Pitié et allégeance à toi, Kira ! La foule s'inclina en silence, respectueusement devant cette idole masquée et inconnue.
 
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Just another nervous wreck { Matt

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Mello
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Mer 15 Juil - 20:24
La manette Or caractéristique de cette Wii volait dans ses mains. Mello s'ennuyait, Mello avait chaud, Mello se faisait chier.

Après dix années passées à chasser le grosbill, à tuer d'innocents petits papas désireux de nourrir leur famille et d'autres tueurs sanguinaires du dimanche, Mihael Keehl avait le cul posé dans le canapé, deux ou trois kilos de plus dus à l'arrêt partiel de ses méninges, une coupe de cheveux improbable et le teint plus blanc qu'avant. Le climat de l'Angleterre ne pouvant rivaliser avec celui du Japon, il s'essuyait un peu trop régulièrement de grosses bourrasques, marchait sous ce temps dégueulasse un peu trop souvent également. Et, pour en rajouter, Mello était de très mauvaise humeur. En fait, dire que Mello était de mauvaise humeur était un peu débile : Mello était toujours de mauvaise humeur. Aujourd'hui, il détestait être ici à cause du temps, mais également à cause des nouvelles sur lesquelles il tombait quotidiennement aux informations, et puis à cause du chocolat.

Il n'y avait plus la moindre plaquette de chocolat dans ses placards, plus rien dans le frigo, et encore moins dans les petites cachettes qu'il avait pu aménager, en s'installant ici. Un jour, tout avait disparu. C'était sûrement la faute de Matt, et il ne pouvait pas vraiment le lui reprocher, étant donné qu'il lui avait promis de se calmer sur le cacao, juste avant de prendre le vol qui les avaient emmenés jusqu'ici. Et en fait, ils y étaient plutôt bien, dans cet appartement. Ils avaient tout ce dont ils avaient besoin à proximité, Mello donnait de temps à autre deux ou trois cours à ces saloperies de gosses de la Wammy's House, tout en menant des travaux d'investigation qui lui étaient donné par Roger – retrouver certains de leurs parents, déjouer deux ou trois trafics sordides. En parallèle, sous un faux nom, Mihael Keehl s'était lancé en tant que détective freelance. Ça ne payait pas super bien, c'était un job plutôt ingras et il n'avait pas de client, mais il aimait se balader de jour comme de nuit en ville : ainsi, il n'y avait personne pour le faire chier.

Et la manette sautait ; Mello la rattrapait à chaque fois, infailliblement et sur l'écran de la télévision, le petit personnage aux oreilles pointues semblait bien confus quant aux mouvements qu'il devait faire. Mello n'aimait pas les jeux vidéos, en fait. C'était trop source de frustration pour lui, et il ne comptait pas le nombre de manettes ou de consoles qu'il avait réduit au simple état de déchet à partir du moment où il avait perdu la partie, ou ne comprenait plus l'itinéraire qu'il devait prendre. Les scénarii des jeux étaient aussi bien trop simples pour lui...il s'énervait contre les programmateurs, les insultait, finissait bien évidemment par casser tout le matériel, au grand dain de Matt qui devait maintenant être habitué que la moitié de l'ancien budget de la mafia passe en console.

« Putain, Matt, tu te grouilles ? »

L'écran affichait un parcours parfait pour le petit Link, des vies qui semblaient être à leur maximum, des compétences boostées sans doute pendant des heures, et de jolis item que Mello n'avait même pas pris le temps de voir car il n'en avait rien à foutre. Et tous ces jolis petits trucs, ils furent écrasés en une demi-seconde par la sauvegarde de la nouvelle partie que Mello se plut à lancer, un bâillement aux lèvres. Ça n'aurait même pas dû être possible, mais sans doute dans le désir de faire chier Matt au possible, il avait bidouillé un peu la console. Cherché la petite bête là où elle était.

« Y'a un mode coop', dans Skyward Sword ? »
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Dim 29 Nov - 21:38
Matt sait qu’il a promis à Mello de passer la soirée avec lui, et que c’est plus que l’heure de se bouger, mais il faut vraiment, vraiment qu’il termine son petit boulot. Alors, avant que le blond l’engueule et le fasse perdre le fil de son dur labeur à l’écran, Matt le prévient :

« J’te rejoins dans cinq’, Mello ! »

Il faut absolument que le geek reste concentré sur ce qu’il fait, car il ne prend pas de notes au fur et à mesure de l’avancée de son travail. Tout se fait de tête. Et depuis que c’est justement un peu le bordel dans sa tête avec la fatigue accumulée, il doit d’autant plus forcer le mental à rester sur ce qu’il fait. Pas de distraction. Allons, il ne doit lui rester qu’une vingtaine de ligne de codes. Sur les cinq minutes réclamées, Mello n’en attend qu’une seule. Une seule foutue minute.

« Putain, Matt, tu te grouilles ? »

Et ce n’est pas parce que Matt s’y est attendu, que son cœur ne bondit pas de surprise à la sèche interpellation. C’est ça, que d’être à fond dans son truc ! Sa cigarette lui échappe des lèvres et il oublie instantanément l’ordre qu’il s’apprêtait à taper au clavier. Et, tant qu’à faire, du même coup, il n’arrive même plus à distinguer les ordres codés qu’il a déjà écrit, et ceux qu’il a l’intention d’écrire. Niqué. Il lui faudra relire tout le XSS. Ce n’est pas Mello et sa patience de merde que Matt blâme intérieurement, mais plutôt sa propre négligence, pour ne pas dire, sa connerie. Depuis qu’il a un sommeil à chier, son taux de boulettes a atteint un niveau record. Bon là, tout de suite, il lui faut une autre clope. Il défait le papier d’un petit bonbon menthol parmi la centaine éparpillés sur son bureau, et le suçote tout en s’allumant une nouvelle cigarette. Ça lui donne toujours la fausse impression que la merde cancéreuse lui nettoie les poumons, quand il exhale de la fumée fraiche. Avec ça, il retrouve son zen naturel et lève son cul pour rejoindre son meilleur pote.

« T’as pas encore compris que t’es pas fait pour ces trucs ? », se moque t-il gentiment en arrivant.

Mello, il en a rien à foutre de son avis sur la question.

«  Y'a un mode coop', dans Skyward Sword ? »

Le blond demande toujours, toujours, une coop’, parce qu’il sait qu’un duel contre Matt, à n’importe quel jeu, c’est un peu comme un mulet qui se présente à une course hippique. Même quand on essaie de tricher contre lui, Matt devance toujours et explose son adversaire. Le roux passe trop d’heures par jour sur les jeux pour être égalé. Il en est même venu à remanier ses préférés pour créer un mode « Titan ». Même à la wii, alors que c’est la console qu’il aime le moins. Rien de mieux, pour lui, qu’une bonne vieille manette tenue en face de soi et à deux mains.

« J’sais plus. C’est toi qui as la manette », lui rétorque Matt d’une voix trainante, aussi flemmard de faire appel à ses souvenirs que Mello est flemmard de répondre à sa question tout seul. Faut toujours tout lui mettre dans la bouche, à celui-là.

À force de rester cloitré dans sa chambre, et à force que Mello passe plus de temps à l’extérieur, Matt a l’impression que ça fait une éternité qu’il ne l’a pas vu. En réalité, c’est à peine trois jours qui se sont écoulés. La notion du temps de Matt a toujours été à chier. Par contre, il ne croit pas se tromper en constatant qu’il est beaucoup plus pâle qu’avant, son pote.

« Ça alors, t’as une de ces têtes, mon vieux... »

Matt, il n’a jamais été critique sur le physique de quelqu’un, alors ça, c’est juste sa façon de faire savoir qu’il s’inquiète un peu pour Mello. C’est qu’il n’a pas vu sa propre gueule dans un miroir, mais lui, il a ses lunettes sur les yeux pour dissimuler les dégâts. En tout cas, Mello, c’est évident qu’il est en train de se dessécher depuis qu’ils sont ici, et surtout depuis qu’il force moins sur ses injections à diabète. Et là, Matt est compréhensif, vraiment. Il se dit que si lui-même arrête de fumer pendant deux jours, il fera une crise d’épilepsie. Tiens ça lui rappelle de tirer une taffe. Il est tellement habitué à parler avec une clope au bec que la sienne bouge à peine quand il ouvre la bouche.

Sans se presser, il cherche sa propre manette et la trouve coincée entre les deux assises du canapé.

« Faudra qu’on fasse une coop’ sur GoW aussi. J’ai ajouté un niveau tellement complexe que je suis bloqué en plein milieu du jeu depuis des jours », se plaint-il, blasé au possible.

Et oui, le seul qui peut mettre des bâtons dans les roues à Matt, en jeu… c’est Matt.
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Mello
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Mar 1 Déc - 19:12
En effet, Matt avait déjà cinq minutes de retard, et c'était déjà trop. L'attente était insupportable, et son estomac le dérangeait – comprenez, depuis qu'il avait « arrêté le chocolat », il était plus ou moins devenu pas vivable pour ses proches. Sous-entendez Matt et ses clients. Et sa secrétaire personnelle. Matt avait l'habitude, ce n'était pas le cas des autres.

