Pitié et allégeance à toi, Kira ! La foule s'inclina en silence, respectueusement devant cette idole masquée et inconnue.
 
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She's a predator posing as a house pet [Anjali]

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Ven 15 Jan - 22:29
Il a presque remonté la pente, le Cheshire. Malgré son grand mal du début, Matt a repris ses trois kilos perdus, mange des fruits –c’est pas une blague- et dort environ quatre heures par nuit grâce à quelques substances illicites, qu’il compte bientôt arrêter. Il a même tenté les footings le matin pendant deux jours, mais les sorties à répétition l’ont fait chier à un point qu’il n’a plus recommencé. Même si son but est de faire que Mello ne se préoccupe plus de rien d’autre que sa propre gueule, cette quête de l’homme qui se veut saint n’a aucun sens : la malbouffe est toujours présente et, même durant ses footing, il avait une clope au bec … bon, juste le deuxième. L’hibernation, ça lui réussit mieux. Il est heureux en intérieur, où il voit la tronche de personne sauf celle de Mello. Bien sûr, il ne peut pas échapper au monde du dehors. Aujourd’hui par exemple, il doit racheter une bonne dizaine de cartouches Gauloises et, surtout, faire son don de thune mensuel. C’en est d’autant plus vital à cette période où Matt espère trouver une certaine rédemption grâce à ces bons gestes. Toujours, toujours des utopies dans sa tête, et cette pensée qu’un bon paquet de biftons pour venir en aide à des gosses de temps en temps l’aidera à mieux dormir la nuit. L’orphelinat choisi n’est pas anodin, c’est celui où il prétend avoir été éduqué.

Pull rayé, jeans, bottes militaires et gants noirs, Matt porte sa signature vestimentaire à l’exception de ses fameuses lunettes d’aviateur à l’ancienne, caractéristique reconnue du Cheshire, qu’il est contraint de troquer contre des Ray-ban, Aviator, pour garder l’esprit. C’est l’occasion pour lui de piloter –piloter, et non conduire- sa  précieuse caisse, la 1968 Chevrolet Camaro, rouge éclatant, et jantes à tomber par terre, depuis qu’il l’a retapée. Malgré tout son amour pour les vieux rocks et les grands classiques, c’est bien des Daft Punk, du Guetta et du Kavinsky qui tournent pendant qu’il tient le volant. Au final, ce sont des grands classiques, eux aussi, pour les conducteurs de son genre. A bon entendeur.

Il s’éloigne du centre ville et dépasse un peu Romford à allure peu recommandée mais intelligente – de sorte à ne pas se faire attraper par les flics quoi, même si ça manque dans le tableau. Il arrive alors dans cet orphelinat de campagne, dont la bâtisse d’administration est à la mode 18ème  et se gare devant en épi, entre deux caisses, par deux coups de volant bien cadrés. C’est quand même étrange qu’il y ait autant de voitures devant un orphelinat. C’est la première fois qu’il voit ça depuis qu’il se rend là. En sortant de sa caisse, il va jeter le mégot de sa précédente clope à la poubelle par respect pour l’endroit –ovation sur lui- puis en sort une autre qu’il cale entre ses dents mais n’allume pas tout de suite. Quand il rentre, la fille de l’accueil le reconnait. Elle est blonde, à la peau blanche, et aux yeux noisette. Autrement dit, pas du tout son style.

« Bonjour Matthew. »

Matthew Macfarlane. Parce que les initiales de Matt et Mello. Et parce que Family Guy. Le rouquin a dû se retenir afin de ne surtout pas faire de référence aux jeux qui, pour lui, paraitrait hyper flagrante — alors qu’en soi, des Hunter, des Anderson, des Strife, des Wesker, des Valentine, y en a partout, mais bon.

Ce nom est écrit sur sa carte d’identité factice, dans les anciens registres de l’université d’Oxford qu’il a piraté, section ingénierie, et dans ceux de cet orphelinat londonien qui ne l’a jamais accueilli. Le plus drôle là-dedans, c’est que la patronne, d’un âge très avancé, croit se rappeler de lui quand il était petit. Si on lui parle de Matthew Macfarlane, elle vous dira que c’est un gentil garçon bien élevé. Bien élevé, c’est discutable, bien qu’il fasse tout de même preuve d’un grand respect quand il s’adresse à ses ainés. Mais il est effectivement gentil, contrairement à ce que sa gueule de mauvais garçon semble indiquer.

Mail Jeevas n’existe pas. Il n’a jamais existé. Il ne reste que Matt, le Cheshire, et ce brave gars sans histoire, qui est même inscrit sur facebook, et est ami avec quelques anciens étudiants de sa soi-disante université. Ceux-là regrettent de ne pas trop lui avoir parlé durant leur scolarité - surtout certaines gonzesses. La couverture en béton.

« Salut. Voilà pour toi », répond-il en lui tendant son enveloppe à fric. « Ça va ? »

Il a cette façon un peu nonchalante de parler, qui laisse penser qu’il pose des questions dont il se fout de la réponse, alors que ce ne sont que des apparences. Ça l’avait déstabilisé au départ, cette nana, mais dès la deuxième visite, elle avait chopé le truc, si l’on peut dire. Il faut un temps d’adaptabilité, avec Matt.

« Ça va. C’est gentil de ta part. Repasse, à l’occasion, pas obligé de toujours faire des dons. »

« Ouais, à l’occasion », répète t-il en essayant de paraître convaincant, et convaincu, alors qu’il l’est pas, et qu’en fait, il est déjà en train de se barrer parce que son appart l’appelle, il l’entend d’ici. « Bon courage, et passe le bonjour à la patronne. »
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Sam 16 Jan - 20:38
Il était bien connu qu’en médecine, les week-ends ne pouvaient être de tout repos. C’était d’autant plus vrai lorsque, comme Anjali, on était membre de l’association bénévole de son université. Ce mois-ci, les étudiants devaient aider à la rénovation d’un orphelinat de la banlieue londonienne. C’était un bel endroit, aux bordures de la capitale, si paisible que la préfecture avait voulu le racheter pour en faire un lieu public, ce qui avait soulevé suffisamment d’indignation pour que ce projet soit abandonné. Anjali était très heureuse de l’investissement des étudiants dans les travaux de rénovation malgré leurs études prenantes, dont ils devaient sacrifier quelques heures précieuses de révision. Ce n’était pas rien dans une branche comme la leur.  Le nombre de volontaires était tellement conséquent que l’équipe d’Anjali avait dû établir un planning pour éviter les surcharges. La jeune femme, elle, avait passé ses vacances à y travailler et comptait désormais venir le week-end avec une camarade, fidèle au poste. Tout devrait être terminé d’ici la fin du mois.

Si l’accueil s’occupait de récolter les dons de quelques philanthropes, qui se faisait rares, les deux filles, elles, surveillaient la collecte des cadeaux pour les anniversaires et autres fêtes. Aussi, elles mettaient la main à la pâte, comme tout le monde. Peintures des balançoires, ponçage et peinture des nouveaux bancs, fabriqués sur place, sanitaires (la bête noire de tous), toiture et peinture des murs intérieurs et extérieurs des chalets. En effet, la particularité merveilleuse de cet orphelinat était que, dans cet endroit verdoyant, les enfants vivaient dans des chalets, par groupe de dix, et que dans chacun, une femme s’occupait d’eux, un peu comme une grande famille. C’était un lieu très attachant, très touchant. La sensible Anjali avait d’ailleurs un pincement au cœur chaque fois que les enfants venaient la voir. Aujourd’hui, ils étaient très peu nombreux présents car une grande partie avait été emmenée au parc d’attraction. Faute de moyen, ce n’était pas tous les enfants qui avaient pu partir…

Après avoir poncé une commode, sur la petite terrasse extérieure d’un chalet, Anjali se redressa de toute sa hauteur pour étirer les bras vers le haut, faisant craquer plusieurs os. Elle laissa ensuite tomber son outil dans la mallette et essuya ses mains moites sur son jogging. Inutile d'être bien habillée, les vêtements ne faisaient pas long feu ici, en témoignait son gilet noir blanchi de saleté à certains endroits. La jeune femme avait tout de même eu la coquetterie de joliment se maquiller, comme à son habitude. Elle adressa un sourire à son amie en refaisant sa queue de cheval.

« Je vais voir si on nous a déposé des cadeaux », prévint-elle.

Elle emprunta ensuite le sentier, qu’ils avaient eux-mêmes tracé, et qui menait au bâtiment d’administration XVIIIe, dont l’entrée principale donnait sur une rue calme. A l’intérieur, Anjali trottina vers la fille de l’accueil et termina à quatre pattes pour vérifier derrière le comptoir si des paquets n’avaient pas été déposés. Rien ?! Oh !

« Bonjour Matthew », dit poliment la blondinette.
« Salut. Voilà pour toi. Ça va ? »

Matthew ? Qui ? Encore cachée, Anjali se redressa lentement, un petit peu, la moitié de son visage dissimulé par le comptoir tandis que ses yeux vairons malicieusement plissés dardèrent le nouveau venu d’un regard curieux. Il ne lui laissa pas le temps de l’observer en détail qu’il s’en allait déjà. Tout ce que la petite coquine avait pu voir, c’est qu’il avait l’air très jeune. À tort, elle lui donna à peu près son propre âge (voire moins !). En regardant ensuite l’épaisse enveloppe que l’hôtesse tenait en main, elle fut étonnée de comprendre qu'il était venu pour un don d’argent. C’était extrêmement rare ! Ceux qui se permettaient cela étaient des gens d’âge avancé. Les jeunes étudiants, comme celui-là semblait être, venaient plutôt pour des dons de cadeaux et, en général, ils étaient accompagnés d’un groupe d’amis. Sans savoir pourquoi, la jolie brune éprouva un peu de peine en le voyant repartir en solitaire, comme ça. Elle se releva et courut le rattraper.

« Hey, attends ! » dit-elle en posant la main sur son bras.

Quelle manque de délicatesse, attraper les gens comme ça ! La jeune femme était si spontanée qu’elle se rendit compte de son geste trop tardivement. Elle rabaissa la main et ajouta super intelligemment :

« Heu… Pardon... »

Elle secoua légèrement la tête avec un petit air adorablement désolé, puis lui adressa un grand sourire chaleureux, le regard étincelant de douceur et de bienveillance.

