Pitié et allégeance à toi, Kira ! La foule s'inclina en silence, respectueusement devant cette idole masquée et inconnue.
 
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Apollo
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Jeu 13 Aoû - 18:24
C'est une Apollo un peu crade mais aux ambitions des plus claires qui arriva sur le sol anglais, en ce jour de pluie. Elle n'avait pas beaucoup de bagages avec elle, encore moins de matériel informatique qui aurait permis de la tracer. Un gros pull, un sac avec deux ou trois affaires, ses papiers japonais et un peu de monnaie qu'elle avait volé à Arashi.

Elle s'était tirée.

Dafne Heliakis s'était tirée de chez Arashi Darkwood, ancien ministre du gouvernement japonais, l'un des plus sévères et aux tendances franchement psychopathes. Elle avait de légers remords, étant donné l'état catastrophique de celui avec lequel elle avait un peu partagé la vie, mais Dafne s'en était remise très vite. Elle n'était pas faite pour la vie de palace, pour des résidences fixes et sans danger. Si la première semaine, elle s'était sentie à son aise, la vie de petite femme au foyer d'un japonais moyen complètement déprimé l'avait vite étouffée, et Arashi n'y mettait pas vraiment des siens.

Par moment, elle haïssait littéralement Akira Darkwood d'être mort. C'était comme si, tout d'un coup, l'homme qu'elle avait choisi n'était plus que la moitié de lui-même. Le quitter alors qu'il traversait cette période était sûrement très cruel, mais il devrait très facilement comprendre – ou pas – qu'elle était tout sauf passive. Dafne avait, après quelques achats sur Internet pour rendre sûr son voyage, embarqué clandestinement sur un cargo. L'argent n'était plus un souci, mais les papiers un peu plus : des fouilles drastiques étaient menées à l'embarquement et Dafne ne voulait pas qu'Arashi puisse entendre parler d'une quelconque manière de sa fuite. En fait, c'était un peu comme la multitude d'amants qu'elle avait eu : elle s'en allait au matin, quand son cœur lui soufflait qu'elle ne pouvait plus tenir.

Les rues de Londres étaient agitées, tandis qu'Apollo consultait le bout de papier froissé sur lequel figurait l'adresse de Fate...du moins celle qu'elle avait réussi à obtenir en analysant son IP. Elle soupira deux secondes, pensant à déchiffrer les inscriptions en anglais qui figuraient sur les rames de métro, mais parvint assez facilement à se débrouiller. Londres lui plaisait : c'était une ville vivante, malgré le temps qui était, pour elle assez consternant. La jeune femme frissonnait ; si elle avait de la fièvre, ce n'était qu'un tout petit peu, car elle se sentait encore capable de parcourir quelques mètres. Rester dans une cale pendant de longs jours en était sûrement la cause, il lui semblait d'ailleurs qu'elle avait perdu quelques kilos et que son visage devait être plus maigre.

Enfin, elle arriva à destination : un quartier bizarre que celui de Camden. Elle faillit s'y perdre plusieurs fois mais retrouva où elle d'extrême justesse. Elle finit par se retrouver devant la porte d'un appartement, appuya sur la sonnette, puis toqua.

Pourvu qu'on lui réponde.

Et si il n'y avait personne ? N'aurait-elle pas l'air fine, ici, toute seule en Angleterre, un des mecs sans doute les plus dangereux de la galaxie en train de la tracer. Elle n'était pas terrifiée : elle ne le serait jamais, d'autant plus qu'elle savait très bien se défendre. En revanche, l'idée de se retrouver ici, toute seule à Londres alors qu'elle n'y connaissait personne était légèrement pressant.

C'est d'ailleurs sûrement pour cela que son doigt resta figé sur la sonnette, la faisant sonner de manière continue et stridente.
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Sam 22 Aoû - 14:20
Crazy Snake poussa un grognement. Étalé sur le canapé en véritable déchet qu'il était, le borgne se remettait lentement de la soirée de la veille. Mal au crâne, alcool et cigarette, et malheureusement... pas de sexe. Il ne savait pas très bien ce qu'il foutait à Londres, pourquoi il avait accepté cette histoire, et surtout pourquoi il continuait à mentir à sa colocataire. Au fond, il espérait toujours pouvoir se la taper à un moment ou un autre. Le souci, c'est qu'il risquait de passer outre son consentement, si sa patience se faisait bouffer avant. Alors, lorsque la sonnette retentit dans l'appartement, lui vrillant le crâne comme le cri d'un bébé voulant téter le sein de sa mère, Crazy baragouina des insultes. On avait pas idée de le faire chier si tôt ! Il se redressa en poussant un bâillement, il s'étira un peu, et il espéra voir Fate arriver avant qu'il n'aille ouvrir. Ce fut au bout d'une minute qu'il décida qu'il allait plutôt casser la gueule à la personne qui sonnait. Ses cheveux roux étaient en bataille, il s'était endormi ici, il ne savait plus trop comment. Parfois, il appréciait de dormir dans le canapé, afin de fumer à son aise. Et ce n'était pas de cigarettes dont il s'était contenté cette nuit.

Le borgne déambula dans le salon, ses pieds rencontrèrent des cadavres de cigarettes, et des paquets vides. Fate allait sûrement lui passer un savon, mais qu'importe ! Il frotta son visage, sans prendre la peine de remettre son cache-oeil. Pour le moment, il était encore dans les vapes. Trop dans les vapes pour se rendre compte qu'il était en calebute. Un nouveau bâillement, il parvint enfin à se frayer un chemin vers la porte d'entrée. Il se cogne, il peste, et il râle.


« Putain de merde, c'est quoi ce connard qui vient m'réveiller si tôt ? »

Il tousse un peu, la sale bête. Enfin, il posa ses doigts sur la poignée de la porte. Lentement, il l'ouvrit - puisqu'il avait oublié de fermer à clef -, et il fixa la personne face à lui. Son visage n'affichait pas d'expression particulière, Crazy se contentait de son air blasé. Il se gratta le dos, il songea aussi qu'il devrait peut-être raser sa barbe de trois jours.