La venue de Matt ne suffit pas à calmer le taureau qui était en lui, entendre ses remarques l'énerva encore plus. Alors oui, il avait une tête de merde. À cause des diagnostics foireux des médecins, il avait arrêté le chocolat : d'après eux, il jouait avec sa santé et sa fournisseuse officielle – sous le doux nom de Will Wonka – avait même refusé de le fournir tant qu'il ne prendrait pas sa santé plus au sérieux. Revenir ici, en Angleterre, ça le changeait : après dix années d'explosions, de conciliabules secrets et d'une partie de cache-cache interminable avec Kira...c'était différent et il ne parvenait pas encore à s'y habituer.

Le blondin s'assit tout de même, naseaux fumants, faisant par de là même comprendre à Matt qu'il était sur le point de craquer. Il s'était vu, lui, avec sa gueule de geek, ses vêtements qui cachaient sa maigreur parfaitement apparente et un teint à faire pâlir un dépressif ? ...Et après, on le prenait pour celui qui allait le plus mal des deux, mais s'il était sur le point de se fâcher, c'était à cause de la gueule de Matt.

« Trois jours. Ça fait trois jours qu'on s'est pas vus, bordel. Je sais pas, un « bonjour Mello, oh, salut Matt ! » ne serait pas de trop ! « Tu fais quoi au boulot ? », « oh, la pute de Hadès est venue, elle veut enquêter sur sa putain de mort et elle me prend pour le principal suspect, bordel !!! » Non, ça serait de trop, ou bien ? »

La manette alla tout droit se fracasser sur un mur. On entendit le bruit des piles tombant sur le sol, du plastique fissuré : Mello n'y était pas allé de main-morte et en avait probablement rien à foutre. Qu'il s'agisse d'une manette collector, que Matt y tienne, rien à foutre, il y avait plus important. Il y avait son boulot et la peur, cette peur que tout le monde connaissait, parmi les résistants, celle de se faire rattraper un jour par Kira. S'il était parti au Japon, c'était que ça ne marchait plus. Ils ne possédaient pas sa photo et ne l'avaient jamais possédée et voici que, bordel, cette nana se ramenait dans son bureau.

Bordel.

Matt n'y était pour rien, du moins Mello en était sûr, mais il allait tout de même se ramasser toute sa hargne sur la gueule.

« Et toi tu me proposes de jouer à Guild Wars ? Bordel ! », il attrapa Matt, le colla contre un des murs de l'appartement. Si voisins il y avait, ils devaient être lassés d'entendre les cris de Mello, jour après jour. « Alors je sais, t'y es pour rien, mais y'a quelque chose qui ne va pas. Je le sais. Putain, mais t'as vu ta gueule ! Tu te drogues ? Putain, mais remonte tes manches ! T'as l'air de ne pas avoir dormi depuis une semaine, et mangé encore plus ! Matt, t'es mon meilleur ami, t'es mon frère ! Me prends pas pour un bleu ou je vais me fâcher...Que se passe-t-il ? Tu veux que j'aille buter les traîtres de tes hackers ? Tu dois du fric à quelqu'un ? Parce que même dans les pires moments, j'te jure que tu tirais pas cette tronche-là. »

De force, il enleva la paire de lunettes du geek. Enfin, il le regarda dans les yeux.

Il le lâcha à ce moment-là, la seule chose qu'il réussit à éprouver étant de la tristesse.

« Dis-le moi, je vais tout arranger. »
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Mer 2 Déc - 13:38
« Trois jours. Ça fait trois jours qu'on s'est pas vus, bordel. Je sais pas, un « bonjour Mello, oh, salut Matt ! » ne serait pas de trop !... »

Trois jours ? répète Matt dans sa tête. Et Mello, il ne peut pas aussi commencer par « salut », justement, plutôt que de râler aussitôt ? Matt est à des années lumières de ce que pense le blond.

« Bah… »

Bah ça fait vingt seconde qu’il est là et qu’il n’a même pas posé son cul. Eventuellement, la conversation boulot, serait arrivée un peu après, même si Matt avait plutôt besoin de se vider la tête de toutes ces merdes, en fait, et qu’il espérait juste une soirée sympa. Ouais, y avait parfois des utopies dans sa tête. Comment tu veux passer une soirée sympa avec Mello, ces temps-ci ? Ok, il flippe, mais c’est le cas de tout le monde. Matt, il flippe aussi, mais pas pour lui-même, pour Mello. Le roux, lui, n’a pas peur de la mort. D’ailleurs, il suffit de voir son taux de fumette pour comprendre que le mec a l’intention de crever assez jeune.

Matt aussi, il est sur le point de râler en retour, alors que c’est pas du tout son genre, mais il se fige sur place à la mention spéciale de la « pute d’Hadès », et d’autant plus de ce que Mello en dit… Fais chier. Depuis le début, Matt surveille les mesures prises par les flics et enquêteurs, et même par le secteur public en général, qui concernent de près ou de loin le cas d’Hadès. Les initiatives privées, personnelles, ça échappe assez à sa surveillance et c’est exactement ce qui s’est produit. Et maintenant, c’est Mello qui risque de tremper dans sa merde. Qu'est-ce qu’il doit faire ? Qu’est-ce qu’il peut faire ? La main de Matt est crispée sur la manette qu’il a dénichée. Le meurtre destiné à protéger Mello pourrait aussi le faire plonger. Matt se sent coupable. Il se surprend à avoir la terrible pensée qu’il aurait dû la retrouver et la tuer aussi, la ‘pute’ en question, alors que, contrairement à Hadès, elle n’en sait pas encore trop. Est-ce qu’il commence à devenir comme cet enfoiré de Kira, maintenant qu’il a les mains sales ? Il essaie de se rassurer et se dit que non. Tout ce qu’il veut, c’est qu’il n’arrive rien à Mello. Arrêter Kira et ses partisans, c'est une priorité qui passe après. Et le reste, il s’en tape assez.

Son pote se lève, l’attrape et lui explose le dos contre le mur. Matt en perd sa cigarette, et lâche sa propre manette. Du coup, c’est la deuxième qui se pète. Quand on a un pote pour niquer quotidiennement tout le matos tant chéri, on n’a pas besoin d’ennemis. Matt fronce légèrement les sourcils sous la douleur du choc, et tousse même un peu de fumée, la tête basse, lui épargnant la forte odeur de nicotine mentholée. Puis, il relève la tête et a juste le réflexe d’attraper le poignet qui tient son col, sans chercher à le repousser. Il serre juste un peu, une façon de dire je suis là, et j’écoute. Si Matt n’avait rien à se reprocher, sans doute l’aurait-il dégagé avec autant de violence. Mais là, il reste passif comme s’il attend de se faire casser la gueule, ayant juste un mouvement de tête négatif quand son pote colérique demande s’il se drogue. Il est quand même surpris de tout ce que lui énumère Mello. C’est donc à ça qu’il ressemble, Matt ? À un anorexique, drogué, et insomniaque ? Ça le choque presque. Là aussi, il aurait dû faire un effort pour que Mello ne s’inquiète pas.

« Je… » suis désolé.

Il ne termine jamais sa phrase, car Mello lui arrache la barrière filtrant les émotions que son regard trahit. Incrédulité, crainte, douleur. Ses lunettes pendent à son cou et c’est comme s’il venait de le foutre à poil. Les yeux du roux restent écarquillés un instant avant que ses paupières ne s’abaissent un peu et qu’il fixe un point invisible sur l’épaule de son ami, fuyant son regard.  Et contre toute attente, Mello le lâche. C’est peut-être ses cernes aux allures de coquards, ou sa gueule de gosse perdu, qui l’effraie.

« Dis-le moi, je vais tout arranger. »

Nan, Mello n’est pas effrayé. Le geek relève le regard vers le sien. Il a l’air triste. Et Matt se dit qu’il préfère encore le voir lui gueuler dessus.

« Je suis juste à cran. Y a rien à faire, Mello, à part peut-être me faire prescrire quelques somnifères », le rassure t-il avec un haussement d’épaules désintéressé.

C’est tout ce qu’il trouve à dire, et ce n’est qu’une petite vague dans un océan de non-dits. Le geek n’est pas du genre à raconter ce qui l’emmerde, non seulement parce qu’il préfère encaisser et gérer tout seul, mais aussi pour éviter d’accabler les autres. C’est pour ça que Mello s'est senti obligé de mettre un coup de pied dans le cul de Matt pour des aveux qui, en plus de ça, ne viennent même pas. Matt se décolle du mur, une légère douleur dans le dos.