« Je m’appelle Anjali. Je suis de Cambridge, en médecine, et interne à Londres cette année », se présenta t-elle. « ... Tu as du temps devant toi…? »

C'étaient les formalités de présentation entre les bénévoles, ici, car trois associations d’étudiants prenaient en charge cet orphelinat, University College London, King’s College, ainsi que les étudiants de Cambridge ayant validé leur cinquième année comme Anjali, et qui exerçaient à Londres.
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Dim 17 Jan - 13:55
Une voix fluette, qu'il ne reconnaît pas, interpelle une personne et il comprend que cette personne n'est autre que lui-même quand une main se pose sur son bras. Matt est tellement sur le départ qu'il se retourne à peine et observe la nana par-dessus son épaule. Le rouquin tombe alors sur une paire d'yeux étrange, comme il n'en a jamais vu. De l'ambre et de l'onyx, il ne sait même pas lequel regarder. Pourquoi elle s’excuse ? Attentif, il jauge la jeune femme derrière ses lunettes, faisant passer son évaluation silencieuse pour de l'intérêt poli. Elle est belle et rayonnante à en brûler sa rétine malgré ses verres teintés. Contrairement à ce que son air imperturbable semble indiquer, ce sourire chaleureux le déstabilise. C'est que Matt est conscient de ne pas attirer la sympathie au premier regard. Au mieux il intimide, au pire, il agace, parce que sa nonchalance passe pour de l'arrogance et parce que les gens n'aiment pas la différence. Matt l'est, à sa façon, qui n'est pas bonne ni mauvaise. Et ça dérange. Pas elle, en tout cas, peut-être parce qu’elle l’est aussi, différente. Les yeux qu’elle se paye auront du attirer autant de moquerie que de jalousie. Anjali, c’est un prénom tout aussi insolite, qui sied bien à ce visage angélique. Matt hoche la tête en guise de salut. Les enchanté et autres blabla, très peu pour lui, et cette fille ne passe pas non plus par quatre chemins, chose qui lui plait.

Elle vient de Cambridge. La plus prestigieuse université d'Angleterre, devant Oxford sur bien des points sauf en ancienneté. Et elle en est diplômée puisqu'elle est en fonction. Médecine. C’est pas rien non plus ça, même si Matt ne juge jamais une personne par son parcours, ni par sa gueule, mais plutôt par ce qu’elle a dans les tripes — on comprend son attachement originel à Mello, qui en a à revendre à ce niveau. Et il émanait de cette meuf une générosité et une honnêteté qui le faisait un peu baisser sa garde en terme d’objectivité, bien plus que son joli faciès. La belle Anjali croit avoir affaire à un étudiant, issu d'une autre école de génies, et c'est le cas. Matt le fut, mais il ne l'est plus depuis un bail. Il reste un bref instant muet en continuant de la jauger, et ça, c'est toujours chiant pour la personne d'en face qui a le temps de croire qu'elle va se faire envoyer promener.

« Matthew », se présente t-il finalement, très simple. Pourquoi parler d’une université où il n’étudie plus ? Rien à foutre des conventions de toute façon. « J'en ai. »

Deux secondes. Comment ça, il a du temps ? Il était pressé de retourner dans son terrier ouais ! Mais putain il avait suffi que cette meuf batte des cils pour que Matt, détenteur de cette faiblesse que tous les hommes normalement constitués ont en commun, perde complètement le nord et oublie ce qu'il devait faire. Les mots étaient sortis de sa bouche avant qu’il ne les pense. Le geek visualise très clairement dans sa tête le sourire goguenard du vrai chat de Cheshire, qui le traite au passage de bouffon. Y a pas que le Chat qui se fout de sa gueule, la blondinette, derrière Anjali, à qui il a gentiment décliné l’offre dix secondes plus tôt, l’observe d’un air à la "Tiens, tiens, tiens…", et elle a raison. Matt l’aperçoit dans son champ de vision même s’il met un point d’honneur à ne lui manifester aucune attention.

Bref, c’était con, certes, mais revenir sur sa parole le serait encore plus. Se tournant enfin pleinement vers elle, il sort son paquet de clope et range celle, toujours entre ses lèvres, qu’il comptait fumer en sortant. Il remet ensuite l’objet dans la poche arrière de son pantalon, la tête basse. On voit à peine ses yeux, il n’empêche qu’on ne peut pas se tromper sur ce que son regard parcourt lorsqu’il relève lentement le visage. Faisant mine de s’intéresser à son accoutrement ne respirant clairement pas la propreté, il mentirait s’il prétendait ne pas en profiter au passage. L’instant fut rapide, toutefois, un peu trop pour qu’on ait le temps de le réprimander. Il ne sait pas ce que cette brunette fiche ici mais en tout cas, elle a l’air d’être en pleins travaux. Or le Cheshire est doué, pour ces trucs, n’importe lesquels même quand c’est nouveau pour lui. On appelle ça le talent.

« T’as besoin d’aide, c’est ça ? »

Tu m’étonnes. Comme si la donzelle allait généreusement lui proposer un rencard, sapée comme ça — et comme s’il refuserait ! Malgré son arrivée "tardive" en Angleterre, Matt parle un cockney affirmé, qui mâche les mots à dose d’accent posh, au point de le faire passer pour plus autochtone qu'un londonien de base. Pour ce coup, la condescendance de son ton trainant, pourtant légère, perce la nonchalance aussi sèchement qu'une balle de revolver. Ses manies de garçon mal éduqué lui vaudraient peut-être un renvoi sans appel, quelque chose qu’il espérait d’un côté mais que, de l’autre, il n’avait pas envie de voir arriver. Parce que la brunette avait autant suscité son intérêt que son instinct de mec. Et dans tout ça, rappelons son côté sympa, sincèrement altruiste, qui ne rechignera pas s’il faut rendre service, un côté qui, clairement, n’apparaît pas en cet instant.

Un fin sourire mutin relève le coin de ses lèvres tandis qu’il ajoute, sans gêne, mais sans insolence non plus :

« J’suis ton homme. »
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Mar 19 Jan - 19:58
Tout sourire, Anjali fut quand même un peu surprise en découvrant plus en détails le jeune homme, qui s’arrêta pour tourner seulement la tête vers elle. Avec ses lunettes Ray-Ban, sa cigarette calée en attente entre ses lèvres, et son air un peu indifférent, Anjali dirait qu’il semblait être la définition personnifiée et parfaite du mot « Cool ». Elle songeait qu’il était beau, mais ses copines disaient que tous les mecs avec des lunettes classes avaient l’air de l’être, donc il ne fallait pas s’y fier. Elle se sentait un peu gênée, sans trop savoir pourquoi, et encore plus quand il ne répondit pas tout de suite, laissant planer un silence qui fut assez lourd pour elle. Ce devait être la première fois de sa vie qu’Anjali ressentait cette impression qu’on a quand on est sur le point d’être recalé à un examen. Son sourire chaleureux se mit à pétiller quand il se présenta enfin (bien brièvement !) et accepta sa proposition, tant elle était soulagée. En fréquentant les étudiants, Anjali s’était tout de même habituée à beaucoup plus de vie et d’entrain à son égard. Quelle gêne, la pauvre fille avait l’impression de l’ennuyer ! Mais ne croyez pas que la douche froide la démontait. Sa bonne humeur et sa bienveillance étaient du béton armé…

« Enchantée Matthew », il ne lui rendit pas la courtoisie.

Le jeune homme rangea alors poliment sa cigarette, accompagnant ensuite le geste d’une chose beaucoup moins polie. Il… il venait de la reluquer bon sang ! Plutôt que d’être irritée tout de suite de son comportement à lui, cette gourde était plutôt embarrassée de se savoir, elle, habillée comme une pauvrette ! N’importe quoi. Et puis, c’était quoi ces manières ?!

« T’as besoin d’aide, c’est ça ? »

À son accent anglais un peu saccadé typique du cockney, Anjali imagina un britannique de bonne famille qui avait renié ses origines pour s’intégrer et s’imposer dans les bas quartiers. Je ne vous dis pas l’imagination qu’elle avait parfois ! Vu les manières de Matthiew, la comparaison serait bien trouvée, si ce même garçon ne venait pas de donner une liasse de gros billets dans une enveloppe à un orphelinat. Est-ce que cet argent venait de sa poche à lui, ou bien de ses parents ? Et pourquoi le donnait-il ici en particulier, parmi tous les organismes possibles où il aurait pu mettre les pieds ? Anjali ne pouvait s’empêcher d’être curieuse à son sujet. Il avait en tout cas la panoplie pour les travaux manuels : gants et bottes ! Un look bien étrange… Elle fut donc également curieuse sur sa formation: physicien, chimiste… ?

« Je… heu… oui », balbutia t-elle, en cillant plusieurs fois comme une idiote.

« J’suis ton homme. »

La jeune femme leva fièrement le menton et appuya les poings sur ses hanches en prenant un petit air sévère. Elle se releva sur la pointe des pieds pour faire farouchement claquer ses talons dans le sol, avant de se souvenir qu’elle portait des baskets, et que ça ne fit donc… aucun bruit. Aucunement démontée par cette fâcheuse constatation, elle contra :

« Merci bien, mais on est au service des enfants ici. » Non mais !

