Pitié et allégeance à toi, Kira ! La foule s'inclina en silence, respectueusement devant cette idole masquée et inconnue.
 
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Apollo
Perséphone
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Jeu 4 Fév - 20:02
L'air était froid et mordant, sa peau gelait et tout autour d'elle, les gens ne semblaient être que des OVNI. Ils parlaient anglais et elle, les seules langues qu'elle arrivait à comprendre, c'était le grec et le japonais. Drôle de choix, mais sur le coup, elle ne l'avait pas vraiment eu. Depuis les quelques mois qu'elle était arrivée ici, elle avait néanmoins pu prendre des cours d'anglais, mais son niveau demeurait encore fort bas et il lui était très difficile de se faire comprendre. Elle vivait donc un peu dans la rue, avec les quelques billets que lui avait passé Fate Harlaown lorsqu'elle l'avait vu. Après un court séjour à l'hôpital dû à sa traversée du Pacifique, la jeune femme s'était attelée à la recherche d'appartement : sans papiers ni boulot, c'était impossible. Elle était donc allée de squatt en squatt et était en ce moment très lié à un groupe de punk à chien...D'où l'odeur qu'elle se trimbalait tout le temps.

Lorsqu'elle ne passait pas ses journées à faire la manche, Apollo bidouillait l'ordinateur qu'elle avait réussi à récupérer au fur et à mesure des rencontres qu'elle avait faites. Ce n'était certainement pas le nec plus ultra et elle n'était clairement pas au maximum de ses capacités. Quelques semaines plus tôt, elle avait aidé Fate à trouver des indices sur l'assassin de Hadès. Son premier réflexe fut de se rendre sur l'intranet où étaient stockés les rapports de polices et les vidéos de surveillance. S'apercevant que la vidéo de la mort de Hadès était truquée, Dafne y avait déposé un pièce...un virus qui infecterait quiconque tenterait d'avoir accès à l'information. Une sorte d'hameçon pour les gros poissons, car on dit que les assassins reviennent toujours sur les lieux du crime.

Et elle en avait chopé un, de poisson...Qui ? Elle n'aurait pas su le dire, car les informations qui avaient été rapportées étaient très bizarrement codées. À croire que le propriétaire du PC avait réinformatisé entièrement son PC par sécurité. Apollo pensa un moment au Chat de Cheshire avant de secouer la tête : maintenant que Mello était mort, le Chat n'agissait plus trop, il devait être dévasté par la nouvelle. Des hackeurs, il y en avait des mille et des cent, et bidouiller son ordinateur ne demandait même pas de l'être. Bref. Quand elle n'était pas en train de faire la manche, Apollo se penchait dans les poubelles des magasins d'électronique pour récupérer des composantes. Aux dernières nouvelles, sur son PC, en à peu près sûr, elle avait réussi à stocker (et sur clé aussi) le rapport de la mort de Hadès et de Mello. Si ceux-ci étaient modifiés au cours du mois, elle serait prête à le signaler à Fate que quelque chose de louche se trâmait.

Apollo savait que son amie pensait que le blond n'était pas mort et si elle ne le démentait pas, c'était uniquement parce que Fate avait l'air fragile et qu'il était bien qu'elle s'attache à quelque chose. Même illusoire. La jeune jeune était assise sur le banc d'une église : il n'y avait pas d'autre endroit où elle avait le plaisir d'être tranquille. Une capuche était rabattue sur son visage ; elle était recherchée, tout de même, depuis « sa fugue » de chez Arashi Darkwood. Elle avait vu qu'on avait fait publier des photos d'elles dans de grands quotidiens et franchement...elle se doutait que l'ancien ministre de la justice devait être de très mauvaise humeur qu'elle l'ait brutalement quittée pour faire sa vie ailleurs.

Alors que faire ? La jeune femme était justement en train d'infiltrer le site du MI6 afin de récolter d'autres informations sur l'affaire qui mobilisait tant Fate. Elle devait, à tout pris, l'aider, et elle se sentait d'autant plus concernée depuis qu'elle avait laissé tomber (assez lâchement, il fallait le dire) Arashi.

