Pitié et allégeance à toi, Kira ! La foule s'inclina en silence, respectueusement devant cette idole masquée et inconnue.
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Secret médical - vue en coupe (pv Fate)

 :: Le Monde - Zone RP :: Le Monde :: Europe :: Londres - Zone RP :: Westminster :: St Mary's Hospital Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Invité
Invité
avatar
Invité
Ven 15 Jan - 12:00
Ses talons claquaient impétueusement sur le sol linoléum de l’hôpital au rythme de sa démarche preste et assurée. Blouse blanche réglementaire, sur chemisier volant et jupe noire taille haute, Anjali parcourait l'allée, armée de son dynamisme et de sa bonne humeur routinière. Qui a dit qu'un médecin n'avait pas le droit d'être élégant ? La coquette jeune femme ne portait toutefois jamais de bijou durant ses heures de travail. Si son minois de biche rayonnait, on ne dirait pas qu'il s'agissait de bonheur, mais plutôt d'une grande bienveillance, autant à l'égard des patients que de ses collègues. Personne n'échappait à ses sourires doux et encourageants. Au service et aux petits soins des autres, la jolie demoiselle était comme un poisson dans l'eau, malgré la difficulté de certains cas. Ce qui était le plus dur dans le métier, à ses yeux, était qu'il nécessitait un détachement auquel une personne hautement compatissante comme Anjali n'arrivait pas à se plier. Être trop impliquée émotionnellement pouvait engendrer l'erreur, lui répétait-on, et c'est pour cela que les médecins n'étaient pas autorisés à prendre en charge leur propre famille dans des situations trop graves.

La jeune femme pressa d'autant plus le pas et se mit à trottiner avec son dossier sous le bras. Depuis que ses deux collègues étaient parties déjeuner, la situation était un peu tendue de leur côté. Tout en avançant, elle sortit son petit talkie-walkie (cet engin était toujours drôle pour elle à utiliser) et activa la mise en relation.

« Marc D, pour Anjali. On a besoin de quelqu'un en urgence à... » , elle s'interrompit à la réponse précipitée de son interlocuteur « Mais non, pas aux urgences ! » Elle eut un petit rire en se sentant gourde, « On a besoin de quelqu'un en hôpital de jour, c'est urgent.», rectifia t-elle en souriant toute seule tout en marchant, comme si la personne qui l'écoutait pouvait la voir.

A la réponse positive, elle rangea son appareil et déboucha dans la vaste salle d'attente, pas si bondée, mais qui contraignait tout de même à une bonne attente de trente minutes pour certains, la plupart étant des gens ne pouvant être pris en charge par leur médecin traitant. Certains avaient effectivement des emplois du temps de ministre, l'État ne comptait toujours pas assez de docteurs, malgré les mesures de sa Majesté. Dès qu'elle arriva, la jeune femme donna une pression de l'index sur le bloc désinfectant au mur pour recueillir une noisette de produit dans sa paume et se frotter les mains. Cet automatisme à répétition les desséchait tant qu'Anjali devait les soigner le soir à grand renfort de crèmes hydratantes et grasses. Elle marcha ensuite rapidement vers l'aide soignante tenant la salle d'accueil, pour rendre son dossier qui avait été coincé sous son bras tout le long du chemin. Le bureau de consultation d'Anjali était le plus éloigné du couloir de l’hôpital de jour, je ne vous dis pas la course que c'était à chaque fois ! Sa collègue lui donna le dossier suivant et la brunette y jeta un coup d'oeil pour voir le nom.

Ses cheveux fouettèrent un peu l'air tandis qu'elle pivota vivement sur elle-même et fit face aux personnes assises.

« Miss Harlaown ? », demanda t-elle alors avec un sourire adorablement incertain.

C'était toujours le moment où elle se sentait un peu bête, sans réussir à donner de raison à ce fait. Heureusement, une réponse ne se fit pas attendre et une belle dame à la chevelure blonde comme les blés se présenta à elle. Les yeux vairons d'Anjali pétillèrent de bienveillance tandis que son sourire s'affirmait en douceur.

« Fate ? », dit-elle gentiment pour dernière confirmation, « Bonjour, je m'appelle Anjali », se présenta t-elle en lui tendant la main.