Toutefois, quand Anjali réprimandait quelqu’un contre qui elle ne tenait aucune rancune, il y avait toujours cette douceur caractéristique émanant d’elle, qui l’empêchait de paraître mesquine. Aussi, ce jeune homme aurait très bien pu refuser sa demande, elle n’allait donc pas lui remonter les bretelles plus que ça alors qu’il voulait se montrer serviable. Oubliant rapidement ses bêtises, elle retrouva un sourire engageant et fit dignement volte-face sur elle-même, sa queue de cheval fendant elle :

« Suis-moi, Casanova ! »

Elle entama une marche dynamique pour emprunter la porte battante à l’opposée de celle de l’entrée, menant à la plaine appartenant à l’orphelinat, où étaient dispersés les chalets. Elle ralentit ensuite un peu l’allure pour que Matt marche à côté d’elle, tandis qu’ils empruntaient le sentier. Elle lui désigna le deuxième ancien bâtiment sur le côté en le pointant du doigt :

« Nous avons refait tout le réfectoire durant les vacances, ainsi que l’extérieur »
, elle abaissa la main, « Là nous nous sommes en train de retaper les chalets. Nous sommes ici tous les week-ends jusqu’à la fin du mois donc si l’envie de venir redonner un coup de main te prend, n’hésite pas à nous retrouver. »

Patiemment, elle lui indiqua les différents chalets avec ce qu’il restait à faire à l’intérieur, et lui montra celui dont elle-même s’occupait avec des amis, suggérant l’idée qu’il pouvait se joindre (cela lui permettrait de poser des questions et d’en apprendre plus sur lui !). Puis, quand elle eut suffisamment parlé, elle appuya les mains sur sa taille avec un air grand sourire franc, et ça lui donna un petit côté aventurière. Pas le temps de se reposer sur ses lauriers, une paire d’enfants courut vers eux pour saluer le nouvel arrivant. Anjali les regarda faire avec un sourire débordant de douceur, comme une mère envers ses propres petits, mais un sourire un peu triste, aussi. Cela lui faisait toujours un pincement au cœur de voir les orphelins…

« C’est Matthiew, il va nous aider aujourd’hui » informa t-elle avec entrain. Elle releva les yeux vers l’homme, « Alors, qu’est-ce que tu choisis ? », ajouta t-elle d’une voix douce à son égard.
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Jeu 21 Jan - 18:22
Venait-elle tout juste de bégayer ? Aussi amusant que surprenant. Il s'attendait à plus d'assurance de la part d'une si belle nana. La brune se ressaisit bien vite et le remet à sa place, se montrant aussi impressionnante qu'un chaton qui essaie de rugir comme un tigre. Alors qu'elle relève le menton, lui baisse le sien pour ravaler un demi-sourire amusé. Et voilà qu'elle l'embarque, Matt, qui se demande dans quoi il vient de se fourrer. Ils sortent l'un à la suite de l'autre mais marchent ensemble, Matt restant attentif tout en jaugeant les lieux du regard. Des chalets sont implantés un peu partout, et des bénévoles sont regroupés devant la plupart pour mener à l'air libre divers montage de meubles. Le verdict pour lui, c'est qu'il y a un peu trop de monde à son goût, sachant que quelques gosses semblent venir tenir compagnie à des gens par-ci, par-là. Matt au milieu de tout ça, ce serait un peu l'enfer. Il profite du répit qui lui reste avec Anjali, se rassurant à l'idée que, au moins, il va rendre service, faire plaisir à quelques gosses et, qui sait, bosser suffisamment pour dormir comme une masse la nuit. Tu parles d'un espoir.

Matt la jauge différemment tandis qu'elle termine ses explications - le mec a profité tout le discours pour mater en silence. Son expression est certes toujours indéchiffrable, mais différente tout de même. Il relève:

« Tu viens ici... Les jours où t'es de congé. »

Il y a une certaine neutralité dans sa façon de parler certes, mais le fait qu'il répète ce qu'elle a dit -en des termes différents- trahit sa stupéfaction. Cette meuf, interne en médecine, la branche réputée pour avoir les horaires les plus merdiques d'Angleterre -juste après les chirurgiens-, dédie la majeure partie de son temps libre au bénévolat. Les lunettes l'en cachent bien, mais c'est avec une certaine estime qu'il la regarde, doublé de reconnaissance tandis qu'il songe : "Faith in humanity : restored". En voilà une qui doit dormir tranquillement, sur ses deux oreilles, la nuit. Ce qui explique aussi pourquoi elle rayonne autant face à lui. Matt jauge le chalet dont il veut s'occuper non pas en termes de quantité de labeur restante, mais plutôt en termes de personnes présentes pour chacun. Fort heureusement, certains sont vides...

Deux mômes font la course jusqu'à eux, Matt jurerait que l'un vient de laisser gagner l'autre. Ça le fait intérieurement sourire de nostalgie. Il revoit Mello et lui-même, quand ils étaient petits, du temps de l'insouciance où Matt pouvait le laisser gagner à Mario Kart sur Nintendo juste pour lui redonner le sourire.

« T'es nouveau toi », remarque le petit gars qui vient de l'emporter.

Matt hoche la tête, affichant un léger sourire sympathique pendant qu'Anjali le présente. Elle a une certaine émotion dans le regard, une fragilité qui, lui, le touche plus que de voir des orphelins. Et la remarque blasé qu'il lâche, plutôt que lui répondre tout de suite, ne traduit aucunement sa pensée :

« Fais pas cette tête, ils n'ont pas l'air malheureux ces gosses », dit-il dès que les deux chenapans prennent la fuite.

Lui-même n'avait jamais été malheureux de sa condition d'orphelin, d'autant moins qu'il avait Mello. Matt n'avait jamais eu de parents, il ne pouvait donc pas vraiment avoir de regrets sur quelque chose qu'il aurait perdu.

Revenant donc à leurs affaires, il se tourne vers l'étendu verte et désigne un chalet assez reclus par rapport aux autres.

« J'vais m'occuper de celui-là. »

C'est celui où, d'après Anjali, il reste à monter trois commodes, un lit superposé, et un bureau. Ah et il faut peindre l'intérieur aussi. En soi, il est presque fini, mais ça représente pas mal de boulot s'il compte bien y rester seul.

« J'aurais sans doute besoin de quelqu'un, alors quand t'as fini ce que tu dois faire, rejoins-moi ...», propose-t'il avec un demi-sourire mutin.

Il n'est quand même pas très pressé que sa route se sépare de celle d'Anjali. Alors il attend que ce soit elle qui entame le premier mouvement pour suivre. Ils vont chacun à leur lieu de boulot respectif, celui de Matt étant assez éloigné par rapport à la "civilisation" - les enfants courent dans les pattes d'autres bénévoles. Les meubles déjà construits et terminés sont déposés sur la terrasse extérieure. Il découvre que ce qu'il reste à monter, ainsi que les outils, se trouvent à l'intérieur -hallellujah. Matt note toutefois l'absence de pot de peinture. Tant pis, il fera ça en dernier.

Content de l'enfermement, le geek profite également de la solitude pour... ressortir sa clope et la fumer. Il ouvrira les fenêtres pour faire partir l'odeur. Comment être efficace sans sa dose de nicotine ? La cigarette aux lèvres, le rouquin vire sa PSP de son autre poche arrière pour pas qu'elle le gêne, puis commence par le plus chiant : montage du lit double. Ses Ray-Ban lui glissent sur le nez -problème qu'il n'a jamais rencontré avec ses lunettes de geek- alors il les retire aussi. Après brève lecture de la notice Ikea, truc indéchiffrable pour une personne à peu près normal, il se lance dans l'arène. Tout seul, il est beaucoup plus rapide que s'ils étaient cinq. De temps à autre, il regarde par la fenêtre pour chercher Anjali du regard, la vue de l'ange étant son seul gagne-pain dans ses travaux manuels. Rapide et efficace, il passe certes beaucoup de temps en travaux, mais il n'empêche que quand il a terminé, Anjali n'est toujours pas arrivée. La flemme d'aller la retrouver si c'est pour être confronté à d'autres personnes, il ouvre la fenêtre pour retirer l'odeur de sa dernière clope.

Enfin, Matt ramasse sa PSP et pose son cul sur le bureau qu'il vient de monter lui-même, pour lancer une partie. Même quand il entend la porte s'ouvrir -ça pourrait être des gosses qu'il en aurait rien à taper-, il n'en lève pas le nez.

« J'finis juste cette partie », prévient-il, parce qu'on ne deconne pas avec le dernier Dissidia.
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Ven 22 Jan - 14:19
Les yeux vairons d’Anjali se détournèrent de Matthew pour suivre le départ des deux petits filous, son visage emprunt d’affection et d’un peu de peine, que le jeune homme perçut aisément… à croire qu’elle était un livre ouvert. En fait, oui, elle en était un.

« Fais pas cette tête, ils n'ont pas l'air malheureux ces gosses. »

Anjali eut un pincement au cœur à ses mots avant même de comprendre pourquoi. Elle releva la tête vers lui, les yeux légèrement écarquillés de cette même lueur peinée, mais plus perplexe. Elle crut comprendre ensuite, pourquoi ces paroles lui faisaient un peu mal. Ce n’était pas parce que Matthew n’avait pas l’air de compatir, mais parce qu’il avait l’air… de savoir. Était-il un orphelin, lui aussi ? Cela pourrait répondre à bien des interrogations, même si elle n’était pas sûre. Il était plein de mystères en fait, ce garçon, les lunettes de soleil n’arrangeaient rien, en plus de le rendre un peu plus intimidant. Elle jurerait toutefois que son visage s’était adouci ou plutôt… elle dirait qu’il avait l’air moins désinvolte.

« Ils n'en ont pas l'air, c'est vrai. », approuva t-elle mollement. Cela ne rendait pas la chose moins triste à ses yeux à elle, qui avait la chance d'avoir eu deux parents très aimants.

Matthew lui désigna le chalet dont il voulait s’occuper et cela la surprit. Alors d’accord, du travail avait déjà été fait, mais … il ne pouvait décemment pas faire le reste tout seul. Et d'ailleurs, comment pouvait-on monter un lit superposé sans l'aide d'un tiers ? Son esprit de femme pas douée n'arrivait pas à le concevoir. Anjali devina que la solitude lui convenait, et interpréta cela comme une volonté de bien faire sans être distrait. Elle ne songea même pas que le garçon pouvait se considérer trop bien pour socialiser avec eux, malgré tous les détails qui allaient en ce sens. La jolie bénévole avait cette tendance à toujours chercher le meilleur chez autrui.

« Heu… »
, dit-elle bêtement, n'osant pas ternir sa fierté en disant que ça ferait peut-être un peu trop de boulot pour lui.

Il l'admit lui-même.

« J'aurais sans doute besoin de quelqu'un, alors quand t'as fini ce que tu dois faire, rejoins-moi ...»

Il dit cela avec un sourire indéchiffrable, et l’on pourrait penser qu’il y avait quelques allusions cachées dans ses paroles. Cette gourde n’y vit que du feu, il avait été trop subtil pour ce coup. Pour elle, du moins.

« D’accord ! », dit-elle avec entrain, sans se sentir cruche alors qu’elle devrait, au moins un peu.

Ils marchèrent ensemble en trainant les pieds. Anjali était vraiment curieuse à son sujet mais elle n’osa pas poser de question… Lui il n’en posait pas, alors si elle s’y mettait, elle allait passer pour une indiscrète ! Ils se séparèrent et Anjali alla entamer les travaux qu'elle devait finir avec son amie.