Elle sentit soudainement une présence à côté d'elle. Ses yeux fatigués se lèchent, elle se les frotte avant de parler dans un anglais qui ressemblera plus à celui d'un élève de primaire qu'autre chose :

« ...Ca être privé. D'autres bancs être libres. »

Alias : dégage de là, c'est moi qui aie mon cul ici.
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Ven 5 Fév - 22:45

La fenêtre entrouverte de son spacieux appartement, le froid corrosif envahissant le salon moderne mais peu décoré, gaspillant l’électricité dans un chauffage qui ne servait à rien, il observait les passants des rues peu fréquentées en cette heure. Chacun se promenait à sa guise, ignorant les autres. Ensemble… et à la fois seuls. Des êtres mornes, froids. L’ambiance des jours heureux semblait avoir disparue. Cela en devenait triste. Parfois, éclatait une dispute au coin de la rue, et personne n’y prêtait guère attention non plus. De toute manière, celle-ci se tassait bien vite, et les acteurs de cette discussion repartaient, chacun de leur côté, sans plus d’égard pour l’autre.

Deux heures. Cela faisait maintenant deux longues heures qu’il était accoudé à la fenêtre, une tasse de thé à la main, tranquille, détaché du monde, juste à toiser de haut –au sens littéral et figuré- tous ceux qui passaient à proximité. Un profond soupir s’extirpe de sa bouche tant ce qu’il fait l’ennuie. Il porte la soucoupe maintenant froide à ses lèvres, ferme les yeux en savourant le délicieux breuvage, puis attrape fermement les volets et les rabat d’un coup sec, ne laissant la lumière s’infiltrer que par les quelques interstices de part et d’autres de la fenêtre. Le voilà maintenant plongé dans la pénombre.

Lentement, presque au ralenti, il se détache du mur et se dirige –ou plutôt se traîne- jusqu’à la porte de la pièce, appuyant sur l’interrupteur. Une vive et artificielle lumière baigne de sa clarté l’appartement, éblouissant le blanc. Il s’efforce de cligner plusieurs fois des yeux, s’habituant à la luminosité après l’obscurité. Il réfléchit quelques instants, puis entre dans la salle de bain.

Environ un quart d’heure plus tard, il en ressort. Totalement changé. Ses cheveux de neige sont désormais d’un brun clair, limite châtain, grâce à la perruque à l’air si naturelle qu’il possède. Ses vêtements aussi y sont passés : au lieu de l’affligeant pyjama qui lui servait d’habits à toute heure de la journée –et de la nuit-,  il porte une chic chemise bleu marine, avec un long veston noir, et un bas de la même couleur.  Il ajuste la paire de lunettes qui lui barre les yeux, tout en s’examinant sous toutes les coutures dans la glace du couloir. Personne ne pourrait le reconnaitre ainsi accoutré. Ses yeux à l’éclat du ciel sont la seule façon. Cela le vieillit, il ressemble à un bureaucrate. Et il ne passerait pas inaperçu dans les rues.

Il fixe un sourire sur ses lèvres. Un sourire qui sonne un peu faux d’ailleurs. Le type de sourire qu’ont les banquiers en vous annonçant quelque entourloupe pour vous soutirer de l’argent. Tel un faucon à fondre sur sa proie. Il est dans la peau de son personnage. Ce cher Andrew McCoy.

Il abandonne son appartement au profit de l’air frais du début de matinée. Il vagabonde, sans réellement s’arrêter quelque part, juste à se promener sans aucun but. Ses pas le mènent à un vaste parc. Il achète un petit paquet de croissants à l’odeur envoutante à une marchande ambulante, puis continue de se promener, l’air de rien, piochant parfois dans le paquet. Il ressemble à n’importe quel fonctionnaire en week-end –fonctionnaire qui remet ses habits de la veille. Il continue de marcher, s’arrête le temps de balancer quelques miettes aux canards goinfres de l’étang, et reprend sa route.

