Pitié et allégeance à toi, Kira ! La foule s'inclina en silence, respectueusement devant cette idole masquée et inconnue.
 
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Localisation : Sous un tas de paprasse.
Mer 1 Avr - 15:44
Hideaki Yamada poussa un soupir. Aujourd'hui, ce n'était pas une journée habituelle, et cela bousculait ses habitudes, chose pénible à ses yeux. Il peinait à s'adapter à sa vie ici, il ne se retrouvait pas dans le regard des Anglais. Il était une tache blanche et noire dans cette existence grise, et les moeurs... oh bon sang ! Le jeune homme grinçait des dents. Au Japon, il avait été souvent déconcerté par les tenues que certains jeunes portaient pour imiter leurs personnages favoris, mais ici... il était passé devant Camden Town avant de se rendre à la gare, et son sang n'avait fait qu'un tour. Cette population colorée et excentrique lui donnait la nausée. Mais aujourd'hui n'était pas un jour normal. Depuis presque deux ans, c'était la première fois qu'Hideaki demandait à prendre des congés. Son oncle était mort.

Et il lui avait fait la promesse de s'occuper de sa fille, Shiina. Une franco-japonaise... et une adolescente, surtout. Il ne savait pas ce qu'il lui était passé par la tête, lorsqu'il avait accepté, mais il l'avait fait. Par politesse, Hideaki ne disait jamais « non ». Alors il avait pris un taxi pour se rendre jusqu'à la gare, les yeux rivés sur le paysage défilant derrière les vitres. Il avait pris son après-midi pour l'enfant, et il était habillé en costume noir ; il ressemblait à un secrétaire. Il n'était pas assez charismatique pour passer pour un cadre. Le moteur de la voiture vibrait dans ses oreilles, accompagné de la musique de mauvaise qualité qu'écoutait le chauffeur. Celui-ci avait le bon sens de ne pas engager la conversation ; c'était un quidam, Yamada n'avait aucun effort à faire pour lui plaire.

Lorsqu'enfin son voyage se termina, le jeune homme remercia le chauffeur avec un sourire poli, et lui donna son dû. Dans la gare, il plongea son regard sur les tableaux ; il peinait à lire l'anglais. Cette langue... il l'avait appris, soigneusement, à l'école.... mais l'exprimer à l'oral le dérangeait. Les mots ne se formaient pas de la même façon. Il secoua la tête en soupirant, il était crispé, et son pas restait éternellement raide. Il regarda sa montre, puis le tableau où on indiquait l'arrivée des trains, à nouveau sa montre. Deux minutes de retards. Ce fut assez pour le faire grincer des dents, et serrer les poings. Hideaki ne supportait pas lorsque les choses n'allaient pas dans le bon sens. Bientôt, dans son petit appartement blanc, il y aurait une autre tache colorée se promenant sur le paysage, et ça... le déroûtait. Depuis qu'il avait quitté la maison de ses parents, il avait pris ses habitudes... vivre seul... ça lui convenait. Travailler seul aussi. La pancarte entre les mains, il se plaça sur le quai, fouillant de son regard sombre la petite tête qu'il cherchait. Hideaki était nerveux. Une fille... chez lui. Une inconnue en plus ! Même s'ils partageaient le même sang.

Et Shiina apparut. Hideaki prit une aspiration, et il se dirigea vers elle. En souriant, il planta son regard dans le sien ; il essayait de paraître le plus doux possible, plus affable, mais les muscles de son visage restaient tendus. C'était dans sa nature de mentir pour « faire bien ». Et même si la petite faisait partie de sa famille, Hideaki ne lui dévoilerait rien de sa véritable personnalité. Tout en lui n'était qu'une façade, et ce qu'elle cachait, c'était creux. Il la salua :


« Ah ! Shiina-san, je suis Hideaki. Je suis heureux de faire ta rencontre. »

Et il lui mentirait, durant tout le temps qu'elle passerait auprès de lui. Son oncle était mort, la petite n'en savait rien, et lui, il ne s'en émouvait pas. Le jeune homme se baissa pour prendre les affaires de sa cousine, et sur ce même ton affable, il poursuivit :

« J'espère que tu te plairas ici... »

Le tout en Japonais bien sûr. Au moins, il s'assurait que les Anglais n'espionnaient pas leurs conversations. Par moment, Hideaki était paranoïaque. Il l'encouragea à le suivre. Pour une fois, dans ce paysage, Hideaki dénotait, et ça lui donnait une drôle d'impression. Avec ses cheveux noirs, bien peignés, son teint, ses yeux bridés, il ne faisait plus partie de la masse Japonaise. Il était un Jaune décoloré chez les blancs, et ça le dégoûtait. Il leva la main pour appeler un taxi, et il se tourna vers sa cousine. Au moins, elle avait la décence de parler correctement sa langue maternelle.