Tout en travaillant à l'extérieur, elle jetait quelques coups d'œil machinaux au chalet au loin, dans lequel logeait Matt. Elle crut croiser à un moment le regard de celui-ci à l’intérieur, son regard oui, car il n’avait plus ses lunettes. Et malgré sa curiosité, elle détourna la tête avec le rose aux joues en se traitant mentalement de crétine. Pourquoi être gênée ? Il n'avait pas l'air de l'être, lui ! Elle n'osa même plus regarder dans sa direction. Le temps s'écoula rapidement tant la jolie brune travailla dur. Elle songea d'ailleurs, à 16h passé, qu'il était grand temps d'aller aider Matthiew. Le garçon ne s'était pas manifesté une seule fois pour réclamer assistance et Anjali mit ça sur le compte de la fierté. Il n'avait même pas le matériel pour peindre ! Elle se dirigea vers le petit bac qui le contenait et retira quelques pots, ne laissant que deux de blancs et un de rouge. Ce dernier ne servirait qu'à un seul mur pour apporter une touche moderne à ces petits lieux de vie qui avaient mal vieilli. Elle rejoint le chalet de Matthew les bras chargés. Ce n'était pas trop lourd heureusement.

Quand elle ouvrit la porte malhabilement avec le pied, elle le trouva assis en train de jouer à un jeu sur sa console portable. Une odeur de cigarette flottait dans l'air, mais elle la sentait à peine comme elle avait été habituée par son fumeur invétéré de père (qu'elle n'avait toujours pas réussi à convaincre d'arrêter) :

« Ça bosse dur, dis do…. ! ». Elle ravala de travers son ironie en se rendant compte qu’il avait terminé l’assemblage de tous les meubles. Lui. Tout seul. Et elle, elle avait l’air d’une grande crétine avec sa bouche en O comme un poisson. Cet homme était décidément plein de surprises...  Et elle pouvait le confirmer maintenant, qu'il était beau, même si ses paupières baissées empêchait de voir la couleur de ses yeux.

Malgré le boucan qu’elle avait fait en entrant, elle se dit qu’il était tellement concentré qu’il ne l’avait pas entendu, d’où son absence de réaction. Matthew venait de monter six meubles énormes une heure et demi. Et ce que elle, elle avait fait pendant ce laps de temps, on en parle ? Non… on n’en parle pas, ça vaut mieux ! Sa bouche entrouverte se referma pour former un sourire bienveillant :

« Tu avais dû remarquer l'absence de peinture, je vais t’aider avec ça... »

Un ange passa. Et un deuxième. Vent.

« Hé !  Tu m’écoutes ? », bougonna t-elle en posant le bac de pots de peinture à côté du bureau sur lequel le rustre était assis.

« J’finis juste cette partie. »

La jeune femme appuya les poings sur les hanches avec une adorable mine renfrognée. D’abord il la reluquait, maintenant il l’ignorait. Non mais quel goujat ! Douche froide. Alors, la brunette ouvrit le pot rouge et s'empara d'un des pinceaux de contour qu'elle trempa dedans furtivement. Elle s'approcha ensuite de sa future victime qui ne la calculait toujours pas...

Vlan. D'un coup de pinceau, la chipie lui traça un trait sur la joue droite en style de peinture de guerre. Et comme son visage devint dissymétrique. Elle lui peintura aussi la joue gauche rapidement avant de reculer en riant comme une enfant, ses yeux pétillant de malice. Il ne l’avait pas volé ! Elle resta à distance de lui, les mains repliées sur elle-même en position défensive, sa seule arme étant son pinceau encore emprunt de peinture rouge.

« Bon… on s'y met ? » demanda t-elle alors avec le grand sourire d'une gamine qui sait qu'elle a fait une grosse bêtise (et qui s'attend un peu à des représailles!).
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Sam 23 Jan - 0:18
Il a reconnu la voix d'Anjali, oui, et même son parfum quand elle s'est approchée pour déposer un truc à côté du bureau. Certes, il est intérieurement content que ce soit elle, sauf qu'il est en pleine guerre virtuelle là. Aussi, ce n'est pas parce qu'il ne la regarde pas qu'il ne l'entend pas, pourquoi personne ne comprend jamais ça ? Il n'a pas l'impression d'être mal poli, sinon, il aurait fait un effort. Vous croyez vraiment que la Wammy's leur a appris les bonnes manières ? C'est un mythe. Regardez Matt, Mello, Near, et même L, là vous comprendrez. Le silence se fait du côté de la belle, il pense alors qu'elle s'est résignée, ou même mieux, qu'elle va commencer sans lui – faut dire que la peinture, c'est pas l'activité la moins chiante qui soit. Toutefois, il sent quelque chose sur sa joue, puis sur l'autre, et malgré la texture qui colle bizarrement sur sa peau, et l'odeur un peu forte qui le prend au nez, son cerveau n'assimile pas que cette douce et adorable donzelle vient de lui peinturer la face. Tout ce qu'il comprend, là, c'est qu'elle essaie de le distraire de sa partie. Il met donc start et lève un visage blasé vers elle en marmonnant nonchalamment:

« Anjali... »

Il s'apprête à lui dire un truc pas sympathique – et un peu exagéré- genre "T’es lourde", sauf que dès que ses yeux se relevèrent vers les siens, ces deux putains d'iris bicolore pétillants alors qu'elle affiche ce grand sourire enfantin, il reste muet et ne trouve rien à dire. Son cœur a dû rater un battement. C'est de la surprise, forcément, il se dit. Et d'un côté, c'est vrai qu'Anjali est le genre de beauté qui surprend chaque fois qu'on la regarde, et dont il serait donc bien difficile de se lasser. C'est ce que Matt songe tout en la scrutant. Il a complètement perdu les mots qu'il avait en tête.

« Nan... rien », cède t-il alors sans se départir de son air désinvolte.

« Bon... on s’y met? » propose t-elle avec l'air de quelqu'un qui se fend la poire de sa propre connerie.

Le geek fronce un peu les sourcils d'incompréhension, sans répondre. C'est quoi cette distance de sécurité qu'elle impose entre eux ? Et Matt, d'habitude si fin observateur, remarque avec six trains de retard que le pinceau qu'elle tient dans la main a trempé dans la peinture rouge. Il relève les yeux vers elle, circonspect, puis les baisse vers son écran de PSP noir qui s'est mis en veille, afin d'observer son reflet. Ouais, exactement ce qu'il pensait. Deux traits épais et horizontaux barrent ses joues. Un sourire vaguement amusé relève le coin de ses lèvres :

« P'tain tu m'as vraiment tartiné la gueule », remarque t-il, mi blasé, mi-amusé, « on dirait un Apache. »

Il dépose la PSP sur le bureau, juste à côté de lui, puis lève enfin son cul en affichant un air un peu mutin qui n'annonce rien de bon pour la jolie brunette. Qui a dit que Matt ne sait pas s'amuser ? Quand il est avec quelqu'un qu'il respecte et dont il apprécie la compagnie -ce qui est donc assez rare-, ça arrive. Sans se presser, tel un prédateur qui jauge sa proie de loin, il va vers les pots qu'elle a déposé pas loin de lui et fait sauter le couvercle du blanc d'un pincement de doigts habile. Puis, il récupère carrément le gros rouleau de peinture, et le trempe dans le pot.

« Tu veux te la jouer Dark Vador, hein... alors accroche-toi, c'est la guerre. »

Plutôt que d'aller la repeindre tout de blanc comme il pourrait carrément le faire, il fait juste un mouvement brusque du bras vers elle pour lui envoyer une bonne giclée de peinture. Bon sang, comme elle est dégueulasse, mais il n'en a pas fini avec elle. Matt n'a pas eu de scrupules pour les fringues d'Anjali, qui étaient de toute façon déjà sales, et il n'en a pas pour les siens non plus. Lâchant le rouleau, il tâche sa manche tandis qu'il plonge carrément les doigts dans le pot blanc avant de se précipiter vers la belle pour la choper, de l'autre main, par le poignet. L'empêchant de fuir, il laisse une bonne empreinte bien blanche et bien dégueulasse dans son cou, puis, du pouce, il fait les deux mêmes traits horizontaux que lui, sur les joues. Il pense alors qu'il est peut-être un peu brutal, parce que c'est quand même une meuf... Ailleurs que dans un pieu, il n'a jamais joué avec une nana, encore moins de façon aussi puérile, alors il ne se rend pas trop compte. Pour ce genre de connerie absolument grotesque, ça a toujours été avec Mello, depuis tout petit, et autant dire qu'ils se bourrinaient la gueule bien comme il faut quand ils s'y mettaient– Matt a quand même toujours eu plus de réserve et d'égard que l'impitoyable blondin.

Le rouquin la lâche donc, et baisse sa garde, pour laisser à l'ange le loisir de lui foutre une tarte ou de se venger de la façon qu'elle veut. Déjà que ça ne le dérange pas de perdre en temps normal… face à elle, encore moins. Le pire là-dedans, c'est que sale comme ça, il ne la trouve pas moins belle... juste sale, quoi. Il l'est aussi, d'ailleurs.
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Lun 25 Jan - 12:49
De jolis yeux bleus se relevèrent vers elle, adorablement blasés d'abord, puis adorablement crédules ensuite, quand il réalisa ce qu'il venait de se produire (Oui, Anjali trouvait beaucoup de choses mignonnes, elle était comme ça). La jolie brune s'imaginait qu'il serait très irrité de s'être fait 'tartiné la gueule', car il avait tout l'air, en apparence, d'être ce genre de garçon qui se prenait un peu trop au sérieux. D'habitude elle ne se fiait pas aux apparences justement, et pourtant, elle fut agréablement surprise de cette sorte d'auto-dérision quand il vérifia son reflet sur l'écran de sa console... Un peu comme le fait qu'il n'avait pas fanfaronné sur ses talents de menuisier devant elle avant de prendre en charge le chalet, il aurait très bien pu et cela aurait été justifié ! Il s'était juste contenté de... faire. Matthew semblait être quelqu'un d'assez humble en fait, une très belle qualité aux yeux de la brunette. L'absence de lunettes le rendait d'ailleurs un peu plus accessible, mais juste un peu, car il demeurait un mystère qui venait de se renforcer à force de se montrer aussi imprévisible.

Elle vit à son petit sourire espiègle que l'heure de la vengeance avait sonné et elle fit un autre pas en arrière quand il se dirigea vers les pots de peinture. Cette pauvre petite naïve croyait qu'il allait s'emparer d'un pinceau semblable au sien, et elle se tenait prête à un combat d'escrime mais... elle resta figée, les yeux écarquillées, quand elle le vit tremper le gros rouleau dans le pot blanc. Non... il faisait juste ça pour lui faire peur... pas vrai ? Elle leva un peu sa main désarmée comme une personne cherchant à apaiser un tiers mentalement instable (l'ambiance était évidemment à la plaisanterie) :

« Non Matthiew, tu ne veux pas faire ça... », dit-elle, le ton prudent empreint d'amusement.