« Arrête de t’inquiéter. Ça passera. Y a plus important, là. T’as une idée de ce qu’on peut faire pour que cette meuf ne t’emmerde plus ? Si j’peux t’aider là-dessus, déjà, ça ira mieux. »

Soirée rien foutre, foutue en l’air, mais c’est pour la bonne cause. Si Matt avait été innocent dans la mort d’Hadès, il aurait tout simplement proposé de résoudre l’enquête demandée par la meuf pour laver Mello de tout soupçon. Or, là, résoudre l’enquête, ça l’incriminerait, lui. Matt, la dernière fois qu’il a pris une décision tout seul, il a arrêté de dormir la nuit et a commencé à ressembler à Jack Skellington. Suivre Mello, c’est la bonne planque. L’épauler, surveiller ses arrières, et écouter ses directives. Pour Matt, y a jamais rien eu de plus rassurant que d’entendre le blond dire : « Voilà ce qu’on va faire ! » ou « J’ai un plan. »
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Mello
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Dim 6 Déc - 16:40
Mello tentait de se calmer, tant bien que mal. Savoir que son meilleur ami lui cachait quelque chose - c'était du moins ce qu'il était en train de penser en voyant son visage trop fin, son corps trop maigre et ces yeux qui refusaient de le regarder en face. Le blond savait qu'il ne se trompait que très rarement : il était bien trop intelligent pour cela. Il gardait l'erreur pour des gens comme Hadès, pour Fate Harlaown et ses enquêtes à la con et les autres. Lui, il gagnait, mais dans la résolution de l'enquête, la solution risquait parfois d'être un peu explosive.

Il tenta de respirer : on lui avait souvent dit que la respiration était la clé de tout. Ca, c'était avant qu'il ne se munisse d'un flingue et qu'il soit constamment sur le point d'exploser. Mello rangea son arme, d'ailleurs, ouvrant un meuble et le foutant dans une boîte de PS4 vide. Dans un mouvement de colère ou de hargne, il ne voulait pas risquer la vie de Matt. On ne savait jamais, un tir sur une jambe, sur un bras était si vite arrivé et Mello avait heureusement conscience qu'il avait le sang chaux. Il ramassa en silence les débris de la manette, les posa sur la table basse avant de s'asseoir sur le canapé.

"J'irai chez le pharmacien et je t'en achèterai. Je ne veux pas te voir dépérir devant moi, bordel. Ca me fait sortir de mes gonds, tu sais même pas à quel point. Si on est partis du Japon, c'était pour enfin vivre, pas pour…pour ça, hein ?"

Mais ils étaient complètement paumés, Matt et Mello. La première fois depuis dix ans qu'ils n'avaient pas un but destructeur. Certes, Mello se disait que l'affaire Kira, ce n'était pas fini, mais ce n'était pas sa préoccupation première. C'était pour cela qu'il était devenu détective : passer du temps, se dire qu'il n'était pas là pour rien foutre. A la Wammy's House, ils avaient eu la gentillesse de l'engager malgré son caractère de merde, sans doute parce qu'un jour, il avait été un prometteur second et qu'il avait tout de même un minimum de compétences pour comprendre ces gamins qui, comme lui, étaient paumés et ambitieux.

"Non, Matt. Je ne veux pas que tu touches à Harlaown. S'il y a quelque chose à faire, je la truciderai. Toi, de ta petite chaise, à part supprimer deux ou trois fichiers sur elle, je ne vois pas à quoi tu pourrais me servir…"

Mello ne savait pas à quel point il pouvait avoir faux sur ce point. En revanche, il y avait quelque chose qui lui avait semblé bizarre. Il n'était pas, comme Hadès l'était, une buse en informatique. Il avait fait la Wammy's House, tout de même, et il avait quelques notions avancées d'informatique même s'il ne s'appelait pas Mail Jeevas. Il détestait perdre son temps devant un écran et Matt connaissait bien sa légendaire impatience…pour tout ce qui concernait les ordinateurs, il avait donc relégué le dossier à Matt.

"En revanche, j'ai repéré des trucs bizarres. J'pense pas que ce soit toi, parce que dans ce cas, tes hacks ne sont vraiment pas propres. Quelqu'un a cherché à s'introduire dans les serveurs où sont stockés les films de surveillance. Ca ne peut pas être Harlaown, vu son dossier, elle n'est pas un génie, mais je veux tout savoir : qui exactement est sur ce dossier, combien de gens elle paie déjà et surtout de quel côté elle se situe. Retrouve la trace de ce type. J'y suis pas arrivé, ça me faisait chier et il m'a glissé des mains en m'envoyant un putain de virus sur mon PC, le con. Et fais-lui sa fête."

Il sortit un ordinateur portable de son sac, assez petit mais très pratique. Pas un de ceux que vous pourrez trouver dans le commerce, puisque Mello l'avait assemblé pièce par pièce. Il n'y avait pas de webcam, un système auquel lui-même se faisait car il obéissait aux lois de son cerveau. Rien qu'un gros bordel pour les autres. Il tapa deux ou trois instructions, une adresse de site web.

"J'ai commandé quatre pizzas. Te faut au moins ça, poto. Comme au bon vieux temps...et je t'en prie, j'en peux plus : t'as pas une réserve de chocolat ? Cette histoire de sevrage était vraiment une grosse connerie."
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Lun 7 Déc - 15:16
Matt hoche la tête à ses paroles, pour le rassurer, et sort une clope qu’il allume tranquillement. Oui, ils étaient venus pour vivre. Ou survivre. Mais c’est Mello qui le voulait le plus des deux. S’il avait préféré rester au Japon, Matt serait resté aussi, et il n’en aurait rien eu à foutre. En fait, Matt n’a pas grand chose à foutre de grand chose, au final. C’est ce qui le rend si facile à vivre. C’est ce qui le rend capable de l’exploit de partager le domicile avec un emmerdeur comme Mello, qui peut faire chier n’importe qui, sauf Matt. Parfois, mais très rarement. Matt peut répondre à un coup, autant qu’il peut simplement l’encaisser sans riposter. Il peut fermer les yeux sur une provocation, sourire d’une insulte, retenir un rire en voyant Mello péter des câbles pour des broutilles. Pas cette fois car il n'est pas d'humeur. C’est pour ça que le blond est si inquiet pour lui, au point de se comporter comme sa nourrice. Matt semblait intouchable avant. D’ailleurs, il en a presque encore l’air, avec ce faciès calme et nonchalant qu’il affiche en fumant sa clope. C’est juste sa sale gueule qui hurle le contraire. Et ça, par contre, ça le fait un peu chier. Il ne veut pas que Mello s’occupe de lui, il ne veut pas de sa foutue pitié, il n’en a jamais eu besoin. Il emmerde sa sollicitude, même si ça le touche, et il ne dit rien.

« Non, Matt. Je ne veux pas que tu touches à Harlaown. S'il y a quelque chose à faire, je la truciderai. Toi, de ta petite chaise, à part supprimer deux ou trois fichiers sur elle, je ne vois pas à quoi tu pourrais me servir… »

Matt avait tué pour lui, et baisé ses principes. Peut-être que quelqu’un d’un peu plus égocentrique lui aurait balancé ça. Peut-être que cette personne aurait pété un câble d’être ainsi rabaissée. Pas Matt. Il n’en a rien à foutre de ce que pense Mello, d’avoir quelconque reconnaissance, ou même d’avoir raison. C’est aussi un motif de son silence sur son meurtre. Même si Mello l’engueulait pour ça en l’aimant d’autant plus, cela n’aurait pas d’importance. Tout ce qui compte, c’est qu’il aille bien, tout ce qui compte c’est qu’il puisse continuer à niquer le matériel de Matt tant que ce dernier est vivant. Tout ira bien, comme ça.

Ça le trouble quand même, cette histoire de hack pas propre... C’est que Matt a lui-même fait beaucoup de choses sur le cas d’Hadès, et il est incapable de se souvenir de tout à l'heure qu'il est.

« Ce n'est vraiment pas moi, tu crois ? » murmure t-il avec un air vaguement perdu.

Ils se regardent. Dire un truc pareil, heureusement que Mello a rangé son flingue… Nan, faut pas déconner : si quelqu’un l’avait repéré, il devrait quand même être d’un niveau bien supérieur à Mello, aussi doué soit-il. Matt n’a pas encore touché le fond, bordel. C’est trop important, en plus, jamais il aurait merdé là-dessus. Puis pour Matt, cette affaire n’est pas vraiment un secret vis-à-vis de Mello, il ne serait donc jamais allé jusqu’à le véroler.

« Mais non, j’t’ai pas envoyé de virus…  », rectifie t-il avec raison, se parlant plus à lui-même qu’à Mello, avant de vraiment s’adresser à lui : « Ouais, je le retrouverai. Tu vois bien que je n'te sers pas à rien », lâche t-il alors en expirant de la fumée.

Mello sort son PC, pas un comme on en voit. Pas le genre de truc bon à sortir quand il a les nerfs. Il a commandé des pizzas et Matt aurait plutôt eu envie d’un grec, ou d’une moitié de grec, plutôt. Et il ne le dit pas non plus parce que ça sert à rien et qu’elles sont déjà commandées.

« Quatre », répète Matt avec un air blasé, comme s’il vient d’entendre une grosse connerie. C’est une grosse connerie. Mais elle est suivie de paroles suffisamment lucides pour qu’il l’oublie. Ouais, l’histoire de sevrage de Mello, c’était n’importe quoi, il est d’accord.

« Content de voir que t’as retrouvé toute ta tête », rétorque t-il avec un sourire amusé.