Les individus les plus farouches refusaient qu'on les appelle par leur prénom, une pratique pourtant assez courante chez les médecins qui, après tout, mettait un pied dans leur vie privée en les soignant. Cependant, ils finissaient toujours par fondre avec la douceur d'Anjali. On découvrait alors que les gens les moins aimables n'étaient pas nécessairement les moins généreux, loin de là !

« Je suis sincèrement désolée pour l'attente. Suivez-moi. »

C'était repartie pour la marche dans le sens inverse, et ce petit manège durerait jusqu'à heure indéterminée, mais en tout cas tardive.
Invité
Revenir en haut Aller en bas
Fate Harlaown
Juliette sans Roméo
avatar
Messages : 807
Age : 19
Ven 15 Jan - 17:37
Fate Harlaown faisait partie de ses gens qui ne faisaient part de leurs problèmes de santé qu'en dernier recours. Elle n'aimait pas vraiment les hôpitaux. Elle s'y sentait à l'étroit, oppressée : il y avait l'odeur désagréable et omniprésente du désinfectant, l'ambiance aseptisée, les murs blancs à perte de vue, les faux sourires accrochés aux visages des aides soignants... autant de choses qui la motivait à éviter à tout prix de mettre le pied dans un de ces établissements lugubres.

« … connerie. »
avait-elle sifflé entre ses dents après avoir passé l'immense porte vitrée qui donnait sur le hall d'entrée de l'hôpital.

Le système de santé britannique lui échappait encore beaucoup et la difficulté de prendre rendez-vous chez un practicien de qualité l'avaient finalement poussé à se rendre directement à l'hôpital. Trois mois que cela durait. Nausées et vomissements l'envahissaient si souvent qu'elle redoutait de mettre un pied en dehors de chez elle de peur de se vider en public. Elle ne digérait plus grand chose et la moindre vue d'une pièce de viande saignante lui était insupportable. Il fallait dire qu'elle avait considérablement maigri depuis son départ du Japon et que son hygiène de vie ne s'était pas améliorée. Elle avait le teint fade et les cheveux ternes des individus qui se nourrissent mal, les yeux rougis de ceux qui ne dorment pas assez. Enfin, il y avait quelque chose qui l'inquiétait davantage : elle n'avait pas eu ses règles le mois dernier. Ca ressemblait beaucoup trop à un mal qu'elle connaissait déjà, mais elle se refusait à l'idée qu'une telle chose ait pu lui arriver. C'était impossible. Tout ce qu'elle voulait, c'était que le médecin lui file deux ou trois cachets pour qu'elle retrouve le sommeil et l'énergie qui lui manquaient. Elle se fichait bien de savoir quel mal au nom latin incompréhensible avait bien pu s'emparer d'elle.

La jeune femme peina quelques longues minutes à retrouver sa direction dans ce qui ressemblait plus à l'accueil d'un aéroport qu'à un établissement de santé. Il y avait des couloirs dans tous les sens, des blouses blanches qui couraient de long en large, de haut en bas – de quoi lui donner le tournis, elle maudit cette vilaine nausée qui lui chatouillait déjà la poitrine. Finalement, une interne prit le temps de lui indiquer poliment la direction de la salle d'attente et Fate la remercia d'un sourire. La vision de la pièce en question lui arracha une grimace et vint s'asseoir calmement à côté d'une vieille dame qui semblait bien mal en point. Elle ne se sentait clairement pas à sa place, trentenaire chic perchée sur ses hauts talons, au milieu des mères de famille, de leurs enfants malades et des papys mamys venus chercher assistance. L'attente allait être longue. Elle passa près d'une demi-heure à s'attarder sur ces affiches de prévention alarmantes accrochées au mur qui rappelaient, entre autre, combien porter les ongles longs et vernis était mauvais pour la santé. Elles eurent au moins le mérite de lui arracher un sourire – même la propagande du Ministère de la Censure de Kira était plus subtile, se dit-elle.

Quand elle entendit enfin son nom résonner dans la salle, Fate leva le regard pour croiser celui d'une charmante demoiselle brune d'une vingtaine d'année. Elle se dirigea vers elle et serra cette main polie et professionnelle qu'on lui tendait.

