Pitié et allégeance à toi, Kira ! La foule s'inclina en silence, respectueusement devant cette idole masquée et inconnue.
 
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Fate Harlaown
Juliette sans Roméo
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Dim 12 Juil - 23:34
« Rien ne m'oblige à te trouver un copain pour passer le temps. » avait répondu sèchement Fate.

L'Inquisition. C'était un terme que l'armée avait emprunté à l'organisation cléricale pour baptiser ce service dont le seul et unique but était de faire taire les voix qui s'opposaient à Kira, tant en puissance qu'en acte. Plus que l'armée en elle-même, c'était l'Inquisition que Fate avait visé comme objectif final en s'engageant. Non pas qu'elle ait un certain attrait à pratiquer ce que l'on appelait proprement les « techniques d'interrogatoire renforcées », mais l'Inquisition représentait à ses yeux le moyen ultime de mettre un terme à la criminalité en remettant dans le droit chemin ceux pour qui la mort d'un criminel était un meurtre. Au contraire, c'était un juste retour des choses. Là était toute la nuance. Pour en convaincre certains ou encore forcer d'autres à avouer, il fallait parfois faire preuve d'inventivité. Au fil du temps, l'interrogatoire était devenue sa spécialité. En d'autres termes, mieux valait éviter de la chercher davantage sur ce point précis où elle saurait lui donner tort.

« Dompter ? C'est un faible mot pour expliquer ce qui t'attend si tu continues de te comporter comme un criminel. »

Une sale flic, c'était sans aucun doute ce pour quoi elle passait à l'instant. La provocation permanente de Snake achevait de mettre ses nerfs à vif. Consciente qu'il disposait d'un certain talent pour les sous-entendus scabreux, elle esquissa un sourire entendu et lâcha :

« J'ai des travers bien plus agréables, tu sais. Mais je ne les réserve qu'aux plus méritants. »

Le temps des révélations semblait finalement venu. Mieux valait ne pas couper Snake dans sa lancée, rien ne lui assurait de le voir revenir là-dessus par la suite. Fate joignit ses deux mains devant elle, calmement, et tendit une oreille attentive à ce que le rouquin s'apprêtait à dire. Pourvu qu'il ne s'agisse ni d'un mensonge, ni d'une bagatelle : elle ne serait sans doute pas aussi consensuelle qu'auparavant. Ses revendications lui paraissaient naturellement acceptables, elle se contenta d'un hochement de tête pour lui signifier son accord. Elle le protégerait, d'abord parce qu'il deviendrait son contact, ensuite parce qu'elle restait persuadée qu'il n'était pas un mauvais bougre. La question concernant le forum des hackeurs la surprit quelque peu.

« Oui. Nous avons connaissance de son existence et tentons régulièrement de nous y introduire. Mon dernier compte a malheureusement été supprimé. »

Malgré les efforts des nombreux informaticiens de talent qui servaient Kira, Fate et ses comparses n'étaient jamais parvenus à accéder à la totalité du forum. Seules les sections et conversations les plus anodines étaient à leur portée, rendant toute tentative d'interpellation impossible. L'opération était d'autant plus difficile que les hackeurs étaient littéralement intraçables et repéraient avec une facilité déconcertante les intrus. Chaque fois qu'elle avait tenté de se faire passer pour une autre et de semer la confusion parmi les membres, sa tentative s'était immédiatement soldé par une expulsion du serveur. Trouver un moyen d'y pénétrer serait une chance inespérée : Mello y communiquait très certainement.

« Le chat de Cheshire... » répéta t-elle, le regard un peu vague.

Le chat de Cheshire était connu de tous au quartier général, notamment pour ses qualités en hacking et piratage qui donnaient tant de fil à retordre au service informatique et que Nathan détestait tant. Cheshire était une pierre angulaire du réseau résistant depuis plusieurs années sans qu'aucune opération ne permette de mettre un nom, un visage ou même une quelconque information sur ce pseudonyme. Si Snake connaissait Cheshire, ce qu'il s'apprêtait à dévoiler avait tout l'air d'être une énorme découverte. Alors quand la fameuse information se profila enfin, Fate esquissa un sourire satisfait.
« Cheshire et Mello. Un beau duo d'emmerdeur. » s'esclaffa t-elle, le regard illuminé d'un certain regain d'espoir.

