquelle il faudrait nécessairement s'en remettre aux hommes pour s'en sortir, et le chevalier ne facture jamais à la fin du conte.

« Bien sûr ! Je vous ferai transmettre les dossiers aussi rapidement que possible. Vous y trouverez ce qui a servi de base à notre enquête : le profil de la victime, le rapport d'autopsie... Et si vous avez besoin de quoi que ce soit d'autres, je tacherais de me le procurer. Je tiens vraiment à participer à cette enquête, autant que possible. J'ai en effet fait appel à un détective, oui, j'irai réclamé tout cela à son bureau dès demain. »

Ils devraient parler d'encore beaucoup de choses à ce sujet. Le détective en question, les avancements dans l'enquête, ses hypothèses qui n'avaient pas été couchées sur papier (et peu importe si Clarke les trouvait incongrues) et, bien sûr, ce qui faisait de cette enquête un dossier sensible. Il faudrait sans doute, à un moment ou à un autre, que soit évoqué son affiliation à Kira, mais le moment était malvenu. D'abord parce qu'il venait tout juste d'accepter ; ensuite et surtout parce qu'elle ignorait comment Dan réagirait. Les agents du MI5 ne devaient pas vouer un grand amour à Kira et ses serviteurs.

Et Dan venait de confirmer que ce n'était pas bienvenu. Bien plus que de parler des détails de l'enquête, lui comme elle avaient envie de se tourner autour. C'était si joliment dit et tellement mieux qu'un « On baise ? », s'amusa t-elle. Un brin mielleux, et c'était quelque chose à quoi elle était assez peu habituée jusque là, mais suffisamment recherché pour lui donner la sensation d'avoir de l'importance, de compter à ses yeux. Et il ne fallait pas beaucoup plus à Fate pour trouver à cet un homme, en plus de son joli minois et de sa classe à l'anglaise, un charme fou. Il avait choisi des termes bien évocateurs : on ne passe pas une nuit comme on passe une soirée, mais ce n'était pas pour lui déplaire. Certes, il était bien trop tard pour se défiler après son petit jeu si efficace, mais surtout, Fate en avait terriblement envie. Envie qu'il la ramène chez lui, envie qu'il lui fasse l'amour et continue de se comporter avec elle comme il le faisait si bien. Cet homme lui évoquait de la confiance, une confiance qui lui criait de se laisser aller dans ses bras.

« Zappons l'invitation au restaurant, alors. J'ai très envie de voir comment vous redonner le sourire aux demoiselles. » lui répondit-elle avec un sourire tandis qu'elle se levait, prête à le suivre.


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Jeu 15 Sep - 18:42
Mon dieu, pourquoi il y a-t-il des vêtements entre lui et ces seins ? Il ne peut s'empêcher de se dire « c'est gagné, c'est gagné ! » et merde, il se sent de plus en plus excité. Il tente de se calmer, sachant que la réflexion et cet état ne font pas bon ménage, mais c'est foutu.

Fate le tenait dans ses filets comme elle l'aurait fait d'un vulgaire poisson. Il aurait dû voir venir le coup, sentir que celle-ci avait dévoré plus d'hommes que n'importe quoi d'autre, mais il s'est doucement laissé faire, c'est trop agréable. Alors, maintenant, Dan est là à l'observer comme si elle était le messie : il serait capable de tout faire pour la satisfaire, et plus encore. D'ailleurs, il écoutait chaque mot qui sortait de sa bouche rien que pour la beauté du son de sa voix.

Etait-il amoureux ? Ressentait-il une quelconque trace d'amour qui l'avait figé à la conquête de l'estime de la jeune femme ? ...Honnêtement, pour le moment, il ne connaissait que désir fugace et envie de conquête : pour Fate, c'était sûrement cela. Il y avait quelque chose chez cette femme qui nourrissait son envie, lui donnait envie de la prendre directement sur cette table. Elle valait sans doute mieux que ça.

« Vous irez tout réclamer à ce détective dès demain, oui. Je vous aiderai avec dés...non, plaisir. », répéta-t-il, à peine attentif et sur un petit nuage.

Daniel se leva ensuite pour payer sa part et celle de la jeune femme auprès du barman. Laissa 2 livres de pourboire à l'homme. Il se retourna ensuite vers la belle jeune femme pour lui tendre la main : il était midi, et alors. Depuis qu'il l'avait rencontrée, il se foutait bien de retourner au boulot : et d'ailleurs, pour ce qu'il comptait y foutre, c'était du temps gagné. Il lui ouvrit la porte, la laissa passer avec la classe qui le caractérisait. Lui proposa de lui montrer son appartement, même s'il n'était ni beau, ni vivant, ni même original ; il lui parla pendant quelques minutes de son labrador, Einstein, une bête qui était si intelligente qu'il l'enviait.