« Je suis Fate Harlaown. » insista t-elle, comme pour préciser qu'elle n'appréciait pas vraiment ce raccourci qu'elle s'était accordée en l'appelant par son prénom. « Enchantée. »

Anjali ? Curieux prénom, remarqua t-elle, aussi étrange que le sien. D'un petit sourire, Fate lui fit comprendre que l'attente n'avait pas été un problème. Certes, elle n'avait pas passé le meilleur moment de sa vie, mais la jeune fille n'y était sûrement pas pour grand chose. Elle la suivit jusqu'à son bureau où elle prit place sur une des chaises austères réservées aux patients. Là, à sa demande, elle entreprit de lui faire part de ses problèmes.

« Ca va faire quelques semaines que j'ai des nausées et des vomissements sévères et quotidiens. » commença la jeune femme, pas vraiment à l'aise.

Elle n'aimait pas tellement se confier, même sur son état de santé. De toute façon, cette jeune femme à la santé parfaite allait sûrement lui dire d'arrêter ses conneries – avec un peu plus de tact. L'alcool, la drogue et la cigarette, elle n'en ferait pas part, mais sa voix rauque et son odeur corporelle trahissaient assez rapidement son attrait pour le tabac. Pendant quelques minutes qui lui parurent éternelles, Fate prit donc le temps de lui décrire ses symptômes : ses nausées, ses vomissements, l'absence de ses menstruations, le manque d'appétit, la fatigue et l'insomnie. Un court silence s'installa et la jeune femme se sentit obligée de le combler, pour éviter toute remarque :

« J'aimerais que vous me remettiez sur pied le plus vite possible. J'ai urgemment besoin d'aller mieux. »


Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar
Invité
Dim 17 Jan - 1:15
C’était une femme aimable, avec une certaine prestance. Contrairement à la quasi-totalité des autres patients, elle regarda Anjali droit dans les yeux sans aucun signe de curiosité ou d’incompréhension face à ses deux pupilles de différence colorée trop flagrante. Miss Harlaown cadra les choses rapidement en réclamant une distance, et la poignée de main franche finit de convaincre Anjali qu’il y avait chez elle une empreinte militaire. Son père était colonel, après tout, elle flairait donc ces choses. En relongeant le couloir, elle consulta le dossier de la jeune femme. La fiche d’information était très brève, la deuxième fiche était à remplir par le médecin, la troisième servait aux prescriptions, et elle laissa les autres. Sur aucune ne figurait le sceau de la couronne, ce qui la rassura intérieurement. Elle gardait toutefois en mémoire que cette formalité n’était pas attribuée à tous car certains patients préféraient rester transparents, notamment les gens de l’aristocratie ou les célébrités. Un collègue lui avait dit un jour : Si tu es certaine que c’est une lady ou un lord, tu dis my lady, ou my lord. Si tu n’es pas sûre, c’est monsieur, madame. Toujours madame, même si elle n’est pas mariée. Un univers complètement à part ! Compliqué, la médecine, comme si leurs études prenantes ne suffisaient pas, ils faisaient du social ! Anjali décréta qu’un madame conviendrait bien à Fate Harlaown en tout cas, le mademoiselle pouvant se passer d'usage.

Une fois à la salle de consultation d’Anjali, celle-ci prit place derrière son imposant bureau et adressa un petit sourire à la jeune femme pour l’inviter à parler. La lumière blanche de la pièce mettait en avant la mine fatiguée de Fate.

« Dites-moi tout. »

Elle n’avait pas encore pris son stylo, elle écoutait d’abord, et prendrait les notes ensuite. Sa mémoire le lui permettait.

« Ca va faire quelques semaines que j'ai des nausées et des vomissements sévères et quotidiens. »

Le sourire aimable d’Anjali se termina la bouche entrouverte de stupéfaction. Quelques semaines ?! On voyait que la jolie brune n’exerçait pas depuis des années et était loin d’avoir traité tous les cas, même si sa formation en béton l’en rendait presque capable. Il n’empêche qu’il valait sans doute mieux l’étonnement ingénu d’Anjali, que le cynisme moqueur d’un médecin qui a trop vu de bêtises dans ce genre là. Quelques semaines. Elle avait mal entendu!