Matt. Ce n'était sans doute qu'un autre pseudonyme, mais c'était déjà beaucoup. Et, mieux encore, le simple fait que Snake ait connaissance de la proximité de ces deux leaders prouvaient qu'en creusant davantage dans cette direction ses recherches s'avéreraient sans doute fructueuses. Si Snake n'avait eu que des contacts ponctuels avec la résistance comme il l'affirmait, savoir de telle chose était à la portée de beaucoup d'individus. Crazy Snake. Oh, elle ne le lâcherait plus d'une semelle.

« Tu ne sais pas combien ton aide est précieuse ! Mais j'ai besoin d'en savoir plus. Quelqu'un l'a vu ? Leur "proximité", tu peux m'en dire davantage ? Tu as toujours des contacts, même en bordure, avec la résistance, n'est-ce pas ? »

Elle marqua une pause pour reprendre ses esprits et ralentir cette effusion de questions.

« Tu seras protégé, logé, nourri s'il le faut. Mieux, je peux te promettre que tu seras un mec heureux, même riche si tu le désires. Mais j'ai besoin que tu sois plus bavard. »


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Lun 13 Juil - 21:38
« Une copine, j'préfère toujours une copine. J'suis pas pédé. »

Chose que Crazy Snake revendiquait plutôt souvent. Il n'aimait pas les autres hommes, ne serait-ce parce que la plupart lui volaient ses compagnes. Ça commençait toujours pour une bête histoire ; au lycée, ça avait été un joueur de foot plus grand et musclé que lui. Qui n'avait jamais fumé de sa vie, qui avait de bonnes notes... un type détestable. Il mordilla sa lèvre inférieure, la fatigue se faisait sentir. Sa tête était lourde, son oeil se fermait seul, sans qu'il puisse lui en donner l'ordre. Le borgne commençait à s'ennuyer, la situation l'épuisait, et mentir n'était jamais son fort. Pourtant, ça avait l'air de plutôt bien marcher. Le souci, c'était que Fate ne le trouvait pas encore nécessaire. Du moins, il devait vite inventer une autre histoire.


« J'veux dormir. »

On aurait dit un gosse qui disait à sa mère : « j'veux une glace », et prêt à crier dans tous les sens pour obtenir ce qu'il désirait. Mais Crazy était réellement fatigué. La soirée ne se terminait pas, il n'avait pas la moindre idée de l'heure, et surtout... du travail l'attendait le lendemain. Ou plus tard. Il n'avait pas une aussi bonne notion du temps qu'il voulait. Il enfonça son poing dans sa mâchoire, les coudes sur la table, il jouait avec sa cigarette. Fate ne ne reliait pas au meurtre de Beyond Birthday, ni aux attentats ; tant mieux. Il fronça les sourcils.

« Mouais... c'est que des paroles. C'est toujours que des paroles. »

Grogna le borgne, sa mauvaise humeur était de plus en plus palpable. Il bâilla en couvrant à peine sa bouche, son haleine de cigarette et de soif se répandit devant lui. Avec lassitude, il tendit le bras, la cigarette près du cendrier. Il posa sa tête dessus, il voyait de moins en moins Fate. Plus les secondes défilaient, plus il sentait le sommeil le happer. Il devait se dépêcher ? Il avait mal dans le dos. Il soupira, puis d'une voix rauque, mais lasse, il avança :


« Cheshire est le bras droit. Le type dont je te parlais fait partie du camp de Mello. Lyciole. Tu t'rappelles ? Un terroriste. J'ai approché la résistance, parce que j'étais curieux. Mais en réalité, ils sont pas intéressants. Ils veulent éliminer Hadès. »

Que des cons ! Des cons persuadés d'avoir un objectif : le retour à la liberté. Vaste blague. Quand il entendait ça, Crazy avait envie de rire. Franchement, il aurait dû naître dans une autre époque ; là-bas, il aurait pu créer un véritable chaos. Il essuya la larme arrivant à son oeil, lorsqu'il bâilla encore. Finalement, il croisa les coudes sur la table, il cala son menton entre. Il examinait toujours Fate, l'air presque blasé de leurs conversations. Il eut un bref rictus, puis il se rappela de l'endroit où il se trouvait. Pouvait-il encore mentir longtemps ? Crazy ne savait pas. Il étouffa un bâillement, qui se déclencha encore.

« Je te dirais rien de plus pour ce soir. Je me sens pas bien. »

Pour une fois, le borgne disait la vérité. Il commençait à avoir des vertiges, la soirée le tuait. Il se redressa brusquement, il toussa une bonne quinzaine de secondes. Lorsqu'il s'arrêta, il écarquilla son oeil, et se remit à tousser de plus en plus fort. Sa toux était grasse, venant depuis ses poumons, et ça lui donnait l'impression que des aiguilles s'enfonçaient dans sa poitrine. Il avala sa salive, mais il n'arrivait pas à calmer. Il devint rouge, et il se tourna sur le côté pour continuer. Le poing devant la bouche, il se plia en deux. Et merde ! Ça lui faisait vraiment mal ! Impossible de se calmer ! La cigarette ? La cigarette l'aurait-elle trahi ? Non. Il reconnaissait ce truc. L'asthme. L'asthme, un bel ennemi, attendant toujours le bon moment pour le frapper. Comme par réaction nerveuse, Crazy chercha son inhalateur dans ses poches de son pantalon, puis de sa veste, avant de jeter celle-ci au sol. Pour autant, sa crise ne s'arrêtait pas. Au contraire, les aiguilles lui perforaient les poumons, le forçant à se tenir à moitié plié pour échapper à la souffrance. Il grinça des dents, il renvoya ses mèches de cheveux roux en arrière, avant de se relever en tremblant. Malaisément, il reprit sa veste, sans retrouver la moindre trace de son inhalateur. Il tenta ensuite de rallumer une cigarette, comme si ce mal pouvait le sauver de « ça ».

Mais pour Crazy Snake, la fumée, le son produit par le briquet, c'était ce qui le raccrochait à la vie. L'asthme se creuserait davantage dans ses poumons, mais l'odeur de cigarette lui donnait l'impression d'aller mieux. Il laissa celle dans le cendrier, et il tenta de ramener l'autre à ses lèvres.



« J'en étais où ? Ah oui... Le Chaos... ! »
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Fate Harlaown
Juliette sans Roméo
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Sam 18 Juil - 0:07
Dormir était sans doute la dernière chose qu'elle aurait aimé le voir faire à cet instant précis. Elle avait tant de questions sans réponses depuis si longtemps et la menace était si grande que leur résolution était devenue une priorité absolue. Là, devant elle, se tenait la solution a tous ses soucis. Le regard de la jeune femme pétillait dans la victoire semblait proche. Peu importe que les informations soient si minces et la piste si éloignée : en quelques heures avec un inconnu, elle avait appris davantage qu'en plusieurs mois de travail dans l'organisme de surveillance le plus développé au monde. Cela valait bien le coup qu'elle se mette en danger, elle qui avait longtemps hésité à se rendre à ce rendez-vous. Fate avait pris un bout de papier volant dans son sac qu'elle avait noirci de notes brouillonnes et désorganisées. Elle avait si peur d'oublier une question, de manquer un détail important. La remarque nonchalante de Snake l'avait coupé dans son élan quelque peu démesuré. Dormir ? Alors qu'il leur restait tant à se dire ? Ca n'était sensiblement pas son avis. Elle eut une petite moue boudeuse et mignonne, comme si une bouille d'ange pouvait le faire parler davantage. La jeune femme prit soin de noter les dernières révélations qui sortirent de la bouche de Snake. Il avait donné forme à cette menace dont elle n'avait qu'une intuition. « Eliminer Hadès », là était bien leur intention. Un frisson lui parcourut le dos.

« Ce sont de sales types. Leur idéal a l'air beau, comme ça, au premier regard. Mais ils ne font que défendre un monde dans lequel la liberté est synonyme de satisfaction de leur plaisir personnel, par tous les moyens. Ils n'ont aucun scrupule à se débarrasser de ceux qu'ils jugent arbitrairement comme traîtres ou indignes de confiance. En réalité, ce n'est qu'une façon de faire taire les voix qui divergent de ce pseudo idéal de liberté. Il n'y a pas de place pour ceux qui finissent par comprendre le caractère nécessaire du projet de Kira, là-bas. »

Elle comprit un peu tard qu'elle s'était emballée et que le rouquin semblait littéralement sur le point de s'endormir comme un collégien devant le plus ennuyeux des cours de mathématiques. Elle poussa un soupire :

« Mais tout ça n'est qu'une question d'opinions, justement. Retiens juste qu'il vaut mieux ne pas trop s'approcher de ces imbéciles. Tu mérites mieux que ça, j'en suis convaincue. »

Un dernier bâillement la convainquit d'arrêter ses discours pompeux. Puisqu'il ne souhaitait plus rien dire aujourd'hui, Fate ne l'en empêcherait pas. La déception s'était immédiatement lue sur son visage, désappointé par ce manque soudain de coopération malgré son petit numéro de charme. Elle hocha la tête en signe de compréhension et lui proposa gentiment un cachet, bien qu'elle ignorait si ce malaise était bien réel ou s'il n'était qu'un moyen de se défaire de son emprise. Comme chaque fois qu'elle se sentait coupée dans son élan, Fate alluma une cigarette. Alors qu'elle portait le briquet à la clope coincée entre ses lèvres, la toux de Snake l'alerta. Quelques instants à l'observer suffirent à lui faire comprendre que quelque chose allait mal. Elle laissa tomber son attirail de fumeuse pour se précipiter vers lui.

C'était comme s'il peinait à respirer, comme s'il s'étouffait : le genre de mauvais syndrome dont héritait ceux qui côtoyaient un peu trop régulièrement le tabac. C'était également son cas : avec le temps, ses crises de toux se multipliaient et inquiétaient son médecin. Pour faire face à cela, on lui avait confié une ventoline, outil certes simple mais efficace, qu'elle s'empressa de chercher au fond de son sac. La jeune femme le vida avec empressement sur le sol jusqu'à mettre la main sur le petit tube de métal qu'elle lui tendit. La vision de cet homme tentant désespérement d'allumer une nouvelle cigarette la mit quelque peu mal à l'aise : il avait l'air véritablement perdu ; comment pouvait-il espérer calmer une crise d'asthme d'une nouvelle bouffée de fumée toxique ? D'un geste habile, elle s'empressa de lui prendre sa cigarette et fourra aussitôt l'inhalateur dans sa main. Puis, Fate l'aida à s'asseoir et resta auprès de lui quelques instants :

« Ne panique pas. Ca n'est rien, avec ça, ça ira mieux. » dit-elle à voix basse en posant une main sur son épaule.

Une fois sa crise calmée, Fate le conduisit jusqu'à la seule chambre de l'appartement et l'invita à s'y coucher :

« Tu peux rester ici si tu le souhaites. Je pense que ce serait mieux pour toi. Je ferai livrer à manger dès demain. Tu peux même venir ici aussi souvent que tu veux. L'appartement est vide et je ne m'en sers jamais. » avait-elle dit en glissant les clés dans sa main.

« Je vais filer, tu as besoin de repos. Je te remercie pour tout ce que tu as dit. Tout te paraît peut-être anodin et insensé, mais rien de ce que tu m'as révélé ne doit être mis à l'écart. Je veux qu'on reste en contact, pour que je puisse t'aider. C'est le moins que je puisse faire en échange de ton aide. »

En arrachant un morceau de son papier couvert de notes, elle griffonna son numéro de téléphone qu'elle posa sur la table de chevet.

« Je t'appelle bientôt. Si tu acceptes, on va avoir pas mal de boulot, tous les deux. »


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Mar 21 Juil - 19:41
Il ne paniquait pas, c'était juste pénible pour lui. Par tous les moyens, Crazy Snake tentait de rallumer la cigarette ; c'était toujours comme ça. Il reniait tant son asthme que son réflexe était de fumer à nouveau, encrasser ses poumons d'un cancer latent, encore et encore. Il partait du principe qu'il était condamné, qu'importe ce qu'il fasse, alors autant fumer tout ce qu'il pouvait. Avec étonnement, le borgne vit Fate se saisir de son propre inhalateur et de le lui donner. C'était qu'ils commençaient à être intimes ! Pensa-t-il, non sans humour. La larme à l'oeil, plié en deux, à deux doigts de se cogner le front contre la table, il le prit. Il respira un grand coup, plusieurs fois de suite, la gorge sèche.

Vraiment, qu'est-ce qu'il pouvait détester ces moments ! Infirme, et asthmatique. Il avait fait un mauvais jet de dès pour mériter un truc pareil. On lui parlerait sans doute du karma, en ajoutant que c'était de sa faute. Il aurait dû mieux se comporter à l'adolescence. Il mouilla ses lèvres, il reprit son souffle, et il rendit l'inhalateur à Fate. Grinçant des dents, Crazy affichait une expression haineuse, et gênée. Il n'aimait pas paraître aussi faible devant une femme de cet acabit. Elle préférait sans doute les grands mecs musclés, taillés comme des taureaux, et non pas un futur cancéreux de seconde zone !


« J'préfère rentrer chez moi. »

Crazy Snake était en réalité pas très à l'aise. C'était stupide, mais il préférait marcher deux heures en pleine nuit d'hiver, et retrouver ce qui lui servait d'appartement, plutôt que de devoir dépendre de Fate. Il avait la sensation qu'il se faisait traiter comme un gosse, surtout s'il acceptait. Il haussa les épaules, hésitant à toucher la main de la jeune femme, mais il se ravisa. Son humeur lunatique faisait des siennes. Juste dormir. Il lança avec un sourire goguenard :

« À moins qu'on ne partage le même lit, je ne resterai pas. »

Bah quoi ? Crazy Snake était toujours en forme, lorsqu'il s'agissait de faire des blagues salaces, et de la drague de camionneur. Et même : il voulait lui rentrer dedans, il attendait le moment où il pourrait entrer dans elle. Il laissa échapper un petit rire mauvais, un air de mauvais garçon au visage. Fate se méprenait sur son compte, il ne jouait pas si mal la comédie, alors ? Ou bien, elle le sous-estimait de la même manière dont Betyond Birthday l'avait sous-estimé, avant de se retrouver les tripes éparpillées par tout. Crazy Snake se redressa, il somnolait, il tanguait sur un côté, puis de l'autre. Il ne s'écroulerait pas dans la neige, il ne devait pas le faire. Parfois, le borgne avait des éclairs d'intelligence, mais ça n'allait pas être le cas ici. Hors de question que Fate le raccompagne, Crazy ne prendrait pas le risque de lui dévoiler son adresse. Qui sait ? La jeune femme pourrait se cacher, et attendre de voir si oui ou non Mello — ou un de ses sbires — allait apparaître. Elle risquait d'attendre longtemps ! Crazy enfila sa veste, il avait le bout des doigts gelés. Sa cigarette reposait dans le cendrier, la tête baissée vers les cendres ; la fumée s'élevait, répandant sa douce odeur familière. L'homme songea qu'il devait reprendre un paquet. Voir un médecin. Un jour. Ses crises revenaient de plus en plus souvent.

« On se reverra assez vite, sois pas triste. »

Le borgne vérifia si ses clefs étaient bien dans sa poche, présence rassurante. Il tourna le dos à la jeune femme, puis il la fixa avec un regard hostile :

« T'avises pas d'me trahir, ou d'me suivre. »

Puis, son expression changea brusquement.


« J'veux crever d'mon cancer, comme tout le monde : dans le calme. »

Il avait sourit, comme un gosse, confiant dans ses propos. Il prévoyait sa mort, il la sentait venir. Un mec comme lui ne survivait jamais trop longtemps. Mais le jour où la petite étincelle s'éteindra au fond de son coeur, Crazy Snake s'assurerait que la planète explose. Un orage de flammes et de cendre. Une belle journée en perspective ! Des cadavres jetés ici et là, démembrés, arrachés, dénudés de peaux, exhibant nerfs et muscles. Un frisson parcourra son dos ; il reprit un visage neutre. Seul son regard avait changé. La flamme coincée au fond de sa pupille bleue calma sa danse, et disparut.

« À moins que d'ça aussi, tu veuilles m'sauver ? »

Un autre sourire orna ses lèvres, Crazy remua les épaules. Il enleva la cravate, il la rangea dans sa poche, puis il attendit qu'elle lui ouvre — ou non. Peut-être voulait-elle lui mettre les menottes ? La fatigue le faisait délirer.