Sa phrase se termina en un petit cri aigu et elle crispa les épaules en fermant les yeux tandis qu'elle se reçut un lourd jet de peinture blanche. Ho, il avait osé, ce sale gosse! Elle devait même en avoir dans les cheveux, la misérable. Heureusement que le parquet était recouvert d'un film plastique pour les travaux. Quand la pauvre brunette ouvrit un regard vairons appréhensif, l'homme se précipitait déjà vers elle. Anjali voulut reculer encore comme une petite souris apeurée mais l'impétueux chat saisit son poignet armé. Elle ne pouvait même pas riposter avec sa petite force !

Anjali lâcha un autre petit cri et releva une épaule chatouilleuse quand la main de Matthiew se glissa dans son cou. Elle fit de grand signe négatifs de la tête quand ses mains lui tracèrent aussi des peintures d'Apache, voulant l'en empêcher, mais en fait, elle ne fit qu'empirer la chose. On vous présente Cochise et Geronimo. Dès que sa prise se desserra, la furie en profita pour vraiment, vraiment, lui "tartiner"' la face du pinceau. On y voyait désormais plus de rouge que de peau.

« L'empire contre-attaque ! » s'exclama-elle en reprenant la référence de Matthiew, et il fallait admettre qu'à part les titres des Star Wars, et quelques répliques un peu trop cultes, elle n'en aurait pas dit grand chose.

Enfin, elle s'essuya son propre cou de blanc pour barbouiller celui de l'adversaire.. Autant dire qu'on ne savait plus vraiment à quoi le garçon ressemblait sous toute cette couche ! Après leur petite guerre intergalactique (ou de Far West), Anjali leva une main et imposa d'une voix forte :

« Stop ! On fait la paix ! »

Elle reprit quelques respirations et appuya les mains sur les hanches en reculant un peu, le scrutant avec un petit air méfiant. Elle resta un instant à observer le visage rouge de peinture du jeune homme, en silence, puis laissa échapper un grand rire un peu éraillé :

« Matthew, je ne te vois plus, t'es où ? », se moqua t-elle entre deux éclats de rire.

Reprenant un peu de contenance, Anjali alla remettre son pinceau dans le bac puis se redressa avec un sourire doux et amusé. Elle avait du mal à réaliser qu'ils venaient de se chamailler comme des enfants, surtout avec ce garçon d'apparence si nonchalant et renfermé, qu'elle avait confondu injustement avec une forme d'arrogance. Elle allait de surprise en surprise avec lui.

« Viens, on va se laver le visage... on fera peur aux enfants sinon. »

Inutile de prendre des douches complètes si c'était pour remettre leur vêtements sales ! Autant attendre pour chacun d'être à la maison. Elle trottina vers la sortie et embarqua le bras de Matt au passage.

« On n'a pas encore remis l'eau dans les chalets » l'informa t-elle « Il faut aller dans les salles de bains du bâtiment réfectoire. »

Et il fallait y aller au pas de course. Quels mauvais exemples ils faisaient ces deux-là! Pourvu qu'on ne les trouve pas dans cet état. La brunette plaidait coupable. Malheureusement, dès qu'ils sortirent, le petit fan club d'enfants de la belle et gentille Anjali, plus loin, voulut la rejoindre après l'avoir cherché partout. La jolie bénévole pressa donc Matthiew :

« On doit les semer », dit-elle très sérieusement.
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Mer 27 Jan - 19:16
Elle connaît l'épisode V de Star Wars, vieux d'une bonne quarantaine d'années. Bah putain. Quand on atteint un tel degré de perfection, c'est un appel à la dépravation. Heureusement qu'elle lui dégomme suffisamment la face pour que ses pensées pas très chastes se taillent d'elles-mêmes. C'est assez étonnant qu'il n'en a pas eu beaucoup de ce genre avec Anjali, ou plutôt, il en a eu de moins en moins au fur et à mesure que son estime pour elle avait grandi. Matt gigote juste un peu pour échapper au coup de pinceau, ce qui ne l'empêche pas de se faire laminer par l'assaut de l'ange. L'odeur de peinture lui agresse les narines. Dès qu'il juge qu’elle s’est assez vengée, il réagit enfin pour lui attraper les poignets. Toutefois, elle lève le drapeau blanc et il s’incline donc, la laissant reculer pour reprendre ses distances.

« Ok, t'as gagné », déclare t-il nonchalamment.

C'est sûrement vrai vu la gueule qu'il doit se payer maintenant. Les deux s'observent un instant un chien de faïence, avant que la belle ne lance, rieuse :

« Matthiew, je ne te vois plus, t'es où? »

Ça le fait marrer avec elle sur le coup, mais le rire un peu écorché de la brune, et donc complètement sexy aux oreilles du rouquin, le fait taire pour qu’il y soit attentif. Putain, elle est belle. Elle ne devrait même pas l’être avec sa tronche peinturée et sa tenue de travaux bien dégueu, mais elle l’est. Anjali dépose son pinceau et le geek a juste le temps de récupérer sa PSP quand elle l'embarque. Rangeant sa console dans sa poche arrière tout en la suivant, il aperçoit en sortant une horde de gosses, plus loin, qui hèlent Anjali.

On doit les semer, lui dit-elle. Matt, quand il se met à la disposition de quelqu'un, on n'a pas besoin de lui dire les choses deux fois. Il défait son bras de la prise légère d'Anjali, pour mieux lui attraper la main et la tirer vers l'avant tandis qu'il tape un sprint de compète vers le bâtiment réfectoire qu'elle lui avait présenté, plus tôt dans la journée. Et heureusement pour ses poumons de merde que la distance est relativement courte. Une fois arrivé, il la lâche pour lui ouvrir la porte battante, la laissant le guider un peu à l'intérieur. Dès que la route est tracée, il l'attrape de nouveau mais, par le poignet cette fois.

« Viens chez les mecs, Ange », dit-il avec amusement sans vraiment lui laisser le choix. Comme diminutif, ça lui va mieux qu'Anja, il trouve.

Préparé à une excuse de merde de sa part, il ouvre la porte pour vérifier que la voie est libre.

« Y a personne », la prévient-il par anticipation.

À l'intérieur, il verrouille et tourne un regard joueur vers la belle, affichant un fin sourire mi-charmeur, mi-narquois.

« Là, on est tranquilles. »

Et comme il la tient près de lui, on peut affirmer que ça, c'est de la subtilité à deux centimes. Bon, faut avouer que c'est surtout pour la taquiner car, non, Mail Jeevas n'est pas assez con pour vouloir pécho une meuf -un ange, qui plus est- dans les chi... Ah non, ce n’est pas des chiottes, c’est vraiment une salle d’eau, mais quand même, ils n’en sont pas loin. Et ça sent les canalisations. Le mec n’est pas totalement dépourvu de fierté et de classe quoi. En l’emmenant là, il a juste voulu, spontanément, la garder avec lui. Avec du recul, il trouverait ça bête. Et agir bêtement pour être avec une nana, disons que c'est très mauvais signe pour lui. Ce n'est pas dans ses habitudes. Fort heureusement, son esprit esquive habilement ce genre de pensées emmerdantes pour rester sur l'instant présent. Il lui fait un clin d'oeil avant de la lâcher et, prenant direction des lavabos, Matt aperçoit son reflet. Il comprend beaucoup mieux pourquoi elle parlait de faire peur aux gosses.

« J'ressemble à un tableau de Picasso » remarque t-il en ouvrant le robinet. « Désolé pour tes fringues. »

Anjali a laissé les siens en paix, elle. Matt se lave d'abord les mains avec insistance, vu que l'un de ses gants est encrassé de blanc, puis il se passe la face sous le jet et la ratisse ensuite à renfort de savon -ça a du mal à partir, cette merde- pour se refaire la gueule. Et que ça brille. Quand il s’asperge d’eau, son regard trouve parfois le joli minois d'Anjali, curieux de voir si un changement de teint va s'opérer après lavage -bah quoi, il aime bien savoir si on lui fait de la publicité mensongère. C'est d'autant plus vrai avec l'ange, parce qu'aussi loin que remonte la mémoire de Matt -et la mémoire de ce génie remonte à vachement loin- il n'a jamais vu une nana pouvant rivaliser contre elle en beauté. Ça le rassurerait probablement, de lui trouver des défauts sous toute forme, pas seulement physique, ou plutôt, ça l'empêchera de culpabiliser à ce moment précis où son cerveau calculateur la coincera pour essayer de passer à la vitesse supérieure. Il a beau être conscient que les délinquants ne fricotent pas avec les anges, et qu’il ne devrait même pas y songer, mais il ne peut pas s'empêcher de le vouloir.
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Ven 29 Jan - 16:18
Le jeune homme saisit sa main et Anjali se retrouva propulsée vers l'avant en moins de temps qu'il n'en faut. Comme Matthew la tirait, elle courut plus vite qu'elle n'aurait pu. Il était trop rapide pour elle, alors la brunette se concentra pour ne pas chuter vers l'avant, ce qui manqua d'arriver à maintes reprises. Voir quelqu'un sprinter en titubant, ce devait quand même être un spectacle comique. Heureusement que Matthew n'y prêtait pas attention... ! Ils atteignirent le bâtiment réfectoire en un temps record. Anjali s'y engouffra la première car le rouquin, soudainement galant, lui tenait la porte. Elle lui désigna du bras la direction à prendre, même si c'était inutile car elle s'y précipitait déjà, et se stoppa net quand l'homme lui attrapa le poignet. Tournant vers lui un regard curieux d'abord, la jolie bénévole écarquilla les yeux tandis qu'il il lui intimait de venir chez les garçons. Pas sûr qu'un orphelin serait content de voir une fille débarquer s'il était au pissoir !

« Mais... », tenta t-elle de protester. Sauf qu'il ne lui laissait pas vraiment le choix, cette fripouille ! Il la tenait ferment !

Devinant ses pensées, il ouvrit et confirma qu'il n'y avait personne. Cela suffit à la convaincre. Surtout qu'elle entendait les gamins entrer en trombe dans le bâtiment en l'appelant ! Ils devaient croire qu'Anjali comptait jouer à cache-cache! Chez les messieurs, Matthiew verrouilla la porte et elle se dit que, ouf, elle n’allait pas avoir affaire aux enfants avec la tête immonde qu’elle devait avoir. Ils restèrent derrière le battant quelques secondes, la course l'avait un peu essoufflée, cette faiblarde !

« Là on est tranquilles »

« Oui », soupira t-elle avec un grand sourire reconnaissant et soulagé.