« Je ferai de mon mieux, bien sûr » dit-elle avec douceur, alors que son regard bienveillant était à lui seul une promesse, « Mais... quand vous dites des semaines… c’est-à-dire… combien ? »

Elle ne put s’empêcher d’avertir, le regard miroitant d’anxiété :

« Madame… quand les symptômes persistent, il est impératif de consulter au plus vite. »

Combien de cas de maladies graves et de cancer n’avaient pas pu être soignés en raison d’une prise en charge trop tardive ! La santé est primordiale, les gens avaient tendance à l’oublier. Pas de temps pour les leçons, de toute façon, il semblait évident à Anjali qu’il s’agissait d’un cas de grossesse, mais elle était tenue de rien dire tant que ceci n’était pas confirmée. Ne jamais énoncer des hypothèses à voix haute au patient tant qu’on n’était pas sûr à 100%. Le médecin était toutefois un peu mal à l’aise. La jolie blonde était venue, seule, et l’idée d’être enceinte, malgré tous les symptômes criants, ne lui avait même pas effleuré l’esprit… c’était très parlant sur sa situation actuelle. Et un peu gênant pour Anjali d’en avoir conscience. Vinrent donc les questions conventionnelles.

« Vous ne prenez pas de traitement en parallèle ? Et la pilule ? » ... « Avez-vous changé quelque chose en particulier dans votre alimentation ? » ... « Avez-vous eu des rapports non protégés avant de subir ces maux ? »

Sans se départir un seul instant de son petit sourire doux et encourageant, Anjali entama ensuite les questions où elle espérait de tout cœur une réponse négative : « Vous n’avez rien perçu d’étrange dans vos selles ? Pas de traces de sang, ni dans les vomissements ? »

Quand nous parlions d’intrusion des médecins dans la vie privée… rien n’était épargné ! C’était toutefois nécessaire pour soigner. On se demandait souvent ce que les docteurs avaient derrière la tête avec leur silence et leurs acquiescements attentifs de temps à autres… Pour le cas d’Anjali, celle-ci ne jugerait jamais qui que ce soit (et elle en avait entendu, des déboires !), elle se contentait de réfléchir et voulait comprendre, pour aider.
Invité
Revenir en haut Aller en bas
Fate Harlaown
Juliette sans Roméo
avatar
Messages : 807
Age : 19
Jeu 21 Jan - 17:13
Fate ne put s'empêcher de détailler la jeune femme qui lui faisait face avec une certaine insistance. C'était le genre de fille qui éveillait facilement chez elle une jalousie maladive et infondée. Il y avait son arrogante jeunesse, sa déconcertante beauté, ses formes pulpeuses à en faire bondir le cœur des dieux et, surtout, cette époustouflante humanité qui émanait de son être. C'était le genre de femme qui attisait les sentiments et les désirs, le genre de femme parfaite qu'elle n'était pas vraiment en somme. Fate n'était pas d'un naturel jaloux et se satisfaisait généralement de ce qui lui était offert, mais depuis quelques temps s'était développé chez elle ce besoin maladif de se comparer aux autres. Il y avait d'abord eu la mort d'Hadès depuis laquelle elle ne pouvait s'empêcher, presque malgré elle, de suivre d'un regard envieux les couples en promenade. Et puis, il y avait eu les mots doux que son désormais ex-colocataire Daniel avait eu la gentillesse de lui adresser quelques semaines auparavant.Au fond, elle avait été bien plus blessée par ces paroles qu'elle ne l'avait laissé apparaître. Le plus dur avait sans doute été de reconnaître qu'il avait raison, que depuis la mort d'Hadès elle s'était laissée aller à un point tel qu'elle n'était désormais ni agréable, ni désirable.

La jeune femme chassa ces pensées ridicules de son esprit. Ridicule, oui, c'était un mot faible pour exprimer cette obsession qui la hantait depuis et qui n'avait pourtant pas beaucoup de sens. Ses yeux bleus mirent fin à leur petit examen et revinrent se plonger sagement dans le regard de la jeune médecin. Fate ne voulait pas paraître impolie et elle devait bien reconnaître que tout ce qui débordait de cette jeune demoiselle était empli de gentillesse et de générosité. C'était sans doute une fille bien et impliquée dans son métier, rien qui justifie un tel comportement de sa part.

