Pitié et allégeance à toi, Kira ! La foule s'inclina en silence, respectueusement devant cette idole masquée et inconnue.
 
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I'm in the mood for love { Hideaki <3

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Nathan S. Suzaku
Ministre de la Censure et de la Propagande
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Mer 17 Juin - 22:57
Il s'appelait Max. Max Quelconque nom japonais à la noix. Sûrement Yamamoto, comme le suggéraient ses papiers officiels. Le gouvernement anglais n'avait aucune imagination, lui-même se serait donné un nom moins stéréotypé...parce que Yamamoto, il n'y avait pas plus cliché. Nathan Suzaku haïssait donc son nouveau patronyme, et il bouillonnait de fureur de ne pas pouvoir le faire savoir à tout le monde. L'Angleterre était sûrement le pays où il y avait le plus d'anglais, et il détestait cordialement voir tous ces rosbifs aux coins des rues, et il détestait encore plus la raison des services secrets pour lui avoir foutu encore une fois un nom mixte « étant donné votre nature multiculturelle, nous n'avons pu faire autrement ! » ...Mais quelle était cette manie, chez ces trous du cul, que de croire qu'il avait des origines anglaises ? ...Le médecin de la famille était anglais, mais c'était tout, et il devait être rentré ici depuis des années...aucun rapport avec lui !

Tout cela pour dire que Suzaku était à bout de nerfs. La charge de travail dont il avait coutume s'était brusquement évanouie, avec elle toutes les responsabilités confiées par Kira. Plus de projets secrets, plus d'employés à insulter. Côtés positifs, il ne se faisait également plus menacer par le premier ministre qui, soit dit en passant, était décédé dans de mystérieuses circonstances et allait devenir papa. Papa. Vous rendez-vous compte ? Lui qui avait déjà tant de mal à prendre soin de lui-même, il allait devenir papa. Pour l'occasion, il avait lu des dizaines et des dizaines de livres tous plus passionnants les uns que les autres et avait acquis une certitude pour le moment : il était complètement désarmé et paniqué face à l'arrivée de ce petit être.

Il savait comment réagir face à ses employés : en l'occurrence, il leur aboyait dessus. Il savait également comment parler à sa femme, comment l'adorer et comment chaque jour lui offrir des cadeaux pour célébrer son existence. Mais le bébé...la créature, la chose, il ne savait pas. C'était une donnée à facteur inconnu, un potentiel dans son équation qui l'effrayait définitivement. Et les gens comme lui n'aimaient pas tout ce qui sortait du cadre, tout ce qui était un peu effrayant et qui pouvait changer de d'habitude. Peut-être Illness ne comprenait pas, auquel cas Nathan ne comprenait pas qu'elle ne pouvait pas comprendre. Il s'était donc enfui de la maison, avait dormi à l'hôtel et traîné la journée dans la ville, sa chemise blanche toujours impeccablement fermée,, mais sa cravate assez mal faite.

Lui n'achetait pas d'alcool et ne se saoulait pas toute la journée, à la différence des personnes de ce quartier. Pendant un instant, il pensa à entrer dans une boutique pour chercher l'emploi, mais la seule perspective qu'on lui propose des boulots ingrats l'irrita considérablement et lui fit casser une poubelle. La violence le faisait exalter. En faisant pencher ce truc ridicule vers la droite, il eut soudainement l'impression de maîtriser quelque chose dans sa vie, même si ce n'était que l'inclinaison de cette putain de poubelle. Il s'en éloigna vite fait, d'ailleurs : il était peut-être idiot, mais pas au point de s'attirer des ennuis avec la police.

« Nouveau. Nouveau. »

Il avait envie de frapper quelque chose, quelqu'un.

Il avait envie de se défouler, et pas de chance, tu lui barrais la route. Une seconde plus tôt, ou plus tard et il ne se serait rien passé.

Alors, Nathan explosa.

Sa main partit vers la droite pour faire de grands mouvements et déjà, il se crut de retour dans ce bureau si familier, avec ses hautes fonctions qui étaient les siennes.

« Connard ! Vous ne pourriez pas faire plus attention ! On est dans une cité, dans une rue, ici ! Regarder à gauche, puis à droite, ça ne vous emmerderait pas ? Petit enfoiré ! »





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Mer 17 Juin - 23:30
Hideaki avait passé une journée palpitante.

Tout s'était déroulé dans l'ordre. Le matin, il s'était levé à cinq heures trente, il avait préparé le petit-déjeuner, et pendant que le thé infusait, il s'était lavé. Ensuite, il avait boutonné sa chemise, puis il avait remis ses lunettes sur son nez fin. Il avait vérifié qu'aucune mèche rebelle ne vienne se dresser en épis sur son crâne, il s'était longuement regardé jusqu'à être satisfait de sa banalité. Ensuite, il avait pris ses médicaments, il remarqua qu'il devrait rechercher une boîte, puis il avait filé.