Son sourire se crispa un peu quand elle vit la petite lueur coquine dans ses yeux bleus… Non mais quelle gourde ! Le rouge lui monta aux joues, et c’était autant à cause de sa propre bêtise dont elle avait honte, qu’à l’allusion de Matthiew, qui tenait toujours son poignet. Elle eut un léger pas de recul. Le menton bas, ses jolis yeux vairons levés vers lui se voulaient mécontents, mais elle avait l’air plus embarrassée qu’autre chose. Cependant, il lui adressa juste un clin d’œil et se détourna en la lâchant, prouvant qu’il était seulement en train d’essayer de la mettre mal à l’aise. Et qu’il avait réussi. Un peu prise au dépourvue par sa propre timidité, la brunette le suivit vers les lavabos avec lenteur.

« J’ressemble à un tableau de Picasso. »

Ça la détendit aussitôt, un petit rire joyeux s’échappa même de ses lèvres. La comparaison était vraiment bien trouvée.

« Désolé pour tes fringues » « Il n’y a pas de soucis », assura t-elle avec un grand sourire,. « Ce sont de vieux chiffons. »

A côté de lui, elle se débarbouilla ses joues sales, prenant soin de ne pas mouiller ses yeux de biches toujours maquillés. Son blush étant parti depuis longtemps, c’est son rouge à lèvre qui s’en alla, laissant voir une bouche délicatement rosée. Les joues rougies par le frottement de ses doigts, elle s’attaqua à son cou qu’elle nettoya avec grand soin, en essayant de ne pas appuyer trop fort.

 « Dis Matt’… » commença t-elle en usant d’un diminutif (qu’elle croyait !) comme il l’avait fait pour elle. « Tu es de quelle université toi… ? Ou… était de quelle université ? » précisa t-elle un peu maladroitement.

Elle s'occupa de détacher sa queue de cheval de côté, un peu nerveusement, et donna une légère secousse pour mieux délier sa tignasse tachée de blanc. Le jeune homme ne l'avait pas ratée ! Elle passa quelques mèches sous le jet d'eau, démêlant le tout en y passant soigneusement les doigts. Tout en faisant, elle croisa le regard scrutateur de Matthiew dans le miroir. Il avait cette façon de l'observer, qui donnait la fâcheuse impression qu'il pouvait lire en elle. En fait, c'était probablement le cas, elle était désespérément transparente, cette fille ! Le contraire total de ce garçon. Quelle injustice. D'un petit coup, elle envoya une giclée d'eau sur lui avec un air adorablement boudeur.

« J'aimerais bien faire un petit tour dans ta tête, toi, que je sache ce qu'il s'y passe ! » Et ce qu'il pensait d'elle, au passage ! Il était assez neutre de façon générale, et pas très expressif au point de paraître carrément indifférent. Il l'était peut-être vraiment, en fait ? C'était intrigant.

Ayant fini de nettoyer ses cheveux, elle les rattacha puis sortit du papier pour se sécher les mains.

« Sinon... Est-ce que tu fais des dons dans d'autres orphelinats ou c'est juste... exceptionnel ? », demanda t-elle, le regard baissé sur ce dont elle s'occupait.

Et si c'était exceptionnel, pourquoi avait-il choisi celui-ci ? Elle n’osa pas l’enquiquiner avec cette dernière question, espérant qu’elle n’en avait pas besoin et qu’il se montrerait un peu plus bavard. Quelle indiscrète elle devait faire ! Mais… elle s’était présentée, elle ! Alors, certes, on croirait qu’elle n’avait pas dit grand chose alors que... si. Anjali avait parlé de sa fonction d’interne et de son bénévolat… Matthiew connaissait donc presque toute sa vie, quoi ! Elle releva le nez pour lui adresser un sourire bienveillant.

« ... En ce qui me concerne, tu sais déjà tout. Du coup j'essaie d'équilibrer la balance...  » Pas la peine de te justifier ma pauvre fille, t'es juste une indiscrète ! martela une petite voix dans sa tête. « Je sais, je suis d'une banalité effarante », admit-elle avec amusement.

En effet, des gens aussi imprévisibles et surprenants que Matthiew lui rappelaient combien Anjali, elle, était un peu trop simple. Pas de fausse modestie, elle le pensait vraiment. À part avoir étudié à Cambridge, qui n'était pas banal, sa vie était assez sobre. Heureusement qu'elle était ce genre de personne qui pouvait parler de tout et de rien. En plus, malgré tout, elle avait tout le temps une histoire à raconter à ses amis. Sujet du soir ? Rencontre avec un jeune philanthrope totalement décalé !
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Lun 1 Fév - 2:47
Il continue de l’analyser, alors que la peinture disparaît de son joli minois, ainsi que ce qu’il y aurait pu avoir de maquillage avec, mais elle reste la même. Ses joues ont un peu rougi des frottements, mais elle reste belle et rayonne toujours d’une aura terriblement douce, apaisante, une aura dans laquelle on aimerait baigner, mais putain, est-ce qu’un type au passé poisseux, pourri de l’intérieur, le mérite ? Non, bien sûr. Plus il veut profiter de sa présence, plus un poids étrange pèse au sein de lui. La jeune femme en détourne son esprit par sa première question. Matt lâche donc ce mensonge déjà répété plusieurs fois sans hésitation, naturellement :

« Oxford. »

Ok, il s’imagine que le but était d’en apprendre un peu plus sur lui, et ça ne doit pas trop l’avancer, cette réponse. Alors il précise:

« J’étais à Oxford. Math, physique, science. »

La suite du mensonge, c’est son statut d’ingénieur pendant quelques années chez Apple, entreprise où il s’était crée un autre dossier de toute pièce. Mais ça ferait beaucoup de bobards d’un même coup, il trouve. La jeune femme relève le regard, découvrant qu’il la scrute sans complexe en train de s'occuper de sa longue chevelure, et lui envoie un jet d’eau en plein dans la face. Il détourne le visage pour s’en protéger, et ça sert à que dalle car il a réagi trop tard.

« J'aimerais bien faire un petit tour dans ta tête, toi, que je sache ce qu'il s'y passe ! »

Matt a un léger sourire amusé et secoue vaguement la tête, avant de la regarder à nouveau.

« Un tour dans ma tête ? … Tu te perdrais. »

Il a l’air et le ton un peu léger de quelqu’un qui plaisante, mais dans le fond, c’est une bien triste vérité. Il supporte des tourments et des craintes qui n’en finissent jamais. Beaucoup verraient leurs nerfs lâcher, à sa place, « dans sa tête », beaucoup auraient baissé les bras, beaucoup auraient renoncé à la loyauté. Lui demeure. Fort dans la faiblesse.

À sa deuxième question. Il semble qu’elle ait deviné un fait de sa fausse vie, sans qu’il n’ait eu à le révéler. Tant mieux. N’empêche, il ne répond pas tout de suite, préférant rester attentif à ce qu’elle dit ensuite. Il a toujours préféré écouter, que parler. C’est marrant, qu’elle dise qu’il sait déjà tout d’elle, parce que, c’est vrai, il a l’impression de la connaître sur le bout des doigts. Plus tôt, il s’est même chamaillé avec elle comme s’il la connaissait depuis toujours. Y a des gens qui aiment bien les mystères, mais Matt, c’est le contraire. Il n’aime pas l’inconnu, le risque de cet inconnu, il préfère de loin la sensation rassurante de connaître quelqu’un, d’être capable d’anticiper les réactions et les besoins de cette personne. Savoir, c’est une sorte de position de force, certes, mais Matt n’est pas du genre à vouloir en tirer profit.

Il tique à ses dernières paroles. Là, pour le coup, il aurait préféré être sourd. Cette meuf, médecin, intelligente mais humble, bénévole alors qu’elle pourrait avoir d’autres choses à foutre, dévouée, douce comme un ange… la définition même de la perfection au féminin… banale ? Matt a un silence blasé, la nonchalance de son regard frôle de près la frontière vers l’exaspération. Finalement, un instant après, il lâche d’un ton trainant, désinvolte :

« …  Jamais ta bouche ne sortira plus grosse connerie que celle-ci. »

Et il a beau dire un truc pas forcément sympa, on ne peut pas se tromper sur le regard bourré d’estime, voire admiratif, qu’il porte sur elle.

La peinture sur sa face et son cou est effacée aussi, mais comme il marque facilement, les traces un peu rougies qu’il garde sont celles de ses doigts ayant raclé sa peau. Bref, il ne reluit pas de bogossitude. Matt secoue un peu ses mains gantés au-dessus du lavabo, puis les essuie sur son jean.

« Je fais des dons un peu partout, mais… surtout à cet orphelinat », répond-il enfin.

Il ajoute à contrecœur, cet autre bobard qui se doit d’être vrai aux oreilles d’un maximum de personnes croisant sa route :

« C’est ici que j’ai grandi, après tout. »

Il a un haussement d’épaules un peu indifférent, espérant qu’elle va pas encore avoir cette petite mine triste, puis change rapidement de sujet au cas où :

« Bon. Ce serait bien qu’on aille rattraper nos conneries et que tu m’aides à la peinture… en restant sage. »

Il lui adresse un léger sourire mutin et va déverrouiller la porte.
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Ven 5 Fév - 18:34
Tiens un confrère d’Oxford ! Et Anjali ne s’était pas trop trompée sur la branche d’études de Matthiew, elle l’avait bien imaginé dans les sciences, physique tout ça. Il était peut-être chercheur ou ingénieur, maintenant… comment le savoir, ça, il ne le lui dit même pas ! Ce garçon avait la nonchalance de quelqu’un qui ne se plait pas à travailler, mais qui avait des facilités. Toutefois, étant donné combien il pouvait la surprendre, elle devrait cesser de s’imaginer des choses sur lui en se fiant à sa façon d’être. La transparente ici, c’était Anjali !

« Un tour dans ma tête ? … Tu te perdrais. »

Matthew avait beau avoir le ton de la plaisanterie, l’affirmation était extrêmement triste, non ? La jolie brune tourna la tête vers lui. L’homme affichait ce petit sourire qui n’atteignait même pas ses yeux. Cela lui faisait mal d’imaginer que ce garçon gentil, simple, humble, puisse avoir des soucis au point… de pouvoir se perdre. Il renfermait beaucoup plus de mystères qu’elle ne l’avait cru.