« J'ai tardé à consulter et je m'en excuse. Un certain nombre d'éléments m'ont poussé à croire que ça n'avait rien d'anormal et que ça ne serait que... passager. » reconnut-elle avec le petit sourire désolé des petites filles prises sur le fait. « Mais je dirais... Quatre ou cinq. »

En réalité, elle ne savait pas exactement quand elle avait commencé à se sentir si mal. La mort d'Hadès l'avait laissée dans un tel état qu'il avait été difficile d'établir un avant et un après. Fate se mordillait la lèvre inférieure avec insistance depuis le début de son « interrogatoire ». La tournure et le sens que prenaient les questions de la médecin ne lui plaisaient pas du tout. Qu'il s'agisse de son traitement contraceptif ou de ses derniers rapports sexuels, elle semblaient se rapprocher d'une éventualité à laquelle Fate avait inévitablement pensé, avant de la chasser de son esprit. Elle répondit patiemment à chacune de ses questions, tentant de cacher au mieux cette inquiétude qui la saisissait aux tripes. Oui, elle prenait la pilule. Oui, elle avait toujours pris soin de se protéger.

« Non, pas de traces de sang. » répondit-elle pour soulager la jeune fille.

Elle avait l'air de partager l'inquiétude de ses patients et de s'en faire réellement pour sa situation. Fate esquissa un sourire amical, l'air de dire que c'était adorable mais qu'elle ne souhaitait retourner personne avec ses propres conneries. Quand un petit silence s'installa entre les deux femmes, tandis qu'Anjali noircissait sa feuille de renseignements, la grande blonde prit finalement la parole :

« Je... Ca ne peut pas être quelque chose de ce genre. » commença t-elle sans en évoquer le nom. « C'est impossible, de toute façon. Je n'ai rien fait qui puisse aller dans ce sens. »

Elle ressentait le besoin insatiable de se justifier, de trouver des arguments pour prouver que non. Non, elle ne pouvait pas être enceinte. Des années qu'elle était sous contraceptif, des mois qu'elle n'avait pas baisé. Il n'y avait eu que cette nuit avec Hadès... C'était complètement impossible.

« Je ne peux pas être enceinte. » conclut-elle en laissant échapper un petit rire, comme si tout ça avait l'air d'une blague.

On sentait pourtant que le mot lui écorchait les lèvres.


Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar
Invité
Lun 25 Jan - 23:33
Malgré l'absence de traces de sang, son cœur s'était alourdi d’un poids au fur et à mesure des réponses venant nier l’hypothèse la plus probable, la grossesse. C’était très difficile pour quelqu’un comme Anjali d’essayer d’analyser ce genre de symptômes avec détachement. Les vomissements indiquaient souvent la présence d’une bactérie, ou tout du moins d’une entité étrangère que le corps avait besoin de chasser. Or, le corps y parvenait effectivement et se remettait en dix jours environ. Passé de loin ce délai, on parlait de maladie grave, et fort souvent, de cancer déclaré. La jolie brune avait fait exprès de prendre des notes à ce moment là, les paupières baissées, car elle savait que son regard trahirait son appréhension. Elle essaya de se composer une certaine neutralité avant de relever ses yeux vairons vers la jolie blonde.

« Je... Ca ne peut pas être quelque chose de ce genre. C'est impossible, de toute façon. Je n'ai rien fait qui puisse aller dans ce sens. »

Anjali ne trouva rien à dire. Il lui semblait que la jeune femme avait lu ses pensées. Elle se trompait toutefois.

« Je ne peux pas être enceinte. »

Fate laissa échapper un petit rire nerveux qui fit automatiquement baisser de nouveau les yeux de la brunette sur ses notes. Déni. Voilà pourquoi un médecin évitait souvent de donner ses hypothèses avant : il arrivait que des patients refusent des examens supplémentaires en étant persuadés que cela ne servirait à rien. Toutefois, c’était assez rassurant à entendre de la part de Fate. Cette dernière avait peut-être omis des détails... Pour ne pas se sentir comme ces psychologues horripilants qu’on voit à la télé, qui hochent hypocritement la tête quand ils entendent de leurs patients « je ne suis pas fou », Anjali opta pour la diplomatie :

« Vous ne l’êtes peut-être pas. Mais je ne peux rien affirmer sans vérification », elle se leva « S'il-vous-plait, permettez que je vous ausculte... », ajouta t-elle en l’invitant d’un geste cordial de la main à prendre place sur le divan médical, un léger sourire doux aux lèvres.