« As-tu fait un bon voyage ? »

Simple politesse.
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Jeu 9 Avr - 22:44
Shiina le vouvoyait... ce qui déconcerta Hideaki. Oui, parfois, durant les nuits de pleine lune, où les sorcières sortaient pour faire le sabbat, il arrivait qu'il soit déconcerté. Pourtant, le jeune homme n'osa pas lui dire tout de suite qu'elle pouvait se montrer familière avec lui. Elle n'était pas grand-chose même pour lui... une inconnue. Une demie française, une demie japonaise, une chose se trouvant entre deux eaux, mais qui n'était certainement pas de sa famille. Une fois dans le taxi, il posa son coude sur le rebord de la portière après s'être soigneusement attaché. La ceinture grattait contre son cou, mais il tentait de ne pas y faire attention. Tout ceci le rendait songeur. Hideaki n'avait plus l'habitude des autres, sa solitude l'avait enfoui sous un tas de sarcasmes. Le taxi leur jeta un regard, lorsque la voiture s'arrêta au feu en émettant un ronronnement. Il lança pour rompre le silence qu'ils avaient installé :

« Vous êtes chinois ? »

L'espace d'une seconde, le visage d'Hideaki s'assombrit. Mais comme si ça n'était jamais arrivé, il sourit en répondant, gêné :


« Non... Japonais.
— Ah ! S'exclama l'homme. J'adore Dragon Ball Z ! »

Hideaki laissa échapper un petit rire nerveux. Il n'en pensait pas moins ; les Européens ! Toujours à les confondre avec des Chinois, incapables de faire la différence ! Et lui, il trouvait qu'ils se ressemblaient tous avec leurs gros nez, leurs grands yeux, et leurs joues rouges. Il haussa les sourcils, et il tourna la tête vers le paysage. Le chauffeur semblait désirer ajouter autre chose, mais le jeune homme s'était vite refermé comme une huître. Il remua les épaules, et sur un ton laconique, il fit à Shiina :

« Ton lit arrivera demain. Tu prendras le mien en attendant, je dormirais sur le canapé. »

Il ne s'attendait pas à un « oui » ou un « non », il s'attendait à l'obéissance. Rien de plus simple. Mais il n'avait jamais été réellement autoritaire ; il s'était contenté de suivre les ordres de son père, et celui-ci lui avait fortement conseillé de prendre soin d'elle, et d'en faire une jeune fille plus que respectable. Hideaki ne savait pas quoi penser de cette étrangère qu'on lui jetait dans les pattes. Toutefois, éternel hypocrite, il n'en montrait, et il se contentait de son affabilité avec elle. Il ne savait pas comment se comporter.

« Je ne pourrais pas venir t'accompagner tous les jours pour l'école, ni te chercher, excuse-moi. »

Oui... il s'excusait parce qu'elle devrait se débrouiller toute seule, pendant qu'il mourrait d'inquiétude. Qui sait ? Un mauvais garçon anglais pourrait facilement jouer avec elle, la manipuler, et la faire fumer pour finir par lui faire un gosse ! Hideaki plissa les yeux. Il devait éviter ça tout prix !

« Je t'appellerais pour savoir si tu es bien rentré ou non, je t'aiderais aussi pour tes devoirs. »

Après tout, il avait passé toute son existence plongé dans des livres. Au point où il ne voyait plus rien sans ses lunettes, et que ses reins le brûlaient au moindre mouvement. Autant que ça serve encore, et qu'il apprenne à Shiina tout ce que son crâne avait pu mémoriser. Même si à ces souvenirs, Hideaki avait envie de vomir. Il remua encore un peu, le paysage défilait plus vite que prévu. Heureusement, il rentrerait vite chez lui, et ça lui allait. La voiture poussa un dernier ronronnement, le chauffeur soupira, et il les invita à sortir. Pendant que le Japonais fouillait dans sa poche pour le payer, il sortit du coffre les affaires de Shiina. Il lui offrit un regard dégoûté, lorsqu'il constata que le Jaune ne lui avait pas donné de pourboire. Un pourboire, ça se méritait ! Et son voyage n'avait pas été exemplaire. Il lui souhaita malgré tout une bonne journée, et prenant les affaires de sa cousine, Hideaki entra dans l'immeuble.