Il l'écoutait, aussi, et puis ils ne se pressaient pas, car ils aimaient prendre leurs temps. De toute évidence, de quelque façon que ce soit, les deux avaient été seuls trop longtemps pour apprécier la compagnie l'un de l'autre.

« Tu pourrais me parler de ce détective ? On embauche parfois des privés, au MI5. Je le connais peut-être. », lui dit-il en souriant, au détour d'une conversation intéressante.

Danny était sur un nuage. Tout lui paraissait merveilleusement fantastique, que ce soit l'arc-en-ciel dans le ciel, parce que la pluie venait d'arrêter de tomber, ou même l'harmonie des nouvelles lignes de vêtements présentées dans les vitrines.

« Ma voiture est dans ce parking souterrain, là. », lui dit-il en montrant du doigt ledit parking du MI5.
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Fate Harlaown
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Lun 10 Oct - 22:01
Son lapsus langagier lui arrache un petit sourire en coin. Elle prend plaisir à le voir succomber, ça fait bien longtemps qu'elle n'est pas parvenue à faire briller les yeux d'un Homme comme les siens brillent à cet instant. Après avoir insisté pour payer sa part de l'addition (et non sans avoir glisser un petit billet en caisse à son insu), elle lui avait confié sa main poliment et avait pris la route à ses côtés. Ce n'est qu'une fois dans la rue qu'elle prit le temps d'examiner sa carrure : il était plus grand qu'elle, et ce malgré ses talons hauts, et portait le costume deux pièces avec une grande élégance. Elle ne put s'empêcher de se dire qu'il avait ce petit côté Monsieur Darcy, le beau britannique qui avait fait succomber Bridget Jones et, au passage, fait fantasmer des générations de jeunes filles, elle comprise. La perruque grise et la robe d'avocat en moins. Ce parallèle la fit sourire quelques secondes et elle faillit manquer sa question.

Oui, elle avait très envie de l'accompagner dans son appartement. Et elle le lui fit comprendre d'un petit mot évocateur glissé à son oreille. Puis, ils marchèrent tranquillement, l'un à côté de l'autre, jusqu'à Millbank. C'était vraiment une belle ville : elle aimait cette ambiance si caractéristique, entre cosmopolitanisme et vitalité permanente, et regrettait sincèrement de ne pas pouvoir profiter davantage des merveilles de la capitale britannique. Trop d'ennuis au bureau, trop de galères au quotidien, autant de choses qui l'empêchaient de se livrer à ce genre d'activités. Il avait un chien ? Elle aimait beaucoup les chiens. Elle se souvenait du berger allemand, Klint, avec lequel elle avait grandi dans la maison familiale et qu'elle appréciait tout particulièrement. C'était agréable de discuter avec lui sous ce soleil, d'elle, de lui de tout, de rien, comme si leur rendez-vous était banal.

« Clarke. Il s'appelle Clarke et si le MI5 travaille déjà avec lui, je vous conseille de mettre un terme à votre coopération. » répondit-elle, un peu agacée, signe de l'énervement caractéristique que produisait la simple évocation du détective chez elle.

« Je vais faire mon maximum pour récupérer les dossiers et quand l'affaire sera résolu, je m'occuperai de son cas. C'est très secondaire, vraiment. Merci encore... » compléta t-elle, un nouveau sourire radieux aux lèvres, alors qu'ils pénétraient dans le parking souterrain que lui désignait Dan.

Mettant de côté ces fâcheuses modalités qu'elle ne tarderait pas à lui exposer, elle se laissa conduire et profita de son agréable conversation quelques minutes supplémentaires. Rapidement, ils se retrouvèrent devant cette tour typique de Lewisham. Elle ne l'avait pas vraiment imaginé vivre dans un tel recoin de la ville, c'était décidément un drôle de personnage. Elle l'observa chercher quelques longues secondes après ses clés, un petit sourire amusé aux lèvres, comme pour lui faire comprendre qu'elle n'était pas si pressée.

Passée la porte de son appartement, elle l'avait laissé la débarasser de son manteau, comme pour le laisser terminer de prouver les compétences de son CV de parfait gentleman. Puis, ils passèrent quelques longues secondes silencieuses à se regarder dans le blanc des yeux, sensiblement dans l'attente mutuelle de voir l'autre prendre les choses en main. Un tierce visiteur en la personne d'Einstein, ce fameux labrador à l'intelligence incroyable qu'il n'avait cessé de lui vanter, vint finalement y mettre un terme. Fate se baissa avec soin pour couvrir la bête de caresses en tout genre.