Donc, Hideaki avait passé une journée palpitante. Comme toutes les autres journées de son existence, aussi dynamique et amusante qu'un cirque d'alcooliques, et d'autistes ! Il n'aimait pas ce pays, décidément. Ses collègues ne faisaient même pas le quart de son travail, pourtant ils étaient payés plus. Le midi, il se planquait dans une salle austère pour manger son bentô, comme à l'époque du lycée. Loin des autres, Hideaki se reposait. Depuis peu, une fille (une fille !) était arrivée chez lui, et elle l'attendait le soir, en lui offrant un repas chaud et bon. Une fille ! Oh... certes... c'était sa cousine, c'était encore une enfant, mais ce mot : une fille, s'imprimait dans son crâne, comme une mauvaise maladie. Le seul contact féminin qu'il avait vraiment eu (c'est à dire qui était plus qu'un effleurement, plus qu'un petit « bonjour » prononcé d'une voix nerveuse) avait été celui du sein de sa mère lorsqu'il n'était qu'un nourrisson. Alors pour son bien-être, Hideaki évitait les contacts avec Shina. Une fille vivait dans son appartement, sa cousine, mais une fille quand même. Une présence dans son univers blanc et rangé. Hideaki passait la plupart de sa journée à penser à Shina, songeant si elle se portait bien, il s'interrogeait aussi sur ses fréquentations. Les Anglais étaient des pervers, et des drogués ! Une mauvaise influence, et sa pauvre cousine se ferait attraper par eux !

Ainsi, Hideaki passait des journées palpitantes. Oh oui... vraiment, plus palpitante qu'un soldat en Iran. Haha...

Stressé, névrosé, antipathique, Hideaki faisait son possible pour conserver un visage souriant. Il enfonçait le moindre de ses états d'âme au fond de lui, allant jusqu'à les piétiner. Ses collègues le sous-estimaient, à cause de sa nature de jeune diplômé (ce qui ne le changeait pas du Japon), mais ils essayaient de creuser ce qu'il se trouvait sous ce visage jaune et épuisé. Les cernes restaient sous ses yeux sombres, ses mains étaient continuellement crispées, et depuis son arrivée, il avait déjà cassé neuf crayons de frustration. Il ravalait sans cesse ses colères, jouant le gentil chien fidèle, comme toujours. Ce soir-ci, le jeune homme pensa que les médicaments pouvaient attendre le lendemain, et que son dos ne supporterait pas un détour. Ça le tirait dans les épaules, et dans la nuque, si bien qu'il ne se tenait pas droit. Mais... son pragmatisme lui dicta de se rendre dans la pharmacie la plus proche pour qu'il puisse prendre ses médicaments contre l'hypertension.

Pendant que la jeune femme le servait, demandant à son amie s'il était Japonais ou Chinois (« avec leurs yeux, ils sont faciles à confondre ! »), Hideaki réajusta sa cravate. Sa main tremblait légèrement, il ne souriait plus. C'était comme si les muscles de son visage étaient crispés. Il fit un simple signe de tête lorsqu'elle lui remit ses médicaments. Il soupira ensuite, satisfait de quitter cette pharmacie. Non mais ! C'était quoi ça ? Parler de lui alors qu'il était physiquement là ? Et puis quoi encore ! Le confondre avec un Chinois ! Ces saletés de... Hideaki secoua la tête. Perdu dans ses pensées, tiraillé par des maux d'estomacs, et son rythme cardiaque s'accélérant de seconde en seconde, il déambula dans la rue. Les autres étaient comme des ombres pour lui. Il n'entendait qu'un bourdèrent dans ses oreilles, si bien qu'il releva la tête qu'au moment où il sentit un bras percuter son nez. De surprise, sa tête bascula en arrière, ainsi que tout son corps. Il s'écrasa lamentablement dans la rue, son coude trempa dans une flaque d'eau, et sa précieuse paire de lunettes s'envola. Il retint un juron, et avec un dégoût évident, il posa ses doigts sur le sol, cherchant ses lunettes. Il ne voyait même pas la silhouette devant lui. Mais comme tout Japonais qui se respectait, comme n'importe quel modèle sortit de n'importe quel moule, il fit :


« Je suis désolé, je ne vous avais pas vu. »

Ouais, il devait s'excuser. Il palpait le sol à la recherche de ses lunettes, sa rétine le brûlait. Il n'osa pas demander de l'aide, on ne savait jamais... avec les Anglais.

Décidement, ses journées étaient trop palpitantes.
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Nathan S. Suzaku
Ministre de la Censure et de la Propagande
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Ven 19 Juin - 21:04
Nathan explosait. Il explosait en mille morceaux et menaçait d'envoyer à l'hôpital cet inconnu qui ne l'était pas tant que ça. Maintenant qu'il l'avait en face de lui, il s'apercevait qu'il était d'origine japonaise et d'ailleurs, l'ancien ministre était mis tout naturellement à parler japonais, pour lui gueuler dessus. C'était la langue dans laquelle il était le plus à l'aise.

L'homme lui disait quelque chose, maintenant qu'il avait pris plus soin de l'observer pour reconnaître la moindre de ses failles. Il avait une paire de lunettes et rien de très marquant, le portrait type de ces bureaucrates japonais qui se levaient tous les matins dans le seul but d'aller au boulot, se couchaient le soir exténués et qui recommençaient à jamais la même journée. Ils se ressemblaient tous, mais lui, il l'avait déjà croisé. Peut-être même qu'il lui avait déjà hurler dessus, que ce soit dans un ascenseur, dans un couloir ou devant la machine à café en train de faire une pause de trop – donc souvent leur seule pause de la journée.