« J'ai un double dans l'entrée, je te le passerais. Si tu as besoin de quoi que ce soit, dis-le-moi... tu as peut-être envie de nouveaux vêtements ? »

Ce n'était pas un reproche, juste une banalité pour éviter que le silence s'installe un peu trop longtemps entre eux. Hideaki entra la clef dans la serrure, il la tourna sur la droite deux fois, jusqu'à entendre le « clic » familier. La porte grinça, il la retint pour laisser passer Shiina, et il se dirigea vers l'ascenseur. Tandis qu'il grondait, il ajouta :


« Tu seras couchée aux alentours de vingt-deux heures trente, je faisais pareille à ton âge... »

Pas vraiment. Hideaki avait passé de nombreuses nuits blanches pour apprendre des cours absurdes. Mais il devait être un exemple pour sa cousine. Il appuya sur le bouton, et en se tournant vers Shiina, il ajouta :

« As-tu des questions ? »

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Mar 14 Avr - 11:29
Au moins Shiina était consciencieuse, songea Hideaki avec soulagement. Il avait craint de se retrouver avec une adolescente un peu empotée, complètement perdue dans cet univers bizarre et coloré qu'était Londres. Il eut un sourire, ça lui ferait un souci de moins. Il pensait tout le temps à ce qu'il devait faire, et surtout comment mieux faire. Comment devait-il se comporter avec elle ? Le jeune homme n'était pas habitué au contact des femmes ; il l'avait même évité souvent. Shiina n'était pas une femme, c'était une enfant, et surtout, c'était sa cousine. Toutefois, ça ne l'empêchait pas de se sentir mal à l'aise en sa présence. Devait-il se comporter avec elle comme tout le monde ? Devait-il être courtois et attentionné ? Même s'il n'en avait pas envie, et que déjà, sa solitude lui manquait ? Elle risquait de déranger ses affaires, ce qui le faisait grincer des dents. Juste en rangeant dans ses placards, par exemple, Shiina pourrait désordonner le petit univers réglé de Hideaki, et ça l'angoissait.

Sa valise dans la main, le jeune homme compta le nombre d'étages restant avant le leur, stressé. C'était un moyen comme un autre de faire passer le temps. Lorsque les portes de l'ascenseur s'ouvrirent, Hideaki fronça les sourcils à la question de sa cousine. Elle voulait cuisiner ? Pourquoi pas... mais elle ne devait pas s'attendre à grand-chose avec lui, puisqu'il aimait tout. Les plats qu'il avait détestés enfant, il s'était forcé à les aimer pour ne pas gêner sa mère, ou les autres. Il cuisinait lui-même — japonais évidemment —, mais ce n'était guère très recherché. Il allait directement au but, faute de temps et de motivation. Il haussa finalement les épaules :


« J'aime tout, je n'ai pas d'allergie, mais je fais de l'hypertension, alors évite le sel autant que possible, s'il te plait. Et pour les épiceries... je me renseignerai. »

Aah... l'hypertension. Hideaki avait commencé à en faire à partir de ses dix-sept ans, chose qui n'était pas censée arriver pour un adolescent. Depuis, elle se collait à lui, elle le suivait partout, et dès que quelque chose d'un peu surprenant arrivait, elle l'attaquait. Même s'il paraissait serein devant Shiina, Hideaki était un être totalement névrosé et angoissé. Angoissé de ne pas réussir, angoissé par les autres, et par ses propres attentes. Son père l'avait formaté depuis l'enfance, s'occupant de son avenir sans lui toucher un mot. Pour lui plaire, pour recevoir un semblant d'amour, Hideaki s'était démené comme un forcené. Son père lui avait arraché tout ce qui faisait de lui un être humain, mais grâce à ça, il avait réussi. Et c'était le plus important. C'était son père qui l'avait encouragé à accepter ce poste qu'on lui avait proposé, malgré sa peur de se retrouver en terre étrangère. Il détestait cette ville.

Hideaki enfonça la clef dans la serrure de son appartement. Il la tourna, et la porte s'ouvrit enfin sur un couloir étroit. Il laissa Shiina passer devant lui, il enleva ses chaussures qu'il rangea sur un petit tapis situé près de la porte. Il enleva ensuite sa veste qu'il posa soigneusement sur un porte-manteau. En soupirant, il reprit la valise de sa cousine, en faisant signe de faire de même, et de le suivre. À la gauche se trouvait une porte avec les toilettes, et la salle de bain ; on se sentait étouffé dans ce petit couloir sombre. Enfin, Hideaki posa un pied dans la cuisine, et le salon. À sa droite se trouvaient la cuisinière, diverses étagères, et l'évier. Tout au bout, il y avait le réfrigérateur, et face à lui, une table rectangulaire avec deux chaises. Tout était parfaitement rangé. Derrière la table, on rencontrait une brande baie vitrée avec des rideaux blancs. Sur le mur de gauche, il y avait un canapé, et en face de celui-ci, une table basse dont il se servait comme Kotatsu. Il n'y avait pas de télévision, juste un téléphone fixe près du canapé, et des étagères pleines de livres. Tout était blanc, sauf le canapé qui était noir.

Hideaki conduit ensuite sa cousine vers sa chambre, ils prirent un autre couloir. Sa chambre à lui était au fond, et celle de Shiina sur la droite. Il posa la main sur la poignée de la porte, et lui désigna son petit nid en souriant.

« Bienvenu chez toi. »

Et un autre sourire faux orna ses lèvres. Pour ne pas changer. Il ne savait même pas s'il espérait qu'elle se plairait ici, ou non ; ça n'avait pas d'importance, n'est-ce pas ? Lui, il ne ressentait rien de particulier pour cet appartement. Il l'avait pris en connaissance de cause pour Shiina, et c'était tout. Il n'y avait pas de décoration d'ailleurs, tout était utile, rien n'encombrait, ce qui le rendait froid, déshumanisé, mais exceptionnellement bien rangé.

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Mar 16 Juin - 18:01


Cela l'aiderait à étudier ? Hideaki l'espérait ! Shina chez lui, elle devait suivre un certain nombre de règles, comme : l'étude avant tout. Il eut un bref sourire, mais ce bref sourire commercial qu'il donnait à tout le monde. Hideaki n'était jamais lui-même. Il n'avait d'ailleurs pas essayé une seule fois. Il n'était qu'un masque, et derrière ce masque, il n'y avait rien. Pas même un coeur pour battre. C'était ainsi, c'était triste, sans doute, mais c'était sa manière de supporter cet univers. Shina semblait contente, tant mieux. Si elle se sentait bien chez lui, elle pourrait étudier comme il le faudrait. Il n'avait pas remarqué que durant la visite, sa cousine avait rougi. L'amour, le sexe, le plaisir... tout cela était des notions lui échappant totalement. Il croyait avoir aimé, une fois, et une fois seulement. Puis, il avait décidé que ce n'était qu'une expérience désastreuse, et inutile. C'était d'ailleurs la seule fois où il avait tenu la main d'une fille. Et il avait fallu attendre la fin de leur « rendez-vous » (ou plutôt, attendre qu'ils arrivent chez elle ; Hideaki n'avait jamais osé lui proposer une telle chose, il s'était contenté de la ramener tous les jours chez elle, après les cours) pour que ses doigts effleurent les siens. Il s'était ravisé ensuite, trouvant ce geste trop déplacé ; elle l'avait « quitté » quelques jours après pour se taper ce connard de...

Non. Tout ceci était fini, désormais. Dans un nouveau sourire commercial, Hideaki lâcha :


« Je te laisse t'installer, alors. Si tu as un souci, viens me voir. »

Le jeune homme ne laissa pas le temps à sa cousine d'ajouter quoi que ce soit, il disparut derrière la porte. Dans le couloir, il soupira. Il n'était plus habitué à vivre avec les autres, et l'isolement lui avait même plu. Au moins, il échappait aux cris et aux voix d'une maison pleine d'enfants. Il remua les épaules, il se laissa aller à quelques émotions, puis il jeta un regard au canapé, il allait passer la nuit dessus. Il le connaissait bien, ce canapé, il l'avait déjà accueilli lorsqu'il avait emménagé. Il prit une profonde inspiration, puis il décida qu'il était temps de préparer le repas. Certes, Shina avait dit qu'elle préférait s'en occuper, mais... elle devait être épuisée après ce voyage. Lui, il avait envie de se réfugier quelque part. Le travail ? Impossible, son médecin lui avait interdit de se démener plus que nécessaire. La cuisine serait un bon substitut. Un refuge. C'était bizarre... il n'était plus seul dans cet appartement blanc, et vaste, il était accompagné d'une adolescente. Comment se comportait-on avec les adolescents, déjà ? Shina semblait obéissante.