Matt, il a une autre marque de chocolat, pas la préférée de Mello mais il s'en contentera. Il va dans sa chambre pour prendre un de ces PC fétiches qu’il cale sous son bras, ainsi que la moitié de tablette de choco qu’il reste, au papier froissé refermé. Il revient et la tend à Mello. Trois jours qu’elle est entamée et il ne l’a pas fini. Matt est le champion du dépotoir. Il achète de la bouffe, la mange, mais ne finit jamais. Jamais. Heureusement que le blond, lui, est une pelleteuse. Ça fait pas trop de gâchis. Matt aimerait bien qu’il s’impose des limites, sauf qu’il ne peut rien dire. Qu’il ose l’ouvrir en réclamant « pas plus d’une tablette par jour » que Mello rétorquerait au mieux « va te faire foutre », et au pire : « Pas plus d’un paquet de clopes par jour alors. »

Matt ne prend rien de sucré pour lui-même, en entrée, mais ça n’empêche pas qu’il compte bien se goinfrer parce qu’il ne supporte pas que son pote s’inquiète pour lui. Le monde tourne à l’envers, c’est son but à lui de soutenir Mello. Ça a toujours été comme ça, et ça doit continuer, merde. Il s’installe à côté de lui et ouvre aussi son PC. Ce que Mello lui a demandé, il compte le faire tout de suite, quitte à niquer une autre nuit. Il ne pourra pas fermer l’œil, de toute façon, si c’est pas réglé.

« Bon, dis-moi comment tu l’as grillé, ça ira plus vite. T’as utilisé mon programme de traque ou un autre truc ? »

Matt compte suivre les traces de Mello, mais en évitant les pièges et en allant jusqu'au bout.

« Si t’installais la moitié des antivirus que je mets à ta disposition, tu ne te serais jamais fait niquer par cet amateur », lui fait-il d’ailleurs remarquer au passage.

La base du bon hacker, c’est savoir se protéger. Quelqu’un sonne et c’est Matt qui va ouvrir et qui règle les pizzas. Il a tellement pas suffisamment fait de course pour se nourrir qu’il lui reste encore ses biftons qu’il prévoit de dépenser depuis une semaine. Putain il s’est complètement oublié, avec ces conneries. Il revient, pose le tout derrière leurs appareils, laisse sa clope sur le cendrier, et ne tarde pas à prendre sa première part en faisant mine d’avoir faim. Que dalle. Les deux premières passent, et il traficote sur son PC pour laisser un peu de répit à son pauvre estomac endormi.
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Mello
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Dim 13 Déc - 16:50
Le mec des pizzas vient pendant quelques temps distraire cette ambiance qu'il sait un peu malsaine. La bouffe. Il était malgré tout heureux que Matt ait des tablettes de chocolat dans sa chambre, malgré la soit-disante interdiction qu'il lui avait posée à ce sujet. Il prit la tablette déjà entamée avec émotion. Sa main tremblait, il ne fit même pas attention au fait que depuis le temps qu'elle traînait, elle devait avoir ramassé pleins de bactéries et autres conneries. Sérieux, qu'en avait-il à foutre ? Tout ce qui importait, c'était le goût du chocolat sous sa langue, les morceaux qui allaient fondre, un par un, et son cerveau qui ne serait plus une loque. Il se sentit mieux dès la première bouchée, puis descendit la tablette en un rien de temps. Enfin. Il se sentait lui-même, plein de haine envers ce connard d'Hadès qui les faisait tous les deux bosser à pas d'heure et contre le reste de l'humanité. Il était même prêt à passer sur ce que Matt venait de lui dire...donc sur le fait qu'il lui aurait éventuellement envoyé un virus sans le vouloir.

Heureusement qu'il ne s'agissait pas de lui, sinon Mello lui aurait refait le portrait.

« Gnagnagna. J'en ai rien à foutre de tes antivirus de mes deux. Entamons plutôt la marchandise. »

Car, le chocolat venant en plus le lui rappeler, il était mort de faim et à ce stade-là, c'était plutôt niveau zombie. Il se saisit d'une part de cette hawaienne qui avait l'air délicieuse et la savoura tranquillement. S'il y avait une chose que Matt lui avait appris à apprécier, dans ce monde, c'était les moments pizzas, ceux qui sont dédiés à l'empiffrement de parts toutes plus crémeuses que les autres. Il se sent un peu apaisé, le blond, sans doute parce son estomac est un peu calmé. Il file d'office une pizza à Matt...c'est limite s'il ne lui fout pas une part dans la bouche, d'ailleurs. Son regard est très équivoque et à ce moment-là, le rouquin peut sans doute sentir sa chance quant au fait que Mello ait caché son revolver dans le placard.

« Tu manges. Et nan, j'ai pas utilisé ton programme de traque. Je te signale qu'un bon vieux virus a détruit mon PC : je n'ai donc pas eu le temps de le déclencher. En revanche, je te laisse le privilège de le faire, tu seras plus habile que moi à ce petit manège. »

Trois parts de pizza y passent tandis qu'il parle. Il essaie tout de même de bien articuler, mais c'est parfois limite – comme Matt a l'habitude avec le chocolat, ça devrait tout de même aller. Mello en a décidé qu'il en avait marre de toutes ces conneries : de Hadès, de Fate et de toutes les bêtises dont il a hérité. Un peu plus et il va craquer : s'il apprenait que le frère jumeau du premier, par exemple, s'était mis à sa poursuite et s'était juré de le niquer, par exemple, il ne pourrait plus résister à exploser de rage. Bordel, il a falsifié sa mort aux yeux du monde ! Ce n'est pas pour que tout le monde sache qu'il est vivant !

« On ne peut pas faire clamser Harlaown. Si on le fait, tout le monde saura qu'il y a un truc de louche et on pourra même remettre en question mon décès. Alors, oui, ce sont des gens très cons, mais ils sont pour le moment trop paranos pour être pris au sérieux par tout le monde. Et par tout le monde, j'entends le gouvernement japonais qui s'en fout comme pas deux que Hadès soit mort. Au contraire, il est même plutôt heureux que ce meurtrier ait disparu...Comme tout le monde ici, faut l'avouer. Donc Harlaown représente un problème mineur, mais tout de même un problème. On ne peut pas la tuer car sa mort provoquerait un scandale et la résolution de l'enquête, je pense, nuirait un peu à mon image. J'en déduis une chose : je ne veux plus avancer dans l'obscurité. Nous devons nous allier et trouver tous les éléments valables concernant ce plouc et tenter d'en savoir le plus possible. T'avais pas dit que t'avais des potes hackeurs ? L'un deux t-a-t-il joué un mauvais tour récemment et pourrait être le poseur de virus ? »

La hawaïenne était déjà terminée, il se léchait les babines.
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Mar 15 Déc - 19:46
Mello lui intime de manger en lui refilant une pizza entière, et Matt essaie d’honorer l’ordre, mais il n’arrive pas à dépasser ses deux parts, malgré une réelle bonne volonté.

« Comme si un virus allait t’arrêter … », rétorque t-il nonchalamment.

S’il avait vraiment voulu se bouger le cul, Mello aurait pris un PC du roux pour essayer de poursuivre son entreprise. Mais ce gros flemmard, à tous les coups, préfère que ce soit son pote qui s’en charge.

Tout en l’écoutant attentivement, Matt observe un instant Mello du coin de l’œil. C’est quand même étrange qu’il ait songé d’office que la personne qui lui a balancé le virus est quelqu’un qui bosse sur l’affaire, ou pour Fate. En fait, logiquement, il devrait plutôt présumer que le virus vient du meurtrier d’Hadès, qui vérolerait tout ceux qui se baladent un peu trop près sur ses traces. C’est d’ailleurs exactement ce que Matt a présumé, en se soupçonnant lui-même, bien que ce fut une belle erreur… Le roux a immédiatement un doute. Est-ce que Mello sait ? Est-ce qu’il attend patiemment que Matt se trahisse clairement pour le coincer et le démolir proprement ? Cela serait une autre raison à son envie de ne pas résoudre l’enquête, une raison plus plausible d’ailleurs.

Il se trompe peut-être. Car si le blondinet dit que Harlaown est un problème mineur, c’est aussi que les chances qu’elle établisse un lien avec Mello lui semblent mineures, puisqu’il n’est pas seulement « mort », il est également réellement innocent. Il peut donc compter sur le fait qu’elle finisse par être sur la bonne piste. S’il savait que Matt était coupable, il considérerait peut-être que la gonzesse représente un problème un peu plus conséquent. Et c’est là que Matt se rend compte que, ne pas dire directement la vérité à Mello, c’est peut-être un mauvais calcul de sa part. Comment le blond peut-il établir le plan adéquat, s’il n’a pas toutes les cartes en main ? Mais est-ce que cela n’obstruerait pas son jugement, que de savoir la vérité ? Le geek en oublie de manger, à force d’y penser. Tant que son ami ne sera pas mis hors de cause, en tout cas, cette affaire risque aussi de bouffer Matt autant que son acte.

Il ouvre la bouche, prêt à dire qu’il est désolé, que c’est de sa faute, toute cette merde. Après un bref bug, où il reste silencieux, c’est un discours complètement autre qui sort de sa bouche. Un discours en rapport cohérent avec la discussion, puisqu’il répond à Mello.