« On a... »

Le borgne écarquilla son seul oeil valide. Le dos courbé, il reconnut la poitrine dressée faire lui. Il n'allait pas changer ses habitudes, voyons ! Surtout lorsqu'il la reconnaissait en partie parce qu'il l'avait touché. Il fronça les sourcils, il plissa le front, puis il remonta son regard sur la figure dirigée vers lui. Dafne. Ah... Dafne. QUOI ? DAFNE ? Mais qu'est-ce qu'elle foutait ici ? Une seconde, il hésita à refermer la porte. Il se souvenait bien de la jeune femme, mais il ne pouvait pas passer outre la surprise. Crazy grogna :

« Tu fous quoi ici ? »

Parce que non, il n'aimait pas les surprises. Non. Décidément non. Que pouvait-il faire ? La foutre dehors ? Avant que Fate n'arrive - il ne voulait pas se faire prendre avec sa précédente aventure, face à celle qu'il tentait désespérément de se taper -, il fallait qu'il trouve une solution. Le borgne resta sur sa première idée : il referma la porte. Avec un peu de chance, elle disparaîtrait dans ses souvenirs. Il referma même à clef, ce coup-ci, au cas où elle risquait de forcer. En apercevant Fate, le visage totalement tordu de gêne, Crazy bafouilla en allant chercher ses cigarettes.


« C'était rien, une erreur. »

Ouais. C'était rien. RIEN. Juste une meuf avec laquelle il avait baisé. RIEN. Mais Bon Dieu ! Que foutait-elle devant la porte de SON appartement ? Elle l'avait retrouvé ? Elle avait fini par se rendre compte qu'il était Smokey Smoke, et qu'il était le responsable de son traumatisme ? Le dos collé contre la porte, une fois qu'il prit ses cigarettes, Crazy alluma vite son petit bâton de plaisir. Fumer pour se calmer. Il avala sa drogue à plein poumon, en prenant une longue et grande inspiration.

« T'as bien dormi ? »

Ouais, changer de conversation, vite... avant que Fate ne se rende compte de la situation. Bon sang ! C'était quoi cette merde sans nom dans laquelle il venait de se foutre ? Dafne avait eu tant de regrets à l'abandonner après leur nuit, qu'elle revenait vers lui pour se faire pardonner ? Non. Décidément. NON. Il s'en foutait. Qu'elle se casse.


« J'en étais où ? Ah oui... Le Chaos... ! »
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Fate Harlaown
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Dim 23 Aoû - 20:55
Londres. Habituellement, Fate se serait sans doute réjouie de séjourner dans cette métropole attractive et colorée qui vivait nuit et jour dans un vacarme plaisant. Elle aimait beaucoup voyager et aurait sans doute déjà parcouru le monde si ses obligations ne la contenaient pas si souvent sur le sol nippon. Mais beaucoup de ces choses qui la réjouissaient tant auparavant avaient perdu de leur saveur.

Akira Darkwood était mort.

C'était quelque chose qu'elle peinait encore à accepter. Déjà, elle s'était réveillée seule dans son lit avec ce curieux pincement au cœur. Mais ce n'était que quand elle avait fait face à son corps livide dans un caisson de la morgue que cette phrase avait finalement pris sens. Soudainement, elle avait vu son compagnon disparaître et avec lui, beaucoup de rêves et d'envies. Plus qu'un ami, plus qu'un amant, c'était une opportunité qu'on lui avait volée. Celle de refaire sa vie sur des bases nouvelles et positives. Elle avait pleuré, longuement, à défaut de pouvoir faire autre chose. Elle avait bu, aussi, parce qu'elle appréciait l'amnésie partielle que lui procurait l'alcool. Et puis, quand elle eut fini de s’apitoyer sur ses malheurs, Fate se rendit à l'évidence : si elle ne voulait pas passer le restant de ses jours à s'enfermer dans la morosité, elle allait devoir trouver un nouveau sens à sa vie. Comme la lutte contre les criminels l'avait été pendant de si longues années, il lui fallait quelque chose. Quelque chose qui lui donne la force de se lever le matin et de donner son maximum dans un seul et unique objectif. Une grande cause.

Le meurtrier d'Akira devait mourir. Le meurtrier d'Akira allait mourir.

Alors, elle avait fait une croix sur le passé pour s'attaquer à sa nouvelle grande cause. Elle avait demandé une mutation qui avait beaucoup surpris au gouvernement. Capitaine d'une composante essentielle de l'armée de Kira, elle était devenue une simple correspondante en Angleterre, chargée de centraliser les informations susceptibles d'intéresser le régime en ce territoire étranger. Elle avait vendu ses meubles, sa voiture et ses biens immobiliers. Et puis, elle avait embarqué dans sa drôle d'aventure un étrange compagnon. Daniel. Elle l'avait littéralement supplié de la suivre – elle lui offrirait tout, du loyer de l'appartement à chacun des extras dont il aurait envie – jusqu'à ce qu'il accepte. Ils avaient emménagé dans un appartement spacieux à Camden Town : le quartier était apparu à Fate comme celui le plus susceptible de les rapprocher du tueur.

Daniel n'était pas un colocataire désagréable. Il y avait certes ses sous-entendus incessants et son rythme un peu déluré, mais Fate n'était certainement pas aussi stricte et coincée qu'il ne l'imaginait. Ils s'étaient trouvés une passion commune pour le tabac, la boisson et la drogue. Elle ne tarderait certainement pas à combler son manque existentiel de relations physiques avec lui. Fate était bien trop en soucis pour se préoccuper de cet environnement de débauche dont elle avait auparavant tenter de s'éloigner.

La soirée de la veille avait d'ailleurs été une fois de plus bien arrosée. Elle s'était réveillée avec un violent mal de crâne, ceux qui signalaient qu'elle avait frôlé d'un peu trop près les limites de ce qu'elle pouvait ingérer. Il lui fallut quelques minutes pour émerger totalement de son sommeil. Enfilant son peignoir, la jeune femme se dirigea vers la cuisine pour se préparer un café bien noir. Arrivée dans le séjour, elle n'eut que le temps de voir son colocataire (sensiblement dans un état aussi déplorable que le sien) refermer la porte au nez d'une silhouette féminine.

« Mouais. Mon mal de crâne m'indique que non. On n'a pas tant bu que ça, dis moi... ? »

Fate essuya ses yeux fatigués et étouffa un bâillement, le temps de remettre ses idées matinales en place. Répondant d'un simple hochement de tête à la remarque de Snake, elle percuta finalement que la femme qu'elle avait deviné par l'encadrement de la porte lui semblait étrangement familière. Le mail de Dafne lui revint à l'esprit : compte tenu de la durée de son voyage et de la date de leur échange de mail, c'eut très bien pu être elle. Cependant, il ne semblait pas lui avoir communiquer son adresse. Mais au fond, qui d'autre aurait bien pu leur rendre visite ?

« C'est peut-être pour moi, non ? » répondit-elle à Snake d'un air innocent, consciente qu'il avait peut-être refusé de laisser son amie entrer.