Matt’ n’hésita pas à la rembarrer dès qu’il ne fut pas de son avis et Anjali baissa les yeux sans être bêtement vexée. Elle se trouvait sincèrement banale, et lui, avait l’air tout aussi sincère en affirmant clairement qu’elle se plantait sur toute la ligne. Les joues rosies, elle était d’autant plus embarrassée qu’elle ne savait pas s’il fallait le remercier. Il venait de dire un reproche pour sous-entendre un très beau compliment. Elle releva les yeux et fut profondément touchée par cette forme d’estime qu’elle crut percevoir dans son regard. Restant toujours silencieuse, elle en essora un peu mieux les pointes de ses cheveux attachés tout en l’écoutant répondre à ses questions. Elle avait encore deviné juste... Matthiew était un orphelin. Voilà, elle était toute tristounette maintenant, ça lui apprendrait à être aussi indiscrète ! Heureusement, Matthiew la tira de ses pensées et elle lui adressa un sourire débordant de douceur et de bienveillance.

« Promis », dit-elle.

Ils sortirent et le fan club d’Anjali retrouva donc vite leur trace, pouvant enfin venir à la rencontre de la demoiselle. Et de remarquer que ses cheveux étaient mouillés ! Et plein d’autre petits trucs qu’elle n’arriva pas à entendre parce qu’ils parlaient en même temps.

« Pourquoi t’as couru Anji ? » entendit-elle alors, du plus petit.

« On a fait la course avec Matthiew », expliqua t-elle avec amusement, le regard attendri.

« C’est qui qu’a gagné ? »

« Moi », annonça fièrement la brunette, avant d’adresser un petit sourire de chipie au concerné.

Les trois filles gloussèrent. Du côté des garçons, à part le plus petit, les autres n’eurent pas l’air bien ravi d’apprendre la nouvelle.

« Tu t’es fait battre par une fille ! » râla l’un d’eux. On avait beau adorer Anjali, quand c’était la fierté masculine qui était mise en jeu…  

« On doit retourner travailler, les enfants ! Je vous retrouve après d’accord ? »

Anjali ne put décoller tranquillement sans avoir fait un câlin à chacun. Ils étaient tellement attachants ces petits bouts... Avant de retourner sur le champ de bataille, la jolie bénévole attrapa le bras de Matthiew et le fit bifurquer vers le chalet de ses amis, qu’elle re-salua au passage, afin qu’elle puisse récupérer quelque chose de son sac. Brandissant un tube de crème hydratante, elle prit une grosse noisette de l’index qu’elle déposa sur la joue de Matthiew, puis une deuxième qu’elle mit sur l’autre joue, sans lui demander son avis. Il en avait bien besoin de toute façon.

« Étale », dit-elle avant de se mettre de la crème à son tour. Bah oui, ils n’avaient pas mis les produits les plus hypoallergéniques du monde sur leur visage !

Elle prit du matériel supplémentaire pour la peinture et ils retournèrent au chalet choisi par Matthiew pour terminer le travail… Sérieusement. Elle l’avait promis. Qu’ils aient fini ou non, les bénévoles cessaient à 18h.
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Mar 9 Fév - 0:12
Il répond par un vague sourire et la suit. Son mensonge a tellement bien pris qu'il le croirait presque lui-même, mais la culpabilité demeure et pèse. Si Anjali savait qui il était réellement... ce ne serait certainement pas de la tendresse ou la compassion qu'il verrait dans son regard quand elle le pose sur lui. Ils sortent et se font apostropher par les admirateurs de l’Ange. Matt n'aime pas trop, en général, quand il est entouré de trop de monde, mais là, y a comme de la nostalgie dans l'air chaque fois qu'il croise des orphelins. Il repense au bon vieux temps avec Mello, le temps où l'un n'était rien de plus qu'un gentil geek, et l'autre un blondinet ambitieux au caractère de merde. Innocents l'un comme l'autre, jusqu'à ce leur mentor meurt, et que l'illégalité devienne un train de vie.

« C’est qui qu’a gagné ? »

« Elle », dit Matt, en même temps qu'Anjali rétorque « Moi. »

Belle connivence. Elle lui adresse un sourire mutin et il répond par un clin d'œil amusé. La complicité se trouve vite brisée par les représentants mecs de la bande.

« Tu t’es fait battre par une fille ! »

Comment sauver l'honneur ? Inventer une tricherie de la brunette ? Dire qu'il l'a laissé gagner ? Pas très cool. Il trouve l'alternative un peu trop maligne, un peu trop facile :

« Ce n'est pas n'importe quelle fille... »

On est à peu près d'accord là-dessus. Anjali se défile alors, en raison de l'appel du boulot - Matt a beau faire sa belle gueule, elle ne perd pas le nord ! Le rouquin la suit donc, pas chiant. Au point qu'il ne fait aucune remarque sur le fait qu'elle semble se gourer de chemin, ni du fait qu'ils s'approchent tous les deux de la civilisation – des gens, en fait. Matt salue les amis de la brune avec réserve. Il a bien fait de ne rien dire, car la belle avait besoin de récupérer quelque chose dans son sac.

Dégainant un tube blanc, elle refile deux noisettes de crème sur les joues du geek, mais il a l'impression que c'est plutôt son coeur qu'elle vient d'effleurer du bout du doigt. Pourtant, elle n'a rien fait de spécial, juste un brin de prévenance à son égard pour que sa peau ne s'assèche pas. Tout con, plus con tu meurs, mais pour cet homme qui n'a jamais reçu ce genre d'attention maternelle d'aucune femme, pas même d'une génitrice, ça lui fait tout drôle. Il étale bien la crème sur sa face, comme elle, puis ils retournent ensemble pour bosser sur son chalet, appelons-le désormais le chalet de Matt. Ils restent sage, et ont le temps de faire la première couche de peinture, une pause, puis la deuxième couche, grâce à l'efficacité du rouquin.

« T'es venu comment ? J'te raccompagne », propose t-il alors qu'il range un peu le bordel ensuite.

Si elle n'est pas venue avec sa propre caisse, la façon dont il a tourné sa phrase ne lui laisse pas trop le choix, bien qu’elle puisse insister sur un refus. Lui n’argumenterait pas. Mais il espère grappiller quelques instants de plus avec elle. Car plus le temps des adieux se rapproche, plus Matt se rend compte qu'essayer de la revoir après serait une connerie. Une grosse connerie. Il récupère les Ray-ban qu’il avait posés sur la commode et les met sur son nez, rien à foutre du ciel un peu couvert.

Plutôt silencieux en sortant, le rouquin attend qu’Anjali fasse ses au revoir au gosses.

« Tu reviendras ? », demande un des petits gars, à Matt.

Matt lui sourit légèrement, seulement, mais ne répond pas.  C’est un non qui n’ose pas se dire.

Il faut également attendre les autres bénévoles, dire au revoir en faisant genre qu’on est normal, bien que Matt reste assez taciturne. Au moment de quitter l’établissement, les routes de chacun se séparent pour aller à leurs caisses respectives, heureusement. L'asocial se prend un bonbon menthol qu’il suçote en glissant une clope entre ses dents. Enfin, putain ! Matt l’allume en prenant une grosse bouffée de nicotine bien fraiche. Comme il se dirige vers sa voiture flambant rouge, garée en épi, il découvre alors qu’un type a eu l’idée de mettre sa bagnole pas loin derrière, de sorte à rendre la sortie pour Matt un peu, beaucoup compliquée. Non mais quel con. Le rouquin sort ses clés en marchant, blasé au possible.

« Comment tu veux que j’sorte de là », marmonne t-il pour lui-même, la clope toujours au bec.

Bon, c’est possible, mais ça s’annonce bien relou. Matt ralentit complètement la marche pour jauger l’emplacement de l'abruti.
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Jeu 11 Fév - 16:18
Équipe de choc ! … En fait, non, pas du tout, Matthiew constituait une équipe à lui tout seul. La belle Anjali n’avait peint qu’un seul mur sur les quatre. Ceci dit, il  y avait un renfoncement, ce n’était donc pas si simple que cela mais… cette excuse était complètement nulle et elle devrait en avoir honte ! Matt ne se moqua même pas d’elle, ce qu’elle considéra adorable.

« T’es venu comment ? »

« Av… »

Anjali avait le permis, ainsi que sa propre voiture, mais était adepte du co-voiturage. Elle ne put terminer sa phrase en disant que Marie l’avait emmenée, car Matt’ se proposa de la raccompagner, en bon chevalier.

« D’accord. »

Ils rangèrent un peu tout leur bazar et sortirent enfin. Chose promise, chose dûe, la jolie bénévole dit au revoir aux petits orphelins, tandis que ses amis la rejoignirent, Marie lui donnant même son sac. Anjali tendit une oreille discrète en entendant un des garçons demander à Matthiew s’il reviendrait. Ce dernier ne répondit pas… la brunette se doutait de ce que cela voulait dire. En tout cas, il était resté jusqu’au bout aujourd’hui, et elle lui en était très reconnaissante. Sur le chemin, Anjali prévint son amie que Matthiew la raccompagnait et celle-ci la poussa du coude avec un air carrément goguenard. Ah, c’est fin ! Marie connaissait parfaitement Anjali pourtant ! Leur chemin se séparèrent quand ils quittèrent le bâtiment d’administration de l’orphelinat et la brune suivit Matthiew, contente de rester un peu plus avec lui : il était ce genre de personne tranquille dans l’attitude avec qui on aime bien trainer.

Elle repéra une voiture rouge digne d’un film policier, qu’elle n’avait jamais vu dans les environs, et plissa un peu les yeux d’incertitude en voyant Matt' se diriger vers elle. Non… ! C’était sa voiture ?  De surprise en surprise, disait-on, mais cette voiture lui allait bien. Comme elle le vit allumer une cigarette, l’odeur discrète qu’elle avait perçu en entrant la première fois dans son châlet lui revint en mémoire. Elle croisa les bras tout en marchant.

« Matthew… », dit-elle avec une petite moue sévère et boudeuse sur les lèvres : « As-tu jeté les mégots à la poubelle après avoir fumé dans le chalet ? »

Non, non, elle n’était pas niaise pour demander :  As tu fumé ? Ça lui laisserait le loisir de mentir et de nier. Il avait fumé, elle le savait. D’ailleurs, elle devina d’elle-même que, non, il n’avait rien jeté à la poubelle du tout.

« Je m’en occupe demain… », soupira t-elle.

Ça lui apprendrait à se réveiller trop tard, celle-là ! Moins observatrice que son partenaire de travaux pratiques, Anjali découvrit avec du retard qu’une voiture lui gênait le passage pour sortir. Il fallait tourner habilement le volant pour se tirer de là, et aussi, faire la marche arrière à allure de tortue. Et encore, la brunette n’était même pas certaine que ça passait !