« J'en étais où ? Ah oui... Le Chaos... ! »
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Fate Harlaown
Juliette sans Roméo
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Jeu 30 Juil - 23:10
« J'préfère rentrer chez moi. »

Fate s'attendait à un refus. Comment croire qu'un type aussi étrange, aussi attaché au mystère qu'il établissait autour de lui et à son indépendance accepterait de dépendre de sa bienveillance ne serait-ce que pour une nuit ? Ce qui l'étonnait davantage, c'était le zèle avec lequel il avait répondu alors qu'il manquait de s'étouffer deux minutes auparavant. Comme si sa proposition était tout bonnement inacceptable. La jeune femme songea d'abord à insister, jusqu'à ce que la conduite à adopter lui paraisse évident. Il ne fallait pas le brusquer, il ne fallait pas envahir son espace de liberté, ne pas toucher à son autonomie. En bref, ne pas se comporter comme elle avait coutume de le faire en cellule pour obtenir ce qu'elle voulait : pressante, envahissante et menaçante. Elle voulait le revoir, elle avait besoin de le revoir. L'épée de Damoclès qui pesait au dessus de sa tête et le tempérament de son interlocuteur privilégié étaient tout bonnement incompatibles, mais aucun choix ne s'offrait à elle. L'espace de cette soirée, elle avait vite fait l'inventaire de ces moyens de pression. A quoi bon le menacer physiquement pour le mettre en confiance ? La prison, les interrogatoires et tout le petit attirail habituel qu'elle déballait pour effrayer les civils ne lui avaient pas non plus délivrer l'électrochoc qu'elle aurait voulu. Enfin, il n'était clairement pas un civil : les civils ne la contactaient pas, ne l'arguaient pas de paroles si vulgaires et intimes et ne lui forçaient pas la main pour une rencontre. Elle n'aurait ce qu'elle voulait qu'avec patience, douceur et charme.

« Je comprends. » s'était-elle contentée de répondre avec un ton complaisant qui masquait sa déception.

Parler d'user de son charme s'avérait devenir un élément clé au fur et à mesure de leur conversation. Fate avait rarement vu un inconnu se montrer aussi avenant. Quoi qu'avenant était un mot bien faible pour décrire la subtilité de sa drague. Elle préférait en rire, ça n'était jamais désagréable d'être courtisée par un jeune homme, aussi étrange soit-il.

« Tu veux me passer la bague au doigt et rencontrer mes parents aussi ? Après seulement, Monsieur daignera me faire l'honneur de sa présence ici ? »

Elle aimait bien plaisanter de ses sous-entendus, bien consciente qu'un moment d'intimité avec elle le séduisait plus qu'un repas austère chez ses parents ou qu'une cérémonie de mariage pompeuse. Pour le moment, elle ne faisait que retenir le côté « politiquement correct » de la chose, de quoi entretenir une ambiguïté sans doute utile dans le futur tout en le poussant à revoir ses exigences à la baisse. Fate récupéra la note qui reposait sur la table de chevet et la ventoline qu'il avait bêtement jeté en vrac sur le lit. Dans le meilleur des scénarios, il chercherait par lui-même à entrer en contact avec elle. Quant à elle, elle n'aurait qu'à attendre quelques jours, quelques semaines, qu'il se manifeste. Cela s'annonçait difficile, elle allait devoir redoubler de vigilance.

« J'y compte bien. Je finirai par te manquer à un moment ou un autre. »

Elle accompagna sa remarque d'un charmant sourire. S'il le fallait, elle se contenterait de quelques messages anodins pour le chauffer un peu – elle en avait été tout à fait capable avec Hadès qui n'était pas resté insensible à son talent pour la photographie. Mais il lui faudrait retenir l'irrémédiable besoin de réponses à ses questions, sous peine de le voir se braquer. La jeune femme n'avait pas réagi à ce qui sonnait beaucoup comme une menace. Elle ne ferait rien de tout ça, bien qu'elle en mourait d'envie.

« Dans le calme. » répéta t-elle avec un petit sourire presque compréhensif. « Je suis désolée, mais il y a beaucoup de maux dont je ne peux malheureusement pas guérir. »

Parler avec lui de tout ça, de cette mort programmée comme une prophétie par les médecins et qu'elle ne parvenait pourtant pas à désamorcer, lui faisait étrangement du bien. C'était un drôle de mal dont on ne pouvait parler qu'avec ceux qui le subissaient. Les autres ne comprenaient pas ce qui pouvait pousser à contribuer et à accepter sa propre mort prématurée. Et c'était tout à fait compréhensible.

« D'ici là, j'aurai sûrement passé l'arme à gauche. Ne t'absente pas suffisamment longtemps pour qu'on en arrive là, ok ? »

Puis, elle avait pris sa main et y avait glissé la note et la ventoline, avec pour ordre de les garder avec lui.


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