Il traîne un peu devant le marché, lorgne sur des jeux vintages, des poupées de cire, sans toutefois rien acheter de plus. On tente de l’intercepter, de lui proposer maintes objets tous plus farfelus que les autres, mais lui décline toujours, avec ce grand sourire qu’il n’a pas retiré.

Les rues se font plus étroites, les stands plus rares, et il débouche, à l’angle d’une ruelle, devant une église. C’est en haussant simplement les épaules qu’il y entre. Il n’y a personne, du moins le croit-il au début. Son regard fixe une capuche, sans pouvoir déterminer si son possesseur est un homme ou bien son contraire. Il se dirige vers cette personne, et s’assoit à côté, en silence. La voix de la jeune femme –parce que c’est bien une femme- coupe le calme.

Si Near est surpris par le langage bien rudimentaire, il n’en montre rien, soudainement intéressé sur ce qu’il se trouve sur l’écran de l’ordinateur posé sur les genoux de la damoiselle. Le site du MI6. Le site du service qu’il dirige. On peut dire que c’est un coup de chance. Lui qui s’ennuyait, voilà qu’il tombait sur une personne farfouillant son site. Feignant ne pas avoir entendu -ou plutôt de ne pas avoir compris- il reste à côté d'elle, entamant avec un enthousiasme forcé, tendant la main.

-Bonjour ! Vous n'êtes pas anglaise ? Votre façon de parler est un peu... Enfin... Oh, pardonnez-moi de mon impolitesse ! s'écrit-il dans un anglais parfait. Je suis Andrew McCoy, chevalier prêt à vous servir.

Il a rire niais, tout à fait dans son rôle de gentleman idiot.

-Et vous, qui êtes-vous ?

Oui tiens, qui était-elle pour effectuer des recherches sur le site du MI6 ?
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Apollo
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Sam 6 Fév - 18:38
L'homme qui lui faisait face était son antithèse. Il avait des habits normaux, pas sales contrairement à elle. Elle souleva un sourcil en l'entendant lui adresser la parole : bordel, sûrement un habitué des églises, ceux-là étaient coriaces et ne lâchaient pas l'affaire facilement. Il devait croire qu'elle était une nécessiteuse et allait sûrement lui tenir la main jusqu'à ce qu'elle s'en débarrasse. Dafne soupira. Elle n'était pas un mauvais bougre et n'allait pas tenter de lui extorquer de l'argent.

La première chose qu'elle fit fut de baisser l'écran d'ordinateur de telle manière à ce qu'il ne puisse plus voir ce qu'elle faisait. Ensuite, elle le dévisagea, pas très poliment. Elle ne se serait jamais permis un affront pareil au Japon alors qu'elle était une étrangère. Mc Coy lui semblait un bourgeois tout à fait conventionnel. Ses habits, ses cheveux et sa manière de se comporter indiquaient qu'il venait probablement d'une haute classe de la société et qu'il n'avait jamais dû souffrir de la faim. Jamais dû courir sur les toits, voler de la nourriture à la sauvette, apprendre à nager pour éviter de se noyer et mentir à tout va. Jamais. La seule chose qui lui paraissait un peu différente chez Mc Coy, ce fut ses yeux : deux antres noirs dans lesquelles il était facile de se perdre. À la réflexion, ce fut sans doute pour cela qu'elle ne partit pas directement. Ce regard était à la fois étonnant, et Dafne était une femme curieuse.

Elle rangea son ordinateur dans un petit sac de toile qu'elle traînait partout avec elle, puis, fit signe à l'homme de s'asseoir à côté d'elle. Elle n'était pas du tout intimidée : au contraire, elle était même assez sociale, et reconnaissait que ce type était à son goût. Elle aimait le mystérieux, c'est pourquoi elle lui tendit la main, à l'étranger qui était venu à sa rencontre. Dafne ne croyait pas au hasard : d'ailleurs, la vie lui avait prouvé qu'elle était bourrée d'enchaînements d'évènements qui avaient tous un lien les uns avec les autres. Sa rencontre virtuelle et son appartenance au clan de Hadès et de Cheshire à la fois avait été vitale pour sa vie d'aujourd'hui, tout comme l'avait été le fugace souvenir alcoolisé de sa rencontre avec Fate, dans une boîte de nuit illégale.