L’usager devait être quelqu’un qui s’était garé là pour aller acheter deux-trois petites choses dans un des commerces de la rue. Passé 17h, il n’y avait plus beaucoup de place pour se garer par ici.

« Je crois que la personne va vite revenir… enfin, j’espère. Tu es pressé ? »

Matthiew avait peut-être quelque chose à faire dans la soirée... ! Elle attendit qu’il ouvre sa portière le premier, intimidée, avant d’ouvrir celle du côté passager et de prendre place. Ho, c’était une banquette ! Comme dans les années 70 ! La jeune fille resta un peu émerveillé avant d’être rappelée à l’ordre par son ventre, qui émit un gargouillis pas sexy. Ça lui rappela qu’elle n’avait pas mangé depuis le matin, et elle posa la main dessus comme pour lui intimer de se taire.

« J’ai faim, ça manquait dans le tableau… ! », bougonna t-elle. Vivement qu’elle se fasse cuir des pâtes chez elle ! « Tu peux tenter la manœuvre ? »

Elle s’apprêtait à attacher sa ceinture mais sursauta en pointant le rétroviseur du doigt, pour que Matt’ regarde aussi. Une personne se rapprochait ! Puis, Anjali se retourna en se baissant un peu. À moitié cachée par la banquette, la petite fouine vérifia ce qu'il se passait derrière.

« Je crois que c’est lui, le casse-pied de service… » Elle cessa de se dévisser le cou et son malicieux regard vairon se posa sur Matt « Ça donne bien envie de lui rayer sa voiture en direct », dit-elle avec un sourire au coin des lèvres, amusée et conspiratrice.

Il ne le ferait pas, elle le savait, mais la tentation était bien là, c'était sûr... oui, Anjali était conductrice de mauvaise foi.
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Sam 13 Fév - 13:12
« Matthiew... As-tu jeté les mégots à la poubelle après avoir fumé dans le chalet ? »

Pris sur le fait. À la question piège de l’Ange, Matt tourne la tête vers elle, et même si ses lunettes masquent son regard qui semble dire « Ah. Merde », la jeune femme devine clairement le fond de sa pensée, ce qui le fait légèrement sourire. Ok, il a un peu merdé.

« Merci. »

Il hoche la tête à son affirmation concernant le winner garé comme un con. C’est vrai que quand on se le permet, c’est qu’on ne reste pas longtemps… mais vu la Volkswagen stylé qu’il se paye, Matt ne serait pas étonné que l’autre ait également fait exprès pour emmerder le proprio de la belle Camaro 1969, qui le surpasse en classe. Le geek a l'habitude de ce genre de comportement.

« Tu es pressé ? »

« Nan. Mais c’est pas pour autant que j’vais l’attendre. »

Dès que Matt est sur son siège conducteur, il n’est pas du tout du genre à se laisser poireauter cinq minutes pour les troufions –quoique la présence de la belle brune l’y encouragerait, faut dire qu'il a hésité, en fait. Il s’installe, et dès que l’Ange affirme avoir faim, cela ne fait que confirmer que, oui, ils vont se tirer de là sans attendre l’usager de derrière.

« Tu peux tenter la manœuvre ? »

Le genre de question où tout mec, qui peut ou ne peut pas, ne répondra jamais non. Matt peut, en l’occurrence.

« Ouais, t’inquiète. »

Même avec cette difficulté, il pourrait se tirer de là en regardant seulement les rétro latéraux – À ne pas reproduire chez soi. Pour l’heure, Matt connecte d’abord son portable au lecteur radio moderne, installé par lui-même, puis relève le nez quand la belle l’interpelle. Il regarde la direction qu’elle pointe, les sourcils un peu froncés de curiosité. Tiens, c’est bien leur champion.

« Ça donne bien envie de lui rayer sa voiture en direct. »

Exactement ce qu’il vient de penser, ça le fait ricaner d’approbation. Futée, la belle. Matt tient trop à sa caisse mais, ainsi appuyé par l’Ange, il a une sale petite idée qui germe dans son esprit. Délaissant le registre électronique pour cette fois, il enclenche du How you like me now ? en musique d’ambiance. Parmi les six paires de Ray-ban Aviator alignées sur le tableau de bord en guise de décoration, le rouquin sélectionne les verres teintés bleus et les tend à Anjali avec un air vaguement amusé. Une fausse invitation à passer incognito. Son seul regret, c'est que ça va masquer ses putains de beaux yeux pour la route.

Matt attend ensuite que le mec arrive assez près de la caisse qui gène le passage, pour tourner habilement le volant et enclencher une marche arrière de dingue en un crissement de pneus. Une vitesse augmentant de 30% les chances de collision, et de 80% que l’autre type se pisse dessus. À force d’utiliser à tort et à travers le mot Thug, les gens en ont oublié la réelle signification. Les caisses se frôlent de près, provoquant un petit sifflement de vent avec la rapidité. C’est, heureusement pour tout le monde, une réussite. Matt marque un bref arrêt en fin de marche arrière, et lance un fin sourire en coin narquois à leur champion, armé de cette désinvolture et cette assurance qui le caractérise. Puis, il tourne le volant dans l’autre sens et démarre en trombe. C’est ça, un thug, les enfants. Ça lui permet aussi d’impressionner la lady à côté de lui mais, malheureusement, ce sont plutôt les mecs qui apprécient ce genre de manœuvre casse-gueule à leur juste valeur. Matt aiment bien les entrées et sorties remarquées.

Autrement, il roule à allure normale pour ne pas faire flipper la donzelle à côté de lui.

« Tu m’as dit que t’avais faim », rappelle t-il avec nonchalance tandis qu’ils s'arrêtent à un feu rouge. Matt tourne la tête vers elle et lui adresse un léger sourire : « Alors, on va où ? J't’invite. »
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Sam 26 Mar - 18:09
Le joli cœur fut de son avis au point d’en rire ; c’était les grands esprits qui se rencontraient ! Le sourire d’Anjali se fit encore plus coquin. La brunette se sentait l’âme d’une rebelle avec ses pensées étrangement mesquines, mais elle ignorait qu’elle avait rencontré un maître de l’art ! La pauvre n’avait encore rien vu… Ayant relié son téléphone à la radio, Matthiew enclencha un rock au son rétro et entrainant. Puis, il saisit une de ses paires de Ray-Ban Aviator joliment exposée sur le tableau de bord, près du pare-brise, et la tendit à sa camarade. Trop d’honneur ! Bon, ce n’était qu’un emprunt… et quand il fallait jouer le jeu, Anjali était toujours la bonne élève du premier rang ! Elle saisit donc délicatement les lunettes et les mit sur son nez. La voilà déguisée en Matt. Celui-ci avait un petit air indéchiffrable et donnait l’impression qu’il était sur le point de faire une bêtise. Très bien vu. Le cœur de la brune bondit dans sa poitrine dès qu’il enclencha une marche arrière de dingue. Ses lunettes ayant un peu glissées sur son nez, elle cligna des yeux, abasourdie, tandis qu’il marqua enfin un arrêt. Elle aperçut immédiatement ensuite leur petit emmerdeur qui les observait avec de grands yeux éberlués. Comme l’individu était du côté fenêtre de Matt, Anjali dût se pencher un peu en avant pour lui adresser une petite grimace. Ça lui apprendrait à se garer n’importe comment et gêner les autres usagers, non mais ! Anjali fut propulsée dans le fond de son siège quand son ami démarra brusquement. Son cœur resta en suspension un instant puis repartit normalement, coup de frayeur digne d’une attraction de Six Flags (oui, elle n’allait pas souvent au parc d’attraction). Il n’y avait que les hommes pour conduire comme des forcenés, mais la belle n’était pas du tout d’humeur à la réprimande. Dans cette voiture à l’ancienne, elle se sentait comme dans un film de gangsters des années 60-70.

« Bonnie and Clyde » rit-elle en rajustant ses lunettes sur son nez de l'index.

Pour une fille qui avait laissé de côté la culture cinématographique afin de se consacrer pleinement à ses études, on pouvait dire que c’était très bien trouvé ! Matt redevint gentlemen et adopta rapidement une allure normale sur la route sans qu’elle n’ait besoin de faire de remarque. De toute façon, un policier les aurait arrêtés tôt ou tard. On ne rigolait pas avec la circulation, au Royaume-Uni.

« Tu m’as dit que t’avais faim… Alors, on va où ? J't’invite.»

Évidemment qu’il l’invitait, ce garçon qui était bien mieux élevé que ses préjugés ne l’avaient laissée croire. Il y avait ce petit quelque chose chez lui qui la touchait, et un autre petit quelque chose qui l’intriguait. Anjali réfléchit. Certes c’était sympa de trainer avec Matthiew, mais elle n’allait pas non plus lui pomper son argent comme ça, surtout qu’ils n’étaient pas amis de longue date, tous les deux. C’était donc plutôt embarrassant, Anjali ne pouvait pas se le permettre. L’alternative, c’était d’aller prendre un truc pas cher du tout alors, non ?

« Heu… On va au mcdo ? » proposa t-elle alors avec un petit sourire crispée, honteuse ne pas trouver mieux. Il n’empêche que tout le monde aimait la malbouffe, même si certaines personnes, comme elles, étaient bien trop raisonnables pour en abuser. « Ça fait longtemps que je n’en ai pas pris. »

Vu sa taille de guêpe, c’était clair qu’elle n’y allait pas souvent ! Et quand c’était le cas… elle prenait un Happy Meal… Certes, c’était la honte devant Matt, mais ce n’était pas trop calorique et, surtout, ça ne coutait rien du tout, ce qui était son critère de base pour accepter de se faire inviter. Alors en effet, elle comptait oser.

« Oui, c'est ça, allons-y ! » déclara t-elle d’un ton sans appel, lui adressant un grand sourire à en faire fondre la banquise.

En plus, si elle était habile, elle pourrait peut-être réussir à payer sa part avant que Matthiew ne sorte ses sous ! Elle l’espérait tout du moins. Comme le garçon était adorable, la jeune interne obtint gain de cause. Bien sûr, avec une voiture pareille, il était hors de question de se faire un macdrive et de rester à l’intérieur. Ils mangeraient donc plutôt dans l’enseigne du fast-food devant laquelle ils se garèrent. Et comme convenu avec elle-même, dès qu’Anjali passa commande, elle l’annonça d’une voix pas trop forte, pour ne pas laisser l’occasion aux personnes de derrière d’en rire. Car oui, c’était évidemment déjà arrivé d’être moquée de choisir un Happy Meal.
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