Hideaki remonta les manches de sa chemise, soigneusement, puis il lava ses mains. Une première fois, une seconde fois, puis il lava le robinet avec une éponge et du désinfectant, enfin il se releva les mains encore. Il les essuya dans une serviette propre, puant la lessive bon marché. Il commença à faire à manger. Il ne fit pas quelque chose de compliqué, mais de consistant. Du riz avec du poulet, et des légumes ; il ne donna rien de plus. Pas de sel, bien sûr, mais rien d'autre ; ça ne goûterait pas énormément. Shina ferait mieux, sans doute. Lui, il tentait juste de manger équilibré, rien de plus. Mais tout ce qui venait de Hideaki était fade, sans intérêt, même une bouteille de dissolvant paraissait avoir bon goût. Il avait mis un tablier. Drôle de genre, dirait son père, mais il était particulièrement soigneux avec ses affaires. Une tache... et c'était le drame. Il remonta ses lunettes sur son nez, puis il se posta devant la chambre de Shina. Pour ce soir, elle occuperait la sienne. Elle était encore plus blanche et froide que celle de Shina, mais aussi... affreusement vide. Hideaki n'aimait pas les futilités. Il frappa à la porte :


« Shina-san ! J'ai fini de préparer le repas. »

Même dans sa voix, il n'y avait pas d'émotions. Un robot était plus humain que lui. Hideaki pivota, puis il servit de l'eau à Shina en prévision, son verre à lui était à moitié remplit. Debout, il attendit qu'elle arrive pour s'asseoir, et boire un peu. Il enleva d'abord son tablier qu'il rangea à sa place, et sans mettre les coudes sur la table, il souffla :

« C'est quelque chose de simple, j'espère que ça te plaira. »

Et Hideaki sourit, avec ce sourire faux qui le caractérisait si bien.
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Mar 29 Déc - 17:08
Même si c'était fade, Hideaki ne s'en apercevait pas totalement. Il n'avait pas de goûts précis en matière de nourriture, et il prenait rarement du plaisir à se sustenter. Manger faisait partie des besoins ennuyeux, comme dormir, ou aller aux toilettes ; une perte de temps, selon lui. Parce qu'il ne pouvait pas travailler pendant ces moments. Si Shina lui avait demandé des épices, Yamada ne les lui aurait pas refusés. Chacun ses goûts, certes, et il pouvait aisément imaginer que sans sel ni poivre, son poulet aux légumes ne devait goûter que de l'eau. Le silence s'était installé entre eux. Hideaki ne le brisa pas, et se contenta d'apporter comme seule musique non pas sa voix, mais sa fourchette claquant dans son assiette. Lorsque Shina se redressa, Hideaki n'avait pas terminé de manger. Il se contenta de l'examiner, alors que peu à peu, la nourriture disparaissait dans son assiette ; il mangeait toujours lentement. Trop lentement. S'il allait trop vite, son estomac lui faisait des misères. D'ailleurs, son coeur battait un peu plus vite que d'habitude. Hideaki était épuisé de ces crises d'hypertensions. Si le travail ne le tuait pas, sa maladie s'en chargerait rapidement.

« Ah... oui. »

Fit-il au bout d'un moment, en se dépêchant de terminer de manger. Hideaki se releva ensuite, puis en souriant — commercialement — à Shina, il lui indiqua où les objets se trouvaient. Les casseroles se trouvaient au-dessus de l'évier, les couverts à gauche de celui-ci. L'égouttoir était rangé en dessous. Tout était parfaitement ordonné, et avait une place particulière. Si bien que son sens de l'organisation étant plutôt affutée, il était difficile de se tromper en cherchant quelque chose. Mis à part les couverts utilisés pour le repas de ce soir, la vaisselle était faite. Il y avait de quoi faire de la cuisine japonaise, cependant. Hideaki était attaché à ses racines et aux vieilles traditions, si bien que même s'il vivait comme un « Européen », il avait toujours quelque chose rappelant son pays natal. Il rangea la vaisselle sous l'évier, dans un énorme bac de couleur grise. Il se lava ensuite les mains. C'était le moment gênant où il se rendait compte qu'il n'avait rien à dire, surtout à une adolescente — et surtout à une fille —, il n'était décidément pas doué dans les relations sociales.


« Si tu veux t'occuper de la vaisselle, Shina-san, je peux la ranger. »

Parce qu'au moins, Hideaki pourrait camoufler sa gêne derrière des gestes. Lentement, l'archiviste comprenait qu'il allait vivre avec une fille à ses côtés. Cette créature mystérieuse qu'il avait évité de croiser au temps de son adolescence. Il prit un torchon rangé sur une chaise qu'ils n'avaient pas utilisée, puis il attendit que Shina commence la vaisselle. Il attendit derrière elle, et commença à essuyer les assiettes. Ce qui pouvait rester de leur repas, Hideaki alla le ranger dans une boîte en plastique, puis coinça cette dernière dans le réfrigérateur.
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