« Il y a un nombre incalculable de hackers dans l’ombre, ça pourrait donc être n’importe qui… mais si celui-là est quelqu’un de ma connaissance, je ne vois pas trente-six personnes. »

Il n’en voit qu’une.

« Apollo. En fouillant vers elle, je gagnerai du temps si elle est coupable, ce qui est statistiquement très peu probable … et je risquerai d’en perdre, si elle ne l’est effectivement pas. »

Ses yeux fatigués le picotent légèrement et il remet ses lunettes de geek. Contrairement à ce que certains sont déterminés à croire, leurs verres jaunâtres sont un peu correcteurs et évitent la fatigue des yeux. C’est grâce à eux que Matt n’a pas une vue de merde malgré son temps passé devant les écrans. Comme il n’arrive toujours pas à se convaincre de manger plus, il décide de faire une vraie pause avec son estomac. Il se lève et va vers le frigo, en attendant le verdict de Mello sur la direction à prendre.

« Tu veux boire quoi ? », demande t-il.

Pour lui-même, il se sert un verre d’eau où il ajoute un sachet d’aspirine. Il n’a pas encore vraiment mal, mais il est désormais tellement habitué aux migraines, qu’il peut les sentir poindre à des kilomètres. Donc, Matt anticipe. Il fait un cul-sec, et revient avec la boisson du blond.

« Avant tout, est-ce que tu as démoli ton PC vérolé, comme un con, ou est-ce que tu l’as encore ? »

Ça irait plus vite si Matt se sert de l’ordi qui a planté, grâce à son programme de reboot forcé. Ça ne répare pas, mais ça permettrait de l’allumer et retrouver les merdes dessus. Avec ça, il pourrait retracer, dans le sens inverse, le chemin que le virus a pris, et donc, avec un peu de temps, trouver son envoyeur. Le problème, c’est que Mello est tellement un trou du cul qu’il a dû réduire son appareil en bouilli. Or Matt n’a pas que ça à foutre de récupérer le disque dur. L’aspirine est bien passé, mais son appétit est encore coupé, alors il s’allume une énième clope en attendant de se « remettre ».
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Mello
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Dim 27 Déc - 16:17
Peut-être que Mello s'en doutait, que quelque chose dans le mort de Hadès avait un rapport avec Matt, que ce soit ce montage foireux sur les vidéos de surveillance que lui-même aurait été incapable de faire ou le putain de virus qu'il s'était pris en allant farfouiller plus loin.

« File-moi du lait au chocolat. Il doit rester du Van Houten dans un tiroir. Je pense. Du noir, ça m'aidera à me concentrer, comme tu t'en doutes. Et je t'ai pas dit...A l'agence...j'ai engagé quelqu'un. Une fille. Elle est jolie et sympa. »

Matt était un des suspects potentiels qui avaient une des motivations les plus fortes. Au premier abord, Mello comprenait : il aurait sûrement fait la même chose si son ami avait été en danger. Et il aurait sûrement tué Hadès s'il était tombé sur lui en premier, non pas pour les avoir trahi, mais pour avoir niqué sa petite amie pendant des mois alors qu'ils étaient toujours ensemble. Connard de hipster. Les autres suspects étaient évidemment Harlaown qui devait avoir fini de lui soutirer toutes les informations qu'elle voulait mais aussi Arashi Darkwood, son frère jumeau, ministre de la justice selon son titre qui devait sans doute faire disparaître son frère.

Mais pourquoi ? Pourquoi Darkwood aurait une raison pour faire disparaître Hadès maintenant et pas avant, alors qu'il en avait eu l'occasion ?

Mello profita de ce moment pour donner son PC vérolé à Matt sans un seul autre mot. Pour une fois, il ne l'avait pas détruit et au contraire, s'était dit que ce serait un super bon moyen de tracer cette piste.

« Apollo ? Attends, ça me dit quelque chose... »

Pourquoi Darkwood aurait tué son frère ? Une part de pizza à moitié dans sa bouche, Mello s'était isolé du monde pour penser. Un bout d'olive tomba même par terre qu'il ne s'en aperçut même pas. Un petit effort, voyons. On leur avait parlé de beaucoup de choses et même dans la mafia, on leur avait présenté des phénomènes étranges. Il se souvenait de 13, une aberration de la nature qui n'aurait jamais dû exister, à demi humaine, à demi shinigami. Et si toute cette affaire avait été montée pour faire croire à la mort d'Hadès et en faire un semi-shinigami. Sachant que ceux-ci n'avaient aucun souvenir de leur vie antérieure – il avait testé ça avec 13 – cela pourrait correspondre. Une fois Hadès mort, ses proches et ses anciens ennemis arrêtent de le chercher. La dépouille est une vraie dépouille mais des policiers la récupèrent...et peuvent ainsi jouer avec la mort. En soi, Kira avait les moyens technologiques de faire tout cela.

« ...Mh. 13 % tout de même. Ce n'est pas logique. Oui, Apollo. Je m'en souviens. C'était une de tes modératrices sur le forum des hackeurs. C'est pas elle qui a fait une connerie. Me semble que tu avais râlé, à l'époque. Elle ne couchait pas avec le ministre de la justice ? »

Ce qui pouvait correspondre avec la théorie qu'il avait faite. Quiconque avait mis le virus sur ce site était suspect. Et ce qui ne corroborait pas avec son explication, c'était qu'Hadès avait reçu une balle dans la tête. Après, il était facile de falsifier un diagnostic d'autopsie, surtout si les médecins étaient à la solde de Kira, mais...Bordel, cette histoire lui prenait la tête. Il balança le bout de pizza dans la boîte pour revenir attaquer le chocolat que Matt lui avait donné.

« En fait, j'ai trois théories. Et l'une d'entre elle ne me plaît pas du tout. Enfin deux. 1 : la plus simple. Fate a extorqué de lui toute les informations et lui a trucidé la gueule. 2 : son charmant frère. Hadès n'est pas vraiment mort, le rapport d'autopsie a été faussé. Ils en ont fait un semi-shinigami et lui ont effacé la mémoire. Ce qui est, vu leur background, tout à fait plaisible. Une fois mort, Harlaown ne le cherche plus. Et Apollo modifie cette putain de vidéo...ce qui est logique, vu qu'elle couche avec le ministre. 3. », son ton baissa. Ce qu'il allait dire ne lui plaisait pas du tout. « Mon meilleur ami. Qui a appris que Hadès m'a trahi a pris une arme et l'a descendu. Il n'a aucun alibi, que des mobiles. Il sait bidouiller les bandes vidéo et se débrouille très bien avec un ordinateur. Il serait même capable de m'orienter vers des fausses pistes mais ses yeux ne mentent pas. Tu veux que je continue ou... ? »

Il avait lâché la plaquette de chocolat, son cœur battait.

Pour une fois, il espérait seulement se tromper et il haïssait la nature de lui avoir donné ce cerveau.
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Lun 28 Déc - 18:55
Quand Mello mentionne la nana qu'il a embauché, le geek songe avec raison que c'est une personne avec un minimum de compétence, une rebelle acharnée, etc. Il hoche la tête sans vraiment relever. Comme ils sont sur une affaire importante pour l'heure, il reviendra sur ce sujet un peu plus tard pour que Mello lui donne des précisions. Ainsi, elle passera par le radar du rouquin afin de déterminer qu'elle ne représente pas un réel danger. Il est encore loin de se douter qu'il ne s'agit que d'une inconnue piochée sur le tas... pauvre garçon. Il sera bien sur le cul quand il saura la vérité.

Matt soupire de soulagement lorsque son pote lui donne le PC vérolé en question. Il n’est pas détruit. Malgré le caractère impulsif de Mello. Jour de gloire. Matt l’ouvre et se charge de le connecter à son propre appareil, d’où il fera toutes les manip.

« Apollo ? Attends, ça me dit quelque chose... »

Matt le laisse cogiter et tape ses codes du programme de traque, mordillant sa clope déjà terminée.

Il s'en rallume une, et oublie de bouffer. Quand Mello se remémore avec justesse les antécédents de l’autre garce, Matt se contente d’acquiescer, l’air sombre. Apollo, c’est pas vraiment un sujet joyeux, c’est la piqure de rappel qu’en dehors de son frère, le geek ne peut compter sur personne. C’est d’ailleurs pour cela que son but n’a jamais été de donner trop de responsabilités à Arya, juste de lui alléger un peu son boulot en terme de surveillance, rien de mauvais pour elle, ni risquant de devenir mauvais pour lui.

Il cesse toute activité quand Mello lui évoque ses théories. Matt fait un signe négatif de tête à la première proposition, et c’est catégorique de sa part. Si Harlaown était coupable, elle n’irait jamais voir un particulier pour résoudre une affaire que les autorités ont classé comme un suicide, encore moins si la réputation de ce particulier n’est plus à refaire. Trop illogique. La deuxième proposition est saugrenue, moins impossible, mais Matt ne fait rien pour l’approuver, car il sait qu’elle est fausse… et son cœur se serre à la troisième, et le fait de l’avoir vu arriver ne rend pas les choses plus simples pour lui.

« ... Tu veux que je continue ou... ? »

Bref négation de la tête, qui envoie involontairement sa clope valser sur le côté sans même qu'il le réalise.