« Il est adorable, vraiment ! Si tu cherches quelqu'un pour le sortir à l'occasion... » glissa t-elle, amusée.

Devant l'air visiblement gêné de son compagnon du jour qui devait sûrement se demander à ce moment précis comment formuler ses envies primitives sans briser son parcours jusque là sans fautes d'homme charmant et respectueux, elle laissa l'adorable Einstein de côté pour se dédier à son maître. D'un habile geste des pieds, elle quitta ses escarpins et s'approcha de Dan, sans doute un peu trop près pour le laisser indifférent :

« Je n'ai envie ni d'un café, ni d'un verre, si c'est ça que tu veux me proposer. » commença t-elle, une petite moue moqueuse fixée sur son visage.

« Mais tu m'as promis de m'aider 'avec désir', alors je t'attends. »


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Mer 2 Nov - 15:25
Harlaown était si canon qu'il ne pouvait pas se permettre de résister. Il enviait ce chien qui avait réussi à récupérer ses ambles caresses sans faire d'effort et pour le coup, l'aurait sûrement engueulé. Il la regardait caresser son chien et ne pouvait pas s'empêcher de se sentir de plus en plus excité...en particulier parce que ses paroles étaient sans équivoque. Il défit son nœud de cravate, se sentant un peu à l'étroit là-dedans.

Ce qu'il se passa ensuite ne fut pas très dur à comprendre. Aussitôt, un sourire naquit sur le visage de Dan plutôt rouge, et il porta une main sur le dos de Fate avant de commencer à l'embrasser passionnément. C'était ce genre de relation charnelle sans lendemain violente et sensuelle qu'il adorait et le pire, c'était qu'il n'était pas vraiment sous l'emprise d'une quelconque drogue à présent. Daniel, donc, au plus fort de sa forme, la plaqua contre un mur et entreprit, dans un accord mutuel, de la déshabiller.

Quelques heures plus tard, Dan se reposait, épuisé, dans son lit, profitant de la présence momentanée de la succube à ses côtés. Il se souvenait à peine du sujet pour lequel elle l'avait engagé, aurait peiné à faire le moindre mouvement en plus, tellement il se sentait sur un petit nuage. Cette relation était sûrement la meilleure qu'il avait pu avoir depuis un certain mouvement. Il se serait senti capable de tout lui révéler, des petits secrets du MI5 – pour ceux qu'ils connaissaient – à leur drôle de chef qui ne se montrait à quiconque. Il se demandait pourquoi cette femme si exceptionnelle n'était pas déjà casée et d'ailleurs, pourquoi certains hommes venaient à devenir ses ennemis : c'était si agréable, de ne pas résister.

Il la regardait toujours avec des yeux de merlans frits, comme s'il lui jurait en silence qu'il serait pour toujours à son service. Il aimait ses cheveux blonds si parfaits qu'il aurait tué pour avoir l'adresse de son coiffeur s'il était une femme ou un certain blond, ses ongles manucurés à l'extrême, sa bouche qui faisait l'objet de bien des fantasmes chez tous les hommes qu'elle rencontrait, son nez, sa manière de draguer, qui la faisait paraître noble et non comme une fille facile. Surtout, il l'aimait pour s'être donnée à lui tout de suite : il trouvait que c'était là un privilège intense et l'aurait bénite pour cela.

« Je ne sais plus du tout pourquoi nous nous parlions. Tout ce que je sais, c'est que...C'était trop cool. Je veux bien que tu reviennes pour promener mon chien à nouveau. Tu fumes ? », lui dit-il tout en s'en roulant une petite. Vous savez ce que l'on dit sur la clope après l'amour...

Poli, il attendait tout de même, la clope au bec, la réponse de sa belle avant de l'allumer. Il n'aurait pas supporté la blesser et, tout de même, il était le must de la politesse britannique. Dan O'Riley passa une main dans ses cheveux lustrés, toujours bien coiffés, preuve que la laque qu'il achetait était d'extrêmement bonne qualité. Il lui fit un léger clin d’œil, zyeutant à peine sur ses seins.

« Tu voulais voir un autre dossier...avec moi ? Je suis à tes ordres... »

C'était franc, et surtout pas trahison envers le MI5.
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Fate Harlaown
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Mer 9 Nov - 22:24
Quand elle sent sa main glisser le long de son dos et se saisir de sa taille, Fate comprend qu'elle l'a définitivement conquis. Un large sourire se dessine sur son visage quand ses lèvres s'emparent des siennes tandis qu'elle glisse une main dans ses cheveux bruns. Dan serait à elle aussi longtemps qu'elle parviendrait à le séduire. Alors pour ce soir, elle serait entièrement sienne.