En vérité, Anjali espérait sincèrement qu’il s’agisse bien d’un cas de grossesse, car les symptômes de la jolie Fate Harlaown n’annonçaient strictement pas une guérison proche, autrement.

L’interne la laissa se défaire de sa veste et des vêtements du haut qu’elle acceptait d’enlever. Il lui était déjà arrivé d’ausculter quelqu’un en pull-over ! … même si, bon, c'était assez rare. Ainsi, elle examina la jolie femme dans le détail, en commençant par la tension.

« Attention c’est froid », prévint-elle quand elle usa le sthétoscope pour vérifier les battements du cœur et le fonctionnement des organes internes. Elle passa les mains sous sa mâchoire, proche des aisselles, et même au niveau de l'aine pour vérifier la présence de ganglions. Elle lui demanda ensuite de s'allonger avec un sourire rassurant et fit de petites pressions du ventre pour vérifier les selles. Rien d'anormal ici non plus... Ce qui faisait pencher la balance vers une grossesse peu avancée. Une tumeur, au bout d’un mois, s’entendrait du côté des organes. C’était rassurant, mais pas parfaitement. Il fallait plus amples examens. On avait des cas de maladie très malignes… Anjali espérait de tout cœur qu’on n’en soit pas là. Elle retourna à son bureau mais ne s’y assit pas.

« Vous pouvez vous rhabiller… pour le moment ». Elle eut une petit mine désolée, qui s’excusait d’avance pour la suite, et remit machinalement une mèche de cheveux derrière son oreille. « Je ne détecte rien d’anormal. Mais vous allez devoir passer quelques examens supplémentaires pour qu’on sache de quoi il en retourne. Prise de sang, scanner, échographie... », dit-elle avec une autorité pleine d’égard, en notant, debout, les rendez-vous sur son papier. La totale, quoi. Puis, la jolie brune récupéra juste cette feuille et s’approcha de Fate avec un petit sourire bienveillant. Malheureusement, elle ne pouvait lui faire aucune promesse pour le moment.

« Suivez-moi. Je vous emmène au service de radiologie, on vous fera la prise de sang sur place. »

La belle interne l’emmena comme promis au service, remettant la feuille de miss Harlaown à la personne en charge, qui la ferait passer entre deux patients ayant déjà un rendez-vous. Cela n’empêchait toutefois pas l’attente. Anjali se tourna ensuite vers Fate, le regard brillant de sympathie et d’encouragement.

« Je vous retrouve après », promit-elle d’une voix douce en déposant une main amicale et bienveillante sur son bras.

Seul un médecin pouvait annoncer un diagnostic. Les infirmières qui faisaient passer les examens, avaient devoir de silence. Sur ce, l’interne tourna les talons et revint du côté de la consultation pour recevoir un autre patient en attendant. Les résultats de Fate lui seraient envoyés directement sur son ordinateur et, heureusement, ils étaient rassurants. Pour Anjali, au moins…
Invité
Revenir en haut Aller en bas
Fate Harlaown
Juliette sans Roméo
avatar
Messages : 807
Age : 19
Jeu 18 Fév - 22:23
Si Fate n'était pas médecin, si ça avait été le cas, elle arrêterait sans doute de rechigner à chacun des conseils des spécialites. Pensez à prendre du temps pour soi, consulter dès les premier symptômes, arrêtez les somnifères, arrêtez de boire et surtout arrêtez de fumer, tout ça lui passait très haut au-dessus du crâne. Fate n'était pas médecin, mais elle comprenait vite – pas besoin d'un bac + je-ne-sais-combien se répétait t-elle à elle-même, plus pour consoler sa honte de ne jamais avoir fait d'études supérieures que par réelle conviction. Elle comprenait vite, et ce qu'elle comprenait ne lui plaisait pas du tout. Les réponses que lui apportait la jolie interne étaient vagues et évasives et n'éclaircissaient en rien ses interrogations. Fate n'avait pas songé à un seul instant qu'une grossesse ait pu être l'origine de ses maux, mais maintenant qu'elle avait pu placé un mot dessus, elle peinait à croire que c'eut pu être autre chose. Après tout, elle avait déjà été enceinte et se souvenait encore très bien des joies des premiers mois de grossesse. Ca y ressemblait beaucoup trop à son goût et, pourtant, elle ne parvenait pas à comprendre comment cela avait pu arriver.