Matt ne lui mentirait jamais là-dessus. Il est même prêt à confirmer mais les mots ne viennent pas. Tant qu’il ne disait rien, il pouvait se contenter de déréaliser la chose, mais l'avouer, c’était comme mettre sa gravité en perspective. Matt est un meurtrier.

Puisque Mello doit savoir, il le laisse lire la culpabilité dans son regard, et son silence en devient plus parlant que n’importe quel aveu. Au choc du blond, il baisse les yeux. Ouais Mello, c’est grave, pas la peine de le regarder avec cet air là. Et le silence devient vite insupportable pour lui. Il ne laisse pas à Mello le temps de remontrances. Il est déjà suffisamment mal comme ça.

«  Ecoute… Ce qu’il faut, c’est donner à Fate ce qu’elle veut pour qu’elle ne te soupçonne pas… un coupable. Un coupable qui nous arrange. Quelqu’un de son camp, qui aurait tout simplement bien fait son boulot en butant un criminel. C’est largement faisable, surtout pour nous. »

Matt, il a beau être retourné, et se sentir pourri de l’intérieur, il ne perdra jamais le nord. Protéger Mello. Peu importe ce que Matt a fait, ou ce qu’il fera, ce qu’il fut, et ce qu’il est devenu… Sa vie a un sens tant qu’il le soutient. Certaines personnes n’ont pas cette chance, et errent sans but. Il deviendra moins que ça, si Mello crève. La culpabilité le foutra en l’air aussi brusquement qu’une bagnole lancée à toute vitesse contre un mur.

« Et il faut que tu te bouges le cul, Mello. Parce que pendant que tu t’attarderas sur son cas, à chaque seconde se renforceront ses doutes sur la possibilité de ta survie. On ne peut pas la laisser. »
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Mer 30 Déc - 21:45
Le pire, c'était sans nul doute que Matt (qui était son meilleur ami, son frère, rappelons-le) ne réponde pas franchement à la question. Pour lui qui était quelqu'un de très rationnel, qui aimait bien avoir des confirmations, c'était l'horreur. Alors oui, par le fait qu'il ne dise ni oui ni non par rapport à la question qu'il lui avait posée, Matt était en train de lui avouer directement le fait qu'il avait commis un meurtre. Sans doute d'ailleurs était-il plus énervé par ça que par le fait que Matt ne lui confirme pas la chose à cet instant et, plus que tout, qu'il ne lui ait pas dit directement après. Le poing de Mello se serra.

Il n'avait pas envie de le frapper, pas envie de l'insulter. À ce moment, il ne ressentit qu'une profonde détresse : celle de ne pas avoir été assez présent pour son ami et de ne pas avoir pu l'empêcher de commettre ce crime. Car soyons honnêtes : si Matt n'avait pas été là, Mello se serait probablement chargé de l'assassinat en envoyant un de ses agents le trucider dans une petite ruelle obscure. Il comprenait mieux les cernes de Matt, ses allures à ne plus pouvoir dormir la nuit mais il ne comprenait pas pourquoi il ne lui avait rien dit. Il avait des doutes et n'était pas une personne d'un naturel très dupe, mais tout de même...Il se sentait un peu trahi, avec tout ça, en fait.

« Tu sais. Je suis actuellement en train de me retenir de ne pas te sauter dessus. Je ne sais pas du tout comment réagir concernant le fait que, de un, tu ne dises pas : « Oui, Mello, c'est moi qui ai tué cet enfoiré. » et, de deux, que tu ne t'excuses pas pour m'avoir fait aussi peu confiance sur ce coup-là. Je voulais éliminer Hadès, je l'aurais fait quand j'aurais voulu et tu n'aurais certainement pas été le tueur. »

L'ambiance de gestes, de mouvements de Mello était suffisamment suffisante pour que le geek comprenne le désarroi qui le prenait. Habituellement, les consoles auraient volées, les cigarettes auraient été écrasées et il se serait bien fait engueulé, mais ça, c'était quand ce n'était pas important. Mello avait beau réfléchir, cette situation était beaucoup trop déstabilisante pour qu'il parvienne à retrouver son calme. Sa main gauche tenait fermement cet emballage de tablette de chocolat que Matt lui avait précédemment donnée. Le papier aluminium en était réduit à un tout petit tas et à vrai dire, si chocolat il restait à l'intérieur, il ne l'avait pas du tout senti.

Lui avait déjà tué et ressenti le malheur d'ôter la vie à quelqu'un, mais il s'était promis que ce ne serait pas le cas de Matt.

« La solution est simple. », répondit-il d'une voix assez froide, sinon glaciale. « Il suffit d'accuser Mello. Elle le croit déjà coupable, ce ne sera pas dur. Il suffit ensuite de lui prouver que Mello a été retrouvé mort dans le fleuve et qu'un partisan d'Hadès en est le responsable. Si elle n'y croit pas, elle cherchera Mello : peu importe, si cela doit être fait, je ne dois pas reculer devant mes responsabilités. C'est moi qui t'ait fait devenir comme cela et j'en assumerai les faits. »

Pouvait-il se lever, à ce moment ? Peut-être, mais il sentait son corps être lourd. Il revoyait déjà le visage d'Harlaown, cette tête qui avait envie d'avoir des explications qui l'incriminent.

« Excuse-toi, Mail. Excuse-toi et je ferai tout pour nous sortir de ce merdier. Putain...je suis crevé. Quand je pense que cette pute me harcèle avec ce mec alors que la veille au soir, il avait couché avec une autre nana. Et que Ish' lui trouvait un charme absolument dément. Ça me dégoûte, mec. Ça me dégoûte d'autant plus de savoir que tu as perdu un morceau de ton innocence à cause d'un insecte comme ça. »
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Jeu 31 Déc - 1:22
A ses premières paroles, Matt fait juste un vague signe négatif de tête. C’était un grand hasard qu’il ait croisé Hadès, il aurait pu leur échapper après ça. Le geek n’aurait pas passé un coup de fil à Mello pour que celui-ci se pointe et fasse le boulot pendant que le traitre attendrait sagement, il avait fallu agir sur le moment, quand il l’avait encore en face. Le gars n’explique pas tout ça, il n’a pas les tripes pour dire les pourquoi et les comment. Il n’a même pas eu les tripes d’admettre clairement.

« Il s’agit pas de confiance », explique t-il pitoyablement. « Je… » Je n’avais pas le choix.

Sa voix reste en suspens, il se sent con, heureusement, Mello reprend parole. Ou pas, en fait. Il propose de laisser les accusations se porter sur lui… et pire, ne voit pas de problème à ce que Harlaown se lance à sa poursuite. Le sang de Matt ne fait qu’un tour.

Matt, d’habitude, c’est l’eau de source. Toujours calme, t’as l’impression que rien ne peut l’atteindre. Il ne s’est probablement jamais vraiment mis en colère, il n’en a jamais eu de bonnes raisons. La seule bonne raison, on la trouve aujourd’hui. Quand Mello affiche du mépris pour sa propre vie. Ça le répugne, Matt, car il l’aime plus que tout, cette vie, et qu’il a tué pour elle. Et il bouillonne, lui, pour la première fois. Il bouillonne que son frère dise sont vrai prénom pour lui réclamer des excuses, il bouillonne d’être traité comme un gamin dont Mello est le parent, il bouillonne qu’il veuille assumer ses soi-disant responsabilités alors que c’est Matt qui a pressé la détente. Et il explose.

Le rouquin n’a jamais vraiment cogné Mello avant, même si des bastons s’étaient déjà produites, jamais rien de méchant entre frères. Mello avait toujours été le plus connard des deux, car Matt ne lui enverrait jamais gros dans la gueule. Là par contre, pour la première fois, le geek frappe vraiment. Il refile, à son visage balafré, son crochet du gauche à la force bien insoupçonnée et bien dégueulasse. S’il avait toute sa forme, et s’il avait été debout, il lui aurait sans doute brisé la mâchoire. Tant mieux pour eux deux, que ça soit pas le cas. Autant il faut s’inquiéter quand Mello reste calme… autant il faut d’autant plus s’inquiéter quand c’est Matt qui pète un plomb. Au final, c’est plutôt lui qui lui saute dessus, comme si ça suffisait pas, et qui lui plante le genou dans le ventre pour l’écraser contre le canapé. Au passage, il lui chope fermement les deux bras pour le tenir en respect. Regarde Mello, il va bien, ton chien-chien. Il pourrait même te casser la gueule pour ton propre bien. Tu n’as rien vu.

« J’te laisserai pas risquer ta vie, j’te laisserai pas me dire que ce que j’ai fait pour toi n’a servi à rien. »

Le dernier mot est un sifflement de rage. Matt donne une forte secousse aux bras qu’il tient.

« C’est toi qui voulais attraper Kira, c’est toi qui t’es mêlé à la mafia, c’est toi qui amassais les trahisons. Partout, je t’ai suivi, j’ai cautionné, et tu savais que jamais je ne te lâcherais ! Tu savais que je tuerais pour toi ! Tu veux que je m’excuse de l’inévitable, d’un truc que t’aurais dû voir venir ? »

N’ayant plus ses lunettes collées sur sa face, l’étincelle de rage dans ses yeux est aussi flagrante qu’une flaque de sang dans la neige.