Nathan Suzaku était le genre de patron exigeant avec ses employés, et c'était pour cela qu'il était détesté par la plupart, qu'il le savait très bien et qu'il n'en avait rien à foutre. Alors, en ce retrouvant ce type qui devait bosser au gouvernement, c'était forcé, Nathan fut interrompu dans sa tirade. C'était le premier élément dans sa vie actuelle qui pouvait lui rappeler l'homme qu'il était avant et qu'il regrettait un peu trop, parfois. Il reprit sa respiration qui semblait s'être arrêtée, et parla. En japonais, évidemment. Il savait que ce type le reconnaîtrait et avec un peu de chances, il ne s'agissait pas d'un de ces foutus terroristes qui avaient émigrés ici pour ne pas se faire tuer.

« ...Je disais que je vous connaissais. C'est tout. Vous travaillez dans un ministère japonais ? Je suis persuadé de vous avoir déjà rencontré. »

Un peu bipolaire, il lui tendit une main dans le but évident de serrer la sienne. D'un air très sérieux, celui qu'il avait tous les jours au bureau lorsqu'il était encore ministre, que tout le monde se courbait devant ses cris, surtout les petits employés, et qu'il ne se gênait pas pour gueuler haut et fort combien Williams était incompétent. Mais ça, du moins, c'était avant qu'Iwa ne le prenne en grippe et en fasse un bouc-émissaire, avant que plusieurs scandales apparaissent à son sujet et qu'ils se souviennent tous qu'il avait été un jour à la charge du commando armé contre la résistance. Les médias étaient devenus beaucoup moins gentils à partir de ce moment.

« Suzaku. Nathan Suzaku. Ministre. Mh. Ex-ministre. Je suis sûr d'avoir déjà eu l'occasion de vous parler, ça ne doit pas être en mal car je ne me sens pas énervé en vous voyant, mais vous êtes tellement commun que votre tête ne me revient pas. », articula-t-il sans pincette, dépourvu de tout sentiment qui aurait pu l'excuser d'avoir gueulé sur Hideaki juste avant. Non. Au contraire, il faisait comme s'il ne s'était rien passé du tout, trop content qu'il était d'avoir enfin trouvé quelque chose qui pouvait le rattacher à sa vie passée, malgré toutes les menaces et toutes les pressions qu'il avait pu essuyer.

« Que foutez-vous en Angleterre ? »





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Sam 20 Juin - 0:24
C'était quoi ce... Hideaki ne trouvait pas le mot. Pourtant, son cerveau regorgeait d'un tas de mots déplaisant, qu'il jetait en pensée à la face de ces porcs capitalistes. Cependant, dans la situation présente, il lui manquait le bon « mot ». D'abord, il songea à « connard », il se ravisa, car l'autre parlait Japonais ; il avait déjà entendu sa voix. Ensuite, il pensa à « déchet », mais comme il parlait fichtrement bien le japonais, il choisit de ne pas le qualifier de la sorte. Il avait donc face à lui un parfait mélange de « connard » et de « déchet », le tout livré en costume-cravates, et avec en prime dans les options de langue le Japonais en haut de la liste. Il disait qu'il le connaissait, Hideaki aussi aurait aimé pouvoir dire ça... mais il ne retrouvait pas ses lunettes. Il était occupé entre la recherche mystique de cet artefact magique, et sa volonté à garder un visage parfaitement lisse. Même si sa main traînait sur le sol, même si ses doigts rencontraient des choses qu'il aurait préféré ne pas connaître. Yamada serrait la mâchoire, les battements de son coeur allaient de plus en plus vite ; il les sentait cogner contre sa poitrine, et un goût de sang remontait dans sa gorge.  

Enfin, son agresseur habillé en costume-cravte déclina son identité. Hideaki haussa les sourcils de surprise (ultime expression de ses émotions, que même sa famille n'avait jamais vu !), mais il ne répondit pas tout de suite. Son ventre lui faisait mal, son estomac le brûlait ; son colon s'embrasait de colère et de haine dissimulée. Nathan Suzaku. L'espèce de chose. Oui, chose. Nathan était une chose. Encore une fois ? Il était une chose. Un truc qu'on ne savait pas où ranger, que lui — Hideaki Yamada — ne savait pas ranger. Nathan était... hum... Nathan faisait partie d'une sous-race humaine qu'il n'osait pas nommer, de crainte de lui donner plus de profondeur. En plus ça, il avait été son supérieur. Il AVAIT été son supérieur. Cette merde puante. Oh... Hideaki remua les lèvres, ne pourrait-il pas cracher tout le mal qu'il pensait de lui ? Postillonner sur sa face de métis jusqu'à ce qu'il crache du sang ? Ce type n'était plus rien.

Quelle stratégie aborder, alors ? Hideaki avait une furieuse envie de se défouler, mais... il préférait celle qui lui était si commune : « je vais fermer ma gueule, et je vais m'écraser. »


« Hideaki Yamada, lâcha-t-il d'une voix neutre. J'ai été muté. J'étais aux archives. »

Et Yamada pouvait se targuer d'avoir toujours accompli un travail exemplaire : au contraire de Nathan, qui baisait avec une sale blonde, et qui était incapable de séparer sa bite du devoir. Hideaki continuait de sourire, tous ses traits étaient figés dans cette expression ; un moyen de défense qu'il avait élaboré au fil des années. Il l'avait tellement utilisé que ce sourire apparaissait toujours, quoi qu’il fasse. Il apparaissait lorsqu'il devait se conduire aimablement, il était apparu lorsqu'on l'avait tabassé à la sortie du lycée pour ses notes et son porte-monnaie, ou encore quand son camarade de classe avait volé « sa copine ». Et pire ! Lorsqu'il avait obtenu la première place au classement de leur dernière année. Rien que ce souvenir lui tordait les boyaux. Enfin, sa main rencontra une présence rassurante : une tige en métal, et des verres. Hideaki se redressa alors, il essuya sa paire de lunettes, et il les posa sur son nez.

Mais...

Hideaki ferma les yeux, puis il les rouvrit. D'un côté, le jeune homme distinguait la face austère de Nathan, mais de l'autre... elle était fragmentée. Plusieurs fissures couraient sur son verre de droite, tordant la réalité, et surtout l'empêchant de voir correctement. Hideaki garda le silence, ses mains restèrent crispées sur ses lunettes, mais il garda son sourire figé. Au fond de lui, c'était un véritable volcan qui entrait en éruption. La douleur dans son ventre augmentait, suivit d'un son bourdonnement désagréable dans son oreille. Il avait envie de vomir. Oh... Hideaki avait toujours envie de vomir, car tout dans cette société le faisait vomir. Mais là... c'était une vraie nausée, il rentra la tête dans les épaules. Nathan tanguait devant lui, et ça l'angoissait plus. Il reconnaissait les signes, mais il était trop fier pour le dire. Il n'avait jamais eu besoin de l'aide des autres. Il lâcha le sac de médicaments, puis il reprit un visage neutre. Il allait faire comme si de rien n'était, c'était le mieux. Il rentrerait chez lui, il irait directement se coucher en s'excusant auprès de sa cousine. Il savait gérer ses crises. MAIS CE CONNARD AVAIT CASSÉ SES LUNETTES ! Et le pire, c'est qu'il osait dire qu'il était commun ?


« Voilà... qui est fâcheux... BLURPS. »

Le corps d'Hideaki fut secoué d'un violent frisson, il bascula en avant, comme s'il était sur le point de vomir. Toutefois, c'était du sang qui s'étala sur la veste de Nathan. Un sang rouge qu'il avait craché, et qui lui brûlait la gorge.
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Nathan S. Suzaku
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Lun 29 Juin - 17:54
En fait, il rencontrait enfin un individu qui idolâtrait Kira. Le fait qu'il ait été muté jusqu'à Londres le prouvait, et il appréciait d'autant plus qu'Hideaki Yamada n'eut pas une de ces coiffures de punks qu'il détestait tant...Voici du moins ce que pensait Nathan, réagissant au fait que l'homme, que cet homme était en fait une connaissance, même s'il était beaucoup moins gradé que lui et que par conséquent, il se fichait sans nul doute de sa petite vie comme de sa dernière chemise repassée. Ce qui l'intéressait, c'était juste de parler japonais et boulot : les deux lui manquaient tellement qu'il aurait donné n'importe quoi pour pouvoir le faire de nouveau.

Tout cela, c'était du moins avant que Hideaki ne lui régurgite son dernier repas dessus. Il crut voir flou, il pensa que ce n'était pas arrivé, mais si. Il ferma une demie seconde les yeux, et lorsqu'il les rouvrit, ce fut pour observer cette chemise pleine de sang. Une étrange odeur métallique flottait dans les airs, ce qui eut pour désagréable effet de lui rappeler son incarcération et tout ce qu'il avait pu subir – tout ce qu'Illness avait pu subir, également. Sa respiration se ralentissait, et si c'était à lui de venir en aide à Yamada, il le ferait sûrement dans deux siècles. Il voyait le visage de Cheshire, bloqueur, se rappelait de cette porte fermée – combien de fois avait-il tenté de la forcer, cette porte, en vain ? La respiration lui manquait et si Hideaki semblait à présent plus blanc que blanc, il était lui-aussi proche de ce teint.

Lorsqu'il commença à revenir à lui, il constata qu'il fixait ses mains. Des passants s'étaient approchés d'eux et soutenaient Yamada, lui posant des questions pour savoir s'il voyait clair – l'un d'entre eux lui avait même rendu ses lunettes. Il entendait le son d'une ambulance en arrière-plan et, pas très clairement, il vit quelqu'un s'approcher de lui, lui demander si tout allait bien et s'il avait besoin de soin. Nathan tentait de respirer doucement. De ne plus se souvenir de ces choses hideuses, de ne plus se remémorer l'image d'Illness, pratiquement morte dans ses bras. De se souvenir pourquoi il avait quitté le Japon et de pourquoi Kira n'était pas si bon que ça. De ne pas faire de crise, de ne pas se mettre à crier comme il l'aurait fait au naturel et respirer, comme Illness lui disait : il allait être papa, et ce n'était pas pour rien qu'il devait être tranquille.

« Je...vais bien. Juste...besoin d'une...chemise...propre. »

Des ambulanciers étaient arrivés, avaient embarqué Yamada et lui-même sans lui demander son avis. Qui aurait demandé son avis à un type qui avait l'air à côté de la plaque et à la chemise en sang ? Son absence de réflexe et le peu de peu de vivacité dont il faisait preuve les incita à croire que Nathan n'allait pas bien...et c'est ainsi qu'ils se retrouvèrent tous les deux aux urgences, en heure de pointe. Les cris, les pleurs résonnaient aux oreilles de Nathan comme autant de raison de partir le plus vite possible, mais ils furent reçus en priorité, puis jetés dehors expressément, chacun avec son traitement, Nathan se promettant de ne jamais prendre le sien.

« Je...Vous êtes malade ? Vous avez peut-être été muté pour cela ? Moi, je vais devenir papa. »

Devenir papa. Avoir la responsabilité d'un gosse, lui qui n'arrivait déjà pas à prendre soin de lui-même.

« On ne sait pas vraiment si ce sera un garçon ou une fille. Je suis terrifié. »





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Mer 8 Juil - 23:59
Les urgences.

Depuis ses dix-sept ans, Hideaki s'était débrouillé pour ne plus y retourner. Ça faisait mauvais genre. Qui voudrait employer un jeune homme qui faisait de l'hypertension depuis son adolescence ? Mais lui et ça, c'était une longue histoire. Des années entières de frustrations et de douleur. Chacun de ses nerfs lui faisait mal. Il espérait qu'on ne lui diagnostiquerait pas un ulcère, c'était ça sa crainte. Il détestait les urgences, il détestait entendre les sirènes vriller dans ses tympans ; des cris suraigus d'animal malades. Il supporta ce manège un bon moment, l'air blasé, mais parfois, il souriait pour cacher son inquiétude. On avait embarqué Nathan dans le tas, ridicule. Il était si stupide qu'il se laissait bousculé par ce petit évènement ? C'était Nathan, Hideaki ne devait pas chercher. Le médecin essaya de le convaincre de faire d'autres examens, mais il invoqua sa nièce ; il se faisait du souci pour elle. Shii-san risquait de faire de mauvaises rencontres, s'il n'était pas là pour la surveiller.

Dehors avec Nathan, Hideaki n'avait qu'une seule pensée : rentrer chez lui. La situation l'avait épuisé, il voyait des étoiles danser devant ses yeux. Il savait pourquoi son estomac le tiraillait autant, il se retenait de se plier en deux. La dignité avant toute chose. Il observa longuement l'ancien ministre, il plissa les yeux. Un truc pareil allait être père ? Quelle plaisanterie. Et bien sûr, la mère allait être la poufiasse en jaune. Et lui, ça ne le faisait pas rire (jaune). Le jeune homme observa avec indifférence Nathan. Que devait-il répondre ? Qu'il lui conseillait de se pendre pour lui éviter à être père ? Il se contenta de sourire, comme il le faisait d'habitude, et il fit sur un ton faussement gai :


« Ah ? Félicitation. »

Il était terrifié ? Il pouvait l'être. Si lui-même était aussi incompétent, il serait effrayé d'avoir un enfant, qui déterminerait un échec supplémentaire dans sa vie. Pour sa part, Hideaki avait décidé qu'il ne connaîtrait jamais l'amour. Les relations sexuelles ? N'en parlons pas ! Un véritable mystère. Le seul film pornographique qu'il avait vu, c'était Izumi Miyamoto qui le lui avait montré, afin de le titiller un peu. Résultat ? Hideaki avait été la vidéo, il avait fusillé son camarade de classe du regard, et il avait refusé de lui adresser la parole. Il le détestait d'ailleurs toujours.


« Vous verrez... »

Hideaki se retint de soupirer, il voulait quoi ? Le voir jouer les confidents ? Est-ce qu'il avait la tête de celui qui écoutait ?

« Voulez-vous en parler autour d'un thé ? »

L'hypocrisie, ça lui tenait les tripes bien fort. Pour peu, il allait à nouveau vomir du sang. Il tremblait légèrement, la migraine restait. Il plissa les yeux, et il attendit que Nathan accepte — ou non — sa proposition. Hideaki lui fit d'abord signe d'attendre, il sortit son téléphone, et il fit tout en cherchant le numéro de Shina :

« J'ai été promue pour mon travail. Par ici. Avec les derniers changements... »

Autant dire qu'il n'avait pas envie de s'étendre sur le sujet. Ne serait-ce parce que Hideaki avait le mal du pays. L'Angleterre l'avait rendu malade dès l'instant où il avait posé un pied sur cette terre. C'était tellement différent de sa culture ! Il ne s'adaptait pas. C'était un pays de dégénérés ! Et Nathan en faisait partie. Il était le Roi des tarés, et des autistes ! Il y régnait avec sa maladie qu'était la soif de l'autorité. Hideaki en était souffrant aussi, mais dans une autre mesure. Il ne savait pas quoi dire. Parler avec les autres, ça n'avait jamais été son truc. Il frotta ses mains, ses yeux allaient de Nathan à son téléphone, il remonta ses lunettes sur son nez.

« Pardonnez-moi, je dois prévenir... ma cousine que je ne rentrerais pas tout de suite. »

Évidemment, Hideaki lui cacherait ce qui lui était arrivé. Il était hors de question de paraître faible. Surtout devant elle. C'était... un truc bien japonais, enraciné dans ses veines, et ça portait le nom pénible de « dignité ». Dignité masculine même. Il fronça les sourcils, Hideaki restait devant Nathan, il continuait de le détailler.

« Je vous avoue... que je ne suis pas marié, je ne sais pas ce que ça fera d'être père. »

Parce que s'il se mariait... c'était que son père le déciderait. Terminer son existence avec une femme ? Ça lui serrait le coeur, il ne savait pas comment se comporter avec elles. Les femmes, c'était un peu un pokemon légendaire qu'il n'avait jamais rencontré jusqu'ici. Si... mais Miyamto avait fait comme pour sa première place aux examens : il la lui avait volée.
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Nathan S. Suzaku
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Lun 24 Aoû - 19:03
Nathan avait vraiment changé. Lui qui avait toujours eu accès aux plus aux fonctions, se retrouver déchu de cette manière était drôlement humiliant. Il n'aurait sans doute jamais parlé à ce...Yamada, si il n'avait pas démissionné pour suivre Illness.

« Je veux bien que nous allions boire un thé. Et appeler votre cousine. Il est hors de question qu'elle s'inquiète car vous ne revenez pas à temps. »

Plus qu'un ennemi potentiel, il voyait là un compatriote japonais avec qui il pouvait parler, alors même qu'il était autant en panique. Qui sait, peut-être pouvait-il réussir à le recommander, à l'ambassade...et là, au lieu d'un travail caché, il pourrait en avoir deux et le MI6 serait heureux d'avoir des informations venant de lui. Informations qu'Illness ne devrait jamais connaître, sous peine d'essuyer de sa part une crise qu'il ne pourrait gérer.

Nathan le laissa téléphoner à sa cousine : il aurait pu lui mentir qu'il ne s'en serait même pas rendu compte : il n'était pas très doué pour cela, comme il n'était pas très doué pour beaucoup d'autres choses. Pour l'attendre, il s'alluma une clope – c'était bien ce que faisait le commun des mortels pour prouver qu'ils n'étaient pas là à faire le pied de grue, n'était-il pas ? ...Et sentir la nicotine se propager dans son organisme lui fit un bien fou. Il écrasa la clope avec son pied sitôt que Yamada en eut fini, et lui montra la direction vers un petit salon de thé qu'il avait lui-même trouvé, quelques semaines auparavant.

« C'est un très bon salon de thé, j'y suis allé avec...mh. Avec quelques amis la semaine dernière. C'est anglais, mais la qualité de leurs feuilles n'est pas sans nous rappeler notre pays. »

La boutique ne payait pas de mine : c'était sobre, il n'y avait pas de décorations superflues comme les haïssaient Nathan. Elles avaient le don de le mettre mal à l'aise. Il fit signe à la gérante, leur demanda une table pour deux et s'assit le premier sur la chaise : un peu de sucre n'allait pas lui faire du mal, il était si blanc à cause de l'incident qu'il ressemblait actuellement à un fantôme.

« Ce n'est pas trop tard pour vous, vous savez. Qui sait, vous trouverez peut-être ici la femme qui...Mh...Que vous aimerez. Un sentiment comme l'amour est si irrationnel qu'il est franchement ridicule. Aucune preuve concrète, juste une obsession. Ce n'est que lorsqu'il finit par vous tomber dessus que vous vous rendez compte de la magie de la chose, de sa folie. »

Il aurait pu parler d'articles de lois avec cette même voix morne et ennuyeuse qu'on n'en aurait absolument pas été surpris. De toute façon, tout ce qui émanait de Nathan était chiant comme la braise, et son regard lui-même donnait l'impression d'avoir appartenu à un triste poisson mort.

« Dans quel service de l'ambassade du Japon avez-vous dit avoir été muté ? Pourriez-vous me recommander, si cela ne vous gêne pas ? », la serveuse arriva pour prendre les commandes. « Je prendrais un thé au jasmin accompagné d'une de vos brioches. »

Pas de merci, rien. Il ne fallait pas non plus rêver.





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Lun 24 Aoû - 23:55
Hideaki écouta Nathan parler maladroitement d'amour avec un sourire poli. Il songeait à quel point ce type pouvait l'agacer, d'où il pouvait dire qu'il était Japonais ? Qu'est-ce qu'il y avait de Japonais chez lui ? Son nom de famille, voilà tout. Comment osait-il prétendre être Japonais, alors qu'il se fondait parfaitement dans la masse anglaise ? Il n'avait pas à subir les remarques déplacées des chauffeurs de taxi, ou encore les couinements des adolescentes lorsqu'elles se rendaient compte qu'il était Japonais de la racine de ses cheveux, jusqu'à ses ongles de pieds. Hideaki resserrait les doigts sur la table, tel un rapace, mais en gardant le sourire. Il ravalait des bouffées de rage, sentant la fièvre revenir. Et puis quoi encore ? Qu'est-ce qu'il foutrait ? Il n'allait pas lui rendre service. Il ne le voulait pas au gouvernement. Il ne voulait pas le côtoyer tous les jours, comme ça avait été le cas. Mais il se contenta de lâcher hypocritement :

« Je verrais ce que je peux faire. »

Alors qu'il ne ferait rien. RIEN. Jamais. Pas pour ce type. Hideaki cessa quelques secondes de fulminer pour réfléchir à ce qu'il racontait sur l'amour. L'amour. Un sentiment vaste, une perte de temps incroyable. Il ne croyait pas en l'amour, et dès qu'il songeait à sa jeunesse, il se rappelait de sa « copine ». Un échec, qui l'avait éloigné des études. Une erreur. Parce que Miyamoto lui avait pris. Il ne s'était rien passé, il n'avait même pas pensé à lui tenir la main, s'étant contenté de la raccompagner tous les jours chez elle. Une heure en moins à étudier. La jeunesse apportait des erreurs de jugement qu'il refusait de refaire dans sa vie d'adulte.

« Je ne pense pas que ça m'arriverait, honnêtement. »

Oui. Honnêtement. Hideaki avait utilisé ce mot, habituellement absent de vocabulaire, pour exprimer le véritable fond de sa pensée. Le thé arriva, il remercia la serveuse d'un sourire affable. Nathan était déjà venu ici ? Avec des amis ? Étonnant. Hideaki ne pouvait pas l'imaginer entouré par les autres. Nathan... était... comme lui ? Impossible. Le jeune homme était toujours exemplaire ! Mais lui aussi, il n'avait pas d'ami. Il n'en avait jamais eu, malgré tous les efforts de Miyamoto pour se rapprocher de lui. Il ferma les yeux. Il avait à nouveau mal au crâne.


« Je ne vois pas l'intérêt du mariage. Mais vous me diriez comme tout le monde, que c'est parce que je ne suis jamais tombé amoureux. »

Hideaki s'empêcha de rajouter qu'il songeait cela impossible. Lui, amoureux ? Non. Il avait le coeur trop froid, aucune empathie pour ça, et surtout... presque aucune envie sexuelle. Tomber amoureux donnait le désir du corps de l'autre ? Il n'avait pas ressenti ça pour sa « copine ». Il s'était contenté de la trouver jolie, amusante, et intelligente. En réalité, trop inaccessible pour lui. Incapable d'approcher une fille, ou en réalité n'importe qui, il se retrouvait puceau à vingt-quatre tans. Un triste destin, jugerait-on, mais lui... ça n'avait pas la moindre importance. Il ne pouvait pas accepter d'être assez proche de quelqu'un pour se mettre nu, et toucher cette personne. Ou même. D'être touché. Un frisson traversa son dos.

« Enfin... bredouilla Hideaki. »

Nathan allait-il lui servir ce discours ? Peut-être pas. Hideaki avait remarqué que l'ancien ministre ne se comportait pas normalement, mais lui-même... n'agissait pas dans les normes sociales. Il ne faisait que les singer, il était un acteur, jamais lui-même. Il prit une grande inspiration, puis il sourit :

« Enfin, j'ai tout mon temps, n'est-ce pas ? Les archives sont déjà un assez grand travail comme ça... »

Pas besoin de s'encombre d'avantage, il avait déjà Shina. Même si l'adolescente était d'un naturel discret, elle restait à sa charge. Hideaki ne pouvait pas s'empêcher de se faire du souci pour elle. Il craignait la retrouver à tout moment dans les bras d'un étudiant punk, avec des chiens, roux, et percés sur tout le visage. Cette vision même en imagination le rebutait. Si Shina devait se trouver quelqu'un, songea-t-il, cela devait être ABSOLUMENT un Japonais. Ne serait-ce que pour éteindre le sang Français dans ses veines, mais aussi parce qu'un Japonais saurait lui apporter ce qu'il y avait de mieux pour elle. Un mari attentionné, éduqué, travailleur. Pas comme tous ces Anglais ! Hideaki bossait pour quatre personnes — au moins ! —, et ne pouvait pas vivre sans travail. C'était une drogue. Une véritable drogue. Mais Hideaki n'avait que ça, son travail. Au point, où les congés étaient un cauchemar terrible à ses yeux.
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Nathan S. Suzaku
Ministre de la Censure et de la Propagande
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Localisation : Sur la Toile
Jeu 29 Oct - 19:18
Spoiler:
 

Qui lui aurait un jour dit qu'il accompagnerait, dans un état déplorable, un sous-fifre dans un salon de thé ? Nathan se serait bien ri au nez si on lui avait annoncé cela. D'ailleurs, il aurait sûrement insulté le voyant, lui aurait jeté son thé à la gueule en lui disant qu'il ne croyait pas à toutes ces saloperies.
Il était actuellement assis sur une chaise pas confortable, dans une boutique minable ; sa langue le démangeait. Il brûlait de dire au patron que son salon était pourri, qu'il n'avait rien d'un salon et qu'il ressemblait plutôt à un bar quelconque. Les décorations étaient pourries, trompant à peine sur le manque de budget visible de la boutique et il aurait souhaité se damner, deux ans auparavant, plutôt que de partager une boisson avec l'archiviste qui lui faisait face.

Archiviste qui n'avait  d'ailleurs pas répondu à sa toute simple question : pouvait-il lui obtenir une place au sein de l'ambassade ? Il était à peine ce que diable l'autre pouvait lui dire, hochant vaguement de la tête lorsqu'il prononçait une phrase. Jadis, il avait été ministre : pas un très sociable ministre, mais il en avait au moins la stature et le langage. Les discours officiels qu'il avait fait étaient tous très rigoureux et il savait se conduire avec diplomatie lorsqu'il était face à des interlocuteurs importants.

"L'emploi dont je parlais. Je n'ai plus le même nom qu'avant... Curieusement, sans doute pour qu'on me fiche la paix le dimanche, les services secrets ont décidé de me soumettre à un autre patronyme."

Il n'y en avait que pour lui et il n'y en avait jamais rien rien que pour lui. Et pour Illness. Cet homme n'avait pas de couleur, il était juste un tout petit fonctionnaire. Il lui avait demandé de le recommander, mais au fond, il s'en foutait sans doute un peu, c'était plus par réflexe qu'autre chose : le travail manquait tant à Nathan Suzaku, maintenant qu'il n'en avait plus. Mais il savait ce qu'il se passerait s'il se retrouvait un jour sous les ordres du personnel qu'il avait sans cesse opprimé et savait que cela se passerait très mal.

On lui apporta rapidement le thé ; il le renifla, comme tout ce qu'il allait manger et le mit de côté...visiblement, il n'y avait pas que l'apparence du salon, qui avait l'air pourrie. L'homme avait toujours l'air très maigre, surtout sans son grand imperméable, cela se voyait un peu.

Il s'ennuyait, bordel. Pourquoi n'arrivaient-ils pas à le comprendre ? Pourquoi ne lui donnaient-ils pas de boulot sérieux ?

"Maintenant, je veux savoir quelque chose, honnêtement...Que disaient-ils de moi, quand j'étais ministre ?"





Spoiler:
 
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Messages : 78
Localisation : Sous un tas de paprasse.
Mar 3 Nov - 12:53
Putain... Mais qu'est-ce qu'il en avait à foutre ? Il ne voulait pas arrêter de parler de lui-même deux minutes ? Il n'était pas un miroir dans lequel il pouvait se refléter en boucle, se répéter à quel point il était... Hideaki sourit. Oui. Voilà. Bon garçon. Sourire. Toujours sourire. Tu dois être aimable Hideaki, tu dois porter constamment un masque qui n'est pas toi. Personne ne doit savoir ce que tu es au fond : un petit archiviste insignifiant, dont l'estomac brûle en permanence. À chaque parole ravalée, il se tord dans ton ventre, et te crache de l'acide, te disant combien tu es mauvais. Oui. Hideaki. Ce que tu montres, c'est un visage lisse, sans saveur, afin de te faire apprécier. Au fond, tu es détestable.

Comme Nathan.

Yamada referma le poing, il ne goûtait pas au thé, il craignait de le cracher sur Nathan. Une personne exécrable, confinée dans ses a priori, et dans les souvenirs qu'il avait ramenés du Japon. Toutefois, Nathen devait fort le mépriser pour estimer que ce n'était pas dangereux de lui révéler ces informations. Il avait changé de patronyme ? Le cerveau de Hideaki se mit aussitôt en marche, il décida combien cette information était importante, et surtout... elle pouvait lui être utile plus tard. Le jeune homme regarda le fond de sa tasse, il respirait le parfum du thé, et il se rendit brusquement compte que sa terre natale lui manquait. Mais sa figure restait blanche, informe, aucune émotion pour venir la raviver. Oui, il était insipide. Oui, Nathan lui cassait les couilles.


« Je ne sais pas... je n'écoutais pas les bruits de couloir... mais... »

Hideaki releva la tête vers Nathan, il le détailla en silence. Peut-être avait-il trouvé un moyen de se défouler ? Il plissa le front, ainsi que les yeux, tentant de voir ce que Nathan cachait. Un maniaque ? Puis, Hideaki soupira, et il déclara :

« Je me souviens... qu'on racontait que vous aviez fait plusieurs erreurs... »

Non, c'était ce que lui avait pensé.

« Notamment parce que vous avez... vous étiez en couple... avec cette femme en jaune, faisant partie de la rébellion. N'était-ce pas ironique de la part du Ministre de la Censure ? »

Hideaki souriait poliment, il s'avançait à taton sur un terrain difficile. Il but une gorgée de thé, et il poursuivit :

« Que vous étiez pénible, maniaque, bizarre, et incompétent. »

Oui, c'était ce qu'il pensait. Nathan lui avait donné l'occasion d'être franc sous le couvert de « qu'est-ce qu'ils disaient de moi » ? Alors le jeune homme en profitait, sans lui laisser l'occasion de comprendre que c'était ce qu'il pensait de lui.

« Vos collègues ne vous appréciaient pas. »

Parce que qui pouvait apprécier un tel taré comme vous ? Songea Hideaki, en fermant les yeux, le temps d'enlever ses lunettes. Une ombre, une goutte, un voile... était venu couvrir sa vision. Il les nettoya d'une main tremblante, mais attentionnée, pragmatique. En les juchant sur son nez, le jeune homme conclut :

« Voilà ce dont je me souviens. »

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