La jeune femme garda le silence, tentant de se remémorer avec peine quand aurait pu avoir lieu un tel « écart ». Une réponse bien trop dure à accepter semblait se dessiner et elle fronça les sourcils, esquissant une légère grimace, comme pour dégager une pensée dérangeante. Comme Anjali le lui demanda, elle s'installa sur la table et se laissa patiemment osculter. Le contact du métal froid des appareils médicaux la faisait frisonner et les quelques palpations qu'elle effectua sur son bas-ventre, bien que légères, la faisaient légèrement grimacer, mais elle ne broncha pas un instant. Quand ce fut fini, elle reboutonna tranquillement sa chemise blanche (elle avait beau ne plus porter l'uniforme au quotidien, elle en avait gardé certaines tendances vestimentaires) et reprit place sur la chaise face au bureau de la jeune interne. La feuille noircie d'inscriptions illisibles qu'elle lui tendit ne l'enchanta pas. Scanner, échographie, prise de sang... « Quelques petits examens supplémentaires », hm ? Plutôt, un beau petit cocktail d'analyses longues et ennuyeuses spécialement concocté pour elle.

Fate n'aimait pas les examens : elle détestait patienter à ne rien faire, elle détestait se mettre nue devant des inconnus en blouse blanche et elle détestait qu'on la touche pour autre chose que des instants de plaisir. Pourtant, elle se contenta de sourire en laissant échapper un simple « merci » poli et se laissa promener à travers les longs couloirs de l'hôpital. C'était un véritable dédale qu'il fallait sans doute arpenter chaque jour en long, en large et en travers pour pouvoir s'y repérer. Au détour d'un couloir aux murs blancs éclatants, elles poussèrent la large porte à battants donnant accès au service de radiologie. Fate ravala sa salive en observant d'un œil discret la salle d'attente bondée de monde et remercia Anjali d'un petit sourire poli.

« A tout à l'heure. »

Finalement, l'attente ne fut pas longue et les examens se déroulèrent rapidement et sans encombre, si bien que moins d'une demi-heure plus tard, elle était sortie sans encombres du service après avoir fait son scanner, son échographie et sa prise de sang. La jeune femme avait juste fait la bêtise d'attendre bêtement dans la salle d'attente qu'on lui remette ses résultats avant qu'un interne ne vint lui expliquer que l'imagerie médicale et les analyses étaient désormais directement envoyées au médecin par informatique. Le monde change, pensa t-elle. Ou plutôt, il était temps qu'elle remette les pieds dans un hôpital. Elle avait poussé un soupir un peu déçu : elle aurait aimé pouvoir jeter un œil sur ces images avant le verdict final, quand bien même elle aurait été incapable de déceler quoi que ce soit. Après avoir soigneusement repris le chemin qu'elle avait emprunté avec Anjali en sens inverse, Fate pénétra le bureau de la jeune interne et reprit place là où elle s'était auparavant assise, l'air mi-inquiet, mi-impatient de découvrir le diagnostic final.

« Alors ? » commença t-elle en se retenant de triturer ses doigts machinalement comme elle avait l'habitude de le faire. « Il n'y a rien de bien grave, je suppose. Juste une méchante gastro. »

A croire que lancer des plans sur la comète et raconter des inepties la rassuraient.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en hautPage 1 sur 1
Sujets similaires
-
» Ça vous dirait un lien avec un roux à la coupe afro ?
» Haïti qualifiée pour la Coupe du monde U-17 de football
» Haitian Deportees Fate Now In The Hands Of Team Obama
» Secret War
» BANTAM AA ESTACADES - CHAMPION Coupe Dodge

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Death Note RPG : une nouvelle ère :: Le Monde - Zone RP :: Le Monde :: Europe :: Londres - Zone RP :: Westminster :: St Mary's Hospital-
Sauter vers: