Pitié et allégeance à toi, Kira ! La foule s'inclina en silence, respectueusement devant cette idole masquée et inconnue.
 
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I tried and I tried, to run and hide { Fate

 :: Tokyo - Zone RP :: Vieille ville :: Appartement de Fate Harlaown Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
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Sam 27 Déc - 12:47
Qu'avait-il fait, au juste ? Maintenant, Hadès se retrouvait dehors, complètement sans défense. Sur un coup de tête, après deux échanges de mail, il s'était décidé à la retrouver, elle, peu importe que ce puisse être totalement niais. Il la voyait dans ses rêves tout comme il aurait pu voir Ishtar, à l'époque où il ressentait encore des choses pour elle. Il y avait toutes ces choses qui les dépassaient, mais il avait l'impression de se sentir plus jeune, plus apte à marcher sans crainte ni douleur. Combien de mois étaient donc passé, depuis ? Il ne ressentait plus les coups qu'il avait reçus dans les bras, dans les côtes et plus encore, ni l'accoutumance drôle et mystérieuse à la drogue. Non, de ça, Gazelle l'en avait guéri : c'était un bon compagnon, quelqu'un de fidèle qu'il pouvait maintenant qualifier d'« ami ». Il regrettait un peu de l'avoir pas très subtilement dragué, lors de leurs premières rencontres, mais dès qu'ils pouvaient rire, eux, ils riaient de ça.  Les blessures psychiques étaient encore là, il ne fallait pas s'y tromper : présentes et lui donnant presque l'impression que toutes les autres n'allaient jamais se refermer. Gazelle avait deviné ce qu'il se passait, sans doute à cause des marques sur son corps : c'était bien, ç'avait été efficace. Akira avait besoin de mettre des mots sur ce qu'il ressentait, et concernant ce travail, la jeune femme avait été rudement utile.

Akira Darkwood s'engouffra dans les rames obscures du métro ; les passants se comportaient avec l'habitude des japonais, mi robot, mi humain. Lui, contestataire, il ne pouvait pas s'habituer à ce mouvement de masse qui caractérisait la foule japonaise ; il agissait de même, sachant trop bien que des caméras de surveillance surveillaient la masse et ne put s'empêcher d'avoir un petit sourire en voyant quelques étrangers briser l'interdit, ne pas suivre cette foule de cheveux noirs et d'yeux brider suivre cette ligne jusqu'à la bouche du métro. Ce n'était pas très étonnant, mais cet effort le fatigua justement : le trajet n'était pas très long, mais régulier. Assez soutenu pour qu'il sentit venir un point de côté et ses blessures le lancer de nouveau. Son reflet dans la vitre d'un fleuriste lui indiqua que sa perruque noire tenait encore en place et que la sueur n'avait pas effacé son maquillage qui lui servait de camouflage : ouf. Là, il ressemblait à un japonais typique, et les flics n'auraient jamais le courage de contrôler cette masse.

Rentrer dans le tube souterrain lui donna l'impression d'étouffer : c'était sentir les autres aussi proche que lui, collés, en cette heure où les trains étaient plus que pleins. Il faillit crier, il faillit avoir une crise, mais se rappela juste à temps la vérité : Williams n'était pas là. Williams ne prendrait jamais le métro : c'était un ministre, et il ne faisait pas partie de la plèbe. Encore tout retourné, Akira descendit une demi-heure plus tard du métro à la station proche de l'habitation de Fate. Il le savait, mais c'était un quartier qui grouillait de flics, et pour cause : la plupart d'entre eux avaient des appartements de fonction dans le secteur. Il aurait eu du mal à se procurer des papiers en règle, vu sa situation, aussi ne faisait-il pas vraiment le fier.

Et puis il y arriva, à la résidence d'Harlaown. Son cœur se gonfla, à ce moment-là, et honnêtement, il hésita à faire demi-tour. Fate ne le saurait jamais et ils continueraient à échanger cette correspondance qui lui faisait tellement plaisir. Il caressa à moitié son nom sur sa boîte aux lettres, se souvenant de la dernière fois où il était venu ici, du sang sur sa tête, de la peur qu'il avait ressentie. Peut-être avait-il toujours su, sans doute son destin était-il scellé depuis longtemps. Akira Darkwood s'en foutait, maintenant que plus rien ne comptait. Elle pouvait bien être de leur côté, lui n'avait plus aucun camp, puisque les deux voulaient sa mort. Il avait perdu son indicible volonté et son esprit farouche, ses mots acerbes et l'envie d'en finir avec Kira.

Il aurait pu pénétrer par effraction dans l'appartement, mais il n'oubliait pas les systèmes de sécurité perfectionnés, et n'aurait voulu qu'à cause d'une simple erreur, une patrouille se ramène automatiquement. Alors, Akira sonna ; il s'appuya contre un mur, et attendit qu'elle lui répondit, et là...lorsque le son de sa voix résonna dans l'interphone, il perdit courage. Celui qui jadis avait été chef de la résistance devint tout blanc ; et sa voix toute blanche prononça, d'une manière qu'il voulait dure.

« Pardon, je me suis trompé de sonnette. »


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Fate Harlaown
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Sam 27 Déc - 18:31
Il y avait le froid polaire de ce soir de décembre, le silence qui régnait dans l'appartement et puis la sonnette de l'interphone qui venait de retentir.

Fate avait lever la tête, étonnée, laissant calmement ce qu'elle était en train de faire. Depuis peu, elle s'était décidée à cuisiner plus sainement que d'habitude. Elle était habituée aux plats surgelés et aux commandes livrées à domicile qui lui faisaient économiser un temps précieux quand elle rentrait tard du travail. Mais finalement, la jeune femme avait fini par se dire que prendre le temps de se faire correctement à manger, c'était prendre du temps pour elle après tout. Une belle avancée dans son hygiène de vie un peu dépravée. Elle mit de côté la préparation de son repas, fila à travers le salon pour couper l'eau de son bain – il ne s'agissait pas de l'oublier et de le voir déborder si la discussion s'éternisait. Enfin, si discussion il y avait.

D'ailleurs, la sonnerie de l'interphone ne manqua pas l'intriguer. Elle jeta un coup d'oeil à l'horloge du salon : elle indiquait dix-huit heures trente. Un drôle d'horaire pour recevoir de la visite. D'autant plus qu'il ne lui semblait pas avoir fait appel à un quelconque service justifiant une telle visite. Curieuse, elle décrocha et porta le combiné à son oreille.

« Oui ? »

Le silence qui s'en suivit lui parut éternel. Et la voix qui le brisa la laissa muette.

Elle resta, là, quelques minutes, un peu bête. Un drôle de présentiment s'empara d'elle. Elle prit quelques secondes pour remettre ses pensées en place, ferma les yeux et reprit la parole un peu précipitamment :

« Attendez, ne bougez surtout pas. Vous cherchez peut-être la fête organisée par Mademoiselle Kaeri ? Je sais qu'elle reçoit du monde ce soir. Mais l'immeuble est un peu grand, je descends vous indiquer la direction. Ne bougez pas, surtout. »

Sans un mot de plus, elle avait raccroché, enfilé les ballerines qui lui servaient de chaussons et était sortie en trombe sans même prendre de quoi se couvrir du froid. Elle ne compta même pas le nombre de fois où, avec frénésie, elle avait martelé le bouton qui commandait l'ascenseur. La descente, elle aussi, parut durer une éternité. Quelque chose l'attirait irrésistiblement en bas. Il y avait dans cette voix une chose qu'elle aurait aimé reconnaître. Fate avait terriblement besoin d'en avoir le cœur net, à moins que son habituelle déprime qui précédaient les fêtes de fin d'année ne la pousse une fois de plus à chercher n'importe quelle occasion pour entamer une discussion. Elle ne savait pas trop quoi en penser pour le moment.  Quand la porte de l'ascenseur s'ouvrit enfin au rez-de-chaussée, elle se précipita dans le hall d'entrée.

C'était un homme de taille moyenne, habillé sobrement d'un costume noir et dont la couleur de cheveux noirs corbeaux confirmait l'identité. Fate poussa un soupir, déçue : c'était un homme d'affaire nippon comme il y en avait des dizaines de milliers ici. Rien de plus, rien de moins. Contrariée, elle se décida tout de même à l'aiguiller poliment :

« Pour la soirée de Mademoiselle Kaeri, c'est dans l'annexe de l'immeuble. Il vous faudra vous arrêter au huitième... »

Finalement, il s'était retourné pour lui faire face. La jeune femme prit une grande inspiration. Lui, c'était lui. De tels traits ne trompaient pas. Elle savait que sous cette perruque noire se cachait une chevelure à la couleur de feu et que ces lentilles sombres maquillaient avec prudence ses yeux bleus azurs. Sans un mot, elle sourit, coupée dans son élan. Au diable Mademoiselle Kaeri et ses sauteries organisées. Au diable cet immeuble de bourgeois insupportables. Au diable le besoin de se cacher de tous. Alors, Fate saisit la main de l'homme de ses doigts frêles et l'attira avec elle vers l'ascenseur.

Les portes se refermèrent dans un claquement caractéristique et leur longue ascension vers le dernière étage commença. Elle resta interdite, à fixer bêtement ce regard sans expression qui camouflait sa véritable identité. Quelques instants durant, le silence s'installa. Jusqu'à ce que d'un geste, elle libère la perruque et le filet qui retenait ses cheveux. Elle esquissa un sourire :

« Tu es fou. Complètement fou. » dit-elle alors que, dans un dernier geste désespéré, elle se jeta contre lui pour enfuir son visage entre ses cheveux roux.


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Sam 27 Déc - 20:08
La sueur lui piquait le front et les lentilles lui faisaient mal ; il voulait partir. Sa raison et tout le reste lui criaient de le faire, de se retourner, et de partir avant d'être arrêté par il ne savait trop qui. Il aurait bien couru de tout son saoul dans la direction opposée, mais quelque part, il savait que c'était bien trop tard. Elle descendait : sa voix sucrée et calme lui avait dit. Il se souvenait de leurs premières rencontres qui étaient tout sauf sympathique, et se demanda si il serait capable de se comporter normalement, pas violemment, comme un homme lambda, sans la frapper, sans la terroriser, elle qui ne faisait que son travail.

Alors, se décourageant, Akira Darkwood tourna le dos à la porte, mais aussi à l'espoir de revoir Fate pendant un certain temps. Il sourit en pensant que la jeune femme savait bien des choses, de l'organisation de la fête de cette mademoiselle Kaeri à...cette jolie photo qu'elle lui avait envoyée en pièce jointe, un jour, alors qu'ils n'étaient encore qu'ennemis. Bref. Akira mit ses mains dans ses poches, se souvenant que lorsqu'elle arriverait – car il ne doutait pas des capacités de Fate à reconnaître sa voix – il ne serait plus possible de faire demi-tour. Et pourquoi pas ? Pourquoi ne pas être lâche une fois dans sa vie et affronter cette femme qui lui posait tant de problèmes, et à qui il avait même envoyé une bague par la Poste ?

...Sa voix résonne déjà dans ses oreilles et, décidé pourtant à s'enfuir, il s'arrête dans son mouvement pour lentement se retourner vers elle qui doit le penser juste là pour cette soirée, banal homme d'affaire parmi les 50 millions de japonais qui composent Tokyo. Il sait que c'est désormais trop tard : qu'il ne pourra plus s'enfuir, et curieusement, sur le moment, il s'en fout complètement. Il voit qu'elle le reconnaît au premier coup d’œil, mais son maquillage n'était pas non plus super au moins, et elle l'avait suffisamment vu et surtout chassé pour mettre un nom sur son visage. Alors, ils savent. Elle lui prend la main, le traîne jusqu'à l'ascenseur, et aucun mot n'est prononcé jusqu'à ce que la porte se ferme et qu'elle lui enleva cette foutue perruque qui le faisait ressembler à tous ces guignols qui étaient dehors.

« Je suis complètement malade, mon cœur. », lui chuchota-t-il en écho à ses paroles. Son corps lui donna chaud et il ne tarda pas à lui caresser doucement les cheveux comme il l'aurait fait à une enfant pour la consoler. « Mais je t'avais dit que je viendrais, alors je suis venu. »

Même s'il n'était pas sans savoir que, dehors, des patrouilles entières se précipitaient à sa recherche, et que les agents à sa suite ne manquaient pas d'une personne comme modèle, en la personne d'Arashi. À propos de son frère, il avait entendu dire qu'il s'était fait tirer dessus, suite à une confusion avec lui, et honnêtement, il en était désolé. Lui et Arashi étaient en constante opposition, mais pas au point de souhaiter voir son propre jumeau se faire tuer.

Il sentait son souffle dans son cou, ne pouvait presque pas croire qu'elle était véritablement là, avec lui. Ils étaient bientôt arrivés, mais ses lèvres se glissaient déjà dans son cou pour venir l'embrasser avec soin et douceur, puis l'entraîna jusqu'à son appartement, attendant que la concernée l'ouvre. Il ne pouvait la quitter des yeux : elle était là, toujours plus magnifiques, avec ses cheveux blonds et ses yeux...quels yeux ! Akira enleva les lentilles qui faisaient pleurer les siens, avant de se mettre à lui sourire de nouveau. Il connaissait son appartement, aussi enleva-t-il ses chaussures et se dirigea en sa compagnie vers le salon. Un coup d’œil l'avertit qu'elle portait toujours l'alliance, un autre l'informa d'un léger changement du mobilier suite à sa dernière visite. On ne voyait plus la tâche de sang sur le sol.

« Je m'inquiétais pour toi. Mello me pourchasse, il a mis ma tête à prix. Il pourrait s'en prendre à toi, il en serait capable. », lui dit-il en se rapprochant d'elle. « On m'a dit que mon frère s'était fait tiré dessus...tu sais si il va bien ? », l'embrassa doucement, un chaste baiser qui ne le rendit que plus sombre. Il était un peu désordonné dans ses paroles, mais il ne savait plus par pourquoi commencer : par le fait qu'il l'aimait ? Non, bien sûr, c'était carrément niais et tous deux avaient passé l'âge. Par sa situation, lui expliquer tout ce qui avait pu se passer depuis qu'il avait disparu ? Celui qui avait été Hadès repris son souffle, ne sachant plus où donner de la tête. Il savait qu'elle attendait qu'elle lui en dise beaucoup, mais lui-même ne savait s'il était prêt à tout donner. Prêt à révéler ces choses qu'il gardait enfermées loin, très loin.

« Fate...tu as déjà fait l'amour à mon frère ? »

C'était cette question étrange qui surgit après un long silence, après qu'il eut barré toutes celles, un peu plus intelligentes, qu'il aurait pu poser. Une provocation, sans doute, mais surtout un moyen de se cacher astucieusement derrière, d'oublier toutes les souffrances et le reste. Les mots ne se voulaient pas blessant, même s'ils l'étaient et d'ailleurs, il n'y croyait pas vraiment.


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Fate Harlaown
Juliette sans Roméo
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Lun 29 Déc - 1:31
Fate était restée là tout le long de leur ascension, blottie contre lui, emprisonnant son corps de la force de ses bras frêles. Le visage enfoui entre ses cheveux roux, elle profitait de sa présence agréable, de son aura chaleureuse et de son parfum envoûtant que, malgré la sueur, elle était si heureuse de humer. Elle avait sangloté, aussi. Parce que tout ceci lui paraissait tellement inconcevable qu'elle en était toute retournée. Lui. Qu'avait-il fait ? Il venait de traverser la ville pour se rendre dans ce quartier où, bien plus qu'ailleurs, il risquait sa vie. Tout ça pour la retrouver. Ils auraient pu se rejoindre dans un café, ou mieux, elle aurait pu lui rendre visite dès qu'il s'en serait senti capable. Mais il avait préféré se mettre en danger pour une raison qui restait pour elle inconcevable. Alors, elle essuya maladroitement ses larmes d'un revers de main. Il devait être exténué, terrifié. Ce n'était sans doute pas le moment de se mettre à pleurer comme une gamine. L'instant était plutôt à la joie : ici, ici avec elle, il serait en sécurité.

« Mon Dieu mais quelle idée tu as eu de venir te fourrer dans un merdier pareil... ? » avait-elle fini par lâcher. « Tu es inconscient, Akira Darkwood. Je suis pourtant tellement heureuse et soulagée de te savoir ici. »

Déjà, elle sentait les quelques baisers agréables qu'il déposait sur sa nuque. Elle avait tellement rêvé de lui, de le voir la couvrir de baisers et de caresses. Quand ces pensées lui revenaient en tête, elle se sentait un peu bête : c'était un ridicule fantasme d'adolescente, elle avait passé l'âge de penser ainsi aux garçons. Et pourtant, elle qui avait si peu confiance, elle qui se refusait à appartenir à quelqu'un, se retrouvait soudainement coincée là, dans l'incapacité totale de le renvoyer chez lui comme elle le faisait avec tous les autres. La jeune femme esquissa un sourire et vint entrelacer ses doigts froids aux siens, gelés par ce temps d'hiver et pourtant si chauds. Quand la sonnerie caractéristique de l'ascenseur leur annonça qu'ils avaient finalement atteint le dernier étage, ils sortirent et poussèrent la porte de son appartement. Là, elle se débarrassa de ses chaussures et l'invita timidement jusqu'au salon.

Au diable ce qui avait pu se passer ici, quelques temps auparavant. Elle ne repensait même plus à ce soir d'automne auquel elle avait cru et qui s'était cependant si mal fini. Elle ne repensait plus à son soudain changement de comportement, à ses mots blessants et aux cris de l'horrible Himiko. Là. Là. Il était en vie. Exténué, elle le lisait sur son visage, mais en vie. Loin de ces fous furieux de résistants et des pelotons d'exécution de Kira. Loin de Mello et loin d'Arashi. Le reste n'avait pas d'importance pour le moment. Fate aurait aimé profiter de leurs retrouvailles, l'observer en silence et l'écouter parler. Mais il avait sensiblement besoin de s'exprimer et elle l'écouta avec soin, s'appliquant à le rassurer :

« Au diable Mello ! S'il me veut du mal, qu'il vienne ! Je l'attendrai et le ferai taire avec le plus grands des plaisirs ! »

La jeune femme avait déclaré ça, d'une traite, comme une enfant excitée à l'idée d'affronter la vie. Elle savait que les choses étaient très différentes et que si elle croisait la route de ce résistant qui posait tant de soucis à l'armée, elle ne donnerait sans doute pas cher de sa peau. Pourtant, à l'instant, sa naïveté et sa bêtise ne lui traversèrent pas l'esprit tant l'envie de se débarrasser de tous ces problèmes était grande.

« Oublie Mello. Tu es en vie, Akira. Tu es en vie ! » s'était-elle esclaffée, un air réjoui sur le visage, alors qu'elle saisissait son visage entre ses deux mains pour déposer un baiser sur ses lèvres.

Elle se blottit confortablement contre lui et caressa sa main avec douceur, comme pour le rassurer :

« Arashi va bien, ne t'en fais pas. Suzaku n'a jamais eu l'intention de le tuer. Il a juste voulu lui faire peur. C'était ridicule et dangereux. Mais ton frère s'en est vite remis, là n'est pas le problème. »

Fate avait omis de nombreux détails : il était inutile de s'étendre là-dessus. Elle n'avait absolument aucune envie de s'époumoner contre Nathan ce soir. Elle alluma la petite lampe tamisée qui diffusait une lumière douce dans le salon et reprit sa place entre ses bras. La chaleur du poêle ne tarderait pas à le réchauffer, lui dont elle frottait assidûment les mains glacées. Le silence s'installa quelques temps. Pas un de ces silences dérangeants où l'un cherche quoi dire à l'autre. Juste un silence qu'elle ne jugeait pas utile de combler. Du moins jusqu'à ce que sa drôle de question lui parvint. Un peu surprise, Fate se redressa et chercha ses mots quelques instants :

« Arashi ? Non, non ! Bien sûr que non ! » s'était-elle écriée.

Non pas qu'Arashi ne lui ait jamais fait de l'effet. Il était bel homme, possédait un certain charme, un physique tout à fait attrayant et était de bonne compagnie. Il fallait l'avouer : elle avait songé à lui faire du gringue à son entrée dans les rangs du Ministère de la Guerre. Mais finalement, elle avait préféré s'abstenir, jugeant qu'une petite erreur serait sans doute fatale à sa carrière. Ensuite, il y avait eu cette peur injustifiée qui faisait qu'elle le redoutait tant. Et maintenant, cette collaboration presque inattendue. Mais jamais, ô grand jamais, elle n'avait couché avec Arashi.

« Ne t'imagine pas que j'aurais pu faire ça par... procuration en attendant ton retour. Je ne suis pas comme cela. Même si vous avez de sévères atouts dans la famille. »
avait-elle fini avec un sourire censé lui faire comprendre qu'elle ne prenait pas la question comme un reproche.

Puis, elle s'était levée comme un diable sort de sa boîte, un peu gênée par de telles interrogations. Ses menaces quelque peu tendancieuses, elle les avait déjà entendu. Et pourtant, elle s'imaginait mal lui parler de sexe dans un moment pareil.

« Je suis terriblement impolie. Tu as l'air congelé ! Tu veux un café, quelque chose ? »

C'était maladroit, c'était un peu bête. Mais pour tout dire, elle avait beau être profondément heureuse, elle ne savait pas trop par où commencer.


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Mar 13 Jan - 18:27
Dieu ce qu'il était stupide : pourquoi avait-il eu l'idée de lui dire ça, et rien que de prononcer ces mots, il en était mal à l'aise. Il se trouvait horrible et indélicat...Et le pire, c'était qu'il savait très bien qu'il n'avait fait cela que parce qu'il se pensait en danger, parce qu'il se défendait. Cela ne le dégoûtait que plus, et Akira avait honte de lui. Cette femme l'accueillait tout de même alors qu'il était recherché de tous : de ceux qui avaient été de son côté, et de ceux qui ne l'avaient jamais été, son frère y compris. Il savait qu'elle n'avait touché à Arashi et, honnêtement, ne pouvait pas un seul instant se résoudre à y penser...Et puis il connaissait son frère : tellement sérieux qu'il aurait fallu que la blonde lui arrache de force le balai qui lui était très profondément enfoncé dans les fesses pour qu'il se décide à faire quelque chose.

Alors, Akira, il ne voulait plus la lâcher ; il ne le pouvait plus. Il sentait la délicate odeur de son parfum, celle de son shampoing et avait vraiment envie de s'y perdre. Il se rendit compte qu'on pouvait penser beaucoup de choses d'une femme sans pour autant la toucher et ne fit rien qui n'était pas approprié pour ces circonstances : de toute façon, il n'en était pas prêt. La sentant se blottir contre lui, l'homme se rendit compte d'une chose : il ne s'était jamais aperçu qu'elle était un tout petit peu plus grand que lui. Il sourit, se disant qu'ils devaient avoir fier allure, lui, blessé mortellement au cœur et elle, à courtiser un fugitif. En revanche, contrairement à ce qu'elle lui demandait, il se promit de ne jamais oublier Mello : certainement pas, pas après tout ce qu'il lui avait fait et tout ce qu'il promettait de faire. Hadès ne doutait pas que Mello avait de bonnes intentions...dire le contraire aurait même été parjurer, mais les manières de faire de cet homme n'étaient pas noble. Maintenant qu'il peinait depuis dix longues années à faire rétablir la justice, Akira craignait, en vérité, que Mello n'en avait à des fins que plus extrêmes. Alors oublier Mello ? Certainement pas : le blond était un futur dont ils avaient tous besoin de se soucier.

...Mais il n'en dit plus mot à Fate pour ne pas qu'elle s'en inquiète outre mesure. Pas pour le moment, elle en aurait tout le temps plus tard.

« Tais-toi. Je disais ça parce que j'étais gêné...je ne l'ai jamais pensé. Je suis désolé, excuse-moi, je suis maladroit. Tu n'aurais jamais fait ça et je sais qu'Arashi non plus. Il est trop professionnel pour ça...c'est le genre fleur bleue...hahaha...tu aurais vu la tronche qu'il faisait quand il apprenait que je lui avais piqué ses copines. Mais c'est du passé. »

Il n'enlaça que plus Fate, comme si les mots étaient difficiles à faire sortir. Pourquoi avaient-ils dû se disputer, pourquoi fuyaient-ils ? Pourquoi son frère, même alors qu'il avait trahi la résistance l'aurait tout de même livré s'il s'était montré ? ...Pourquoi lui disait-il de fuir à l'étranger alors qu'il lui avait quasiment avoué ce qu'il avait subi ? Pourquoi ? Pourquoi son frère n'était-il qu'un gros con maladroit, pas capable d'avoir des sentiments corrects ? C'était trop. La tête de Hadès vint se blottir contre l'épaule de Fate et il se mit à pleurer en silence. Ce n'était pas un mec qui pleurait facilement, Akira, mais cette fois-ci...C'était sûrement trop. Trop d'éléments qui se coordonnaient les uns les autres pour devenir toujours plus lourds à porter.

« Je ne veux pas...de café. Je veux seulement toi. Je ne suis pas venu pour le café. Bouge et je m'écroule...j'ai déjà eu tant de mal à atteindre la porte d'entrée...Gazelle m'engueulerait, si elle savait que je suis venu...Il y a une semaine, je peinais à y voir clair...Fate ? Je ne veux plus fuir. Je ne veux plus m'échapper. Je veux rester avec toi...Mais je ne sais pas comment faire...Je suis coincé, tout le monde me cherche... »


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Fate Harlaown
Juliette sans Roméo
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Dim 15 Mar - 2:35
Fate n'avait pas insisté. Tout simplement. Elle lui avait adressé une mou amusée censée lui faire comprendre qu'elle ne comptait pas relever l'indélicatesse dont il venait de faire preuve. Sans aucun doute, elle ne lui en tiendrait pas rigueur. Elle n'avait pas insisté parce que parler de sexe avec lui la mettait étrangement mal à l'aise, parce qu'elle brûlait d'envie de lui réclamer une nuit d'amour qu'Arashi n'aurait sans doute jamais pu lui offrir mais qu'elle savait son désir du moment inapproprié.

« Tais toi. » avait-il dit.

Alors, elle s'était tue et avait écouté ses piètres excuses en affichant un petit sourire tendre, en silence.

C'était un drôle d'instant. Il était là, en chair et en os, lui dont la survie ne relevait désormais que de l'incertitude. Et pourtant, malgré le bonheur qui l'avait empli à la vue de son visage, elle se sentait soudainement étrangère. Soit, c'était bien l'homme qu'elle aimait, dont elle était tombée éperdument amoureuse après s'être longtemps interdit de telles démarches. Mais quelques secondes de silence lui suffirent à comprendre que quelque chose l'éloignait d'elle. Fate le connaissait peu. Au fond, il n'avait eu l'occasion de discuter que l'espace de quelques rares minutes : jamais ils n'avaient pu profité d'un instant d'intimité, de sécurité, pour parler loin de tous ces problèmes. Et maintenant qu'elle se retrouvait ici, seule à seul avec lui, elle ne savait trop quoi lui dire.

Par où commencer ? Seul l'instant fatidique des retrouvailles physiques avait effleuré son esprit. Ils allaient devoir faire connaissance, apprendre à se comprendre, à partager un petit bout de leur vie personnelle respective. Fate aurait aimé tout reprendre de zéro : le voir la courtiser, l'emmener sortir, partager des moments complices avec elle, comme le faisaient les couples normaux. Elle aurait voulu entendre des paroles rassurantes lui promettant que l'avenir ne pouvait être que meilleur. Mais la vue d'Akira lui avait rapidement fait comprendre que rien ne se passerait comme chez ces jeunes couples en promenade qu'elle observait souvent d'un œil envieux.

Lui avait besoin d'aide. Bien plus qu'elle n'avait besoin d'affection. Il avait le teint et la rigidité d'un cadavre, le regard perdu, les mains tremblantes, le corps frêle. Elle comprit qu'il ne mentait pas : quelques pas dans une autre direction et elle le verrait s'écrouler sous son propre poids. Alors, avec la tendresse d'une mère, elle l'accueillit calmement entre ses bras. La jeune femme ne savait pas trop ce qui l'empêchait de hurler ou de fondre en larmes à son tour tant son état la remuait. C'était une loque qu'elle venait de récupérer. Elle qui réclamait une épaule à laquelle se retenir depuis si longtemps apportait finalement son soutien pour la toute première fois. Fate était frêle, si frêle qu'elle se croyait tout simplement incapable de tenir le poids du mal d'Akira et de ses propres problèmes. Mais lui. Lui n'avait personne. Lui comptait sur elle. Lui ne voulait plus connaître la détresse. Fièrement, Fate avait ravalé les sanglots qui menaçaient de rouler sur ses joues et entreprit, pour la première fois, de prendre autre chose que sa petite personne en main :

« Je ne vais pas bouger. Je ne vais pas partir, d'accord ? Je vais juste rester là, avec toi, jusqu'au bout. On va vivre ici, tous les deux, d'accord ? Un peu comme deux étudiant, tu sais. On dormira au milieu du salon si l'envie nous en prend, on se fera à manger à n'importe quelle heure, on lira au coin du feu, on fera l'amour jusqu'à plus soif. On sera juste un couple un peu extraordinaire, tu comprends ? De ce qui ne font pas comme les autres. »

Ses paroles étaient hésitantes et elle peinait à retenir les larmes qui lui montaient aux yeux. Elle ne savait trop si ce qu'elle faisait était bien ou mal. Rien ne serait aussi facile qu'elle ne le décrivait, et pourtant, elle se voyait mal lui annoncer de si pessimistes perspectives. Elle ne pouvait pas quitter le gouvernement : c'était pour elle totalement inconcevable. Au-delà de son bonheur personnel, de celui de ses proches, il y avait son idéal. Fate ne fuirait pas, elle ne pouvait et ne voulait pas fuir. Elle aurait juste voulu pouvoir le conserver chez elle, dans un cocon, et le retrouver à son retour le soir, mais elle savait que rien ne se passerait comme prévu. Parce qu'Akira ne tiendrait pas en place, parce que faire passé ses idéaux personnels avant ses relations avec les autres ne pouvait conduire qu'à l'échec, parce que c'était tout simplement condamner l'homme qu'elle aimait à vivre en cage. Mais ça non plus, elle n'en parla pas. L'idée lui effleura à peine l'esprit tant, l'espace d'un instant, cette perspective utopiste de la vie à deux lui parut envisageable.

« Mais pour cela, Akira. Il faut qu'on remette tout à plat, d'accord ? Alors, on va parler. On va parler de tout et de rien. De ce que tout le monde sait et de ce dont on n'a parlé à personne. Des meilleurs souvenirs et de ceux qu'on préférerait oublier. Demande moi ce que tu veux, j'y répondrai sans hésitation. »

Elle marqua une courte pause, consciente que sa demande était difficile et risquait de le brusquer :

« Mais d'abord, j'ai besoin de savoir... Je sais que c'est difficile, mais j'ai besoin de savoir ce qu'il s'est passé là-bas. »


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Mar 14 Avr - 16:48
Elle était belle et fragile, une rareté dans ses bras. Hadès lui sourit comme il lui avait toujours souri : comme si elle était unique et précieuse. Ses yeux reflétaient une triste expression, mais elle la lui connaissait. Il lui caressait doucement les mains comme si il avait peur que tout ne soit que mensonge et qu'elle redevienne soudainement ce qu'elle avait toujours été : une pro-Kira, une ennemi à ses yeux. Que pouvait-il y avoir de pire que d'apprendre un jour que Fate ne l'avait jamais aimé et que tout n'avait été que comédie – tragédie serait plus le mot approprié. Il ne pourrait pas le supporter et se donnerait probablement la mort, après cela.

Akira Darkwood devenait terriblement paranoïaque, tandis qu'elle était près d'elle, mais il savait qu'il ne devait plus s'en faire. L'autre moitié de lui-même lui chuchotait qu'il était en sécurité, ici. Qu'elle allait le sauver et l'emmener loin de ce pays pourri...du moins il le souhaitait. Il voulait sentir de nouveau le vent souffler sur sa peau et le grondement de l'orage vibrer dans ses oreilles...il en serait terriblement délivré et lavé de toutes souillure. Pour rien au monde, Akira Darkwood n'aurait souhaité demeurer dans une cage. Il avait déjà passé trop de temps dans les obscurs cachots des pro-Kiras, dans la souillure et les insultes. On l'insultait car il avait trahi, parjuré, mais personne n'avait été fidèle autant que lui aux principes même de la rébellion. Ceux qui insultaient son nom étaient traître, et qui disait traître disait vengeance.

« Tu te souviens lorsque je t'envoyais des lettres qui commençaient par « Fate, Fate, Fate, chère Fate ? ». Elles me manquent. J'aimais bien notre échange épistolaire. Il était pour moi ce qu'il y avait de plus rassurant et de plus merveilleux. Tu veux savoir ce qu'il m'est arrivé... », lui dit-il à voix basse, comme s'il n'avait la force de le dire plus fort. Akira s'allongea sur le lit : il était mieux comme ça, et pour la première fois, il sentait la pression s'en aller de son corps. Il entendit son ventre respirer et sourit encore une fois. « Mon frère a frappé Ella. Après cela, j'ai avoué quelques choses que je savais. Elle m'en veut. Quelques jours après cela, j'ai reçu une étrange visite...D'Arashi. Sauf que ce n'était pas lui, je ne suis pas assez idiot pour ne pas savoir reconnaître mon propre frère. Nous avons passé un marché. Il sauvait Ella, et moi également, j'allais avec lui à l'hô...l'hôtel. Tu te doutes de la suite. J'ai suivi ce fils de pute. Gazelle m'a retrouvé, alors qu'Ella était partie depuis longtemps...elle m'a soigné du mieux qu'elle le pouvait. Ma fille ne sait rien. Personne ne sait rien, à part Gazelle. »

Il était curieusement mort de soif, comme si révéler toutes ces choses à la fois avait été, pour lui, terriblement difficile. Il aimait sentir la silhouette de Fate si proche de lui et si tout ceci ne s'était pas passé, il aurait sûrement eu des idées plus entreprenantes. Il en avait, bien sûr, mais il ne sentait pas vraiment prêt pour cela. Tout ce qu'il voulait, à présent, c'était parler, la tête levée vers le plafond. Il se fichait que Fate se serve de toutes ses informations pour le travail, il voulait juste parler...et puis il lui faisait confiance.

« J'ai dénoncé Mello. Il a une mainmise énorme sur la rébellion...mais il subit actuellement une rébellion interne dans son propre groupe...tu te souviens de la photo que je t'avais envoyé par SMS ? C'était un résultat de cette petite guerre. Ils m'ont destitué et ils ont mis un autre chef à ma place...je ne sais pas qui il est. Il y avait également Alpha, mais plus de nouvelle. Elle a tenté plusieurs fois de me tripoter, mais elle s'arrêtait toujours à temps...c'était détestable, ses petites entrées dans ma chambre. La dernière fois, c'était alors que j'étais immobilisé. Elle est devenue aveugle à cause d'une explosion que je n'approuve guère, mais ses griffes sont toujours très dangereuses. La rébellion éclate, Fate. Tout ce que j'ai construit se tire. Il n'y a plus de personnes digne de confiance, de pilier pour supporter le reste...je suis fondamentalement contre Kira et ne le rejoindrai pour rien au monde, mais il a gagné, cette fois. Et c'est terrible. »

Il se blottit contre elle comme un enfant l'aurait fait avec sa mère. Pourquoi ne lui avait-il pas parlé plus tôt, même alors qu'ils ne se connaissaient pas ? Il y avait toujours cette petite marque de brûlure de cigarette qui devait rappeler à Fate ce qu'elle avait fait, et le reste ? Doute et désir. C'était sans doute ce qui caractérisait leur relation.

« On ne doit pas rester ici. Ils finiront par le savoir. J'ai tant d'ennemis, maintenant. Mello, Machiavel ou je ne sais qui...ils finiront par me tuer. Tu ne peux plus rien pour moi. », dit-il un peu trop calmement, puis posa ses lèvres sèches sur les siennes.


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Fate Harlaown
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Ven 24 Avr - 23:20
Fate était restée là, bouche bée, blême, incapable de prononcer la moindre parole ou d'effectuer le moindre geste.

Qui ? Qui avait pu faire ça ? Qui avait pu profiter de la détresse d'un homme d'une telle façon ? Qui avait pu songer l'espace d'une seconde promettre la liberté à la condition d'une telle humiliation ? Pire que tout. Qui avait osé faire du mal à son homme à elle ? A la rare personne qu'elle avait réellement envie de défendre contre vents et marées et à qui l'on s'attaquait pourtant avec tant de cruauté. Il n'avait pas eu besoin d'en dire davantage pour qu'elle comprenne l'horrible dégradation qu'il avait subi.

Le silence s'installa l'espace de quelques secondes qui lui parurent éternelles. Puis, soudainement, ses dents s'étaient refermées sur sa lèvre supérieure et ses ongles s'étaient enfoncés avec rage dans la paume de ses mains. Elle sentait cette sensation physique si caractéristique lié à ses états de conscience les plus meurtriers. Avant la tristesse, avant la peur, avant la compassion, c'était la colère qui s'était emparée d'elle à une vitesse affolante. Elle avait juste envie de hurler, de retrouver et de faire la peau à l'individu en question. Seul un bruit sourd ampli de haine s'échappa de sa poitrine. Ce contre quoi elle se battait, ce contre quoi elle avait dédié sa vie venait de se produire sur son propre terrain de jeu.

La jeune femme avait fini par baisser les yeux, par croiser le regard tant redouté d'Akira. Et ce qu'elle y lisait la mettait hors d'elle. On avait frappé sa fille, on s'était attaqué à sa liberté chérie, on l'avait confronté au pire des ultimatums et, dans une ultime manœuvre déshumanisante, on avait entrepris de l'humilier de la pire des façons. De cela, il ne résultait qu'un mélange amer de peur, de honte et de confusion. Oh, elle savait combien le sexe pouvait être humiliant, combien il pouvait faire l'objet de chantages. Mais elle, ça n'avait jamais été pareil. Aussi difficile cela soit à admettre, c'était le genre de choses qui arrivaient aux femmes, avant tout aux femmes. Alors pourquoi avait-il fallu qu'on s'en prenne à lui ? On avait pris son homme, avide de liberté et plein d'espoir, pour lui rendre une loque qui ne croyait plus au lendemain. Elle aurait pu se jeter bêtement dans ses bras et éclater en sanglots, mais les mots et les gestes lui manquaient pour réagir devant une telle déclaration. Chacun des gestes qu'elle avait pu envisager lui paraissaient désormais déplacés, et chacune de ses paroles blessantes. Alors elle s'était contentée de s'allonger de profil à côté de lui et avait déposé un long baiser sur son front.

« Je sais combien ça a dû être dur d'en parler. Tu as parlé, maintenant, il faut travailler à oublier. » avait-elle simplement dit en glissant une main tendre dans ses cheveux roux.

Elle n'avait rien dit de plus parce qu'il ne lui semblait pas nécessaire de mettre des mots sur l'indescriptible, parce qu'elle même avait été tout simplement incapable de faire part de telles choses et n'en serait sûrement toujours pas capable. Oublier. C'était un peu son mot d'ordre à elle. Expulser, puis oublier. Oublier, c'était la garantie de ne plus avoir à faire face aux démons du passé et de pouvoir construire son futur indépendamment de ces événements. Lui avait sensiblement besoin de parler, alors elle l'écouta sans un mot. Ce qu'elle entendait lui déchirait le cœur. Fate ne reconnaissait pas Akira Darkwood. Plus d'espoirs, plus de liberté dont il clamait le nom, plus d'alliés, en soit, plus de combat. Ne restait que le constat de la défaite. La jeune femme ne savait trop quoi dire sur cette cause contre laquelle elle luttait : celle-ci faisait partie intégrante d'Akira et de ce qui le rendait si unique, et pourtant, elle s'acharnerait sans doute encore longtemps à la combattre.

« Ne dis pas ça. La guerre n'est jamais finie tant qu'il y a des soldats debout. »

La situation était-elle désespérée au point qu'elle motive un combat allant à l'encontre de ses principes ? C'était à croire que oui. Tout comme sa foi en Kira faisait partie d'elle, la résistance était inhérente à Akira Darkwood. Le fatalisme de ses paroles lui donnaient envie de sangloter comme une gamine. Ils avaient mis trop de leurs vies respectives en jeu, s'étaient exposés à trop de dangers pour voir les choses se finir ainsi. Il lui avait promis un jardin, des enfants et des engueulades et, aussi naïve soit-elle, cette promesse ne lui était jamais réellement sortie de la tête. « Ils ». Il avait pourtant raison. « Ils ». D'un côté, il y avait Mello et ses toutous enragés, il y avait Kira de l'autre. C'était comme s'ils étaient encerclés : à gauche, on lui promettait une mort sauvage ; à droite, une exécution propre montrée en exemple. Fate ne pouvait se résoudre à laisser son Akira pencher vers un de ces côtés.

« Arrête. Bien sûr que je peux quelque chose pour toi. Tu sais que tu ne crains ici. Je te protège, je prends soin de toi, je... Je suis désolée de ne pas pouvoir être là plus souvent ! Je... Je prendrais un congé, pour rester avec toi ! On fera de la cuisine et... »

Fate avait imaginé pouvoir faire de lui citoyen passif, rentrer au travail chaque soir avec l'assurance de pouvoir se glisser dans ses bras. Elle comprit à l'instant que rien ne se passerait comme prévu. On menaçait trop sévèrement l'homme qu'elle comptait enfermer sous une cloche de verre. Mello était un type dangereux dont elle serait incapable de le protéger. Rester ici était une solution vouée à l'échec. Sa lutte de toujours et son attachement à Akira étaient devenus tout bonnement incompatibles. Il fallait faire un choix. Et vite.

« Tu te souviens du jardin ? Tu as dit qu'on l'arroserait ensemble. Maintenant, promets moi qu'on y plantera la première graine tous les deux. »

Oh elle savait ce qu'elle devrait faire. Toute femme qui l'aimerait vraiment ferait le choix de fuir avec lui, loin d'ici où tout le monde lui veut du mal. Mais concilier ses intérêts égoïstes et sa vie sociale lui est pourtant si difficile... Faire une croix sur un combat qu'elle avait mené toute sa vie et qu'elle savait inachevé, en était-elle réellement capable ?


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Dim 3 Mai - 19:28
Il aimait la présence de Fate près de lui : elle le rassurait, elle le calmait considérablement. Lorsqu'elle ouvrait sa bouche, il avait envie de se confier à elle en oubliant tout ce qu'elle avait pu faire, du pire au meilleur. Peut-être que le mieux, pour eux deux, ç'aurait été qu'ils perdent la mémoire brusquement.

« Mais je ne veux pas oublier. », avait-il chuchoté.

L'oubli paraissait maintenant comme la pire des choses qui aurait pu lui arriver : avec l'oubli, il aurait des chances de voir ce souvenir malsain remonter à la surface n'importe quand, il ne se souviendrait plus pourquoi Ella le regardait comme ça et pourquoi son camp le rejetait. C'était évident : avec l'oubli, il était plus en danger, et ça, Hadès ne pouvait l'accepter. Il préférait accepter, justement, ce genre de souvenirs. Il se sentirait sans doute mieux comme cela, plus en équilibre avec lui-même, mais l'acceptation demandait du temps et du calme...et que ce soit l'un ou l'autre, il n'en avait pas vraiment. Juste les bras de Fate, les terribles bras de Fate, qui se tendaient devant lui. Il se rapprocha d'elle et blottit sa tête pour la coller dans sa poitrine, comme l'aurait fait un jeune enfant.

Elle était révoltée, et c'était normal. Si il avait appris la même chose la concernant, il serait probablement déjà sorti de la pièce pour aller chercher le connard qui l'avait meurtrie, sans même savoir de qui il s'agissait. Il serait probablement allé se jeter dans la gueule du loup, imprudent comme il l'était et aurait été cueillir Arashi dans sa propre maison. Fate avait beau lui dire qu'il y avait encore de l'espoir, il se savait condamné. Pourquoi les pro-Kiras lui disaient-ils qu'ils voulaient l'engager ? Maintenant qu'il avait parlé, ils le recherchaient pour organiser son exécution, pour faire de jolis reportages sur sa soi-disant cruauté avant de le tuer en public. Il les voyait venir, il n'était pas non plus aveugle, et Mello...Mello voulait pire, pour lui. L'homme qu'il avait toujours détesté pour lui avoir volé Ishtar se vengerait des humiliations, des coups et du reste. Si Hadès avait été plus prudent, il serait aujourd'hui en sécurité...mais ce n'était pas le cas, car il n'en avait toujours fait qu'à sa tête.

Hadès redressa la tête pour regarder en direction du jardin : c'était un beau rêve, comme une métaphore sur l'enfant qu'ils pourraient avoir, tous les deux. Il sourit : un si beau rêve. Alors, lentement mais sûrement, il commença à l'embrasser comme si il n'avait connu qu'elle, comme si rien ne les opposaient.

« Rien ne nous empêche de le bâtir, ce jardin. Rien. Pas Kira, pas Mello, personne. Rien. Mais je vais devoir partir d'ici, après. Tu comprends, n'est-ce pas ? C'est le premier endroit où ils me chercheront...trop de gens connaissent mon attirance pour toi, que ce soit Mello, mon frère ou Machiavel...et les kamis savent que ce dernier n'a pas frappé depuis trop longtemps. »

Elle avait un goût de fraise, et ses seins étaient doux comme un fruit naissant. Lorsqu'il la touchait, il oubliait et transcendait tout ce qu'il avait vécu auparavant, il pouvait de nouveau être quelqu'un d'autre. Il n'était plus Hadès car Hadès était mort lorsque Elliana avait été frappée, en prison. Il n'était pas non plus Akira Darkwood qui avait succombé dès l'instant où Arashi l'avait frappé de son sabre, des années auparavant. Non. Il était juste lui. Un type normal, qui avait à présent envie de vivre. La peur de mourir consumait son esprit, alors, Hadès était maintenant obsédé par l'idée de laisser une trace de sa piètre existence quelque part. Peut-être vivrait-il, en fait. Peut-être s'enfuirait-il à temps et pourraient-ils vivre tous les deux en paix. Le ventre de Fate s'arrondirait de jours en jours, et il élèverait une magnifique petite fille rousse. Elle aurait le nom de l'espoir.

Ses mains n'étaient plus que caresses et en cet instant sublimé, Akira Darkwood l'aima, elle, Fate. Plus fort que d'habitude, avec autant de passion. Puis, épuisé, il se laissa tomber sur le côté, nu comme était Adam le premier jour. Le corps nu de Fate lui paraissait terriblement beau, et il se laissa glisser contre elle pour venir lui mordiller le cou à nouveau...il avait terriblement envie de dormir.

« Je veux vivre, Fate. Tu me promets que tu me protégeras ? »


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Fate Harlaown
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Lun 25 Mai - 0:14
Le temps de boire chacune des paroles qui sortaient de sa bouche, de croiser son regard soudainement pétillant, de sentir ses lèvres se poser sur les siennes. Il ne lui avait rien fallu de plus pour comprendre ce que ses vagues propos oniriques cherchaient à lui faire comprendre. Il y avait eu quelques secondes de silence pendant lesquelles s'était installé un curieux sentiment de malaise, jusqu'à cet instant où il s'était finalement décidé à prendre les devants.

Il avait raison. Au diable Kira, au diable la résistance, au diable les obligations et les devoirs, au diable les menaces perpétuelles et leurs serments respectifs. Qui étaient-ils pour les contraindre ? Qui étaient-ils pour les empêcher de vivre leur vie ?

Alors, à ce moment précis, la réponse lui parut évidente. Elle n'avait pas mis sa carrière, son honneur, son idéologie en péril pour voir le fruit de ses efforts s'évanouir aussi ridiculement. Il ne devait plus y avoir de barrières entre leurs désirs et leur réalité. Alors, de curieux mots s'échappèrent de sa bouche.

« Avec toi, oui. J'ai très envie d'y faire pousser des choses. »

Pour une fois, elle n'avait pas réfléchi. Elle qui était si attachée aux questionnements, aux « oui mais » et aux « et si... ». Elle dont les précédentes expériences conjugales avait totalement effacé la simple potentialité d'une nouvelle maternité. S'ils survivaient, s'ils surmontaient les obstacles, s'ils faisaient tomber les barrières, elle abandonnerait tout et lui ferait un enfant. C'était une promesse silencieuse. Alors, elle s'était laissée aller dans ses bras à ces retrouvailles physiques qu'elle avait pu maintes fois imaginer. Il n'y avait que lui, son visage d'anges et ses grands yeux bleus, et elle, nus blottis l'un contre l'autre.

C'était un instant qu'elle avait longtemps attendu. Le plaisir de le retrouver avait été immense, mais elle sentait cet irrémédiable besoin de s'offrir à lui, entièrement, après tout ce temps. Et pourtant, cet instant d'amour lui parut étrangement angoissant. Tout, de ses gestes à ses paroles, sonnait comme un adieu, comme les derniers ébats de deux amants contraints de se séparer. L'espace d'un instant, elle se demanda même s'il n'était pas pressé d'en finir, si se livrer à de telles choses ne lui étaient pas difficiles après ce qu'il avait supporté. Fate se contenta finalement de l'idée qu'elle avait peut-être un peu trop idéalisé ce moment. Dans ses plus fous scénarios, elle l'avait imaginé romantique, doux et coquin ; elle le découvrait usé et presque pressé. Elle se trouvait bien exigeante : il fallait songer à ce qu'il avait enduré, à cette tension constante qui pesait au dessus de sa tête. Alors, elle n'en fit rien et l'aima comme elle avait toujours rêver de la faire. Au réveil, elle lui ferait l'amour. Le soir aussi d'ailleurs. Et le surlendemain encore. Jusqu'à le faire fuir s'il le fallait.

Après l'amour, elle se laissa glisser dans ses bras, appréciant la douceur des baisers glissés dans son cou. Elle rougit presque de se retrouver ainsi devant lui, comme si elle venait seulement de prendre conscience d'être entièrement nue. D'un geste ridiculement pudique, elle couvrit ses hanches du drap. Avec les autres, ça n'était pas un problème. Mais lui, lui, c'était différent. Elle aurait aimé se préparer davantage pour attiser son désir. Elle n'était peut-être pas aussi jolie qu'il ne le pensait. Elle scrutait son corps avec soin presque draconien : bientôt, les premiers signes de l'âge atténueraient sa beauté ; la trouverait-il toujours aussi désirable ? Voilà que reviennent les questions. Fate n'en veut pas des questions. Alors, elle enfuit sa tête dans ses cheveux roux, retenant son corps contre le sien.

« Te protéger. Bien sûr que je vais te protéger. Tu vas vivre. Mieux encore. Tu sais quoi ? On va vivre. A deux. Et un jour à trois. »

Ces mots un peu fous glissés sur l'oreiller lui arrachèrent presque une larme. Elle avait envie d'y croire. Mieux, elle y croyait. Elle démissionnerait. Elle dirait adieu à son uniforme, à Kira, à la lutte contre la criminalité et, avec tout cela, à ses chimères.

« Laisse moi... Une semaine. Non, quatre jours. Dans quatre jours, on aura nos billets pour ailleurs. Loin. Loin ! Là où personne ne viendra nous chercher. »

Elle posa un timide baiser sur son épaule sans détacher un seul instant son regard du sien.

« La Russie ? Qu'est-ce que tu en penses de la Russie ? J'ai toujours eu envie d'aller voir la Russie ! Ou bien l'Europe. L'Europe est belle aussi. Ou ailleurs encore. J'irais où tu voudras qu'on aille, je te le promets. »


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Dim 9 Aoû - 16:40
La nuit se poursuit et lui profite de ses derniers instants de vie. Ils sont doux. Ce qu'il voit n'a pas d'égal et est un doux délice pour les yeux. C'est le corps nu de Fate, les douces bosses de sa poitrines, ses cheveux en bordel tout autour de son visage. Et à ce moment-là, malgré tout ce qui les oppose, Hadès se dit bien qu'il l'aime, elle. Qu'il l'aime avec tous ses défauts et ses qualités tout aussi charmantes. Il sait qu'il va mourir très bientôt, et même s'il aimerait vivre, il ne peut pas jouer avec les choses inéluctables.

L'aimera-t-il toujours autant dans dix années ? Pour cela, il faudra qu'il vive, aussi. Il sait que ce qu'il fait est mal, qu'il lui donne de l'espoir, par sa présence et par ses paroles, mais il ne veut pas faire de mal à Fate. Il ne veut guère, pour le moment, lui envoyer une image négative de lui. Il aurait tout ce qu'il faut après pour lui expliquer : après tout, ce n'était pas comme si il allait mourir dans les heures qui suivraient, non ?

Fate était aussi jolie qu'il le pensait, mais cela, il le savait déjà. Ce n'était pas un criminel pour rien, et l'avoir épiée sous sa douche ou en pleine relation avec ses connards pleins de fric, ce n'était pratiquement rien à côté des meurtres qu'il avait commis. Elle était charmante, et il se sentait fondre à ses côtés. Fatigué, il se reposait, sur le dos, regardant calmement vers le plafond. C'est ainsi, avec elle blottie contre lui qu'il se sentait le mieux. La promesse d'un enfant à venir, plus tard, le faisait se sentir plein d'espoir.

"La Russie. Je veux bien, la Russie. C'est sympa la Russie. Je te laisse autant de temps que tu veux pour tout préparer. Je sais que c'est un choc pour toi, que tu risques beaucoup."

Pas autant que lui, mais il n'était plus à cela près. Pour le commun des mortels, il était "Le Terroriste Hadès" alors que son rôle était de protéger la population. Mello voulait désormais le tuer et il risquait sa peau à tout endroit de Tokyô...Le blondin était bien trop malin pour lui, et les pions posés sur son échiquier l'étaient bien trop aléatoirement. Si quelqu'un risquait de le tuer, en priorité, Hadès savait que ce devrait être lui. Il en avait bien plus dit sur Alpha, lors des interrogatoires, mais il avait encore bien trop d'utilité pour elle pour faire encore quelque chose, alors que Mello...Mello attendait depuis le début le bon moment pour agir.

"L'enfoiré.", marmonna-t-il. "Mello me tuera. Directement ou indirectement. Je ne pourrais sans doute pas l'empêcher car il est bien trop fort pour moi. Il a les hackers de son côté. Souviens-toi, Fate : possède les hackers et tu gouverneras le monde. Et je sais. Tu te dis que je suis ultra négatif. Tu ne reconnais plus ce que je suis devenu et tu as raison...Je suis une loque. Une loque qui t'aime."

Il fronça les sourcils avant de se relever, presque aussitôt.

"Je sais ! Je sais comment faire ! Il faut que j'appelle mon frère ! Si je suis pris, il ne pourra rien me faire, là-bas ! ...Et Williams non plus !", laissa-t-il échapper, pas vraiment de manière consciente.


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Fate Harlaown
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Jeu 13 Aoû - 23:15
Il y avait l'odeur de sa peau, étrange flagrance de sueur masculine qu'elle ne se lassait pas de humer ; ne serait-ce parce que c'était l'assurance qu'il était bien là, à côté d'elle. Il y avait sa chevelure de feu dont elle faisait glisser chaque mèche entre ses doigts comme pour s'assurer qu'il n'avait rien d'un leurre. Et enfin, il y avait ses grands yeux bleus qui fixaient le plafond. Ses grands yeux bleus qu'elle sentait fatigués et engourdis. Lui tomberait bientôt de fatigue, mais elle ne dormirait pas. Elle savait qu'à la seconde où ses paupières se fermeraient, elle serait assaillie de questions, d'hypothèses et de scénarios futurs dont elle ne pourrait assurer la réalisation. Alors, en attendant, elle contemplait pour la énième fois son visage. Avec ces rides naissantes, il n'en était que plus charmant. Ca n'était pas dans l'habitude de Fate de vouer un culte au physique avantageux de ses amants, mais elle avait pour Akira tant d'affection et de tendresse que le moindre instant avec lui devenait une scène irréaliste et idéale.

Couchée contre lui, Fate se sentait bien. Elle aurait aimé discuter avec lui jusqu'au lendemain matin ; lui parler de tout ce qu'elle lui avait caché, ou presque, pour démarrer sur de bonnes bases. Elle aurait voulu lui faire l'amour à son tour, avec plus de fougue et de passion encore qu'il n'en avait fait preuve. Cependant, elle avait peur que ses tentations et envies égoïstes ne le bousculent davantage, lui qui semblait désormais si fragile. Il fallait le laisser se reposer, retrouver pieds après être longtemps resté sous la surface. Demain, elle n'irait pas travailler. Elle ne travaillait plus jusqu'à ce qu'il soit en sécurité. Elle risquait beaucoup ? C'était faux. Elle avait suffisamment d'argents et de contacts pour fuir à l'étranger sans craindre de représailles. Elle n'y risquait que ses ambitions et, surtout, le défi de toute sa vie sur lequel elle allait devoir faire une croix ; mais ça n'était rien face aux menaces de mort qu'Akira essuieraient chaque jour.

« Non. Non... Ne t'en fais pas. Je prendrais juste le temps nécessaire aux préparatifs. Je ne veux prendre aucun risque. Dans quatre jours, dernier délai, on verra le Japon s'éloigner par le hublot de notre avion. »


Son cerveau carburait déjà à vive allure pour faire état des démarches à engager, des personnes à engager et des détails à régler. Une fois Akira endormi, Fate prendrait le temps de tout mettre sur papier. Changer de vie était tout de même une sacrée entreprise. Elle lui glissa quelques mots à l'oreille et se perdit à lister tout ce qu'elle pourrait bientôt entreprendre. La visite des chemins de ronde du Kremlin, la contemplation des magnifiques cathédrales orthodoxes de Saint Petersbourg, une croisière sur la Volga, un périple en voiture à travers cet immense pays, un séjour au bord du lac Baikal où il faisait si froid et même un petit coucou à la momie de Lénine. Elle avait toujours eu envie d'aller en Russie. Il y avait ce sentiment de n'avoir partagé que trop peu avec Akira et cette envie d'abonder sa mémoire de souvenirs agréables à ces côtés. Mais lui semblait s'atteler à de toutes autres préoccupations : Mello et les hackers hantaient son esprit. Comment lui en vouloir ? Ceux qui étaient à ses trousses avaient l'air tout bonnement terrifiants. D'un geste habile, Fate enfourcha son compagnon, s'asseyant calmement sur son bassin, et profita de cet instant de supériorité pour le faire taire en posant un doigt sur ses lèvres.

« Tais toi, tu veux ? Je ne veux plus entendre de telles choses dans ta bouche, d'accord ? Je te protégerai contre vents et marées. On va partir très vite toi et moi. Et une fois là-bas, plus personne ne pourra nous empêcher de refaire notre vie. »

Un petit sourire satisfait illumina son visage. Elle ne voulait pas le voir craindre pour sa vie à chaque seconde. Il contemplait déjà la mort comme une évidence. Pire, elle était à ses yeux une échéance proche. Fate ferait tout pour redonner un peu de couleur à sa vie soudain ternie, mais c'était avant tout affaire de travail personnel qu'elle ne pouvait que l'aider à entreprendre.

« J'ai beau moi aussi beaucoup aimé cette petite loque qui m'aime, j'avoue que je la préfère rêveuse et insouciante. Alors parle moi. Parle moi de toi. Parle moi de ce qui te fait rêver, de ce que tu aimerais faire demain, après-demain, la semaine suivante et le reste de ta vie. »
finit-elle en l'embrassant tendrement.

Fate ne pouvait que positiver dans cet instant difficile. Tomber dans le pessimisme ne l'aiderait aucunement et ne ferait que l'enfoncer davantage dans le marasme et la morosité. Elle ferait des efforts pour qu'il se sente mieux, tacherait de l'aider chaque jour à concrétiser ses envies, se ferait plus belle et attirante de jour en jour. Elle serait la plus douce des amies, la plus agréable des compagnes et la plus fougueuse des amantes.

« Dès demain, on appellera ton frère. Tu as raison, il pourra sans doute nous aider. Il tient tant à toi, il fera tout pour te sortir de ce pétrin ; mais en attendant, j'aimerais que tu te vides la tête et que tu penses à autre chose, d'accord ? Je sais que c'est difficile, mais dans ces instants un peu durs, faire preuve d'insouciance est le meilleur des remèdes. »


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Sam 19 Déc - 16:30
C'était un drôle d'état, dans lequel il était. Il se sentait comme dans un rêve. Il ne faisait pas froid chez Fate : malgré le fait qu'il ne soit que très peu habillé, il ne sentait point ses poils se dresser. Comme dans un rêve, la discussion qu'ils menaient l'emmenait vers des sujets étranges, auquel il n'aurait pas pensés il y a quelques années : la parentalité en premier, et en deuxième, bien sûr, le fait que Fate Harlaown et lui-même constituent un couple. Akira avait sommeil. Il menaçait de s'endormir à tout moment et, à vrai dire, il luttait actuellement pour ne pas fermer les yeux tandis qu'elle lui parlait. Il savait que dans une heure, deux, peut-être six, il devrait sortir, dehors. Il savait que le temps qu'elle prépare leur voyage à tous les deux, il se rendrait de nouveau chez sa Gazelle, juste le temps de lui expliquer la situation et de préparer ses rares affaires à lui.

Avait-il conscience que dans quelques heures à peine, il allait mourir ?

Aurait-il pu faire quelque chose si cela avait été le cas ?

Non, aucunement. Hadès s'était certainement aperçu que c'était bientôt la fin, mais en aucun cas, il ne la situait dans quelques heures seulement. Il savait que cette fuite avec Fate était désespérée et qu'on les rattraperait sûrement, que ce soit Kira ou bien Mello. Akira Darkwood le savait bien, ça, et tout ce qu'il pouvait espérer, c'était que Fate s'en tirerait. Il ne supporterait pas d'avoir sa mort sur sa conscience et de devoir passer le reste de sa vie à chercher ses assassins. Pire que nous, ce serait sans doute la dernière chose qu'il pourrait jamais supporter car Fate décédée, les pensées d'Hadès était très négative, et il aurait même songé à se faire seppukû.

« D'accord, je vais parler, Fate. Je vais te parler de ce qui me fait envie. », sa voix lui semblait pâteuse, mais un sourire avait commencé à émerger de son visage qui semblait aujourd'hui si triste et si sérieux. Lui si utopiste, il commençait à croire que partir avec Fate était envisageable. « J'ai envie de vivre avec toi. Ca, c'est ce que je pense actuellement...c'est tout ce que je désire. Je te l'ai dit, j'ai commencé avec des pensées utopistes...Mais je savais bien, au fond, que ce n'est pas possible. C'est juste que si personne n'essaie, rien ne se fera. Plus j'ai résisté, plus je me suis confronté à des obstacles. En premier il y a eu Machiavel, puis Mello. Kira devait bien rire de nous, je pense, à nous affronter de la sorte. La dernière fois que j'ai vu Mello, ce connard balafré... », ce souvenir le fit rire, «...Je venais de coucher avec une nana blonde, coupe au carré. Qui lui ressemblait énormément, d'ailleurs, mais c'était juste pour le narguer. Et puis plus tard dans la soirée, je lui ai éclaté la tête contre la table basse. Il l'avait bien cherché, il t'avait insulté. Malgré tout, je ne regrette pas mes années de résistance. Je considère, malgré les pertes et les pleurs, qu'il s'agissait des meilleurs. Mes meilleures amies sont des femmes importantes dans mon groupe ou dans celui de Mello, ma fille adoptive va prendre ma place...Au fond, je devrais être un homme comblé, surtout que je t'ai, toi. »

Il avait conscience de dévoiler des informations confidentielles, seulement, il ne pouvait pas les révéler sur le ton de l'aveu. Hadès ne voulait pas être défaitiste, mais il voulait prévoir un minimum les choses : s'il mourrait, Fate devait savoir à quoi ressemblait Mello. Sans cela, elle serait désarmée et il savait combien cet homme pouvait être dangereux.

« Tu as des choses à me demander, ma chérie ? Des choses que tu voudrais savoir pour toi, mais que je te prierai de ne pas utiliser pour ton boulot, dans le but de ne pas me mettre encore plus en danger ? J'ai tellement envie de tout te dire, tu sais... »


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Fate Harlaown
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Mar 12 Jan - 20:02
« Je vais tout abandonner. »

Ces quelques mots, susurrés à l'oreille d'Akira d'une voix paisible et calme, sonnèrent pourtant à ses oreilles comme un coup de revolver.

Oh, oui, elle avait pris le temps de l'écouter, patiemment, faire le constat de son passé, de ses erreurs et espérer pour son futur. La jeune femme n'en avait pas perdu une seule miette. Pourtant, seule cette maigre phrase s'échappa de ses lèvres, en réponse à tous ses espoirs. Sans doute des mots bien vagues à l'oreille de son ami, mais qui avait pourtant une signification toute particulière.

« Tout. » répéta t-elle avec insistance, un tremblement inarrêté dans la voix.

Tout. Tout, dans sa vie, c'était bien peu de choses. Tout, c'était Kira. C'était la justice.

Elle ravala sa salive avec difficulté, un peu secouée par ce qu'elle venait tout juste de lui promettre – car oui, ses mots sonnaient comme une promesse. Un instant, l'idée lui traversa l'esprit qu'Akira devait la trouver bien égoïste à parler d'elle dans un moment pareil.... mais il comprendrait. Il comprendrait, c'est sûr. Et il y avait beaucoup à comprendre. C'était, à ses yeux, un sacrifice énorme. Le plus gros qu'elle ait jamais pu consentir.

Kira l'avait relevé et lui avait offert l'espoir et la force au moment où elle avait totalement perdu pied.
Kira avait rythmé sa vie, du matin au soir et du soir au matin, pendant près de dix ans.
Kira avait été son seul et unique idéal, son objectif intarrissable, son soutien le plus important et son allié le plus fort.
Et pour la première fois de sa vie, Fate songeait à tirer un trait sur Kira, sur la justice et sur tout ce que cela représentait à ses yeux.

Son combat n'avait plus de sens. Allait-elle devoir continuer de chasser les résistants en s'étant entiché de l'un d'entre eux ? C'était bien trop cruel, et pour lui et pour elle – elle qui se surprenait de plus à plus à comprendre les motivations de ces hommes et ces femmes, plus idéalistes qu'anarchistes. Il allait désormais falloir faire face aux chimères du passé, assumer ses erreurs, se relever après chaque chute et affronter chaque obstacle, mais à ses côtés, elle s'en sentait soudainement capable. Elle venait d'entendre de sa bouche ce qu'elle avait longtemps voulu l'entendre dire. Il l'aimait, été comblé et la comblerait. Elle n'était ni une bonne amie, ni une bonne compagne, ni une bonne mère, mais elle tâcherait de faire des efforts.

Au fond, Kira se débrouillerait très bien sans elle. Elle ne doutait pas un instant qu'il puisse faillir à sa mission justicière et pacifique. Et puis, une vie seule dans un monde idéal lui paraissait soudainement être une utopie bien morne. Des hommes qui lui disaient de telles choses, des hommes qui croyaient ainsi en elle, des hommes qui lui offraient un pareil sentiment de bien être, des hommes à qui elle avait tant envie d'offrir, il n'y en avait pas des masses.

« Je vais quitter Kira. »
conclut-elle comme pour confirmer ses dires. « Je vais quitter Kira et on va partir. »

Elle déposa un baiser tendre sur sa tempe, glissant paisiblement les doigts dans ses longs cheveux roux. Fate Harlaown se sentait soudainement libérée, libérée d'un choix qu'elle avait trop longtemps hésité à faire. Oh, elle ne cesserait sans doute jamais de croire que Kira était le seul espoir de justice de ce monde, que la résistance avait tort et que les criminels devaient payer, mais elle avait fait son temps. Bientôt, elle n'aurait plus ni la force de se battre, ni la beauté suffisante pour continuer de charmer les hommes. Akira était sa dernière chance et, loin d'être un choix désespéré, elle était plus qu'heureuse de voir que le destin avait mis sur sa route un homme aussi doux et bon.

« Tu peux me dire ce que tu veux, ce qui te soulages. »
lui murmura t-elle en poussant un long soupir soulagé, la joue appuyée contre son torse. « J'ai entendu ce que je voulais t'entendre dire, je suis comblée. »

Qu'il parle s'il s'en trouvait soulagé, elle était prête à l'entendre et à le soutenir. Elle n'utiliserait rien « pour le boulot » comme il disait, pour la simple et bonne raison qu'elle ne remettrait pas les pieds dans ce bureau et qu'elle ne revêtirait plus jamais cet uniforme qui pesait de plus en plus sur ses frêles épaules.


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Lun 15 Fév - 12:55
Il était encore mieux en l'enlaçant. Faisant ceci, Hadès se sentait clairement revivre et toutes ses pensées suicidaires ou morbides s'effaçaient instantanément. Car oui, il avait pensé se mettre une balle en sortant d'ici, ou alors quelques jours après. C'était une alternative à laquelle il avait pensée, se disant que malgré son désir de vivre, il s'agissait du seul moyen pour encore protéger ceux qui lui étaient proches : sa fille nommée à la direction de la résistance par Mello, mais également Ishtar, peut-être Alpha même ou Fate. Il savait bien que Fate, même si elle prenait des congés exceptionnellement longs serait dans le viseur de Kira. Il savait également que leur relation pouvait passer pour une trahison de sa part et que son temps lui serait compté avant qu'elle ne meure d'une crise cardiaque.

Hadès ne voulait cela et avouait n'avoir aucune solution pour empêcher Kira de maltraiter Fate. Pendant dix années, il s'était battu corps et âme contre cette entité maléfique et avouait bon gré mal gré qu'en réalité, il était impuissant. Impuissant pour protéger celle qu'il aimait et même se retourner contre son propre camp comme Iwa avait jadis pu lui proposer n'aurait pu être efficace. Il s'était déjà montré bien trop hostile au gouvernement pour qu'un tel retournement puisse être possible. Hadès lui sourit : un de ces sourires vrais un peu trop tristes comme il lui en faisait depuis le début de la soirée. Il lui dirait certainement d'autres mots doux, comme le fait qu'il veuille partir avec elle, loin, très loin, comme le fait qu'il veuille un enfant d'elle, mais au fond de lui-même, il savait qu'il ne serait jamais à ses côtés, fusse-t-il vivant ou mort.


« J'aime bien l'Europe. J'ai une grand-mère en Irlande, tu le savais ? J'aimerai bien la revoir...Elle a toujours vécu recluse de la famille, mais je l'adorais, étant gosse. Tu sais, je te laisse autant de jours que tu veux. Je me suis toujours débrouillé seul, il n'y a pas de raisons pour que je ne puisse pas survivre quatre jours d'affilée. », il eut un petit rire, conscient de mentir.

En réalité, pendant ces quatre jours, Hadès partirait sûrement du pays, mais seul. Il ne voulait pas risquer la vie de Fate et l'emmener dans d'autres aventures. Elle serait sûrement triste, le haïrait probablement, mais tout serait mieux comme cela. Il laisserait probablement un mot quelque part pour qu'elle renonce pleinement à lui en lui faisant croire qu'il était toujours amoureux d'Ishtar...et le pire, c'était qu'elle le croirait sûrement.

Hadès entre-ouvrit la bouche. Il allait dire des choses sur la rébellion qu'il aurait apprécié ne jamais dire. Si le jeu de Fate était bien réel et qu'elle était vraiment amoureuse de lui, elle ne se servirait jamais de ses informations. En revanche, si tout était faux depuis le début – et Hadès ne pouvait s'empêcher d'y penser car depuis le début, leur relation était basée sur le doute – elle serait vraiment plus que satisfaite. Mais que dire ? Que dire sur Mello, à part qu'il ne s'agissait pour lui que d'un diktat ? ...Que dire sur Mello qui protège Elliana de toute attaque des pro-Kira...car même s'il était aujourd'hui un traître pour toute la rébellion, il avait tout de même des connaissances, des amis chers auxquels il tenait dans ce milieu, Ishtar et ses furies en premier, sa fille, Zen et ceux qui l'avaient toujours soutenus en second.

« Ne fais pas de bêtise, Fate. Je ne veux pas te retrouver morte dans une ruelle. », lui chuchota-t-il, honnête, sans savoir que quelques heures plus tard, ce serait son propre cadavre qui serait retrouvé, la cervelle éclatée. « Je peux tout te dire, et si peu à la fois. Si seulement...depuis le début, j'ai ce différend avec Mello...je l'ai un peu cherché, je dois te l'avouer : une histoire de fille. En me torturant, je crois que vous vous êtes trompés de cible, tu sais...Je suis peut-être cher, mais Mello dirige en réalité la quasi-totalité de la rébellion. Au fil des années, c'est lui qui a monté les alliances et qui monte tous les coups. Cet homme est un monstre de travail et de manipulation...et il y a son bras-droit, Cheshire. Je l'ai sous-estimé, au début, comme le gouvernement l'a fait...Il lui est totalement dévolu. Je pense que si un jour l'un crève, l'autre le suivra dans la foulée. Les sous-estimer sera toujours une grave erreur. Je ne pense pas que tu rencontreras Mello un jour, surtout si tu pars. Il se cache bien...mais. Il a un tic. Kira le sait, lui, alors l'homme est sur ses gardes. Mello n'arrête pas de manger du chocolat...autant de Cheshire a cette manie insupportable d'enchaîner clope sur clope. »


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Fate Harlaown
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Lun 15 Aoû - 0:13
Une grand-mère en Irlande. Ainsi donc il avait de la famille ? Arashi n'était donc pas la seule chose qui lui restait ? Parfait Ils iraient en Irlande rendre visite à cette grand-mère qu'il aimait tant Mais pas tout de suite, d'abord ils devaient fuir, se faire oublier de tous pour envisager de reprendre une vie normale où ils seraient libres de leurs mouvements. Elle leur servirait du thé, leur adresserait de larges sourires et se réjouirait de les voir ensemble, si heureux. Et puis, ce serait la première à voir le bébé. Leur futur bébé.