Dafne n'avait pas compris tout ce qu'Andrew lui avait dit. Il avait beau bien articuler, elle débutait tout de même en anglais...elle hésita quelques temps à s'exprimer en japonais, se disant qu'étant donné l'identité de Kira, la plupart des gens ici avaient choisi de l'apprendre, mais hésitait tout de même. On ne savait jamais sur qui elle pouvait tomber.

« Grecque. Je suis grecque. », dit-elle comme on récite une phrase apprise par cœur, « Je m'appelle Sophia Hiotellis. J'ai 30 ans. »

Ses lèvres étaient sèches, elle n'avait pas bu d'eau depuis trop longtemps...D'ailleurs, ce n'était pas la seule chose qu'elle n'avait pas eue depuis longtemps. Sa main se posa sur son ventre qui, malgré le manque de nourriture, s'était un peu arrondi : elle s'en était rendu compte il y avait quelques semaines et avait alors crié de désespoir. Elle était enceinte de l'enfant d'un pro-Kira.

« Pourquoi vous parlez moi ? », un peu de lumière éclaira un moment son visage fin, le révélant comme il était : recherché à travers le monde. Near n'avait pas pu louper ces tracts de recherche à son nom. « Je peux partir si...si je... »

Comment le dire ? Alors, par habituer, sans même s'en rendre compte, elle compléta la phrase en japonais.

« Je peux partir si je dérange. »
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Mar 9 Fév - 21:07

Il lui serra délicatement la main, notant au passage ses ongles noircis par la saleté, avant de remonter son regard vers ses habits bien mal raccommodés. Alors comme cela, cette jeune femme était pauvre ? Bon samaritain, Near lui offrit un sourire sincère, et on put lire quelque chose dans ses yeux vides de toute expression habituellement. Non, pas de la pitié, cela sonnerait faux à son égard, mais de la compréhension. Une église, la pauvreté.. ce ne pouvait que lui rappeler les mauvais souvenirs de ses premières années.

Il tiqua à la langue utilisée. Donc comme cela, elle parlait japonais ? Il avait parfaitement compris, il savait parler japonais tout de même ! Comment aurait-il pu dialoguer avec mister Aizawa et sa clique sinon ? Si la jeune femme avait dû mal avec l’anglais, ils pouvaient utiliser le japonais ; il n’était pas à cela prêt.

-Dans la logique des choses, étant donné que je suis arrivé après vous, il serait plus plausible que cette question eut été posée par moi.. Donc, rectifions : est-ce que je vous dérange, Sophia ? corrigea-t-il sans plus attendre dans la langue choisie.

Hm. Il la dévisagea, profitant de la lumière chatoyante des bougies alignés symétriquement de chaque côté de la nef, avant de détourner son regard inquisiteur vers une statue du Christ clouté sur sa croix à la teinte dorée, s’adossant contre le dur banc de bois, se retenant de ramener sa jambe contre lui.. Il l’avait reconnu, cette chère Dafne aux yeux d'azur. En même temps, peu serait les personnes à ne pas la reconnaître, son visage étant placardé dans à peu près toutes les grandes rues de la cité. Pourtant, il n’exprima rien, laissant couler l’eau sous les ponts. Quoiqu’il serait curieux de savoir pour quelles étonnantes raisons était-elle en train d’essayer d’infiltrer le site du MI6 de son ordinateur. Mais tout bon chasseur est patient. Première étape, mettre en confiance la proie.

Son soudain mouvement n’échappa point à Near, attirant son attention sur la rondeur de son ventre. La demoiselle étant pauvre, la source ne pouvait donc être une obésité. Alors.. Le blanc fronça les sourcils. Etait-elle enceinte ? Pauvre et enceinte, un bien mauvais mélange. Se rendant compte que la manière dont il la dévisageait était presque suspecte, il lui tendit le paquet de croissants maintenant tièdes, se rattrapant, et profitant par ce fait de pouvoir lui donner quelque chose à manger. Et oui que voulez-vous ? Near n'est pas bien méchant. Juste un peu chiant.

-Vous avez faim ? demanda-t-il gentiment.


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Apollo
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Mer 17 Fév - 20:43
C'est ce genre de type qui va à la messe tous les dimanches, qui porte des chaussettes avec des sandalettes et qui force ses enfants à aller à des manifs pourraves. Sûrement quelqu'un qui se sentait investi de la bonne morale et qui venait au devant de ses besoins avant même qu'elle n'ait à faire la manche. En temps normal, dans les rues de Londres, Dafne aurait sûrement été plus sauvage, plus aggressive mais devant ces viennoiseries...elle avait du mal à résister. Il y avait si longtemps qu'elle n'avait plus aussi bien mangé que c'était difficile. Très difficile.

« J'ai...super, super faim ! »

L'inconnu parlait japonais mais elle ne trouvait pas cela suspect : au contraire, il y avait énormément de personnes qui n'étaient mises au japonais, depuis dix ans, pour pouvoir parler avec Kira. Dans beaucoup de pays, dans les écoles, il s'agissait même de la langue principal...alors pour un riche comme ce type...lui, il devait avoir eu carrément les moyens d'apprendre cette langue. Apollo piqua le paquet comme s'il s'agissait d'un précieux trésor et rafla les croissants qui étaient à l'intérieur. Le goût du premier fut salvateur et elle prit son temps pour le déguster. Le deuxième, pour la première fois depuis des semaines, lui donna l'impression de bien manger. Pour le troisième, elle se dit qu'elle n'allait pas se comporter comme une goinfre et tendit le paquet à son bienfaiteur.

« Tenez ! C'est à vous aussi, vous l'avez acheté, je ne veux pas tout finir... »

Elle lui fit un de ses sourires les plus charmeurs avant de se souvenir que c'était à cause de ce genre de sourire qu'Arashi Darkwood lui avait mis le grappin dessus...et la faisait rechercher dans le monde entier. Elle fit attention à remettre bien sa capuche, elle ne voulait pas que cet homme soit impliqué, qu'Arashi puisse le retrouver voire même le torturer comme il l'avait fait pour tant d'autres lorsqu'il avait été le ministre japonais de la justice.

« Excusez-vous, j'ai dû vous paraître désagréable. J'étais concentrée sur ce que je faisais et je n'ai pas beaucoup dormi cette nuit, vous m'avez surprise. »

Concernant le mensonge et la débrouillardise, elle était capable de se sortir d'à peu près n'importe quelle situation. Elle oubliait cependant que l'homme en face d'elle était l'un des plus intelligents, vivants, de la planète. Elle ne pensait pas qu'il eût déjà deviné qui il était...elle avait demandé à quelques uns de ses amis d'arracher les affiches la concernant dans la ville...C'était pas très sûr, donc elle en avait fait de même pour Cheshire ou pour un ou deux résistants au profil connu. Mieux valait que personne ne sache qu'elle était Apollo, parmi les clochards, car elle savait qu'ils craqueraient facilement face à l'appel du fric.

« Vous n'avez pas de famille, pour être à l'église à cette heure-ci ? À moins que vous ne soyez...le prêtre ? »

Bien joué, détective Apollo. Avance d'une case.
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Dim 21 Fév - 16:17

Il la regarde engloutir le contenu du paquet avec un vague sourire triste ; l’ardeur qu’elle y mettait démontrait sa grande faim, et lorsqu’elle lui redonna l’objet des convoitises, il déclina tout bonnement en glissant à nouveau le sachet entre les frêles et délicates mains de son interlocutrice.

-Gardez, gardez, je n’en veux plus, dit-il comme pour la convaincre, son regard attiré de lui-même par le merveilleux sourire qu’elle lui offrait. Et même si cette attitude pouvait ravager le cœur de bien des hommes, il était et resterait Near, déguisé ou non, et n’allait pas facilement se faire piéger par cette trop jolie jeune femme.

-Mademoiselle, vous n’avez eu une once d’antipathie à mon regard, alors closons dès lors cette inutile discussion.

Il se retient de demander ce qu’elle faisait, torride question qui brûlait de franchir ses lèvres, à en paraître trop curieux. Sois patient, sois galant, tu obtiendras de biens meilleures réponses que si tu les lui arrachais sans qu’elle ait confiance en toi, se souffle-t-il à lui-même mentalement. Et puis, le temps de ce dilemme intérieur, Sophia, ou Dafne, avait entamé un nouveau sujet.

-Veuillez me tutoyer, s’il vous plaît, ce vouvoiement me fait paraître plus grand homme que je ne suis.

Sans s’en rendre compte, il commence à tortiller une des fausses mèches de sa perruque, tranquillement, comme si ce geste était tout à fait normal. Ah, les manies…

-Et, pour répondre à votre question, non, je ne suis pas marié comme l’en démontre ceci… Il lève la main gauche,  paume vers lui, arrière vers la jeune femme, avant de reprendre l’air de rien. …mais je n’en suis pas pour autant le prêtre ! achève-t-il en ayant un petit rire tout à fait innocent. Ce que je fais là… C’est une bonne question. A vrai dire, c’est dû au hasard. Mes pas m’ont tout simplement conduit ici, et je vous ai ensuite rencontré. Le destin, peut-être. Mais, puis-je vous retourner la question ?

Il la fixe quelques instants, et pendant ces quelques instants, on pourrait discerner le véritable Nate River sous son costume, avec ses yeux calmes et froids, et ses gestes précis. Ses deux mains délaissent leur activité pour se poser sur la capuche qu’il rabat lentement sur les épaules de la jeune femme, lentement et avec douceur.

-N’ayez pas peur de montrer votre visage au ciel, dit-il pour seule justification. Que Dieu ait pitié pour nos vies.

Il joue à un jeu dangereux, il le sait bien. Mais les propos tenus par Matt, puis les mails reçus de la part de Mello lui ont bien fait comprendre que sans sacrifice, il n’arriverait à rien. Alors, essayons un nouveau jeu. Quitte ou double ?


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Apollo
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Sam 27 Fév - 22:55
Cet homme était étrange, se disait-elle. Personne n'aurait demandé des détails aussi importants sur sa vie, c'est pourquoi elle fixa à peine son doigt lorsqu'il lui montra qu'il n'avait pas d'alliance et qu'elle lui fit un vague signe de main lorsqu'il continua de parler.

Ce qu'il se passa par la suite demeura encore plus étrange, peut-être fascinant, également. Elle avait trouvé dans son regard cette espèce de lumière qui n'appartient pas à un être humain normal et qui l'intriguait fortement, mais elle fut encore plus surprise lorsque l'homme inconnu choisit de baisser la capuche qui la protégeait de ce monde.

Qui aurait osé ? Qui aurait osé la toucher, alors qu'elle n'était qu'une clodo.

À présent, Dafne n'était armée que d'une certitude qui était peut-être une folie : après tout, elle n'avait pas mangé correctement depuis quelques semaines et l'enfant piochait sur ses propres ressources. Elle se leva d'ailleurs soudainement, s'éloigna de quelques pas de Near. Qui était-il ? Sûrement pas un enfant de Dieu, en fin de compte. Il l'avait suivie ? Il y avait tellement de posters la représentant, dans cette ville, qu'elle pouvait être sûre qu'il l'avait reconnue du premier coup d'oeil. Dafne chercha dans la poche de son manteau quelque chose qui devait être un flingue – un flingue dans une église, elle n'en avait absolument rien à foutre – pour ne trouver finalement qu'un espèce de bâton qu'elle tendit en direction de Near, comme si elle lui défendait d'approcher. Ses jambes étaient arquées et elle aurait été à présent capable d'effectuer n'importe quel style de combat des rues qu'elle avait appris lors de ses années débrouille.