Elle ne s'était réveillée qu'à la tombée de la nuit, engourdie après une longue soirée d'amour où elle s'était appliquée à faire ce qu'elle savait faire le mieux : donner du plaisir et en recevoir en retour. Et Dan le lui avait bien rendu. Allongée lascivement entre les draps, elle croisa son regard posé sur elle et esquissa un sourire reconnaissant. C'était un amant formidable, suffisamment doux pour la mettre en confiance et passionné pour la satisfaire pleinement. Rien à voir avec tous ces types à qui elle avait accordé, l'espace d'un soir, une place dans son lit depuis son arrivée à Londres. Un bon coup certes, mais ses paroles ont vite fait de lui rappeler qu'il ne porte pas autant d'attention à ses problèmes qu'à ses courbes qu'il dévore des yeux. Elle peine à croire qu'il se souvient à peine de ce qui les a mené là, quelques heures auparavant, et retient un soupir entre agacement et déception. Elle se contente de ne rien dire, les affaires viendront en temps et en heure.

« Ouais, c'était... vraiment bien. » dit-elle avant de glisser les doigts dans le paquet qu'il lui tend pour en sortir une cigarette qu'elle le laisse poliment allumer. « Merci. »

On devinait très nettement son ventre arrondi par l'enfant qu'elle porte – elle ne pouvait s'empêcher d'y penser chaque fois qu'elle portait un verre ou une cigarette à ses lèvres, sans pour autant se résoudre à arrêter. Après plus de trois mois, et ce malgré une grossesse qui se faisait physiquement très discrète, cela n'avait certainement pas échappé à Dan. Elle espérait juste pouvoir éviter les questions., ou pire, le désintérêt que cela pouvait provoquer chez certains hommes. Elle s'étira comme un chat, de toute sa longueur, se laissa glisser sur le côté et couvrit ses hanches nues. Par chance, il avait l'air visiblement plus concentré sur sa poitrine que sur ce qu'elle craignait qu'il remarque.

« Quelque chose me dit que Monsieur O'Riley ne fume pas que du tabac. » commence t-elle avec un petit sourire ironique en tirant une première latte de sa cigarette. « C'est qu'une drôle d'odeur règne dans son appartement. »

Le cannabis, elle l'avait senti dès son entrée. Fate se fichait bien de ce genre de chose et en était même une consommatrice occasionnelle. Une habile façon de lui faire comprendre qu'elle n'était pas aussi bête et fragile qu'elle pouvait en avoir l'air : si enquête il devait y avoir, elle y collaborerait avec ou sans son accord. Elle comprenait juste mieux ce qu'on avait voulu lui dire en lui recommandant Dan : il serait relativement facile de le mettre sous pression ou de le menacer, mais Fate ne voulait rien de cela. Ce beau britannique s'était attiré sa sympathie et cette petite expérience sous la couette avait achevé de la convaincre que le revoir serait une possibilité fort séduisante.

Les quelques bouffées de cigarette qu'elle inspire la laisse chancelante, elle se sent terriblement bien là. Après avoir pris soin de l'écraser dans le cendrier posé sur la table de chevet, Fate se faufile entre les draps pour prendre place contre lui. Elle glisse une main savante le long de ses reins sur lesquels elle laisse ses doigts se promener.

« Il y a tellement de choses que je voudrais que tu m'apprennes, Dan. » chuchote t-elle à son oreille avec un petit air coquin, tête blottie dans son cou. « Tu es vraiment ma dernière chance de trouver des réponses. »

Quelques secondes de silence s'écoulent durant lesquelles Fate s'empressait de réfléchir à ce qu'elle pourrait lui demander sans avoir l'air suspecte. Il suffisait de voir son regard pour comprendre qu'il lui donnerait tout ce qu'elle désirerai pourvu qu'elle parvienne à rester la femme pour laquelle il s'était engagé : une demoiselle en détresse qu'il s'empressait de secourir.