Elle ouvrit la porte. Dafne. La revoir ici devant elle éclaira son visage fatigué. Dafne avait fait tout ce voyage pour elle, Fate s'en sentait vraiment réconfortée.

« Le voyage n'a pas été trop long ? Je suis désolée... Tu as dû avoir du mal à trouver l'adresse, non ? » se contenta t-elle de lui dire, ne sachant pas trop si elle devait lui sauter au cou ou faire preuve de retenue.

Elle la laissa entrer dans l'appartement et, d'un geste, la débarrassa de ses bagages. Le visage de Snake confirmait ce dont elle s'était précédemment douter : cette visite féminine ne l'enchantait guère.

« Dafne, voici Daniel, mon colocataire. Il m'aide dans mes recherches. » commença t-elle avant de se tourner vers le jeune rouquin, dépité. « Daniel, Dafne est venue nous aider elle aussi. Ce qui ne veut pas dire que tu as le droit de la harceler, si tu vois ce que je veux dire. » lui glissa t-elle.


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Apollo
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Lun 24 Aoû - 18:33
Apollo a toujours le doigt posé sur la sonnette et elle attend. Elle sait que Fate habite ici, même si elle ne lui a pas franchement donné son adresse, elle se doute aussi qu'il y a sans doute quelqu'un de présent...il faudrait qu'elle est une malchance de tous les diables pour l'avoir loupée d'aussi peu...Et ça, Dafne n'a pas vraiment envie de l'imaginer, elle a fait trop de chemin, elle a trop de cernes pour s'arrêter pile ici sans espoir de retrouver son amie. Elle se dit qu'au pire, elle n'aurait qu'à fracturer la fenêtre et entrer comme une voleuse...ça ne la changerait pas vraiment de d'habitude.

« Ha ! »

La porte s'ouvre sur un visage qui ne lui est pas inconnu. À cause du contexte et de tous les efforts qu'il lui faut faire pour retrouver où elle avait pu voir ce type, elle a à peine le temps de réagir qu'il lui a déjà fermé la porte au nez.

« Mais merde, Daniel ! »

Daniel. Elle ne savait même plus si elle se plantait ou non sur son nom. Elle avait eu un coup d'un soir avec ce Daniel, s'était tirée aussi rapidement qu'elle était arrivée dans sa vie. Tout ce qu'elle avait compris, c'était que ce gars n'en avait pas pour très longtemps, étant donné sa propension aux clopes et aux crises d'asthme, les deux en même temps. Elle se mit la main sur la tête, se rappelant pendant quelques secondes – les cheveux roux aidant – l'image mentale d'Arashi faisant la gueule. Merde. Merde.

Que faire ? Fallait-il qu'elle se barre, maintenant ? Fate pouvait-elle seulement habiter ici et surtout pourquoi trouvait-elle tout d'un coup cette coïncidence un peu trop grosse ? Dans une ville comme Tokyô, même comme Londres, il était strictement impossible de croiser deux fois de suite le même mec. Alors qu'il connaisse Fate qui était, en plus, issue d'un milieu totalement différent du leur...qui était vraiment ce type ?

La porte s'ouvrit de nouveau, alors qu'elle était encore immobile à son pied. Dafne eut le plaisir de reconnaître la jolie silhouette de Fate, qui lui sembla tout de suite un peu plus blanche, mais éventuellement avec quelques rondeurs en plus. Trop peu, en tout cas, pour qu'elle puisse en être sûre. La jeune femme lui sauta littéralement dans les bras, fatiguée, contente de retrouver pour une fois dans sa vie un visage amical et connu. Rapidement, embarrassée, elle se sépara d'elle pour entrer dans l'appartement, regarda à nouveau « Daniel », qui ne semblait pas vraiment content de la retrouver ici.

« On se connaît. Il était serveur dans un bistro, je crois. Je l'ai rencontré là-bas. », lui dit-elle avec un sourire, sans ajouter quoique ce soit sur le dénouement de cette soirée. De toute façon, Fate était assez intelligente pour deviner, et étant donné les circonstances dans lesquelles elles s'étaient rencontrées la première fois...la déduction allait être simple.

« Sinon, merci de demander. J'ai squatté dans la cale d'un bateau, il ne fallait pas que l'autre retrouve ma trace. Pour une fois que ce n'est pas un problème d'argent mais de pistage...j'lui ai envoyé une fausse piste en Amérique, juste de quoi le calmer un peu et le faire voyager. »

Quand elle s'assit sur le canapé, elle ressentit un immense soulagement, comme si elle n'avait pas pu avoir ce luxe depuis des mois.

« Alors, Daniel...Comme as-tu rencontré Fate ? Et comment en êtes-vous venus à habiter ensemble ? Je suis curieuse... », dit-elle, les sourcils froncés. Par dessus tout, elle avait peur que ce type fasse du mal à Fate. La mort d'Hadès était trop récente pour ne plus se soucier de ce fait, et elle savait que la chevelure rousse de cet homme n'était pas sans évoquer celle du résistant. Elle envoya un regard interrogateur à Fate...plus tard, elles devraient parler.
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Lun 24 Aoû - 23:28
Putain de merde, qu'est-ce que ça le faisait chier, cette situation ! D'où le destin avait décidé qu'il se retrouvait avec ces deux gonzesses ? À quel moment ? Karma is a bitch, you know ? MERDE ! Pour l'instant, Crazy suivait peu les conversations, occupé à échafauder un plan pour s'enfuir de son appartement. Il menait une vie tranquille, pourtant, avec Fate. Depuis que l'autre tapette d'Akira s'était butée, il avait pu se rapprocher d'elle. Et ça prenait quand même du temps de consoler une femme éplorée. Il fallait jouer au mec compréhensif, l'ami sur lequel elle pouvait pleurer, bon... tout ça quoi. Crazy Snake avait toujours peiné à comprendre les sentiments des autres, il n'était pas subtil pour un sou. Là, il considérait simplement qu'il faisait preuve d'une trop grande patience. Mais il sentait que plus les jours se rapprochaient... plus ils entamaient des soirées avec de l'alcool qui finissait par de l'herbe, plus il voyait son coup venir : coucher avec Fate. Une fois fait, il comptait disparaître. De la même manière que Dafne. Elle n'était pas la seule à pouvoir disparaître après une partie de jambes en l'air. Il n'était pas mal dans cette catégorie. À la phrase de Fate, lorsqu'elle sous-entendit qu'il n'avait pas le droit de se la taper, Crazy balança avec tout son charme naturel :

« J'lui ai déjà passé dessus. »