« T'es qui, toi ? Un pote de Cheshire ? Un connard qui veut la prime ? Faut que je te file une dératée pour que tu comprennes que je ne veux plus retourner auprès de ce connard de ministre ??? ...Putain de bordel...et tu m'as offert des croissants pour m'appâter...ça se trouve, ils étaient empoisonnés ! »

...Elle se serait bien fait vomir pour recracher tout ce qu'elle avait pu ingurgiter plus tôt, mais ne ressentant toujours pas les effets de l'empoisonnement, Dafne se dit que l'histoire des croissants devait plus être un leurre qu'autre chose.

D'ailleurs, ni une, ni deux, Dafne profita de la surprise pour lui sauter dessus. Elle fut étonnée de voir à quel point l'obstacle ne lui opposa pas vraiment de résistance, à quel point les muscles de Near étaient mous et avec quelle facilité flagrante elle l'immobilisa sur le sol, le bout du bâton appuyant sur la chair molle de son cou. Si elle s'y prenait avec un peu d'élan, elle pourrait sans doute le tuer, mais ce n'était pas son but, pas dans l'immédiat.

« Tu me dis tout. Je ne crois pas que tu sois un petit clampin de bourges. J'en ai vu pleins, des petits clampins de bourges et j'ai même couché avec, pour te dire. Ce n'est pas ce que disent des yeux : ils sont plus intéressants, plus captivants, plus froids et solitaires que n'importe quel regard du pauvre petit clampin de bourge normal. »

Elle appuya encore un peu.

« Parle. »
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Ven 4 Mar - 21:55

La capuche retirée, il put enfin observer avec tout le loisir possible le visage de la jeune femme, peut-être instaurer une certaine intimité, délier les langues… Et il ne s’était jamais autant tromper. Cela lui arrive bien entendu, Near est loin d’être irréprochable, d'être parfait. Tout le monde commet des erreurs, quel qu’il soit. Et d’ailleurs, c’est cette erreur qu’il attend de Kira. Quitte. Il a perdu la manche dès que la jeune femme s’est levée d’un bond. Changement de jeu. Une bataille ?

-Que ce passe-t… ? Sa question resta coincée au fin fond de sa gorge, lorsque le poids d’Apollo le plaqua au sol dans toute sa splendeur. Il a le souffle coupé sous le choc –bien que celui soit plutôt faible-, et son dos gémit sous la douleur. Il ne se défendit pourtant pas, de toute façon cela ne mènerait à rien au vue de ses performances physiques. Le bâton tenu par la brune appuyait douloureusement sur sa gorge, l’empêchant de parler, et, par ce fait, de répondre aux questions posées par la demoiselle. Alors il le souleva doucement, sans geste brusque, de manière qu’elle ne pense pas qu’il veuille s’enfuir, sur à peine un centimètre, juste assez pour dégager son cou. Il massa longuement ce dernier, déglutit puis se racla la gorge avant d’entamer :

-Vous êtes puissante, note-t-il.

Pas grand chose à dire, c'était juste pour tester si ses cordes vocales fonctionnaient correctement -on sait jamais, après tout. Et puis, mieux valait dire ça, que "vous n'avez aucun mérite à me mettre au sol, je suis faible physiquement". Surtout que cela sous entendait qu'il était fort intellectuellement. Gardons les as pour l'instant.

-Ensuite, non, je ne viens pas de la part de "votre" ministre, et je préfèrerais éviter la violence autant que possible.

Il tait sa relation avec le Cheshire ; non, il ne ment pas, il se permet juste d'omettre une certaine partie de sa vie. Surtout que son adversaire doit déjà être satisfaite avec la réponse à propos d'Arashi. Reine sur table.

Il tente de se redresser après cette brève justification, sa position n'étant pas des plus agréables. Mais, malheureusement, une partie de sa perruque décide de se faire la malle en cet instant, dévoilant un peu de ses cheveux de neige. Il reste un instant silencieux. Décidément, il est bien dans la merde.