« Et moi, t’ai-je déjà refusé quoi que ce soit ? T’ai-je déjà fait des reproches ? Ai-je déjà réclamé que tu t’excuses ? »

Il lui refile une autre violente secousse.

« Tout c’que je veux, c’est que tu vives ! Tu veux me retirer ça aussi, connard ?! »
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Ven 8 Jan - 19:31
Plutôt que la douleur, c'est plutôt de la surprise qu'il ressentit en comprenant qu'il venait de se prendre une bonne droite dans la gueule suivie d'un gros coup dans le bide. Ensuite, seulement, vint la douleur. Des gifles, dans sa vie, il s'en était pris des dizaines. Il était trop jeune lorsqu'il avait quitté le domicile familiale pour se rappeler de l'ambiance – sans doute morbide à souhait – mais il avait eu le temps de connaître les joies de l'orphelinat russe et ses punitions sévères, les parents adoptifs un brin psychopathe – mais jamais autant que lui – et bien entendu, les bastons, que ce soit à la Wammy's House ou ailleurs. Mello avait toujours été le premier à se jeter dans les bagarres, voire à les provoquer alors un coup ou deux, ce n'était pas ce qui allait l'effrayer.

Et pourtant, ça, c'était tellement différent d'une baston traditionnelle ou même d'un règlement de compte entre mafieux. Mello aurait répliqué d'un bon coup dans les côtes, mais Matt lui avait déjà saisi les deux bras. Ce n'était pas pour les aider...si les solutions qu'il proposait – et qui étaient pourtant les plus crédibles au box office ne marchaient pas – ils n'auraient plus qu'à plier bagage en espérant que Fate n'ait rien compris. Mihael Keehl comprit très vite qu'il lui serait impossible de calmer Matt sans s'excuser lui-même. Il avait rarement vu le roux aussi en colère, lui qui était quotidiennement calme et impassible. Tout semblait justement lui passer par dessus la tête, mais ça...

Ça non. C'était une preuve de plus de la fidélité de son frère à son égard, mais franchement, Mello s'en foutait pour le moment, de ça. À ce moment précis, il souhaitait revenir au bon vieux temps, celui où le monde était un peu près normal. Celui où les dirigeants n'avaient pas été corrompus par Kira mais l'étaient par ce bon vieux flouze. Il ne sent plus son sang circuler dans son bras tellement Matt le serre et d'ailleurs, lui-même commence à réagir. Il est paumé, Mihael : il voulait le sauver, Matt, même si c'était vrai qu'il le savait capable de commettre un crime pour lui. Au fond de lui-même, peut-être espérait-il que, par chance, il ne le ferait pas. Il sait qu'il ne s'excusera pas car ce qu'il a fait lui a sans doute sauvé la vie. Si Hadès s'était rendu une nouvelle fois à la police, il aurait sans doute fait exécuté un portrait robot de lui beaucoup plus proche que celui qui était actuellement de rigueur. Il serait sans doute déjà mort.

« Nan. J'dois sans doute te dire merci. Je sais que ce type ne méritait que de mourir et tu sais à quel point je le haïssais...sans doute pas pour les bonnes raisons. », il fit un mouvement assez violent dans le but de forcer Matt à le lâcher. « ...Putain, faux frère ! Mais lâche-moi ! Bien sûr que ça a servi à quelque chose ! Je...j'ai déjà tué, avant. Je sais comment ça fait. Tu dois te sentir horriblement perdu et tu as du mal à dormir, c'est ça ? »

Mello ne parlait jamais de ses émotions. Il avait toujours laissé croire au commun des mortels qu'il n'était qu'un petit connard arrogant et froid. S'il ne laissait entrevoir qu'une seule faille dévoilant de la peur ou de l'angoisse, il savait qu'il serait foutu. Malheureusement pour lui, Mello était une personne qui avait un talent avec les extrêmes : enfant surdoué, il avait son talent pour manipuler et résoudre les énigmes. Il s'emportait cependant avec une telle facilité que même en cachant ses peurs et ses angoisses, il restait tout de même quelqu'un qui était facilement manipulable...surtout pour Near.

« Vivre ? Haha. Il faut que nous tentions de vivre. On fait quoi alors ? ...On accuse Apollo ? »

Cette question il la posa à lui, au chien qui était censé suivre scrupuleusement chacun de ses ordres.
Et puis, enfin, à voix basse, il murmura :

« Moi je suis désolé, Mail, de t'avoir laissé seul ce jour-là à la Wammy's House avec cette seule note comme explication. Je me suis laissé emporter par la colère... »
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Lun 11 Jan - 21:22
Il le maintient en le jaugeant d'un regard distant, presque froid. C'est un avertissement. Néglige encore ta vie et moi je néglige ta gueule en la balafrant encore plus. Le rouquin détourne le regard quand Mello tape juste. Il aurait préféré que son manque de sommeil soit associé à une forme de connerie involontaire, pas à un cas de conscience pouvant susciter la pitié du blond, pitié qu'il peut se mettre dans le...

Mello a beau être le plus âgé, c’est Matt le grand frère, Matt qui est le soutien, qui allège les peines. Refusant de formuler une réponse, le geek lâche ses poignets, et reste les bras ballants, vague signe de reddition, très vague, car il le regarde toujours de haut quand il ramène son regard sur lui. Matt parle beaucoup avec les silences, et celui-ci en dit long, mais probablement pas assez. Il ne dit pas, par exemple, que le rouquin a également presque peur de dormir, parce que la mort de son meilleur ami lui vient parfois en cauchemars réalistes à l'en réveiller au bord des larmes. Cette humidité salée, pourtant à peine manifeste, brûle tout de même atrocement ses yeux, car ils sont trop secs de n'avoir jamais pleuré. Et il prie intérieurement de ne jamais avoir à le faire, parce que si ça arrive un jour, ce sera pas ailleurs que sur le cadavre de son putain d’égoïste de frère.

A sa question sur Apollo, Matt fait un signe de tête négatif, à mi-chemin entre un « non » et un « je sais pas ». La hackeuse est bien responsable, d'après le chemin retracé par le logiciel et les codes de Matt, comme on peut le constater par le bureau de la meuf qui s'affiche sur l'écran du geek -chose qu'il a un petit peu oublié de préciser dans la colère. Elle bossait forcément pour quelqu’un, peut-être même Harlaown, auquel cas, la démarche proposée par le blond ne serait pas pertinente, pour ne pas dire casse-gueule.

« Première étape de mon côté : retravailler le dossier de ta mort afin de la rendre irréfutable», le chien-chien dit ça avec une autorité fracassante venant de lui. C'est un ton qui sous-entend qu'ils vont encore se mettre sur la gueule si Mello ose contester « Je vais le pirater et m'en charger. Ça passera totalement inaperçu car les mises à jour sont très courantes. Faudra d'ailleurs inviter Harlaown à le reconsulter. Subtilement », ajoute t-il en le jaugeant d’un air peu amène.

Hm. Mello ne connait pas la définition du mot subtil, c’est bête. Le regard de Matt bifurque alors sur le côté, clair et calculateur.

« Quant à Apollo, elle est incapable d'être son propre chef. Je vais surveiller ce qu'elle fait, et mettre de faux indices sur sa route si besoin... Je sais pas encore à qui elle caftera ses infos... Mais au moins elle caftera ce que je veux. »

Ainsi font, font, font les petites marionnettes. La griffe du Cheshire s’est posée sur toi, la garce.

Sur ce, son genou libère aussi le blondinet et il se rassoit normalement, devant son écran. Il a d'autres idées qui lui trottent en tête, bien qu’il ne les dit pas tout de suite. Travailler sur un truc pareil, putain ça va lui prendre du temps parce que là, il n'a pas le droit à l'erreur. Le moindre écart, même infime, les trahirait. Une chance, Matt est quelqu'un de foutrement consciencieux là-dessus. Les boulettes, ça, il se les réserve à des trucs moins... vitaux.

« Moi je suis désolé, Mail, de t'avoir laissé seul ce jour-là à la Wammy's House avec cette seule note comme explication. Je me suis laissé emporter par la colère... »

L'homme reste figé. Il ne le regarde pas, ses yeux étant fixés droit devant, mais il écoute.

« Je t'en ai pas voulu d'être parti… », dit-il tout aussi calmement.

Matt le connait bien, son frère, il sait qu'il prend souvent des décisions tranchantes sur coup de tête, après tout. Or la colère redescend...

« J't'en ai voulu de ne pas être revenu. »

Il parle pas de revenir à la Wammy's, ça va de soi, ils savent tous les deux que Mello est trop fier. Mais revenir vers lui, au moins. Matt a encore le numéro de portable de son adolescence, il a fait exprès de le garder parce que Mello le connait par cœur, ainsi il reste toujours joignable sans casse-tête. Mais ça a servi à rien, cet égard. Mello n'avait jamais appelé, dans son absence et, pire encore, avait été lui-même injoignable.