Ouais. Voilà. Il n'allait pas faire semblant, et ignorer cette histoire. La situation n'allait pas dans son sens, ce qui commençait à l'irriter. Il s'éloigna pour préparer un café, et n'en proposa pas aux deux jeunes femmes. Elles pouvaient très bien le faire, non ? Il soupira, puis il attendit devant la machine à café, sans bouger, écoutant les conversations. Puis, Crazy se rappela soudain qu'il n'avait pas remis son cache-oeil, et toucha son orbite vide. Parfois, ça le prenait de faire des trucs morbides avec ce trou, mais ça lui permettait de se rassurer. En quelque sorte. Nathan lui avait proposé de remédier au problème, mais lui, il supportait mal l'idée de se trouver avec un machin dedans. Il grinça des dents. Il remonta ses cheveux en queue de cheval, exposant son handicap, sans réellement se sentir mal. Au moins, Fate et Dafne ne s'en préoccupaient pas tant que ça, il conservait le silence. Finalement, au lieu de profiter de son café, Crazy alla se laver. Il ne voulait pas supporter les deux dans les mêmes pièces.

Ce fut lorsque l'eau gicla sur lui qu'il comprit.

Elles se connaissaient ? Mais d'où ?

Crazy mordit sa lèvre, et savonna son buste.

Mouais... Dafne n'avait pas l'air de traîner dans des affaires plus propres que lui. Et Fate ? L'avait-elle repérée ? Et comment ? Dafne était encore moins nette que lui. Il prenait conscience qu'il avait les pieds embourbés dans une situation alarmante. Comment faire, désormais ? Ses actitivés étaient considérablement réduites. Et Crazy avait besoin de faire péter un truc.

Le feu dormait dans sa chair, mais il appréhendait déjà son réveil.

Il devait se nourrir du chaos.

Lorsque le robinet se ferma, Crazy poussa un soupir profondément triste. Brusquement, John était revenu. Il resta immobile, une minute, en se demandant ce que devenait Maria. La femme de sa vie. La femme qui l'avait réveillé, la bête du chaos qu'il était. Il secoua la tête, éloignant la nostalgie aussi loin que possible, puis il s'habilla. Un jean's délavé qui était un brin trop grand maintenant, un pull noir troué. Il revint vers Dafne et Fate, puis il prit son café. Il lâcha sur un ton blasé :


« J'crois qu'on va devoir s'expliquer. »

Autant prendre les devants. Crazy n'avait pas trouvé de plan, mais il était déjà assez bizarre naturellement qu'il fallût trouver autre chose. Devant le meuble, le café en bouche, il poursuivit :

« Fate, t'as un faible pour les clandestins ? Et Dafne... t'as trouvé comment l'adresse ? Dans le bottin depuis le Japon ? »

Pour une fois, Crazy était sérieux. Son expression n'était pas familière à ce que les deux jeunes femmes avaient déjà vu. Un pli s'était formé sur son front, il avait la tête légèrement rentrée dans les épaules, et il les fixait par en dessous. Chacune. D'un regard froid. Celui qu'il empruntait pour le boulot.

« J'répondrai pas à vos questions, avant d'avoir mes réponses. »

Qu'est-ce qui lui disait que ce n'était pas un coup monté ? Que Fate et Dafne ne l'avaient pas piégé ?


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Fate Harlaown
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Dim 6 Sep - 17:07
En quelques secondes, leur relation était passée de simple service dans un bar à partenaires d'un soir qu'on ne pensait pas recroiser. Fate avait laissé échapper un « Ah. » dubitatif, consciente de l’ambiguïté d'une telle situation. Elle même n'aurait certainement pas aimé retomber sur l'un de ses coups d'un soir, encore moins dans l'optique de travailler avec lui. Si Dafne ne semblait pas en tenir rigueur, Daniel n'avait pas décidément pas l'air ravi de sa présence. Elle le vit disparaître dans la salle de bain. C'est qu'elle commençait à le connaître : chaque fois que les événements lui échappaient, il s'éclipsait quelques instants, sans doute le temps d'évacuer son stress – ou son malaise dans le cas présent. Fate en profita pour glisser d'excuse à son amie :

« De tous les serveurs de Tokyo, il a fallu que tu baises avec le seul en mesure de m'aider. Désolée pour le gêne occasionné. » murmura t-elle, l'air un peu ennuyé.

La vie sexuelle de Dafne l'importait et la concernait peu à vrai dire. Ce qui la gênait davantage, c'était qu'elle allait devoir composer avec ces deux éléments : Dafne et son franc-parler ; Daniel et son sale caractère. A voir la façon dont son visage s'était déformée quand il avait reconnu la jeune femme, Daniel avait soit un très mauvais souvenir d'elle, soit peur d'être poursuivie par une amante d'un soir un peu trop collante. Il n'avait pas l'air du genre à s'attacher ou à se préoccuper de ces demoiselles qui passaient par son lit. Elle avait peur de céder et de le voir disparaître aussi vite qu'il était venu. En cela, il lui rappelait cette première image qu'elle avait eu d'Akira.

« Dafne. Je suis désolée pour toi et Arashi. Sincèrement. »

Il fallait avouer qu'elle ne la comprenait pas bien ; pire, elle en était terriblement jalouse. Quand elle avait reçu son mail, elle s'était sentie victime d'une profonde injustice. Jamais n'était sorti de son esprit embrumé cette idée terrifiante : si la mort avait choisi d'embarquer Arashi, lui aurait-elle laissé Akira ? Pourquoi ne pas avoir ôter la vie d'Arashi, lui qui était victime de nombreux crimes, lui dont Dafne n'était finalement pas vraiment amoureuse ? Dafne se serait-elle noyée dans un pareil désespoir si on lui avait enlevé Arashi ? A la lecture de ce mail, elle avait douté. Dafne n'avait jamais aimé Arashi comme elle avait aimé Akira : elle en était persuadée et c'était devenu chez elle une terrible source de frustration. Quand la jeune grecque lui avait proposé son aide, elle avait hésité à lui dévoiler sa profonde jalousie, à lui avouer qu'elle ne supporterait certainement pas de la revoir et de la regarder dans les yeux. Mais elle avait bien trop besoin d'elle et, au fond, le semblant de foi qui lui restait lui criait de ne pas céder à ces pulsions négatives.