« J'ai peur que le meurtrier de mon ami soit couvert par le gouvernement britannique. Je ne vois pas d'autres explications au fait qu'il ait pu échappé à Tokyo... Ca me met vraiment en soucis. »

Ce n'était pas une option exclue : elle comprenait mal comment l'entrée sur le territoire britannique d'un individu en provenance du Japon, dont les papiers étaient d'ailleurs sûrement falsifiés, pouvait avoir ainsi disparue des registres alors que les relations entre ces deux pays imposaient que la gestion des nationaux japonais soit rigoureusement tenue. D'autant plus que les portraits robots, aussi approximatifs étaient-ils, circulaient jusqu'en Grande Bretagne. Et c'était surtout une bonne occasion pour vérifier avec Dan que l'Angleterre ne disposait pas d'informations qu'elle avait prétendu ne pas posséder.

« Tu penses que... le MI5 pourrait couvrir ce genre de chose ? » glissa t-elle en levant vers lui des yeux inquiets. « Si c'est le cas, je... j'ai bien conscience que toute enquête est vaine. »

Sa main reposait désormais contre son torse, fermée, dans un geste qui trahissait son angoisse.


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Dim 1 Jan - 21:28
Pouvoir avoir le bonheur de contempler Fate Harlaown, c'était comme griller toute la queue du MacDonald sans bouger un sourcil : c'était sûrement ce que pensait Dan O'Riley à ce moment-là, trop perdu dans la contemplation de ses souvenirs récents pour réfléchir et donner un sens logique à ce qui venait de se passer.

Si son supérieur, Ian Foxworth avait été à sa place, il aurait sans doute réfléchi autrement : une fille blonde s'intéresse à lui, du jour au lendemain, elle lui demande de résoudre une enquête bizarre, d'enquêter sur quelqu'un de louche, et lui fait du gringue. Il n'y avait aucun doute : Monsieur Foxworth aurait sans doute conduit Fate Harlaown tout droit entre les griffes du mystérieux chef du MI6.

Cependant, Dan O'Riley n'était pas Ian Foxworth. Lorsqu'on lui proposait des nichons, il ne voyait que les nichons et pas ce qui était derrière. Il avait peut-être conscience de n'être qu'un outil manipulé par Fate, mais dans tous les cas, il était bien trop heureux d'avoir cette fonction. Il aurait enfoui sa tête dans ses seins, jalousé tout autre homme qui lui aurait volé cette nymphe venue de nulle part et lui aurait révélé quelques petits secrets sur l'oreiller. Daniel était comme cela, n'en déplaise à Foxworth, et il savait malgré tout que dès que Fate voudrait que le charme se rompe, elle lui ferait savoir et s'évanouirait dans la nature comme elle en était venue.

Dans sa précipitation à l'emmener chez lui, il avait passé sous silence que la jeune femme était enceinte jusqu'au coup : maintenant que les choses devenaient plus calmes, il prit deux secondes pour réfléchir. Ce n'était pas le genre de femme qui ne pensait pas à se protéger : de qui était l'enfant ? L'avait-elle aimé ? Était-ce l'homme pour qui elle l'avait engagé et qui était mort ?

« Monsieur O'Riley fait ce qui le regarde. », fit-il non sans esquisser un sourire à sa remarque. Pour seule revanche, il lui désigna la cigarette qu'elle était en train d’inhaler. « Chacun ses défauts. Pas très prudent, ça, pour l'enfant. Le père...c'est l'homme dont vous me parliez ? »

C'était très clair : il était sous l'emprise de Fate. S'il y avait deux secondes, il ne l'était pas totalement, il était à présent tombé à pieds joints dans le piège, avec les yeux tristes de Fate, le fait qu'elle soit enceinte, et ses malheurs tellement injustes. C'était fait, maintenant : il avait envie de la serrer contre lui, de la consoler, et pire, même si ce problème ne le concernait absolument pas, de la venger. Son étreinte lui procurait des frissons, il se sentait doué d'un sentiment presque chevaleresque.

« Je ne sais pas si le MI5 peut couvrir des choses comme ça. Honnêtement, si c'est le cas, ce serait plutôt du ressort du MI6 et les deux services n'ont rien à voir l'un avec l'autre. Je peux tout de même poser des questions, mon...mon mentor travaille là-bas, et il est digne de confiance. Même si je n'ai pas les dossiers, j'ai besoin de comprendre, Fate...que lui a-t-on fait ? Pourquoi penses-tu que le gouvernement anglais a quelque chose à voir dans le meurtre de ton ami ? ...et si c'est le cas, qui était-il ? »

Il lui caressait les cheveux, instinctivement, comme pour la rassurer. Il parlait à voix basse, optant volontairement pour une ambiance confidentielle, sachant également que des micros pouvaient avoir été cachés dans son appartement et qu'il ne voulait pas risquer la vie de Fate.

« Combien de mois, Fate ? Tu as besoin d'aide ? »
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Fate Harlaown
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Jeu 5 Jan - 1:45
Quand les yeux de son compagnon du soir s'étaient posés sur son ventre arrondi qu'elle avait pourtant tenté de dissimuler, elle y avait à son tour glisser un regard, comme pour s'assurer que tout ça n'avait pas l'air d'un mauvais rêve.

« Ce n'est pas plus irresponsable que d'en proposer à une femme enceinte. » rétorqua t-elle sèchement avec un sourire en tirant une nouvelle cigarette du paquet qui traînait dans ses vêtements jetés nonchalamment au pied du lit.

Fate détestait ces petites réflexions auxquels se livraient malheureusement beaucoup de monde. Elle buvait, fumait, continuait de multiplier les amants et les déboires sans que sa grossesse ne l'en empêche. Difficile de dire si c'était parce qu'elle ne pouvait tout simplement pas s'arrêter de se livrer aux plaisirs qui rythmaient sa vie ou tout simplement parce qu'elle ne voulait pas de ce petit parasite qui s'était comme immiscé dans son corps de femme à son insu et ne semblait vouloir s'en décrocher.

Et Daniel venait de toucher le point sensible. Fate ravala sa salive tandis que son sourire s'éteignait.

Bien sûr qu'il était d'Akira. Comment aurait-il pu en être autrement ? Cette histoire avait beau avoir des allures de farce, c'était un cauchemar bien réel qu'elle s'obstinait à nier déraisonnablement. Oh, il aurait pu avoir des allures de rêve éveillé si les choses s'étaient passées autrement. Mais Fate ne serait ni la femme d'un mari aimant, ni la mère comblée d'un magnifique enfant. Ce qui se profilait à l'horizon, c'était son ventre qui s'arrondissait de jour en jour sans qu'elle se sente capable de donner à son habitant l'amour dont avait besoin un enfant.

« De toute façon, il ne restera pas ici plus longtemps. » lui avait-elle confié comme seule réponse avec un petit sourire qui se voulait léger après quelques longues secondes de silence.

Inutile de nier. Il faudrait qu'elle lui parle de tout, si elle voulait voir cette enquête se résoudre. Il faudrait lui dire qu'Akira Darkwood était aussi et surtout Hadès, qu'ensemble ils avaient bravés tous les interdits, élaborés les plans les plus fous, jusqu'à cet enfant à la fois inespéré et indésiré. Mais plus fort que des mots, ses yeux un peu perdus entre inquiétude et peur avaient suffi à esquisser un « Oui ».

Un drôle de moment, sans aucun doute. Celui où elle dévoilait à un inconnu ce qu'il restait de son semblant d'intimité.

Quand son étreinte se resserra autour de sa taille et qu'elle sentit sa main rassurante glisser dans ses cheveux, la chaleur de son corps lui apporta un peu de réconfort. L'espace d'un instant, Fate oublia presque qu'elle avait couché avec ce type comme elle l'avait fait avec des dizaines d'autres, dans la seule optique de ses intérêts particuliers en échange de quelques minutes de plaisir. Pute, elle n'avait jamais vraiment cessé de l'être : il lui avait suffit de changer de mode de rémunération. Et pourtant, elle avait soudain envie de se confier à lui, de mettre son orgueil au placard pour s'enfouir entre ses bras pour pleurer et ne plus jamais en ressortir. Mais Fate était fière.

« C'était un résistant. » lâcha t-elle comme si parler des faits la détournait de ses pulsions. « Tout comme l'homme que je soupçonne être son meurtrier. Et je connais la complaisance de votre gouvernement envers ceux qui s'opposent à Kira. Vous auriez très bien pu lui offrir votre protection. »

On sentait dans sa voix comme une pointe d'amertume. Bien sûr, le gouvernement britannique n'était pas responsable directement de ses problèmes, mais elle ne pouvait s'empêcher de croire que si Mello était bien ici, et tout l'indiquait, il ne pouvait se cacher si parfaitement sans l'aval de celui-ci. C'était tout bonnement inimaginable qu'il ait pu disparaître sans laisser de traces. Comme à chaque fois qu'elle discutait d'une de ses enquêtes, son cerveau travaillait à vivre allure, agglomérant suspicions, faits et preuves dans un pêle-mêle sans queue ni tête qu'elle s'acharnait à vouloir remettre en ordre. Mello serait-il citoyen anglais ? Pourquoi l'Angleterre ? Comment avait-il pu changer d'identité et effacer toutes ses traces avec autant de zèle sans l'aide de l'administration ? Après tout, était-il au moins en Angleterre ? Et...

« Combien de mois, Fate ? Tu as besoin d'aide ? »

Fate tourna à nouveau la tête vers Daniel, comme pour vérifier que c'était bien lui qui venait de la toucher en plein cœur. Pourquoi diable s'acharnait-il à exacerber ses faiblesses ? Avait-il compris que comme elle l'avait embobiné au jeu de la séduction, son attention semblait la faire flancher ? Si elle avait besoin d'aide ? Elle n'aurait pas trop su le dire. Ce dont elle était certaine, c'est qu'elle avait cruellement besoin qu'on lui en propose.

« Bientôt six mois. Je vais avorter, bientôt, je m'approche dangereusement des délais. Mais ça va aller. »


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Lun 24 Avr - 16:50
Il y avait des choses dont on était sûr, dans la vie, et cela du premier coup.

Sûr que la femme qui était à ses côtés aurait une importance dans sa vie, quelle qu'elle soit. Sûr qu'il devait l'aider, comme il essayait d'aider toutes les personnes qui pouvaient avoir une valeur à ses yeux. Néanmoins, il n'était pas sûr qu'elle soit la bonne, car celle qui faisait battre son cœur appartenait déjà à un autre. C'était une histoire tragique, et il savait, malheureusement, qu'il en était de même pour Fate.

Il ne connaissait pas Fate et pourtant si. C'était un sentiment très particulier d'avoir été intime avec elle pendant quelques dizaines de minutes et puis, revenir au fait qu'il ne connaissait pas du tout cette femme. Peu importait, il apprendrait à la connaître le mieux possible, elle et toute l'intrigue qui l'entourait. La voir évoluer dans son petit monde, elle et l'enfant qu'elle portait en elle lui donnait une envie de justice qui était rarement présente chez lui. Le désir, pour une fois, d'être de nouveau sérieux et d'aider les personnes qui, il l'estimait, le méritaient.

« Une affaire de résistants. Je tâcherai de faire de mon mieux pour t'aider. Je n'ai pas accès au plus haut niveau de fichier, mais ai moyen de m'incruster facilement dans le bureau d'un de mes supérieurs. »

Il avait écrasé sa cigarette contre un cendrier posé sur la tête et avait eu un petit tic nerveux, brûlant d'envie de s'isoler un peu dans la salle de bain pour faire ce à quoi il s'adonnait tous les soirs. Il fallait qu'il tienne un peu, au moins le temps que Fate parte ou s'endorme. Il ne manquerait plus qu'elle découvre ce fait, et son image de fervent agent du MI5 au secours de la veuve et de l'innocente s'en verrait entachée. Dan soupira, sentant quelque goutte de sueur lui couler lentement le long de la tempe. Il sourit, faisant comme si de rien n'était.

« Je peux prendre rendez-vous pour toi dans un planning familial, ou quelque association de ce style. Ne tarde pas, ne mets pas ta vie en danger pour ça. »

Il n'était pas ce genre de type à juger ou poser des questions sur « garder l'enfant ou non ». Non. Au contraire, au vu des circonstances particulières, il ne pouvait que défendre Fate et l'encourager dans cette voie, si tel était son désir. Dan soupira. Il se leva lentement, allumant une autre clope au passage pour essayer de se détendre, se dirigea vers la cuisine où il laissa couler un café, prépara un plateau de petits gâteaux anglais, remplit la gamelle du chien qu'il caressa, à sa venue, pendant quelques longues minutes.

Il revint avec deux assiettes bien remplies de pâtisseries, plus ou moins dures. Il les déposa sur la table basse, accompagnées de deux tasses de café fumantes.

« Je ne suis pas un hôte ingrat. Je n'ai presque que du café et des clopes ici, alors je ne pourrais pas ne pas t'en offrir. Mh...Discutons. Ce qui m'étonne, c'est le nom de Clarke. Je n'avais pas relevé tout à l'heure, mais c'est vrai que le nom me dit quelque chose. L'agence ne s'appelle pas Willy and Cie ? En effet, d'après mes dernières informations, je crois qu'il est appelé en dernier recours par le MI6. Je me rappelle qu'à l'époque, j'avais trouvé cela très étrange. J'en avais marre de voir son ombre partout, alors je l'avais filé. »

La clope entre les lèvres, le café dans la main, il tenta maladroitement d'ouvrir son carnet personnel, résumant l'état de ses pensées.

« Aucun résultat, ouais, si ce n'est quelques photos de filatures. Ce type est une anguille. Il n'existe pas. »
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Fate Harlaown
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Dim 18 Juin - 23:17
Elle ne répondit pas à sa proposition. Elle n’avait besoin de personne pour prendre rendez-vous à sa place, ni même pour la convaincre de faire ce qui était visiblement nécessaire dans sa situation. Elle était intimement persuadée qu’avorter était la bonne solution et aucune autre alternative ne lui semblait envisageable. Lui manquait désormais le courage de passer à l’acte et de mettre un terme à la croissance de ce petit habitant qui l’importunait, qu’elle détestait mais qu’elle aurait tant aimé chérir.

La courte disparition de Dan en direction de la cuisine lui avait permis de jouer les équilibristes, à la recherche de ses sous-vêtements jetés joyeusement au pied du lit dans le feu de l’action. Elle l’attendait désormais lascive mais plus couverte, sa troisième cigarette matinale glissée entre les lèvres. La vue d’un petit déjeuner certes improvisé mais charmant et exhaustif lui fit esquisser un sourire à l’intention de Dan.

« Adorable. » se contenta-t-elle de faire remarquer, en passant les doigts dans le pelage du chien qui avait visiblement suivi son maître.

Fate porta à ses lèvres la seconde tasse de café chaud qui trônait sur le plateau, mais la reposa aussitôt à l’évocation de Clarke. Comme si la mine d’informations que représentait Dan justifiait qu’elle soit pleinement concentrée et à l’écoute. Elle acquiesça calmement aux questions de son compagnon du soir sur le détective, l’air circonspect. Ses dires captèrent instantanément son attention et ses yeux se détournèrent de la tasse pour venir se planter dans le regard de Dan. Dernier recours du MI6 : ça ne collait pas avec son agence minable et son manque de professionnalisme. A l’inverse, cela expliquait sa réputation de détective de talent. Mais comment un département public en charge de projets sensibles du gouvernement britannique pouvait s’appuyer sur des entrepreneurs privés ? Inutile d’être un fonctionnaire aguerri comme Dan pour repérer une anomalie.

« Il a très bonne presse dans le milieu des fonctionnaires de Kira en territoire britannique qui ont souvent recours à lui. » fit-elle observer, comme pour mettre en évidence une contradiction. « C’est bien plus qu’étrange, c’est louche. »

La jeune femme posa sa tasse sur le plateau, s’approcha de Dan et prit place doucement derrière lui et se penchant sur le fameux carnet, instaurant une nouvelle proximité qu’elle savait convaincante. Devant sa maladresse, elle prit l’initiative de se saisir du café qui encombrait son compagnon, comme pour se recentrer sur l’essentiel : Clarke, ses drôles d’activité et, plus intéressant, la filature. Elle commençait à se dire que Dan était un miracle tombé du ciel : bien positionné côté britannique, très enclin à lui venir en aide et, nouvelle surprise, plein d’initiatives étonnantes.

Ses notes étaient brouillonnes, éparses, son écriture tremblante et maladroite. Le tout était illustré de quelques clichés de Clarke, air renfrogné, traits crispés et gestes tempétueux, comme à son habitude. Et, quelques pages plus loin, entre deux annotations sans grand intérêt, comme une révélation. Comme animée d’une énergie soudaine et surnaturelle, Fate plongea et se saisit du cliché, griffant allègrement le bras de son compagnon au passage.

C’était une série photo de plus qui aurait pu paraître banale au milieu des autres, mais qui comportait un détail qui lui donnait une importance toute particulière. On y reconnaissait Clarke et sa mine antipathique, mordant à pleine dent une tablette de chocolat noir qu’on devinait engloutie au fil de la série. Soudain, tout lui parût clair : Akira semblait délirer, mais dans ses derniers instants de vie calme lui avait donné les informations nécessaires à retrouver son meurtrier. Elle fixait la photo avec des yeux de folle, mains tremblantes, lèvres closes.

Le monstre du travail, le visage scarifié, l’addiction au chocolat. Tout y était. Clarke était Mello, et elle était passée à côté de cela tout au long de l’enquête.

« J’ai honte. » déclara t-elle après un long silence.

D’un geste, Fate se leva comme une furie, réunit ses quelques affaires et s’habilla en un temps record. La jeune femme glissa le cliché dans sa chemise avec un soin tout particulier, animée d’une excitation nouvelle mêlée d’un profond sentiment de colère. Comme s’il se rappelait soudainement de Dan et de son rôle dans cette découverte, elle fit volte-face et déposa un rapide baiser tendre sur ses lèvres.

« Merci pour tout. Appelle moi. »

Et aussi vite qu'elle était entrée dans sa vie, Fate se faufila dans la pénombre de la chambre laissant Dan, son hospitalité et la tasse de café entamée encore fumante.


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