-L'histoire va bien être longue, chère Dafne. Autant aller dans un meilleur endroit que cette sombre église, n'est-ce pas ? Désirez-vous un café ?


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Apollo
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Sam 19 Mar - 18:54
Toujours sur Near, Apollo réfléchissait à ce qu'elle allait pouvoir en faire. Ce qui était sûr, c'était qu'elle ne voulait pas boire un café avec lui et qu'il connaissait sa véritable identité. Comment ? Mystère. Ce qui était sûr, c'était qu'elle réfléchissait à un plan qu'elle n'allait pas tarder à appliquer et qui n'allait certainement pas plaire à Near. Si cet homme était un ami de Cheshire – ce qui lui semblait logique était donné qu'il affirmait ne pas être celui d'Arashi – il savait sûrement tout sur elle : comment elle l'avait trahi, sa relation passée avec le ministre de la justice, mais également tous ses déboires et le fait qu'elle était un fantôme aux yeux du monde, sans carte d'identité d'aucun pays, enfant de la rue et du peuple.

Oui, tout ça, Near devait probablement le savoir. D'ailleurs, les yeux de Dafne ne cessèrent de s'écarquiller lorsqu'elle vit la perruque tomber d'elle-même de la tête de son propriétaire. Elle libéra une masse de cheveux blancs en désordre, donnant à cet homme un air d'extraterrestre, trop peu humain pour avoir un rapport avec les terriens. De stupeur, elle faillit le lâcher mais maintint sa prise : c'était sûr, elle devait agir maintenant. Si ce type avait un rapport avec la résistance, Fate aurait sûrement les moyens de deviner son identité, mais pour que cela se fasse, il fallait absolument qu'une photographie officielle lui parvienne.

Dafne n'était pas comme ces trous du cul de lâches. Elle se foutait de frapper quelqu'un qui était faible et sans défense si cela pouvait lui servir. Elle donna un violent coup de poing à Near pour l'étourdir, sortit son téléphone portable, prit une photo.

Maintenant, elle savait qu'elle devait agir vite. Si son hypothèse était correcte, il devait certainement avoir des petits copains qui devaient l'attendre. Si il avait le temps de les appeler, elle était dans la merde ; Dafne le projeta alors contre un mur, ne lui laissa pas le temps de souffler. Elle ne répondit à aucune de ses questions : de toute évidence, il était normal qu'elle ne s'abaisserait pas à aller prendre un café avec ce type qui ne savait même pas draguer, et tout aussi évident qu'elle se battait dans la rue avant que Near ne s'achète son premier jouet.

« Ta gueule, sale bâtard, fous-moi la paix ! »

La clé USB contenant les preuves comme quoi le site internet avait bien été modifié par un hacker obtenu : elle devait à tout prix la protéger et la remettre le plus vite possible à Fate. La jeune femme se mordit les lèvres : elle maudissait ce foutu bébé qui lui donnait tout le temps la nausée, même si ce n'était absolument pas le bon moment. Prise d'un étourdissement juste après avoir fait l'effort de repousser Near, elle s'appuya sur un banc pour reprendre son souffle, blanche, avant de prendre ses jambes à son cou.

« Merde, merde ! »

Son portable était toujours dans sa main et elle courra pendant une dizaine de minutes avant de s'arrêter dans une ruelle étroite et de vomir ses tripes. Elle remit sa capuche, troqua deux ou trois vêtements avec un SDF qui avait élu domicile dans le coin et son nouveau déguisement prêt, s'engouffra dans la bouche de métro la plus proche. Elle n'avait de toute évidence aucun titre de transport, mais sauter les barrières n'était pas difficile à son niveau. Dafne s'engouffra ensuite dans le premier train venu en direction du dernier logement connu de Fate Harlaown, tapotant nerveusement sur son téléphone pour lui envoyer la photo qu'elle avait pu prendre de Near.

Une fois qu'elle eut appuyé sur le bouton « envoyer », elle fut curieusement soulagée.
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