« J'ai rencontré Daniel à Tokyo, après qu'il m'ait contacté par mail. Il a été en contact avec Mello, il connaît le milieu. Il a accepté de venir m'aider dans mes recherches, ici : il a sale caractère, mais je lui dois beaucoup. J'ignore ce qui vous lie ou vous a lié, mais j'aimerais que tu en fasses fi. J'ai bien trop besoin de lui. »

Cela sonnait plus comme un ordre que comme une demande. Elle ne tenait pas à ce que l'arrivée de Dafne le convainque de partir : dans ce cas, elle demanderait gentiment à son amie de faire ses bagages. Dafne n'était qu'un appui supplémentaire. Bien qu'elle s'en voulait de la percevoir comme cela, Daniel était un élément bien plus essentiel de son plan. Elle ne pouvait pas risquer de le perdre, lui et son aide précieuse, à cause d'une incompatibilité d'humeur. De plus, Fate savait pertinemment qu'elle n'avait aucun pouvoir sur Daniel et que la moindre chose qui lui déplaisait suffirait à lui faire prendre le large...

D'ailleurs, les événements prenaient une tournure inattendue qui n'allait malheureusement pas dans le sens qu'elle aurait voulu. Daniel se posait des questions. Fate poussa un soupir. C'était sans doute ce qu'elle voulait à tout prix éviter : perdre la confiance de Daniel. Pourtant, tout portait à croire qu'elle agissait à son encontre. La jeune femme se mordillait la lèvre: bien consciente qu'elle n'avait rien de grave à se reprocher, mais que ce serait sans doute difficile de le lui faire comprendre.

« Je peux tout t'expliquer, Daniel. J'ignorais tout de votre relation, je te promets. Dafne est une bonne amie à moi. On a fait connaissance avant... avant Londres. C'était la compagne d'Arashi, tu sais, Arashi, le... le ministre. Elle est venue m'aider après leur séparation : c'est sans doute une des meilleures hackeuses qu'on aurait pu recruter. La preuve, elle a pas eu trop de mal à pirater notre IP pour nous retrouver : ça prouve qu'on est vulnérable et qu'on a besoin de quelqu'un comme elle. »

Elle avait affiché un petit sourire mignon censé compléter son argumentation et lui avait gentiment tendu une tasse de café.

« Je ne savais malheureusement pas que vous vous étiez rencontrés dans de tels circonstances. Mais ne t'en fais pas, je pense que Dafne va prendre un appartement à elle. N'est-ce pas Dafne ? » avait-elle terminé en lançant un regard insistant à l’intéressée.


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Apollo
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Ven 25 Sep - 19:09
Elle a faim. La fièvre qui lui donne de gros frissons, également, lui font paraître ses interlocuteurs étrangement flous. Elle ressent une étrange folie qui, elle en a l'impression, décuple pour le moment ses capacités et toutes ses intuitions.

Pas une seule fois, Apollo ne montra une quelconque faiblesse : elle resta bien droite comme un « I », un sourire sur ses lèvres gercées. Son état de fatigue était extrêmement avancée, mais il n'était pas le seul : son pantalon, aussi, était sérieusement usé et ses genoux râpés. Elle avait des pansements sur tous ses doigts, les cheveux emmêlés, elle présentait mal. Il lui restait ce charme sauvage qui la caractérisait, son répondant, mais plus grand chose : pour quiconque qui ne l'avait jamais beaucoup vu, elle restait cette fille mal sapée. Peut-être pas pour les autres.

« Dan » avait une façon tellement charmante de dire qu'ils avaient déjà fait connaissance qu'elle en eut un petit rire. Elle regarda Daniel bouger, faire des allers et retours, elle sourit à Fate, contente de la retrouver enfin. À elles deux, elles réussiraient à trouver l'identité du meurtrier de Hadès...dussent-elles prendre des mois et des mois pour cela. Elle avait une petite idée de ce qu'il fallait faire pour bien commencer l'enquête, en tant que hackeuse, les talents naturels de Fate pour la diplomatie et pour la collecte d'informations liés à son ministère feraient sans doute le reste. En espérant, bien sûr, qu'Arashi ne leur mette pas des bâtons dans les roues.

...Et elle comprendrait très bien qu'il ne soit pas de très bonne humeur, surtout après ce qu'elle lui avait fait.

« Tant fait pas. Je risque juste ma vie, mais on le sait toutes les deux. C'est un homme dangereux. », dit-elle en grinçant des dents.

Snake revint. À sa tête, Dafne sut qu'ils en auraient pour un petit moment, et encore plus lorsqu'elle entendit la flopée de questions qui sortaient de sa bouche. Elle s'installa sur le canapé, enleva ses godasses puantes et laissa échapper ses pieds, rouges et cloqués par le voyage. Ce n'était pas un spectacle très ragoûtant, mais pour le moment, elle n'en avait franchement rien à faire.

« Pour compléter ce que dit Fate, je dirais que je l'ai rencontré au boîte. On a échangé nos mails, et on a pas mal causé. Pis tu voulais savoir comment je t'ai retrouvé...c'est Fate, que j'ai retrouvé. J'ai des petits talents en informatique, alors...disons que c'est assez facile de retrouver quelqu'un. »

La regardant par dessus le canapé avec un grand sourire, elle eut une petite mimique, comme si elle s'apprêtait à dire quelque chose qui allait peut-être grandement les énerver tous les deux. Elle commença à sortir divers trucs qui étaient dans ses poches : que ce soit diverses emballages de trucs chourrés ici ou ailleurs, ou de vieilles clés USB contenant des codes assez important qu'elle avait emmené pour se faciliter la vie.

« C'est que...moi je pensais que je pourrais rester un peu ici, tu vois. J'ai pas d'argent, j'ai pas de boulot, et encore moins de papiers, comme l'a dit Daniel...Désolée d'être partie comme ça, mon chou, mais entre toi et moi, tu vois...ça colle pas. On est tous les deux trop bruts pour ça, j'suis sûre que tu l'sais. Bref. Vous m'hébergez un moment aussi et j'vous cracke tout ce que vous voulez ? »
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Ven 9 Oct - 16:17
Ouais... ouais... « on peut tout lui expliquer », elle allait dire quoi ? Comment elle lui avait foutu sa langue dans sa chatte ? Plus le temps passait, plus sa mauvaise humeur se renforçait. Oh non... il n'était pas ravi, et depuis longtemps, il se contenait pour ne pas faire exploser de trucs. L'appartement risquait d'y passer, avec les deux demoiselles à l'intérieur, si Dafne s'obstinait à rester. Dommage, il baiserait pas Fate ; il irait s'en trouver une autre. Crazy ne restait jamais trop longtemps avec quelqu'un. Assez pour apprendre qu'elle aimait les chocolats qui lui donnait du gras dans le cul, et qu'elle regardait les Petits Poneys. Il continuait de boire son café, c'était bon. Il avait compris. C'était devenu sa soudaine meilleure amie après que Dafne lui ait raconté sa malheureuse existence de clocharde ? Oh... ça allait l'émouvoir, autant — ou presque — que son étron matinal. Il bâilla, montrant ses dents jaunies par la clope. Putain, ça le faisait chier, mais chier d'une force ! Attention aux hémorroïdes.