Matt tourne alors la tête vers lui sans rien ajouter de plus, silencieux. Elles viennent de loin, ces excuses. Aussi loin que cette rancune enfouie, poussiéreuse, aujourd'hui balayée par ces mots que Matt avait prétendu ne pas avoir besoin d'entendre. Il plisse un peu le regard de bienveillance, et ça donne l'impression qu'il sourit alors que ses lèvres n'ont pas bougé. Et cette main, qui a frappé quelques instants plus tôt, saisit la nuque du blond pour le ramener contre lui. Il étreint doucement cette petite tête blonde de sale con qu’il cale sous son menton.

Je te pardonne. Je te protège. Je suis là. C'est tout ce qui se dit dans un long mutisme puis :

« Merci. »

Merci pour ces excuses, ou plus largement, merci d'exister.
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Mello
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Localisation : Dans ton...
Mer 20 Jan - 18:03
Mettre à jour le dossier concernant sa mort était essentiel, Matt avait raison, mais Harlaown ne se fiait pas aux dossiers, dans sa réflexion. Elle était persuadée qu'il était encore en vie, et on aurait pu lui rapporter un Death Note avec dessus inscrit son nom et son vrai cadavre qu'elle aurait hurlé à la théorie du complot et et l'aurait tout de même cherché. Mello a toujours le poids de Matt sur lui et est sur le point de péter un câble. Il adore proposer toutes les solutions, être le leader, et surtout, il ne faut pas se foutre de sa câble : les deux ou trois coups que Matt lui a donné, Mello ne compte pas les lui léguer gratuitement.

Mais c'est le moment des excuses. Même lui, Mello, il ne sait pas trop comment se comporter. Il ne sait pas comment gérer cette boule de colère qui a toujours été présente dans son estomac.

Il savait, pour le portable. Si Matt savait les milliers de fois où il avait été tenté de décrocher, il en serait lui-même étonné, et bien entendu celles où son doigt était figé sur le seul contact qu'il avait...La seule fois où il avait réussi à franchir le pas, celle où il savait que Matt ne courrait vraiment aucun danger, il était presque mort...Et franchement, sans son frère, il serait sûrement six pieds sous terre ce qui, pour Kira, ne ferait pas une très grosse différence.

Ce qui l'étonnait, plutôt, ce fut de sentir tout d'un coup l'étreinte de Matt et son corps aussi proche du sien. Son souffle en fut coupé et tout ce à quoi son cerveau pouvait bien servir pour mouliner des idées juste avant fut stoppé. Il avait toujours été surpris par Matt, quoiqu'en disent les gens qui ne l'aimaient pas. Certains prétendaient qu'il ne faisait que se servir de lui pour accomplir des choses pas super cool, d'autres étaient également persuadés qu'il ne le considérait même pas comme un ami. Juste comme un chien : il les aurait tués, ceux-ci. On ne blesse pas un chien en l'abandonnant pour le protéger. En revanche...pour un ami, pour un frère, Mello était capable de cela.

Curieusement, il étreignit Matt à son tour, fermant les yeux pendant quelques secondes. S'ils les voyaient à présent, ceux qui avaient fait circuler les ragots concernant sa prétendue homosexualité, au sein de la résistance, ils seraient comblés.

Cela ne dure que cinq secondes maximum car Mello se dépêche de repousser Matt.

« Putain, mec. Ça fait vraiment trop gay, bordel. »

Il le remercie au fond de lui, mais ça, il ne lui dira jamais en face. Matt a beau être son frère, mais il a tout de même sa fierté. Mihael détourne le regard et décide d'en revenir à leur affaire commune pour ne pas péter un câble encore plus.

« Ma mort. T'as oublié que Harlaown se fout de mon dossier. J'ai regardé celui que nous avons constitué ensemble et j'avoue que tout est très crédible, même les autorités locales l'ont cru. Nan. Si tu veux vraiment rendre cette dépouille utile, trafique-moi des caméras. Rends le cadavre de Mello coupable de la mort d'Hadès. Ça, Harlaown y croira. Il ne restera qu'à lui prouver qu'un fidèle à Hadès m'a buté...ce qui sera facile, étant donné qu'ils sont tous sous mes ordres et donc facilement exploitable. Tu en es capable ? »

Il le regardait d'un regard d'acier, prêt à résoudre n'importe quoi tant qu'on lui en donnait les moyens.

« Pas la peine de m'agresser parce que je suis innocent et que je prends en charge ce que tu as fait. À mon sens, c'est le sens moyen pour que Harlaown nous lâche la grappe et surtout le seul pour qu'elle n'aille pas voir un autre détective qui découvrira le pot aux roses. Ah oui, et... »

Il lui sourit, un de ces sourires que seul Mello savait faire. Un apparat qui ne signifiait rien de très joyeux pour Matt...sans doute, puisque le poing du blond lui arriva dans la gueule. Il souffla dessus comme on souffle sur un flingue, s'avachissant sur le canapé.

« Bordel. Ça fait du bien. »
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Ven 22 Jan - 22:09
Au moment où Matt desserre son étreinte pour le relâcher, l’autre le vire d’un coup de bras comme un malpropre.

« Putain, mec. Ça fait vraiment trop gay, bordel. »

Matt lève les yeux au ciel. Le geste ne fait gay que dans sa tête à lui. Toujours à voir le mal partout, Mello. D’ailleurs, devinette. Pourquoi les rumeurs sur l’homosexualité des deux avaient fait long feu ? D’un côté, on a Matt qui s’en bat tellement les couilles qu’il ne nie pas. Ça fait le mec qui n’ose pas avouer. De l’autre, on a Mello qui pète des câbles dès qu’on mentionne ça. Ça fait le mec qui a quelque chose à se reprocher. Mystère résolu.

Quand Mello persiste dans cette idée qui donne l’envie à Matt de le piétiner, le rouquin pousse un soupir blasé et ferme un instant les yeux. Cette fois, il garde son self-control, parce que le blond fait l’effort de venir avec une solution. Mais ça ne prend pas du tout, dans la tête de Matt. Re-jouer une mort de Mello, en disant que la première était du pipo, ça fera comme le gosse qui criait au loup. Pire encore, si c’est Clarke lui-même, qui apporte la preuve de la seconde mort, ça renforcera les doutes sur lui. Avec sa gueule de blond balafré. Si Harlaown sait que la mort d’Hadès est un montage, elle pourra très bien soupçonner celle de Mello comme l’étant tout autant. Quelque chose cloche. Matt a besoin d’une solution, mais son cerveau qui fonctionne depuis trop longtemps sans pause, n’est pas au mieux de sa forme. Il ne dit rien, et laisse Mello parler. Puis Mello se tait.

Plus de vingt ans qu’ils étaient potes et il y avait encore des fois où le blond parvenait à le surprendre, mais là, le coup qu’il lui refila, le geek l’a vu venir à tellement de kilomètres qu’il le vécut quasiment comme un ralenti. Il pourrait esquiver, alors, oui, mais Mello ne serait jamais tranquille tant qu’il aura pas eu le sentiment de remettre les compteurs à 0. Et valait mieux une beigne dans la gueule maintenant, qu’une beigne dans la gueule quand il somnolait. Pour mieux l’encaisser, Matt se contente de contracter la mâchoire. Sa tête se déboite sur le côté, lui faisant l’effet d’une violente onde de choc. La douleur est présente, mais elle ne le gène pas et disparait en deux clignements d’yeux. Sa peau marque vite, par contre, le haut de sa pommette conserve une sale rougeur. Gardant la tête de côté, Matt esquisse un léger sourire en coin narquois. Il semble que la petite étreinte entre guerriers a ravivé quelques ressources chez le rouquin. Malgré sa gueule fatiguée, il ressemble au Matt taquin d’autrefois.

« Tu te venges d’une vengeance, toi… comme les meufs. »

Il tourne alors un sourire goguenard vers son pote affalé sur le canapé.

« C’était donc pas si gay, en fait ! », remarque t-il avec amusement.

Et là, à noter sur le post-it de "jamais vu ailleurs qu’avec Mail Jeevas", le geek tourne la tête du côté opposé et lui tend l’autre joue pour qu’il frappe. Il a beau avoir un petit sourire amusé et provocant, il est sérieux, ce con. Mello peut bien frapper qu’il laissera couler et ne ripostera pas.

Et puis bien vite, les affaires doivent reprendre. Enfin, du côté de Matt, ça doit reprendre en tout cas. Il débranche son PC avec tous ses projets en tête, le cale sous son bras, et se lève.

« Une enquête ne se résout pas du jour au lendemain. Donne-toi deux jours pour réfléchir à ce qu'on va faire en définitif. Si la nuit ne te porte pas conseil, t’as le droit de taper dans les somnifères que tu comptes m’acheter. »

C’est pas pour rien que Matt l’invite à réfléchir plus longtemps. Lui il a toujours la tête froide, et donc pas mal de recul, or Mello, quand il  est à chaud, il prend les décisions conneries. Le geek préfère donc lui laisser le temps de revenir sur celle-ci.

« J’vais voir tout ça au calme dans ma chambre. Et essayer de dormir pour mieux me concentrer… bref, j’vais improviser. C’qui compte, c’est le résultat. »

Logique purement Wammy’s, ça.
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