« J'adorerais la rencontrer. » se contenta t-elle en imaginant cette scène d'une grande tendresse, la petite main potelé d'un nourrisson agrippé à de longs doigts frêles et fatigués par les années.

Elle glissa d'ailleurs sa main dans la sienne, y déposa un baiser et la frotta doucement contre sa joue, comme pour s'assurer que le contact de sa peau n'était pas un leurre. Jamais Fate ne le laisserait quatre jours seul. Elle aurait bien trop peur de le retrouver abattu d'une balle dans le cœur (et Dieu sait combien elle avait raison) ou pire, pendu au milieu de sa chambre. Il était si instable... plus rien ne semblait être une option improbable ou incongrue. Elle ne le laisserait pas s'écrouler ou se débiner. Maintenant qu'il lui avait promis une vie à deux, il n'y échapperait plus.

« Non, je ne veux pas. Je ne te laisse pas. C'est hors de question. Ce sera fait en quelques cliques et ensuite on s'en ira immédiatement. Pas de temps perdu, pas de traces. Rien que toi et moi. Toi et moi, d'accord ? »

La jeune femme tâtonna quelques instants au pied du lit à la recherche de son paquet de Marlboro qu'elle retrouva finalement enfoui sous ses vêtements jetés nonchalamment au sol. Elle en sortit une cigarette dont elle tira une longue latte après l'avoir allumer. Elle ne lui proposa pas. Parler lui semblait un peu inutile en cet instant. Alors elle se contenta de poser tout son attirail à côté d'elle de façon à ce qu'il puisse se servir si l'envie lui en prenait. Elle fuma longuement, tête contre l'oreiller, clope au bout du lèvres, regard contemplant le plafond. Il fallait réfléchir. Réfléchir vite et réfléchir pour deux, puisque le temps pressait et qu'Akira n'était pas en mesure de formuler la moindre pensée censée. Où partir ? Comment ? Sous quel nom ? Fallait-il prévenir Arashi ? Il faudrait faire transiter l'argent sans qu'on puisse retrouver sa trace. Il faudrait s'assurer que ni le nom d'Akira Darkwood, ni son identité d'origine ne soient présents dans les archives sous peine de voir leur vie considérablement raccourcie.

Et puis il y avait Williams.

C'était un type pour lequel elle avait une certaine sympathie. Un premier de la classe arrivé là grâce à un carnet d'adresses bien fourni, certes, mais un type normal. Et c'était bien ce qui manquait, dans ce gouvernement de fous. Elle se revoyait prendre place à côté de lui lors des réunions, échanger quelques mots pendant les cérémonies officielles. Revoir son visage de jeune premier lui donnait désormais des hauts le cœur. Servir Kira nécessitait parfois d'avoir recours à des méthodes peu recommandables dont elle n'avait elle-même pas hésité à user, mais ce qu'avait fait Williams dépassait absolument tous les abus. Elle savait combien ce genre de pratiques pouvait être traumatisante pour un homme : on pouvait les frapper, les battre, rien ne les humiliait plus que d'être pris à leur propre jeu de prédateur. Il faudrait qu'il paie. Une personne de plus à ajouter sur la longue liste de ceux qui devaient payer.

Fate écrasa son mégot proprement dans le cendrier posé sur la table de chevet. Elle prit une grande inspiration tandis qu'Akira s'apprêtait à briser de nouveau le silence. D'une claque retenue mais suffisamment violente pour le faire taire, elle l'interrompit.

« Arrête. » lui ordonna t-elle, le souffle court et le regard dur

Elle se fichait bien d'apprendre des choses sur Mello et ses acolytes, sur la résistance. Qu'il confie tout ça à son frère, il en ferait bien meilleure usage ! Eux, n'en auraient pas besoin, ils seraient partis bien avant. Mais Akira ne pensait pas à ça, lui se préparait déjà au pire des scénarios possibles.

« Arrête de faire comme si tu allais mourir. » souffla t-elle, la voix déformée par une colère teintée de tristesse.

Elle l'emprisonna de ses bras, calant son corps dénudé contre sa poitrine, et déposa un baiser maternant sur son épaule.

« Je t'interdis de mourir. »


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Mar 20 Déc - 16:44
Se sentant là à l'étroit contre la poitrine de Fate, Akira eut un petit rire, comme si cet instant était beaucoup trop irréaliste pour exister. Il avait beau avoir tous les défauts du monde que ses antagonistes pouvaient lui reprocher, il n'était certainement plus utopiste à ce moment-là. Il ne croyait plus en les choses qui ne pouvaient pas se réaliser, c'est pourquoi il savait indubitablement que sa mort était imminente. C'était une question de jours, d'heures, peut-être même de minutes et personne ne pourrait rien y faire. Puisqu'il en avait encore l'occasion, il resserra sa prise sur le corps de la femme qu'il aimait.

Qu'allait-elle ressentir, à sa mort ? Il se détestait tellement de lui infliger ça, à elle qu'il avait fait tourner en rond pendant des mois, surtout s'il l'avait mise enceinte sans faire gaffe. Il relâcha son emprise sur Fate pour la regarder de nouveau dans les yeux : elle avait des yeux magnifiques, il ne comprenait pas pourquoi elle n'avait pas déjà un mari merveilleux et était comblée par des beaux enfants.

« Promis, je ne vais pas mourir. », affirma-t-il sans pour autant y croire.

Il sentait pourtant que ça lui pendait au nez, comme la guillotine au-dessus du cou de Louis XVI. Hadès lui fit un de ces petits sourires tristes impossibles à croire, tentant d'esquiver la réalité.

« Demain, on partira, comme on a dit. Demain, on va acheter des billets pour partir ailleurs. Si rejoindre ma famille est trop dangereux, on penchera pour des pays comme l'Inde, le Mexique ou je ne sais pas. Quitte à vivre dans la forêt amazonienne, ça vaudra le coup si on est ensemble. »

C'était dit, c'était tranché. Il contacterait tout de même discrètement son frère avant son départ, même si leur relation n'était pas au beau fixe, il tenait que les choses soient claires entre eux. Il irait voir Gazelle pour la remercier d'avoir si bien pris soin de lui pendant des jours alors qu'ils n'étaient qu'une loque et, si possible, irait de nouveau regarder sa si jolie Elliana dormir. Observer sa respiration pendant son sommeil, scruter sa trachée se baisser et remonter comme si c'était la dernière fois de sa vie qu'il la voyait. Et boire un verre avec Zen et Ishtar, bien sûr. Il ne pourrait pas partir sans les remercier pour tout ce qu'elles avaient fait pour lui. D'ailleurs, en parlant d'Ishtar, il avait déjà rédiger une lettre juste pour elle qui se trouvait dans la poche arrière de son jean. Il y exprimait ses vieux sentiments, puis, les nouveaux, bien vivants, si désireux de vivre cette nouvelle vie.

Hadès lui sourit de nouveau, comme si Williams n'avait jamais existé, juste elle. Juste elle, juste ce corps magnifique, juste ces cheveux blonds qui le maintenait en vie.

« T'en fais pas pour moi, ma puce. On a la vie pour s'entendre à merveille et construire une famille. Et j'ai pas envie de mourir tout de suite, surtout que je suis avec toi. J'arrêterai de parler de Mello, je ne veux que toi. »

Le rouquin lui embrassa le front, eut un petit rire léger. Il s'allongea de nouveau dans le lit.

« On dort ? »


Premier feuillet. L'écriture était oblique et parfois parsemée de ratures, d'hésitations.

Ma chère Ishtar,

Je me permets de t'appeler « ma chère », nous sommes assez intimes pour que tu puisses prétendre à cette appellation. Je te connais depuis tellement longtemps que j'estime pouvoir te connaître, et pourtant...

J'ai été un petit con. J'ai longtemps pensé que coucher avec toi serait suffisant pour m'accaparer ton cœur. Je ne sais pas si j'ai été honnête. Je cherchais sûrement à me venger de Mello à travers toi, et par ce geste, j'estime avoir été affreux. Pardonne-moi pour cela, Ish. Tu le sais bien, j'ai toujours ressenti une flamme à ton égard qui n'a pourtant rien à voir avec cela.

Tu es magnifique. Il y a dans tes yeux une étincelle sauvage que n'importe quel homme éperdu d'amour voudrait capturer.

Je crois que je t'ai aimée, Ishtar. J'ai aimé ta peau douce, ta peau sombre et magnifique. J'ai aimé tes traits qui se crispent quand tu fais l'amour, ton côté si imprévisible qui est capable de provoquer une tempête lorsque tu rencontres quelque chose qui ne te plaît pas.

Tu es une femme magnifique, Ishtar. Je t'en prie, alors : ne gâche pas ta vie, ne fais pas comme moi à courir après des femmes qui, je sais, ne seront dans ton lit qu'un soir. Je t'ai aimée, Ish. Je t'aime toujours, je crois, et ce souvenir réchauffe mon cœur comme un brasier.

Deuxième feuillet. L'écriture est encore plus illisible, encore plus raturée.

Case-toi. Je n'en reviens pas de ce que je vais dire, mais je veux que tu aies une vie calme avec Mello. Je crois que vous le méritez tous les deux, malgré le fait que je n'apprécie pas ce connard de blond.

Aujourd'hui, je suis amoureux.

Oui, moi, Hadès, j'aime. Moi qui ai un tableau de chasse plus long que n'importe qui, moi qui persuadait des gamines de venir dans mon lit, j'aime. Et j'espère être aimé en retour.

Tu pourras ne pas l'apprécier, et je te comprendrais, Ishtar, car elle est tout ce que tu détestes. Les rumeurs sont vraies, elle fait partie du gouvernement. Je crois même qu'un paparazzi nous a pris en photos, mais on me distingue à peine. Elle est ton antithèse : elle est pour Kira, elle est blonde, elle a les yeux bleus et un sacré caractère. C'est pratiquement incroyable, et nous avons passé plus de temps à nous engueuler qu'à nous aimer, mais c'est ce qui a forgé notre relation.

Me crois-tu ? Moi-même, j'ai du mal.

Ishtar, je t'en prie. Si je meure...(je sais, tu vas me demander d'être moins pessimiste, mais à défaut d'être pessimiste, je ne suis pas un abruti) et seulement si Mello n'a rien à voir avec ma mort...va la voir. Elle sera en colère, triste, elle aura envie de vengeance. Je t'en prie, remonte-lui le moral.

Merci.

Je t'embrasse.

Akira.

Suit une signature rédigée à la va vite, il a aussi écrit une adresse située à Londres sur le dos du feuillet.


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