« Ouais... une hackeuse. »

Une voleuse, plutôt. Crazy Snake songea qu'il devrait se débarrasser de tout matériel informatique, portables, ordinateurs, on ne savait jamais. Il allait devoir changer d'identité, celle de Daniel était trop usée. Trop marqué par le Japon, il allait se reprendre, et retrouver ses vieilles habitudes. Il allait faire sauter la tête de Kira, la planète, Fate, Dafne, et il aurait enfin la paix avec ce vieux souvenir. Il frotta son seul oeil valide, malgré sa douche, il paraissait toujours aussi débraillé. C'était Crazy Snake, un personnage tout en couleur, jamais à dire la vérité, et provoquant les autres pour le simple plaisir. Le chaos lui allait bien, il était une de ces engeances, il se nourrissait des larmes, et de la souffrance. Il comptait baiser Fate dans son moment de faiblesse, puis se barrer une fois qu'il aurait obtenu ce qu'il voulait. Son oeil bleu se fixait à la fois sur Fate, puis sur Dafne, comme s'il essayait de trouver les mensonges dans leurs jolies paroles. Et puis Dafne dépassa les limites. Oh... la pauvre, elle n'avait pas de fric ? Avec un ton cinglant, et de sa voix rauque, Crazy répondit :

« T'as qu'à reprendre l'tapin, comme ça t'auras un autre con pour te payer à bouffer. »

Il pensa le « salope », mais il se rappela de l'affection de Fate pour Dafne. Crazy savait déjà comment elles allaient réagir, sa remarque n'avait rien de subtil. Bien sûr, c'était voulu. Et vrai. Il lécha sa lèvre inférieure, il reprit sa clope en bouche, et il fusilla Dafne du regard. Un avertissement. Les compétences qu'elle avait en informatique, il les avait en explosifs. Il pouvait très bien fabriquer une bombe artisanale avec ce qu'il se trouvait dans les placards ; c'était facile. Un petit tour de magie que même un gosse de cinq ans pouvait réaliser. Il suffisait de la bonne méthode. Il balança sa cigarette dans son café, qu'il n'avait pas terminé, et il tendit la tasse à Dafne.

« Fais comme chez toi, j'ai des billets dans ma chambre ; si jamais t'en as besoin pour t'acheter un porte-jarretelle, et retourner dans la rue. »

Il prit ensuite sa veste, il vérifia tout de même que son portefeuille était sur lui, et il s'arrêta devant la porte. Crazy remua les épaules, il remit le bandeau sur son oeil, puis il grogna, l'air agressif :

« Je n’accueille pas de putain chez moi, surtout lorsque ça fouine. »

Sans rien ajouter de plus, Crazy claqua la porte. Les mains dans les poches, la tête rentrée dans les épaules, il se cassa ni plus ni moins. Il avait besoin de réfléchir à la situation, frustré, il avait envie d'exploser leurs crânes contre le mur. Une fois en bas, il donna un coup de pied dans la première poubelle qu'il rencontra, et reçu le regard méprisant de la vieille du coin. Son expression patibulaire la dissuada d'ajouter quoi que ce soit, elle se contenta de murmure « les jeunes d'aujourd'hui ! » Sauf qu'il n'était plus si jeune que ça. Il jeta un coup d'oeil en haut, vers la fenêtre de l'appartement. Putain, il l'avait trouvé chouette, cet endroit. Ça lui avait changé d'avoir une présence féminine, tant pis. Il poussa un soupir, puis il tourna au bout de la rue. Il devait trouver un autre plan, et vite ; une autre cache. Il songeait toujours à faire sauter l'appartement, comme cadeau d'adieu à cette squatteuse de ses couilles ! On le faisait pas chier gratuitement, ça avait toujours un coût, et celui-ci était souvent la vie.

« Bordel de merde. »


« J'en étais où ? Ah oui... Le Chaos... ! »
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Fate Harlaown
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Lun 19 Oct - 23:14
La situation lui échappait totalement.

D'un côté, Daniel qui n'en faisait que sa tête et menaçait d'exploser. De l'autre, Dafne qui n'en faisait qu'à sa tête, bien destiner à jouer les parasites. Fate se sentait profondément contrariée par la situation, une contrariété si forte qu'elle sentit une nausée lui chatouiller la gorge. Elle avait fait venir Dafne dans l'espoir qu'elle puisse l'aider et, au lieu de ça, elle venait contrarier le semblant d'ordre qu'elle avait peiné à bâtir. Son regard dur se posa sur Dafne, affalée sur son canapé, les pieds à l'air. Des pulsions mortifères : c'était peu pour exprimer tout ce qui venait de lui passer par la tête en regardant Dafne. Cette petite conne allait littéralement tout foutre en l'air. Elle était gênante. Il fallait s'en débarrasser.

Quelques secondes lui furent nécessaires pour éclaircir ses pensées. Daniel était parti, furieux, en claquant la porte et Dafne était toujours là, ce petit air satisfait sur le visage. Il fallait réagir. Vite. D'une main, elle avait attrapé son portefeuille qui traînait sur un meuble du salon. De l'autre, elle avait empoigné le bras de Dafne, la délogeant brutalement de ce canapé où elle avait décidé de faire son nid. Fate lui tendit une liasse de billets, une belle somme, et, voyant que la pauvre grecque peinait à comprendre la situation, l'enfourna dans sa poche. Son autre main exerçait toujours une pression révélatrice sur le bras de la jeune femme. Fate la fixa du regard, serrant les dents pour ne pas laisser échapper des paroles inconvenables.

« Tu vas prendre ça et te tirer très vite. » avait-elle commencé.

Il y avait dans sa voix un air de menace qui n'avait rien d'amical.

« Le quartier grouille d'hôtels. Trouve toi en un, ce que tu veux. Paie toi une suite de luxe si ça te chante, mais il faut que tu disparaisses, tu m'entends ? Daniel ne doit pas te voir dans les parages. Je ne veux plus te voir dans les parages. »

Elle avait fini par lâcher le bras de celle qui devait être son amie. Comme une furie, elle avait empoigné un crayon et une feuille volante, consciente que le temps lui manquait, et griffonna son numéro de téléphone à la va-vite. Elle le tendit à Dafne tout en désignant ses chaussures malodorantes des yeux :

« C'est mon numéro. Contacte moi d'ici quelques jours. Par ce numéro et uniquement par ce numéro. Précise moi où tu résides. Je t'enverrai de l'argent supplémentaire. »

Enfilant une veste au passage, elle se saisit du maigre bagage qui avait accompagné Dafne dans son périple et poussa Dafne vers la sortie. Une fois sur le pallier, elle ferma la porte de l'appartement à clé.

« Maintenant, tire toi. Vite ! »
lui ordonna t-elle, avant de descendre l'escalier à toute vitesse.

Pourvu qu'il ne soit pas trop tard.

Elle avait remonté la rue animée où se trouvait leur appartement, à la recherche de la silhouette de Daniel, si reconnaissable. Les passants semblaient surpris de voir une femme, encore en pyjama et totalement débraillée, parcourir les rues de Londres en courant à toute haleine. Le souffle lui manquait, conséquence de son récent mode de vie. Fate finit par repérer la chevelure rousse de son colocataire et, dans un dernier effort, lui barra la route.

« Daniel ! Je suis désolée ! Dafne est partie et elle ne reviendra plus nous emmerder ! Je... Tu peux revenir maintenant ! Je te promets qu'il n'y aura plus de problème ! » s’époumona t-elle, à bout de souffle.

« Allez, viens ! J'ai vraiment besoin de toi là... ! 
» avait-elle fini par lancer avec un regard suppliant.

Dieu, pourvu qu'il ne l'abandonne pas. Elle avait besoin de lui.

Il était sa seule piste, la petite chose qui lui permettait de ne pas perdre espoir. Avec son aide, elle pourrait remonter vers l'assassin d'Hadès. Et peu importe si la piste était maigre, peu importe s'il n'y mettait pas vraiment du sien, peu importe si la vision de sa chevelure rousse lui arrachait toujours le cœur, elle avait terriblement besoin de lui.

« Allez... Reviens. Je vais commander des pizzas pour ce soir... »

Elle se trouvait pitoyable. Elle ne se reconnaissait plus. Un peu plus, et elle se serait mise à genoux pour le supplier de revenir.


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Apollo
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Dim 15 Nov - 16:12
Apollo eut à peine le temps de dire ouf qu'elle fut jetée de l'appartement comme une moins que rien. Et était-elle une moins que rien ? ...Oui, sans doute. Maintenant, elle se trouvait avec une liasse de billets dans les mains, mais dans quel état ? Elle n'avait pas totalement retrouvé l'usage de tous ses sens, mais elle avait plus ou moins compris que Fate n'avait pas vraiment le choix, Daniel s'étant barré de l'appartement.

La jeune femme se releva tout doucement, mit l'argent dans sa poche gauche et s'appuya au mur. Où était-elle, déjà, exactement ? Où était l'hôpital le plus proche, surtout, qui n'avertirait pas Arashi de sa présence ici-bas ? Elle peinait à respirer, se demandait de plus en plus pourquoi Fate ne s'était pas aperçue à quel point son état était catastrophique. De loin, elle entendit une voix lui demander si elle avait besoin d'aide, de prêt, elle sentit une autre personne la tenir par la taille pour l'empêcher de tomber.

C'était donc cela, la solidarité ? Elle n'avait jamais connu cela...

Dafne répondit sans doute quelque chose, mais de sa bouche, cela ressembla à quelque chose d'à peine compréhensible avant qu'elle ne s'écroule par terre.
Plus tard, à demi-consciente, elle entendit le son vague d'une ambulance venir, se sentit transportée puis emmenée sur un brancard, sous oxygène. Et si Arashi apprenait qu'elle avait été transportée dans cette clinique, elle ne donnait pas cher de sa peau...C'est, du moins, sous ces dernières pensées qu'elle perdit conscience.

Et se réveilla dans un monde tout aseptisé, perfusion au bras. Une voix rassurante s'assura de la calmer et de lui dire qu'elle était en sécurité ici.
Enfin : elle pouvait s'endormir tranquillement.
Spoiler:
 
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Lun 23 Nov - 19:58
Crazy Snake se retourna sur Fate. De son oeil unique, il la toisa de haut en bas. Qu'est-ce qu'elle foutait ? Elle lui courait après pour lui déclarer son amour ? Le borgne retint une grimace écoeurée... ou plutôt, il comptait la retenir, jusqu'au moment où elle prit la parole. Ouais... ouais... elle avait viré l'autre idiote, et elle venait s'excuser ? Le prenait-elle pour un crétin ? Une nana comme Dafne, ça se tenait fermement à la bourse jusqu'à la vider ; seulement ensuite, elle acceptait de s'en aller. Crazy mordit sa lèvre inférieure, puis il haussa les épaules. Il s'en foutait. Les mains dans les poches, il préférait éviter les problèmes. Parce qu'il avait besoin de sauter — ou faire sauter — quelque chose. Cette vie tranquille ne lui plaisait plus. Ce n'était pas lui. Fate ne pourrait pas le changer ; il était temps que Danier laisse sa place à Crazy Snake, et que ce dernier fasse parler de lui à nouveau. Il ne pouvait pas fonctionner ainsi plus longtemps. La cigarette n'était qu'un substitut à l'explosion, comme la branlette à la baise. Il voulait voir ce monde brûler... tant pis si... Non. Il était un salopard ; une belle réputation à laquelle il tenait. Il prendrait Fate par tous les coins de l'appartement, puis il s'en irait.

Puis... elle lui promettait aussi de commander des pizzas. Pizzas et bières ; un mélange qu'il ne pouvait pas refuser. Le borgne fixa la jeune femme. En quelque temps, elle avait dépéri. Ce qu'il avait face à lui n'était que le souvenir de la Fate qu'il avait tenté de draguer en inventant des histoires stupides. Il la toisait, froidement, sans expression. Ouais... est-ce que ça valait le coût de se mouiller pour un souvenir sur lequel il se branlait, plutôt que d'en profiter ? Fate était toujours utile... mais il était las de ce jeu. Las de ne plus rien faire exploser. Il avait besoin de respirer... et c'était toujours le même refrain épuisant tournant en boucle dans sa caboche. Il n'allait pas faire une bonne action et la sauver. Fate n'était plus Fate. Fate était une beauté froide, même si elle savait ouvrir les cuisses pour accueillir les hommes riches et beaux. Peut-être qu'il l'avait influencé quelque part, et qu'il l'avait transformé en ce déchet.


« C'pas bien de virer sa copine pour tenter de coucher avec moi. J'sais que j'ai du sex apeal, mais quand même... »

Un sarcasme gratuit, comme il en servait tout le temps, en fait. Crazy Snake eut un sourire. Il fronça les sourcils, et il vit Dafne sortir vite de l'immeuble où ils vivaient. Une autre expression de dégoût teinta son visage, il retint un soupir presque soulagé. Il pouvait gérer qu'une fouineuse à la fois ; les deux, ça lui paraissait impossible. Il recula, il jaugea Fate de son oeil bleu et unique ; on aurait dit un mec habitué aux putes en train d'estimer la valeur de la marchandise. Il grimaça. Ce n'était pas la même... vraiment pas. Ce qu'il aimait ? C'était les femmes du monde, celles qu'il peinait à se taper. Fate... dans l'état où elle était, ça serait trop facile de la sauter... Non... pas amusant. Et Crazy eu subitement une idée.

« J'sais plus faire la différence entre toi, et une mère de famille de cinquante balais. »

Ouais, les compliments, ça faisait toujours plaisir. Toujours aux meufs ; Crazy Snake était le roi dans la matière.

« J'pense qu'on devrait prendre une pause, tous les deux. 'Fin... toi surtout ; tu devrais faire une thalasso ou un truc du genre ; redevenir celle que tu étais. »

Non... ce n'était pas un conseil pour l'encourager à sortir de son humeur noire. Crazy Snake essayait de mentir, il prenait l'air du mec se faisant de l'inquiétude pour son amie. Il penchait la tête sur le côté, semblant embêté de la voir ainsi. En réalité, c'était un moyen comme un autre de la tenir éloignée de l'appartement pendant quelques jours. Pendant ce temps, il pourrait se lâcher, et redevenir le monstre qu'il était. Han... le feu, l'orange, le jaune, et le rouge...

Ça lui manquait tellement.

Et pour redécouvrir ce frisson électrisant, pour le sentir à nouveau parcourir son dos, Crazy Snake avait besoin du chaos. Il avait besoin de se plonger dans ses bras, et jouir du mal qu'il apporterait. Kira n'était qu'un petit coincé du cul comparé à lui. Crazy pouvait se vanter d'être un véritable monstre. BOUM ! Et la planète allait exploser. BOUM ! Et Londres allait disparaître dans les flammes, voilée par la fumée ; on ne verrait plus aucune trace des habitants. Et lui serait toujours là, debout, riant de son oeuvre. Riant des hommes.



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Fate Harlaown
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Sam 5 Déc - 22:02
Une ménagère de cinquante ans.


Elle, une ménagère de cinquante ans ? Personne ne lui parlait comme ça, personne n'en avait le droit. Fate toisa Daniel d'un regard mauvais. Jusque là, elle pensait être certaine qu'il tenait un minimum à elle. Sinon, pourquoi serait-il venu jusqu'ici l'aider ? Pourtant, il venait de la piquer au vif, de toucher le point qui lui était sans aucun doute le plus douloureux. Oh Fate n'était pas folle. Elle était consciente qu'elle n'avait pas fait de longues études comme la plupart de ses anciens collègues, qu'elle n'avait ni les connaissances d'un puits de sciences comme Akira, ni le talent militaire d'un stratège comme Arashi, ni le sens du détail de Suzaku. Elle savait qu'elle n'avait pu compter jusque là que sur sa détermination à en découdre. Dans les journaux et les tracts édités contre le gouvernement, on ne cessait de répéter qu'elle ne devait sa place qu'à la facilité avec laquelle elle écartait les jambes. Et c'était vrai, elle avait usé et abusé de son corps et de ses charmes, puisque personne ne croirait en ses talents. Son physique était son seul atout dans l'armée. Personne n'aurait cru en la compétence, l'efficacité et la détermination dont elle pouvait faire preuve en haut de la pyramide. Et personne ne l'avait monté les échelons un par un tant on la croyait cantonner à sa place de chienne de l'armée.

Fous. Les hommes, elle les rendait fous. C'était là son unique talent. Personne ne lui résistait. Personne ne devait lui résister.

"Il y a des milliers d'hommes qui tueraient pour me posséder ne serait-ce qu'une nuit." siffla t-elle entre ses dents d'un air mauvais comme un serpent crache son venin.

Il y avait dans sa voix un mélange de colère et de ressentiment. Elle détestait ce regard qui la toisait avec orgueil. Sous ses yeux dégoûtés, elle se sentait nue, dénuée de tout intérêt, à la merci du jugement des autres. D'un geste faussement fier, elle resserra la ceinture de son peignoir pour se redonner un semblant d'allure. Elle passa la main dans la mèche qui tombait bêtement sur son front.

"Une thalasso, ouais... Je n'ai pas besoin de thalasso. Je sais ce que je fais, je sais où je vais. Je fais mon amant de qui me plaît, quand ça me plaît."

Au fond, elle comprenait exactement ce que Daniel était en train de lui dire et combien elle avait raison. Depuis combien de temps un homme ne l'avait-elle pas touché ? Elle ne prenait plus le temps de se faire belle, de se maquiller et de s'habiller avec soin, de chercher à attirer le regard des autres. Au lieu de ça, elle s'était laissée aller dans la boisson et s'était noyée dans son désespoir. Elle retrouvait dans les yeux de Daniel ce même regard qu'on lui adressait quelques années auparavant : celui de la pitié. Elle était bien pitoyable. Elle n'était plus cette femme mondaine dont il fallait s'attirer les faveurs. Fate n'était plus qu'une loque depuis la mort d'Akira, cette même loque qui l'avait quitté un peu trop tôt. Elle se dit que, s'il pouvait la voir de là-haut, il devait la trouver bien pitoyable lui aussi.

La jeune femme retint quelques larmes de colère, qu'elle ravala avec peine. D'un geste, elle sortit de sa poche le trousseau de clé de l'appartement qu'elle lui jeta un peu brutalement aux pieds.

"Garde l'appart'. J'enverrai quelqu'un récupérer mes affaires. T'as mon numéro, je t'enverrai ma nouvelle adresse."

Elle s'apprêtait à lui tourner le dos quand elle lui fixa un dernier ultimatum :

"Reviens dans un mois. Tu seras pas déçu." lança t-elle en le pointant du doigt.

Il y avait dans ses yeux un air de défi. Oh non, il ne serait pas déçue. Ce qu'il regretterait sûrement, c'est de l'avoir ainsi sous-estimée. Désormais, c'était un long travail sur elle-même qu'elle allait devoir entreprendre.



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